Tsiganes, Rroms... lutte contre exclusion et racisme.

...Sans Papiers, antifascisme...

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 10 Déc 2011, 14:51

Appel à un grand rassemblement le 12 décembre 2011 devant la mairie de Marseille à 11h30 où se tiendra une conférence de presse des diverses associations
qui dénoncent la politique de l'équipe municipale en place , qui demeure totalement muette à toute solution de rechange après l'expulsion
des Rroms "manu militari" et violente de ces derniers mois .




Marseille - Au seuil de l’hiver, toujours aucune solution (ni même réflexion) de la part de la mairie sur le sort des famillrs Rroms expulsées toujours pourchassées.
Démantèlement des « camps de Rroms »
Rassemblement lundi devant la Mairie centrale
à l’occasion du Conseil Municipal.
Ligue des Droits de l’Homme, Rencontres Tsiganes, Emmaüs , Fondation Abbé Pierre

Lundi 12 décembre 2011

- 8h. Distribution de tracts aux membres du Conseil municipal++
- 11h.30 Conférence de presse et grand rassemblement devant la Mairie centrale

Démantèlement des « camps de Rroms »

Les associations signataires tiendront une conférence de presse et appellent à un grand rassemblement devant la Mairie centrale à l’occasion du Conseil Municipal. Des tracts seront distribués aux élus vers 8 h 00.

LUNDI 12 DECEMBRE 2011

à 11 H 30

Partout en France et en Europe s’élèvent les voix pour dénoncer la politique indigne, inhumaine et xénophobe des gouvernements Européens, dont la France.

Le Comité Européen des Droits Sociaux estime que la politique de démantèlement des camps décidée par la France est discriminatoire et contraire à la dignité humaine.

La Ville de Marseille et la Communauté urbaine refusent encore à ce jour de se démarquer d’une telle politique, alors que des solutions et des propositions existent.

Notre courrier joint, adressé le 18 novembre à Messieurs Gaudin et Caselli est à ce jour sans réponse.

Nous n’avons de cesse de demander la tenue d’une table ronde regroupant l’ensemble des collectivités territoriales et des services de l’Etat pour construire des réponses concrètes, pérennes et respectueuses des Droits de l’Homme.

Le Maire de Marseille et les Citoyens marseillais doivent donner l’exemple en se mobilisant activement pour empêcher toute expulsion, qui, comme le souligne le jugement du TGI (ci-joint), ne fait « que déplacer le problème ».


Premiers signataires : La Ligue des Droits de l’Homme, Rencontres Tsiganes, Emmaüs de Saint-Marcel, Pointe Rouge et Cabriès, Fondation Abbé Pierre, Parti de Gauche

http://www.millebabords.org/spip.php?article19234
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 14 Déc 2011, 21:23

Appel commun et urgent à mobilisation de la Ligue des Droits de l'Homme des Bouches-du-Rhône et rencontres Tsiganes , relatif
à la menace qui pèse sur quelques familles installées à Marseille qui peuvent être évacuées à tout moment sur la demande de la
Communauté Urbaine de Marseille :


En soutien aux familles Rroms...
Appel commun urgent à mobilisation
Vendredi 16 décembre à 10 h 30, devant les Docks, 10, place de la Joliette, Marseille 2°

APPEL URGENT A MOBILISATION

A partir du 17 décembre 2011, les familles installées dans la rue F. Zoccola peuvent être évacuées à tous moments à la demande de la Communauté Urbaine de Marseille.
Pour l’heure la CUM ne semble pas se soucier du devenir de ces familles, aussi, nous vous donnons rendez-vous ce Vendredi 16 DECEMBRE à 10 H 30, afin d’exiger des réponses pérennes, face à cette urgence sociale. VENEZ NOMBREUX DEVANT LES DOCKS, 10, place de la Joliette, Marseille 2° pour soutenir cette démarche.

LIGUE DES DROITS DE L’HOMME - RENCONTRES TSIGANES

Monsieur CASELLI Président de la Communauté Urbaine de Marseille

Marseille, le 13 décembre 2012

Monsieur le Président,

Nous vous avons adressé un courrier le 18 novembre 2011, sans réponse à ce jour, vous demandant de nous faire part des solutions envisagées par vos services pour les familles Roms installées rue Félix Zoccola.

Le délai accordé dans l’ordonnance de référé arrivant à terme, nous souhaiterions vous rencontrer le plus rapidement possible afin d’évoquer avec vous le devenir de ces familles.

Dans cette période hivernale il est inacceptable de laisser ces familles à la rue et risquer de surcroît de voir leurs maigres abris de fortune détruits une nouvelle fois.

Au regard de cette question sensible, seule une concertation entre les associations qui travaillent au quotidien auprès de ces populations et les collectivités territoriales peut permettre d’apporter des réponses adaptées, dignes et respectueuses des droits de l’Homme.

Le Maire de Marseille et le Préfet se refusant à toute discussion, seule la communauté urbaine peut surseoir à cette décision de justice.

Afin d’évoquer avec vous cette question, nous vous proposons de vous rencontrer ce vendredi 16 décembre à 10 h 30 dans vos locaux.

Conscients de votre engagement auprès des plus démunis et confiants en votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, à nos sentiments respectueux.

Rencontres tsiganes – Ligue des Droits de l’Homme
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 19 Déc 2011, 18:22

La chasse aux Rroms est bel et bien assumée par l'équipe dirigeante de la mairie de Marseille : et levons un tabou ! Les procédés relèvent de la définition
même d'une épuration ethnique !

En 48h , la mairie de Marseille a fait évacuer le 17 décembre 2011 , 120 personnes originaires de Roumanie qui vivaient sur un trottoir .
Aujourd'hui ( le 19 décembre )a eu lieu une expulsion d'une quinzaine d'adultes et d'une dizaine d'enfants ainsi que d'une femme qui venait de subir une césarienne
et qui avaient trouvé refuge dans des anciens abattoirs désaffectés de la ville .


http://www.millebabords.org/spip.php?article19304

http://www.millebabords.org/spip.php?article19320
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede anouchka » 24 Déc 2011, 14:05

INCENDIE CAMP DE ROMS A IVRY
(le groupe d'Ivry est très impliqué avec les roms de ce camp, que nous avions aidés à emménager sur le terrain qu'ils occupent actuellement).
http://fa-ivry.forlogaj.tk/index.php?article101/ils-volent-des-baignoires

Je viens d'avoir au téléphone un copain qui se trouve sur place (je suis
moi même en vacances et ne rentrerai que demain). Le camp de roms d'Ivry a
brûlé la nuit dernière. Les roms s'apprêtaient à fêter noël et ont perdu
presque toute leur nourriture, le copain fait le tour des commerçants pour
en trouver au moins pour la fête de ce soir. Ils en auront encore besoin
les autres jours (de la viande principalement).
On peut la leur apporter sur place rue Truillot, à Ivry sur Seine (métro
mairie d'Ivry). On verra comment mieux s'organiser les jours suivants
(apporter la bouffe à Publico par exemple).

http://www.leparisien.fr/ivry-sur-seine ... 782704.php
Modifié en dernier par anouchka le 16 Aoû 2012, 18:23, modifié 1 fois.
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 14 Jan 2012, 19:22

ALERTE : communiqué du collectif de soutien aux Rroms de Marseille ( composé par des organisations , syndicats et partis politiques , la LDH , Rencontres tziganes ,
Artriballe , Mille Babords , le PC etc... )

( Face à face ce jour à la mi-journée entre les membres du collectif et les policiers ) :


http://www.millebabords.org/spip.php?article19497
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 30 Jan 2012, 14:52

Communiqué de Mille Bâbords qui fait part de la réception de multiples messages à caractère raciste et xénophobe à l'égard des Rroms :



Aux auteurs des forums et aux lecteurs du site après la réception de messages racistes, intolérants et xénophobes

Nous ne ferons pas le plaisir d’une réponse individuelle à chacune des personnes qui ont pu publier ce genre de message, en général d’ailleurs anonymes, cependant certains éléments nous ont fait prendre la décision de réaffirmer notre position sur la question de la place des Roms à Château-Gombert, à Marseille, en France et en Europe. Position qui dicte notre modération des commentaires et la publication de nos articles.

Mille Bâbords soutient l’ensemble des mouvements sociaux, des actions défendant le respect des droits et du respect humain, tous les mouvements d’émancipation de groupes opprimés.

Les familles Roms présentes, en situation de survie à Marseille et ailleurs, font partie de ces opprimés de nos sociétés, nous continuerons donc de lutter pour que soit garantie à tous, quelles que soient leurs origines, leurs nationalités, l’application des droits de tout être humain comprenant par exemple :

- le droit devant toute persécution de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays (article 14 Déclaration universelle des droit de l’Homme),
- la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité (article 22),
- un niveau vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires (article 25).

Nous continuerons donc de soutenir ces familles.

Mille bâbords entend, par ailleurs confronter dans un débat vivant les différentes volontés et initiatives de ceux qui aspirent à une nouvelle forme de vie sociale, politique et économique dans une optique progressiste et humaniste et une tolérance mutuelle.

Les messages postés, publiés ou modérés, ne s’inséraient pas dans une démarche qui de près ou de loin soit progressiste et humaniste et surtout excluant toute tolérance. Nous ne discuterons donc pas individuellement des messages car nous luttons justement contre la propagation de ces messages d’intolérance, de haine, de peur et de représentations racistes et xénophobes.

Ces messages propagent « Ce que l’on peut appeler la "Romaphobie" - c’est-à-dire la discrimination et l’hostilité à l’égard des Roms -, un phénomène courant et très répandu en Europe. Les Roms sont parmi les premières communautés touchées par les conflits armés (comme ce fut le cas en ex-Yougoslavie, où le sort des Roms, pris entre tous les feux, fut en grande partie ignoré). Parmi d’autres exemples récents de discrimination, on peut citer les familles roms du Portugal illégalement privées de tout droit de propriété sous prétexte de "lutte contre la criminalité" ; la discrimination à l’égard des enfants roms en ce qui concerne l’accès à l’éducation ou, plus généralement, pour l’ensemble de ces communautés itinérantes, le non-bénéfice des services sociaux de base (cas du Royaume-Uni et de la France) ; ou, tout simplement, le non-respect de leurs droits, pourtant reconnus. Dans de nombreux pays, les Roms ont été les victimes de groupes fascistes et racistes violents - agressions qui ont souvent abouti à de véritables assassinats ; quant aux enfants roms, ils sont parfois regroupés dans le même établissement scolaire que les enfants souffrant d’handicaps mentaux. Les villages roms font souvent l’objet d’une ségrégation et d’un isolement total. »

Nous continuerons donc de modérer les commentaires qui ne s’inscriraient pas dans cette conception.

Mille bâbords a pour objectif de lutter contre une pensée dominante qui tend à monopoliser les moyens d’information :

De toute part, les média locaux ou non, les décideurs et décideuses, les hommes et femmes de pouvoir, participent continuellement, par la diffusion de messages et d’idées, à la constitution d’un climat d’insécurité, de peur et d’apartheid social et culturel visant à opposer les personnes les unes contre les autres. Nous voulons proposer un espace où un autre message que celui de ceux et celles que l’on entend trop et qui inscrivent dans nos, vos inconscients individuels et collectifs ces peurs, ces angoisses qui se transforment en intolérance, en haine et en racisme. Les Roms, les sans-papiers, les précaires et tous ceux qui ne correspondent pas aux standards de l’imaginaire français, tous ceux là, sont les victimes de ce discours dominant, nous continuerons de le critiquer, de l’empêcher lorsque cela est possible pour que le discours des sans-voix soit autant que possible entendu.

Les membres de l’équipe de militants bénévoles de Mille Babôrds.

PS : Nous nous rassurons des quelques messages s’intégrant dans une conception humaniste, progressiste et qui vont à l’encontre du discours dominant.


http://www.millebabords.org/
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 19 Fév 2012, 15:07

communiqué du MRAP - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples du 18 février 2012
Egalité des droits – Liberté de circulation pour les Roms


Les propos, tenus par François Hollande lors de son entretien sur la chaîne CANAL+ dimanche dernier, à propos des Roms migrants, suscitent une grande inquiétude chez tous les démocrates soucieux de la solidarité entre les peuples, et en particulier envers les plus démunis et les plus discriminés. Nous sommes surpris que dans cette intervention, qui venait après un reportage édifiant sur le harcèlement subi par les Roms de Marseille, le candidat socialiste à la Présidence de la République n’ait eu aucun mot pour condamner l’action et le discours mensonger de ces milices de quartier, aux relents douteux, ni pour démentir les propos scandaleux d’un préfet de la République assimilant les familles Roms à des organisations maffieuses.

Au-delà de la maladresse que constitue l’emploi du mot « camp » pour désigner des lieux d’habitation, c’est le principe même de la libre circulation des citoyens européens qui est mise en cause. Le MRAP ne peut qu’appuyer l’idée selon laquelle l’Europe doit se saisir de la dramatique question des Roms et du sort qui leur est réservé dans certains pays de l’Union Européenne, notamment en Roumanie. Le MRAP attend des candidats à la Présidence de la République qu’ils prennent des engagements à cet égard.

Mais les causes d’une migration souvent forcée, sous la pression du racisme et de la discrimination – qui les prive d’accès au travail en Roumanie - ne dispensent pas les candidats à la Présidence de réponses claires et précises concernant ce que doivent être leurs conditions d’accueil en France. François Hollande a malheureusement éludé ces réponses.

Plutôt que de parquer ces populations dans des lieux qui leur soient dédiés, nous préconisons leur insertion dans la société française par l’accession au droit commun, la première priorité étant de leur accorder l’accès au marché de l’emploi. Or le gouvernement vient de proroger de deux ans les mesures transitoires qui empêchent pratiquement les Roumains et les Bulgares de d’accéder au travail en France. Le MRAP, à plusieurs reprises et avec fermeté, a réclamé l’abrogation de ces mesures transitoires.
Nous regrettons que François Hollande soit également resté muet à ce sujet. Nous savons pourtant par expérience que les familles Roms qui, grâce à la solidarité de la population, des associations et de certains élus, ont la possibilité d’accéder en France à un logement décent, à un travail et à la scolarisation des enfants, sont maintenant parfaitement insérés dans la société française.

Une conférence de presse s’est tenue jeudi 16 février 2012 à la FNASAT (Fédération Nationale des Associations de Solidarité avec les Tsiganes et Gens du voyage) pour rendre public le « rapport politique » de ROMEUROPE, dont le MRAP fait partie intégrante. Dans ce rapport qui sera envoyé aux candidats aux élections présidentielles, nous demandons :

- La levée immédiate des mesures transitoires imposées par la France aux citoyens roumains et bulgares depuis le 1er janvier 2008 qui limite l’accès au travail et prorogées de deux ans depuis janvier 2012 ;

- La fin des « distributions » d’Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) sur le fondement d’« abus de droit », notion récemment intégrée au CESEDA (Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers en France et du Droit d’Asile) qui porte atteinte à la liberté de circulation des citoyens européens o et sur la « charge pour le système social français », alors que les intéressés ne perçoivent aucune aide ;

- L’accès au droit commun ;

- L’arrêt immédiat des expulsions de terrains sans aucune proposition d’hébergement et la prise de mesures pour garantir un habitat digne ;

- L’accès plein et effectif à la scolarisation pour les enfants roms vivant en squat et en bidonville et leur protection ;

- La garantie d’accès aux soins et à la protection de la santé.

Ces revendications relèvent de la simple application de la Charte internationale des Droits de l’Homme (Nations-Unies) et de la Convention Internationale des droits de l’Enfant signées et ratifiées par la France.

Le MRAP sera vigilant et attend de François Hollande qu’il réponde aux attentes du MRAP relatives aux Roms migrants.

Paris, le 18 février 2012
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 23 Fév 2012, 21:31

Lorsque la résistance à la la politique municipale de Marseille , raciste et xénophobe dirigée par Gaudin paie :
Dix familles de Rroms ont désormais un toit !

Communiqué de la LDH des Bouches-du-Rhône :


http://www.millebabords.org/spip.php?article19887
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede anouchka » 13 Mar 2012, 14:00

Bonjour,

Nous nous permettons de vous contacter pour vous informer et pour
empêcher un mauvais coup.

La PAF est venue ce matin (mardi 13 mars) relever les identités des
Roms (huit familles avec enfants) qui occupent un squatt place de La
Rivière à Saint-Etienne.
Ce squatt est un ancien bâtiment acheté par la Ville de Saint-
Etienne, qui, la semaine dernière, a fait couper l'eau puis
l'électricité.

Ladite "trêve hivernale" empêchant les expulsions d'habitation se
finissant le mercredi 14 mars, nous nous attendons à une expulsion
policière ce jour-là à La Rivière dès 6 h du matin.

D'après les informations que nous avons au niveau national, ce
mouvement contre les Roms est d'abord entamé à Saint-Etienne, comme
en été 2010.
Il va sans dire qu'il s'insère dans la campagne électorale d'un
Sarkozy qui durcit le ton, et qui cherche évidemment à tester ses
challengers ainsi que l'opinion publique.

Les Roms sont donc otage d'un jeu politicien dans lequel nous ne
rentrerons pas, mais qui offre des brèches pour que notre action pèse.
Il nous paraît ainsi essentiel de défendre la justice et la liberté.
Tenons-nous prêts pour ce 14 mars.
Nous avons déjà préparé des banderolles.
Merci de faire circuler l'information.

Groupe Action Solidarité (Saint-Etienne).
Contact téléphonique : Marc (06-49-67-64-51)

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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede anouchka » 17 Mar 2012, 23:36

http://paris.indymedia.org/spip.php?article10346

Un camp de Roms attaqué au cocktail Molotov
samedi 17 mars 2012
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Les familles Roms de Vaulx en Velin vivent depuis plusieurs jours un véritable enfer

Du squat parti en fumé au gymnase

Tout commence dans la nuit du 23 au 24 février 2012. Environ 140 roms qui occupent une usine abandonnée sont réveillés en pleine nuit par un incendie qui détruit leur squat. L’origine du sinistre est inconnu. Il n’y a pas de victime. Relogés en urgence dans un gymnase municipal par la mairie de Vaulx en Velin, les familles qui comptent de très nombreux enfants, pensent trouver là un répit pour quelques jours, le temps de se retourner. C’est mal connaître les élus de gauche et leur politique vis-à-vis des roms. A Vénissieux, déjà, en novembre 2011, madame Picard, maire communiste avait demandé au préfet d’expulser des familles qui occupaient son centre social pour réclamer… Des places d’hébergements d’urgence

Monsieur Génin, maire communiste de Vaulx en Velin accorde donc une nuit. Pas plus. Dès le lendemain, il affiche sur la porte de son gymnase un arrêté municipal de fin d’autorisation d’occupation des lieux. Dans le même temps, il engage une procédure en référé pour demander leur expulsion à un juge. Les familles doivent partir. Pour aller où ? « Ce n’est pas mon problème dit le maire. C’est le problème de l’Etat, de l’Europe… » C’est ce qui s’appelle se refiler la patate chaude.

Mais la mairie ne se contente pas de saisir la justice. Elle saisit aussi la préfecture. Pour sauver les apparences et expulser sans avoir l’air d’expulser, le maire de Vaulx en Velin et la préfecture inventent une méthode inédite : l’invitation à libérer les lieux. Avec le référé engagé, les familles ne peuvent plus être expulsées sans décision de justice. Mais si elles partent d’elles-mêmes… C’est gagné pour la mairie qui récupère son gymnase.

La mairie décide donc d’autoriser la police à rentrer dans le gymnase pour procéder à des contrôles d’identité. A la fin des contrôles, les policiers demandent fermement aux familles de sortir du gymnase. Et que croyez-vous qu’il arrive ? Oh surprise, les familles acceptent bien gentiment de quitter les lieux. La mairie s’empresse de nettoyer et de fermer le gymnase. Elle va aussi probablement brûler un cierge pour remercier la préfecture qui lui enlève une sacré épine du pied.

Quand il s’agit des roms, droite, gauche, centre, tout le monde apporte la même réponse : « dégage ! ».

Du gymnase au nouveau squat

Les familles se retrouvent donc sur un petit square où elles passent la journée avant de prendre la direction d’un terrain avec des hangars abandonnés et une maison attenante. Le terrain appartient à Grand Lyon Habitat. A l’entrée est affiché un permis de démolir… Pour y construire des logements sociaux. Très rapidement un attroupement se forme. Les roms prennent possession des lieux et la course aux 48 heures commence. Lorsqu’un squat est occupé, le propriétaire peut demander à la préfecture l’expulsion qui doit être réalisée dans les 48 heures. Au delà, le recours à un juge est obligatoire. La procédure peut prendre des mois. Les riverains sortent de chez eux et commencent à s’époumoner : « pas de ça chez nous… », « qu’ils rentrent dans leur pays », « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », je vous passe la litanie, on la connaît tous. Des représentants de la mairie sont là ainsi que quelques militants associatifs. Après quelques minutes, la police elle aussi arrive. Un déploiement impressionnant de plusieurs dizaines de fonctionnaires qui commencent à se positionner devant le squat. Ils sont là pour expulser les familles. Bien que la loi exige une demande du propriétaire avant d’expulser des squatteurs d’un lieu, le préfet Carenco n’hésite pas appliquer sa propre loi. En l’occurrence une disposition de la loi Loppsi2 qui avait pourtant été censurée par le Conseil Constitutionnel et qui permettait au préfet d’expulser des gens de votre jardin, même si vous étiez d’accord pour les accueillir. (1) Face aux militants associatifs, aux riverains et à la présence de fonctionnaires municipaux, la police renonce finalement à expulser illégalement les familles et bat en retraite.

Comble de l’hypocrisie dans cette affaire, on apprendra plus tard par un représentant de Grand Lyon Habitat que la préfecture a bien été saisie d’une demande d’expulsion le lendemain de l’occupation mais que le préfet a choisi de l’ignorer. Ce faisant, il permet aux familles de s’installer sur les lieux pendant plusieurs mois, le temps qu’un juge décide de leur sort. Il ne faudrait pas croire que la préfecture permet aux roms d’occuper des terrains. Il s’agit tout simplement d’une stratégie qui lui permet de fixer les personnes sur un site pour ensuite leur délivrer des OQTF en masse et les expulser du territoire français. (2)

Jour après jour, le squat s’organise. Des palettes en bois sont récupérées pour construire des cabanes. Le terrain est nettoyé, de vieux pneus sur lesquels on installe des planches servent de sommier. Les enfants retrouvent le sourire. Un large mouvement de solidarité commence à s’installer. Les voisins qui le premier soir étaient très remontés reviennent discrètement pour apporter de la nourriture ou des vêtements. Ils se disent touchés par tous ces enfants. Des associations organisent des repas, des particuliers amènent des sacs de vêtements, des couches, des entreprises amènent du bois. Même la mairie participe à cet élan de solidarité en apportant une benne pour les détritus. La contribution municipale a tout de même des limites. Pas question d’apporter des toilettes ou de l’eau. « Ca coûte trop cher ».

Tout se passe à peu près bien jusqu’au 8 mars. Là, vers 7 heures du matin, une dizaine de véhicules de polices arrive et de nombreux policiers rentrent sur le terrain. « Des policiers ont sauté par dessus le grillage comme des terroristes » dira un habitant. Un véhicule se positionne à l’entrée du bâtiment et allume ses feux pour éclairer le hangar plongé dans l’obscurité. Les fonctionnaires tambourinent aux portes. Certaines sont fracturées à coups de pied. Les enfants sont tirés de leur sommeil, c’est la panique.

Tout le monde est regroupé dehors contre le mur et les contrôles commencent avec une interprète. Nom, prénom, date de naissance, depuis combien de temps êtes-vous en France ? L’interrogatoire dure quelques secondes et le fonctionnaire de police demande aux gens de signer leur déclaration qui servira de base pour rédiger l’OQTF. Certains refusent de signer. Les roms en sont pris en photo. Des policiers qui prennent leur beau métier particulièrement à cœur font des remarques : « Vous n’avez pas le droit d’être ici. De toutes façons, vous allez bientôt dégager ». Une heure après l’opération de police est terminée. La vie reprend.

Le lendemain, rebelotte. La police refait une descente. Mais cette fois, c’est pour délivrer des OQTF en s’appuyant sur l’opération de la veille. Les fonctionnaires de la préfecture ont du travailler sur le dossier toute la journée pour être prêts dès le lendemain. « Selon votre déclaration lors du procès-verbal du 8 mars 2012... ». La boucle est bouclée. On laisse les roms s’installer sur le terrain, on ne répond pas à la demande d’expulsion du propriétaire dans les 48 heures, on recense tout le monde, on leur fait signer un papier et le lendemain on distribue des OQTF. La méthode est bien rôdée. Le préfet applique à la lettre la circulaire illégale du 5 août 2010 demandant le démantelement des camps de roms.

Attaque à coups de pierres

Le 9 mars au soir, lors d’une distribution alimentaire organisée par une association, un riverain très excité rentre sur le terrain. Il explique qu’il vient de se faire cambrioler et qu’il est certain que les auteurs sont des roms. Le ton monte puis l’homme repart. Vers 23 heures 30, alors que tout le monde dort, plusieurs jeunes pénètrent dans le camp et commencent à jeter des pierres et des parpaings sur toutes les vitres. Dans la maison attenante au garage, les volets sont ouverts. Les pierres fusent et traversent les carreaux. Les vitres volent en éclat. Toutes les vitres de la maison sont détruites. Puis les agresseurs s’en prennent à une voiture qui est garée dans le squat. Quelques instants suffisent pour qu’elle se retrouve sans vitre. Un des habitants appelle la police. Quand celle-ci arrive sur place, les deux groupes se font face. D’un côté des jeunes très excités qui viennent de saccager le camp, de l’autre des femmes apeurées avec leurs enfants dans les bras. Selon plusieurs personnes présentes sur place, on assiste alors à des scènes pour le moins surprenantes. En arrivant, des policiers serrent la main de certains jeunes qui viennent de caillasser le camp. D’autres leur font signe de la main de partir discrètement. Un témoin choqué raconte : « Ils insultaient les roumains et les menaçaient, la police n’a même pas essayé de les calmer. »

Soudain, une menace effrayante est lancée : « Nous reviendrons demain tout brûler ». Les policiers présents font mine de ne rien entendre. Les jeunes décident finalement de repartir. La police n’a procédé à aucun contrôle d’identité ni aucune arrestation.

L’heure est au bilan : plusieurs personnes dont des enfants ont reçu des jets de pierre. En traversant une des vitres, un gros caillou est tombé sur la tête d’une enfant endormie. Elle présente une bosse de la taille d’un œuf. Elle aurait pu être blessée beaucoup plus gravement. Toutes les vitres de la maison sont cassées, même celles des étages. Une voiture a été saccagée. La police repartie, la menace des agresseurs empêche de dormir beaucoup de monde. « Nous reviendrons tout brûler… »

Attaque aux cocktails Molotov

Le lendemain, comme on pouvait s’y attendre, les jeunes sont revenus. Et ils ont tenu parole. Alors que les familles se trouvent réunies dans la cour autour d’un feu et que les hommes font des rondes pour protéger le squat, un premier cocktail Molotov tombe dans le jardin qui se trouve derrière le bâtiment. Un second cocktail Molotov tombe sur le toit d’un atelier voisin et déclenche un début d’incendie. Soudain, plusieurs explosions retentissent. Les agresseurs viennent de mettre le feu à un véhicule appartenant à l’un des occupants du squat. Les riverains sont réveillés en sursaut : « j’ai entendu plusieurs explosions. Je suis sorti de chez moi et j’ai vu le véhicule en flamme. » Quand la police et les pompiers arrivent, les agresseurs, eux, ont déjà disparu.

Le lendemain, c’est l’heure des comptes. Tout le monde se réveille comme s’il sortait d’un mauvais rêve. La carcasse calcinée de la voiture et les traces du cocktail Molotov rappellent que tout cela est bien réel. Chez les roms, une vive polémique éclate. Certains reprochant à d’autres de ne pas avoir dormi sur place afin de mettre à l’abri leur famille. « Pour se protéger, nous avons besoin d’hommes ». Chez les riverains, le traumatisme est aussi important. « Voilà 20 ans que j’habite le quartier. Je n’ai jamais vu une voiture brûlée avant leur arrivée. » Et oui, pour les riverains, les coupables ne sont pas ceux qui ont attaqué le camp. Les coupables, ce sont les roms. Du côté de la préfecture, on assure qu’une enquête est ouverte et que l’on recherche activement les responsables. Tiens, c’est bizarre. Deux jours avant la police avait tous les coupables sous la main, pas un n’a été arrêté. Aujourd’hui, ils les recherchent…

En attendant de retrouver les coupables, la réponse de la préfecture ne s’est pas faite attendre. Dès le lendemain matin, mardi 13 mars, une vingtaine de policiers se présente devant le squat. Des policiers cassent les cadenas qui protègent l’entrée et pénètrent sur le terrain. Comme l’autre matin, ils tambourinent aux portes réveillent tout le monde et procèdent à des contrôles d’identité. Recherchent-ils les agresseurs parmi les agressés ? Non, c’est juste une opération de police pour s’assurer qu’il n’y a pas de roumains en situation irrégulière…

Selon une association de défense des droits des roms, ces contrôles ne s’appuient sur aucune base juridique. Les policiers n’ont présenté aucune réquisition du procureur. Dans leur procès-verbal, on lira probablement qu’ils ont été invités à pénétrer sur le terrain par les occupants.

Et demain ?

La situation des roms de Vaulx en Velin est inquiétante à plus d’un titre. Tout à commencé par des menaces, puis des pierres et maintenant des cocktails Molotov. Où cela va-t-il s’arrêter ?

Aux menaces de mort et aux pressions des riverains s’ajoute maintenant le harcèlement policier. En pleine campagne électorale où un candidat président est prêt à tout pour récupérer les voix du Front National, on peut craindre le pire pour les familles roms. Sarkozy, dans son discours stigmatisant de Grenoble a clairement désigné les roms comme boucs émissaires à une population toute entière, mais également à ses forces de police. (3)

Les ravages de son discours et de sa politique se font très cruellement ressentir et les dérapages commencent à prendre des proportions incontrôlables. A force d’entendre que les roms ne sont que des voleurs de poules, des délinquants incapables de s’intégrer, certains décident maintenant de les brûler.

Cette fois-ci, les cocktails Molotov se sont arrêtés dans le jardin et sur les toits. Que se passera-t-il quand les prochains atterriront dans la maison ? Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.

A Vaulx en Velin, comme dans de nombreux squats occupés par des roms, la moitié des occupants sont des enfants. Le plus petit à 15 jours. Comment la France, « patrie des droits de l’homme », si prompte à donner des leçons de démocratie à la terre entière, peut-elle infliger de telle conditions de vie à des enfants ?

C’est une honte.

(1)

http://tempsreel.nouvelobs.com/politiqu ... suree.html

(2) Obligation de Quitter le Territoire Français

(3)

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe ... deja-vichy
Pour ajouter des informations cliquez-ici
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede anouchka » 20 Mar 2012, 08:17

Lundi 19 mars à 9 heures, pour la deuxième fois, la police entre par la
force dans une maison habitée par des Rroms, située à l’angle de la rue de
l’Avenir et du passage Victor Hugo à Bagnolet. A leur premier passage, les
policiers avaient délivré huit OQTF (Obligation de Quitter le Territoire
Français) aux personnes présentes. Pour chaque OQTF des recours ont été
faits auprès du Tribunal administratif dans l’espoir que cette procédure
suspende les arrestations et les expulsions. Ce matin, les flics ont
défoncé la porte d’entrée à coups de pied. Ils se sont introduits dans la
maison, et après l’avoir fouillée, ils ont embarqué un homme malgré la
présentation de son récipicé attestant qu’un recours à son OQTF a bien été
fait. Il a été emmené directement au Centre de Rétention de Bobigny après
un bref passage au commissariat des Lilas.
Il passe devant le Tribunal administratif de Montreuil en procédure
d’urgence mercredi 21 mars 2012 à 14h.
Soyons nombreux à venir soutenir les familles Rroms de la rue de l’avenir
pour dénoncer ces pratiques qui se généralisent et se banalisent dans le
but de terroriser tout le monde.
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 28 Avr 2012, 12:16

Lettre ouverte au Maire de Marseille et au Préfet de Région
( relative à l'exigence de solutions d'hébergement des familles Rroms )

Lettre ouverte au Maire de Marseille et au Préfet de Région
Premiers signataires : Action pour la vie, Les Alternatifs, Alternative Libertaire, Artriballes, Emmaüs St Marcel, des Indignés de la Belle de Mai, LDH, Mille Bâbords, MRAP 13, Mut Vitz 13, Pastorale des Migrants, Parti de Gauche, PCF13, Rencontres Tsiganes, SUD Éducation 13, UL-CNT 13 …

Messieurs,

Nous, signataires de cette lettre ouverte, vous demandons solennellement, une fois de plus, de trouver des solutions d’hébergement adaptées et pérennes pour les populations Rroms de Marseille et des environs.

Depuis plusieurs mois ces familles avec des enfants en bas âge, sont chassées, humiliées, brutalisées au mépris de leurs droits fondamentaux.

Ce traitement est pourtant en totale contradiction avec les principes fondateurs de la République et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Vous avez le pouvoir et le devoir de mettre un terme à cette situation, par exemple en utilisant la loi de réquisition sur les logements vacants. La Ville de Marseille et l’État possèdent suffisamment de terrains ou de bâtiments vacants pour trouver des solutions, durables, humainement acceptables et de manière inconditionnelle, pour ces familles.

Les articles L. 345-2, L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l’action sociale et des familles stipulent : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. […] Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y bénéficier d’un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée […]. »

Il est grand temps de faire respecter cette loi à Marseille et dans les Bouches du Rhône pour toute personne à la rue sans distinction de nationalité, de couleur, d’origine, de religion ou d’opinion politique.

C’est pourquoi :

– tant que vous ne respecterez pas les dispositions des articles ci-dessus,

– tant que vous porterez ainsi une atteinte grave et manifestement illégale au droit des familles d’accéder à tout moment à une structure d’hébergement d’urgence,

– tant que vous continuerez à pratiquer des traitements inhumains et dégradants énoncés à l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales,

nous, signataires de cette lettre ouverte, pratiquerons des réquisitions citoyennes pour installer les familles sur des terrains ou dans des logements.

Marseille, le 25 avril 2012

Premiers signataires :

Action pour la vie, Les Alternatifs, Alternative Libertaire, Artriballes, Emmaüs St Marcel, des Indignés de la Belle de Mai, LDH, Mille Bâbords, MRAP 13, Mut Vitz 13, Pastorale des Migrants, Parti de Gauche, PCF13, Rencontres Tsiganes, SUD Éducation 13, UL-CNT 13 …

PDF - 54.4 ko
Lettre ouverte 25 avril 2012


http://www.millebabords.org/spip.php?article20566
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 09 Mai 2012, 18:46

La politique discriminatoire à l'égard des Rroms se poursuit en région P A C A , avec un acharnement inégalé , qui fait songer aux heures
les plus sombres du régime de Vichy


Chasse aux Rroms : TROP, C’EST TROP !!

Nous assistons depuis une semaine à une montée en puissance de la chasse aux Rroms sur Marseille, Aix et la région.
Les Rroms sont "habitués" aux expulsions permanentes des terrains qu’ils occupent (parce qu’ils sont bien obligés de se poser quelque part !) par les forces dites de "l’ordre" mais ces derniers jours, ces pratiques dépassent les bornes du piétinement des droits élémentaires de l’homme.

les familles sont maintenant expulsées, (comme avant-hier à La Capelette) en pleine nuit, parquées, viellards et bébés compris, sur des parkings sordides en bordure de voies rapides (bonjour la sécurité pour les enfants !!...), les tentes que des bénévoles ému-es de leur situation leur avait fournies, ont été piétinées et détruites ; Dés qu’ils se posent en un nouvel endroit, les milices policières les délogent.

Image


Harcelement roms 014
Expulsés en pleine nuit, parqués comme des bêtes !


http://www.millebabords.org/local/cache ... -47c62.jpg


Harcelement roms 015
Ceci était un terrain de campement pour les Rroms : La mairie a préféré retourner la terre au buldozer, creuser un fossé autour, saccager la nature plutôt que d’y voir vivre des êtres humains !

La police de Vichy ne faisait pas mieux avec les Juifs à une certaine époque !...

Le nouveau préfet à la "sécurité", Alain Gardère, proche de Guéant et le préfet des Bouches-du-Rhone, Hughes Parant, feraient-ils du zèle en intensifiant leurs sales besognes sarkoziennes dans cette fin de règne qui sent de plus en plus les égouts ?...

À l’heure où la "gauche" chante une "victoire de la démocratie", sous nos fenêtres, sur nos trottoirs se pratiquent tous les jours, en toute impunité malgré les rappels à l’ordre de la commission européenne des droits de l’homme, la persécution quotidienne par l’État, d’une partie de la population européenne du fait de leur origine ethnique !

À l’heure où les thèses nauséabondes du FN reprennent de la vigueur, devant la drague outrancière de la droite envers le parti fasciste, il n’est plus l’heure de se contenter de crier "barrage au Front National !".
L’heure est à la résistance "citoyenne" pour stopper fermement ces pratiques qui dépassent maintenant les bornes de l’inhumain.

ARRÊT DES EXPULSIONS ! DROIT À UNE VIE DIGNE POUR LES ROMS ! DROIT À L’ACCÈS AU TRAVAIL POUR LES ROMS !
Réunion du collectif de solidarité avec les Roms ce mercredi 9 Mai à 18h30 à Mille Babords.
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Massinissa » 10 Mai 2012, 18:01

Le changement, c'est pour quand ?



10 Mai 2012Par philippe alain




En France, la politique d’expulsions massives de citoyens roumains continue malgré l’élection de François Hollande.




Jeudi 10 mai 2012, une centaine de citoyens roumains a été expulsée de Lyon, comme au bon vieux de temps de Sarkozy et Guéant. Les personnes avaient rendez-vous à 7h30 à Perrache, au bout de la presqu’île, loin des regards des passants, comme si ces expulsions honteuses devaient passer inaperçues.

Comme les fois précédentes, les associations présentes sur place ne connaissaient pas les personnes qui embarquaient dans les cars à destination de l’aéroport de Satolas. Certaines confiaient qu’elles étaient arrivées en France il y a quelques semaines seulement.

Ces expulsions qui ne veulent pas dire leur nom, sauf pour Guéant lors de son bilan annuel, sont maquillées grâce à l’aide au retour humanitaire, l’ARH. (1)

Dans les textes, l’ARH est réservée « aux étrangers en situation de dénuement et de grande précarité séjournant en France depuis au moins trois mois ».

Dans les faits, cette aide de 300 € par adulte et 100 € par enfant est généreusement distribuée sans aucun contrôle sérieux sur la durée du séjour en France. « C’est du déclaratif » répond l’OFII.



Le top départ de cette politique absurde a été donné par Nicolas Sarkozy lors du discours de Grenoble en juillet 2010 et de la circulaire du 5 août. Il s’agissait alors d’ouvrir la chasse aux roms et d’ériger en grande cause nationale la stigmatisation des étrangers.



En novembre 2011, le Comité Européen des Droits Sociaux (CEDS) a pourtant qualifié les expulsions collectives de roms comme étant "discriminatoires" et "contraires à la dignité humaine" car fondées sur l'origine ethnique des personnes concernées.

Il s’agit d’ « une violation aggravée des droits de l'homme" selon le Conseil de l’Europe.

Même le prétexte des retours volontaires est balayé par le CEDS:

« Ces retours dits volontaires ont en pratique déguisé des retours forcés sous forme d'expulsions collectives ».

Le texte souligne qu’on ne peut parler de retours volontaires quand ces retours sont acceptés « sous la contrainte de l’évacuation forcée et la menace réelle de l’expulsion du territoire français. » (2)



Le dernier gouvernement de Sarkozy a remis sa démission jeudi 10 mai après-midi. Jusqu’au bout il aura appliqué sa politique nauséabonde à l’égard des étrangers, politique rejetée par une majorité de français. Nous en sommes désormais débarrassés et c’est tant mieux.

En revanche, le Directeur de l’OFII, c’est toujours Arno Klarsfeld. Celui qui nous explique en substance qu’on peut bien renvoyer les roumains chez eux car la Roumanie, ce n’est pas Auschwitz (3)

Le préfet du Rhône, c’est toujours Jean-François Carenco. Celui qui jette à la rue des centaines de personnes à la fin du plan froid, démantèle avec zèle les camps de roms et met des nourrissons en prison. (4)



Le changement, c’est maintenant, nous a promis François Hollande lors de sa campagne.

Le vrai changement c’est pour quand ?



(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/080212/gueant-et-les-etrangers-attirer-plus-pour-expulser-plus

(2) https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?Ref=CEDS-%20%2063/2010&Language=lanFrench&Ver=original&Site=COE&BackColorInternet=C3C3C3&BackColorIntranet=EDB021&BackColorLogged=F5D383

(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/220911/la-roumanie-nest-pas-auschwitz-mais-ici-cest-deja-vichy

(4) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/200312/un-nourrisson-en-prison


http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/100512/le-changement-cest-pour-quand
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Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede DjurDjura » 30 Mai 2012, 18:37

chasse aux Roms à Aix-en-Provence

mercredi 30 mai 2012




"Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune", a déclaré Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence. Et de lancer des procédures visant à l’expulsion de tous les Roms de "sa" commune.
L’audience du référé d’expulsion du bidonville de l’Arbois a eu lieu hier, mardi 29 mai 2012, devant le TGI d’Aix-en-Provence – aucune solution de relogement n’a été proposée. Le tribunal rendra son délibéré le 19 juin prochain

Nous reprenons un papier de Marc Durand, qui milite depuis des années pour des conditions d’accueil décentes, humaines, dignes et justes des Roms sur le territoire de la commune d’Aix. À la suite, un article de La Provence relate une réunion qui s’est tenue au pays d’’Aix.






A Aix, la chasse aux Roms est ouverte

Dans ce qui suit, il s’agit de Roms-migrants d’Europe de l’Est, et non de Gens du Voyage. Les Roms, eux, n’ont pas accès aux aires d’accueil ouvertes aux Gens du Voyage ; parmi les Roms il y a les Roumains, qui sont citoyens européens, mais, de fait, empêchés de travailler par une réglementation spéciale (et donc expulsables après trois mois car ils ne peuvent pas justifier de revenus corrects) ; il y a aussi les Serbes, les Croates et les Bosniaques qui sont tous des sans-papiers, expulsables eux aussi s’ils s’installent, mais ils peuvent voyager avec leurs passeports.

Depuis 2005 environ, pendant cinq ans se sont trouvés sur la commune d’Aix un groupe de Roumains, sur un terrain coincé entre autoroute et voie ferrée quasi désaffectée, en bordure de la banlieue ZAC. Depuis 2006 un groupe de Serbes campe à une quinzaine de kilomètres du centre-ville, sur le plateau de l’Arbois.
Les noyaux de chaque groupe étaient relativement stables. Terrains insalubres, sans eau pour les premiers, un point d’eau pour les autres, électricité "piquée" par certains, sur batteries ou avec de petits groupes électrogènes pour d’autres. Caravanes délabrées et cabanes de planches constituent les logements. Pendant cinq ans ces groupes ont survécu, pourchassés, avec visites constantes et menaçantes de la Police, municipale le plus souvent. A ceux-là il faut ajouter des petits groupes d’anciens Yougoslaves, mieux équipés, qui passent, restent quelques semaines avant d’aller voir ailleurs.

Les Roumains, de 40 à 80, étaient aidés par un bénévole du quartier limitrophe , aucune scolarisation des enfants. Ils se retrouvaient avec les SDF au centre d’accueil d’urgence, pour les douches et quelque aide alimentaire, allaient aux permanences de Médecins du Monde.
Les Serbes (une cinquantaine) ont été aidés de façon plus structurée par un groupe de bénévoles, et après deux ou trois ans par deux éducateurs dépendant du Conseil Général. Les enfants ont été scolarisés, le suivi médical a été organisé. Madame la Maire ayant toujours refusé d’aider en quoi que ce soit, les bénévoles ont pris en charge les frais de bus scolaires, de cantines, d’animation des enfants pendant les vacances. Des expulsions répétées ont eu lieu chez les Roumains, ils allaient un peu plus loin à chaque fois, et revenaient petit à petit. Certains on trouvé des sous-locations de studios dans des HLM en ville, ce qui leur procure un minimum d’abri relativement stable.

Les Roumains sont assez efficaces pour ramasser la ferraille, les Serbes faisaient les décharges publiques. Mais on a institué pour eux bien des obstacles : exigence d’être payés par chèques pour la ferraille…, il fallait y penser. Et engagement de procédures pour "vol en réunion" pour ceux qui font les décharges… Les femmes, traditionnellement en charge de la nourriture familiale, assurent le quotidien grâce à la manche. Le reste de l’argent part souvent en Roumanie, chez les Serbes il est dépensé sur place – car ils n’ont plus aucun lien avec leur pays.

Depuis Août 2010 et un certain discours du Président de l’époque…, la "vraie chasse" a commencé, et d’abord par l’expulsion et l’écrasement de tous les biens d’un petit groupe de Roumains qui avaient débordé sur un chemin limitrophe. Pour une vingtaine de personnes sont venus trois groupes différents de Police, presse écrite et télévisée ont été convoquées pour témoigner de l’événement. Faire un spectacle télévisé de l’écrasement de tous les biens des plus pauvres de la population en dit long sur la considération que la municipalité, soutenue par la Préfecture, a pour ces personnes.

Depuis la même époque, la chasse aux Roms s’est intensifiée à Marseille constante, implacable, des mois durant, cassant tout le travail des associations, poussant les personnes à vivre sur les trottoirs pour les poursuivre encore.
Quelques-uns sont venus sur un petit terrain aixois, et vite ont été envoyés à l’Arbois, le plateau situé à quinze kilomètres de la ville où se trouvent les Serbes. Madame la Maire leur a expliqué que là-haut ils auraient tout le confort dont ils ont besoin sur l’aire d’accueil des Gens du Voyage (alors qu’en fait elle leur est interdite)…et ils ont cru la Maire ! Du coup,ils se sont retrouvés non loin de là, sur un terrain vague, sans eau ni électricité et ont recommencé à construire des cabanes en planches. Les intervenants bénévoles du plateau de l’Arbois ont travaillé à la scolarisation des enfants, au suivi médical…mais les "autorités" leur ont fermé l’accès à la salle de PMI toute proche où ils pouvaient faire suivre médicalement les enfants… On fait venir un camion de Médecins du Monde tous les quinze jours. Petit à petit d’autres Roms sont arrivés, épuisés par les nombreuses expulsions subies à Marseille. Fin 2011 ils étaient en tout une centaine. En janvier dernier, d’autres groupes sont arrivés de Marseille, deux se sont installés dans la banlieue d’Aix, les autres sont allés sur le plateau de l’Arbois. Plus rien n’était gérable pour les associations et les bénévoles, car des populations ainsi discriminées, pourchassées, ne sont plus prêtes à s’installer sur un terrain, scolariser leurs enfants, etc… elles s’efforcent de survivre, le reste ne les concerne plus. La situation était mûre pour l’action de Madame la Maire.

Les deux nouveaux groupes d’Aix ont été assignés en justice, sans aucun délai pour organiser leur défense : le tribunal leur a donné trois semaines pour déguerpir et le Préfet à donné les forces de l’ordre dès le premier jour de la fin du délai. Ils sont pour la plupart sous un pont d’autoroute dans Marseille.
La Maire de Luynes (quartier où certains se trouvaient) a organisé une réunion publique de stigmatisation des Roms… c’était l’hallali, bien orchestré par cette élue. Puis la Mairie a assigné les anciens d’Aix, près de l’autoroute. Ils ont obtenu du Tribunal un délai pour organiser leur défense… bien inutile ! Le Tribunal a reconnu qu’on ne peut pas expulser sans proposer un hébergement d’urgence (arrêt du Conseil d’Etat), mais que le "trouble à l’ordre public" est manifeste et prioritaire : il leur a donné un mois, à eux de trouver un hébergement d’urgence ! "Trouble à l’ordre public", mais ils sont tous éloignés de toute habitation, il faut chercher pour les voir.
Madame la Maire peut se frotter les mains, elle qui dans ses attendus dit vouloir les expulser pour obliger les "associations caritatives" à leur trouver des logements au lieu de les maintenir dans des lieux insalubres !

Et enfin mardi 29 mai tous les habitants du plateau de l’Arbois étaient assignés – Roumains, Serbes, Croates, plus de deux cents personnes, les derniers à se trouver sur le territoire de la commune lorsque la fournée précédente aura eu la visite des policiers et des bulldozers au petit matin (ils ont encore quelques jours) .

Madame la Maire a gagné son pari, elle qui a annoncé en Conseil Municipal d’Avril "dans quelque temps, il n’y aura plus un seul Rom sur ma commune".

A moins que le nouveau gouvernement pense que ce n’est peut-être pas du rôle de la Police que d’ exécuter certaines décisions municipales ineptes… mais à Marseille la dernière expulsion remonte à trois jours.

Par leur aide, même limitée, le Conseil Général et le Conseil Régional ont manifesté un soutien aux bénévoles et le refus de cette inhumanité.

Mais à Aix, "ville d’eau, ville d’art" on peut chasser impunément, détruire tous les biens des plus pauvres, anéantir toutes les actions d’intégration, scolarisation, éducation, supprimer les soins sanitaires (ces populations sont extrêmement fragiles et mal portantes) parce que la présence de ces gens est "un trouble manifeste à l’ordre public". Que des responsables politiques aient si peu le sens de leurs responsabilités – l’expulsion ne fait que déplacer les problèmes, en y ajoutant les souffrances – que ces élus considèrent les populations les plus pauvres comme des sous-hommes, cela ne semble pas troubler la majorité de nos concitoyens de la belle ville d’Aix-en-Provence…

Comment terminer si ce n’est en répétant la conclusion d’un éditorial signé par l’Archevêque d’Aix venu visiter les Roms le jour d’une expulsion : « Si on les traite comme… des chiens, il ne faudra pas nous étonner s’ils attrapent la rage ! » [1]

Marc Durand






Maryse Joissains contre les Roms : la défense s’organise

par Romain Capdepon, La Provence, le 18 avril 2012


Les Roms des camps des Trois-Sautets et de Luynes sont d’ores et déjà expulsables au 30 avril. Mais le combat, en référé, continue pour ceux de Vasarely et l’Arbois. C’est mardi prochain que le sort des habitants du camp, près de la fondation Vasarely, se jouera.

Dans le coin droit, Maryse Joissains, maire d’Aix, anti-Roms assumée et ultra-motivée. Dixit, hier soir lors de notre appel : "Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune". Dans le coin gauche, Hervé Guerrera, élu d’opposition, Marc Durand et Philippe Senegas, de la Ligue des droits de l’Homme, et tous les soutiens regroupés dans le collectif aixois pour la dignité et le droit des Roms. Enjeu du combat : l’avenir de centaines d’hommes, de femmes, et d’enfants, considérés comme une sous-population dans leurs pays (en Roumanie principalement) et rejetés de ville en ville, en France. Contexte : très politique, présidentielle et législative obligent...

"Non, non, je ne fais pas de politique, moi, se défend pourtant la Maire UMP. Je prends mes responsabilités : ces gens n’ont pas de papiers et on ne peut pas les laisser s’installer dans la durée". Alors Maryse Joissains a récemment lancé un huissier à la pêche aux identités pour assigner en référé le maximum d’habitants des bidonvilles des Trois-Sautets, de Luynes, de Vasarely et de l’Arbois. Les deux premiers ont été jugés comme une lettre à la poste et la Maire pourra user de la force publique pour faire évacuer les camps dès le 30 avril.

Deux jugements qui sont passés si vite que les défenseurs des Roms n’y ont vu que du feu. "C’est Marc Durand, de la Ligue des droits de l’Homme, qui a appris par les habitants du camp situé près de la fondation Vasarely qu’il y avait un référé contre eux", expliquait, hier, Hervé Guerrera. L’audience, à la demande de l’avocate de ces Roms-là, Me Claudie Hubert, a été repoussée d’une semaine, pour mieux préparer la défense, notamment avec la collecte d’attestations-témoignages en justice (accessibles en écrivant à hguerrera@regionpaca.fr).

Depuis peu en effet, les soutiens des Roms tentent de récupérer le maximum de témoignages de personnes ayant eu à se rendre sur ces camps. Ils proposent de certifier par exemple que "le campement n’entraîne pas de troubles à l’ordre public", que "les personnes s’y trouvant ne sont en aucune manière agressives", qu’ils "saluent les visiteurs et engagent la conversation" ou bien encore qu’ "aucune odeur pestilentielle ne se dégage du camp et que les abris sont tenus dans un bon état de propreté". Des exemples proposés - qui peuvent paraître un peu saugrenus certes - mais qui correspondent aux arguments avancés par les services du maire dans les assignations en référé.

"L’indignité, les conditions de vie etc., ce ne sont pas les vraies raisons de cette action ? Les vraies raisons sont tout simplement politiques, non ?" ose-t-on auprès de Maryse Joissains.
Réponse illico : "Moi je ne sais pas ce que cela veut dire l’indignité. Ce que je sais c’est qu’il faut garder nos acquis sociaux pour les habitants de notre pays qui en ont besoin, sinon notre système social va exploser". " Et le trouble à l’ordre public invoqué, existe-t-il vraiment ? Y a-t-il des plaintes ?" persévère-t-on. "Le trouble, c’est les enfants qui font la manche, et puis c’est des personnes fragiles qui sont agressées régulièrement, et je ne veux pas de cela chez moi. Alors les socialos bobos qui ont du pognon n’ont qu’à les prendre chez eux..."

"Il y a bien sûr un point de vue idéologique dans tout cela", estime l’avocate des Roms du camp Vasarely. "À la barre, j’invoquerai le droit au logement et l’intérêt supérieur de l’enfant. Il faut quand même savoir que la Maire n’a accepté aucune concertation avec les associations, ces gens-là sont en détresse et on ne peut pas les expulser sans leur proposer de solutions de relogement..."
Notes

[1] [Note de LDH-Toulon] – Dans son édito de mai du journal diocésain, Mgr Dufour s’adresse à tous les catholiques du diocèse et aux pouvoirs publics : « Les Roms sont mes frères en humanité… Je demande qu’ils soient traités dignement. L’expulsion sans recherche de solutions ne peut suffire. »
La suite au prochain round.



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