PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

...Sans Papiers, antifascisme...

PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 18 Sep 2018, 00:47

PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières du 19 au 23 septembre 2018

Cinq jours pour partager des réflexions, expériences et pratiques de lutte contre les frontières et les États qui les ont créées.

Le dispositif frontalier est beacoup plus qu'une ligne imaginaire.
C'est un système de controle qui selectionne et divise, qui s'ouvre et se ferme selon les necessités économiques et politiques.

Un système qui permet aux marchandises et aux capitaux de transiter où ils veulent, et qui bloque et réfoule ceux qui ne sont pas considerés « utiles ».

La frontières est fermée pour les indésiré.es. Mais ouverte pour le commerce.
Dans ces montagnes, qui n'a pas les « bons » papiers se retrouve coursé.e par les gendarmes sur les chemins, jetté.e hors des trains et des bus, empeché.e de décider librement où et comment vivre.

La violence d'Etat pratiquée à la frontière est un moyen d'intimidation qui a pour but de conditionner les copaines de passage. Le message est clair, ici aussi il faudra fermer sa gueule.

Ce camping nait de la volonté de partager expériences, pratiques, idées et analyses entre celles et ceux qui ont choisi de se battre pour un monde sans autoritarisme ni frontières.

Dans un moment où l'Europe est toujours plus fermée et controlée, où les frontières sont visibles dans chaque rafle, centre de détention, bateau bloqué à la mer, camp de travail, appareil de surveillance, on sent le besoin de s'organiser et de refléchir ensemble.

C'est pour cela que nous appelons à un camping de lutte ici à la frontière franco-italienne. Un camping qui se veut completement auto-géré, pour discuter ensemble de manière horizontale et pour partager pratiques de lutte, d'organisation, raisonnements et perspectives, et pour continuer à combattre toutes les facettes du dispositif frontalier.

Contre les Etats et le systeme economique que les frontières renforcent et maintiennent, nous nous retrouverons au Col de Montgènevre du 19 au 23 septembre, pour cinq jours de lutte, discussions et refléxions. Le camping se déplacera sur deux zones frontalières.

Image


Plus d’infos sur passamontagna.info http://www.passamontagna.info/?page_id=139&lang=fr.
Et sur Vallées en lutte https://valleesenlutte.noblogs.org/ pour plus d’infos sur ce qu’il se passe dans la vallée de Briançon.
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Re: PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 14:43

Programme du camping itinérant Passamontagna

Mercredi

16h : Arrivée à Melezet et installation du campement.
19h : Présentation du camping.
21h : Discussion sur les méthodes et le rôle de la communication pendant les 5 jours.

Jeudi

10h : Les racines du sytème actuel d’exclusion
Un échange autour des politiques de guerre, d’exploitation et d’expoliation qui ont créé et créent les actuel phénomènes migratoires. Où donc les pratiques actuelles d’exploitation prennent-elle leur source ? Sous quelles formes se décline aujourd’hui le projet colonial ? Quels sont les acteurs en jeu ?

15h30 : Les conséquences
En prenant la mesure du conflit perpétuant la guerre et l’exploitation à l’extérieur de la Forteresse Europe, nous nous déplacerons à l’intérieur de celle-ci. En passant par les mutations du marché du travail et des conflits qui en découlent, aux financeurs et promoteurs de la guerre entre les pauvres, une analyse des processus sociaux/politiques/répressifs qui caractérisent les lieux dans lesquels nous nous vivons et luttons. Face à la vague réactionnaire que connaissent actuellement les démocraties occidentales, quelles possibilités d’action ?

Vendredi

10h : Dépasser le binôme Solidarité ou Accueil
La menace, le chantage, la punition et la récompense. Analyser et déconstruire la réthorique assistancielle et humanitaire derrière laquelle se cache un des instruments primordiaux du cycle de seléction, contrôle et exploitation.

15h : Melezet. Cortège contre les frontières.

Samedi

8h : Démontage camping et déménagement à Clavière

12h : Pique-nique et sport populaire

16h30 : Réseaux
Idées et perspectives pour la création d’un réseau international contre les autoritarismes et les frontières

21h : Concert

Dimanche

10h : Dépasser le « vous » et le « nous »
La destruction de "nos" frontières pour dépasser la division entre "coupables" et "victimes". Difficultés, limites, idées et perspectives dans la création de liens de complicité et de lutte entre les exploitéEs dans cette actualité multiethnique. A quel point les pratiques de luttes que nous portons risquent-elles de prendre un pli purement assistanciel ? Quelles perspectives entrevoyons-nous en elles ?

15h : Bilan des cinq jours et démontage du campement.

https://mars-infos.org/programme-du-cam ... erant-3325
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Re: PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 21 Sep 2018, 00:48

Fil d’info du Passamontagna

Le Passamontagna, c’est cinq jours, de lutte, de partage de réflexions et d’expériences contre les frontières et les États qui les ont créées. Ci-dessous les dernières infos sur la mobilisations à la frontière franco-italienne.

... https://mars-infos.org/fil-d-info-du-passamontagna-3366
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Re: PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 23 Sep 2018, 13:19

Suite au dispositif policier démesuré, la manifestation contre les frontières a été reportée

Vendredi 21/09. Un dispositif policier démesuré à Bardonecchia et sur le col de l’Échelle. Les polices française et italienne qui collaborent pour terroriser la population locale en faisant passer la mobilisation contre la frontière comme le prétexte à une manifestation émeutière. Des habitant.es barricadé.es chez eux qui pensent voir arriver une horde de cagoulé.es prêt.es à tout détruire dans la petite ville de Bardonecchia. Un discours médiatique qui entretient ce fantasme bien pratique pour les états français et italien. Voilà la situation aux alentours du campeggio Passamontagna aujourd’hui.

Face à ce dispositif médiatico-policier de terreur le choix a été fait de renoncer à la grande manifestation prévue et de se séparer en plusieurs fronts.

. un front pour continuer à analyser et déconstruire le discours et les pratiques de gestion de la frontières et des flux migratoires, et s’organiser contre ;
. un front pour déconstruire le discours terroristico-médiatique en allant faire une manif à Bardonecchia malgré le dispositif ;
. un front parti marcher dans la montagne avec l’objectif de réaliser une action de visibilisation contre la frontière. ;
. et un groupe pour organiser la suite des événement.

Fil infos https://mars-infos.org/fil-d-info-du-passamontagna-3366
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Re: PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 27 Sep 2018, 11:37

Contrôles, fouilles et GAV sur le retour

Dimanche matin un large bouquet de keufs français de plusieurs espèces dont certaines rares bloquaient tous les postes frontières du coin : col de l’Échelle, col de Montgenèvre, col de Montcenis... Au programme des réjouissances : contrôles poussés de tous les passagers, fouilles des véhicules, et prises de photo et d’empreintes pour les premiers servis de la matinée. La suite du menu ne fût pas plus réjouissante puisqu’ils ont ré-arrêté l’un des inculpé de Briançon ainsi qu’une autre personne. Toutes deux ont été placées en GAV pour des motifs que nous ignorons encore actuellement.

... https://mars-infos.org/fil-d-info-du-passamontagna-3366
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Re: PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 02 Oct 2018, 06:25

Sur le camping Passamontagna, rassemblement autour des luttes contre les frontières

Cinq jours de discussions, d’assemblées, d’initiatives (19-23 septembre).

Cinq jours durant lesquels plus de 300 personnes, venues de divers endroits d’Europe, ont partagé leurs analyses, pratiques, réflexions et vécus.
Nous nous sommes déplacé.es entre deux lieux frontaliers (Melezet, Clavières) dans les Hautes Alpes. Un espace qui, comme toute frontière, divise, sélectionne et tue.

Chaque jour, dans ces montagnes, des dizaines de personnes sont obligé.es de marcher des kilomètres, fuyant différentes polices et milices fascistes, pour tenter d’arriver en France. Toute autre forme de déplacement leur est proscrite.
Dans ces mêmes montagnes, en revanche, camions et trains de marchandises passent par centaines sous la protection des flics. Loin des sentiers caillouteux, on y trouve un tunnel aisément franchissable pour qui possède papiers et argent. Des milliards y sont également dépensés en vue de construire la ligne à grande vitesse Lyon-Turin (TAV) dans la Vallée de Suse. La restructuration de ce territoire, guidée par les intérêts économiques des riches, contribue ainsi à accentuer la fracture déjà existante entre celleux qui en bénéficient et celleux qui la subissent.

C’est parce que nous ne croyons pas en ce système de contrôle et de gestion, en ce dispositif constitué en tout lieu par des frontières sociales et économiques, que nous avons voulu prendre le temps de réfléchir ensemble sur la façon dont nous pouvions le combattre.

En cette période historique où de nouveaux fascismes émergent de toutes parts, où les différents gouvernements mettent en place des politiques sécuritaires et d’exclusions, où les rafles augmentent ainsi que les détentions en Centre de Rétention Administrative et la déportation des « indésirables », nous avons ressenti le besoin de mieux nous organiser. Individu.es et collectifs italien.nes, français.es, allemand.es, suisses, slovèn.es, turc.ques, espagnol.es, grec.ques, etc… ont débattu sur plusieurs thèmes : les racines et les conséquences du système d’exclusion actuel, le concept de solidarité et d’« accueil », les méthodes d’organisation et le rôle de la communication. Il a aussi été question de l’identité en général (administrative, territoriale et nationale) et de l’idée de s’identifier ou d’être identifié. Cela prenait d’autant plus de sens que pendant deux jours, les routes d’accès au camping ont toutes été fermées par des barrages de flics et par la digos (police politique italienne), lesquels fichaient chaque personne contrôlées (prise d’identité, photos et fouilles).

Le vendredi 21 avait été prévu un cortège contre les frontières à Bardonecchia, une ville frontalière où sont refoulé.es celleux qui tentent d’aller en France en train par le tunnel du Fréjus, ou à pied, sans les « bons » bouts de papier. Ce cortège voulait lutter contre le fait que marchandises et capitaux passent librement chaque barrière, là où les personnes sont en revanches sélectionnées et refoulées.
Nous avons finalement annulé son organisation.

La veille, le maire de Bardonecchia, Avato, avait pris le temps d’alarmer ses citoyen.es de la tenue de ce dangereux cortège contre les frontières. Il conseillait à tout.es de rester chez elleux, dans le but « de faciliter au maximum les activités de contrôle des forces de police agissant sur le territoire ». C’est-à-dire l’activité de 25 fourgons de polices et de carabinieri, d’une dizaine de jeeps, de deux canons à eau et de nombreux digos postés un peu partout. La ville de Bardonecchia était totalement militarisée et vidée de ses habitants, tous les parking laissés libres pour le dispositif policier, et les magasins fermés, 10 camions de la gendarmerie française étaient également postés de l’autre coté de la frontière de peur que nous ne tentions de la franchir. Nous ne voulions pas tomber dans un jeu de mise en scène de la manifestation, pris en sandwich par toute la police présente, sans réussir à bouger ni à parler avec quiconque, dans une ville déserte. Nous n’avons pas voulu être les acteur.rices d’un théâtre inutile.

Nous avons décidé de ne pas y aller et de ne pas faciliter leur jeu médiatique et politique. Nous nous déplaçons et attaquons quand nous le choisissons .
Environs soixante-dix personnes sont allées faire une promenade à Bardonecchia avec un mégaphone pour raconter la situation, suivies par de nombreuses forces policières.
Toute la journée, la ville a été véritablement bloquée par les forces de police. Des sous, l’État en a dépensé. Pour rien, comme toujours. (souvent)

Samedi 22, nous nous sommes déplacé.es en convoi jusqu’à Clavière, pour continuer le camping. Nous avons fait une pause à Oulx, ville traversée par un TGV allant vers la France, pour faire quelques interventions au mégaphone, puis nous avons monté le campement.
Clavière est juste sur la frontière. La police française vient jusqu’à l’entrée du village pour décharger les exilé.es capturé.e.s, et fait des maraudes en continu sur les chemins et les routes qui mènent en France. C’est là que se trouve Chez Jésus, un lieu occupé, un refuge autogéré ouvert en solidarité avec toutes les personnes de passage. Il s’agit de faire exister un espace pour celleux qui veulent passer la frontière et/ou qui luttent contre celle-ci. Nous connaissons bien les violences de la police sur les exilé.es de passage (menaces, vols, passages à tabac). Nous voulons combattre ce dispositif territorial qui permet aux riches de se promener librement entre ces espaces, tandis que les exilé.es sont chassé.es et poursuivi.es.

Le samedi 22, nous sommes allé.es faire une marche sur le terrain de golf. Ces «18 trous transfrontaliers» traversés chaque jour par des dizaines de golfeurs. Pendant l’hiver, les mêmes terrains deviennent des pistes, empruntées par des centaines de skieurs qui ne s’aperçoivent même pas qu’ils traversent cette ligne imaginaire nommée frontière.
Le terrain de golf est divisé en deux : le côté italien appartient à la famille Lavazza, propriétaire d’une multinationale du café qui a créé son empire grâce à l’exploitation des ressources humaines et environnementales des (anciennes) colonies d’Amérique du Sud et d’Afrique du Nord ; le coté français est géré par la commune de Montgenèvre.
Pour réaffirmer la liberté de chaqu’un.e de se déplacer et de vivre où et comme ille veut, et l’opposition à ces multinationales qui s’enrichissent partout sur la planète, exploitant des territoires que les personnes se trouvent obligées de fuir, le samedi 22, quelques centaines de personnes ont occupé une partie du terrain de golf.

Ces espaces réservés aux riches sont alors devenus le terrain de sports populaires : matchs de football, rugby, volley-ball et frisbee se sont déroulés pendant quelques heures, accompagnés par de la musique improvisée.

La police française s’est déployée sur les chemins et sur le terrain pour nous empêcher de continuer la marche, balançant des gaz lacrymogènes et bombes assourdissantes.
La police italienne, carrément équipée d’un camion à eau, était déployée en contre-bas afin de protéger ses terrains.

Chaque fois que les intérêts des plus riches sont effleurés, les médias de masse se mettent en action, utilisant la puissance dont ils disposent pour déformer la réalité, jetant l’opprobre sur les potentielles menaces afin de les éliminer. Dans ces montagnes, la stratégie visant à construire une représentation de « l’ennemi »Et c’est exactement selon cette stratégie que la violence des celleux en costume-cravate, blancs qui plus est, condamnent à la misère des dizaines de milliers de personnes, et dévastent par la monoculture et l’usage de pesticides des zones entières de la planète.

La violence de ces costumes et uniformes qui chassent et poursuivent celleux qui tentent de continuer leur voyage, passe au second plan par rapport l’action de quelques centaines de personnes qui essaient de rendre manifeste et de combattre ces contradictions inacceptables. Les morceaux de terre enlevés de ce terrain sont tâchées du sang des deux garçons et de la fille qui ont perdu la vie sur ces chemins au court des derniers mois, en tentant de poursuivre leur voyage.

Samedi soir nous avons fait la fête. Et dimanche, un bilan a été effectué avant la fermeture du camping.
La police française s’est engagée dans le fichage de toutes les personnes qui traversaient la frontière ce jour la, jusqu’ à mettre en GAV deux personnes pour toute la journée.
La solidarité ne s’arrête pas. La lutte contre le dispositif des frontières non plus.

Quelques participant.es du Camping Itinérant Passamontagna


http://www.passamontagna.info/?p=567&lang=fr
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Re: PASSAMONTAGNA camping itinérant contre les frontières

Messagede bipbip » 14 Oct 2018, 17:46

Passer la frontière : retour sur le camping de lutte Passamontagna
[Le chant des meutes]

Une immersion sonore dans les hautes-alpes à l’occasion du camping de lutte Passamontagna. On tente de décrypter la situation dans cette zone frontalière à travers le témoignage de celles et ceux qui l’habitent et qui la traversent.

Du 19 au 23 septembre un camping itinérant de lutte contre les frontières s’est déployé dans la région du briançonnais. Intitulé Passamontagna, il avait pour objectif une critique en acte et en parole du concept de frontière.
L’occasion pour nous d’aller voir ce qu’il se passe dans cette région et d’interroger celles et ceux qui vivent, luttent et traversent cette zone frontalière.

Le chant des meutes, une émission sur Radio Canut 102.2 qui parle des luttes sociales d’ici et d’ailleurs, un lundi sur deux de 18h à 19h.

Bonne écoute : http://audioblog.arteradio.com/post/308 ... frontiere/

https://rebellyon.info/Radio-Canut-Le-c ... r-la-19632
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