L'université en lutte

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Messagede bipbip » 15 Fév 2013, 12:00

Communiqué commun

ESR : un projet de loi inacceptable qui ne permet pas de répondre aux attentes des personnels et des étudiants

La situation de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) s’est profondément dégradée ces dernières décennies. Les récentes difficultés budgétaires de nombreuses universités et organismes ont amené suppressions et gels d’emplois, annulations d’enseignements ou dégradation des conditions de travail et d’études. La précarité due principalement à la généralisation des financements propres (appels à projets ANR ou IDEX, formation continue, apprentissage…) n’a cessé d’augmenter.

La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche est en préparation, tandis que le passage au Parlement de la loi sur l’Ecole est programmé. Cette dernière a reçu un avis négatif dans les organes consultatifs de l’ESR (CNESER, CTMESR), le fonctionnement proposé pour les ESPE et l’introduction d’une procédure d’accréditation – sans aucune garantie- étant inacceptables.

Le projet de loi sur l’ESR dans sa version connue du 9 février n’apporte pas les réponses aux exigences de rupture attendue avec la loi LRU et la loi Pacte pour la recherche. Pire, certains aspects pourraient être aggravés. En témoignent la nouvelle mission de transfert, le choix laissé aux établissements de créer un Conseil académique ou de maintenir CS et CEVU en leur transférant des responsabilités de gestion des personnels, les modalités d’élection, la substitution – sans garantie sur la procédure - de l’accréditation à l’habilitation, le maintien des responsabilités et compétences élargies, l’absence de propositions concernant la résorption de la précarité ... Les dispositions sur l’évaluation ne permettent pas de s’affranchir du risque de voir se reproduire le fonctionnement de l’AERES. Reçue le 9 février, la nouvelle version du projet n’est accompagnée d’aucun exposé des motifs, ni d’aucun texte d’engagement gouvernemental. Elle renvoie souvent aux textes d’application A ce jour, il n’est explicitement annoncé aucune modification en profondeur du décret de 2009 sur le statut des enseignants-chercheurs. A cela, s’ajoutent les risques associés à la décentralisation (transferts de l’immobilier ou schéma régional des formations, par exemple).

Ce projet de loi ne prévoit aucun moyen supplémentaire, alors qu’une augmentation des moyens et un volet de programmation budgétaire sont indispensables pour permettre à l’ESR de remplir ses missions et résorber la précarité. Les organisations soussignées rappellent qu’il est possible de dégager des moyens pour le soutien de base des laboratoires et pour les formations, notamment en remettant en cause le CIR et en redéployant les crédits ANR.

Les organisations soussignées veulent une véritable rupture avec les politiques précédentes, pour permettre le changement dans le service public d’ESR ! Elles exigent l’ouverture d’une véritable négociation pour remplacer le Pacte Recherche et la loi LRU par une loi d’orientation et de programmation à la hauteur des besoins. Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, leurs personnels doivent pouvoir remplir leurs missions fondamentales de formation et de recherche au bénéfice de tous.

Les organisations soussignées appellent les personnels et les étudiants à organiser des AG dans les établissements et à débattre du projet de loi sur l’ESR, en mettant notamment l’accent sur les exigences suivantes : * augmentation substantielle des moyens d’Etat (dotations, plan pluri-annuel de créations d’emploi) pour permettre la titularisation des précaires occupant des emplois pérennes (avec l’arrêt des non renouvellement des contrats de CDD), pour revenir sur les gels d’emploi, pour répondre aux besoins des formations et améliorer l’encadrement, pour augmenter les soutiens de base des laboratoires au lieu des financements sur projets (ANR, IDEX …) ; * gestion nationale des personnels de toutes catégories, abandon des RCE dans les universités ; * refus de l’intégration de tous les personnels BIATSS dans la filière ITRF (Cf. rapport Le Déaut) ; * régulation nationale pour assurer l’égalité sur le territoire ; * valeur nationale des diplômes et reconnaissance collective des qualifications, pour garantir l’accès à un emploi et un salaire correspondant à la qualification.

Elles les appellent d’ores et déjà à faire voter des motions dans les conseils, les réunions de CNU ou instances des organismes …. et à intervenir auprès des parlementaires et des élus locaux. Elles proposent qu’un temps fort soit organisé le 18 février, jour où la loi sera présentée au CNESER, avec un rassemblement dans une université parisienne.

Signataires : FSU (SNESUP- SNCS- SNEP- SNASUB-SNETAP) – CGT (SNTRS-CGT) – SOLIDAIRES (Sud Recherche EPST, Solidaires étudiant-e-s) – SLU – SLR – UNEF

Secrétariat Intersyndicale ESR : 0144799621 - 0659126981

Fédération Solidaires Etudiant-es Porte-parolat : 06 86 80 24 45 sud-etudiant@sud-etudiant.org http://www.solidaires-etudiant-e-s.org
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org/ ... naceptable
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Messagede Pïérô » 20 Fév 2013, 00:37

Motion de l’AG des étudiants et des personnels de l’ESR

MOTION votée à l’Assemblée Générale des étudiants et des personnels de l’ESR le 18 février 2013

L’actuel projet de loi ne répond absolument pas aux attentes et aux besoins de la communauté de l’ESR et de la société. Pire encore il entérine et aggrave les logiques à l’œuvre dans la loi LRU et dans le pacte pour la recherche. Aucune solution, aucune amélioration ne sera possible sans une nouvelle loi d’orientation et de programmation qui revienne sur l’ensemble des dispositifs mis en place par la loi LRU et le pacte pour la recherche, responsables de la paupérisation des universités et des organismes de recherche, de l’explosion de la précarité, de la fragilisation des diplômes nationaux, de la détérioration des conditions d’études, d’enseignement et de recherche.

Nous demandons donc l’abandon du projet de loi Fioraso.

L’AG réunie le lundi 18 février à l’université Denis Diderot Paris VII appelle

à un rassemblement unitaire demain 19 février devant le MESR rue Descartes (Paris, 5e ar.) à 14h dans le cadre de la tenue du CNESER à des AG de mobilisation étudiants/membres du personnel à une semaine de manifestations et mobilisation dans les facs et les labos du 25 février au 2 mars (avec notamment la participation à la manifestation sur l’école le 28 février) à l’organisation d’une prochaine AG nationale le samedi 2 mars.

Motion largement votée par les personnes présentes vers 13h30 (avec 2 contre, 3 abstentions, 6 refus de vote)

Par ailleurs, 14 propositions d’actions ont été proposées, non soumises au vote

1. Abrogation de la LRU, des RCE, du Pacte de la Recherche. Retrait du projet de loi Fioraso.

2. Mobilisation dans les universités : AG étudiants-personnels partout

3. Suppression de l’ANR, de l’AERES, du C.I.R.

4. Exigence d’une loi de programmation + plan d’aides étudiants

5. Ouvrir des négociations multilatérales

6. Rejet du projet de Formation des Enseignants. Rejet du projet de Réforme de l’Ecole

7. Plan de titularisation massive pour résorber la précarité

8. Ouverture de négociations sur les conséquences de la loi Sauvadet dans l’ESR

9. Interpellations des parlementaires

10. Occupations des labos et des universités par les précaires et autres formes de mobilisation

11. Rassemblement au CNESER le 19.02

12. Opposition à la RGPP, à la Lolf, au processus de Bologne…

13. Mobilisation de la maternelle à l’université

14. Votes de motions dans les UFR, Dpts, labos…


le 19 février
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org/ ... -assemblee
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Messagede Pïérô » 04 Mar 2013, 01:15

Sauvons l’Université !
Assemblée générale du 2 mars 2013 : "Un projet de société inacceptable". Motion unique adoptée :
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5983
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Messagede bipbip » 11 Mar 2013, 02:19

Loi LRU : le retour de la vengance
La LRU2 vient de loin. Elle s’appuie sur les innom­bra­bles cli­chés, tartes à la crème et autres lieux com­muns déver­sés depuis des années sur l’ensei­gne­ment supé­rieur et sur la recher­che. Quel que soit son sort, elle accède au rang envié de projet-de loi-que-même-le-gou­ver­ne­ment-pré­cé­dent-n’avait-pas-osé-pro­po­ser. Voyage entre mines de sel, déma­go­gie et rejet assumé de la démo­cra­tie et de la col­lé­gia­lité uni­ver­si­tai­res ; trois textes de SLU pour com­pren­dre les bons prin­ci­pes du rap­port le Déaut, le désas­treux effon­dre­ment de la licence uni­ver­si­taire que le projet Fioraso va pro­vo­quer et les sub­ti­li­tés de la « gou­ver­nance » (bonne, for­cé­ment bonne !) des com­mu­nau­tés d’établissements ou d’uni­ver­si­tés.

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5977
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 15 Mar 2013, 02:00

Rennes, ce vendredi 15 mars, réunion publique d’information :

la nouvelle loi sur l’université = une LRU 2.0 ?

Collectif DOCARèNE

Le vendredi 15 mars à 14h45 en Amphi E1 (Bâtiment E - Université Rennes 2

Le gouvernement va bientôt promulguer une nouvelle loi sur l’université, destinée à remplacer l’ancienne loi cadre : la loi dite « LRU ».

Bien que la loi n’ait pas encore été votée, son contenu est déjà partiellement connu puisque le projet de loi est en circulation.

Nous savons donc que, dès la rentrée prochaine, la loi va avoir un impact sur les maquettes de licence et de master, la vie étudiante, le financement et la gouvernance des universités, le statut et le recrutement des personnels et enseignants, etc.

En tant que tel, étudiants, personnels et enseignants sont tous concernés !

Le projet de loi provoque de nombreux mouvements de contestation partout en France.

Le collectif DOCARèNE (collectif de jeunes chercheurs de l’université Rennes 2) a donc souhaité organiser une réunion publique d’information, ouverte à tous, afin que chacun puisse s’informer sur la loi et ses potentielles conséquences. (https://www.facebook.com/events/566...)

La réunion intitulée « La nouvelle loi sur l’université : une LRU 2.0 ? » aura lieu le vendredi 15 mars à 14h45 en Amphi E1 (Bâtiment E - Université Rennes 2

Elle sera menée par Etienne Boisserie, porte-parole de l’association Sauvons l’Université (le site de Sauvons l’Université : http://www.sauvonsluniversite.com)

Nous vous invitons donc à venir nombreux et à faire connaître l’événement autour de vous.

Merci d’avance,

le Collectif DOCARèNE

Adresse mail : docarene@gmail.com

http://rennes-info.org/Reunion-publique ... rmation-la
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Messagede Pïérô » 18 Mar 2013, 00:44

21 mars, grève dans l'enseignement supérieur, contre le projet de loi Fioraso « LRU 2 »

Des représentants d'universités et d'organismes de recherche ont appelé à une journée de grève nationale dans l'enseignement supérieur le 21 mars 2013 pour protester contre le projet de loi Fioraso.

Les représentants d'une trentaine d'universités et des principaux organismes de recherche (CNRS, INRA, IRSTEA, INSERM) ont appelé samedi à une journée de grève nationale dans l'enseignement supérieur contre le projet de loi Fioraso.

Soutenus par Sauvons la recherche, Sauvons l'université et une intersyndicale formée de SUD, de la FSU, de la CGT et du Snesup, ils étaient réunis en Assemblée générale ce 2 mars à l'Inalco, afin d'exprimer toutes les crispations liées au projet de loi présenté par la ministre de l'Enseignement supérieur.
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Re: L'université en lutte

Messagede Pïérô » 26 Mar 2013, 02:21

Sur le site "Sauvons l’Université !"

Calendrier fin mars et avril 2013 : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5951

Projet de loi sur l’ESR : Motions, Communiqués syndicaux (64 au 25 mars 2013) :
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5900
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 31 Mar 2013, 00:28

Communiqué fédération Solidaires Etudiant-e-s

Loi Fioraso : Une mobilisation qui ne faiblit pas !

La loi LRU adoptée en 2007 a conduit à la « faillite » de certaines universités et à la fragilisation financière des autres, aux gels de postes, à la précarisation du personnel et à la dégradation des conditions de travail et d’études. La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) G.Fioraso présente cette année un nouveau projet de loi qui devrait passer devant l’assemblée nationale le 27 mai. Le projet Fioraso, loin de résoudre les difficultés auxquelles font face les universités, entérine la loi LRU et pousse encore plus loin les logiques d’assujettissement de l’ESR aux pouvoirs des entreprises et de la Région.

Plus de 30 Assemblées Générales ont eu lieu dans toute la France la semaine dernière dans plus de 20 villes : Paris, Bordeaux, Montpellier, Marseille, Nantes, Orléans, Pau, Grenoble, Lille, Toulouse, Dijon, Rouen… Ce jeudi 21 Mars, une manifestation à Paris a réuni plus de 1500 personnes et un préavis de grève avait été déposé par les syndicats de personnels : SUD-Education, la FERCSUP-CGT, SNESUP-FSU. Deux actions coordonnées ont été menées dans les IEP (Instituts d’Etudes Politiques) de Paris et de Bordeaux, pour dénoncer l’hypocrisie d’une réforme qui annonce " l’excellence " mais perpétue en réalité un enseignement supérieur à plusieurs vitesses Dans l’Education Nationale, les fédérations concernées CGT, FO, SUD et CNT ont appelé à la grève le jeudi 28 mars et exigent l’abrogation immédiate du décret sur les rythmes scolaires et l’ouverture de réelles négociations sur les revendications des personnels. Face à des réformes néo-libérales qui attaquent l’Education de la maternelle au supérieur, nous soutenons ces journées d’actions et appelons à les renforcer. Ce désengagement de l’Etat et cette vague de privatisations n’est pas un cas isolé : tous les services publics sont touchés que ce soit en France ou dans le monde (Chili, Grèce, Portugal, Canada…).

Alors qu’une AG Nationale est prévue le 30 Mars à l’Université de Paris-Nanterre, il nous faut désormais continuer la mobilisation, se coordonner et passer à l’action. Seul syndicat étudiant qui combat cette loi, nous sommes très attaché-es au caractère interprofessionnel de ce mouvement et appelons à renforcer les intersyndicales locales (avec les personnels, les enseignant-es chercheur-euses….), impliquer les étudiant-es non-syndiqué-es, sensibiliser sur la loi et enclencher des actions pour que Fioraso recule !

Face à une loi qui maintient la LRU et le Pacte pour la Recherche, qui veut regrouper et fusionner les 80 universités en entités régionales « autonomes », qui veut liquider le cadre national des diplômes au profit de formations locales, qui veut livrer la recherche aux bassins locaux économiques… Nous réclamons l’abandon de la nouvelle réforme et l’ouverture d’une large concertation auto-organisée et interprofessionnelle (étudiant-es, personnels, enseignant-es chercheur-euses…) pour déboucher sur une réforme de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche par et pour les personnes qui la composent ou qui auraient souhaitées y être.

La fédération Solidaires Etudiant-e-s se réunira le 30 et 31 Mars 2013 à Dijon en Conseil Fédéral et la loi Fioraso sera évidemment un sujet crucial de discussions.

Si ce n’est pas nous, c’est qui ? Si ce n’est pas ici, c’est où ? Si ce n’est pas maintenant, c’est quand ?

LA LOI FIORASO NE PASSERA PAS !

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org/ ... sation-qui
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 02 Avr 2013, 23:29

Article à paraître dans RACAILLES n°66 (avril-mai 2013)
Loi Fioraso : un nouveau coup dur pour les universités, les personnels et les étudiant-e-s

Racailles étant né lors des premières grèves contre la LRU en 2007, nous ne pouvions pas laisser de côté ce sujet majeur : Pécresse (UMP) ou Fioraso (PS) ont le même cap pour plomber les facs !

Geneviève Fioraso est l’actuelle ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Son parcours laisse on ne peut plus rêveur : dans la région grenobloise, elle était à la fois PDG de Minatec Entreprises (spécialisée dans les nanotechnologies), maire adjointe de Grenoble, membre ou co-présidente de trois sociétés d’économies mixtes publiques-privées liées à « l’innovation technologique » et évidemment à Minatec Entreprises, ou encore membre d’associations loi 1901 dont la plupart sont liées à la facilitation et la coordination des rapports entre secteurs publics et privés. C’est donc une ancienne patronne et une lobbyiste convaincue du rapprochement public-privé qui dirige actuellement ce ministère. Son cabinet ministériel est composé très majoritairement de partisans et artisans de la loi LRU… Vous vous rappelez ?


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« Liberté » et « responsabilité » des universités

La loi LRU, loi qui a rendu « autonomes » financièrement les universités en passant par une diminution considérable de la dotation budgétaire d’État et poussant ces dernières à rechercher d’autres sources de financements, notamment via les entreprises privées ou le mécénat. La loi LRU a également transféré la gestion financière et humaine de la « masse salariale » de l’État aux universités avec en même temps une accentuation des pouvoirs des conseils d’administration et surtout des Président-e-s d’universités, faisant de ces dernier-e-s de vrai-e-s chefs d’entreprises. Cette fameuse loi qui fait qu’actuellement plus d’un quart des universités françaises sont en déficit budgétaire et plus de la moitié en difficultés financières et qu’elles utilisent leurs salarié-e-s comme variable d’ajustement en supprimant des dizaines et des dizaines de postes - 46 postes pour l’université de Caen entre 2013 et 2014 par exemple - provoquant suppressions d’heures de cours, surcharges de TD et dégradation des conditions de travail et d’études. Cette loi qui pousse les universités, les filières, les centres de recherches et les personnels à la compétition la plus totale et incite à des suppressions ou fusions de filières considérées comme insuffisamment rentables pour l’économie capitaliste…


Non seulement le projet de loi Fioraso ne remet rien en cause de cette foutue LRU mais il accélère et enfonce le clou de la marchandisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.

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. . . . . . . . . . . . . . . . . Une du cousin grenoblois de Racailles : Le Postillon


Compétitivité de l'université-entreprise

Ce projet, passé à l’Assemblée Nationale fin mars, préconise notamment la mise en place de « communautés d’universités » dont l’objectif principal est de faire fusionner les universités les unes avec les autres afin de créer de grands pôles régionaux de l’enseignement supérieur sensés être compétitifs sur la scène internationale passant par des fusions de filières et de centres de recherche pour une soi-disant question de « lisibilité ». Mais ce sont bien les étudiant-e-s les plus précaires et les personnels qui vont trinquer. Toute fusion génère des suppressions de postes. Et toute fusion supprime des filières empêchant les étudiant-e-s n’ayant pas les moyens de se déplacer à des centaines de kilomètres de chez eux/elles de s’inscrire dans la filière de leur choix. Dans le même temps, les pouvoirs vont se concentrer dans les mains de l’instance dirigeante du regroupement/fusion d’universités, composée à 50% seulement de membres élu-e-s, les autres étant nommé-e-s et de préférence lié-e-s à l’économie régionale.

Le projet de loi transfère également « l’accréditation des diplômes » directement par les universités et laisse ainsi encore plus de largesse à ces dernières pour concevoir directement leurs propres diplômes, renforçant la régionalisation et la mise en compétition des universités. En parallèle, les UFR (Unité de Formation et de Recherche) vont être supprimés et les universités vont pouvoir créer les composantes qu’elles souhaitent. Rappelons que la nouvelle Licence mise en place à partir de 2012 et finalisée en 2014 introduit les représentant-e-s du « milieu socio-économique régional » dans la conception des enseignements, dans les enseignements et dans les jurys d’examens. Mis bout à bout, tout se tient : les universités créent des diplômes dont les objectifs sont de former une main-d’œuvre directement exploitable par le patronat local.

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Professionnalisation des filières

De plus, le projet Fioraso prévoit de transformer la Licence en une simple continuité du lycée, reléguant la spécialisation au Master. Cette volonté est à mettre en lien avec la professionnalisation forcée des filières depuis 2007 au moins, où les connaissances fondamentales liées à une discipline sont petit à petit remplacées par des « compétences » communes à toutes les filières (langues, informatique, projet professionnel etc.) dont l’objectif est bien de faire intégrer des logiques managériales et économiques aux futur-e-s salarié-e-s/chômeur-euse-s, interchangeables et sans connaissances précises, sur le marché du travail. L’idée ici est également de limiter l’accès à la recherche au plus grand nombre, abordable dorénavant uniquement en Master, niveau pour lequel la sélection sociale est plus importante. Contrairement à ce que disent les gouvernements successifs, ce n’est pas la professionnalisation qui permettra d’enrayer l’échec en Licence mais un plan massif de résorption de la précarité étudiante qui gonfle chaque année, poussant les ¾ des étudiant-e-s à se salarier au cours de l’année, et plus de la moitié pendant l’intégralité de l'année universitaire.

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Ce projet de loi, dont la tonalité réside principalement dans le rapprochement des universités avec le monde de l’entreprise, va accentuer et accélérer la pénurie budgétaire des universités. Ce processus est celui le plus prisé dans le monde pour justifier à un moment une hausse importante des frais d’inscription, comme en Angleterre, au Chili, au Canada etc. Déjà en France, les frais d’inscriptions augmentent chaque année bien au-delà de l’inflation et de manière croissante de la Licence au Doctorat, l’idée étant bien de limiter les longues études aux étudiant-e-s socialement acceptables et compétitifs… Combien de temps allons-nous laisser faire ? En ce moment même, dans plusieurs universités françaises, des étudiant-e-s et des personnels tentent de se mobiliser contre ce projet de loi et plus largement contre la sujétion de l’enseignement supérieur et de la recherche au système capitaliste via des assemblées générales et l’auto-organisation. Il est vrai qu’on ne peut compter sur des organisations syndicales comme l’Unef (organe étudiant du PS) pour mobiliser, cette dernière étant favorable à la loi LRU, à la professionnalisation des filières et bien sûr au projet Fioraso. Alors maintenant, partout, mobilisons-nous et lions nos luttes contre la marchandisation des services, la casse du code du travail et l’enrichissement exponentiel de quelques-un-e-s aux dépens de la majorité. Bref, contre le capitalisme !

Seb-Caen

Pour aller plus loin :

Geneviève Fioraso, l’élue (et ministre) augmentée (Le Postillon, publié sur Article 11)
"Ministre de la recherche de profits" (OWNI.fr)

http://www.racailles.info/2013/04/loi-f ... -pour.html
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Re: L'université en lutte

Messagede neo » 04 Avr 2013, 10:17

Pétition contre un projet de loi ESR toujours inacceptable

Pétition à l'appel des organisations : FSU (SNESUP, SNCS, SNEP, SNASUB, SNETAP) – CGT (SNTRS, FERC-Sup, CGT INRA) – Solidaires (Sud Education, Sud Recherche EPST, Solidaires Etudiant.e.s) – SNPREES-FO – SLU – SLR

Sont associés à ce texte les collectifs de précaires : Collectif Aquitain des Contractuels de la Recherche – Collectif contre la précarité Pouchet/CNRS – Collectif contre la précarité INED – Collectif contre la précarité Paris 1 – Collectif contre la précarité EHESS Paris – Collectif des précaires de la recherche de Montpellier – Collectif des Jeunes Chercheurs des Alpes Maritimes

Lire et signer la pétition : http://www.loiesrtoujoursinacceptable.org
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 02 Mai 2013, 08:17

Contre le projet de loi ESR,
appel intersyndical à grève et manifestations le 22 mai

Contre un projet de loi ESR toujours inacceptable

Aucun moyen supplémentaire pour résorber la précarité et répondre aux besoins

Grève et manifestations le 22 mai lors du débat à l’Assemblée Nationale

Au moment où les difficultés budgétaires de nombreuses universités et organismes continuent d’amener suppressions et gels d’emplois de titulaires, annulations d’enseignements ou dégradation des conditions de travail et d’études et où la précarité ne cesse d’augmenter, le projet de loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche est présenté à l’Assemblée Nationale. Aucune des mesures d’urgence que nous avions demandées n’a été prise : suppression des IDEX, création d’emplois pour résorber la précarité et extension du champ des ayants-droit aux mesures de résorption de la précarité de la Loi Sauvadet, réaffectation des crédits ANR à des financements pérennes des laboratoires et des formations, remise en cause du Crédit Impôt-Recherche, etc. L’application de la loi Sauvadet, pourtant largement insuffisante, se heurte toujours à des obstacles au MESR et les non-renouvellements de contrats des précaires se poursuivent.

Le projet de loi sur l’ESR dans ses différentes versions n’apporte pas la rupture attendue avec la loi LRU et la loi Pacte pour la recherche. Pire, certains aspects pourraient être aggravés. Citons par exemple, les « communautés d’universités et d’établissements », qui associeraient des établissements d’enseignement public, voire privé et les organismes de recherche, dans une perspective de création d’une trentaine de mastodontes, dans lesquels collégialité et vie démocratique seraient réduits à la portion congrue. A cela, s’ajoutent les risques associés à l’acte III de la décentralisation (schéma régional des formations et de la recherche, par exemple). Tout ce contexte menace l’intégrité des organismes de recherche nationaux. Et Mme Gillot, rapportrice au Sénat, remet en cause publiquement la nécessité de supprimer l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), que la communauté universitaire et scientifique conteste depuis des années.

Ce projet de loi exclut tout moyen supplémentaire, alors qu’une augmentation des moyens et un volet de programmation budgétaire sont indispensables pour permettre à l’ESR de remplir ses missions et résorber la précarité.

Le résultat des consultations des différentes instances est éloquent. Le Conseil Supérieur de l’Education a majoritairement voté jeudi 21 février contre la version du 8 février du projet de loi. La Ministre ne peut se prévaloir d’unvote favorable du CNESER. Le lundi 25 février, après avoir voté contre le texte intégrant la totalité des amendements avant arbitrages ministériels, le CNESER n’a émis aucun avis (20 Pour, 20 Contre, 8 Abstentions et 4 NPPV) sur le projet amendé in-extremis par la ministre. Le 6 mars, le CNESERAAV a aussi repoussé ce projet de loi. (15 Pour - 16 Contre - 4 abstentions).

Les organisations soussignées, qui sont à l’initiative d’AG et d’actions diversifiées veulent une véritable rupture avec les politiques précédentes, pour permettre le changement dans le service public d’ESR ! Elles protestent contre la confiscation du débat par l’utilisation de la procédure d’urgence au Parlement décidée par le gouvernement.

Elles exigent l’abrogation des lois Pacte Recherche et LRU. Elles exigent aussi l’abandon de l’actuel projet de loi, ainsi que l’ouverture d’une véritable négociation pour une loi d’orientation et de programmation à la hauteur des besoins. Les établissements d’Enseignement Supérieur et de Recherche, leurs personnels doivent pouvoir remplir leurs missions fondamentales de formation et de recherche au bénéfice de tous.

Les organisations soussignées affirment la nécessité d’une augmentation substantielle des moyens d’Etat (dotations, plan pluri-annuel de créations d’emplois à hauteur d’au moins 5000 postes par an pendant 5 ans toutes catégories confondues) pour permettre la titularisation des précaires (et, en attendant, l’arrêt des non-renouvellements des contrats de CDD), pour revenir sur les gels d’emplois, pour répondre aux besoins des formations et améliorer l’encadrement, pour augmenter les soutiens de base des laboratoires au lieu des financements sur projets (ANR, IDEX...).

Elles exigent notamment :

. la gestion nationale des personnels de toutes catégories ;
. l’abandon des RCE dans les universités ;
. le maintien des différentes filières pour les personnels BIATSS et non l’intégration de tous dans la filière ITRF, contrairement aux propositions du rapport Le Déaut ;
. la régulation nationale pour assurer l’égalité sur le territoire ;
. la valeur nationale des diplômes et la reconnaissance collective des qualifications, pour garantir l’accès à un emploi et un salaire correspondants à la qualification ;
. la prédominance des élus de la communauté scientifique dans les instances statutaires d’évaluation des collectifs de recherche.

La loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche doit être débattue à l’Assemblée Nationale dès la semaine du 13 au 17 mai. Les organisations soussignées sont intervenues auprès des groupes parlementaires.

D’ores et déjà, les organisations soussignées appellent à continuer à :

. informer et organiser des Assemblées Générales dans les établissements, des conférences de presse locales
. intervenir auprès des parlementaires, notamment les locaux et ceux de la commission des Affaires Culturelles et de l’Education, avant le vote en commission
signer et faire signer la pétition intersyndicale sur http://www.loiesrtoujoursinacceptable.org/ ou en version papier.

Elles appellent les personnels et les étudiants :
. à organiser des AG dans les établissements, des rassemblements ou des conférences de presse le 14 mai, lors du débat en commission.
. à faire grève et à manifester ensemble le 22 mai lors de la séance plénière.

Des préavis de grève seront déposés pour les semaines du 13 au 17 mai et du 21 au 24 Mai.


Signataires : FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNETAP), CGT (SNTRS, CGT INRA, FERC Sup), SNPREES-FO, Solidaires (Sud Recherche EPST, Sud Education, Solidaires Etudiant-e-s), SLR, SLU.

Sont associés à ce texte les collectifs de précaires : Collectif Aquitain des Contractuels de la Recherche, Collectif contre la précarité Pouchet/CNRS, Collectif des précaires de Montpellier, Collectif de précaires du Centre INRA de Versailles, Collectif des non titulaires de la recherche toulousaine.

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5951
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Re: L'université en lutte

Messagede Pïérô » 25 Mai 2013, 23:55

LRU 2.0 ?
On n’en veut pas !

L’une des lois les plus contestées de l’ère Sarkozy a probablement été la loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU). Elle avait été adoptée dès l’élection de Naboléon, pendant l’été 2007. Auparavant, il avait pris soin de caresser les syndicats étudiants (certains syndicats étudiants) dans le sens du poil. On se souvient notamment que l’ineffable Julliard, qui s’est forgé une carrière sur le dos de la mobilisation de 2006 contre le CPE, avait été invité à déjeuner à l’Élysée… à la rentrée 2007, au grand dam de l’UNEF et de la FAGE, un mouvement de blocages et de grèves avait touché les universités françaises pendant plusieurs semaines. Puis, au cours de l’année 2008-2009, nous avons eu la plus longue grève universitaire jamais connue en France.

Ces combats ont durablement marqué le milieu universitaire et les personnels, qui s’étaient organisés et mobilisés, sont restés mobilisés. Mais du côté des classes dirigeantes, plus ça change, plus c’est la même chose (comme disent les Britanniques). Les socialistes, qui nous ont engagés dans le processus de Bologne (1999) et la stratégie de Lisbonne (2000), n’avaient aucunement l’intention de remettre en question la loi LRU de 2007. D’ailleurs, ils étaient nombreux à affirmer que cette loi était la seule réussite du quinquennat de Sarkozy !

La ministre Geneviève Fioraso, qui vient du MINATEC de Grenoble, n’était pas connue pour ses prises de position hostiles à la marchandisation du savoir et de l’enseignement supérieur ! À la rentrée 2012, elle a mis en place les assises de l’ESR, parodie de concertation, avec ses synthèses de synthèses de synthèses, à laquelle nous avons refusé de participer. Puis, elle a sorti sa loi que le Parlement (organe consultatif du gouvernement) est censé examiner en procédure accélérée car elle devrait s’appliquer dès la rentrée 2013.

Qualifiée de LRU 2.0 par quelques mauvais esprits, cette loi reconduit, pérennise, voire aggrave sur de nombreux points, la loi de Valérie Pécresse. Les comités de sélection, la dévolution de la masse salariale (les RCE) conduisant les présidents à gérer eux-mêmes une pénurie qui ne cesse d’empirer, la modification du statut des enseignants-chercheurs de 2009 introduisant la modulation des services et leur évaluation quadriennale, l’évaluation annuelle des BIATOSS [1], l’ANR, l’AERES (dont seul le nom changerait), la possibilité de transformer des postes de titulaires en postes précaires… tout cela serait reconduit à l’identique. Les appels à projets en EX (IDEX, LABEX, etc.), le calamiteux campus Paris-Saclay demeureraient intouchés. Quelques points particulièrement inacceptables : un renforcement du pilotage par le haut et de la soumission aux entreprises, une obligation pour les établissements de fusionner entre eux conduisant à un renforcement de la sélection des étudiants par l’argent.

Concernant les réactions syndicales, il est intéressant de constater que l’on retrouve dans l’ESR le même clivage qu’au sujet de l’accord national interprofessionnel (ANI). D’un côté, les syndicats dits « réformistes », SGEN-CFDT et UNSA, s’affirment favorables au projet moyennant quelques aménagements. Nous pouvons rajouter les deux principaux [2] syndicats étudiants, l’UNEF et la FAGE, qui se sont déclarés très favorables au projet de loi. De l’autre côté, nous avons un bloc plus ou moins uni composé des syndicats de la FSU, de la CGT, FO et Solidaires (Sud éducation, Sud REPST, Solidaires étudiants). Localement, les responsables syndicaux sont parfois conduits à des contorsions assez cocasses. Par exemple, en Franche-Comté, tous les syndicats de l’UFC sont opposés au projet de fusion avec l’université de Bourgogne voulu par la ministre. Pour ne pas être en porte-à-faux avec sa position nationale de soutien à Fioraso, l’UNEF insiste pour bien dissocier les motions condamnant la fusion des deux universités (qu’elle peut signer) des motions rejetant l’ensemble du projet de loi (qu’elle ne peut pas signer). Cette attitude est l’image inversée du SNESUP, principalement un syndicat de professeurs des universités à l’UFC, qui souhaite que l’on s’attaque à la ministre mais surtout pas au président de l’université que certains de ses membres soutiennent.

Une mobilisation a commencé à se dessiner dès les projets connus, en février. Mais, le gouvernement est malin : il sait que, dès les examens passés, il n’y a plus aucun enjeu et plus un seul espoir de grève. Lorsque le projet de loi sera adopté, la quasi-totalité des universités auront organisé leurs examens.

La mobilisation d’aujourd’hui prépare les luttes de demain. Sud éducation mettra tout en œuvre pour faire capoter la loi Fioraso, obtenir l’abrogation de la LRU et du Pacte pour la recherche.

Sud éducation Franche-Comté


[1] Même si le ministère a supprimé le « O » d’Ouvriers, ils ne touchent pas encore des salaires de cadres et nous continuons donc à parler de BIATOSS !

[2] En gardant à l’esprit que la représentativité de ces syndicats est toute relative, tant le taux de participation aux élections et le taux de syndicalisation sont faibles chez les étudiants !

http://www.sudeducation.org/LRU-2-0.html
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 30 Mai 2013, 23:14

Rassemblement en soutien à la CNT-FAU, ce vendredi à Rennes
La CNT-FAU (Formation Action Universitaire) appelle à un rassemblement vendredi 31 mai à 8h00 devant la Présidence de l’Université de Rennes II (métro Villejean-Université) pour protester contre l’expulsion de son local syndical sans promesse de relogement.

La présidence de l’université de Rennes II a pour politique de permettre aux entreprises privées comme Veolia ou Vinci de construire sur le campus, elle envisage pour cela la destruction de l’amphi Chateaubriand et des préfabriquées F où se trouvent le local syndical CNT et les salles où se réunissent de nombreuses associations et réseaux de Rennes II . Ces travaux sont ainsi un prétexte pour expulser la CNT de son local sans relogement. Depuis plus d’un an, nous luttons contre ce recul du droit syndical sur le campus et l’entrée du privé à l’université.

Vendredi à 8h00 aura lieu un Conseil d’Administration qui doit statuer sur le relogement de la CNT. Nous appelons à nous réunir au même moment : 8h00 devant la présidence de Rennes II.
http://rennes-info.org/Rassemblement-en ... n-a-la-CNT
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 08 Juin 2013, 00:27

Communiqué intersyndical ESR : poursuivre la lutte contre l’austérité et le projet de loi
Mobilisation le 18 juin
ESR : poursuivre la lutte contre l’austérité et le projet de loi

Le 18 juin, ensemble dans l’action

Manifestations, rassemblements, conférences de presse en régions

A Paris, 14h, manifestation de Jussieu au Sénat en passant par le Panthéon

L’Assemblée Nationale a adopté le 28 mai 2013 le projet de loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) par 289 voix contre 248. Ce vote illustre les difficultés du gouvernement à faire aboutir ses projets relatifs à l’ESR, soutenus par les seuls députés socialistes et radicaux de gauche. La mobilisation réussie le 22 mai 2013 des personnels de l’ESR à Paris et les efforts d’explication des syndicats CGT, FSU, SUD, FO auprès des députés, notamment du Front de Gauche et d’Europe Ecologie Les Verts, ont contribué à cette situation. C’est un résultat encourageant pour ceux qui, comme nos organisations, se battent dans l’ESR depuis de long mois pour une augmentation des moyens pérennes (postes et crédits) des établissements de l’ESR et la rupture avec la loi LRU et le Pacte de la Recherche.

Dans les établissements, les collègues sont inquiets de la poursuite d’une politique semblable aux précédentes : absence de réelle résorption de la précarité, non renouvellement de CDD existants, gels d’emplois de titulaires dans les universités – y compris dans les 1000 nouveaux emplois annoncés pour la réussite en licence - et suppressions de postes dans les organismes de recherche, signature de conventions IDEX impliquant des transferts de personnels des organismes vers des Fondations de Coopération Scientifique (FCS) de droit privé, application anticipée de lois non encore votées (ESPE et circulaires sur la formation des enseignants, processus d’accréditation, nomenclatures de licence), diminution des formations proposées aux étudiants, dégradation des conditions de travail…

Le projet de loi ESR – dont nos organisations demandent l’abandon - va maintenant être débattu au Sénat dans sa version adoptée à l’Assemblée Nationale. Il faut continuer la lutte contre la politique d’austérité du gouvernement et contre un projet de loi qui se situe dans la continuité des choix de ses prédécesseurs. Nos organisations ont notamment souligné le danger d’une politique de recherche totalement orientée vers le transfert économique et la valorisation au détriment de la recherche fondamentale et d’une recherche finalisée non marchande, les risques que pourrait entrainer la régionalisation couplée à la création des nouvelles Communautés d’Universités et d’Etablissements - alliant établissements publics et privés-, les menaces sur les statuts des personnels …. L’ANR est pérennisée et le « Haut conseil » de l’évaluation ressemble comme un clone à l’AERES, dont la ministre avait promis la suppression.

Le développement de la mobilisation des personnels et des étudiants de l’ESR, à Paris et en régions, lors de l’examen de ce projet de loi au Sénat sera décisif.

C’est pourquoi les organisations soussignées appellent à une journée d’action et de grève le 18 juin, lorsque le débat sur le projet de loi ESR commencera au Sénat :
- pour l’abandon de l’actuel projet de loi sur l’ESR
- pour l’ouverture de négociations – sur la base de nos revendications - pour une loi d’orientation ET de programmation qui rompe avec le Pacte pour la Recherche, la loi LRU et les politiques d’austérité

Le 18 juin, ensemble dans l’action

Manifestations, rassemblements, conférences de presse en régions A Paris, 14h, manifestation de Jussieu au Sénat en passant par le Panthéon, où à 15h s’exprimeront des témoignages de personnalités et seront déposées des silhouettes en carton symbolisant le grand nombre de celles et ceux qui ne pourront travailler dans l’ESR.

ORGANISATIONS SIGNATAIRES : FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNETAP) – CGT (SNTRS, FERC’SUP , CGT INRA) – SOLIDAIRES (SUD RECHERCHE EPST, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S) – SNPREES FO – SLU – SLR

SONT ASSOCIÉS : Collectif Aquitain des Contractuels de la Recherche – Collectif contre la précarité Pouchet/CNRS – Collectif de l’INRA de Versailles – Collectif des étudient-e-s de Paris 7 – Collectif des précaires de l’INED – Collectif de précaires du CNRS de Gif-sur-Yvette – Collectif des précaires de Montpellier
http://www.sudeducation.org/Communique- ... ,4731.html
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Re: L'université en lutte

Messagede Roro » 20 Sep 2013, 20:28

Anne Fraïsse (Montpellier 3) : "Je n'ai plus d'alternative, l'université va faire faillite"

Rouge. La présidente de l'université de Montpellier 3, Anne Fraïsse, a annoncé la couleur à son conseil d'administration le 17 septembre 2013, avec un plan d'économies drastique où figure notamment la disparition de l'antenne universitaire de Béziers. La professeur fait le point sur la situation et dénonce la "politique du pire" menée par l'Etat, en laissant volontairement les universités s'enfoncer dans les difficultés budgétaires.
Vous avez annoncé un plan d'économies pour l'université Montpellier 3, voté par le conseil d'administration, prévoyant la fermeture de l'antenne de Béziers. C'est une première…

700 étudiants, actuellement à Béziers, devront, dès la rentrée 2014, venir suivre leurs études à Montpellier. Sachant que la plupart d'entre eux n'en aura pas les moyens, et que nous pourrons difficilement les accueillir, étant donné nos capacités d'accueil qui vont devenir limitées.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver là ?

Je n'ai plus d'alternative. Sinon, je ne pourrai plus payer mes personnels, l'université va faire faillite, comme une entreprise. Nous avons 3,5 millions d'euros de déficit chaque année depuis que nous sommes passés aux RCE (responsabilités et compétences élargies). L'Etat n'a jamais transféré la totalité des salaires des titulaires à l'université. Ce déficit est structurel, il porte sur la masse salariale.

Pendant nos deux premières années de déficit, nous avons pioché dans nos réserves. Désormais, nous n'avons plus rien. Le recteur nous a bien fait comprendre que ce troisième budget ne pouvait plus être dans le rouge. Je suis donc obligée de couper dans ma masse salariale, qui représente plus des trois quarts de mon budget.

La fermeture de l'antenne est évalué à 2,3 millions d'euros d'économies.

L'Etat n'a jamais transféré la totalité des salaires des titulaires à l'université

Espérez-vous une réaction de l'Etat, qui vous permette d'éviter cette issue [ajout le 20/09 : la réaction de la ministre Geneviève Fioraso] ?

Non, je suis pessimiste. Le ministère ne peut faire semblant d'être étonné, il connait la situation. Avec la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, il poursuit cette politique qui force les universités à réduire leur masse salariale et fermer des formations, sans le dire.

Il faut mettre l'Etat devant ses responsabilités. Qu'il assume sa politique ! Le réseau universitaire est en train d'être détruit. On m'oblige à considérer mes étudiants uniquement comme un coût, peu importe l'intérêt social ou le succès de cette antenne qui fonctionne très bien, je dois m'en défaire.

L'Etat va simplement m'envoyer des "experts" pour "m'accompagner", et m'expliquer qu'il faut fermer mes masters, poussant Montpellier 3 à devenir une simple annexe universitaire avec des licences.

On m'oblige à considérer mes étudiants uniquement comme un coût

Vous prévoyez d'autres mesures d'économies, comme le tirage au sort des étudiants à l'entrée des filières avec fixation de capacités d'accueil limitées …

Les autres mesures que nous prévoyons sont tout aussi iniques pour nos étudiants. Mettre des capacités d'accueil dans les filières et tirer au sort les étudiants, vous pensez que cela me fait plaisir ? C'est une véritable défaite. Que se passera-t-il quand toutes les universités seront forcées à faire de même – sachant que cela existe déjà ? Qu'est-ce que l'Etat va répondre aux bacheliers qui n'auront pas de places à l'université ?

Cette année, j'ai 130 étudiants de plus en cinéma, notamment parce que cette filière connait des capacités d'accueil limitées dans d'autres universités. Ce n'est plus possible sans budget. En cinq ans, nous sommes passés de 14.000 à 20.000 étudiants. J'ai également 700 dossiers d'étudiants qui n'ont pas de fac sur ma table, et que je ne pourrai pas accepter.

Le raisonnement risque très vite de devenir le suivant : il est injuste de sélectionner par tirage au sort, mieux vaut le faire sur dossier. Entrera ainsi à l'université la sélection à l'entrée. Quand j'entends l'Unef ou le Sgen se féliciter de la rentrée, je ne comprends pas.
Quelle est la prochaine échéance pour ce plan d'économies ?

Nous arrêterons un budget en équilibre en décembre. D'ici là, la commission des finances travaille sur les mesures votées par le conseil d'administration, afin de les ajuster pour atteindre les 3,5 millions d'économies.


http://www.letudiant.fr/educpros/entret ... llite.html

Conséquence somme toute logique des lois LRU et de la "crise".
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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