Syndicalistes contre l’extrême-droite, VISA, campagnes ...

...Sans Papiers, antifascisme...

Syndicalistes contre l’extrême-droite, VISA, campagnes ...

Messagede Pïérô » 19 Oct 2012, 11:46

syndicalistes contre l’extrême-droite : journée débat le 20 octobre à Paris

VISA - Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes
http://www.visa-isa.org/panneau

Journée de débats « syndicalisme face à l'extrême droite »

L’année 2012 a vu l’extrême droite poursuivre sa progression en France, avec les scores réalisés par Marine Le Pen et le Front National aux élections présidentielles et législatives du printemps dernier, et en Europe avec en particulier l’entrée de l’extrême droite au parlement grec. Cette progression, inquiétante en elle-même, s’accompagne d’une progression des idées et des actes racistes dans de nombreux pays comme le montre, là encore, les situations françaises et grecques.

Nous considérons donc qu’il est nécessaire plus que jamais d’analyser l’évolution de l’extrême droite, d’évaluer les dangers qu’elle représente pour les salariés et leurs droits. C’est ce que nous avons entrepris à travers les deux brochures que nous avons publié ces dernières années sur les positions sociales du Front National, notamment sur les retraites, et sur l’ensemble de son programme présidentiel. C’est cette même conscience du danger de l’extrême droite pour les droits des salariés qui nous avaient amené à organiser une première rencontre le samedi 18 juin 2011 à Paris où nous avions débattu de l’éventuel changement du Front National avec l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête et des réponses syndicales qu’il fallait apporter pour contrer la progression des idées d’extrême droite. Nous avons également participé à des sessions de formation syndicale sur la question de l’extrême droite.

Il est clair pour nous que l’évolution de la situation ne peut que nous renforcer dans l’idée que l’extrême droite est un danger réel et sérieux pour le monde des salariés, en France comme en Europe.

C’est pourquoi nous invitons toutes les structures et militants engagés dans le combat antifasciste à une nouvelle rencontre que nous organiserons le samedi 20 octobre à Paris.

Nous comptons alors débattre des thèmes suivants :
. le syndicalisme face à l’extrême droite (de 11 heures à 13 heures)
. le F haine et la droite extrême après les élections (de 14 heures à 16 heures)
. crise économique et extrême droite (de 16 heures 30 à 18 heures 30).

Programme

• 11 h 00 / 13 h 00 : le syndicalisme face à l'extrême droite (avec un intervenant de VISA, un ou une sociologue, des syndicalistes
• 13 h 00 / 14 h 00 : repas sur place
• 14 h 00 / 16 h 30 : FN et droites extrêmes. (un intervenant de VISA, un sociologue)
• 16 h 30 / 18 h 30 : la crise économique et l'extrême droite. (un intervenant de VISA, un syndicaliste et un économiste)
• 18 h 30 / 19 h 45 : débat sur la coordination des associations et syndicats contre l'extrême droite (un intervenant de VISA)
• Suivi d'un repas/soirée


Si vous le souhaitez, vous pouvez vous inscrire sur le site de VISA http://www.visa-isa.org/node/11124

80/82 rue de Montreuil, 75011 Paris
Métro : Avron, Nation, rue des Boulets


http://www.visa-isa.org/node/11124
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Re: syndicalistes contre l’extrême-droite : journée débat 20

Messagede altersocial » 06 Nov 2012, 16:41

:arrow: Projet à suivre : une coordination nationale antifasciste issue du mouvement ouvrier ...

Le 20 Octobre : une journée de débats prometteurs

Ce sont une cinquantaine de militant-e-s, syndicalistes CGT, CFDT,FSU et SOLIDAIRES , associatifs , ou simplement antifascistes déterminés , qui ont participé à la journée de débats organisée par VISA le 20 Octobre de 11h à 20h à Paris . Quatre débats se sont enchaînés. Le premier sur « Syndicalisme et antifascisme » a été introduit par le président de VISA , Jean- Paul Ravaux . Noël Daucé de la FSU et Catherine Lebrun de Solidaires ont présenté les points de vues de leurs syndicats respectifs.

Le camarade de la FSU a insisté sur la nécessité de former les militants syndicaux pour la lutte antifasciste et a proposé, à l’instar de ce qui se fait déjà pour les droits des femmes, un module de formation intersyndical sur ces questions. La camarade de Solidaires a rappelé l’importance du démontage des propositions du FN qui sont aux antipodes des intérêts des salariés, et a donné aussi en exemple l’unité syndicale, chez les « Conti », avec la CGT , pour s’opposer à la tentative de récupération de leur lutte par les frontistes.

Deux autres débats ont suivi, l’un sur la crise du capitalisme et les réponses du FN, présenté par l’économiste Nicolas Béniès et un animateur de VISA , l’autre sur la stratégie du « nouveau » FN sous la présidence de Marine Le Pen , introduit par un membre de VISA.

Tous ces ateliers ont donné lieu à de nombreuses interventions de la salle ; Au-delà des débats suscités par les intervenants, beaucoup relataient les problèmes rencontrés sur leurs lieux de travail, leurs villes ( Hénin - Beaumont entre autres ) et leurs structures syndicales . Des militants syndicaux territoriaux ont insisté sur l’enjeu que représentaient les prochaines élections municipales dans leur secteur d’intervention. La possibilité pour le FN de remporter plusieurs mairies aurait en effet de graves conséquences pour les salariés territoriaux et municipaux.

VISA publiera dès que possible des extraits significatifs de ces trois débats en brochure.

Pour une coordination nationale de la lutte antifasciste

Le 4ème débat portait sur la coordination des associations et syndicats qui luttent contre l’extrême droite et 7 associations, régionales ou locales avaient répondu à notre invitation : Justice & Libertés/ Strasbourg ; RLF/ Isère ; RLF/ Rouen ; CLA/ Reims ; Collectif St Denis-93 contre le FN et l’extrême-droite ; Collectif Nîmes ; Mémorial 98.

En introduction, VISA a rappelé les buts qu’elle poursuit dans la conjoncture actuelle :

- Renforcer ses liens avec les structures syndicales (une dizaine adhérentes à VISA à ce jour)
- Donner des outils aux militants syndicaux, les armer pour leurs débats avec les salariés (brochures, formation, affiches ..).

Mais, ce travail au sein même du mouvement syndical n’est pas suffisant ; confrontés au faible taux de syndicalisation, voire parfois à des déserts syndicaux, la situation exige que nous élargissions nos moyens d’information et d’action. Pour ce faire VISA propose aux collectifs locaux un cadre national antifasciste : Une coordination souple pour mener des campagnes ensemble sur les thèmes qui nous sont communs.

Justice et Libertés, de Strasbourg, qui organise régulièrement des manifestations contre l’extrême droite en Alsace (en mars 1997 lors du congrès du FN, plus récemment contre la venue de Dieudonné) ou en soutien à des travailleurs turcs victimes d’un incendie raciste) publie régulièrement un bulletin d’information (49 numéros).L’association s’est déclarée favorable au projet de coordination.

Le Collectif de Nîmes, actuellement en formation, travaille à l’unité des organisations dans une région où sévissent de multiples fractions de l’extrême droite. Il est aussi favorable à une coordination.

Le CLA de Reims était présent en observateur. Rencontrant de gros problèmes avec nombre de groupuscules fascistes, ce collectif déplore un manque de lien avec les syndicats et a demandé à VISA de réaliser une conférence à Reims sur le thème « syndicalisme et antifascisme ». Le CLA est ,a priori, plutôt pour une coordination.

Rlf Isére (dont Voiron, Grenoble et Grésivaudan), ont en particulier rapporté les agressions fascistes en Isère et à Lyon. Bien implantés et présents sur le terrain (Tractages, débats, concerts), ces militants déplorent le manque de « support national ». Ils ont plaidé pour un site Internet « centre de ressources ».

Rlf Rouen a été relancé il y a 1 an et peut compter sur une vingtaine de militants qui ont organisé une manif et 6 projections de « mains brunes sur la ville ». Ayant plus de problèmes avec les identitaires qu’avec le FN, ils ne sont pas opposés à une coordination nationale.

Mémorial 98 a lui aussi exprimé son accord à l’idée d’une coordination nationale de la lutte antifasciste.

Par ailleurs , le Réseau de Vigilance 35 contre le Racisme et la Xénophobie d’Etat de Rennes ,qui ne pouvait pas être présent le 20 Octobre, a affirmé son intérêt pour cette démarche de coordination et souhaite s’y inscrire

En conclusion, VISA a proposé aux organisations présentes et à toutes celles que nous avions invité et qui n’ont pu venir :

1/ De rediscuter en interne de la proposition de coordination nationale et de son contenu.
2/ De participer à une réunion de constitution de cette coordination avec toutes les structures qui le désirent, que nous pourrions organiser dans les tous prochains mois.

VISA, Le 31 Octobre 2012
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Re: syndicalistes contre l’extrême-droite : journée débat 20

Messagede altersocial » 01 Déc 2012, 16:52

Image

Pour forger les armes de la critique ouvrière du frontisme.

Et déjà dans l'agenda :
calendar.php?view=event&calEid=6249
8-)
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Re: syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 20 Jan 2013, 09:28

Formations syndicales antifascistes par VISA

VISA, qui regroupe des syndicalistes de différentes organisations (CGT, CFDT, SOLIDAIRES, FSU, FO) propose régulièrement des journées de formation aux équipes syndicales qui nous sollicitent. Au programme de ces formations, nous proposons les thèmes suivants, à adapter évidemment en fonction des demandes des structures syndicales :

- Historique et actualité de l'extrême droite et son rapport au monde du travail en France,
- Décryptage du programme économique et social du Front national,
- Comment combattre syndicalement le FN et l'extrême droite (exemples concrets et perspectives) .

VISA propose aussi des formations « à la carte » pour répondre à des préoccupations particulières :
- L’extrême droite et l’immigration
- L’extrême droite et les droits des femmes et des homosexuel(-le)s-
- L’extrême droite en Europe et le cas Grec
- Le FN et l’Ecole

Ainsi, pour l'année 2012, des militant-e-s de VISA ont participé à des formations à la demande d'équipes syndicales de la CGT (UL CGT d'Harfleur dans le 76, CGT Educ'action dans le 93), de Solidaires (Solidaires Haute-Normandie, Solidaires Deux-Sèvres, stage Solidaires national) et de la FSU (Institut de formation de la FSU). Les débats ont été enrichissants, permettant de partir des réalités vécues par les syndicalistes dans leur milieu professionnel, dans leur ville et région. Ce sont au total environ 200 militant-e-s qui ont participé à ces formations antifascistes et qui ont ainsi pu, à travers les débats initiés, se forger des outils argumentaires et combattre les discours d'extrême-droite au sein des entreprises. A l'issue de ces formations, plusieurs structures syndicales ont même adhéré à VISA, renforçant ainsi notre détermination dans le combat antifasciste au quotidien.

VISA est disponible pour répondre à toute demande de formation émanant de structures syndicales locales, régionales ou nationales. Pour convenir d'une date et du contenu de la formation souhaitée, il suffit de prendre contact via notre adresse électronique : assovisabis@gmail.com

Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes — V.I.S.A. — janvier 2013
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Re: syndicalistes contre l’extrême-droite VISA

Messagede Pïérô » 11 Avr 2013, 16:00

Social : l'enfumage du Front National

Social : l'enfumage du Front National

Le masque est parfaitement ajusté, le rôle de composition tout à fait au point : Qu’on se le dise, Marine Le Pen défendrait donc les chômeurs, les travailleurs licenciés, les pauvres contre le « système » qui les broie ! C’est en tout cas le message que la présidente du Front National veut faire passer à grands renforts de déclarations, de communiqués de presse et d’une bonne couverture médiatique.
• Un chômeur nantais s’immole par le feu : MLP dénonce « la violence d’un système économique créateur de malheur »
• Le patron de Goodyear Amiens veut fermer l’usine : Le F.N. communique : « Goodyear Amiens : l’inacceptable fermeture »
• Une savonnerie de Marseille est en liquidation judiciaire : MLP s’y rend pour apporter son soutien et déclare que c’est « un problème de patrimoine presque national »
• Le gouvernement s’apprêterait-il à supprimer la demi-part fiscale des parents d’étudiant-e-s : Le F.N. dénonce immédiatement « un grave recul »
• Un référendum en Suisse remet en cause les salaires exorbitants des grands patrons : MLP déplore que le gouvernement français n’ait « pas encore interdit » parachutes dorés et retraites chapeau qui « scandalisent à juste titre les français »

Bien évidemment sa dénonciation du « système » ne mange pas de pain ; ce ne sont pas les méfaits du capitalisme en pleine crise qu’elle dénonce mais plus modestement le « libéralisme à la papa », et quand elle s’en prend à quelques grands groupes du CAC 40, c’est uniquement pour stigmatiser leur capitalisme « apatride »...
Elle précise d’ailleurs, dans un entretien à Valeurs Actuelles.com, qu’elle n’est pas favorable à l’interdiction des licenciements boursiers « car on tomberait dans une vision un peu soviétique des choses » et explique que « La participation prônée en son temps par le général de Gaulle me paraît être une bonne direction ». La vieille idée gaulliste de l’alliance du capital et du travail, voilà donc « l’anticapitalisme » du Front National ramené à de bien modestes proportions qui n’effrayeront pas le MEDEF !
Quant aux fonctionnaires, les clins d’œil appuyés que Marine Le Pen leur avait adressé pendant la campagne des présidentielles ne sont maintenant plus de mise : MLP a dénoncé la suppression du jour de carence des arrêts maladie pour les fonctionnaires en arguant que cette mesure « agrandirait la différence entre le privé et le public » . Donc le FN est pour la réduction des inégalités… en tirant tout le monde vers le bas !

Le F.N. défend les ouvrier-e-s… contre leurs syndicats !

Il n’y a pas besoin de gratter beaucoup pour se rendre compte que derrière le masque social se cache la haine antisyndicale.
Dans le communiqué Goodyear déjà cité, le F.N. charge violemment la CGT sous prétexte que « Les propos de la CGT qui en mars 2009 prétendait que ‘tout allait bien’ (…/…) révèlent une fois de plus la complicité entre ce syndicat et l’ultralibéralisme ». Le député « bleu Marine » Collard, sur I Télé, pointe aussi la responsabilité des syndicats : « ils ne voient pas l’intérêt des salariés, ils voient l’intérêt de leur syndicat » et appelle à un grand audit des syndicats en France… Marine Le Pen n’hésite pas à parler de « l’enfumage des syndicats » pour dénoncer la manifestation du 5 Mars contre l’accord signé par le MEDEF et trois confédérations syndicales, en la qualifiant de « simulacre d’indignation syndicale ».
Cette haine antisyndicale, au moment où les plans de licenciements se multiplient, et dans une situation où les travailleurs ont besoin de leurs outils syndicaux pour se défendre, est un coup de poignard dans le dos de ceux qu’elle prétend défendre. En fait, ce qui met le FN en rage, c’est son incapacité, jusqu’à ce jour, à débaucher des équipes syndicales significatives : l’état végétatif de sa micro structure, le CNTS (Cercle National des Travailleurs Syndiqués), censée recueillir des militants syndicaux déçus et/où exclus des syndicats « du système », témoigne de cet échec.
Quant aux autres groupuscules d’extrême droite comme les Identitaires, ils essayent eux aussi dans leur surenchère de prendre le train social du FN en marche. « Souriez vous êtes remplacés » est le slogan d’une de leurs dernières affiches prétendant dénoncer les licenciements des travailleurs « français » soit disant au profit des… « étrangers ». A Rennes, ils veulent tenir une réunion publique au voisinage de l’usine automobile PSA avec comme thème « la gauche et l’extrême gauche ont trahi depuis des années les peuples européens sur la question du social » !
Le F.N. comme les Identitaires n’ont que faire des intérêts des travailleurs ; il ne visent qu’à diviser les salarié-e-s entre « bons » français et « mauvais » immigrés et à promouvoir un nationalisme qui est une voie sans issue et aggraverait encore plus la crise que subissent les couches populaires.

Les routiers du F.N. ne sont pas sympas !

Une autre facette de cette offensive antisyndicale est l’affichage de militants « syndicaux » comme candidats FN aux élections. Après l’épisode des cantonales en 2011 (voir notre article « le front…syndical » sur ce site, juin 2011) le parti de MLP a franchi un cran supplémentaire dans les provocations à l’occasion des législatives de 2012 dans le Puy de Dôme. Le candidat frontiste, Dominique Morel, qui se présente comme conducteur routier, délégué syndical de la fédération des Routiers, explique dans un communiqué, dès février 2012 : « en tant que syndicaliste (…/…) j’affirme que le projet politique porté par Marine Le Pen est aujourd’hui le seul qui soit tourné vers les intérêts des transporteurs et de leurs salariés …» Cela ne gêne visiblement pas son syndicat CNSF-FNCR puisqu’à l’automne 2012 il était nommé négociateur national pour son syndicat ! Cette promotion créa des tensions avec d’autres syndicats de routiers qui auraient refusé de participer à une commission paritaire en sa présence (cf. déclaration d’un dirigeant du CNSF-FNCR rapportée sur le site Forum France Routiers le 07/01/13). La goutte d’eau qui fit déborder le vase fut l’interview de Morel dans Le Parisien du 26/12/12 qui poussa la direction de son syndicat, en janvier 2013, à se séparer de ce frontiste un peu trop voyant et bavard. Le F.N. du Puy de Dôme poussa des cris d’orfraie, dénonçant des méthodes dignes « d’une république satellitaire de l’URSS du siècle dernier ». Quant à D. Morel, il a pourfendu cette « stigmatisation inique » et annonça des actions du FN en direction des chauffeurs routiers « prochainement ».
Curieusement, certains dans ce département n’ont pas eu la patience d’attendre ! Une dépêche AFP du 19 Décembre 2012 annonçait que « Les transports en commun de la ville de Clermont Ferrand, la T2C, ont porté plainte pour diffusion d’un tract à caractère raciste mais anonyme la semaine dernière (…/…) Le tract vante la préférence nationale dans les embauches ‘embauchons Français et la sérénité reviendra dans notre entreprise’ ». En quelque sorte, ces courageux anonymes n’ont fait qu’anticiper les « promesses » de l’exclu Morel…

Cet épisode, passé relativement inaperçu au moment de la trêve des confiseurs, doit nous alerter sur la permanence de l’offensive contre le syndicalisme de la part du parti frontiste. Gageons que d’autres « Morel » vont apparaître durant la prochaine campagne des élections municipales. Dans une situation où le rapport de forces est souvent défavorable aux travailleurs, où les défaites s’accumulent et renforcent les sentiments d’impuissance et de résignation, toutes les équipes syndicales, quelque soit leur affiliation, leur secteur d’intervention et leur niveau de responsabilité , doivent être persuadées des potentiels dégâts que la propagande démagogique du F.N. peut faire dans les rangs des salariés, des chômeurs et des précaires. Personne n’est à l’abri ; la seule « vaccination » qui vaille est la vigilance militante, combative et unitaire face aux poisons que l’extrême droite cherche à inoculer dans la société, en France et dans toute l’Europe.

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Re: VISA, syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 13 Juin 2013, 17:03

Les syndicats isérois se mobilisent contre l'austérité et les idées d'extrême-droite, à Grenoble

Un centaine de personnes était présente jeudi 13 juin pour manifester contre l'austérité. A l'appel de plusieurs organisation syndicales, les manifestants sont venus casser la croûte et échanger leurs idées.

Pour la défense du droit public, pour un changement de politique européenne, contre la réforme des retraites telles qu'annoncée par le rapport Moreau... ce sont un peu tous ces sujets qui étaient abordés place de Verdun, autour du casse croûte.

Au centre des discussions aussi, le décès du jeune Clément Méric au centre d'une querelle entre militants d'extrême-gauche et d'extrême-droite.

Un peu avant le pique-nique, les militants de la CGT avait formé un cortége dans les rues de Grenoble, pour rejoindre les stands place de Verdun.

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Re: VISA, syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 16 Aoû 2013, 23:32

VISA dans les cartables de l'Ecole émancipée

VISA a fait une intervention sur l'extrême droite et son discours "social" lors de la semaine de formation syndicale de l'Ecole émancipée, tendance de la FSU, le mardi 09 juillet, à La Rochette (77). Après une introduction d'une trentaine de minutes, un débat avec les participants et participantes - environ 80 personnes - a permis un échange riche et animé.

Le débat a porté entre autres sur les nouveaux positionnements apparents du FN en matière sociale, p.ex. envers les fonctionnaires (le discours anti-fonction publique primaire de Jean-Marie Le Pen a fait place au discours de Marine Le Pen qui tente de s'adresser aux fonctionnaires) ou encore en matière de ,laïcité'. Ont aussi été abordées les questions de stratégie vis-à-vis de l'extrême droite, de la question du recours à la Justice pour la combattre jusqu'à celle de l' autodéfense en passant par les manifestations et la construction d'alliances. Les participants et participantes ont fait le constat que le FN n'est pas ou plus le seul ennemi, mais que l'on assiste à la fois à l'émergence de groupes parfois ouvertement violents à côté du FN, et à une droitisation et un durcissement idéologique d'une partie de l'UMP. La mobilisation antifasciste du mois de juin 2013, suite au meurtre de Clément Méric, a été jugée encore insuffisante. Le mouvement syndical, cela ne faisait aucun doute, aura sa propre responsabilité dans ce combat.

Nous publions ci dessous en fichier joint l'article que nous avions écrit pour la revue de l'Ecole Emancpée à cette occasion.

http://www.visa-isa.org/files/Ecole%20E ... C3%A9e.doc
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Re: VISA, syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 18 Sep 2013, 13:23

La Fonction publique aux ordres : l’appel aux fonctionnaires du FN

Dans sa « lettre du front » du 19 juillet 2013, le Front National fait paraître un « appel aux fonctionnaires titulaires de catégorie A et B » : dans cet appel, le secrétaire général du FN, Steeve Briois, appelle explicitement ces fonctionnaires à contacter le parti pour, dans la perspective des élections municipales de mars prochain, « rejoindre (ses) futurs élus pour mener avec eux cette bataille », celle qui consistera écrit-il à « administrer, mettre en œuvre notre politique, appliquer notre programme, afficher notre ambition pour notre pays ».

Autrement dit, le FN recrute ses futurs relais dans les trois fonctions publiques.

Très curieusement, nulle trace de cet appel sur le site internet du FN : l'appel est donc réservé aux sympathisants ou militants du parti.

Ce n'est pas la première fois que le FN s'adresse directement aux fonctionnaires : en février 2011, Marine Le Pen s'était déjà fendue d'une lettre aux fonctionnaires, pour tenter à la fois de ratisser cette catégorie de salariés et d’expliciter un début de politique publique.

Depuis lors, pour les élections présidentielles de 2012, le FN version Marine s'était autoproclamé comme défenseur des services publics et pourfendeur de la RGPP.

VISA a déjà décrypté en partie le programme du FN pour la Fonction Publique en dénonçant ses contre-vérités et ses dangers pour les services publics et ses agents dans la brochure « contre le programme du FN, un argumentaire syndical ».

Nous nous sommes aussi régulièrement fait l'écho, sur notre site, du matériel spécifique des syndicats de fonctionnaires sur le sujet, et notamment de la fédération CGT services publics.

Dans ce nouvel appel, le parti reste dans sa stratégie affirmée de conquête du pouvoir.

Le FN explique à ses militants et sympathisants qu'il entend bien gagner des villes aux prochaines élections municipales, « nous n’allons pas au combat pour afficher des candidatures de témoignage » écrit le secrétaire général.

C'est dans cette perspective que le FN s'adresse à celles et ceux d'entre ses sympathisants et militants qui occupent des postes de « catégorie A et B ».

Le parti les invite à faire parvenir en son siège leurs CV, pour organiser dans un second temps une prise de contact et une réunion avec eux. Dans quel but, si ce n’est celui de mettre en place un réseau d’action interne à la Fonction Publique, un réseau d’influence, de pression, de renseignements, de recrutement, bref, un embryon d’organisation politique pour peser de l’intérieur de l’appareil d’Etat?

Le FN, se voyant déjà aux affaires locales, estime, comme à son habitude, « que le système politique ne (lui) fera pas de cadeaux », et qu’il lui faudra « remettre en ordre de marche des administrations pas forcément hostiles, mais perverties et désabusées par des politiciens épuisés » (sic !). Le but avoué du FN est donc de s’appuyer sur des personnels de la fonction publique politiquement favorables qui participeraient de la mise en place concrète de son programme mais aussi permettraient de « gagner la confiance des populations et des administrations ».

Il est en premier lieu important de relever que le FN ne s'adresse qu'aux fonctionnaires titulaires des catégories A et B des trois fonctions publiques. Les fonctionnaires de catégorie C ne sont pas évoqués. Encore moins les non titulaires…

Ce qui motive cette lettre aux seuls fonctionnaires A et B, c’est que ceux-ci ne sont pas que de simples « exécutants », mais ont un certain pouvoir de décision, voire un accès à des données normalement confidentielles.

Les agents de catégorie C, que les usagers des services publics connaissent le mieux car ils assurent les fonctions d'accueil du public, les travaux de voirie, le secrétariat des services, les soins quotidiens des malades, n’intéressent pas (pour l’instant) le FN.

Ces postes ont été les plus concernés par les suppressions, dues aux divers plans de réduction des effectifs et il ne faut pas s’attendre, de la part du FN, s’il était amené à gérer des municipalités, qu’il lutte contre ces pénuries d’effectifs. Quand il a géré précédemment des municipalités, il a fait tout le contraire. Il a largement démontré qu'il n'a que faire des garanties collectives et statutaires.

Si le FN dirigeait à nouveau des municipalités, ces salarié-e-s continueraient de voir leur pouvoir d'achat fortement amputé et leurs conditions de travail dégradées par les manques d'effectifs bien qu’ils participent pleinement à la mise en place des politiques publiques. La situation des catégories C de la fonction publique n’intéresse pas le FN !

Ensuite, en appelant ses sympathisants et ses militants à « envoyer leur CV », le Front National démontre sa volonté de perpétuer les politiques managériales dites de « modernisation de l'administration ». Les agents de la fonction publique ont vu, depuis 30 ans, apparaître des politiques de recrutement et de promotion individuelles basées sur la culture de la performance et du chacun pour soi, avec, en parallèle des baisses d'effectifs.

Par ailleurs, imaginons l’aggravation de cette politique managériale en terme d’arbitraire et de caporalisation que signifierait la nomination de militants du FN pur sucre à des postes de commandements hiérarchiques.

Cette volonté du « recrutement » par CV, doublée d'une recherche de fidélité politique, entre pleinement dans cette logique : plutôt que de permettre aux agents de se former, de travailler dans de bonnes conditions, d'évoluer professionnellement dans un cadre statutaire sécurisé, le FN préfère le choix « des meilleurs », des plus dociles.

Echaudés par l’interdiction des pseudo-syndicats FN à la fin des années 90 et constatant l’échec de leur Cercle National des Travailleurs Syndiqués, les stratèges de l’extrême droite tentent une nouvelle fois de recruter des troupes et de les organiser dans un but de conquête absolue du pouvoir, au mépris de la notion même de service public républicain et indépendant du politique.

Outre notre combat contre les idées du FN, et les politiques publiques inégalitaires qu'il veut mettre en place, le service public, s'il est évidemment sous-tendu par une idéologie politique, se doit à une certaine neutralité, pour que chacun-e puisse en bénéficier de façon égalitaire. En privilégiant ses ami-e-s, le FN néglige le sens de l'intérêt général.

Enfin, cette politique laisse présager l’avenir qui attend ceux des fonctionnaires qui seront vus comme des adversaires politiques : mutations d'office pour être remplacés par des collègues plus sûrs, placardisation, licenciement des non titulaires… Rappelons-nous par exemple qu’à Vitrolles toutes ces méthodes ont été utilisées quand les Mégret dirigeaient la ville.

En se décrivant « victime » des baronnies et en s’assignant pour but de remettre les administrations « en ordre de marche » avec l’aide d’une hiérarchie recrutée à son image, le FN affiche son projet s’il s’emparait de municipalités : une fonction publique territoriale aux ordres pour appliquer son programme dont les ressorts seraient : le clientélisme, la mainmise idéologique et la préférence nationale.

Visa appelle de nouveau les organisations syndicales des 3 Fonctions Publiques à la plus grande vigilance antifasciste.
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Syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 24 Sep 2013, 16:58

Les syndicats en ordre de bataille pour contrer l'influence du FN

POLITIQUE - La CGT, la FSU et Solidaires ont prévu une réunion publique en janvier pour démonter les thématiques de l'extrême droite...

A six mois des élections municipales, les syndicats se mettent en ordre de bataille pour contrer l'influence grandissante du Front national et trois d'entre eux, la CGT, la FSU et Solidaires, ont déjà prévu une réunion publique en janvier pour démonter les «thématiques» de l'extrême droite. Lors d'une rencontre lundi soir, des responsables des trois syndicats ont décidé d'une réunion publique à «la mi-janvier», qui sera de «grande ampleur et de haut niveau», a annoncé mardi à l'AFP Francine Blanche, membre de la direction de la CGT.

L'initiative est prévue sur deux jours, avec une soirée où les leaders syndicaux et des représentants des associations prendront la parole. La seconde journée sera consacrée à des «ateliers» pour aborder «les principaux thèmes» développés par l'extrême droite et «armer les militants» d'argumentaires. «Il s'agit de donner des armes aux militants pour combattre la propagation des idées d'extrême droite et du FN en cette année électorale», précise Frédéric Bodin, secrétaire national de Solidaires.Au-delà de la perspective électorale, «il est temps de prendre le flambeau de l'anti-discrimination et contre la banalisation des idées de l'extrême droite», souligne Francine Blanche.

Selon de récents sondages, un tiers des Français (34%) se sentent «proches des idées» de la présidente du Front national Marine Le Pen (Ifop) dont le parti recueillerait 16% des voix aux municipales de mars (CSA). Sur le terrain, le ralliement au FN est délicat à mesurer : «Les salariés ne le disent pas», relève un leader syndical.

Une montée mais pas une lame de fond

«Il y a une montée mais pas une lame de fond, on n'est pas envahi par le FN à la CGT, il y a une résistance très forte», souligne, de son côté, Francine Blanche. Elle reconnaît toutefois que «dans les régions totalement délaissées et sinistrées, où les gens n'ont pas de boulot, le terreau existe» et «face aux promesses électorales qui ont du mal à être tenues, certains salariés disent la droite est comme la gauche, on va ailleurs », ajoute-t-elle.

«On entend beaucoup parler en ce moment» de la montée du FN, «mais ce n'est pas une question qui surgit aujourd'hui», relève Marcel Grignard de la direction de la CFDT. Selon lui, «le syndicalisme y est confronté depuis longtemps. L'incertitude sur le lendemain crée une angoisse et des tentations de repli, et devient un terreau favorable pour les discours populistes, en France comme ailleurs en Europe».

L'opposition des syndicats au Front national se focalise d'abord sur sa thèse de «préférence nationale». «C'est totalement incompatible avec le syndicalisme. La préférence nationale c'est l'organisation de la discrimination. Le syndicalisme est fait pour combattre les discriminations», argue la responsable cégétiste.

Certains militants déjà exclus

Lors des ateliers prévus en janvier les trois centrales entendent démonter aussi le «discours pseudo-social» du Front national. Elles dénoncent aussi les solutions qu'il propose notamment le «repli sur soi du pays et la sortie de l'euro et de l'Union européenne», souligne Francine Blanche. «Il faut construire une autre mondialisation, mais on ne va tous se replier au fond du Larzac!», résume-t-elle. Les syndicats dénoncent aussi les positions de l'extrême droite sur les questions sociétales qu'ils qualifient de «rétrogrades», notamment sur les droits des femmes et des homosexuels.

L'opposition des syndicats au FN n'est pas nouvelle: en mars 2011, dans la foulée des élections cantonales - qui avaient conduit plusieurs centrales à exclure des militants pour se porter candidats sous l'étiquette FN - cinq centrales, la CGT, la CFDT, l'Unsa, la FSU et Solidaires avaient publié une déclaration commune dénonçant la préférence nationale comme «antinomique avec les valeurs fondamentales du syndicalisme».

Mais cette fois - sur fond de dissensions entre les centrales - la CFDT et l'Unsa devraient mener campagne de leur côté : «on y travaille, pour nous c'est une question permanente et pas ponctuelle», souligne Marcel Grignard. De son côté, Jean-Claude Mailly, leader de FO, va publier une circulaire pour rappeler l'interdiction de se prévaloir de son mandat syndical pour mener une campagne politique.
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Re: VISA, syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 10 Oct 2013, 20:07

Les syndicalistes étudiants se mobilisent aussi contre la vermine frontiste :

Le Mans. Guerre des tracts sur le campus

Mardi midi, des militants du FNJ (Front national de la jeunesse) ont distribué des tracts à l’université du Maine.

Réaction immédiate de l’Unef (Union nationale des étudiants de France), qui a déployé une vingtaine de militants, venus avec un tract antifasciste !

Objectif assumé : empêcher la diffusion du pamphlet du FN « et proposer aux étudiants qui l’auraient pris par inadvertance de le jeter à la poubelle que nous leur mettions à disposition », expliquent les militants de l’Unef, qui estiment que « les tracts ont été gardés et lus par une infime minorité d’étudiants ».

« A l’heure où le climat raciste et islamophobe se développe, que les déclarations clairement discriminatoires se multiplient jusque dans les rangs du gouvernement, les militants de l’Unef et les autres militants antifascistes ont voulu montrer par cette action que les idées de division et de haine du FN n’avaient toujours pas leur place à l’université, lieu riche où se rencontrent et se mélangent les cultures d’un grand nombre de pays », explique Camille Laloyer, de l’Union nationale des étudiants de France, dans un communiqué.

L’Unef réaffirme l’importance du débat social « sur les questions qui préoccupent les jeunes, les chômeurs et les salariés : les salaires, la retraite, l’emploi et les services publics notamment ». C’est pourquoi au moment où le FN diffusait ses tracts, « l’Unef organisait une réunion d’information sur le budget de l’université et les conséquences que le déficit aura sur les conditions d’études : refus d’inscription, TD surchargés, filières qui ferment… »
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Re: VISA, syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede Blackwater » 10 Oct 2013, 21:28

Moi je préfère me mobiliser à la fois contre la vermine frontiste et la vermine unefienne...
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Re: VISA, syndicalistes contre l’extrême-droite

Messagede altersocial » 15 Oct 2013, 12:52

Terrain d’épreuve pour le discours « social » du FN : le travail du dimanche

Sur le plan social, l’extrême droite continue de s’afficher de façon démagogique comme prétendue meilleure amie des couches populaires et des salarié-e-s, en colère contre les partis « UMPS ». Or, sous le vernis, on trouve comme souvent une autre image et un autre projet. Ainsi, les médias affiliés au FN se sont montrés extrêmement enthousiastes, dans la dernière période, vis-à-vis de la récente campagne médiatique en faveur d’une extension du travail du dimanche (à travers l’ouverture dominicale des magasins de vente). Ceci d’autant plus que certains salariés, souvent bien encadrés par « leurs » directions et/ou pris à la gorge par des salaires trop bas pour vivre (en dehors des majorations pour le travail dominical), se sont mobilisés pour revendiquer leur « liberté de travailler ».
Les médias d’extrême droite tels que « Nations presse info » - principal média sur Internet des « marinistes » du FN - applaudissaient bruyamment à cette mobilisation. Affirmant, du même coup, que les prétendus blocages contre la « liberté de travailler » montraient une fois de plus la nocivité des syndicats : « Face au sectarisme syndical et politique qui ruinent la France depuis 40 ans, voilà que les tenants de l’UMPS veulent la fermeture des magasine qui sont ouverts le dimanche » (27 septembre 2013). Voilà, plutôt, que face aux organisations syndicales de salariés, le FN affiche une fois de plus son sectarisme réactionnaire qui préférerait démolir toutes les garanties collectives et toutes les solidarités sociales…
Le 30 septembre, cependant, Wallerand de Saint-Just – tête de liste du FN aux élections municipales à Paris – publie un communiqué qui rectifie quelque peu le tir. Il ne s’agit cependant pas de défendre davantage les intérêts des salarié-e-s, contre une emprise grandissante du patronat sur leurs rythmes de vie. Plutôt s’agit-il de privilégier les intérêts du « petit » capital, par rapport à ceux du « grand ». De Saint-Just écrit ainsi : « Si des autorisations d’ouvrir le dimanche doivent être données, c’est aux commerces indépendants, aux petites et moyennes surfaces qu’elles doivent être accordées. » Ce qui soulève, au passage, une question : jusqu’où faudra-t-il considérer un supermarché comme étant encore « moyen » ? Tout n’est cependant pas perdu, non plus, pour les plus grandes chaînes de distribution : « Si, un jour, la < grande distribution > se conduit de manière loyale à l’égard des producteurs, des intermédiaires et des consommateurs, des autorisations pourront lui être données. »

Une fois de plus, la pseudo-alternative présentée par l’extrême droite n’en est pas une pour les salarié-e-s, et s’il y a une opposition de la part du FN à certains projets du grand capital, c’est surtout pour garantir un espace à d’autres fractions du capital (« petit » et « moyen »)…

VISA – 11 Octobre 2013
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Agression d'une syndicaliste étudiante

Messagede altersocial » 23 Oct 2013, 10:27

L’étudiante de l’Unef agressée s’exprime

Une étudiante de Paris-I-Sorbonne, membre de l’Unef a été agressée jeudi au cutter après avoir reçu des menaces de l’extrême-droite. Pour la première fois, elle raconte.

Elle se fait appeler Roxane - c’est un pseudonyme - et a 20 ans. Elle est étudiante en sciences politiques à l’université Paris-I-Sorbonne et membre de l'Unef, un syndicat classé à gauche. Elle a douloureusement vécu ce qui ressemble fort à une agression à caractère politique.

Jeudi 7 octobre, vers 21 h, alors qu’elle descendait de chez elle par l’escalier de secours de son immeuble parisien, un homme tapi dans l’ombre lui a sauté dessus. "Il m’a plaquée contre une porte et menacée : "Sale gauchiste, tu vois, on sait où t’habites. On peut te retrouver’", raconte-t-elle. Et en guise d’avertissement, l’inconnu dont elle n’a aperçu que les mains habillées de gants, a brandi un outil coupant, un cutter probablement, et lui en a asséné deux coups – un sur la gorge, un sur la joue. Puis, il s'est s’enfui.
Menaces de violence et de viols

"J’ai appelé mon copain et nous avons filé à l’hôpital". Diagnostic : six points de suture et cinq jours d’interruption temporaire de travail. La jeune femme qui a déposé plainte se dit aujourd’hui "en état de choc". Surtout, Roxane dénonce un climat délétère, "à la fois dans ce pays, qui voit la montée de l’extrême-droite et en particulier à Paris-I". Il est vrai que depuis plusieurs jours, des membres de l’Unef – pas elle, en l’occurrence - recevaient des coups de fil ou des mails d’extrémistes les menaçant de violences ou de viols. ''Nos noms, nos photos et nos coordonnées étaient diffusés sur des sites d'extrême-droite", explique Emilien Martin, président de l'Unef Paris-I. Le soir de son agression, Roxane avait d’ailleurs pris la précaution de se faire raccompagner chez elle par un garçon, avant d’avoir la mauvaise idée de ressortir.

L'agression a ému la présidence de l’université parisienne, qui a publié un communiqué dans lequel elle dénonce ‘‘une montée de la violence sur les réseaux sociaux et Internet, de la part d’étudiants et organisations étudiantes’’ et où elle ‘‘demande instamment à toutes les parties prenantes de cesser ces appels à la violence’’.
Contexte houleux

De quoi s'agit-il au juste ? L’acte de violence survient dans un contexte politique particulièrement houleux à Paris-I-Sorbonne. Lundi 4 octobre, une rixe a ainsi éclaté entre des militants de l’Unef et des membres de la Fédé Paris 1, fédération apolitique qui regroupe les associations de l’université. En cause, une banale histoire de collage d’affiches. Les étudiants en sont venus aux mains : des coups ont été échangés et des insultes proférées.

Le lendemain, alors qu’une plainte était déposée par l’Unef, une vidéo de l’altercation a été publiée sur Internet et reprise par des sites d’extrême-droite. Muette (de la musique couvre les paroles prononcées), elle montre Emilien Martin en train de tenir ce qui ressemble à un pied de chaise métallique. Que fait-il au juste ? Dans un communiqué diffusé sur Facebook, la Fédé Paris-1 fait état de "menaces" proférées par des membres de l’Unef "armés de barres de fer. (…) Les armes blanches venaient du local de l'Unef et étaient maniées par les militants de l'Unef". La Fédération menace d’ailleurs de saisir le conseil disciplinaire de l’université.
Porte d'entrée

L’accusation est rejetée par Emilien Martin, qui dit avoir porté plainte pour diffamation : ‘‘Pendant la bagarre, j’ai ramassé par terre ce morceau de fer amenés par la Fédé et furieux, je suis allé voir les gars en leur disant : ‘Vous êtes malades d’amener ça ? On n’est plus dans les années 70 !’ Voilà ce qu’on me voit dire, mais que l’on n’entend pas. Je n’ai menacé personne’’.

Le président de l’Unef Paris-I accuse la Fédé d’avoir "transmis cette vidéo" à des groupuscules extrémistes : "A chaque fois que l’extrême-droite n’a pas de prise dans une université, elle trouve une porte d’entrée dans les groupes apolitiques et non-syndicaux", dit-il. Ce que la Fédération nie dans le même communiqué, rejetant toute proximité avec "des réseaux politiques auxquels [elle ne] souhait[e] pas être assimilé[e]".


Agression d’une militante de l’UNEF : les violences contre les syndicalistes doivent prendre fin !

A l’université Paris 1, les appels à la violence contre les syndicalistes de l’UNEF se multiplient depuis plusieurs jours. Ils sont diffusés sur les réseaux sociaux et des sites internet d’extrême droite, accompagnés de photos et des vidéos diffamatoires désignant des militants de l’UNEF.

C’est dans ce contexte et après avoir reçu des menaces par des appels anonymes, qu’une des militantes de l’UNEF a été agressée hier soir. En sortant de son domicile, elle était attendue par un individu qui lui a assené deux coups à l’arme blanche, au visage et à la gorge, entrainant son hospitalisation. Ses jours ne sont pas en danger.

L’UNEF ne tolèrera pas que cet acte reste impuni.
Une plainte a été déposée. L’UNEF demande que tous les moyens soient mis en œuvre pour que la police arrête rapidement l’auteur de l’agression et mettent en cause les individus qui ont relayés les appels à la violence sur internet.

L’UNEF ne laissera pas un climat de peur s’instaurer dans les universités.
La militante de l’UNEF a été agressée parce qu’elle était syndicaliste. L’auteur de l’agression a proféré des menaces verbales contre son expression syndicale. En aucun cas la violence et la peur, que des militants d’extrême droite cherchent à diffuser dans les universités, ne doivent remettre en cause les libertés syndicales des étudiants.

L’UNEF demande à la Ministre de l’Enseignement Supérieur de condamner fermement cette agression et de prendre les dispositions pour que la sécurité des militants syndicalistes soit assurée dans tous les établissements d’enseignements supérieurs.
L’UNEF demande un renforcement de la surveillance des réseaux d’extrême droite et la fermeture de sites internet relayant des appels à la violence.
L’UNEF demande l’ouverture d’une enquête disciplinaire pour identifier et sanctionner les étudiants de l’université Paris 1 qui ont contribué aux appels à la violence.

http://unef.fr/2013/10/18/agression-dun ... endre-fin/

Voir également le communiqué de Solidaires étudiant-e-s :

AGRESSION D’UNE MILITANTE DE L’UNEF : SE TAIRE C’EST ÊTRE COMPLICE !

Jeudi 17 octobre au soir, une responsable de la section de l’UNEF Paris 1 a reçu deux coups de couteaux au visage et à la gorge devant chez elle. Les menaces répétées contre les syndicalistes de l’Unef, le contexte de tensions sur l’université et la campagne orchestrée par la Fédé Paris 1, relayée par l’Uni-Met et les sites d’extrême droite, conduisent à penser que le motif de l’agression est politique. Cela est inadmissible.
Solidaires Étudiant-e-s Paris 1 ne se laissera pas intimider par les actes répétés d’anti-syndicalisme. La direction de l’Université, en restreignant les libertés syndicales, porte une part de responsabilité dans le climat actuel. En restreignant les possibilités d’affichage, elle crée des tensions entre organisations. En entretenant un climat de défiance envers les organisations les plus combatives, elle légitime des discours réactionnaires. En soutenant ouvertement la Fédé Paris 1, elle s’assure des élu-e-s étudiant-e-s dociles et dévoué-e-s.
Nous sommes solidaires de nos camarades de l’Unef face à cette intimidation qui concerne tous les syndicalistes luttant pour le progrès social et sommes disponibles pour organiser une riposte unitaire contre toutes les attaques anti-syndicales.
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org/ ... olidaire...
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Syndicalistes étudiants contre l'extrême droite

Messagede altersocial » 24 Oct 2013, 07:37

Syndicalistes étudiants contre l'extrême droite, suite :

«L'extrême droite commence à s’implanter dans des syndicats apolitiques»

L'étudiante parisienne syndiquée à l'Unef revient sur son agression, jeudi dernier.

Agressée jeudi dernier au cutter après avoir reçu des menaces de l’extrême droite, Roxane (1), étudiante à Paris I et syndiquée à l’Unef, a repris les cours au sein de l’université. Elle revient sur son agression.

Avant votre agression jeudi dernier, aviez-vous reçu des menaces de ce type ?

Non. La première fois, c’était mardi dernier, quand une vidéo diffamatoire a été diffusée sur des sites d’extrême droite, comme Fdesouche. Cette vidéo montre le président de l’Unef tenant un pied de chaise dans une main. Ils ont coupé le son de la vidéo [où il leur reproche justement d’avoir apporté cette barre de fer selon lui, ndlr] et l’ont présenté comme quelqu’un de menaçant envers les syndicalistes de la Fédé Paris 1 [une fédération d’associations qui se revendique apolitique], ce qui est complètement faux. Suite à cette vidéo, nos prénoms, noms et coordonnées ont été diffusés sur des réseaux d’extrême droite et nous avons reçu plusieurs menaces.

Pensez-vous que votre agresseur pourrait être quelqu’un de la Fédé Paris 1 ?

Je ne sais pas qui est mon agresseur et je ne pense pas que tous les membres de la Fédé Paris 1 soient de dangereux types d’extrême droite. Mais l’extrême droite, lorsqu’elle n’a pas d’implantation dans les facultés, commence à s’implanter dans des syndicats apolitiques.

Est-ce que, à l’Unef, des étudiants se sentent menacés aujourd’hui encore ?

De manière indirecte, on se sent toujours un peu menacé par des groupuscules d’extrême droite. On le voit bien dans certains commentaires sur les sites d’information qui disent : «Elle aurait dû crever cette gauchiste» et dans le journal distribué par Action Française qui appelle à tuer «tous les gauchismes».

A votre avis, pourquoi ont-ils choisi de vous agresser, vous ?

J’habite dans le XVe, un arrondissement où il y a des réseaux d’extrême droite qui se regroupent. Demain, c’est la réouverture du bar du GUD. J’ai été agressée sur des bases politiques. Et puis, le fait que je sois une fille doit jouer aussi. C’est plus facile de s’attaquer à une fille.

(1) Le prénom a été changé, l’étudiante préférant garder l’anonymat.

Recueilli par Laurie MANUEL


L'étudiante vit dans la zone brune parisienne,cette zone du 15ème arrondissement que la préfecture déclarait vouloir protéger des antifas qui viennent embêter ces pauvres petits fachos.
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FN, monde ouvrier et syndicalisme

Messagede altersocial » 29 Oct 2013, 18:35

Marine Le Pen, le FN et le monde ouvrier : une histoire tumultueuse

Hier, la candidate était en déplacement à PSA-Sochaux. Son opération séduction s'inscrit dans une longue histoire de tentatives ratées pour implanter le FN dans les usines.

Prise de conscience ou offensive ? Ces derniers jours, la tension est montée entre Marine Le Pen et les syndicalistes. La CGT était des contre-manifestants lors du meeting frontiste de Marine Le Pen à Saint-Denis. Jean-Claude Mailly (secrétaire-général de Force Ouvrière) a mis en cause le "national-socialisme" du Front national. Les salariés de Pétroplus reçoivent les candidats à l'élection présidentielle, hormis la candidate du FN qu'ils ne veulent pas entendre parler. Ces divers faits se rejoignent dans une vieille histoire : celle des tumultueuses relations entre Front national et syndicalisme. Par-delà, c'est de la stratégie sociale du FN dont il s'agit.

L'impossible équation

En France, le logo du FN a d'abord été, dès 1970, celui de l'Union Générale du Travail, le syndicat créé par le mouvement néo-fasciste Ordre Nouveau. En 1972, quand ce dernier décide de s'élargir en fondant le FN, le rapport de création du nouveau parti intègre les dimensions sociales et syndicales du combat politique. Responsable de ce rapport, François Duprat y certifie que l'accentuation de l'emprise des financiers sur l'économie devrait engendrer des troubles sociaux bénéfiques à l'extrême droite. "La popularisation des luttes de contestation sociale doit être une des tâches essentielles", assure-t-il, le développement de la crise offrant la possibilité de proposer des solutions radicales aux masses, alors que les commerçants, artisans et paysans sont d’ores et déjà des secteurs anti-communistes.

Sur le plan pratique, l'idée centrale est alors d'investir les syndicats hostiles au Parti communiste français que sont FO et la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), d'y démontrer que les nationalistes soutiennent les justes protestations sociales, puis de réunir les "fractions" ainsi constituées au sein d'une grande centrale syndicale.
Une image réactionnaire antisociale

Cependant, la déclaration d'intention des premiers candidats frontistes se contente d’affirmer que la condition des travailleurs ne doit être vue ni sous l’angle "d’un patronat fasciné par le profit… ni celui de syndicats professionnels de la lutte de classe… ni celui de technocrates abstraits". A ne vouloir fâcher personne, on ne parle ainsi à aucune catégorie sociale...

Par ailleurs, la sociologie des candidats FN aux élections de mars 1973 complexifie la mise en place des principes énoncés. Ils sont à 57% des patrons d’industrie et du commerce, des cadres ou professions libérales (contre 11% au PCF à cette date), et 3% d’entre eux sont des ouvriers. Le FN n'a donc pas en interne de quoi fournir des militants syndicaux.

Le manque de militants des classes populaires et l'obsession anti-communiste vont se conjuguer pour bloquer le FN sur le créneau de l'opposition systématique aux mouvements de grève, lui donnant une image réactionnaire antisociale. Lorsque le parti perce sur la scène électorale nationale aux européennes de 1984 (11% des suffrages), seuls 9% des ouvriers ont voté pour lui contre 21% des commerçants et artisans.
Mathématiques souterraines

Cahin-caha, le FN va tenter de s'implanter dans le monde du travail selon les évolutions des données d'études électorales. En 1985 est mise en place la structure Entreprise Moderne et Liberté en direction des "petits patrons". Même ici c'est la politique des petits pas : l'EML n’utilise le logo frontiste qu’à partir de 1988 et, comme l'essentiel des structures parafrontistes, est surtout une coquille vide. La première tentative de création d’une section d’entreprise ne se situe qu’en 1987.

Cependant, en 1995, 30% des ouvriers, 25% des chômeurs et 18% des employés ont voté pour Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle. Conséquemment, sous la haute main de Bruno Mégret, le parti prend un virage social et tente une nouvelle approche du monde syndical. Au nom de cette évolution sociologique, Roland Gaucher (vieux cadre du parti et ancien de la Collaboration) en appelle à une toute nouvelle politique... c'est-à-dire la pénétration de FO et de la CFTC. Bruno Mégret va tracter à la sortie d'une usine.
L'OPA échoue

Le "Mouvement pour une éducation nationale" tente de pénétrer les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves. Le "Renouveau étudiant" tente de s'implanter dans les campus, mais pour cela accorde son étiquette et son matériel à tous les groupes étudiants, quitte à ce qu'ils soient très excessivement radicaux... Outre la création de syndicats frontistes, une tentative de pénétration est enfin réalisée dans la CFTC, trente ans après l'avoir théorisée.

Néanmoins, la méconnaissance de ce terrain est telle que l'offensive ne supporte pas la contre-attaque des syndicats : les listes syndicales frontistes pour les élections professionnelles, les dépôts des statuts des syndicats, sont juridiquement si mal ficelés qu’un déluge d’interdictions s'abat.

Au bout du compte, la tentative proclamée d'une OPA sur le monde des travailleurs n'a pas d'effet sur le paysage syndical et n'est un succès qu'en tant que campagne interne de Bruno Mégret au sein du parti. A l'époque, pour nombre de cadres, c'est bien là l'essentiel. Près de dix ans après, le FN, autour de Marine Le Pen, allait une seconde fois rompre avec le libéralisme.
Le zéro et l'infini

Les deux dernières présidentielles ont vu le FN passer d'un résultat inespéré (la qualification au second tour en 2002 avec 17% des voix) à un score médiocre (les 10% obtenus en 2007). Les ouvriers constituèrent la catégorie sociale où Jean-Marie Le Pen résistait le mieux (y passant de 23% à 16%). Face à la promesse sarkozyste de "travailler plus pour gagner plus", Jean-Marie Le Pen décrochait franchement chez les travailleurs indépendants (de 22% en 2002 à 9% en 2007) et endurait une chute chez les chômeurs (de 20% en 2002 à 11% en 2007).

Qu'en est-il du "nouveau" Front national, celui de Marine Le Pen ? Au niveau structurel, pour l'instant, seul a été mis en place un Cercle national de défense des travailleurs syndiqués… en charge de combattre l’action subversive des syndicats. Est-ce à dire que le FN n'aurait pas tenu compte des fautes tactiques commises durant toutes ces années ?

En fait, Marine Le Pen s'adresse au monde du travail en passant par-dessus l'univers syndical. Car si la France est de longue date un pays avec une faible tradition d'encartement syndical où les syndicats peuvent néanmoins encadrer de puissants mouvements sociaux, la dérégulation du marché du travail nourrit le parti national-populiste.

L’équarrissage des classes moyennes, le remplacement des contrats à durée indéterminée par une normalisation du travail précaire et le nomadisme contraint des actifs, empêchent tout à la fois la syndicalisation des travailleurs (pourquoi se syndiquer quand on est que de passage dans une entreprise ?) et nourrissent un désir de politique volontariste et autoritaire dont le Front National est le réceptacle.
S'adresser aux jeunes et aux femmes

Les effets peuvent se conjuguer : les jeunes sont à la fois moins marqués par "les tabous de l'Histoire" et nettement plus soumis à la précarité (en 2003 dans le secteur public 40% des moins de 29 ans étaient contractuels contre 14% de l'ensemble des travailleurs du public ; en 2009, 46% des moins de 25 ans étaient en emploi temporaire et 22% au chômage).

Au sein du FN, les marinistes ont souligné que le choix d'une femme permettrait de mieux s'adresser à une partie féminine de l'électorat assez rétive au vote FN jusque là (14% en 2002 et 9% en 2007). Il s'avère aussi que les femmes représentent 85% des temps partiels dans le tertiaire et 75% dans l'industrie. L'électorat populaire féminin offre probablement aujourd'hui des possibilités non négligeables de progression du vote FN – entre autres catégories.

Autrement dit, les appels conjoints à l'endiguement du vote FN et à la poursuite de la déstructuration du marché du travail, tels que prodigués par divers libéraux, s'annulent l'un l'autre, voire relèvent de la publicité involontaire pour le parti lepéniste. Étant donné l'état social de la France, ceux qui souhaitent répondre au FN ne peuvent pas non plus se contenter de l'argumentaire "antifasciste", mais doivent d'abord faire l'effort de l'analyse et de la déconstruction de son programme socio-économique (ce que pour l'instant, face à Marine Le Pen, quasiment seule la journaliste Anne-Sophie Lapix a entrepris et réussi).

Il serait certes déraisonnable de pronostiquer quelque résultat que ce soit pour les présidentielles 2012. En revanche, à l'observation comparée des évolutions de la sociologie du travail et de la sociologie électorale, à la réflexion quant à l'évolution socio-économique en cours, il est rationnel d'envisager que l'histoire du lepénisme puisse être devant nous.

Nicolas Lebourg


:!: Lire aussi l'enquête des syndicalistes VISA contre le frontisme municipal :

:arrow: :arrow: :arrow: Municipales : enquête antifrontiste
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