L'université en lutte

Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Voline » 27 Oct 2010, 16:37

Fac de Nanterre bloquée depuis une semaine bientôt !

La droite étudiante (MET) a tenté de galvaniser des mécontents hier sur un piquet, y a eu des bagarres mais ça a tenu.
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Pïérô » 01 Nov 2010, 11:37

Une prochaine coordination nationale étudiante est annoncée les 6 et 7 novembre à Paris-13 Villetaneuse.

Nous exigeons :

. le retrait de la réforme des retraites
. la prise en compte des années d'étude, de formation, de stage et d'inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine
. la retraite à soixante ans à taux plein
. un pré-salaire d'autonomie


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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Voline » 01 Nov 2010, 12:31

Blocage du bâtiment de droit (F) à la fac de Nanterre demain.
Y aura besoin de pas mal de monde, si des gens sont dispos en R.P :roll:
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Nico37 » 04 Nov 2010, 20:13

Bron : saccage de l’université Lyon-II (Le 3 novembre 2010)

Dégradations nocturnes à l’université Lyon 2
Lyoncapitale, le 03/11/2010 à 17:37

La réponse de la force à la force ? Deux semaines après les violences urbaines qui ont émaillé Lyon, des étudiants de Lyon II ont dégradé mardi soir un amphithéâtre et ses abords sur le campus de Bron. En marge d’une nouvelle assemblée générale et de l’occupation des locaux décidée dans la foulée. La présidence a porté plainte.

"L’université Lumière mettra tout en œuvre afin que les constatations scientifiques opérées par la police permettent d’identifier dans les heures qui viennent les individus coupables de ces agissements ". La présidence de l’université Lyon II était prolixe ce mercredi matin à propos des dégradations commises la veille dans ses locaux du campus de Bron.

"Ce mercredi matin, un véritable paysage de désolation a été constaté, a-t-elle écrit, [...] l’amphi D, les murs du bâtiment K et une partie de ceux du bâtiment L ont été tagués à plusieurs endroits ; les accès du bâtiment K ont été bloqués par des accumulations de chaises et de tables ; des vitres ont été cassées, des archives de dossiers d’étudiants de l’institut de psychologie ont été brûlées ; des contrôles d’accès et des panneaux d’affichages arrachés ; les extincteurs ont été vidés de leur contenu, les lances incendies déroulées [...] ". Un communiqué particulièrement détaillé mais selon la sureté départementale jointe par téléphone mercredi après-midi, même si "la scène d’infraction a bien été passée au crible par l’identité judiciaire" , l’affaire ne semble pas plus prioritaire qu’une autre et les prélèvements effectués n’ont pas été traités en urgence. L’enquête n’en est pas moins ouverte.

"La répression a été très brutale", justifie la FSE

Le représentant de la FSE à Lyon, Fédération syndicale étudiante était présent sur place mardi soir. Il parlait lui de "dégradations mineures ". "Ce n’est pas la fin du monde, a-t-il réagi, et ce n’est rien par rapport aux effets des réformes mises en place par le gouvernement, à l’état général du campus -plein d’amiante-, ou encore par rapport à la répression policière lors des manifestations. Plusieurs personnes sont encore emprisonnées à Corbas (au moins six majeurs incarcérés selon nos informations, dont trois en détention provisoire, sans compter les mineurs, NDLR). La répression a été très brutale" , termine celui qui se fait appeler Jofquin. Une réponse à la force par la force en quelque sorte.

Chacun se rejette la responsabilité

Mardi, à l’issue des vacances de la Toussaint, une nouvelle assemblée générale d’étudiants, autorisée par la présidence, s’est tenue à Lyon II. Deux cent cinquante personnes y ont assisté (lire notre article). Le soir même, les étudiants ont voté l’occupation des lieux. "Dans la soirée, le président André Tiran est passé nous voir, il est venu constaté l’occupation et vers 22h, il nous a envoyé un mail précisant que la fac était fermée, quand elle n’était pas ouverte", un non-sens selon Jofquin. Un arrêté de fermeture des locaux, selon la présidence. Dialogue de sourds dans lequel chacun se renvoie la responsabilité. Les étudiants parlent d’une présidence qui a autorisé l’assemblée générale et ne pouvait donc s’opposer ensuite à ses décisions ; la présidence selon laquelle brûler des archives relève d’une procédure criminelle.

Le MET attise le conflit

En fin de journée, le MET Lyon, (ancien UNI Lyon III), syndicat d’étudiants de droite, a réagi en jetant de l’huile sur le feu. "Le MET Lyon, écrit son représentant, Guillaume Bonnier, invite le président de l’université Lumière Lyon 2 à faire intervenir les forces de l’ordre en cas de tentative de blocage, comme l’ont déjà fait aujourd’hui les présidents des universités de Saint-Étienne et de Pau" .

Retraites : quelques universités perturbées, dégradations à Lyon-II
AFP, 03.11.2010, 18h10

Trois universités ont été perturbées mercredi à des degrés divers dans le cadre de la lutte contre la réforme des retraites et le campus de Lyon-2 à Bron a subi "d’importantes dégradations", tandis que l’université de Saint-Etienne a été évacuée sans heurts par la police.

Jeudi, à l’occasion du retour en cours des lycéens après les vacances de Toussaint, des assemblées générales et un rassemblement parisien sont prévus mais peu de blocages.

Les universités de Limoges, du Mans et de Nantes ont été "perturbés à des degrés divers" mercredi, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.

En outre, l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble a été bloqué et ses cours suspendus jusqu’à la mi-journée, selon sa direction.

Dans la nuit de mardi à mercredi, d’"importantes dégradations" ont été commises sur le campus de l’université Lyon-2 à Bron, par des personnes qui ont notamment mis le feu à des archives de dossiers d’étudiants, selon la direction de l’université qui a déposé plainte.

Dans un communiqué, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a "condamné ces actes contraires aux valeurs et à l’esprit même de l’université" et "demandé à ce que les auteurs soient poursuivis dans le cadre des procédures de discipline interne et devant les tribunaux".

Le principal site de l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne, bloqué et occupé par une trentaine de jeunes depuis mardi soir, a été évacué sans heurts par la police mercredi matin à la demande du président de l’établissement, selon la préfecture.

Et malgré l’annonce d’un vote favorable au blocage mardi en assemblée générale, le campus de Pau n’a finalement pas été bloqué mercredi.

Dans un communiqué, l’Unef a affirmé que 24 assemblées générales s’étaient tenues mercredi, que 23 autres sont prévues jeudi ainsi que de nombreux rassemblements dans tout le pays. L’objectif étant, pour la première organisation étudiante, de "poursuivre la mobilisation aux côtés des salariés en manifestant" lors de la journée interprofessionnelle de samedi 6 novembre. "L’élément central de la mobilisation étudiante contre la réforme des retraites, c’est de manifester avec les salariés, ce ne sont pas les blocages. L’Unef soutient surtout les blocages les jours de manifs", a expliqué à l’AFP son président, Jean-Baptiste Prévost.

De son côté, l’Union nationale lycéenne (UNL) prévoit jeudi, à l’occasion du retour en cours après les vacances de Toussaint, des assemblées générales et un rassemblement parisien à 14h30 à Jussieu, mais peu de blocages. Il s’agit également pour elle de faire descendre le plus de lycéens dans la rue samedi.

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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Nico37 » 06 Nov 2010, 09:35

COMMUNIQUE SUD ETUDIANT PARIS 1

SUD Etudiant Paris 1 tient à faire part de son profond étonnement face au communiqué diffusé par la présidence de l'Université.
Alors que notre syndicat a toujours défendu l'auto-organisation et l'autogestion de luttes par les étudiants et les étudiantes ainsi que la souveraineté des Assemblées Générales, cadres démocratiques et décisionnels de la lutte, nous ne pouvons que nous alarmer à la lecture de ce communiqué.
Ainsi, Jean-Claude Colliard, juge de quand il est pertinent ou non de faire grève et s'arroge le droit de dicter aux étudiantes et étudiants leur comportement et leurs modes d'action tout en relayant la propagande d'une certaine presse visant à faire croire que tout est fini. Plus grave encore, il appelle « solennellement » à s'opposer à toute forme de blocage. Cela revient à cautionner voire encourager des violences à l'encontre de piquets de grèves si ceux-ci venaient à être votés par une nouvelle assemblée générale. C'est la méthode qu'ont pratiqué hier les vigiles du rectorat à la Sorbonne, occasionnant des affrontements déclenchés par une poignée de provocateurs, tout en adoptant une attitude profondément sexiste tout à fait inacceptable. C'est également ce qui a conduit à ce que des agents de sécurité soient agressés hier par des étudiants opposés à la grève.
D'autre part, si M. Colliard est aussi attaché aux libertés individuelles, nous ne doutons pas qu'il agira sans délais afin de faire cesser les fouilles de sacs aux entrées de la Sorbonne, ainsi que les questions des vigiles visant à savoir où se rendent des étudiants qui cherchent simplement à entrer dans leur université.
Pour SUD Etudiant, ce n'est pas parce qu'une loi est votée qu'elle devient juste et acceptable. Nous constatons que le rejet de cette loi reste fort dans la population et que la mobilisation se maintient bien que prenant de nouvelles formes. Nous appelons à participer aux prochaines assemblées générales qui, pour garantir une prise de décision démocratique, ne sauraient voter avant d'avoir débattu contrairement à ce qui a pu se passer sur le centre PMF, mardi 02 novembre. Nous souhaitons que les étudiantes et étudiants grévistes décident eux même de leurs modes d'action en tenant compte du contexte général.
SUD Etudiant Paris 1 appelle à rester mobilisé face à cette réforme inacceptable, et à participer massivement aux prochaines mobilisations et notamment à la journée de manifestation du samedi 06 novembre.

Enfin, nous tenons à condamner fermement les attaques de locaux dont ont été victimes deux des quatre syndicats étudiants de Paris 1, victimes d'intrusions et de dégradations occasionnant des dégâts matériels importants. Il est de la responsabilité de l'Université de garantir la sécurité des locaux et l'alimentation d'un climat anti-syndical de nature à créer des tensions ne nous paraît pas aller en ce sens.
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Nico37 » 08 Nov 2010, 23:15

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ÉTUDIANTE DE VILLETANEUSE DES 6 ET 7 NOVEMBRE

Nous, étudiants de XX universités réunis en coordination nationale à Villetaneuse les 6 et 7 novembre 2010, appelons les étudiants à poursuivre la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités.

La réforme des retraites portée par Nicolas Sarkozy constitue une régression sociale sans précédent. Non seulement elle ne garantit pas l'avenir des retraites, mais elle fait reposer l'essentiel des efforts sur les salariés. Cette réforme va maintenir les salariés plus longtemps en activité, sans rien régler au chômage des seniors et va contribuer à fermer un peu plus les portes de l'emploi aux jeunes. Nous refusons cette vie de précaire dans laquelle le gouvernement veut nous maintenir.

Par ailleurs cette réforme ouvre encore un peu plus la voie à la privatisation du système des retraites. Par le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisation, c'est bien la baisse des pensions et la capitalisation que souhaite mettre en place le gouvernement.

Par la mobilisation étudiante, les jeunes démontrent qu'ils refusent de servir d'alibi au gouvernement. Cette réforme sonne pour les jeunes comme une double peine : plus de chômage en début de carrière et moins de retraites demain. C'est pour cela que 74% des moins de 25 ans s'opposent aujourd'hui au recul de l'âge légal de retraite de 60 à 62 ans et que les étudiants dans leur grande majorité soutiennent la mobilisation actuelle. Par sa mobilisation, la jeunesse a joué un rôle central dans ce mouvement. Donnant confiance aux salariés en grève, elle a participé à donner un profil combatif et de masse à la mobilisation. Au delà de la réforme des retraites, la colère de la jeunesse n'est pas manipulée. Elle exprime un ras le bol de cette société et de l'avenir de misère qu'on lui réserve.

Le gouvernement a fait le choix de passer en force au parlement pour faire adopter son texte, au mépris de la puissante mobilisation des jeunes et des salariés l'amenant à faire le choix de la répression, y compris envers les mineurs, à encourager les violences policières, les arrestations abusives, à débloquer illégalement les piquets au mépris du droit de grève. C'est inadmissible. Mais si le gouvernement a gagné un vote dans l'hémicycle, il a perdu une bataille essentielle, celle de l'opinion. Le mouvement social contre la réforme reste soutenu par près de 70% de la population, et par la majorité des étudiants. Même adoptée, cette réforme reste injuste aux yeux du plus grand nombre et le gouvernement a perdu toute légitimité aux yeux des jeunes et des salariés. Cette mobilisation historique est riche d'enseignements. Les grèves reconductibles dans de nombreux secteurs salariés ont déstabilise le gouvernement et montré que c'était le moyen le plus efficace pour gagner. L'absence de démoralisation massive montre que, par ce type de scénario, un mouvement d'ensemble des jeunes et des travailleurs, la perspective d'infliger une défaite au pouvoir reste d'actualité.

Malgré les vacances et le vote de la loi, 2 millions de personnes ont à nouveau manifesté jeudi 28 octobre, pour la 7eme journée de mobilisation. Nous étions également 1,2 millions le 6 novembre.

Les raisons profondes qui ont amené des centaines de milliers de jeunes à descendre dans la rue sont loin d'être réglées. Nous maintenons notre exigence à la reconnaissance et à la protection sociale, notre aspiration à l'autonomie. Ces questions ne se régleront pas dans un énième débat sans perspective sur l'emploi des jeunes. Après avoir refusé de servir d'argument à cette contre-réforme, ils refuseront que leur situation soit utilisée pour une quelconque sortie de crise. Au coté des salariés et de leurs organisations, la coordination appelle les étudiants à poursuivre la mobilisation et à se joindre aux initiatives unitaires. Nous devons d'ores et déjà préparer les étudiants aux futures dates de mobilisation du 16 novembre et de celle qui aura lieu la semaine du 22 novembre.

Nous appelons l'ensemble des étudiants à participer aux assemblées générales ainsi qu'à leur organisation partout en France, afin de se mettre en grève et de manifester le mardi 9 novembre prochain. Des liens entre étudiants et secteurs mobilisés doivent continuer d'être développés en participant aux AG interprofessionnelles.

Nous exigeons :

- Le retrait de la réforme des retraites sans négociation.
- La prise en compte des années d'étude, de formation, de stage et d'inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine.
- La retraite à 60 ans à taux plein
- Un pré-salaire d'autonomie
- Égalisation des salaires des femmes et des hommes
- Refus des 42 annuités de cotisation
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Voline » 10 Nov 2010, 11:49

Un communiqué à été écrit par des membres de la CNE dénonçant les manoeuvres de l'UNEF et le non-respect des mandats de certains de ses militants, je dois encore le retrouver pour le publier ici !
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Voline » 10 Nov 2010, 14:21

http://www.cnt-f.org/cnt76/spip.php?article432

Scission de la coordination étudiante

Mardi 9 novembre 2010, par // Actualités

" POUR LA CONSTRUCTION D’UNE COORDINATION NATIONALE DES ETUDIANT-E-S EN LUTTE

Des participant-e-s mandaté-e-s et organisateurs-rices de La Coordination Nationale Etudiante (CNE) du 6 et 7 novembre 2010, dont les signataires sont mentionné-e-s en bas de page, dénoncent le déroulement de celle-ci :

En effet, une CNE, comme son nom l’indique se doit d’être l’organe de diffusion des informations, de synchronisation d’un mouvement. Elle ne peut et ne doit se substituer aux acteurs de la lutte : les Assemblées générales locales.

Ce jour, ils-elles ont assisté au non-respect des pratiques démocratiques et des principes essentiels au fonctionnement de cette coordination :

La tribune, sortant délibérément de son rôle technique (assurer la neutralité de l’organisation des débats) a sciemment orienté les discussions de telle sorte que les mandaté-e-s se sont trouvés dans l’incapacité de porter les revendications émanant de leurs Assemblées Générales Locales. Cette manœuvre politique orchestrée par l’UNEF s’est traduite par une sureprésentation de leurs membres montrant ainsi leur volonté d’une réappropriation éhontée, flagrante et malsaine d’un mouvement qui appartient à tous-tes les étudiant-e-s.

L’UNEF, se montrant hostile à la poursuite de la lutte :

n’a pas toléré l’élargissement de la plateforme de revendications ;

s’est, comme à la CNE du Mans du 23 et 24 octobre, permise de violer les mandats ;

n’a pas respecté l’ordre du jour voté en début de séance en censurant un débat par la mise au vote anticipée et autoritaire d’une motion largement contestée par l’assemblée.

Il est évident que des délégations composées d’un seul syndicat et qui plus est mandatées par des AG fantômes n’ont aucune légitimité pour participer à cette coordination et moins encore prétendre représenter quiconque.

Ce coup de force ne peut en aucun cas être toléré par les étudiant-e-s mandaté-e-s, organisateurs-rices et acteur-trice-s émanant des AG locales.

Malgré une dénonciation massive de ces abus, une demande rejetée de révocation de la tribune engendrant la démission de la moitié de ses membres, et le refus des signataires de ce communiqué de participer à une coordination à ce point litigieuse, les « débats » se sont poursuivis de manière illégitime pour une CNE digne de ce nom ; la solution qui s’est imposée a été de quitter la salle afin d’élaborer des modalités de discussion dans un cadre démocratique et dans le respect des mandats.

Est donc déclarée irrecevable toute proposition présentée par la CNE. Sachant que l’UNEF continuera à utiliser cette appellation pour exprimer ses seules positions, pour éviter toute récupération et dans un souci de clarté, les signataires proposent la constitution de la Coordination Nationale des Etudiant-e-s en Lutte (CNEL).

Nous appelons, dès aujourd’hui, à la poursuite de la mobilisation et à l’organisation de la première Coordination Nationale des Etudiant-e-s en Lutte.

Des mandaté-e-s et organisateurs-rices de La Coordination Nationale Etudiante (CNE) du 6 et 7 novembre 2010 des universités de : CAEN, LILLE, LYON 2, METZ, PARIS 3, PARIS 7, PARIS 8, PARIS 10 PARIS 13, ROUEN. "
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Kzimir » 10 Nov 2010, 15:24

A ce qu'il paraît, plus aucune fac ne serait réellement bloquée.
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Pïérô » 13 Nov 2010, 13:54

Déclaration du Conseil Fédéral de Sud Etudiant :
Retraites et nouvelles attaques contre les APL

Le conseil fédéral de Sud Etudiant réuni le 7 novembre à Paris, déclare :

Nous connaissons une mobilisation historique par son ampleur et sa durée, ayant réuni 7 fois de suite plus de 3 millions de personnes dans la rue.

Face à ce mouvement inédit, le gouvernement n’a eu comme seules réponses envers les travailleurs-euses (en formation, en activité, à la recherche d’un emploi...) que le mépris et la répression. Cependant, de nombreux secteurs, conscients des enjeux et de la détermination d’un gouvernement aux bottes du patronat, ont fait le choix, comme l’a défendu l’union syndicale Solidaires, de s’engager dans des mouvements de grèves reconductibles seuls à même d’instaurer un rapport de force capable de les faire reculer.

Dans les universités, la rentrée tardive a contraint à des calendriers de mobilisation resserrés qui ont handicapé l’ancrage des grèves. Néanmoins, dans un certains nombre de départements des Assemblées Générales interprofessionnelles se sont réunies avec des étudiant-e-s. Si le mouvement a connu des limites, notamment le toujours trop faible nombre de personnes représentées ou l’absence de certains secteurs, cela constitue un progrès dans la manière de concevoir l’organisation de la grève. Des actions communes lycéennes, étudiantes et interprofessionnelles ont pu voir le jour, et des cadres émerger comme les assemblées générales interpro et la rencontre de celles-ci au niveau national, comme à Tours ce week-end.

Le mouvement en cours laissera des traces durables. Il a permis à de nombreuses personnes de prendre conscience de leur force collective et constitue une avancée pour la conscience de classe. Il laisse un gouvernement décrédibilisé et fragilisé.

Pour la Fédération des syndicats Sud Etudiant, il s’agit maintenant de continuer la lutte pour la sauvegarde de nos acquis sociaux, sur des bases supplémentaires à la question des retraites, et notamment sur la Sécurité Sociale dont les nouvelles modalités du Projet de Loi de financement (PLFSS) de 2011, qui va encore accentuer les inégalités et la précarité dans le milieu étudiant et pour la jeunesse en général. Ce nouveau projet de loi touche une fois de plus les plus démunis socialement.

Adopté mardi en première lecture à l’Assemblée Nationale, le Projet de Loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2011, passe maintenant en débat au Sénat et ce, jusqu’en début de semaine prochaine. Il prévoit de réduire encore les dépenses en lorgnant sur les acquis sociaux des dernières décennies, afin de contenir le déficit budgétaire. Outre la réduction des dépenses d’assurance-maladie, qui passe par le déremboursement de certains médicaments, avec un objectif d’économies de 330 millions d’€, le gouvernement dévoile son but de faire des économies sur tout, gratter le moindre million au détriment du plus grand nombre, dans un contexte social catastrophique. En effet, les étudiant-e-s, si ils ont été épargné-e-s par le recul du gouvernement en août, concernant le cumul de leur aide personnalisée au logement (APL) et de la demi part fiscale accordée à leurs parents, recul obtenu par crainte d’un mouvement étudiant massif dans un contexte de grève interprofessionnelle sur le dossier des retraites, une attaque nouvelle se dessine.

Une mesure injuste et critiquée paraît dans le rapport du PLFSS 2011, celle de la suppression de la rétroactivité du versement de l’aide personnalisée au logement (APL), qui permettra à l’Etat d’économiser 240 millions d’€. Jusqu’à présent, cette aide était versée par la Caisse d’allocation familiale avec un effet rétroactif, si le demandeur vivait déjà dans le logement et remplissait les mêmes conditions d’octroi. Cette rétroactivité permettait à l’étudiant ou l’étudiante concerné-e de percevoir après coup l’aide au logement correspondant aux trois premiers mois de loyer en cas de délais entre l’attribution du logement et le versement effectif de l’aide. Cette somme représente un manque à gagner considérable pour les étudiant-e-s qui font face à chaque rentrée à de nouvelles dépenses toujours plus importantes et des frais d’inscription en hausse.

Le Conseil fédéral de Sud Etudiant tire un bilan positif à mi parcours de cette mobilisation contre la contre-réforme des retraites et continue d’exiger la non-promulgation de la loi et son retrait immédiat.

Nous nous engageons à poursuivre les actions initiées avec les salarié-e-s en lutte et notre Union syndicale Solidaires, dans l’unité la plus large.

Enfin, nous réaffirmons que les mots d’ordre doivent et peuvent être élargis, afin d’engager, dans la durée, un débat concret sur la question des acquis sociaux comme la Sécurité sociale, la précarité, les salaires et la redistribution des richesses.


http://sud.qsdf.org/spip.php?article149
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Re: Blocage de l'université, étudiant-es dans la lutte

Messagede Nico37 » 25 Nov 2010, 21:08

Appel issu de l’Assemblée générale de l’ENS ouverte à d’autres établissements du supérieur et de la recherche le 22 novembre

A l’appel de l’AG des élèves, étudiants et personnels de l’ENS en lutte, une Assemblée générale ouverte aux autres établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche s’est tenue lundi 22/11. Etaient présents des représentants de réunions de personnels et étudiants de l’ENS de Cachan, de l’Institut Curie (rattaché à Paris VI Jussieu), de l’université Paris-I Tolbiac et de l’IUFM de Paris, le secrétaire de la section CGT des personnels de l’université d’Evry, une syndicaliste CGT de la ville de Paris et quelques étudiants d’autres universités (Paris 3, 4, 8...).
Nous avons pu constater la convergence des problèmes rencontrés par les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, comme dans le reste de la Fonction publique : explosion de la précarité, dégradation des conditions de travail, bas salaires, déstructuration et privatisation du service public... Nous avons été alertés contre le projet gouvernemental de légaliser et généraliser la précarité dans la Fonction publique, notamment par l’extension des CDI en lieu et place de personnels titulaires. Nous avons souligné aussi que la précarité frappe massivement les étudiants, condamnés aux petits boulots, au manque et à la cherté des logements, à la dégradation des conditions d’études, notamment à l’augmentation des frais d’inscription. Les élèves, étudiants et personnels de l’ENS ont indiqué que leur mobilisation contre la précarité, pour l’augmentation des salaires des personnels, pour la facilitation de l’accès au logement et pour l’embauche des effectifs nécessaires s’inscrit dans la continuité de la lutte pour le retrait de la réforme des retraites. Le mouvement continue de se développer en reposant sur lacombinaison des blocages (restaurant, bibliothèque, services de la direction, ménage, atelier, bureaux...) et de la grève, l’unité des élèves/étudiants et des personnels, l’unité des contractuels et des titulaires, l’auto-organisation de la lutte par des AG souveraines, avec le soutien des syndicats locaux et de leurs élus au CTP. Tout cela fait peur à la direction, qui a fait appel à des vigiles et des flics en civil, fermé administrativement l’Ecole, exercé des pressions sur les personnels mobilisés... même si elle a été obligée aussi de faire quelques premières concessions, pour le moment minimes. L’AG a adopté la motion suivante :« Dans le cadre d'un mouvement pour la résorption de la précarité, les personnelLEs, élèves, étudiantEs, enseignantEs et chercheur-ses, travailleur-ses de l'enseignement supérieur et de la recherche, réunis en Assemblée Générale le 22 novembre 2010, réaffirment leur attachement au statut de fonctionnaire et appellent à amplifier la lutte contre l'exploitation dans l'enseignement supérieur et la recherche. Dans ce sens, nous exigeons :- l'intégration à la fonction publique des non-titulaires ;- la revalorisation du point d'indice et l'augmentation des salaires de 300 euros pour l'ensemble des employés de la fonction publique ;- l'ouverture de postes supplémentaires ;- le maintien du statut de fonctionnaire.Par ailleurs, l'Assemblée Générale se déclare solidaire des luttes en cours dans les universités européennes contre l'augmentation des frais d'inscription et pour des conditions d'étude décentes. L'Assemblée Générale s'adresse aux fédérations, syndicats nationaux, unions locales, unions départementales et confédérations afin qu'elles soutiennent ces revendications. »

L’Assemblée générale propose aux personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche de se mobiliser tous ensemble pour imposer la satisfaction de nos revendications, qui concernent aussi les autres salariés et les étudiants. Elle soumet la proposition d’une manifestation la semaine prochaine, qui pourrait passer par les différentes universités parisiennes. Elle appelle à en décider et à se rencontrer lors d’une prochaine Assemblée générale des personnels du supérieur et de la recherche lundi 29 novembre à 18h 30, ENS (45 rue d’Ulm, Paris 5è).
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Re: L'université en lutte !

Messagede Nico37 » 01 Déc 2010, 19:06

Bonjour, vous trouverez ci-joint et ci-dessous une invitation conjointe de SUD Etudiant et Attac Campus à une première réunion afin d'organiser une réponse politique, collective et internationale au sommet du G8 des Universités. Nous proposons de nous retrouver le Mardi 07 décembre à 18h00 dans nos locaux, 25/27 rue des envierges, 75020 Paris.

Contact: Denis 06 79 81 22 32 denis.aguiton@gmail.com


Appel à organiser un contre-sommet au G8 des Universités


Au printemps prochain, au sein du PRES (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur) de Bourgogne comprenant les universités de Dijon et de Besançon aura lieu le prochain sommet du G8 des universités. Depuis quatre ans, les ministres de l'enseignement supérieur se rencontrent, parallèlement aux sommets du G8 regroupant les principaux chefs d'État, afin de se coordonner au niveau international concernant leurs politiques universitaires.

Dans un contexte international de libéralisation de l'enseignement supérieur entraînant des augmentations sans précédents des frais de scolarité, des inégalités entre établissements dans les pays et entre les pays, il est important que les premières personnes concernées : étudiant-es, enseignant-es et personnels fassent entendre leur voix.

La Fédération des Syndicats Sud Étudiant et ATTAC Campus souhaitent organiser une réponse politique collective et internationale à ce sommet du G8 des universités. C'est pourquoi nous vous convions, organisations syndicales, associatives ou politiques, à une première réunion, Mardi 07 décembre, afin d'organiser ensemble des initiatives permettant de montrer notre opposition aux orientations diffusées dans le G8 des universités et notre refus de voir l'enseignement supérieur passer aux mains des intérêts privés.

ATTAC Campus
Fédération des syndicats SUD Étudiant
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Re: L'université en lutte !

Messagede Pïérô » 04 Déc 2010, 10:57

communiqué de SUD Etudiants, http://sud.qsdf.org/spip.php?article156 :

Les présidents d’universités signent une convention avec le MEDEF !

Mardi 23 novembre, la Conférence des Présidents d’Université (CPU) a signé, avec le MEDEF, une convention dont l’objectif affiché est de « favoriser l’insertion professionnelle des étudiants », nouvelle mission des universités depuis la loi LRU (Libertés et Responsabilités des Université, dite loi d’autonomie).

Cette convention envisage « l’employabilité » des étudiants et des étudiantes comme l’unique finalité de l’enseignement supérieur. Pas un mot sur la culture, l’autonomie intellectuelle, l’esprit critique : les études doivent mener à un emploi.

Parmi les solutions préconisées par les patrons des entreprises et ceux des universités, « le développement des stages à tous les niveaux et dans toutes les filières ». Avec plus de 2 millions d’étudiants, c’est une véritable armée de travailleurs précaires et sous-payés que cherchent à se constituer les employeurs : la gratification obligatoire pour les stages de plus de 3 mois ne s’élève en effet qu’à 2,75 € / heure. Pour les étudiants, cela signifierait une mise en concurrence accrue pour trouver un stage et, pour celles et ceux qui n’y seront pas parvenu, l’impossibilité de valider leur année. SUD Étudiant exige une réglementation contraignante des stages, qui impose notamment une rémunération au moins égale au SMIC et un contenu pédagogique réel. Les stages doivent être limités aux formations pour lesquelles ils sont véritablement utiles, et non généralisés pour devenir des outils de la propagande patronale.

En signant ce texte, les présidents d’université affichent ouvertement leur volonté de mettre leurs établissements au service du patronat. La convention désigne en effet les universités comme « susceptibles de répondre aux besoins des entreprises ».

Face à cette logique de marchandisation, SUD Étudiant réaffirme que l’enseignement supérieur est un service public qui doit tourner son action vers la satisfaction des besoins des étudiants et de l’ensemble de la population, et non d’intérêts économiques particuliers.
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Re: L'université en lutte !

Messagede Pïérô » 12 Déc 2010, 00:25

communiqué de "Sauvons l’Université ! " :

Une loi LRU II votée en catimini.

Diplômes, chercheurs, bâtiments, tout est à vendre !

Une nouvelle loi a été votée le 1er décembre dernier et a suscité une vive réaction de l’Intersyndicale du Supérieur, proportionnée à la gravité des faits. Cette loi Adnot n’aurait dû concerner qu’un pan limité des réformes imposées par la loi LRU : la dévolution, pour les universités passées aux RCE qui en feraient la demande, de la gestion des biens immeubles. Mais ses promoteurs ne se sont pas contentés de mettre ainsi l’université sous le contrôle d’intérêts privés. Ils ont radicalisé la réforme de 2007 et modifié le Code de l’éducation – concoctant par là même une loi LRU II. Des dispositions supplémentaires et rattachées de manière lâche au sujet principal (ce qu’on appelle des « cavaliers législatifs ») ont en effet été ajoutées, qui tentent de passer pour ce qu’elles ne sont évidemment pas : de simples ajustements techniques. Il s’agit bien d’un passage en force, sans débat ni consultation des instances statutaires, non plus que des organisations syndicales, selon une méthode éprouvée pour aller toujours plus loin dans la destruction de la véritable autonomie scientifique et pédagogique indispensable à l’Université.

Accélérer l’opération Campus de dévolution de biens publics à des intérêts privés

Quel est l’objectif affiché de cette loi ? Le rapport parlementaire de Françoise de Panafieu indique qu’il s’agit de lever un « obstacle juridique » au fait que « les universités, qui ne sont pas propriétaires de l’immobilier mis à leur disposition par l’État, ne peuvent conclure de contrats conférant des droits réels à des tiers, comme les contrats de partenariat comportant la perception de recettes annexes par un opérateur privé ou les autorisations d’occupation temporaire du domaine public. Or, ce sont ces formules qui sont les plus intéressantes pour les participants à l’opération Campus ». Il s’agit donc d’« ouvrir la voie à des opérations de réhabilitation qui, pour l’heure, sont bloquées ». Le sens de l’opération Campus est clairement énoncé : le plus « intéressant » pour une université serait d’être autorisée à jouer le rôle d’un opérateur privé en louant ses locaux, autrement dit à mettre les moyens et les espaces du domaine public à la disposition d’entreprises et d’intérêts extérieurs, susceptibles d’en user librement.

Disséminer pour mieux étrangler

Cette loi ne se limite pas aux activités immobilières des établissements d’enseignement supérieur. Des « cavaliers » introduisent de nombreux amendements aux dispositions législatives du code de l’éducation et abordent pêle-mêle des questions aussi lourdes que la collation des diplômes, la mise en place des fondations, le périmètre des organismes de recherche.
La méthode « cavalière » utilisée par le gouvernement ne saurait masquer le projet de transformation radicale de la politique universitaire qu’elle porte. Chaque étape ne trouve sa nécessité que dans l’incomplétude de l’étape précédente : les « manques » de la loi LRU ont justifié la « politique d’excellence » – du plan « Campus » aux « Initiatives d’avenir » –, tandis que les conditions du déploiement de cette politique ont exigé en retour la modification de la loi LRU. Cette incomplétude première était voulue : elle a permis de ne pas dévoiler la visée initiale de la loi LRU pour mieux l’entériner ensuite par les « ajouts nécessaires » à son bon fonctionnement. Comme pour la réforme de la formation des enseignants, la manœuvre du gouvernement consiste à brouiller la lisibilité de sa politique en fractionnant le dispositif législatif et réglementaire. Au-delà d’un apparent bric-à-brac et d’une relative improvisation, il espère ainsi limiter la compréhension de la réforme et, par conséquent, la mobilisation potentielle des acteurs concernés. Ainsi a-t-il voulu nous faire croire que les PRES avaient pour objectif premier la coopération entre établissements de l’enseignement supérieur : or un amendement à la loi Adnot établit que les PRES - qui sont associés aux projets Idex (Initiatives d’excellence) et dont sont membres de droit des établissements privés - peuvent délivrer des diplômes de Masters et Doctorats, notamment ceux portés par les laboratoires d’excellence (Labex), en lieu et place des Écoles Doctorales. Pour un peu, il ne s’agirait là que du développement inattendu, désormais assis sur une base légale, de la formidable collaboration des établissements. Le droit vient ici sanctionner des possibilités soudainement ouvertes par de nouvelles structures, pourtant ni collégiales ni démocratiques.
Ne soyons pas dupes : la concurrence entre universités ou « conglomérats » entraîne nécessairement la disparition du cadrage national des diplômes. Ouvertement annoncée, elle aurait provoqué une levée de boucliers, d’autant que l’amendement concerné condamne nombre d’universités à devenir des établissements de seconde zone, de type « Collège universitaire », limités à des Licences déconnectées de la recherche.
La création de pôles mixtes privé-public et de réseaux thématiques associés sous forme de fondations, les possibilités de regroupement des établissements publics, autorisent en outre la disparition des organismes par simple décret. Ces nouvelles dispositions ouvrent la voie à la suppression de toute distinction entre le secteur privé et le public. Elles permettent aussi de « resserrer » les instances délibératives de l’ESR (universités, PRES, organismes, écoles, fondations) pour les mettre au service de la compétitivité des entreprises, achevant ainsi de défaire une collégialité déjà bien mal en point, mais encore trop grande aux yeux du ministère et des équipes présidentielles qui le secondent.

Toujours plus fort

D’autres « cavaliers » ont été ajoutés à la sauvette : l’amendement n°3 à l’article 4 voulait élargir le corps électoral des présidents d’université aux membres non élus des CA d’universités et leur donner la possibilité de définir le projet pédagogique de l’université. Il reprenait ainsi une disposition écartée lors du débat parlementaire de 2007 et une nouvelle tentative en ce sens de certains députés UMP en 2009. Une telle modification aurait inclus, dans les suffrages exprimés pour l’élection des présidents d’université, ceux des 7 ou 8 membres extérieurs (entre 23 et 26,5% de l’ensemble des membres des conseils), eux-mêmes nommés par le président. Elle aurait diminué d’autant le poids décisionnel déjà faible des membres élus. La liste sortante aurait ainsi bénéficié d’un avantage de départ d’un quart des voix. Valérie Pécresse, souhaitant « que le plan Campus démarre très vite, et que les partenariats public-privé puissent être signés très vite », a repoussé cet amendement, de manière à ne pas perdre de temps dans une procédure législative qui eût été nécessairement allongée par de telles modifications. Mais ce n’est là que partie remise puisque la ministre a déclaré néanmoins trouver cet amendement « très important pour l’université française ». Il est donc probable que cette disposition sera derechef présentée au vote dans les prochaines semaines.

La communauté universitaire doit faire entendre sa voix sur ces mesures législatives qui viennent couronner un édifice dont elle a montré depuis deux ans qu’elle n’en voulait pas, parce qu’il contredit les fondements mêmes sur lesquels reposent l’enseignement et la recherche. SLU appelle à ce que, dans toutes les universités, les établissements d’enseignement supérieur et les organismes, les conseils centraux soient saisis de ces questions et votent des motions manifestant leur opposition. Nous ne voulons pas d’une loi LRU II.
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Re: L'université en lutte !

Messagede Pïérô » 13 Déc 2010, 14:46

communiqué de la FSE :

Une nouvelle Loi Relative aux libertés et responsabilités des Universités (LRU), la loi Adnot

Une nouvelle loi a été votée le 1er décembre dernier, la loi dite Adnot. [1] Cette loi renforce la LRU dans différents domaines : activités immobilières des établissements d’enseignement supérieur, structures interuniversitaires de coopération et conditions de recrutement et d’emploi du personnel enseignant et universitaire.

Cette loi donne la compétence au PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur), qui peut comporter des établissements privés, de délivrer des masters et des doctorats. Cela va engendrer des établissements qui ne délivreront plus que des licences coupées de la recherche, renforçant ainsi le découpage des universités en deux catégories : des universités d’élite d’un coté et des universités poubelles de l’autre.

Elle permet aussi aux universités de louer ses locaux à des organismes privés, c’est à dire de laisser des espaces publics à des entreprises pour qu’elles en fassent ce qu’elles veulent.

Elle permet en outre de dissoudre les EPST (Établissement Public à caractère Scientifique et Technologique) et les EPIC (Établissement Public à caractère Industriel et Commercial) dans les universités. C’est la mort annoncée du CNRS, de l’INSERM... C’est une attaque frontale contre la recherche fondamentale.

Toutes ces mesures ne font qu’accentuer la privatisation des universités, détruire le savoir critique et renforcer les disparités entre les établissements. Elles renforcent la logique qui consiste à considérer l’éducation comme une marchandise comme une autre et à soumettre encore plus l’Université aux entreprises.

La FSE exige le retrait de la loi dite Adnot et de la LRU. La FSE continuera à se battre pour une Université qui ne soit pas au service du patronat et contre toute logique qui tend à faire passer le profit avant tout autre intérêt.

Pour une Université critique et populaire
Patron-ne-s hors des Universités
Seule la lutte paie !
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