FN & ses satellites

...Sans Papiers, antifascisme...

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Messagede Nico37 » 04 Avr 2011, 23:19

Les conseils de Dominique Martin (FN) pour « empiler » et « stocker » « les voix »

Le 17 novembre 2007, au congrès du FN, à Bordeaux, Dominique Martin, élu FN de Cluses (Haute-Savoie), qui allait devenir le directeur de campagne de Marine Le Pen pour la course à la présidence du parti, conseillait aux militants de s’adresser au « client-électeur » comme un « Monsieur Coca-Cola », en étant « démago à mort » pour « empiler » et « stocker » « les voix » ; et ne pas hésiter à emmener ses « enfants » parce que « ça (les retraités), ils aiment ! ». Ce proche de Marine Le Pen a tenu un discours extrêmement méprisant à l’égard des électeurs (notamment les retraités et les « Portugais (qui) font tout à la main, roulé sous les aisselles ») et s’est livré à des imitations dégradantes. Le journaliste Benjamin König, alors étudiant en journalisme, était présent (et accrédité) à ce congrès. Il avait enregistré ces propos, tenus au cours d’un atelier intitulé « politique électorale ». Mediapart s’est procuré l’enregistrement sonore (17 minutes) de cette séquence. Voici un montage de 2min40.

Quand le directeur de campagne de Marine Le Pen moque le « client-électeur »

Extrait 1 (.mp3)

Extrait 2 (.mp3)
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Messagede Nico37 » 05 Avr 2011, 18:42

Affiches du FN «non à l'islamisme»: Jean-Marie Le Pen relaxé à Nanterre - AFP
Créé le 05.04.11 à 17h28 -- Mis à jour le 05.04.11 à 18h12

JUSTICE - Une peine d'emprisonnement avec sursis avait été requise...

Jean-Marie Le Pen, accusé par le Mrap d'incitation à la haine raciale pour avoir diffusé lors des élections régionales des affiches de campagne jugées offensantes à l'encontre des musulmans, a été relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le président d'honneur du Front National avait déjà été écarté des fins de la poursuite pour les mêmes faits début décembre 2010 par le Tribunal correctionnel de Paris qui avaient débouté les deux associations plaignantes pour de pures questions de procédures.

De la prison avec sursis avait été requise

Après la décision, l'avocat du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, Khaled Lasbeur, s'est déclaré «surpris», estimant que «les faits incitant à la haine raciale et à la discrimination étaient établis». Une peine d'emprisonnement avec sursis avait été requise le 1er mars contre l'ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen.

L'affiche litigieuse représentait une femme intégralement voilée à côté d'une carte de France recouverte du drapeau algérien sur laquelle se dressaient des minarets en forme de missiles, avec pour titre: «Non à l'islamisme».

Affiche diffusée sur Internet

Le tribunal a estimé que cette affiche avait été diffusée sur Internet dans un contexte particulier, celui des élections régionales, dans lequel des propos sont proférés parfois avec exagération et que la place de l'islam en France s'inscrivait dans le débat politique français.

Le tribunal, qui s'est prononcé cette fois sur le fond de l'affaire, a également constaté que les islamistes ne constituaient pas juridiquement un groupe de personnes au regard de la loi du 29 juillet 1881 visée par le plaignant, motivant ainsi la relaxe.

Un «procès d'intention»

Lors des dernières élections régionales, en février 2010, le mouvement «jeunesse» du Front national avait diffusé ces affiches en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et sur son site Internet, puis partout en France. A l'époque, l'affaire avait suscité des protestations de l'Algérie.

Lors de l'audience à Nanterre, l'avocat du Mrap avait produit une vidéo d'un discours du 7 mars 2010 dans lequel Jean-Marie Le Pen «revendique la paternité de l'affiche, constituant de ce fait l'infraction de provocation à la haine», selon le procureur de la République. Absent mardi, l'avocat de Jean-Marie Le Pen, Wallerand de Saint Just, avait dénoncé un «procès d'intention» fait à son client.
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Messagede bipbip » 06 Avr 2011, 10:28

Trac ALarme sociale avril :

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Messagede bipbip » 07 Avr 2011, 11:24

Par REFLExes
http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article473 :

Marine Le Pen fait le ménage au FN ?

Vendredi 25 mars une photo circule de rédaction en rédaction, montrant Alexandre Gabriac, candidat FN aux élections cantonales, en train de faire le salut hitlérien derrière un drapeau nazi. A peine contactés par les journalistes, Steeve Briois, Louis Aliot et Marine Le Pen, pourtant d’habitude si prompts à défendre les militants frontistes, condamnent immédiatement le candidat et annoncent sa suspension. Jusque là tout paraît simple : Marine Le Pen, comme les média aiment à nous le répéter, n’est pas aussi extrémiste que son père. Elle ne tolère plus aucun dérapage dans son parti et n’hésite plus à faire le ménage. Mais en y regardant de plus près, cette histoire, qui sent l’opération manipulation à plein nez, laisse à penser que Marine Le Pen a décidé de faire la chasse aux membres de l’Œuvre Française infiltrés au FN. Une très bonne opération pour la fille Le Pen qui affaiblit en interne Bruno Gollnisch, très entouré par les membres de l’OF, et qui se débarrasse dans le même temps de certains militants qui, potentiellement, pourraient venir ternir l’image lisse qu’elle tente de se construire pour la future campagne des présidentielles de 2012.


Si Marine le Pen et Louis Aliot ont pu berner certains journalistes en leur faisant croire qu’ils n’étaient pas au courant des orientations du jeune Grenoblois, pour toute personne suivant un peu le Front National depuis plusieurs années, les options politiques d’Alexandre Gabriac ne sont pas mystérieuses. Acteur majeur d’un FN grenoblois historiquement très radical [1] (on y retrouvait des anciens du SAC dans les années 1980 puis des nationalistes révolutionnaires dans les années 1990), Alexandre Gabriac est un pur produit du FN des années Jean-Marie Le Pen en comparaison de militants plus présentables comme David Racheline ou Julien Sanchez, mis en avant par Marine Le Pen.
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A. Gabriac (lunettes noires) et C. Georgy derrière lui (avec son gilet jaune et son Talkie-Walkie de S.O.)

Alexandre Gabriac n’est pas un obscur candidat frontiste. Adhérent au FN depuis 2007, encarté à l’Œuvre Française (on peut le voir faire le service d’ordre de ce groupuscule le 9 mai 2010 à Paris au côté d’Yvan Benedetti et Christophe Georgy ou participer à des initiatives liées au groupuscule de Pierre Sidos), c’est le plus jeune conseiller régional de France. Secrétaire Départemental FNJ de l’Isère et secrétaire régional FNJ Rhône-Alpes, il a également été élu au comité central du FN lors du congrès de Tours du FN en 2011. Alexandre s’est également construit une réputation de petite frappe en n’hésitant pas à faire le coup de poing dans les facs grenobloises ou lors de contre-manifestations anti-homosexuels. Il fut également entendu dans une obscure affaire de vol d’armes commis par des sympathisants d’extrême droitequi se solda par la mort d’un gendarme en 2007.

Le site Contre-info, « agence de presse indépendante » directement liée au Renouveau Français (à l’instar de Novopress et des Identitaires dont C-I est une pâle copie) et proche de l’Œuvre Française, a bien tenté dans la nuit de samedi à dimanche de démontrer, montages à l’appui, que les photos du Nouvel Obs étaient des faux, mais sans convaincre. On attend avec impatience leurs prochaines explications quand à la présence au côté d’A. Gabriac sur la photo publié par le site « infonacional.com » et illustrant l’article « Les bonnes œuvres de Bruno », de Jérôme Guigue. Lui aussi militant de l’Œuvre Française, il a rejoint le FN en 2006 et devient le responsable DPS pour la région Rhône-Alpes. Il sera candidat (malheureux) au Comité Central du Front en janvier dernier lors du Congrès de Tours et soutiendra la candidature de B. Gollnisch à la présidence du FN.

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Présentation officielle de J. Guigue pour sa candidature au Comité Central du FN lors du Congrès de Tours de janvier dernier

La chasse aux sorcières des adeptes de l’Eglise de Sidologie [2]

Au delà des déclarations à l’attention des médias dans lesquelles Marine Le Pen rejette la radicalité de certains groupuscules comme l’OF, la présidente du FN fait d’une pierre deux coups. Elle apparaît comme plus présentable et règle ses comptes en se débarrassant d’individus sur lesquels elle n’avait aucune prise et qui avaient soutenu son concurrent. La présence dans les rangs du FN de militants de l’OF inquiète de plus en plus la nouvelle direction frontiste (mais la réciproque est tout aussi vrai) qui semble craindre les débordements et les activités de ces militants un peu particuliers. Ce n’est pas pour rien qu’Yvan Benedetti, président de Jeune Nation (avatar lyonnais de l’OF et successeur désigné de son chef Pierre Sidos), numéro deux de Bruno Gollnisch lors de sa campagne pour l’élection à la tête du FN, fut traduit devant la commission de discipline du parti pour cause de double appartenance au Front national et à l’Œuvre française. Une vaste blague quand on sait que l’OF avait la main mise sur le FN Lyonnais et que Benedetti avait déjà été candidat pour le FN par le passé. Histoire de bien faire passer le message par voie de presse, Steeve Briois n’hésitera pas à parler d’entrisme en évoquant L’Œuvre Française, rappelant qu’il n’y avait pas de place pour des personnes qui « … seraient tentés de venir au Front national pour faire de l’entrisme, et je pense à l’Œuvre française ».

Un avertissement répété par Marine Le Pen sur les ondes de 90 FM – Israë [3] où elle a clairement accusé l’Œuvre Française d’avoir fait adhérer certains de ses militants pour influencer le vote lors du Congrès de Tour et tenter de prendre le contrôle du parti.

Au passage elle en a profité pour se désolidariser de Christian Bouchet, pourtant fervent supporter de Marine Le Pen, en affirmant qu’elle ne l’avait croisé qu’à deux reprises et qu’elle était fatiguée que le FN soit victime d’un certain nombre de personnes s’amusant à nourrir la suspicion d’antisémitisme au sujet du Front National.

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Marine Le Pen en cie de Christian Bouchet et Brigitte Neveux

Christian Bouchet qui était récemment au centre de tous les intérêts dans une interview de Rémi Boyer dans la revue occultiste HISTORIA OCCULTAE [4] et pour qui cette déclaration sent le sapin, puisqu’il avait déjà été la cible de nombreuses attaques durant la campagne pour le Congrès de Tour par les milieux catholiques.

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Mais ces déclarations peuvent également sonner comme un signal d’alarme pour un autre trublion mariniste, Thierry Maillard responsable FN à Reims. Cet ancien de l’Œuvre Française n’est pas vraiment dans la ligne officielle du parti version Marine avec ses hommages appuyés à Jacques Doriot, François Duprat ou Saddam Hussein. Il aura marqué les esprits en détournant, avec son « Réseau France Nationaliste », l’affiche du FNJ « Ici c’est chez nous », changeant profondément le sens et la cible de ce message sans appel et un brin menaçant.

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Pourtant l’homme n’a pas ménagé ses efforts pour se faire bien voir de la nouvelle présidente, puisqu’il a attaqué Yvan Benedetti en décembre 2010. Mais il y a fort à parier que ses débordements lors des manifestations officielles du FN et ses cortèges de boneheads ne vont pas cadrer avec la nouvelle image que Marine souhaite donner à son parti.

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Paris, le 22 septembre 2007, manif contre le traité européen à l’appel du Collectif France Indépendante et à laquelle participera le Réseau Nationaliste mais aussi le F.N., l’Action Française...

On pourait à vrai dire multiplier les exemples de ce type au risque de lasser. Pour finir en beauté, on n’a pas entendu Marine Le Pen s’exprimer sur un autre cas, tout aussi amusant, d’un militant FN occupant son temps libre à grenouiller dans des milieux folkloriques. On veut bien sûr parler de Pierre-Olivier Sabalot, directeur de campagne du secrétaire départemental du FN Laurent Comas à Marseille [5]. Ce garçon, qui signe généralement ses articles sous le pseudo de Klaas Malan, est un ancien collaborateur de la revue Réfléchir & Agir ainsi que de la revue belge Devenir, et s’est distingué à plusieurs reprises. En 2004, un jardinier municipal à Marseille déterre un sac dans un parc. Jetant un œil pour vérifier son contenu, il juge plus prudent de le confier aux services de police qui découvrent une kalachnikov, un bidon de chlorate de soude, des revues sur les explosifs. Les flics n’ont pas à chercher bien longtemps pour découvrir le nom de son propriétaire, ce dernier ayant oublié d’effacer son nom sur le sac. Pierre-Olivier Sabalot a logiquement droit à une perquisition à son domicile où la police aurait mis la main sur un disque dur comportant des images à caractère pédophile. À son procès, Sabalot avouera qu’il s’agissait bien de son sac et qu’il l’avait enterré en apprenant qu’une vague de perquisitions touchait le milieu bonehead [6], milieu qu’il fréquentait assidûment puisqu’il leur organisait les solstices. Malgré des explications scabreuses, par exemple sur la détention d’explosifs [7], Sabalot sera condamné à 2 ans fermes [8]. A sa sortie de prison, il écrira une biographie sur le fondateur de l’apartheid en Afrique du sud, Verwoerd et a par conséquent été copieusement invité par de nombreux groupes nationalistes pour évoquer l’assassinat d’Eugène Terreblanche au printemps 2010, y compris par le site Nations Presse Info sous la signature de Loïc Baudoin [9], alias Christian Bouchet. Suite à l’évocation dans la presse des exploits oubliés de Sabalot , ce dernier va rapidement disparaître des rangs du FN marseillais, le candidat FN en profitant au passage pour se désolidariser de Sabalot, puisqu’allant jusqu’à nier ses fonctions de bras droit sur le terrain [10] : « je n’ai pas de directeur de campagne ou de communication. Je fais tout, tout seul. Des militants comme monsieur Sabalot qui n’est même pas adhérent au FN me donne un coup de main mais je ne le connais pas plus que cela et je ne peux d’ailleurs pas savoir qui sont les militants avec qui je fais ma campagne et je ne peux pas connaitre leur passé... ». Des propos étonnants pour un secrétaire de la fédération départementale qui visiblement ne connait pas ses adhérents et qui tracterait avec n’importe qui. Ou peut-être connaît-il trop bien certaines obsessions de Sabalot... L’une d’entre-elles étant gênante à l’heure où Marine Le Pen tente par tous les moyens de se rendre en Israël, faisant profil bas sur la question de l’antisémitisme. En effet Sabalot est aussi connu de certains pour régulièrement faire suivre des mails dénonçant la présence de journalistes d’origine juive dans les médias français, une obsession qui fleure bon les années 1930 !

Une question demeure : le FN nouveau débarrassé de ses éléments « radicaux » deviendrait-il pour autant un parti « républicain » c’est-à-dire « démocratique » ? À l’évidence non ! Les idées et le programme du FN sont là pour nous le rappeler. Encore faudrait-il que certaines télés et radios françaises arrêtent d’occulter cette réalité en lui « servant la soupe » ! Depuis de nombreux mois il est incontestable que les média sont tombés sous le charme de Marine Le Pen en la présentant comme plus moderne et moins extrémiste que son père ou Bruno Gollnisch, au point qu’aujourd’hui le FN n’a plus vraiment besoin de faire campagne. Omniprésente sur les plateaux télés et radios, Marine le Pen, qui reste "une bonne cliente" comme on dit dans le métier, n’a plus besoin de provoquer ou de hausser le ton, comme le faisait son père par le passé pour attirer l’attention : elle se contente d’attendre que les journalistes français viennent chercher ses commentaires à chaque nouvelle provocation de la droite parlementaire sur les questions d’immigration et de sécurité, la plaçant ainsi dans la position de référence sur ces questions, les seules d’ailleurs sur lesquelles le FN s’exprime vraiment.

Au final cette nouvelle image du FN et cette surexposition permettent de pallier la faiblesse persistante d’un appareil militant décapité par des décennies de scission et de purges. Le FN serait dans l’incapacité totale de gérer les affaires publiques et tout le monde le sait. Mais sa fonction n’est de toutes façons pas là…Parmi les victimes collatérales de cette nouvelle donne, on trouve les Identitaires. Tous leurs choix stratégiques (Candidature jeune à la présidentielle, tentative de dédiabolisation de leur image, discours populiste, instrumentalisation du thème de la laïcité pour développer des thèmes islamophobes) se sont retrouvés invalidés par la nouvelle tactique médiatique de Marine Le Pen et nous aurons l’occasion d’y revenir sous peu. La marge de manœuvre à droite du FN reste par ailleurs faible. Comme le montre l’interview dans Rivarol des anciens de Pro Patria, reconverti en MAS (Mouvement d’Action Social) ou le communiqué de Pierre Vial le 12 mars dernier, si l’extrême droite radicale reste attentive à l’évolution du FN, elle ne peut rivaliser avec lui. Il reste alors deux solutions, attendre dans l’ombre un (plus qu’) hypothétique déclin du FN (cf la Nouvelle Droite Populaire) ou l’intégrer. Mais aux vues des dernières évolutions, il semble évident que les militants d’extrême droite devront accepter de se soumettre à la ligne définie par l’héritière Le Pen, ou prendre leur bâton de pèlerin et entamer une nouvelle traversée du désert, en attendant une éventuelle opportunité pour tenter à nouveau leur chance. Charmante perspective…



[1] À l’image d’André-Yves Beck, aujourd’hui membre du bureau directeur du Bloc Identitaire et ancien pilier de Troisième Voie sur Grenoble.

[2] Surnom donné à L’Œuvre Française par les militants NR des années 80 et 90 devant le fonctionnement quasi-sectaire du mouvement fondé par Pierre Sidos.

[3] En lire le cr fait par le très sioniste Jonathan-Simon Sellem sur son site : http://jssnews.com/2011/03/30/itw-l.... Site sur lequel « JSS » reprend les communiqués et les comptes-rendus d’actions de la LDJ, mais qui pour une fois exprime là une opinion bien différente de la leur : en effet il ne semble pas être prêt à se contenter du départ d’individus tels que C. Bouchet ou F. Chatillon dans l’entourage de Marine Le Pen, comme le réclame régulièrement Carlisle sur le site de la LDJ, pour en faire un interlocuteur comme les autres

[4] qui a visiblement laissé plutôt un bon souvenir dans le petit milieu occultiste français

[5] http://www.laprovence.com/article/f...

[6] La police menait à l’époque une enquête dans le milieu bonehead marseillais suite à la profanation d’un cimetière juif.

[7] Il tentera d’expliquer qu’il formait un groupe de réservistes à la manipulation d’explosifs, mais il sera désavoué par leur chef, Luc Poussel, ancien candidat MNR à Gardannes et responsable local du CNI.

[8] À noter que l’individu avait déjà eu maille à partir avec les autorités en Espagne.

[9] Mort de la sentinelle, un entretien avec Pierre-Olivier Sabalot - 6 mai 2010

[10] Sabalot à l’automne 2008 avait déjà proposé ses services à la mairie d’Orange, en particulier pour le service Communication, mais A-Y Beck avait dressé immédiatement un pare-feu...

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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 12 Avr 2011, 23:10

Un conseiller de l’Elysée reprend l’argumentaire du FN sur le référendum

Maxime Tandonnet, conseiller intérieur et immigration à l’Elysée, a écrit récemment sur son blog une note qui n’est pas passée inaperçue à l’extrême droite.

Dans ce texte titré “Le garrot”, M. Tandonnet reprend purement et simplement l’analyse que fait le FN du “frein” que constitueraient le bloc de constitutionnalité ainsi que les traités européens.

Voilà ce que nous expliquions à ce sujet dans un article (“le FN est-il devenu un parti comme les autres ?”) paru dans Le Monde daté du 30 mars :

“Qu’il s’agisse de la préférence nationale ou du rétablissement de la peine de mort, le FN récuse ce que Louis Aliot [numéro 2 du FN] nomme « la contestation du pouvoir dans la République par des moyens détournés ». Comprendre les obstacles constitutionnels et de droit européen.

Pour appliquer leur programme, Marine Le Pen et ses proches misent sur le référendum. Il s’agit d’opposer ainsi la légitimité populaire à celle du juge constitutionnel. Pour Sylvain Crépon [sociologue, spécialiste du FN], c’est là un vrai marqueur d’extrême droite. « Cette dernière a toujours mis en avant la démocratie plébiscitaire, par défiance envers la représentation électorale. »”

“Droits formels”

Revenons à Maxime Tandonnet. Il écrit : “Nous observons en ce moment une prolifération de décisions des juridictions dans les domaines régaliens qui deviennent un obstacle réel à la conduite des politiques”. Au centre de ses critiques: les avis, arrêts, décisions rendus en matière de sécurité ou d’immigration par le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation, la Cour de justice européenne, la Cour européenne des droits de l’homme. Ainsi que “l’empilement de lois européennes, de règlements et de directives, qui échappe au contrôle des autorités nationales les décisions étant prises à la majorité qualifiée et en « codécision » avec le Parlement européen”, et sur lesquels se fonderaient les décisions des juridictions précitées. Contrairement à ce qu’écrit M.Tandonnet, règlements et directives n’échappent pas au contrôle des autorités nationales, puisque les Etats participent au processus via le Conseil de l’Union européenne.

“Les instances européennes, les juridictions suprêmes font partie de ces élites sous l’emprise de la pensée unique sur la sécurité et l’immigration, qui privilégient les droits formels des individus sur l’intérêt général ou celui des personnes dans leur vie quotidienne(…) Trop de droit finit par tuer le droit”, estime encore le conseiller de l’Elysée.

Selon lui, “l’Etat de droit semble s’emballer, devenir comme fou, au détriment de l’autorité politique, contre le pouvoir du peuple et celui de ses représentants élus, contre la démocratie”. Une assertion étonnante, tant il est vrai que le principe de l’Etat de droit est précisément de poser des garanties contre une éventuelle volonté de toute puissance du pouvoir politique.Il signifie en effet que toute personne physique ou morale, publique ou privée, est soumise au droit à commencer par l’État lui-même. Il est dans sa nature de s’exercer parfois “au détriment de l’autorité politique” et c’est en cela qu’il est une condition de la démocratie. Même chose pour le législateur qui est notamment tenu de respecter la norme constitutionnelle.

M. Tandonnet, lui, conclut : “On ne pourra vraiment sortir de ce mécanisme que par une logique de recours au référendum, le jour où les conditions politiques le permettront sans risque de confusion entre la question posée et un vote de protestation. Face à une décision émanant directement du peuple, on peut supposer que les hautes juridictions choisiront de se soumettre, sauf à abolir ouvertement la démocratie.” Bref, la démocratie plébiscitaire contre l’Etat de droit.
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Messagede Nico37 » 13 Avr 2011, 19:40

Le Pen juge le projet de Hulot LeFigaro.fr Avec Reuters 13/04/2011 | Mise à jour : 19:10

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a jugé aujourd'hui le projet de l'écologiste Nicolas Hulot compatible avec celui de son propre parti.

Pour la dirigeante d'extrême droite, le Pacte écologique élaboré par l'animateur de télévision, désormais en lice pour l'élection présidentielle de 2012, est beaucoup plus proche du FN que d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

"On a relu avec mes conseillers le projet qu'il avait fait en 2007, son projet de programme: il y a énormément de choses qui sont tout à fait compatibles avec le projet du Front national", a-t-elle déclaré sur LCI.

"Sur la relocalisation de la production, sur la nécessité de fixer les populations dans leur pays d'origine, il y a beaucoup de choses dont on pourrait parler ensemble, c'est sûr", a-t-elle ajouté.

Lors de la dernière élection présidentielle, Nicolas Hulot avait fait signer un Pacte écologique à l'ensemble des candidats en lice. A la différence de cette année, il avait alors renoncé à se présenter.

Aux yeux de Marine Le Pen, le projet de Nicolas Hulot "est très, très, très éloigné de ce que j'entends de la part des Verts".

"Le projet de 2007, incontestablement, et sur beaucoup de points, est plus proche du projet qui est le mien que de celui qui est exprimé par Mme Duflot et par M. Placé", ajoute-t-elle à propos des dirigeants d'EELV, Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé.
Marine Le Pen évoque l'idée d'une rencontre avec Nicolas Hulot, estimant que dans la famille écologiste, "c'est probablement un des moins sectaires".
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Messagede Nico37 » 16 Avr 2011, 09:46

"Lepénisation des esprits" : ceux qui soufflent sur les braises

Ils sont intellectuels, avocats, politiques. Leurs obsessions identitaires ou leurs arrière-pensées électorales contribuent à une "marinelepénisation" des esprits. Portraits.

Philippe Bilger : Avocat général près la cour d'appel de Paris, tient un blog où il réagit à l'actualité notamment concernant les débats sur la laïcité et l'islam.

Il y écrit par exemple que les propos de Claude Guéant sur les musulmans sont "d'une banalité qui n'aurait pas dû soulever la moindre polémique". Car "qui dans tel ou tel quartier de Paris […]n'a jamais eu cette impression d'être confronté à des existences notamment d'origine maghrébine et africaine qui, par leur nombre et leur densité, en un espace donné, constituaient la France comme un pays étrange, presque étranger, à tort ou à raison, et les Français comme des visiteurs dans leur propre pays". Il appelle à la création de l'UMP-FN. "Pourquoi ne pas constituer le FN comme un courant extrême de l'UMP?".

Eric Zemmour : A 52 ans, il cumule les postes entre la presse écrite (Le Figaro), la radio (RTL) et la télévision (France 2 et i-Télé), excellant dans les numéros de duettiste où il tient volontiers le rôle du méchant.

Ce qu'il a déclaré :

- "Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois? Pourquoi? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait". (Canal +)

Sur France Ô, le même jour, il avait estimé, en réponse à une question qui lui était posée, que les employeurs "ont le droit" de refuser des Arabes ou des Noirs. Il sera condamné pour pour provocation à la discrimination raciale en raison de cette dernière phrase.

Gilbert Collard : Avocat au barreau de Marseille, qui fût l'avocat de Marine Le Pen, écrit dans un texte intitulé "Le mal du pays" : "Trop de crachats impunis ont depuis des années souillés d'humiliations notre histoire […] l'hymne sifflé, le drapeau transformé en torche-cul, notre langue estropiée, abandonnée, notre passé toujours en procès, notre diplomatie démonétisée, notre culture judéo-chrétienne tournée en dérision".

Marine Le Pen est "la seule qui ose exprimer heut et fort le non-dit d'une France exaspérée".

Denis Tillinac : Ecrivain corrézien et chiraquien, chroniqueur à Valeurs Actuelles. Le 5 mars, il écrit "Nul n'ignore les risques de guerre civile, larvée ou déclarée, quand les minorités visibles –où moins visibles- auront pour elles la force du nombre".

Politiques

Claude Guéant : Le nouveau ministre de l'Intérieur a suscité ces derniers jours de multiples polémiques. Moins d'un mois après son arrivée place Beauvau, Claude Guéant essuie jour après jour des attaques redoublées, avec des déclarations sur "l'immigration incontrôlée", puis sa présentation des résultats des cantonales et l'emploi du mot "croisade" dans le dossier libyen.

A la veille du débat sur la laïcité et l'islam que "l'accroissement du nombre de fidèles [musulmans] et d'un certain nombre de comportements posent problème". Il a aussi déclaré que les usagers de certains services publics "ne doivent pas porter de signes religieux", ni "manifester une quelconque préférence religieuse", en particulier à l'hôpital ou à l'école.

Patrick Buisson : Directeur général de la chaîne histoire, Patrick Buisson est aussi le conseiller de Nicolas Sarkozy depuis 2005. Ancien directeur de la rédaction de Minute puis Valeurs actuelles, il avait aidé en 2007 le candidat UMP à siphonner les voix du FN et à attirer les classes populaires.

Paul-Marie Couteaux : Souverainiste, proche de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers, plume de Philippe Séguin et soutien de Jean-Pierre Chevènement en 2002, il appelle à une union de tous les "patriotes" (FN et une partie de la droite) avant les législatives de 2012.

Luc Ferry : Ancien ministre de l'Education, ami de Carla Bruni et nommé par Nicolas Sarkozy au Comité national d'Ethique, le philosophe avait expliqué lors d'un passage sur LCI le 17 décembre dernier qu'il préférait Marine Le Pen à Olivier Besancenot : "Elle est plus raisonnable et moins dangereuse…au moins elle est républicaine, démocrate…"

Retrouvez l'enquête d'Ariane Chemin et de Marie-France Etchegoin dans Le Nouvel Observateur du jeudi 7 avril.
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 18 Avr 2011, 20:01

Un élu du Front national condamné pour des commentaires sur son blog

Le chef de file du Front national a été condamné jeudi par le tribunal de grande instance de Mulhouse pour avoir laissé des commentaires sur son blog. La condamnation de Patrick Binder rappelle la fragile frontière séparant l'hébergeur de l'éditeur. Une différence pourtant capitale, car elle détermine la responsabilité en cas de litige.

C'est une affaire qui illustre toute la complexité de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN). Jeudi, le tribunal de grande instance de Mulhouse a condamné Patrick Binder, chef de file du Front national en Alsace, à trois mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende pour injure publique et provocation à la haine raciale. Son tort ? Avoir laissé des commentaires datés de 2010 sur son blog.

Selon le quotidien régional l'Alsace, Patrick Binder était poursuivi en justice pour deux raisons. D'abord pour avoir publiés de lui-même des propos jugés injurieux par la CGT, ensuite pour avoir laissé des commentaires de nature antisémite et raciste sur son blog. Ces réactions furent publiées par un internaute se baptisant "Napoléon77" et "Archange Saint-Michel".

L'enquête a finalement permis de retrouver l'auteur des commentaires grâce à son adresse IP. Il a été condamné par le tribunal de grande instance de Mulhouse à 1500 euros d'amende, dont 1000 assortis du sursis. Toujours selon l'Alsace, les deux prévenus devront verser solidairement des dommages intérêts aux parties civiles : 1500 euros pour la LICRA, 1500 euros pour SOS Racisme Haut-Rhin, 2000 euros à la CGT et un euro symbolique pour un élu socialiste.

L'article ne donne pas davantage de détails sur le jugement prononcé par le tribunal. Selon la LCEN, un blogueur qui ne modère pas a priori les commentaires peut invoquer le statut d'hébergeur. Il peut en conséquence ne pas être tenu responsable pour les réactions publiées sur son blog, sauf s'il n'a pas agi promptement pour les retirer après en avoir été notifié.

En l'état, nous ne savons pas si Patrick Binder a été alerté suite à la publication des commentaires de Napoléon77 ou s'il avait l'habitude modérer a priori les commentaires des internautes. Si c'est le cas, le juge a certainement considéré que Patrick Binder a sciemment choisi de le publier, soit en ne faisant rien soit en validant le commentaire, ce qui le rend responsable. Patrick Binder perd alors son statut d'hébergeur pour devenir éditeur.

Cette différence entre hébergeur et éditeur est très importante, car elle détermine la responsabilité. En début d'année, le site web LePost.fr a été condamné par la cour d'appel de Versailles à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à l'animatrice Flavie Flament. LePost avait re-publié, pour le démentir, un billet annonçant son décès.

Dans son arrêt, la cour d'appel a expliqué que si LePost n'avait rien fait et laissé le billet en ligne, le site aurait été protégé par les dispositions contenues dans la LCEN et favorables aux hébergeurs de contenus. Sans modération, LePost est hébergeur. Dès lors qu'il applique une politique de modération, il devient éditeur. Dans un cas comme dans l'autre, le site doit cependant toujours répondre promptement aux notifications.

Patrick Binder a décidé d'interjeter appel.
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 19 Avr 2011, 10:45

[url=http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2011/03/25/Nationalité-%3A-vers-la-fin-du-droit-du-sol]Lepénisation des esprits : vers la fin du droit du sol ? 25 03 2011[/url]

A la veille du second tour des élections cantonales, au moment où le ministre de l'Intérieur Claude Guéant multiplie les « petites phrases » sur l'Islam et l'immigration, les préparatifs législatifs touchant au droit de la nationalité ne doivent pas passer inaperçus.
Dans son discours de Grenoble le 30 juillet dernier, Nicolas Sarkozy manifestait sa volonté de réformer le droit de la nationalité. Deux axes sont alors posés. Le premier porte sur la déchéance de la nationalité « pour toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique ». Annonce symbolique dont on connait le sort parlementaire (un rejet par le parlement). Le deuxième axe porte sur le fait que « l'acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique ».
Dans la foulée, en début octobre, une mission d’information parlementaire sur « le droit de la nationalité en France » était créée, que Manuel Valls accepta de présider (voir ici) tout en précisant qu’il s’opposerait à toute remise en cause du droit du sol (voir ici).


Premier essai

Lors des premiers débats parlementaires sur la loi relative à l’immigration, Lionnel Luca député UMP-droite populaire déposait sans plus attendre un amendement remettant en cause le droit du sol. Souhaitant revenir à la loi Pasqua-Mehaignerie de 1993 il proposait qu’un étranger puisse, « à partir de l’âge de 16 ans et jusqu’à l’âge de 21 ans, acquérir la nationalité française à condition qu’il en manifeste la volonté ». Il est alors soutenu par Christian Vanneste (UMP) déclarant qu’il faudrait « un jour ou l’autre remettre en cause le caractère sacré du droit du sol et ériger en critère absolu la volonté » (voir ici).
C’était sans compter sur la vigilance du rapporteur et du gouvernement qui l’un comme l’autre partagent la proposition sur le fond mais pas son timing. Le premier, M. Thierry Mariani, de rappeler que « le Président de la République a décidé de créer une mission de réflexion sur le sujet » et souligner que « réformer le droit de la nationalité en une demi-heure » lui semblait « un peu précipité ». Le second représenté par Eric Besson, de préciser que « c’est donc une réflexion sur l’ensemble du dispositif que nous devons avoir, d’autant que, lors de son discours de Grenoble du 30 juillet, le Président de la République a annoncé qu’il voulait engager une concertation très claire, l’objectif étant que les enfants nés de parents étrangers sur le sol français qui seraient délinquants multirécidivistes ne puissent accéder automatiquement à la nationalité française. Nous touchons à une question sensible, complexe, le droit du sol. Il ne s’agit pas de repousser indéfiniment le sujet (…) Le Gouvernement aura ce débat avec vous. Il est noble, il est nécessaire » et de proposer le retrait de l’amendement et renvoyer à la mission précitée (voir ici).
Bref, leur message était : attendons le rapport de la mission parlementaire avant de revoir largement le droit de la nationalité. Cette mission n’a pas suscité une grande couverture médiatique mais surtout pas un grand intérêt dès lors que les dés semblaient pipés tant par le discours de Grenoble que par les annonces gouvernementales précitées. Pour l’illustrer il faut voir le flop de la table ronde organisée le 2 mars dernier où l’essentiel des associations pressenties se sont désistées et où l’intellectuel – Alain Fikenkrault - qui devait amener la contradiction a « zappé » la date pour reprendre l’expression d’un Manuel Valls manifestement agacé par une telle désinvolture (voir ici). Dans tous les cas cette mission n’a, à ce jour, pas remis son rapport et ses travaux sont en cours.

Deuxième essai, concluant

A l’évidence dépité par cette lenteur, le même Lionnel Luca déposa le 9 mars dernier, en deuxième lecture, le même amendement qu’en octobre dernier. Jusqu’à là rien d’étonnant. Ce qui l’est plus c’est la réaction du rapporteur Claude Goasguen et du ministre Guéant qui vont soutenir largement cet amendement en deuxième lecture alors qu’il était recalé en première.
Que s’est-il passé entre-temps pour justifier la remise en cause précipitée du droit du sol ? La montée du Front national et la perspective des échéances électorales semblent les explications les plus rationnelles. Les mêmes raisons qui conduisirent le ministre de l’immigration à dire le 17 mars sur les ondes d’Europe 1 : « Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale ».
Un tel revirement législatif interroge plus que jamais la raison d’être de la Mission sur la nationalité qui rendra sa copie quand tout sera joué ailleurs. L’audition qu’elle organisait le 17 mars fait d’ailleurs cruellement silence sur ce qui a été voté deux jours avant à l’Assemblée. Et son président M. Valls (qu’on a connu plus réactif) semble avoir avalé cette couleuvre, probable prix à payer pour ce qui n’était peut-être qu’un positionnement stratégique.

Un retour discret à la loi Pasqua

Sur le fond avant de revenir sur le texte, rappelons le droit en œuvre depuis la loi Guigou de 1998. Lorsqu’un enfant nait en France de parents étrangers il peut, dès l'âge de 13 ans et sous conditions, faire une déclaration de nationalité au tribunal d’instance pour devenir français par anticipation. Ils seraient ainsi 27 000 à devenir français par cette démarche. Ceux qui n’ont pas entrepris deviennent français automatiquement à la majorité sauf s’ils décident de la répudier. L’article 21-7 du Code civil précise en effet que « tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité si, à cette date, il a en France sa résidence et s'il a eu sa résidence habituelle en France pendant une période continue ou discontinue d'au moins cinq ans, depuis l'âge de onze ans ». Ils seraient près de 3 000 à l’obtenir ainsi. C’est donc sur eux que portent l’amendement puisqu’ils ne pourraient devenir français qu’en rédigeant une lettre manuscrite manifestant leur volonté.
Pour minorer l’importance de cette modification deux arguments sont avancés lors du débat parlementaire : 1) ils ne sont donc que 3 000 jeunes concernés, 2) le droit leur reste acquis s’ils font cette simple démarche. Lions les deux arguments. Qui sont les 3 000 jeunes en question ? Ce sont souvent les plus isolés des jeunes et les moins informés. S’ils sont déscolarisés, ils échappent ainsi aux informations sur ces démarches données à l’occasion tant de voyages scolaires que de stages. Eloignés du travail ou de l’apprentissage ils n’ont pas non plus été confrontés à l’exigence d’une pièce d’identité pour travailler. Une telle disposition va donc – est-ce l’objectif ? – surtout restreindre les droits des jeunes les plus vulnérables.
Par ailleurs, le rapport à la nationalité d’un certain nombre de ces 3 000 jeunes est complexe. Certains se considèrent comme français dès la naissance et vivent comme une humiliation de plus le fait de devoir demander la nationalité. Ils attendent donc actuellement leurs 18 ans pour le devenir automatiquement. Ils devront demain manifester leur allégeance par une lettre ou alors devront rester étranger.
Ne nous méprenons pas : une telle disposition est une première étape vers la remise en cause du droit du sol. L’étape suivante consistera probablement à exiger un casier judiciaire vierge (comme le prévoyait la loi Pasqua et comme il l’est sous entendu dans le discours de Grenoble) ou à demander que cette lettre soit motivée et soumise à une appréciation préfectorale. En ouvrant cette brèche le gouvernement entretient l’idée qu’il y aurait des français moins français que d’autres. Rappelons à titre indicatif qu’un français installé à l’étranger donnera naissance à un français qui donnera lui-même naissance à un français quand bien même ni les uns ni les autres ne manifestent le moindre attachement à la France. Le sang est-il à ce point là supérieur au sol ?
Curieusement la proposition désormais avortée de la déchéance de la nationalité qui n’aurait concernée qu’un cas tous les dix ans (voir la démonstration de L. Mucchielli) a suscité un déluge de commentaires. La remise en cause du droit à la nationalité de 3 000 jeunes par an n’aura, elle, donné lieu qu’à de rares entrefilets dans la presse.

Et maintenant le conseil constitutionnel ?

Si cette disposition devait résister à la commission mixte paritaire (sénat/assemblée), elle a toutefois de fortes chances d’être déclarée inconstitutionnelle non pas sur le fond mais sur la procédure d’adoption. S’il est possible d'amender les articles du projet de loi en discussion, mais également les amendements qui s'y rapportent (ce sont alors des sous-amendements), un amendement est en principe irrecevable s’il introduit après la première lecture, une disposition additionnelle sans relation directe avec les dispositions restant en discussion.
Le Conseil constitutionnel a plusieurs fois ces dernières années censuré cette technique législative qui aboutirait à introduire en deuxième lecture une disposition non débattue par les deux chambres en première lecture (voir ici). Ainsi le Conseil a censuré le 16 mars 2006 quatre articles de la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, tous issus d’amendements adoptés en deuxième lecture. Le 3 mars 2007, il a censuré, d’office, pour le même motif, une disposition de la loi relative à la prévention de la délinquance. Mais une telle annulation procédurale ne serait qu’une partie remise tant la volonté politique semble claire ici, de l’Elysée au Palais Bourbon.

Par Christophe DAADOUCH
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 20 Avr 2011, 20:47

L'élu du Front national, Alexandre Gabriac, a été exclu du parti après l'affaire dite du salut nazi.

Conseiller régional en Rhône-Alpes, Alexandre Gabriac, 20 ans, est passé mardi 19 avril devant la commission des conflits, qui a proposé de le sanctionner par "un blâme". La présidente du FN, à qui revenait la décision finale, a décidé d'exclure M. Gabriac, ce qu'elle avait laissé entendre dès le début de l'affaire.
"Je serai ferme et brutale s'il le faut, parce que nous en avons soupé de ce type d'agissement", avait affirmé Marien Le Pen fin mars à l'AFP, précisant par ailleurs qu'Alexandre Gabriac "est un type de l'Oeuvre (française)", un groupuscule nostalgique du pétainisme.
Le 25 mars, le site nouvelobs.com avait publié une photo, non datée, d'Alexandre Gabriac, faisant de la main gauche le salut hitlérien devant un drapeau nazi, une image peu conforme à la stratégie dite de "dédiabolisation" du FN incarnée par Marine Le Pen.
Plus jeune conseiller régional de France, Alexandre Gabriac avait été élu par les adhérents au comité central du FN, en janvier dernier, sur la liste de Bruno Gollnisch, le challenger malheureux.
Il était candidat aux cantonales en Isère (Grenoble-6) et s'était qualifié pour le second tour. C'est justement à la veille de ce deuxième tour que la photo avait fait le tour du net.

Emotion en Rhône-Alpes

Une suspension de séance "symbolique" a eu lieu le jeudi 7 avril au Conseil régional Rhône-Alpes. De droite et de gauche, les élus du Conseil régional ont protesté contre la présence d'Alexandre Gabriac dans l'Assemblée.
"Notre région ne peut pas être souillée par de tels comportements", a déclaré le président PS de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, en référence à la photo d'Alexandre Gabriac circulant dans la presse et sur internet mais dénoncée par ce dernier comme étant un montage.
"J'ai saisi le procureur de la République de Grenoble (...) C'est maintenant à la justice d'exercer ses responsabilités", a ajouté M. Queyranne avant d'accorder une courte suspension de séance demandée "à titre symbolique" par les élus de la majorité de gauche pour exprimer leur indignation.
A l'issue de la suspension de séance, Olivier Wyssa, vice-président du Groupe FN au Conseil régional Rhône-Alpes, a dénoncé un "lynchage médiatique" à l'encontre d'Alexandre Gabriac.
Les élus de l'opposition de droite ont quant à eux condamné "unanimement et fermement ces agissements", regrettant que M. Gabriac siège toujours au Conseil régional.
Les partis de la majorité de gauche du Conseil régional Rhône-Alpes ont par ailleurs indiqué, avoir "interpellé le garde des Sceaux, Michel Mercier" dans un courrier afin qu'il "puisse se saisir de ce dossier".
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 21 Avr 2011, 23:08

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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 22 Avr 2011, 20:52

Jean-Marie Le Pen : "Je ne ménage pas Marine, je la respecte"

Devenu « président d'honneur » du FN, dont il a laissé la présidence effective à sa fille Marine, l'eurodéputé Jean-Marie Le Pen, 82 ans, continue de jouer un rôle influent même si, tactiquement, il le minimise.

FRANCE-SOIR Le 2 novembre 1976 – Marine a 8 ans –, un attentat a détruit à Paris (XVe) votre appartement familial. En 2011, cela reste pour vos trois filles, semble-t-il, un événement majeur...
JEAN-MARIE LE PEN. Absolument. Moi, j'avais déjà entendu d'autres explosions dans ma vie. Donc, cela ne m'a pas marqué outre mesure. Pour mes filles, cet événement a eu beaucoup plus d'importance. Elles ont eu peur ensemble. Cela les a rapprochées.

F.-S. Chez vous, il y a toujours eu un mélange vie familiale et vie politique...
J.-M. L. P. Je ne vivais pas tout à fait aux mêmes heures que mes filles. Elles se levaient après moi et se couchaient avant moi. A la maison, il y avait ma femme et une aide familiale qui est restée avec nos filles 14 ans (Nana, une Bretonne, NDLR). Peut-être aurais-je pu m'intéresser de plus près à leurs vies personnelles ou scolaires.


F.-S. Vos filles se disent « surdéterminées » par la figure du père que vous êtes.
J.-M. L. P. Comme la plupart des petites filles, mes filles comparent les garçons à leur père. Que certains garçons qu'elles aimaient aient pu être freinés par leur nom de famille, c'est sûrement vrai. Je déplore qu'on leur ait fait subir l'aversion qu'on pouvait avoir pour moi. Mais cela fait partie de notre vie. Je ne regrette rien.

F.-S. Votre fille Marine veut, dit-elle, « dédiaboliser » le FN. Pour vous venger ?
J.-M. L. P. J'ai le sentiment d'avoir été toute ma vie une cible. Marine a-t-elle souhaité que cette agression cesse ? Sans doute. Comme j'ai cristallisé tout cela sur moi pendant des années, le fait d'avoir passé les rênes a pu servir à cette « dédiabolisation ». Avec un dirigeant nouveau, le FN peut être plus libre.

F.-S. Marine vous surprend-elle ?
J.-M. L. P. Chacun d'entre nous inscrit sa route dans une conjoncture. A un moment donné, il m'est apparu nécessaire de passer le témoin, compte tenu de mon âge. Il était souhaitable que des gens plus jeunes, plus entraînés à l'action politique moderne prennent la place. La chance a voulu que Marine soit là.

F.-S. Diriez-vous qu'elle bénéficie d'un traitement de faveur médiatique ?
J.-M. L. P. Les articles la concernant sont souvent hostiles, mais rarement meurtriers. Parce qu'elle est jeune, parce qu'elle est une femme. Marine est un personnage charismatique. Ça ne se fabrique pas. C'est comme un grand violoniste : vous pouvez faire huit heures de violon par jour, si vous n'avez pas de don, vous resterez toute votre vie un scieur de crincrin. Contrairement à ce que pense la gauche, ce n'est pas la société qui forge les personnalités. Ce sont votre père et votre mère. On peut aussi hériter de l'éloquence...

F.-S. Sur l'immigration, elle semble a priori moins « sulfureuse » que vous...
J.-M. L. P. Je dis depuis quarante ans que l'immigration est le phénomène n°1 du XXIe siècle et que si nous ne réagissons pas – il est presque déjà trop tard – nous serons submergés. Nous serons minoritaires et « ils » ne nous ménageront pas. Avez-vous déjà été en banlieue ? Pensez-vous que les Français et les Européens qui habitent ces quartiers y vivent librement ?

F.-S. Condamnez-vous le communautarisme ?
J.-M. L. P. Savez-vous qu'il y a des villes en France qui sont déjà majoritairement étrangères ? Roubaix, 60 % d'immigrés maghrébins ! Si vous attendez le jour où ça brûle pour en prendre conscience, il sera un peu tard. Vous avez vu les foules en Egypte, en Tunisie, en Syrie ? Le jour où vous avez une foule comme ça qui descendra les Champs-Elysées ! Ce n'est rien, pour eux, à la limite, d'avoir 300.000 personnes. Qui les arrêtera ? Et s'ils descendent les Champs-Elysées, ce ne sera pas pour faire joujou. Par exemple, ils veulent sodomiser le Président. Ils se donnent ça comme objectif : arriver jusqu'à la grille du Coq, l'enfoncer, et ensuite « le » sabrer ? Je répète : qui les arrêtera ?

F.-S. Voyez-vous votre fille au second tour en 2012 ?
J.-M. L. P. Le résultat de Marine dépendra d'elle-même pour seulement 25 %. Quelle sera la situation financière, économique, sociale, dans un an ? Sarko sera-t-il candidat ? Moi je ne le pense pas. S'il n'est pas en bonne position, il prendra la tangente. Il me fait penser à un type qui, dans un casino, joue comme un fou. Il mise sur le 5, le 5 sort. Il mise sur le 8, et le 8 sort. Le lendemain, il revient, joue sur les mêmes chiffres, et il perd tout. Quand vous avez la baraka, tout marche. Quand vous ne l'avez plus, même avec vos astuces les plus intelligentes, vous vous cassez la gueule. Sarkozy, c'est quand même un homme qui s'est construit ex nihilo et qui s'est hissé au plus haut niveau de la politique : cela ne se fait pas sans talent. Mais il n'a pas de véritable volonté politique.

F.-S. Votre « présidence d'honneur » du FN, c'est quoi, au juste ?
J.-M. L. P. Je suis dans toutes les instances du Front. Mais j'ai la discrétion de ne pas prendre les responsabilités qui ne sont pas les miennes. Je ne ménage pas Marine, je la respecte.

F.-S. Si, en 2012, votre fille fait un bon score, direz-vous que vous avez votre part dans sa réussite ?
J.-M. L. P. J'ai passé 10 % de ma vie en mer. C'est-à-dire, au total, huit ans. En bateau, j'ai souvent regardé notre galaxie. Donc, je ne me fais pas trop d'illusions sur la place que j'occupe dans l'univers.

Par Propos recueillis par Tugdual Denis
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 26 Avr 2011, 20:10

[url=http://www.lepost.fr/article/2011/04/21/2473197_dominique-reynie-pour-contrer-marine-le-pen-sarkozy-et-le-ps-doivent-tourner-le-dos-au-fn.html#xtor=EPR-344-[NL_1144]-20110422]Dominique Reynié : "Pour contrer Marine Le Pen, Sarkozy et le PS doivent tourner le dos au FN"[/url] 21/04/2011 à 15h55 - mis à jour le 24/04/2011 à 11h53 | 19102 vues | 356 réactions

Sur Le Post, le politologue Dominique Reynié explique comment les partis de gouvernement peuvent contrer le FN avant la présidentielle.

Le potentiel électoral de Marine Le Pen est-il surévalué ? Peut-elle vraiment se qualifier pour le second de l'élection présidentielle de 2012 ? Quelle doit être l'attitude des partis de gouvernement face à la poussée du FN ? Telles sont les questions qui se posent neuf ans jour pour jour après l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.

Dans les sondages, sa fille a le vent en poupe. Selon le dernier en date, réalisé par l'institut Harris Interactive pour Le Parisien, la présidente du FN se qualifierait pour le second tour de la présidentielle quel que soit le candidat PS (DSK, Aubry, Hollande ou Royal), et Nicolas Sarkozy serait éliminé dès le premier tour dans 3 cas sur 4.

Contacté par Le Post, le politologue Dominique Reynié estime que les partis de gouvernement ont chacun une responsabilité dans la montée du FN et explique comment ils peuvent contrer Marine Le Pen avant la présidentielle. Directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, un club de réflexion libéral et pro-européen de centre-droit, Dominique Reynié vient de publier l'ouvrage "Populismes : la pente fatale" (éditions Plon).

Comment expliquez-vous la poussée actuelle du FN ?

"Deux phénomènes se rencontrent.
D'un côté, le FN opère une mutation populiste et xénophobe en abandonnant tous les éléments de l'extrême droite classique comme les références à la seconde Guerre mondiale. Du coup, sa base électorale s'élargit.
De l'autre côté, la société française se droitise et se durcit. Nous entendons actuellement des discours sur l'immigration ou sur l'islam que l'on aurait jamais entendus il y a quelques années..."

Qui en est responsable ? L'UMP, en ayant mis sur le devant de la scène des thématiques traditionnelles du FN avec les débats sur l'identité nationale et la laïcité ?

"Pas seulement. Les partis de gouvernement ont une responsabilité, notamment le PS. Une des causes du populisme résulte du fait que depuis 25 ans, la gauche sociale-démocrate a considéré qu'il ne fallait pas parler des questions d'immigration, d'intégration ou de l'islam. La gauche française a donné beaucoup de leçons à la droite quand celle-ci voulait parler de ces sujets. Le jeu du PS consiste à discréditer moralement la droite de gouvernement quand elle allait sur ces terrains. C'est une espèce de traumatisme moral. Résultat : le parti populiste (le FN) est devenu le parti monopolistique que nous avons collectivement organisé. Il bénéficie aujourd'hui de ce que j'appelle le privilège de la vérité."

Vous voulez dire que Fabius avait fait le bon diagnostic, quand il avait déclaré : "Le Pen pose les bonnes questions mais donne les mauvaises réponses" ?

"Oui. Pour l'opinion, le FN est le seul à parler de certains sujets. De plus, le message du parti frontiste consiste à dire aux électeurs : 'Ne culpabilisez pas de vous poser ces questions. Vos préoccupations sont légitimes et on va y répondre'."

Récemment, un conseiller de l'Elysée expliquait justement au Post que Nicolas Sarkozy avait décidé de droitiser son discours pour ne pas vivre la même mésaventure que Jospin en 2002. Mais malgré cela, le Président ne remonte pas dans les sondages et baisse même chez les sympathisants du FN...

"J'identifie plusieurs erreurs à ne pas commettre face au FN. La première : se refuser à aborder certains sujets. C'est la pire des choses. Cela laisse un boulevard au parti populiste. La seconde : ne parler que d'immigration, d'islam... tout le temps et dire que c'est la clé pour résoudre les problèmes. Dans ce cas, les électeurs se tournent vers le parti qui en parle depuis toujours : le FN."

Concrètement, comment l'UMP aurait-il dû procéder avec le débat sur la laïcité ?

"Il aurait dû en parler comme un parti de gouvernement, de manière raisonnable, modérée. L'UMP avait bien le droit d'organiser un tel débat mais cela aurait dû se faire en incluant tout le monde, notamment les responsables religieux à qui on aurait dit : 'On va organiser un débat ensemble', au lieu de leur dire : 'On va faire un débat sur vous'. Quand vous êtes un parti de gouvernement et que vous sortez de la méthode qui consiste à rassembler les gens, vous prenez des risques."

Le potentiel électoral de Marine Le Pen est-il surévalué ?

"Partout en Europe, les offres politiques type Marine Le Pen ont le vent en poupe. C'est un phénomène qui commence et qui va durer pendant plusieurs années. Cela tient à des raisons structurelles (démographique, la globalisation, l'épuisement des finances publiques...) plus que conjoncturelles [Dominique Reynié a exposé ces raisons en détail dans un précédent entretien au Post, ndlr]."

En 2012, peut-elle refaire le même coup que son père neuf ans avant ?

"C'est dur à dire. Elle peut évidemment être au second tour. Une certitude : elle sera un acteur majeur de la présidentielle. Elle a un potentiel électoral de 30 % au premier tour, qui tient à plusieurs facteurs : elle attire davantage de voix féminines, les gens se sentent moins coupables de voter pour le FN et elle a également élargi le logiciel du parti frontiste. Après, tout dépend de sa campagne, de ses adversaires et du nombre de candidats qui se présenteront."

Comment pourrait-elle faire 30 % ?

"En théorie, il faudrait beaucoup d'abstention, ce qui pourrait la favoriser comme son père en 2002. Mais tout dépend aussi de l'attitude des électeurs, qui pourraient passer d'un vote de protestation à un vote d'adhésion pour le FN. Par exemple, récemment, lors des législatives en Finlande, la participation a été élevée et pourtant, le parti d'extrême droite a cartonné. On commence donc à voir un nouveau modèle du type : grosse participation et poussée populiste."

Que peuvent faire Nicolas Sarkozy et les socialistes pour contrer Marine Le Pen avant l'élection présidentielle ?

"Ils doivent tourner le dos au FN en ne se positionnant pas par rapport à lui. Les partis de gouvernement doivent replacer au centre du débat les vrais sujets comme la stratégie économique, la manière d'améliorer la situation des finances publiques, s'attaquer au réchauffement climatique en disant comment on peut créer une économie ouverte, définir la politique éducative... C'est une stratégie pertinente face au FN car ce sont justement sur ces sujets majeurs qu'il est le moins à l'aise."

Sources : Le Post, Le sondage Harris Interactive pour Le Parisien,
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 27 Avr 2011, 19:31

FN: Gabriac bel et bien exclu
Marine Le Pen a confirmé, mercredi matin, l'exclusion d'Alexandre Gabriac du Front national. Une décision qui continue de faire débat au sein du mouvement d'extrême droite.


Marine Le Pen reste ferme sur le cas Gabriac. (Maxppp)

Un parfum de polémique flotte au-dessus du FN version Marine Le Pen. Contre l'avis de la commission des conflits du parti, qui préconisait un simple "blâme", la présidente du mouvement a décrété, la semaine dernière, l'exclusion du sulfureux Alexandre Gabriac, ce jeune élu frontiste dont la photo le montrant le bras droit tendu - il était mineur au moment du cliché - avait fait polémique entre les deux tours des dernières élections cantonales. En tant que chef de parti, la nouvelle patronne du Front national prenait ses responsabilités. A ceci près que ce choix fut critiqué par plusieurs caciques du mouvement d'extrême droite, à commencer par son propre père, Jean-Marie Le Pen, membre, qui plus est, de ladite commission. "Je pense que c’est une réaction rapide et qu’elle ne possédait peut-être pas tous les éléments d’information", avait contesté le fondateur du FN sur LCI, ajoutant que sa fille, alors en vacances en Asie, devrait reconsidérer sa position.

"Ma décision a été prise et l'exclusion a été prononcée"
Las, de retour en France et dans les médias, Marine Le Pen ne consent absolument pas à faire machine arrière, faisant ainsi fi de l'avis de son père. "La commission des conflits a fait preuve d'indulgence, ça peut être tout à son honneur d'ailleurs, mais elle a un avis consultatif et c'est la présidente du Front national qui a la décision dernière. Ma décision a été prise et l'exclusion a été prononcée", a-t-elle martelé au micro de RTL mercredi matin, elle qui, au moment de la révélation de ce fameux cliché par le site du Nouvel Obs', avait dit sa "colère" au JDD.fr. "C'est l'occasion parfaite de faire le ménage dans nos rangs. Je le dis et je le répète, le Front national est victime d'entrisme de la part de groupuscules qui n'ont rien à voir avec nous. Nous exclurons donc tous ces types et ceux qui se solidariseront avec eux", éructait-elle fin mars. Un mois plus tard, elle est donc passée des paroles aux actes, mais cette affaire pourrait bien laisser des traces au sein du parti, et notamment relancer la guerre entre "marinistes" et "gollnischiens".

"Gabriac n'est qu'un prétexte, Il y a une volonté évidente de la part de Marine Le Pen de reprendre la main sur la fédération Rhône-Alpes acquise à Bruno Gollnisch", estimait Jérôme Bourbon, patron de l'hebdomadaire Rivarol, hostile à Marine Le Pen, dans un entretien accordé la semaine dernière à Rue89.com. "Alexandre Gabriac s'était effectivement déclaré en ma faveur (pour l'élection à la présidence du FN, ndlr), mais comme plus d'un tiers du parti", dédramatise Bruno Gollnisch, contacté mercredi par leJDD.fr. Pour autant, il n'en démord pas: sur la même ligne que Jean-Marie Le Pen, l'eurodéputé continue de penser que la décision de Marine Le Pen est "regrettable", notamment sur "le plan humain". "Il n'y a aucun élément probant de l'existence de cette photo", enchaîne-t-il, fustigeant "un montage réalisé à des fins électorales". Quant à la question de savoir si les "gollnischiens" seraient dans le viseur de la nouvelle patronne du FN, le conseiller régional de Rhône-Alpes se refuse à "toute interprétation hâtive". Pour autant, prévient-il, "je m'entretiendrai avec Marine Le Pen. Nous nous parlons souvent, vous savez…"


Le «Paquebot» du FN a trouvé preneur POLITIQUES 27/04/2011 À 15H07
En vente depuis trois ans, le siège historique du parti, à Saint-Cloud, a finalement été cédé à «un propriétaire d’établissements de santé et de retraite».

Jean-Marie Le Pen a annoncé mercredi à l’AFP la vente «définitive» du siège historique du FN, le «Paquebot», un soulagement financier de taille pour ce parti criblé de dettes, qui va permettre à sa fille Marine Le Pen d’aborder sa campagne présidentielle plus sereinement.

Visiblement satisfait, le président d’honneur du mouvement d’extrême droite a assuré que cette vente, signée le 21 avril dernier - soit neuf ans jour pour jour après son accession au second tour de la présidentielle - permettrait de «payer (les) dettes» du FN.

«Nous sommes tous extrêmement soulagés, les finances du FN sont assainies», a également commenté Marine Le Pen, présidente du parti depuis janvier 2011 et d’ores et déjà en campagne pour la présidentielle de 2012.
«Cela va nous permettre de faire de nouveau appel à des crédits, à des emprunts» pour cette campagne, s’est félicité Jean-Marie Le Pen.

S’il n’a pas voulu donner le montant précis de la vente, Jean-Marie Le Pen a confirmé que la transaction se situait «autour de 10 millions d’euros», une somme dont il a concédé qu’elle n’était «pas à la hauteur» des premières offres il y a trois ans.

L’acheteur, «un Français» est «un propriétaire d’établissements de santé et de retraite», a ajouté Jean-Marie Le Pen, sans autre précision. Interrogé sur l’utilisation que comptait faire cet acheteur du bâtiment, Jean-Marie Le Pen a répondu: «Il en fera ce qu’il voudra.»

«Valise sans poignée»

Depuis trois ans, l’imposant bâtiment de 5000 m2, situé sur les bords de Seine, à Saint-Cloud, défrayait la chronique du FN, à coups de promesses de vente échouées ou d’annonces de mise aux enchères.
Symbole des années fastes du parti, Jean-Marie Le Pen qualifiait lui-même récemment le «Paquebot» de «valise sans poignée», en raison des difficultés de conclure une vente.

Le parti avait décidé en 2008 de quitter Saint-Cloud pour des locaux plus petits à Nanterre, après son échec à la présidentielle de 2007 (10,4%), suivi d’une totale déroute aux législatives de la même année.

Avec un score de moins de 5% à ces élections, nombre de candidats avaient été privés du remboursement de leur campagne et la subvention publique du parti avait fondu de 4,5 millions à 1,8 millions d’euros.

Dans la foulée, l’ex-imprimeur du parti, Fernand Le Rachinel, brouillé avec Jean-Marie Le Pen, réclamait une dette de plus de 6 millions d’euros au FN et obtenait gain de cause en justice.

Dans ses comptes pour l’année 2009, publiés fin 2010 par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le mouvement indiquait qu’«il pourrait être difficile de faire face à certaines échéances» tant que la vente du «Paquebot» ne serait pas conclue.

Selon Jean-Marie Le Pen, la transaction va permettre de rembourser des dettes d’environ «5 millions» d’euros dans le conflit avec M. Le Rachinel, mais également «quelque 3 millions d’euros» à Cotelec, une structure présidée par… Jean-Marie Le Pen.

Cotelec, qui fonctionne comme un micro-parti au côté du FN en recueillant des dons, avait posé une hypothèque sur le «Paquebot».

(Source AFP)


Jean-Marie Le Pen sera rejugé pour ses propos sur l'Occupation POLITIQUES 27/04/2011 À 17H40

La Cour de cassation a annulé sa condamnation à trois mois de prison avec sursis pour avoir déclaré que l’Occupation allemande n’avait pas été «particulièrement inhumaine».


Jean-Marie Le Pen devra être rejugé pour avoir déclaré que l’Occupation allemande n’avait pas été «particulièrement inhumaine», a décidé mercredi la Cour de cassation, qui a annulé sa condamnation à trois mois de prison avec sursis pour contestation de crime contre l’Humanité.

Le 8 février 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Jean-Marie Le Pen coupable de «complicité d’apologie de crimes de guerre» et de «contestation de crime contre l’Humanité», à la suite de propos publiés en janvier 2005 dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol. Les magistrats l’avaient condamné à 10.000 euros d’amende et trois mois de prison avec sursis, une peine extrêmement lourde en la matière.

L’ancien président du Front national avait notamment déclaré: «En France du moins, l’Occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés.» Il avait également présenté une version jugée choquante du massacre d’Ascq, perpétré dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, et durant lequel 86 Français avaient été fusillés en représailles au déraillement d’un train allemand.

Le 21 janvier 2009, la cour d’appel de Paris avait confirmé la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour «complicité de contestation de crime contre l’humanité». Elle l’avait toutefois relaxé de «complicité d’apologie de crime de guerre», sur le dossier Villeneuve d’Ascq et avait jugé certaines parties civiles irrecevables à agir.

En revanche, elle avait confirmé intégralement la peine d’amende et de prison avec sursis. Jean-Marie Le Pen, ainsi que les associations déboutées, s’étaient alors pourvues en cassation.

Revirement de jurisprudence

Dans un arrêt rendu mercredi, la Cour de cassation a confirmé la relaxe de Jean-Marie Le Pen pour les faits d’apologie de crime de guerre. En revanche, elle a annulé tout le reste, dont la condamnation de l’homme politique à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende, et l’irrecevabilité des parties civiles. Le fondateur et président d’honneur du Front National devra donc être rejugé par la cour d’appel de Paris, tant sur les dispositions pénales que civiles.

Il est à noter que dans son arrêt, la chambre criminelle opère un revirement de jurisprudence concernant les parties civiles. Il y a à peine cinq ans, elle avait estimé qu’en matière de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité, l’acte initial de poursuite engagé contre un organe de presse fixait «irrévocablement la nature, l’étendue et l’objet de celle-ci ainsi que les points sur lesquels le prévenu aura à se défendre».

Dans son arrêt de mercredi, la Cour a finalement considéré «qu’aucune disposition ne fai(sai)t obstacle à l’intervention d’une association (…) qui entend se constituer dans une procédure engagée par une autre partie ou le ministère public» dans de telles affaires.

(Source AFP)
Nico37
 
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Re: FN & ses satellites

Messagede Nico37 » 29 Avr 2011, 23:59

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A Vichy, le salut nazi d'un candidat FN et syndiqué CFDT
Par Zineb Dryef | Rue89 | 27/04/2011 | 17H23

Alors que Marine Le Pen a entrepris une grande opération de nettoyage au sein du FN, Rue89 a retrouvé la photo d'un candidat aux cantonales et syndicaliste menacé d'exclusion de la CFDT faisant le salut nazi devant le panneau de la ville de Vichy.

« Je ne suis qu'un simple homme » : c'est ce que Daniel Durand-Decaudin a déclaré quand je lui ai téléphoné pour lui demander ce qu'il faisait le bras levé devant un panneau de la ville de Vichy. Sous-entendu : je n'ai pas de responsabilité politique, pourquoi venir me chercher des noises avec une photo privée ?

Mais voilà : monsieur Durand cristallise autour de sa personne les ambiguïtés les plus récentes du Front national. Il a été candidat aux dernières élections cantonales en Moselle, où il se présentait sous l'étiquette Front national. Il n'a pas été élu mais il a obtenu un honorable score de 35,8%. Il est également syndiqué CFDT. Et risque l'exclusion de ce syndicat pour son appartenance au FN.

« Je ne suis pas nazi. Je suis gaulliste »

Au téléphone, cet ancien légionnaire commence d'abord par nier être jamais allé à Vichy, puis se souvient y être « passé » à l'été 2010 pour rejoindre un festival de country en Ardèche. Ça explique son chapeau, dit-il :

« Faire un salut nazi à Vichy, c'est montrer qu'on est contre Pétain. J'ai fait ça comme une blague à ma femme, elle est thaïlandaise.

Je ne suis pas nazi. Je suis gaulliste. D'ailleurs, quand on m'a proposé d'être candidat, j'ai dit oui parce que Marine, ça change de Jean-Marie Le Pen. J'ai dit que je voulais bien à condition de ne pas me retrouver dans des réunions avec des gens qui prônent des choses horribles. On m'a dit “non, ne t'inquiète pas, ça ira”.

Cette histoire de photo, c'est pour essayer de déstabiliser le FN. Moi, j'ai la conscience tranquille. »

Cette explication fait rire certains proches de Daniel Durand-Decaudin, qui le décrivent comme un homme très sympathique mais « extrémiste, obsédé par les questions de race ». Une description du militant type dont Marine Le Pen dit ne plus vouloir dans son parti. Pour le prouver, la présidente du FN a décidé d'exclure du parti Alexandre Gabriac, candidat aux cantonales à Grenoble, dont une photo avait circulé le montrant faisant le salut hitlérien devant un drapeau nazi.

« Le FN est un parti reconnu »

Mais comment peut-on être frontiste, faire des saluts hitlériens et être à la CFDT ? Daniel Durand-Decaudin ne voit pas très bien où est le problème : « J'ai toujours voté FN et j'ai toujours été syndiqué. » Le candidat malheureux aux cantonales est notamment passé chez FO et Sud.

Mais les syndicats, eux, ne veulent pas des frontistes chez eux. Le 6 avril dernier, Fabien Engelmann, un autre candidat aux cantonales sous l'étiquette Front national, a été exclu de la CGT, et son syndicat de Nilvange (Moselle) a été dissout. La raison est simple : « incompatibilité de valeurs ».

Thierry Gourlot, cofondateur avec le vice-président du FN, Louis Aliot, du Cercle national de défense des travailleurs syndiqués (CNDTS), lui-même à la CFTC, s'emporte contre la position de l'intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires et FSU) affirmant que « la préférence nationale n'est pas compatible avec le syndicalisme » :

« Ils parlent de la préférence nationale qui serait discriminatoire, mais c'est une préférence citoyenne. Tous les pays du monde font ça et ça ne choque nulle part ailleurs qu'en France. C'est un faux procès. Relisez ce que disait Marchais dans les années 80. Le FN n'est ni raciste, ni xénophobe, ni antisémite, ni hors la loi, ni interdit. »

Daniel Durand-Decaudin juge lui aussi la position de la CFDT injuste :

« Les syndicats se mettent hors la loi et même hors de leurs propres statuts. La CFDT dit défendre des valeurs fondamentales mais pas dans mon cas puisque je suis inquiété pour mes opinions politiques.

Si j'appartenais à une secte ou une organisation interdite, d'accord, mais le FN est un parti reconnu. Je n'ai de leçons à recevoir de personne, j'ai des valeurs. J'ai été éducateur. Je me suis battu pour des jeunes, je me foutais de leur couleur et de leur religion.

Quand, dans les années 95, des syndicats ont été crées par le FN puis interdits parce qu'ils véhiculaient des idées politiques via le syndicat, j'étais d'accord. Il ne faut pas confondre les rôles. Celui d'un syndicat est de défendre les salariés, le rôle d'un parti c'est de défendre des idées. »

On adhère à un syndicat pour sa pomme

C'est précisément cette approche clientéliste des syndicats – un simple rôle d''agence sociale » selon Pierre Rosanvallon – qui explique la nouvelle diversité politique en leur sein, indique l'historien Stéphane Sirot :

« Depuis 1989, on constate une désertion du champ politique de la part des organisations syndicales. Avec le “recentrage du syndicalisme” à partir des années 90, les syndicats sont passés de la confrontation au réformisme. On cogère les réformes plus qu'on ne s'oppose au pouvoir politique. Le syndicat est dans la revendication immédiate mais il n'est plus du tout porteur d'utopie ou de projet politique au sens étymologique du terme.

C'est cela qui a créé la déliquescence du politique dans les syndicats. On n'adhère plus à un syndicat parce qu'idéologiquement, on s'en sent proche. On adhère parce qu'on voit les gains immédiats que cela peut apporter. »

La « stratégie d'entrisme » du FN dans les syndicats

Stéphane Sirot met en garde contre l'« impression » de nouveauté liée à l'exposition médiatique des quelques syndicalistes du FN :

« Le phénomène n'est pas nouveau. Les syndicats n'échappent pas aux évolutions politiques de la société et au phénomène d'enracinement du FN dans la société française.

A la dernière présidentielle, à la CGT, on avait plus voté FN que PCF et ça s'est solidifié ces dernière années parce que le discours antimondialisation du FN trouve un écho dans le monde du travail.

En revanche, ce qui est nouveau, c'est la stratégie d'entrisme du FN. Le FN va encourager ses militants à aller dans les syndicats. C'est dangereux pour eux d'autant que ce n'est pas très compliqué d'avoir des responsabilités syndicales rapidement. »

La décision de la CFDT Santé-Sociaux de Moselle concernant l'exclusion ou non de Daniel Durand-Decaudin sera rendue le 24 mai.

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