Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 08 Juin 2012, 10:16

Audience avec le Ministre : pour SUD Education, il faut plus de changements, et dès maintenant !

Communiqué de la Fédération Sud- Éducation

la Fédération Sud Éducation a été reçue par le Ministre de l’ Éducation Nationale Monsieur Vincent Peillon et la Ministre de la Réussite Educative Madame George Pau-Langevin le Mercredi 6 juin 2012. Nous avons exposé notre analyse de l’état actuel de l’ Éducation nationale ainsi que nos orientations. L’écoute a été de qualité mais les mesures d’urgence annoncées pour la rentrée 2012 restent bien trop limitées :

. Seulement 1000 créations de postes et uniquement dans le premier degré.

. Une faible diminution des heures de service pour les stagiaires : 15 heures hebdomadaires devant élèves, mais les moyens de compenser cette décharge ne semblent pas assurés ou d’une façon inacceptable pour nous. Le ministre a évoqué le recours « aux anciens », des heures supplémentaires, des postes précaires. Il n’a pas répondu à notre exigence de créer des postes, à nos propositions de titulariser les précaires et d’ouvrir davantage les listes de concours, ces mesures permettant aussi d’assurer une décharge plus importante pour les stagiaires. Nous avons rappelé notre opposition à la « masterisation ». Nous demandons que la décision du Conseil d’État qui a annulé certains articles phares de cette contre réforme soit appliquée immédiatement.

. Réemploi des 14600 contrats aidés mais ils resteront précaires malgré notre insistance pour demander des emplois statutaires.

Nous restons préoccupés par les modalités de préparation de la loi de programmation annoncée pour l’automne. Une concertation, prévue pendant les mois d’été (août / septembre) ne permettra certainement pas d’aller au-delà d’une simple consultation. Certains dossiers semblent s’inscrire contre la politique précédente : formation initiale et continue des personnels, Eclair, reconnaissance de la nécessité des personnels administratifs, RASED, prise en compte du retard des moyens et des statuts des personnels aux DOM TOM.

En revanche, nous sommes inquiets des positions évoquées par le ministre en ce qui concerne le développement du Lycée des Métiers, la territorialisation du service d’orientation de l’ Éducation Nationale au sein d’un service public d’orientation et d’insertion pour tous les publics, la non remise en cause des réformes du GRETA, des lycées, du collège et de l’école du socle en général.

Cette entrevue nous a aussi permis de soulever la question du vote électronique, auquel nous restons opposés, et celle de la répression des personnels, notamment les militant-e-s syndicalistes ou désobéisseurs/euses, la possibilité de rouvrir au recrutement le corps des MI-SE.

Nous avons également demandé l’abrogation de la loi sur le service minimum d’accueil dans le premier degré, loi qui fut largement combattue par les personnels et de nombreux élus municipaux.

Dans l’urgence, nous demandons une intervention forte du Ministre auprès du préfet de Mayotte pour les militants locaux de RESF, fonctionnaires d’État, victimes d’une véritable interdiction de travailler et renvoyés en métropole.

Nous avons demandé le retour au respect du droit syndical au sein de l’Éducation Nationale. Nous avons aussi défendu le droit à la scolarité des élèves sans papiers et soutenu leur présence sur le territoire français et alerté le ministre sur la souffrance au travail des collègues.

A propos de l’évaluation des personnels, nous n’avons eu aucune réponse concernant notre demande d’abrogation de l’entretien professionnel pour les personnels administratifs, alors que, et c’est heureux, le décret sur l’évaluation des enseignants sera abrogé.

En revanche, en ce qui concerne le transfert des personnels administratifs et des PLP aux Collectivités Territoriales, le ministre a déclaré que ce n’était pas à l’ordre du jour. Et que les 60 000 postes promis lors de la campagne présidentielle ne concerneraient pas que les enseignants.

Le ministère va organiser durant les mois d’été des rencontres avec les organisations syndicales, dans la perspective de la loi de programmation scolaire de cet automne. En attendant, il considère qu’il ne peut être tenu comptable de la rentrée 2012. Ce n’est pas l’avis de SUD Éducation. Malgré quelques mesures positives que Sud Éducation a saluées, le compte n’y est pas ! La fédération SUD Éducation, fortement attachée à la défense des personnels et des élèves, exige plus de changements, dès maintenant !

Elle mettra tout son poids militant pour peser dans les semaines qui viennent sur les décisions que doivent prendre les ministres en défendant ses revendications pour aller vers une école émancipatrice et en construisant les luttes qui s’avèrent d’ores et déjà nécessaires.


Fédération Sud- Éducation
http://www.sudeducation.org/Audience-av ... r-SUD.html
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Messagede bipbip » 03 Juil 2012, 08:10

Communiqué de la fédération SUD éducation

La rentrée de Vincent Peillon ? Un sparadrap sur une jambe de bois !

Le Ministère de l’Éducation Nationale multiplie les effets d’annonces pour la rentrée scolaire 2012 : 1000 postes supplémentaires de professeurs des écoles, 250 postes d’enseignants dans le secondaire, 75 postes de CPE.
En additionnant nous sommes loin de compenser les 14000 postes supprimés à cette rentrée par l’ancienne majorité !
Pour SUD Éducation la réalité que nous devrons affronter à la rentrée prochaine c’est bien la suppression de 12645 postes (-14000 + 1355).

Dans le Premier degré : l’insuffisance criante des moyens de remplacement, les RASED démantelés, le recul de la scolarisation des 2 ans, les classes trop chargées…
À cela s’ajoutent pour le Second degré les conséquences de la réforme du lycée qui se font de plus en plus sentir (postes supprimés, augmentation des effectifs, suppression des dédoublements, accroissement de la charge de travail...), réforme dont le ministre n’a aucunement annoncé une possible remise en question.
Quid également de la réforme de l’enseignement professionnel qui supprime 25% de formation pour les élèves de bac pro ?
Quid de celle de la voie technologique qui n’a d’autre objectif que de supprimer des postes ?
Quid de la démolition en règle de la Vie scolaire prise en étau entre suppressions d’emplois, restructurations et dérives sécuritaires ?
Quant aux stagiaires : passer à 15h devant élèves au lieu de 18, ce n’est pas leur donner les moyens de se former. D’autant que cette mesure se traduira par de nouvelles heures supplémentaires imposées pour les personnels titulaires !
Non, nous ne voulons pas faire la rentrée prévue par Sarkozy-Fillon-Châtel, à peine édulcorée par Hollande-Peillon, avec pas loin de 13000 postes en moins au lieu des 14000 suppressions initialement prévues.
SUD éducation rappelle que le renouvellement des milliers de CAE-CUI arrivant en fin de contrat ne fera que les maintenir dans la précarité alors qu’il s’agit de missions pérennes qu’il faut titulariser sur des emplois de fonctionnaires. De même, la décision de créer un nouvel emploi de “médiateur violences”, une fois de plus précaire, et alors que les postes de surveillants sont notoirement insuffisants, n’est pas acceptable.

Pour la Fédération SUD Éducation l’urgence pour la rentrée prochaine c’est :
. La réouverture des 2500 postes RASEDsupprimés, la mise en place de formations spécialisées pour rétablir les réseaux d’aides complets, créer des postes de Maîtres E et G, de psychologues,
. L’augmentation des moyens de remplacement, la baisse significative des effectifs-classepar des créations de postesà la hauteur des besoins,
. L’extension du recrutement sur listes complémentaires, l’organisation d’une session de concours supplémentaire (comme en 1981...),
. Le réemploi et la titularisation sans conditions de concours ni discriminations de nationalité de tous les précaires,
. Le retour au tiers temps face aux élèves pour les stagiaires,
. Mais aussi la suppression des dispositifs liberticides : Livret personnel de compétences, systèmes de fichage centralisé des élèves et des personnels,
. Et l’arrêt des atteintes aux libertés syndicales et le rétablissement dans leurs droits des militants sanctionnés.

SUD Éducation ne se satisfera pas d’un sparadrap sur une jambe de bois et s’adresse à nouveau au Ministre pour réclamer un véritable plan d’urgence pour la rentrée.
SUD Éducation appelle les personnels à se réunir en AG, à se mobiliser activement, à coordonner leurs actions et soutiendra toutes les initiatives prises pour refuser cette nouvelle rentrée d’austérité.

Saint-Denis, le 29 juin 2012
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Messagede bipbip » 05 Juil 2012, 13:59

Communiqué commun de la fédération SUD Éducation et de la Fédération des travailleur-euse-s de l’Éducation CNT

Un troisième tour social pour l’éducation !

En cette année électorale, la question de l’éducation a nourri les promesses des candidat-e-s et de leurs partis. Pourtant, malgré les changements à venir au gouvernement, les fédérations syndicales CNT-FTE et SUD Éducation tiennent à réaffirmer que les intérêts des travailleurs-euses de l’Éducation ainsi que des usagers-ères de l’école ne peuvent se défendre que dans la lutte.

Ces dernières années, tous-tes ont subi de plein fouet la destruction du service public d’Éducation.

Le statut des enseignants-es est sans cesse remis en cause (temps de travail, renforcement de la hiérarchie, absence de formation pour les stagiaires, vacations...), les personnels de vie scolaire (AED, AVS, AP) pourtant nécessaires pour répondre aux besoins des élèves sont tous-tes précaires, les personnels ATOSS ont vu leur statut de fonctionnaire être attaqué en passant sous la coupe des collectivités territoriales... Pire encore, le recours par l’État à des contrats de droit privé (CAE-CUI) illustre à quel point le service public d’éducation se disloque au profit d’une privatisation que nous ne pouvons plus supporter !
Lorsque les moyens diminuent ce sont bien les élèves, qui en paient le prix ! La dégradation de nos conditions de travail (augmentation du temps de travail, disparition de la formation, conditions de remplacement, absence de médecine du travail, culpabilisation des collègues avec un nouveau jour de carence en cas d’arrêt maladie, mobilité professionnelle contrainte, pressions hiérarchiques...) tout comme les suppressions de postes d’enseignants-es qui engendrent une augmentation des effectifs dans les classes, nous empêchent aujourd’hui d’œuvrer à la réussite de tous-tes. La diminution des personnels de vie scolaire obligent les collègues à gérer chaque jour des situations d’urgence au détriment d’une approche éducative constructive et compréhensive des individus. Le dispositif (E)CLAIR prive progressivement les établissement les plus défavorisés de tous leurs moyens, et ce sont une nouvelle fois les élèves et les familles aux situations sociales les plus difficiles qui le subissent...
Mais c’est aussi toute notre vision d’une éducation juste, populaire et émancipatrice qui est attaquée depuis des années. Le Livret Personnel de Compétences, les évaluations nationales, le classement arbitraire des élèves et leur mise en compétition, l’imposition de pédagogies rétrogrades et l’hégémonie de directives bien souvent absurdes, la répression dirigée envers les collègues qui pratiquent les alternatives pédagogiques, le fichage des élèves (Base-élève, Sconet, Affelnet) sont autant de pratiques qui visent depuis trop longtemps à construire une école du mérite, une école des inégalités, une école au service du patronat et non au service de l’épanouissement individuel et collectif de nos enfants.
Finalement, c’est dans ce contexte que des réformes récentes s’attaquent de front aux droits des organisations syndicales et notamment au droit de grève : lois sur la représentativité, service minimum, déclaration d’intention de grève dans le primaire, n’ont qu’un seul objectif : protéger ces politiques désastreuses de toute contestation sociale. Parce que l’école modèle la société que nous voulons pour demain et parce que nous ne voulons plus d’une Éducation dont l’avenir est lié à des enjeux économiques, il est temps d’agir. De la maternelle à l’université, défendre l’école telle que nous la concevons, c’est défendre les intérêts de ceux et celles qui y travaillent, mais c’est aussi construire une autre école, qui œuvre dans l’intérêt de tous-tes, élèves comme parents.

C’est pourquoi les organisations CNT-FTE et SUD Éducation revendiquent :
* La titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tous les personnels précaires
* L’arrêt total du recours aux contrats précaires et particulièrement aux contrats de droit privé (CAE/CAV, CUI)
* Des créations massives de postes de titulaires (enseignement et encadrement)
* L’abrogation des EPEP dans le primaire
* L’abandon de tout fichage des élèves
• Le retrait du dispositif (E)CLAIR
• L’abrogation de la loi LRU et de la mastérisation
• le retour à un véritable véritable enseignement professionnel
• le retour au tiers temps avec les élèves pour les stagiaires

Pour gagner sur ces revendications, nous estimons que les grèves ponctuelles et clairsemées ne sont pas suffisantes. Pour obtenir satisfaction, il nous faut construire une véritable riposte sur le terrain social.

Ainsi , maintenant et aussi dans la perspective de la rentrée de septembre 2012, conscientes que seul un mouvement social sera à même de changer la donne éducative, les organisations syndicales CNT et SUD appellent l’ensemble des travailleurs-euses de l’éducation ainsi que les parents d’élèves à se mobiliser pour construire un véritable rapport de force. – Elles les invitent à s’organiser en Assemblées Générales d’établissement dès la prérentrée – Elles soutiennent les initiatives locales, y compris la grève reconductible,que les Assemblées Générales décideraient de mettre en œuvre pour obtenir gain de cause sur leurs revendications

Publié le 3 juillet 2012.
http://www.cnt-f.org/spip.php?article1983
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Messagede bipbip » 12 Juil 2012, 02:05

Sur la concertation pour une refondation de l’école
Communiqué de presse de la fédération SUD éducation

Lancement de la concertation pour une refondation de l’école

La Fédération SUD éducation sera présente dans la concertation sur la refondation de l’Ecole lancée ce 5 juillet 2012. Cette concertation a pour objectif officiel de préparer la loi d’orientation et de programmation scolaire. Elle doit se poursuivre jusqu’à la fin septembre et associer les syndicats, les parents, les associations professionnelles, les collectivités territoriales, le patronat...

Le processus de fabrication d’une telle loi paraît plus ouvert que sous le gouvernement précédent, mais le nombre de thèmes à aborder dans un temps aussi court avec autant de partenaires nous fait craindre qu’en réalité beaucoup d’axes directeurs soient semblent déjà décidés, par exemple la « territorialisation de l’orientation », et « le socle commun » qui sera revu sans être, semble-t-il, questionné dans ses fondements. Par ailleurs, un certain nombre d’annonces du gouvernement ne nous rassurent pas, comme celles concernant la faible décharge horaire des stagiaires (non financée d’ailleurs), l’absence de remise en cause du bac pro 3 ans, du LPC (livret pédagogique de compétences) ou encore de la réforme du lycée .

Pour SUD éducation enfin, pas de refondation sans le retour des 80 000 postes supprimés par le gouvernement précédent. Or le gouvernement actuel projette d’en recréer 60 000 sur 5 ans. Leur nature reste vague : pour SUD éducation, il ne peut s’agir de postes précaires mais d’emplois statutaires, il faut donc plus de postes aux concours et la titularisation des précaires. Ces postes ne sauraient en outre procéder de transferts d’autres secteurs de la fonction publique. Les attentes de nos collègues, les besoins des élèves, en particulier des plus fragiles, sont immenses. Dans cette concertation la fédération SUD éducation entend informer les collègues , porter ses revendications, son projet pour une École qui ne soit pas seulement une école de la réussite mais qui soit réellement émancipatrice.

En définitive, c’est la mobilisation des personnels dès la rentrée qui sera déterminante. SUD éducation appelle à se mobiliser dès la rentrée pour imposer des créations de postes nécessaires et intervenir pour une école critique, populaire et émancipatrice.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede bipbip » 02 Sep 2012, 23:57

Communiqués de rentrée SUD et CNT

Communiqué de la fédération SUD éducation du 1er septembre 2012

Postes, conditions de travail, moyens… 2012, la pire des rentrées

La rentrée des classes de septembre 2012 est la pire des rentrées parce que 13000 postes supplémentaires sont supprimés. Ces 13000 postes viennent s’ajouter aux 60000 suppressions des 5 années précédentes, alors que la rentrée 2011 s’était déjà faite dans des conditions déplorables. Le gros millier d’enseignant-e-s dont le nouveau gouvernement a annulé la suppression ne peut le masquer. Des classes encore plus nombreuses. Des options et des filières inaccessibles. Des conditions de travail dégradées pour tou-te-s, élèves et personnels.

Et 2012 sera encore une année noire pour les nouvelles enseignantes et les nouveaux enseignants. Les stagiaires seront encore quasiment à plein temps en responsabilité devant les élèves, sans formation profes-sionnelle.

La faute à Sarkozy… mais pas seulement

Bien entendu, cette rentrée est d’abord celle qui a été voulue par Sarkozy/Fillon/Chatel. Mais le gouvernement Hollande/Ayrault/Peillon a choisi de la laisser quasiment telle quelle, en ne proposant que des aménagements à la marge, là où un véritable plan d’urgence était nécessaire…. et assez facilement possible, avec un peu de volonté politique :

Personne ne nous fera croire qu’il n’était pas possible de recréer immédiatement des milliers de postes, en commençant par titulariser les précaires.

Après que le Conseil d’État a annulé au 31 juillet 2012 le cahier des charges de la formation des professeurs et des CPE, il était tout à fait possible d’améliorer vraiment les conditions d’entrée dans le métier des stagiaires. Mais Peillon a décidé cet été de publier le cahier des charges préparé par Wauquiez et Chatel, alors que ce projet avait été unanimement condamné par le CNESER (le 19 mars) et par le Conseil supérieur de l’Éducation (le 12 avril).

Demain ça ira mieux ? Ça dépend de nous !

Peillon a justifié l’insuffisance des mesures d’urgence par le lancement d’une grande consultation « pour la refondation de l’école ». Pourtant, comme nous le craignions, l’essentiel des décisions semblent prises avant même que la consultation ait débuté, et aucune rupture avec le démantèlement libéral du service public d’éducation ne s’annonce. [1]


SUD éducation continuera de défendre ses revendications pour une école démocratique, critique et émancipatrice y compris en étant présent dans la concertation. Mais pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, un véritable changement dépend avant tout des mobilisations. SUD éducation s’emploiera à les construire et invite les personnels à se réunir dès la rentrée pour débattre des exigences à porter et des moyens à mettre en œuvre pour obtenir satisfaction.


[1] Voir notre communiqué : « Reprise de la concertation "pour la refondation de l’école" - SUD éducation tire la sonnette d’alarme et invite les personnels à débattre et à organiser des mobilisations » -http://www.sudeducation.org/Reprise-de-la-concertation-pour-la.html
http://www.sudeducation.org/Postes-cond ... avail.html


Communiqué de la Fédération des Travailleurs-euses de l’Éducation CNT

Le changement, ce sera...un jour

De la maternelle à l’université, défendre l’école telle que nous la concevons, c’est défendre les intérêts de ceux et celles qui y travaillent, mais c’est aussi construire une autre école, qui œuvre dans l’intérêt de toutes et tous, élèves comme parents.

Ce n’est pas la poignée de postes ouverts cette rentrée qui va changer le quotidien des élèves, ni les conditions de travail des collègues. Et en ce début septembre, la France pointe ainsi toujours aux plus mauvaises places des taux d’encadrement, sans même parler de la rémunération des personnels. Et le changement ?

Pourtant, avec l’accumulation de vacataires et de contractuels laissés par les anciens ministères, le gouvernement tenait là un vivier d’enseignants aptes à augmenter la présence auprès des élèves. La titularisation de ces personnels est bien sûr une priorité ! Mais pas de changement en vue.

En attendant, le ministre joue la diversion avec un nouvel aménagement des rythmes scolaires. S’il est évident que la situation actuelle n’est pas satisfaisante, il est illusoire de croire que cette simple réforme puisse être réellement déterminante. Quel sera son effet sur des enfants accueillis en garderie parfois dès 7h du matin et jusqu’à 19h ? Plus que le simple rythme scolaire c’est bien la question du rythme de vie de l’enfant et de sa famille qui se pose. D’ailleurs si le ministre veut s’attaquer aux rythmes scolaires, il nous paraît important qu’il clarifie ce que sera le rythme dans la classe même.
Pour l’instant, il ne semble pas vouloir remettre en cause le système de compétences construit par ses prédécesseurs. Pourtant celles-ci, en découpant chaque activité en micro-domaines, induisent le bachotage, empêchent la prise en compte de l’apprentissage dans sa globalité et ne permettent pas aux enfants d’apprendre en s’épanouissant. Alors que nombre de pays qui, il y a 20 ans, s’étaient engagés dans cette direction, en reviennent aujourd’hui, le nouveau ministre va-t-il continuer à réduire la notion d’éducation à des statistiques déconnectées de toute réalité ? Oser changer de pédagogie, ce serait bien là un véritable changement dans le rythme des enfants !

Malgré un constat d’échec, peu d’annonces concernant l’éducation prioritaire si ce n’est l’évocation d’une refondation ultérieure. En attendant, le dispositif Éclair, ayant simplement vocation à être « repensé », reste en place et ses règles actuelles sont maintenues à la rentrée ! La suppression de ce dispositif managérial et dérégulateur, reste pourtant un préalable incontournable. Le changement, ça viendra !

Du côté de la formation, le ministère ne semble pas non plus vouloir revenir sur la masterisation des concours de l’enseignement et on ne peut compter sur les quelques milliers d’emplois d’avenir promis pour réellement ouvrir, à tous, les possibilités de poursuites d’études jusqu’à bac + 4. Par ce statu quo, il entérine l’écrémage social dans le recrutement enseignant. Et ça, ça n’est pas près de changer !

Le flou est tout à fait artistique aussi sur l’accompagnement des élèves handicapés. Les EVS et AVS ne savent toujours pas quel sort leur sera réservé à moyen terme. Ces personnels qui, pour certains, ont développé leur savoir-faire pendant 5 ans, se retrouvent sans rien du jour au lendemain, laissant les élèves et les équipes enseignantes face au bon-vouloir des administrations locales. Là aussi, ces véritables besoins doivent donner lieu à des créations de postes statutaires. Le changement c’est pour quand ?

Et si on parlait des changements attendus par les AED, victimes d’une hiérarchie omnipotente ? Ou de l’arrêt du fichage généralisé des élèves et des personnels ? Et même, soyons réalistes, exigeons une école qui enseigne des savoirs polytechniques dans un esprit de coopération ! Une école ouverte sur les familles et les quartiers !

Nous avons dû trop souvent combattre l’an passé dans nos établissements, en réunion syndicale ou ailleurs, un attentisme bienveillant de nombreux collègues vis à vis de cette alternance électorale. Désormais, les choses sont claires, nous n’obtiendrons rien sans efforts ni rapport de force. Et ça, ça ne changera jamais !


CNT — Fédération des Travailleurs-euses de l’Éducation

Publié le 2 septembre 2012
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 11 Sep 2012, 01:52

Prévis de grève généraliste pour se couvrir même en auto-organisation

Préavis de grève généraliste du 10 au 15 septembre 2012

La CNT FTE dépose chaque semaine des préavis de grève pour couvrir les mobilisations des personnels. Il s’agit pour nous de permettre à tous les établissements et collègues le souhaitant, de débrayer pour protester contre tous problèmes liés aux conditions dégradées de travail tant au niveau local que national ainsi que contre la chasse aux sans-papiers. Les réformes en cours dans les lycées professionnels, les conséquences des suppressions de postes, les différentes attaques que subissent l’ensemble des personnels, le développement de la précarité rendent indispensable la lutte collective. C’est à cela qu’œuvre la CNT-FTE.

Préavis généraliste : Ce préavis couvre tous les collègues souhaitant débrayer pour protester contre tous les problèmes liés à la dégradation du service public d’éducation tant au niveau local que national, ainsi que pour défendre des élèves menacés d’expulsion pour défaut de papiers. Il s’agit pour nous de permettre à tous les établissements et collègues le souhaitant de se mettre en grève.
http://www.cnt-f.org/fte/?Preavis-de-gr ... iste-du-10
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Rythme scolaire

Messagede Ulfo25 » 17 Sep 2012, 09:38

Article Le Monde concernant des propos de Peillon sur la réduction des grandes vacances et le rythme scolaire.

Le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, a estimé dimanche 16 septembre sur BFMTV que l'année scolaire, qu'il juge trop courte, devrait être allongée. "Il faut que nous remontions vers 180" jours pour l'école primaire, a-t-il déclaré, alors que les écoliers français ont actuellement 144 jours de classe par an.

Le chantier de la réforme des rythmes scolaires est au cœur de la concertation pour la refondation de l'école lancée par M. Peillon, en vue d'une loi à l'automne, suivant l'idée que les élèves ont des journées trop longues et une année scolaire trop courte, peu propice aux apprentissages.

LA SEMAINE DE QUATRE JOURS ET DEMI

Interrogé sur le possible rallongement de la semaine à quatre jours et demi, il a indiqué : "A priori, il serait bon qu'à la rentrée 2013 on ait réglé ce problème." "Majoritairement, les Français ne souhaitent pas" que la demi-journée de cours supplémentaire ait lieu "le samedi matin pour des tas de raisons et donc ce serait sans doute le mercredi matin, même si dans certains endroits certains veulent pouvoir déterminer eux-mêmes", a-t-il indiqué. Il a évoqué la possibilité d'une "souplesse" au niveau d'un département ou d'un établissement. "Je souhaite qu'il y ait quatre jours et demi à la rentrée 2013 et ce sera le mercredi matin", a-t-il ajouté.

Toutefois, la réforme des rythmes scolaires, qui pourrait aussi passer par un raccourcissement de la journée de cours, pourrait prendre du temps, a-t-il reconnu. "Il faut que des choses soient actées dès la rentrée 2013, et puis s'il faut étaler dans le temps – parce qu'il y a aussi la journée qu'il faut changer – et se donner trois ans pour aller au bout de la réforme, il faudra se donner trois ans", a-t-il indiqué.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede bipbip » 08 Oct 2012, 12:00

Il n'y aura pas de changement non plus dans ce domaine

Communiqué de la fédération SUD éducation

Budget : priorité à l’éducation l’austérité !

Le gouvernement Hollande/Ayrault affiche une « priorité à l’éducation » pour légitimer sa politique de rigueur. Le projet de budget vient démentir cette communication. Celui de l’Education nationale n’augmente réellement que de 0,6%. Pour 80000 postes supprimés en 5 ans, au plus 8800 seraient recréés. On est loin de la « reconstruction » du service public d’éducation. Et aucune mesure pour les salaires n’est envisagée. Ces politiques d’austérité doivent être stoppées. Il est temps de sortir de l’attentisme et de passer à l’action.

Des années de destruction scolaire ont rendu les conditions de travail insupportables pour les personnels et ont remis encore davantage en cause le droit à l’éducation égal pour tou-te-s. Le candidat Hollande et le PS ont fait campagne sur la « priorité à l’éducation ». Aujourd’hui, l’annonce du budget vient démentir cette opération de communication. Le site du Café Pédagogique en propose un décryptage.

Les moyens de l’éducation « augmentent » de 0,6% : moins que le PIB ou l’inflation

Le budget 2013 de l’Education nationale sera de 62,7 milliards. A première vue, cela correspond à une hausse de 2,9%. Mais, avec l’augmentation du nombre de retraité-e-s dont les pensions sont intégrées dans le budget global du ministère, le budget réellement affecté au fonctionnement du service public d’éducation n’augmente que de 300 millions. Ce qui fait seulement 0,6%. Le gouvernement prévoit pourtant une augmentation du PIB de 1,2%. Il projette donc que les capacités de l’Education nationale augmenteront moins que les richesses globales produites dans le pays. Par ailleurs, une inflation de 1,7 à 2% est annoncée pour 2013 : cela signifie que les 0,6% d’augmentation du budget du MEN ne compenseront pas la hausse des prix, et qu’en valeur, les moyens du service public vont diminuer ! Qui peut prétendre qu’il s’agit d’une priorité ? Qui osera dire qu’il s’agit d’une reconstruction ?

8781 postes : 11% des suppressions subies

Le ministère annonce 43450 recrutements l’an prochain, en deux concours. Le premier avec 22100 postes, pour des stagiaires en fonction à la rentrée 2013, avec une « formation » minimale prévue par le précédent gouvernement. Le second concours aura lieu en juin 2013, pour les épreuves d’admissibilité situées en fin de Master 1. En 2013-2014, en même temps qu’ils prépareront leur M2 et les épreuves d’admission, les étudiant-e-s effectueront, sous statut de contractuel, des stages en classe, à tiers temps payés un demi-salaire. Il s’agit donc de nouveaux emplois précaires, prenant la place de dispositifs existants qui correspondent actuellement à plus de 3000 postes. L’admission ayant lieu seulement en juin de l’année suivante, les reçu-e-s ne seront des fonctionnaires stagiaires qu’à la rentrée 2014. Comme en plus les postes budgétisés qui compensent les départs en retraite ne sont pas des créations de postes, seuls 8781 postes budgétaires sont réellement créés, soit 11% des 80000 suppressions subies ces dernières années.

Contre l’austérité, partage des richesses !

Il faut donc doublement dénoncer la supercherie qui consiste à prétendre qu’on privilégie l’éducation et à « justifier » à ce titre des suppressions de postes dans le reste de la fonction publique. L’éducation n’est pas prioritaire, et il est de toute façon possible et indispensable de créer les postes pour répondre aux besoins dans tous les services publics. Cela suppose d’imposer une autre répartition des richesses. Le classement 2012 de Challenges montre par exemple que les 500 français-es les plus riches ont cumulé 267 milliards d’euros de gain. Soit quasiment autant que les recettes nettes de l’État en 2011 (271 milliards d’euros). On voit qu’il y a de quoi financer les services publics, la protection sociale, des augmentations de salaires…

Maintenant, construire les mobilisations

Pendant l’annonce du budget, la concertation pour « refonder » l’école se termine et révèle, comme nous le prévoyions, qu’il n’y aura pas de réorientation des politiques éducatives vers l’école égalitaire et émancipatrice que nous revendiquons. Au contraire, la logique de démantèlement libéral et de mise en concurrence se poursuit. Il est temps de sortir de l’attentisme : seule notre mobilisation pourra imposer des alternatives à l’austérité, dans l’éducation comme pour l’ensemble des services publics, des solidarités et des droits des salarié-e-s.


La fédération SUD éducation :

. Affirme la nécessité de construire un mouvement interprofessionnel pour des alternatives à l’austérité
. Soutient les mobilisations en cours dans l’éducation
. Propose aux fédérations syndicales de l’Éducation Nationale de se réunir pour élaborer une plateforme de revendications à faire aboutir par la mobilisation, sur le budget et sur les politiques éducatives

http://www.sudeducation.org/Budget-prio ... ion-l.html
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede bipbip » 18 Oct 2012, 01:15

4 pages Second degré de SUD éducation.

Positions, analyses et revendications de SUD éducation.

Dans le contexte de l’achèvement de la soi-disant refondation, au moment où s’ouvre la phase de concertation avec les organisations syndicales en vue de la promulgation de la loi d’orientation, quelle est la situation du second degré général et technologique ?

Lisez, téléchargez, diffusez le 4 pages : http://www.sudeducation.org/spip.php?ac ... 121014.pdf
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 25 Oct 2012, 00:09

Le changement c'est du vent

Déclaration liminaire SUD Education - CTMEN du 23 octobre 2012

Notre ministre a réaffiché que l’école primaire était une de ses priorités. Néanmoins, l’annonce « plus de maîtres en classe » risque fort de n’être que des mots. Cette annonce se trouve contredite par les choix budgétaires d’austérité.

Ce n’est pas un hasard si cette volonté ne s’inscrit finalement pas dans le projet de loi qui se dessine mais relèverait de négociations sur la partie non législative du dispositif construit pour la « refondation de l’École ». Les missions et conditions de travail des enseignants et enseignantes restent floues.

Il n’y a aucune volonté réelle de changement sur l’école primaire : les programmes de 2008 restent d’actualité, le socle commun est maintenu, le livret personnel de compétences n’est pas abrogé, Base élèves existe toujours…

L’alternance gouvernementale n’offre pas d’alternative et nous le regrettons.

Dans le même ordre d’idée, le gouvernement a choisi de ne pas revenir immédiatement sur la masterisation , les conditions de recrutement des personnels enseignants et CPE pour 2012-2013 en sont les conséquences. Une nouvelle cohorte de collègues va être jetée dans les classes quasiment sans aucune formation professionnelle. Les admissibles du second concours devront pour leur part subir un an de contrat précaire et des conditions de formation et de préparation d’admission au concours, dans les mêmes temps, inacceptables.

SUD Education revendique l’abrogation de la masterisation du recrutement, un recrutement à la licence et la délivrance d’un master à l’issue d’une formation en alternance sous statut de fonctionnaire stagiaire. De plus, l’entrée dans le métier doit être progressive en termes de charge horaire devant élèves.

Et de la même façon que nous revendiquons la titularisation sans condition de titre des précaires, nous revendiquons donc la titularisation en 2013 des enseignantes et enseignants contractuel-le-s recruté-e-s cette année, que ce soit au titre du second concours ou pas.

Enfin, en terme d’emploi, si on déduit le remplacement des départs à la retraite, en créations de postes réelles pour cette année, cela ne fait que 8781 postes ; ce qui est très peu au regard des 67 000 postes d’enseignants et enseignantes supprimés sur les 5 années précédentes.

Nous dénonçons la stratégie gouvernementale qui consiste à afficher une priorité pour la « refondation de l’école » , tout en ne lui en donnant pas les moyens, et qui légitimerait les suppressions de postes dans le reste de la Fonction Publique.

SUD Education veut une autre politique éducative, une autre politique budgétaire, une autre Ecole dans une autre société qui ferait le choix de la promotion des services publics et du partage des richesses.
http://www.sudeducation.org/Declaration ... CTMEN.html
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 25 Nov 2012, 12:26

Conseil Supérieur de l’Éducation, déclaration de SUD Éducation et de l’Union syndicale Solidaires

Conseil Supérieur de l’Éducation

Déclaration de SUD Éducation et de l’Union syndicale Solidaires au CSE du 22 novembre 2012


Pour la fédération SUD Éducation et l’Union syndicale Solidaires, la consultation des organisations syndicales représentatives confirme nos inquiétudes sur les axes retenus ou en discussion de la loi d’orientation et la politique éducative à venir.


Que penser de la méthode de cette consultation ?

Les organisations syndicales ne reçoivent pas le projet de texte gouvernemental pour l’étudier et consulter leurs instances, mais doivent l’examiner seulement en audience. Est-il bien sérieux, sur un sujet présenté comme la priorité du nouveau gouvernement, d’enchainer dans la précipitation les séances de jour et parfois de nuit sur une semaine ou moins de 10 jours pour les rythmes scolaires ? A quel moment les organisations auront elles le projet de loi ?


Sur les axes retenus, nous regrettons de voir trop de continuité avec la droite

Vous ne remettez pas en cause l’école du socle même si vous en changez le nom. Le LPC sera maintenu mais dans une version simplifiée, les systèmes de fichage comme base élève aussi. Les contreréformes du système éducatif semblent entérinées sur le bac pro 3 ans, la liquidation programmée de la voie technologique et la réforme du lycée général. Où est la volonté de reprendre le chantier d’une vraie réforme démocratique du lycée ? Sur les contenus c’est jusque-là une grande continuité qui prévaut alors que les programmes de primaire de 2008 mais aussi du secondaire sous Luc Chatel ont été vivement critiqués.

Pire, le Ministre affiche clairement sa volonté de rapprocher l’entreprise de l’éducation. Non seulement il n’est pas prévu d’abroger la convention signée entre l’Education Nationale et le Medef sous le précédent gouvernent, mais il est même question de « co-éducation avec l’entreprise » et le ministre a promis le 15 novembre la création, en 2013, d’un conseil « pour que les chefs d’entreprise soient représentés à l’éducation nationale ». Adapter les formations et les élèves aux besoins des entreprises dès la sixième, organiser un contact des enseignants avec le monde de l’entreprise au cours de leur formation, serait-ce le « nouveau » crédo ? Pour nous, éduquer, ce n’est pas tout subordonner à l’employabilité future des élèves, ni développer les valeur de l’entreprise capitaliste dans l’Ecole.


Parmi les nouveautés annoncées de la loi d’orientation, certaines suscitent notre opposition

Le président de la République vient d’annoncer le 20 novembre l’étalement de la réforme des rythmes scolaires sur 2013 et 2014. S’il a entendu les municipalités, il faut aussi entendre les personnels et ne pas opposer leurs intérêts à celui des élèves. Ainsi nous redisons ici que toucher aux rythmes ne peut suffire à refonder une Ecole dont le fonctionnement accentue les inégalités scolaires. Il faut que le ministère s’engage notamment, sur une baisse des effectifs par classe, le rétablissement de solides réseaux d’aide, une baisse du temps de travail et un temps de concertation pour les équipes, la révision des programmes. Il doit aussi se donner les moyens pour que les enseignants français ne soient pas parmi les moins bien payés de OCDE. Ensuite, si nous sommes favorables à une réduction de la journée scolaire de l’élève , nous ne voyons pas en quoi le projet actuel va dans ce sens, et nous n’accepterons pas une ½ journée supplémentaire sans compensation pour les personnels.

L’acte III de la décentralisation organise le transfert aux régions de la carte des formations de l’enseignement professionnel ce qui sera un moyen pour réduire les formations financées par l’Etat ou d’en régionaliser certaines. Nos inquiétudes sont grandes sur la pérennité des diplômes proposés en dehors des bassins d’emploi et sur l’avenir du statut des personnels dans une décentralisation de l’enseignement professionnel qui ne dit pas son nom. La situation promise aux COP, qui resteraient sous statut national mais devraient désormais choisir entre un travail en établissement et celui pour adultes sous direction de la région, n’est à l’évidence qu’une étape d’une décentralisation que nous dénonçons ; elle va en effet aggraver les inégalités territoriales et remettre en cause les garanties statutaires des personnels.


Au-delà de ces sujets majeurs bien des aspects de votre projet de Loi exigent des réécritures

Ainsi par exemple certains aspects de votre plan numérique, la composition du conseil national des programmes sans représentant-e-s des enseignants, les contrats d’objectifs réaffirmés à l’occasion du décret du 26 octobre sur le cadre budgétaire des EPLE, les entorses de nouveaux possibles au collège unique que vous revendiquiez pourtant…


Mais il faut surtout mentionner les grands oublis du texte

Comment « refonder l ’École « sans rétablir dans la loi les principes des RASED et de l’éducation prioritaire ni réaffirmer au moins en parallèle l’abrogation du dispositif Eclair ? Rien non plus sur les indispensables modifications de programmes à mettre en chantier notamment dès le primaire si on veut changer l’Ecole.

En dehors du projet de Loi, rien non plus sur les indispensables augmentations des salaires des personnels de l’Education et pas seulement les enseignants ! Rien non plus sur une vraie volonté, nous ne parlons pas là de la loi Sauvadet, de « résorption de la précarité », importante chez les enseignant-e-s et les personnels administratifs, mais au contraire l’utilisation de celle-ci dans votre dispositif « emploi d’avenir professeur » ; la nouvelle promotion de stagiaires 2013-14 fera en dépit des promesses estivales du ministre, une nouvelle rentrée à temps plein ou en M2 en alternance en tant que contractuel 6h. Aucun véritable projet n’apparait non plus pour les personnels AVS, de surveillance (AED)…

Pour nous contrairement à votre communication il y a le signal d’un retrait de l’Etat dans les voies technologique, professionnelle et de l’orientation au profit des régions. Il n’y a pas, bien au contraire, de signal de rupture avec l’idéologie de l’entreprise à l’Ecole et d’un management autoritaire inspiré du privé comme le montre votre projet de conseil pédagogique de cycle CM2-6eme.


Au-delà de quelques annonces de tonalité progressiste, nous ne voyons pas de vraie rupture avec la politique du gouvernement précédent, ni sur le fond des politiques éducatives, ni sur l’orientation budgétaire qui permettrait d’améliorer les conditions d’études et de travail des personnels et des élèves dès l’année prochaine.
http://www.sudeducation.org/Declaration ... et-de.html
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 16 Déc 2012, 01:17

« Refondation » dans le 2nd degré : priorité à l’entreprise et aux Régions ?
Collèges, lycées et LP au centre de la marchandisation...
…et de la régionalisation du système éducatif

4 pâges SUD Education : http://www.sudeducation.org/spip.php?ac ... ise_V4.pdf
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Messagede Pïérô » 20 Déc 2012, 15:14

Communiqué commun et appel à mobilisation

Déclaration commune d’Action et démocratie, de la CGT Éduc’action et de la Fédération SUD Éducation

Nos organisations syndicales se sont réunies le lundi 17 décembre 2012 et ont constaté leurs convergences sur la situation actuelle dans l’Éducation nationale, notamment vis-à-vis de la loi d’orientation sur l’école présentée par Vincent Peillon, contre laquelle ont voté nos organisations au Conseil supérieur de l’éducation et au Comité technique ministériel.

Le Ministère de l’Éducation nationale prétend « refonder » l’école. La réalité en est très éloignée. La programmation budgétaire est en deçà des besoins. Sur de nombreux sujets, les politiques éducatives s’inscrivent dans la continuité de celles de ces dernières années. Sur la question salariale, les rémunérations des personnels seront bloquées pour l’année 2013, alors que les enseignants français sont parmi les plus mal payés d’Europe. Sur les rythmes scolaires, l’enseignement professionnel et l’orientation, ce gouvernement met en place de véritables attaques contre le service public d’éducation et ses personnels. Pour nous, il faut une réorientation des politiques scolaires, les projets du ministère n’étant pas acceptables, ils ne doivent pas être promulgués dans le calendrier prévu : nous demandons leur report et la mise en place d’un processus pour que les personnels puissent enfin y participer réellement.

Déjà, des personnels n’acceptent pas ces projets et l’expriment par la mobilisation. Nous saluons les initiatives qui se sont déroulées dans certaines académies. De même, les convergences intersyndicales dans l’enseignement professionnel et l’orientation témoignent qu’un travail unitaire est possible. Et nous soutiendrons toutes les mobilisations qui seront mises en œuvre le plus unitairement possible par les personnels.

Nos organisations syndicales s’engagent à se réunir rapidement au mois de janvier 2013, pour échanger sur l’évolution de la situation dans notre secteur professionnel et nous invitons les autres organisations syndicales de l’Éducation nationale à nous rejoindre dans cette démarche.

La perspective d’une grève unitaire au premier trimestre 2013 apparaît, par ailleurs, à nos organisations comme une nécessité pour faire avancer les revendications légitimes des personnels.



Action et Démocratie, CGT Éduc’action, Fédération SUD Éducation, le jeudi 20 décembre 2012
http://www.sudeducation.org/Declaration ... on-et.html
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 14 Jan 2013, 07:10


Déclaration de SUD éducation au Conseil supérieur de l’Education du mardi 8 janvier 2013

Séance spéciale sur le projet de réforme des rythmes scolaires

mardi 8 janvier 2013


Le projet de décret sur les rythmes scolaires a reçu un avis largement négatif lors de cette séance du Conseil supérieur l’Education, avec seulement 5 voix pour, 23 contre, 30 abstentions et 14 refus de vote. Précisons qu’aucune organisation syndicale n’a voté pour ce projet : SUD Education et Solidaires ont voté contre, ainsi que la CGT, FO, la FSU et le SNALC. La CFDT s’est abstenue et l’UNSA n’a pas pris part au vote. C’est le signe pour SUD éducation que la mobilisation peut et doit s’amplifier pour obtenir l’abandon de ce projet et des mesures urgentes pour l’Education (voir notre déclaration ci-dessous).


Déclaration de SUD Éducation et de l’Union syndicale Solidaires


Abandon du projet Peillon !
Des mesures urgentes pour l’École !


Pour SUD Éducation et l’Union syndicale Solidaires une réforme des rythmes scolaires est inséparable d’une amélioration des conditions d’accueil, d’enseignement des élèves et des conditions de travail de l’ensemble des personnels, dans le cadre d’un service public défini nationalement avec l’objectif d’une école émancipatrice. Elle ne peut être dissociée d’une réflexion de fond sur l’École mais aussi sur la société et les conditions de vie et de travail des parents.

Nous ne retrouvons pas ces principes dans le projet de décret.

Pour les personnels ce projet dégrade les conditions de vie et de travail.

L’augmentation de l’amplitude de travail avec une demi-journée de classe supplémentaire signifie plus de fatigue, du temps de transport en plus, des frais de garde d’enfant le mercredi matin. Avec les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) et l’allongement souvent envisagé de la pause méridienne de 1h30 à 2h par les mairies, le temps de présence avec élèves au quotidien et l’heure de fin de service changeront peu. Il y a fort à craindre que les formations, animations et réunions de concertation soient reportées au mercredi après midi ou au samedi et tout cela sans aucune compensation en terme d’horaire ou de salaire.

Pour les élèves nous ne voyons pas d’amélioration sensible.

Avec une durée journalière de classe à peine réduite, les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC), 5 jours de classe, l’absence du repos le mercredi, les semaines seront encore plus fatigantes pour les enfants… Cette organisation ne réduira pas les difficultés scolaires. Enfin la dissociation entre les heures d’enseignement et d’accompagnement aggrave encore les inégalités de traitement : activités culturelles dans les communes riches et pseudo soutien scolaire ou garderie dans les communes pauvres alors que les élèves en difficulté n’ont pas besoin de plus d’école mais d’école autrement.

Pour le service public un pas de plus vers la territorialisation.

L’annexe du projet de loi d’orientation explique parfaitement le projet gouvernemental : « La réforme des rythmes doit agir comme un levier pour faire évoluer le fonctionnement de l’école autour d’un projet éducatif territorial (PET) ». Les communes voient leur pouvoir accru avec la possibilité de proposer une organisation horaire de la semaine et de la journée notamment en jouant sur la pause méridienne. Leur influence augmente aussi avec plus de représentants dans les Conseils d’École.

· Avec les PET rebaptisés Projets Éducatifs Globaux (PEG) une partie des heures de service des PE (1h30 par semaine) pourrait être déterminée par les villes : pour nous les mairies n’ont pas à intervenir dans les choix pédagogiques

· D’après l’annexe de la loi, les moyens seraient attribués en fonction de « contrats d’objectifs » et non plus du nombre d’élèves

· Si le DASEN voit son pouvoir renforcé alors que le conseil d’école pourrait ne pas être consulté, c’est avec la mission d’appliquer cette politique de territorialisation qui donne plus de pouvoirs aux collectivités en échange de leur financement du temps périscolaire.

Cela va accentuer les inégalités de traitement entre les élèves et la dépendance vis-à-vis des choix éducatifs des mairies au gré de leurs orientations politiques ! Ce n’est pas acceptable.

Pour fonder une école émancipatrice, une autre réforme des rythmes scolaires est indissociable de mesures souvent bien plus urgentes, notamment :

Concernant les élèves et les apprentissages :

· La réduction du nombre d’élèves par classe

· Le retour de tous les postes d’enseignant-e-s spécialisé-e-s pour les élèves en difficulté, pour des RASED complets sur tous les territoires ; ce qui nécessite de relancer une formation suffisante pour pourvoir ces postes spécialisés.

· L’augmentation du nombre de titulaires-remplaçants pour assurer la continuité du service public.

· Une reforme allégeant le contenu des programmes et des apprentissages trop souvent discriminant socialement

· La multiplication des échanges de pratiques pédagogiques sur le temps de formation

· La réaffirmation du rôle du conseil des maîtres comme organe de décision dans les écoles

· Des dispositifs de soutien aux apprentissages avec des maîtres supplémentaires en nombre suffisant

· Le recrutement, la formation la titularisation des AVS-I chargés de l’intégration des élèves en situation de handicap

Concernant tous les personnels :

· La réduction du temps de travail et de la charge de travail

· Une augmentation des salaires

· Le développement d’une formation continue de qualité et choisie

· Le retour des réunions d’information syndicale sur le temps de travail

· L’abrogation du service minimum d’accueil

Votre projet n’améliore ni la situation des élèves, ni celles des personnels. Il dessine les contours d’une école placée plus encore sous la tutelle pédagogique des collectivités territoriales, en cohérence avec votre politique pour le second degré général, l’enseignement professionnel et le service d’orientation. Ceci est lourd de menace pour l’égalité de traitement des élèves mais aussi pour les statuts des personnels.

La fédération SUD Education et l’Union syndicale Solidaires sont donc opposées au projet de décret.

Pour que l’ensemble des questions puissent être réellement posées et que les personnels puissent participer à ce débat nous demandons l’abandon du projet actuel et le report de toute réforme à la rentrée 2014.

Nous soutenons les mobilisations en cours notamment en région parisienne avec plusieurs appels à la grève en janvier et invitons les personnels à multiplier les AG pour mettre en débat les revendications et les modalités d’action.

Partout en France nous appelons les personnels à se saisir de la journée nationale d’action de toute la Fonction publique le 31 janvier à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires pour faire valoir leurs revendications, par la grève et la manifestation


http://www.sudeducation.org/Declaration ... ,4427.html
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede altersocial » 23 Jan 2013, 18:01

En grève, les professeurs des écoles sont moins payés que des agents de police

Les professeurs des écoles, en grève notamment à Paris contre la réforme des rythmes scolaires, se sentent déclassés. A juste titre: primes comprises, ils sont moins bien rémunérés que les gardiens de la paix, selon les statistiques officielles

Les professeurs des écoles suivent massivement le mouvement de grève lancé à Paris, contre la semaine de quatre jours et demi. Revendication catégorielle, assurément, qui est largement incomprise. Mais derrière le refus de travailler quelques heures de plus, il y a aussi le malaise lié au sentiment de déclassement des ex instituteurs. Un sentiment qui repose sur une réalité bien concrète : les professeurs des écoles sont aujourd'hui moins bien rémunérés que les agents de police. Ce sont les syndicats qui l'affirment, et les chiffres officiels du ministère de la fonction publique le confirment: les professeurs des écoles sont très mal rémunérés. En moyenne, leur rémunération est moins élevée que celle des agents police de niveau gardien de la paix ou brigadiers, théoriquement de rang bien inférieur dans la hiérarchie de la fonction publique, selon le dernier rapport annuel sur l'état de la fonction publique.

Seuls les empoyés et ouvriers de catégorie C sont moins bien payés

Comment est-ce possible ? Les professeurs des écoles, qui relèvent de la catégorie A de la fonction publique, disposent a priori d'un traitement brut, avant primes et heures supplémentaires, bien supérieur à celui des gardiens de la paix. En moyenne, ils touchent 28.319 euros brut par an, selon le dernier rapport annuel sur la fonction publique, qui fait état de données pour l'année 2010, contre 21.444 euros pour ces derniers. Un écart conséquent. Mais, tandis que les ex-instituteurs n'ont droit à quasiment aucune prime ni heures supplémentaires, les agents de police, brigadiers... les cumulent. La rémunération totale de ces derniers, primes et heures sup' comprises, atteint 33.701 euros par an, contre 30.561 euros pour les professeurs des écoles. Cela correspond à des salaires nets mensuels (une fois les prélèvements déduits) de 2.328 euros pour les policiers contre 2.132 euros pour les ex-instituteurs (sur 12 mois).
En fait, seuls les personnels de catégorie C (employés et ouvriers, tout en bas de la hiérarchie) disposent d'une rémunération globale inférieure à celle des professeurs des écoles.
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