Ventimiglia, les migrants à la frontière

...Sans Papiers, antifascisme...

Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Denis » 16 Juin 2015, 20:26

Alerte Antifasciste!!!

Les identitaires niçois s'organisent pour attaquer les migrants à la frontière.
Ne les laissons pas agir impunément et faisons bloc !!!



c'est l’horreur absolue (voir les commentaires)

envoyé de nos compagnons antifa-06
Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Denis » 16 Juin 2015, 20:59

de nos copains antifa 06 à Nice :

"Certains migrants sont encore sur les rochers, d'autres dorment actuellement dans la gare de Nice..

La police bloque chaque monté de train ..

Même avec des billets achetés, ils sont bloqués sur les quais !!!"

https://www.facebook.com/Antifa06?fref=ts
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede bipbip » 12 Juil 2015, 15:49

[Vintimille] quelques nouvelles de la lutte des migrants du rocher occupé

Quelques nouvelles de la lutte des migrants du camps no border à Vintimille... En Italien, anglais, arabe, français

APPEL A TOUT LES MIGRANTS

Nous restons debout et revendiquons nos droits en tant que refugies à l’heure ou nous souffrons de la precarité de la faim et de l’errance. L’Union Europeenne et le monde entier nous regarde.
Nous vous en prions, combattons par nous même et restons unis comme si nous ne fassions plus qu’une seule personne afin d’acceder à nos droit et d’obtenir notre liberté.
A tout les migrants sur terre, à ceux qui ont du franchir le desert et traverser la mer, au risque de leur vie pour arriver dans une région de paix comme l’Europe,
Aux migrants à Vintimille, Rome, Milan, Paris, Calais, portons en nous ce combat, nous ne sommes ni des criminels, ni des terroristes, si nous restons tous enssemble, nos voix pourront être entendues.
N’essayez pas de traverser les frontieres en vous cachant car ce n’est pas dans notre nature.

Migrants de Vintimille pour la LIBERTE.


APPELLO A TUTTI I MIGRANTI

A tutti i migranti in Europa.
Continuiamo ad essere forti e rivendichiamo i nostri diritti di rifugiati, perchè tutti stiamo soffrendo, patendo la fame e dormendo nelle strade.
L’Unione Europea lo vede e anche il mondo lo vede.
Alziamoci e restiamo uniti come se fossimo un unica persona per ottenere i nostri diritti e le nostre libertà.
A tutti i migranti nel mondo che hanno attraversato i deserti, che hanno solcato i mari, che hanno rischiato le proprie vite, che stanno mettendo la loro vita in pericolo per arrivare in luoghi di pace, come l’Europa ed altri continenti.
Alziamoci e combattiamo per la nostra libertà, niente di più niente di meno.
Ai migranti a Ventimiglia, a Roma, Milano, Parigi, Calais : tiriamo fuori la nostra forza !
Non siamo criminali. Non siamo terroristi.
Se rimaniamo uniti dovranno ascoltare le nostre voci.
Non attraversate le frontiere illegalmente perchè non è nella nostra natura.

I migranti di Ventimiglia per la LIBERTA’


CALL TO ALL THE MIGRANTS

To all the migrants in Europe, stay strong and demand for your rights as refugees cause we are all suffering , starving and sleeping in the streets.
European Union sees that and the world sees that too.
So, please stand up for us and be one person , to demand our rights and freedom.
To all the migrants in the world who crossed the deserts, who crossed the seas, who risked their lives, who are putting their lives in danger in order to get to peaceful places like Europe and other continents :
stand up for us and let’s demand for our freedom, not more not less.
To the people in Ventimiglia and the people in Rome, Milan , Paris , Calais : let’s stay strong !
We are not criminals. We are not terrorist. If we stay together, they will ear our voices.
Do not try illegal ways to cross the borders, cause it’s not in our nature.

Migrants from Ventimiglia for FREEDOM.


نداء للمهاجرين


إلى جميع المهاجرين الموجودين في أوروبا الرجاء المطالبه بحريتكم كلاجئين لأننا نعاني من الجوع والبرد والحر والنوم في الشوارع والاتحاد الأوربي يرى ذلك والعالم يرى ذالك فالرجاء أن ندعم بعضنا البعض ونقف وقفه واحده

إلى كل المهاجرين في جميع أنحاء العالم اللذين قطعوا الصحاري وقطعوا البحر خاطروا بحياتهم للقدوم هاربين من الحروب للقدوم إلى أوروبا الرجاء ان نقف وقفه قويه ونناضل بحريتنا للعبور إلى دول أوروبا إلى اللذين في فنتمليا وروما وميلانو والذين في كالي الرجاء البقاء في اماكنكم والمناضله من أجل الحرية وان بقينا معا سوف يسمع صوتنا والرجاء البقاء وعدم التسلل لأننا ليس مجرمين فلنطالب بحقنا

https://mars-infos.org/vintimille-quelq ... les-de-199
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Pïérô » 14 Juil 2015, 11:32

Les migrants à Vintimille : la permanence NO Borders continue et demande du soutien

Depuis plusieurs semaines, la permanence NO Borders continue à Vintimille, à la frontière Italie-France, et demande du soutien. Ici un point de la situation le vendredi 10 juillet et l’appel des migrant-e-s bloqué-e-s en Italie à tous les migrant-e-s en Europe.

... http://paris-luttes.info/les-migrants-a ... le-la-3580
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede bipbip » 17 Juil 2015, 03:06

Appel à participation pour deux week-end de débats et de lutte à Vintimille

Voici l’appel du campement permanent No Borders de Vintimille (traduit de l’italien pour deux week-end de rencontres transnationales de débats et de lutte en Juillet : le 18/19 et le 24/25/26.

HERE WE ARE !

Le campement No Borders de Vintimille fête son premier mois et regarde devant soi.

Le week-end dernier, le campement No Borders de Vintimille a fêté son premier mois de lutte contre toutes les frontières, et c’est précisément avec l’énergie, la détermination et la conscience acquises tout au long de ces journées que l’on ré-affirme qu’on ne repartira pas en arrière, we are not going back !

Samedi soir, une longue assemblée commune des migrants et des personnes solidaires a été l’occasion pour se confronter avec les nouveaux arrivés. Anglais, arabe, italien ont alterné pendant des heures et chacun des participants a pu constater directement la consistance de nos revendications.

Les migrants n’ont pas de doutes, beaucoup d’entre eux ont été refoulés à la frontière ou arrêtés et expulsés de la France vers l’Italie, et ils sentent donc profondément l’importance d’un lieu de résistance comme le campement. Ici on lutte ensemble, on se prépare au voyage, on construit un futur sans frontières, où ce ne seraient pas les empreintes digitales qui détermineraient où on a le droit ou non de construire nos propres vies.

Le matin du dimanche, on se met pendant deux heures au ménage des récifs. Dans l’après-midi au cours d’un moment d’organisation élargi aux nombreux.ses solidaires italiens et français arrivé.e.s au campement, le besoin surgit de construire des actions plus larges dans les semaines à venir. La lutte menée ici, et au même titre le débat qui doit nécessairement en jaillir, ne peuvent pas se limiter à la seule Vintimille, mais doivent trouver la façon de se diffuser sur les territoires et de regarder au-delà de la frontière.

Le débat a ensuite concrétisé ces réflexions avec l’appel à deux week-end de rencontres ouvertes aux nombreuses personnes qui partagent ce parcours de lutte.

Pour le 18 et le 19 juillet nous avons pensé à organiser deux jours dédiés aux questions légales, et pour partager les informations précises avec les migrants et les solidaires, et pour affronter certaines questions spécifiques avec lesquelles nous nous confrontons quotidiennement.

Le 24, 25 et 26 juillet nous proposons par ailleurs d’organiser trois jours de confrontation transnationale avec des activistes des réseaux No Borders, des associations et des mouvements italiens et français et des travailleurs sociaux dans le secteur de l’accueil, alternant des moments de discussion avec des actions qui revendiquent la liberté de mouvement.

Une fois la rencontre terminée, le campement prépare le moment de protestation que les migrants avaient proposé à l’assemblée du jour d’avant. On écrit sur les banderoles "Open the borders, we need to pass", "Nous ne sommes pas des criminels" et on va ensemble vers la frontière en scandant les slogans du campement et en déchaînant une battitura [1] qui continue jusqu’au coucher du soleil.

Le soir est dédié à un moment de fête grâce à la musique des Viale Lizzadro et Civico Mondo qui enflamment le campement au rythme des chants populaires.

Le moral est haut et bien haut sont nos coeurs. Here we are, we are not going back !

Presidio permanent No Borders
Ventimiglia, 13 Juillet 2015


Notes
[1] Action qui consiste à taper répétitivement sur tout ce qui est susceptible de faire du bruit, notamment le métal ou des ustensiles de cuisine, pour faire du bruit.

https://mars-infos.org/appel-a-particip ... r-deux-205
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede bipbip » 27 Juil 2015, 02:17

Vintimille - A la frontière, au 23 juillet 2015

Point sur la situation et la lutte des migrantEs en cours à Vintimille, à la frontière franco-italienne.

Vintimille, Ventimiglia, une "frontière ouverte", selon les accords en vigueur dans l’espace Schengen. Pas pour tous.
Si les joggeurs, les présumés "citoyens européens", les touristes et les voitures de luxe continuent de traverser tranquillement, depuis juin 2015, un déploiement de la police française bloque les passages des personnes migrantes en provenance de l’Afrique et du Moyen Orient.
Depuis 50 jours, les personnes bloquées à la frontière campent sur place, sur la plage et les rochers, et s’organisent. Des soutiens se relayent.

émission à écouter : http://www.radiogalere.org/node/7512
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Pïérô » 29 Juil 2015, 17:15

De Calais à Vintimille : ouvrez les frontières

Plus de 150 personnes ont répondu à l’appel de Vintimille samedi à Paris et ont manifesté de Bastille à République.

Les frontières tuent chaque jour des dizaines de personnes. Ainsi, depuis début juin, 9 migrant-es ont été tué-es à Calais en tentant de passer en Grande-Bretagne. Des milliers d’exilé-es sont mort-es en Méditerranée et dans le Sahara sur le chemin de l’Europe. Aujourd’hui, plusieurs milliers de personnes sont bloquées à Vintimille et à Calais. A Paris, des centaines d’exilé-es n’ont trouvé que la rue pour seul asile. Ici et là, la solidarité et la résistance s’organisent.
Derrière des banderoles " Papiers, logements, dignité pour tous et toutes", "Les frontières tuent, liberté de circulation" ; "Lampedusa, Vintimille, Paris, Calais : circuler et s’installer où on veut et quand on veut", réfugiés, personnes solidaires, militant-es et le collectif des Baras ont scandé " Solidarité avec les réfugié-es, Y’en a marre, De l’air ouvrez les frontières, Des papiers pour tous". Sur le chemin du retour au campement Pajol, les manifestant-es sont fait escale à Gare du Nord. Devant l’entrée de l’eurostar, une banderole a été déployée aux cris de "No border, no nation, stop deportation". Des applaudissements ont alors retenti dans la gare. Les exilés ont poursuivi la manifestation jusqu’à la rue Pajol.

Welcome refugees !
Liberté de circulation et d’installation !

https://paris-luttes.info/la-balade-des ... es-ou-3643
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede bipbip » 15 Aoû 2015, 12:47

Ça danse à Ponte San Luigi

Lundi 10 août au soir, une centaine de migrants ont été refoulés vers la France, et les activistes No Borders qui ont essayé de s’opposer ont été arrêtés et interdits de retour à Vintimille.
Le 14 août, un rassemblement de soutien à eu lieu à Marseille (photo), où a été distribué le texte suivant, traduit du communiqué italien.


La nuit dernière à Vintimille une centaine de migrants est montée sur un train pour traverser en masse la frontière italo-française. Nombreux parmi eux nous les avions rencontrés samedi lors de l’assemblée No Borders qui s’est tenue à la gare, à cette occasion ils avaient pris la parole pour exprimer leur exaspération pour la situation insoutenable qui les concerne depuis des mois.
Comme prévu, la tentative de passage de frontière a échoué à cause des contrôles continuels effectués par la gendarmerie à Menton-Garavan, la première gare outre la frontière.Les migrants arrêtés ont spontanément décidé de défier le blocus et ont refusé de descendre du train.

Ils on alors étés traînés de force sur les camionnettes qui les ont reconduits au poste frontalier français de Ponte San Luigi, ou il on été enfermés dans des containers en attendant que la demande de reconduction sur le territoire italien soit accepté par les autorités.

Cette procédure est habituellement imposée aux migrants suspectés d’arriver d’Italie, arrêtés du coté français, à cause des contrôles systématiques effectués au faciès dans les trains, les bus, les gares et les villes. Lorsque la demande de reconduction est acceptée, les migrants sont conduits au poste frontalier coté italien et par la suite emmenés par la Croix Rouge à la gare. Ceux qui ne sont pas reconduits, ils sont alors tout simplement relâchés en France. Il s’agit là d’une pratique qui n’est accompagnée d’aucune formalité juridique, c’est pourquoi l’ASGI (Associazione per gli Studi Giuridici sull’Immigrazione) a déjà dénoncé son caractère en marge de la légalité. En effet, dans les deux cas de figure, les migrants n’ont aucune autre solution que de reprendre leur voyage, au cours du quel ils seront à nouveau arrêtés, ramenés à la frontière pour ensuite repartir et ainsi de suite.
Cette triste journée de l’absurde est bien connu par le mouvement No Border, qui a conduit assidûment des opérations de copwatching et qui essaye d’apporter un soutien en étant présent auprès des migrants enfermés dans les containers de Ponte San Luigi.

La nuit dernière encore, une vingtaine d’activistes s’est dirigée aux poste frontalier pour soutenir les migrants retenus et être témoins des faits en cours. Une fois sur place nous avons pu constater que les migrants protestaient pour les conditions peu dignes dans lesquelles ils étaient retenus et enfermés, comme du bétail, dans un espace bien trop petit pour leur nombre.

La gendarmerie française nous a immédiatement éloignés, en s’interposant entre les migrants et nous, pour empêcher tous contacts. Ainsi, de la façon la plus parlante possible, les gendarmes n’ont fait que reproposer matériellement l’espace de la frontière en nous rappelant que « Every Cop is a Border ». Nos chants et les battements, qui depuis des mois symbolisent la lutte migrante, ont établie un pont communicatif entre les migrants et nous, sous forme de jeux de réponses interposées, de chœurs, et de cris d’enthousiasme réciproques. Nous avons chanté et dansé sur une frontière qui n’a aucune raison d’être respectée, nous avons invité les passants en transit à exprimer leur solidarité contre l’injustice de l’accès inégal à la mobilité en faisant marche arrière, la plupart ont accepté.
Lorsque la gendarmerie a décidé, malgré tout, de procéder avec la déportation des migrants vers le territoire italien, les activistes No Borders ont réagis cherchant à empêcher le passage des camionnettes, ils se sont assis et couchés sur la route. A plusieurs reprises nous avons étés bousculés, poussés et insultés, et certains parmi nous ont reportés des contusions.

Alors que la police française a été entendue nommer ce genre de repoussements des « enfournées », celle italienne en récupérant les migrants dans les bureaux de frontière leur a demandé « à quel genre de race de bêtes ils appartenaient » . Après de telles dégradations, les migrants ont été chargés dans les camionnettes et ramenés à la gare de Vintimille, malgré le fait que le centre d’accueil de la Croix Rouge soit fermé de nuit, les laissant ainsi dans l’obligation de se trouver une installation précaire sur la place.
En réponse, nous avons immédiatement apporté du lait et des vivres aux migrants bloqués à la gare.

Pendant ce temps, nullement découragés par les intimidations des autorités, nous avons continué à faire de la résistance passive à la frontière, dans la tentative de bloquer le transport forcé des migrants. Alors que nous avions décidé de quitter les lieux, la police française et celle italienne rangées en mode antiémeute nous ont entourés des deux cotés de la frontière, nous forçant par la suite à les suivre à la caserne.

Les 17 activistes italiens arrêtés, outre a avoir passé la nuit à la centrale de la police, ils ont eu droit à une identification dactyloscopique et une notification de dénonce pour « invasion de terrains ou bâtiments » ; ceux qui avaient des précédents en tous genres, au total 6 personnes, ont reçu instantanément l’ordre de se rendre dans la commune de résidence dans les deux jours sous accusation d’être des « éléments dangereux pour l’ordre et la sécurité publique », de plus ils ont reçu l’interdiction de regagner Vintimille dans les 3 prochains ans, afin d’éviter de « réitérer ces infractions qui représente une source d’alarme sociale ».
Les 3 activistes français, traînés brutalement, ont d’abord été identifiés puis relâchés par la gendarmerie, pour enfin être mis au garde à vue par la police qui les a retenus au commissariat de Menton pendant douze heures. Leurs vidéos ont été supprimées et Médecins du Monde a attesté les contusions et les contractures provoqué chez l’un d’eux par les traitements rudes reçus.

Par ailleurs, nous avons appris que les membres de l’association « Au Cœur de l’Espoir » ont été arrêtés par la police pendant qu’ils se rendaient à la gare, ils ont étés accusés de violer l’ordonnance citoyenne qui interdit l’administration de nourriture aux migrants par « simple esprit de solidarité ».

Les pouvoirs publiques se rendent enfin compte de leur parfaite incompétence pour affronter le phénomène migratoire. Depuis des décennies il est géré de manière systématiquement improvisée et urgentielle, en tapant directement sur la liberté de circulation des individus. Dans ce cadre les restrictions sur les flux migratoires expriment le court circuit dans le quel les institutions se sont engouffrés : court-circuit qui se manifeste ici à Vintimille sous la forme de « Ping Pong », ainsi défini par le gendarme chargé de chasser les migrants des wagons des trains régionaux.
Nous, qui observons cet absurde match, placés entre une raquette et l’autre, nous assistons à un déploiement des mesures répressives aussi envers des réalités qui expriment de la solidarité pour les migrants sans pour autant se limiter à la dimension assistantialiste. Le gouffre entre la réalité des personnes en voyage et les mailles serrées d’un système juridique aux mesures brutales et inutiles, s’élargit.
Nous continuerons à contester ces mesures et à lutter pour l’ouverture de toutes les frontières, nous continuerons à dénoncer les déportations illégitimes des migrants et les violences auxquelles ils sont soumis, nous continuerons à supporter les personnes en voyage.

Ni les mers, ni les déserts, ni même les prisons n’arrêtent les migrants en voyage, ainsi, ni les gardes à vues, ni les sanctions administratives n’arrêteront les activistes No Border. La lutte ouverte de la nuit dernière à San Luigi représente un pas en avant dans notre combat, et c’est pour cette raison que nous faisons appel à tous ceux qui partagent nos raisons pour soutenir le presidio permanent de Vintimille et la lutte No Border partout en Europe. Être présents à Vintimille, ainsi qu’au Brennero, à Lampedusa ou à Calais, signifie contribuer à ébranler les frontières injustes de cette Forteresse Européenne, déjà en crise. Un jour, sur les frontières de cette Europe, nous danserons, en souvenir des temps arrières quand encore ils essayaient de nous repousser.

We are not Going Back !

Presidio Permanente No Border di Ventimiglia, 11 août 2015
(Traduction depuis le communiqué italien)


P.-S.

Video de la manifestation dans le train :
https://www.youtube.com/watch?v=QwFcGNf2J_8

Video de la manifestation au poste de la frontière haute :
https://www.youtube.com/watch?v=gUep5rXnxyo

http://mars-infos.org/ca-danse-a-ponte-san-luigi-237
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Pïérô » 27 Aoû 2015, 16:21

Encore une longue nuit à la frontière de Vintimille

La nuit entre le 23 et le 24 août, plus de 55 migrants ont été entassés dans les containers de la PAF à Menton. Un activiste français du campement No Borders a fait face à une garde à vue et un procès en comparution immediate au cours des actions de surveillance et de cop-watching.

Les frontières sont bloquées et les procès commencent
Compte-rendu publié en italien sur le nouveau blog du campement de Vintimille : http://noborders20miglia.noblogs.org/

... http://mars-infos.org/encore-une-longue-nuit-a-la-247
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede bipbip » 09 Sep 2015, 00:31

11-12-13 septembre – rencontres internationales contre les frontières, le racisme, l’exploitation et la militarisation

Solidarité sans frontières ! 11-12-13 septembre – rencontres internationales contre les frontières, le racisme, l’exploitation et la militarisation

La frontière franco-italienne de Vintimille est un lieu plein de contradictions. Depuis la fermeture de la frontière au milieu du mois de Juin 2015, cet endroit a été un des symboles de la violence qui caractérise la politique migratoire de l’Union Européenne. Nous avons vu les assauts de la police sur les trains et les gares qui arrêtaient des personnes en fonction de leur couleur de peau, nous avons été témoins des déportations que les centaines de migrant-es subissent chaque jour, nous avons été détenu-es par la police ici et de l’autre côté de la frontière.

Les migrant-es ont été les premier-es à répondre à la répression, occupant les rochers près de la frontière et installant un camp qui est devenu, durant ces mois, un espace de résistance, de complicité et de lutte. Après cela, le camp Presidio No Border a mis en place de nombreuses initiatives et actions directes pour remettre en cause la fermeture de la frontière, sa logique et ses conséquences.

Après une première tentative d’expulsion échouée, les institutions ont mis en place une stratégie de basse intensité contre cette résistance, en exerçant une pression continue contre le camp. Les attaques des polices italiennes et françaises, ont été mises en place avec le soutien des passeurs et la logistique fournie par la Croix-Rouge Italienne, avec l’aide des journalistes à leur solde et des politiciens, tous unis dans la manipulation de de la prétendue « urgence des réfugié-es ».

L’escalade répressive contre les personnes montrant de la solidarité avec les migrant-es a atteint son sommet dans plusieurs épisodes que nous citons ici. Notre surveillance et nos réactions contre les déportations à travers la frontière de Ponte San Luigi nous ont déjà valu 18 poursuites pour occupation, 1 arrestation et 7 arrêtés d’expulsion, sans prendre en compte les nombreux cas d’intimidation que nous subissions quotidiennement. Ces mesures administratives n’ont pas suffi pour arrêter le processus d’auto-organisation des migrant-es et des personnes solidaires à la frontière.

Après 2 mois, le Presidio Permanente No Border à Vintimille est toujours là et appelle tous les réseaux, individus et collectifs qui se sont récemment mobilisés en solidarité avec les migrant-es pour relancer une convergence internationale contre les frontières, le racisme, l’exploitation et la militarisation des territoires.

Depuis les 3 jours internationaux du 24-25-26 juillet, nous avons commencé un échange à partir des réflexions importantes sur le sens et la direction de notre lute. Si la Forteresse Europe a maintenant abandonné son visage humanitaire qu’elle avait l’habitude de se représenter, et montre maintenant toute la violence de ses aspirations coloniales, la force et la détermination des personnes voyageant les dernières semaines illustrent le besoin de relancer la lutte pour la liberté de circulation pour tous et toutes. Le passage massif que nous avons vu aux frontières de Vintimille et Calais, sur les iles grecques et à la frontière de la Macédoine, ainsi que les milliers de personnes qui, chaque jour (seul-es ou en petits groupes), traversent les frontières partout en Europe, rend évident que la politique européenne est insoutenable et accroit le problème sur le type de contribution possible à donner à ce mouvement.

La multiplication des frontières, la création de dizaines de camps de réfugié-es aux quatre coins de l’Europe, et la criminalisation (ou dans « le meilleur des cas », leur réduction à des choses) des migrant-es que nous constatons, nécessite que l’on continue le travail de construction de réseaux et de partage des pratiques de solidarité directe. Continuer le soutien aux passages de frontières de manière concrète et développer de nouveaux espaces libres fait clairement partie des objectifs futurs que l’on se donne ensemble, mais ceux-ci ne sont pas les seuls.

Notre soutien doit tout d’abord se baser sur une analyse des causes réelles qui créent les mouvements migratoires, sur les conséquences de la fermeture des frontières sur la vie des populations et sur les responsables de ces mécanismes. Des milliers de personnes meurent noyées dans la mer, étouffé-es dans un camion ou écrasé-es par un train en marche, et ceci arrive parce que cela a été décidé. Les politiques d’endettement, l’expropriation des ressources et l’exploitation des peuples dans des régions entières du monde, organisées par les gouvernements et les multinationales sont des choix conscients faits par ceux qui ont le pouvoir. Les prétendues élites mondiales ont du sang sur les mains, et leurs déclarations compatissantes pour les victimes de la traite d’êtres humains sont à vomir. Certains représentants de la classe dirigeante qui, à l’heure actuelle, spéculent sur la fuite d’hommes et de femmes de leur pays d’origine sont les mêmes criminels et meurtriers qui font des affaires sur cette migration, en soutenant même les régimes autoritaires tout en gardant une distance avec eux uniquement de façade. Face à leurs larmes de crocodiles, il est nécessaire de réaffirmer leur responsabilité politique et transformer la douleur causée par tous ces mort-es en colère organisée contre eux.

Durant ces rencontres, nous voudrions développer une argumentation cohérente qui comprend autant les causes responsables des mouvements migratoires, les possibilités qui s’ouvrent à nous sur le terrain en termes de luttes, que les réponses aux besoins et à l’exploitation que subissent les migrant-es dans leurs lieux d’origine et d’arrivée. Il est primordial de réfléchir sur le rôle de la militarisation des territoires, autant en Europe qu’en Afrique qu’au Moyen-Orient, dans les effets dévastateurs sur les vies de celles et ceux de passage et celles et ceux qui y vivent, et sur les dynamiques d’expropriation et d’exploitation qui sont les causes et conséquences d’une stratégie habituelle du système capitaliste.

A partir de ces idées, bien que générales et sans prétention d’être exhaustives, nous proposons trois ateliers qui pourraient servir à lancer une mobilisation large sur le long terme.

Cette nouvelle assemblée internationale à Vintimille devrait être une occasion de construire une riposte politique forte. Pour cela, il est nécessaire que nos réflexions soient suivies de mobilisations à la hauteur des défis que nous affrontons.

Dans ce contexte, il semble nécessaire de relancer les propositions de mobilisations qui ont émergé jusqu’ici (en espérant que de nouvelles propositions arriveront bientôt).

6 septembre : liberté sans frontières ! Arrêtons les frontières, arrêtons les prisons ! Journée d’initiatives et d’actions contre la répression, pour la construction d’espaces de luttes alternatifs et solidaires.

15 septembre : jour de mobilisation pour Kobane. Il serait intéressant de faire le lien avec la semaine de mobilisation pour l’ouverture d’un couloir humanitaire, en fournissant les bases de rencontres solidaires.

3 Octobre : deux ans après le naufrage dans le Détroit de Messine (Sicile) où 400 personnes sont mortes, il est important selon nous de reprendre la proposition de Lampedusa sur la diffusion massive d’un document d’investigation sur cet évènement et la construction d’un débat sur les mesures sécuritaires et militaires qui en ont découlées. Le plus important n’est pas de faire une nouvelle commémoration vide de sens et un jour de deuil qui ne produirait rien de plus qu’une indignation opportuniste, c’est plutôt de se mettre en lien et de créer des espaces de rencontres et de réflexions, de développer des pratiques permettant de saboter les politiques migratoires européennes de Lampedusa à Calais.

17-24 Octobre : participer et amplifier les propositions de mobilisations lancées par les comités de sans-papiers, en faire un point de départ pour un processus de luttes internationalement coordonnées contre les frontières, le racisme, l’exploitation et la militarisation des territoires.

De Lampedusa à Calais, nous ne revenons pas en arrière !
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede bipbip » 30 Sep 2015, 01:36

Appel à rassemblement 30 septembre – Appello per presidio del 30 settembre (FRA – ITA)

Le 23 août 2015, un jour comme les autres, une nuit comme les autres. Des femmes, des hommes, des enfants sont enfermé-e-s par la police aux frontières dans des baraques de chantiers, derrière des barrières devant lesquelles des policiers montent la garde. Cette situation dure depuis des mois, voire des années selon les dires de la police. Ici, pas de nourriture, pas de médecin, pas d’interprète, pas d’avocat. Une véritable zone de non-droit où les policiers font ce qu’ils veulent et expulsent arbitrairement vers l’Italie. Cette nuit n’est pas comme les autres car des personnes ne sont pas indifférentes à cette situation et montent voir ce qui se passe. Une personne s’adresse aux «migrant-e-s» en langue arabe pour les informer de leurs droits à bénéficier de l’assistance d’un avocat, d’un interprète, d’un médecin, d’un repas. Les policiers ne comprennent rien et s’énervent rapidement. D’autres demandent aux policiers de donner un repas aux enfermé-e-s et des parapluies car il pleut. Soudain, un homme en civil sort du commissariat. Il est très agressif et s’excite avec sa matraque contre les enfermé-e-s. Il leur crie dessus dans une langue qu’ils ne comprennent pas et frappe avec sa matraque sur les barrières pour leur faire comprendre que s’ils ne se taisent pas, ils se feront frapper. Une personne demande aux policiers de le calmer et leur rappelle qu’il y a parmi les gens retenus, des enfants mineurs qui subissent déjà assez leurs violences au quotidien.

Les policiers l’agressent, l’attrapent, le jettent à terre dans le commissariat, le menottent, lui font une clef d’étranglement pour qu’il s’arrête de respirer. Pendant qu’il est privé d’air, un policier lui assène plusieurs coups de poing au visage. Lors de son transfert à l’hôpital, l’escorte policière recommence (clef de strangulation, plusieurs coups au visage, menaces verbales) parce qu’il a dit aux soutiens postés devant le commissariat les violences policières qu’il a encaissé pendant et depuis son arrestation. Ses droits ne lui seront notifiés que plusieurs heures après son arrestation. Il apprend, sans grand étonnement, les motifs erronés avancés par les policiers: incitation à la rébellion, outrage, rébellion et violence contre un fonctionnaire de police. Les policiers refuseront qu’il ait accès à son traitement, et de lui donner un repas.

Il n’est pas encore entendu sur les faits par un officier de police judiciaire que les policiers ont déjà contacté la presse locale pour couvrir leurs violences et proférer leurs mensonges. Ils seront rapidement rejoints par le cabinet du Préfet des Alpes-Maritimes, le Parquet, le syndicat UNITE SGP POLICE FO, et le Front National. Ils tentent de faire de cette affaire une situation exceptionnelle et veulent faire un exemple. Ils déclarent des mensonges dans la presse: la personne arrêtée était en situation d’ébriété, elle a mis «un coup de poing au visage» d’un fonctionnaire de police, et elle aurait permis «à sept clandestins de s’échapper». Dans les faits, le policier a eu une simple «démabraison» au bras et des vidéos attestent que ce sont les policiers français qui relâchent les gens car les policiers italiens ne veulent pas se déplacer au poste de police. A peine l’audition terminée, il est envoyé en comparution immédiate ou presque…Le parquet n’a pas avisé les «victimes». Il ne peut être jugé et se retrouve placé en détention provisoire pendant onze jours. Il est relâché le 2 septembre et passe Mercredi 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Nice.

Cette nuit n’est pas exceptionnelle. Les violences exercées par la police aux frontières n’ont rien à voir avec la personne arrêtée, ou que les soutiens concrets des réfugiés appartiennent à une «extrême gauche qui veut en découdre avec les forces de l’ordre» (propos de la Préfecture des Alpes-Maritimes et du Front National). Les clefs de strangulation et les coups après menottage sont une pratique courante de la police et plusieurs personnes sont décédées à la suite de ces pratiques. Le 6 mars 2015, Amadou Koume est décédé avant d’arriver au commissariat suite à son interpellation au cours de laquelle les policiers ont usés, «pour le menotter», de la technique de la strangulation. Par cette pratique criminogène, le but est de compresser la personne pour qu’elle ne puisse respirer, que ces forces physiques diminuent rapidement et ressente l’angoisse et la peur d’une mort immédiate. La clef de strangulation est réellement une menace de mort exercée par un policier contre un particulier. Cette brutalité sauvage de la police s’exerce le plus souvent contre les personnes «noires», «basanées», «roms» dans des zones où l’Etat concentre une forte présence policière pour soi-disant lutter contre la criminalité. Il y a actuellement 700 policiers (et bientôt 1200) déployés sur la frontière franco-italienne pour lutter contre la «criminalité transfrontalière». Quelle est cette criminalité? L’entrée irrégulière sur le territoire français de personnes qui ne veulent le plus souvent que le traverser pour arriver dans des pays où se trouvent déjà des membres de leur famille ou parlent la même langue et qui fuient des pays en guerre ou des pays dirigés par des dictateurs. C’est cette même «lutte contre la criminalité transfrontalière» qui justifient l’automatisme des contrôles d’identité contre les personnes qui ne seraient pas «blanches». Dans tout le département des Alpes-Maritimes, les policiers les contrôlent à l’entrée de Menton, à la Gare de Menton-Garavan, à la Gare de Nice et dans les rues et les renvoient automatiquement au poste frontière de Menton d’où ils seront le plus souvent déportés vers l’Italie. Cette répression s’appliquent à toutes sans exception et rappellent, sans grand étonnement, que la France n’a jamais considéré comme «français-e» ou «européen-ne» celles et ceux qui n’avaient pas la couleur de peau blanche. Il n’y a aucun «critère objectif» car le plus souvent les gens arrêtés s’adressent aux policiers en langue française, ou dans une langue européenne (anglais, italien…). Ces pratiques racistes utilisées à la frontière existaient déjà ailleurs. L’intensification des contrôles d’identité ont lieu dans les zones où des «Noirs», «Arabes», «Roms» et «Blancs» pauvres circulent, notamment dans les quartiers populaires que l’Etat et les juges considèrent comme «zones sensibles» pour justifier l’automatisme des contrôles d’identité. On y retrouve aussi ces pratiques policières qui frappent, étouffent et tuent.
Les frontières tuent déjà et vont tuer encore plus! Pendant que la France discute des quotas de réfugiés, l’Etat hongrois autorise l’armée à tirer avec des armes sur les réfugiés, et la mer méditerranée est militarisée de plus en plus! Il y a un mois, un navire de la marine grecque a tenté de couler un bateau de réfugiés en pleine nuit! La frontière franco-italienne est déjà militarisée avec les gendarmes côté français et les carabiniers côté italien, des hélicoptères qui survolent la zone et des bateaux de la marine qui surveillent les côtes.

Il n’est pas aussi inutile de rappeler que les «afflux de réfugiés» dont se plaint l’Europe sont le résultat d’une politique impérialiste et coloniale. Depuis l’invasion de l’Afghanistan et du Proche-Orient par les Etats-Unis et leurs complices européens, les pays sont totalement instables et les populations civiles meurent chaque jour. Il en est de même pour le Soudan, les pays du Sahel et l’«Afrique de l’Ouest». Derrière chaque conflit armé, il y a des intérêts et des stratégies géopolitiques qui profitent aux Européens du Vieux-Continent et du Nouveau-Monde. Loin d’assumer leur responsabilité en ouvrant au minimum leurs frontières pour accueillir les réfugiés de guerre, les Etats les plus riches du monde maltraitent des hommes, des femmes et des enfants pour les renvoyer vers des zones à fort risque de mortalité et prônent l’utilisation d’armes, l’installation de fils électrifiés aux frontières externes de l’Europe, mais aussi à Calais, à Bari, et utilisent encore le racisme comme critère de sélection des réfugiés. A défaut d’appartenir à la religion des colons blancs, le christianisme, les chances d’être accepté comme «réfugié» diminuent. Aujourd’hui des musulman-nes se convertissent pour obtenir le statut de réfugié. Des maires exigent que les réfugié-e-s soient chrétien-ne-s pour être accueillis dans leur commune et François Hollande demande de porter une attention particulière aux chrétiens qui fuient l’Irak et la Syrie.

Malgré les violences et les humiliations des Etats européens, la continuation du racisme et du colonialisme dans le traitement des questions politiques que posent l’arrivée de réfugiés en Europe, les gens s’organisent chaque jour pour lutter contre les frontières, résister aux oppressions et vivre au mieux. Le Presidio No Border Ventimiglia est né de la résistance des migrant-e-s qui, pour contester la fermeture de la frontière franco-italienne, ont occupé les rochers. Chaque jour, il y a de plus en plus de migrant-e-s qui rejoignent le camp qui est un lieu de repos, d’organisation égalitaire et de construction de revendications politiques. Cette résistance n’est pas isolée. Depuis des années en France, des personnes s’organisent contre les violences policières et le racisme d’Etat qui se joue à chaque instant à tous les niveaux.

Le 30 octobre prochain aura lieu La marche de la dignité et contre le racisme car 30 ans après la Marche pour l’Egalité le racisme, les violences et crimes policiers continuent !

Le 30 septembre, rassemblons-nous à 13h devant le tribunal correctionnel de Nice contre le colonialisme, le racisme d’Etat et les violences policières.

http://noborders20miglia.noblogs.org/po ... e-fra-ita/
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Denis » 30 Sep 2015, 20:54

Presidio Permanente No Borders - Ventimiglia

il y a 2 heures

Ventinaia Migranti, sudanesi, eritrei e Pakistani, non ce l'hanno fatta a raggiungere gli scogli questa mattina. Fermati dalla polizia, sono stati portati di forza a Genova dove li hanno messi in un aerio per una destinazione sconosciuta. Al stesso tempo, il Vescovo ha negoziato l'uscita dei scogli da parte dei occupanti in cambio della promessa che non ci sarebbero identificazioni né fogli di via per loro. L'attivista francese arrestato questa mattina è stato entrambe picchiato dalla polizia in questura.
Le cammionette di polizia hanno portato i migranti al centro della Croce Rossa di Ventimiglia, senza identificazione. Gli attivisti sono stati invece portati in caserna per essere identificati e ricevere una denuncia per occupazione, pero a quanto pare senza fogli di via.

Une Vingtaine de Migrants, soudanais, erythréens et Pakistanais n'ont pas réussi à rejoindre les rochers depuis le camp no border à temps ce matin. Ils ont été arrêtés, reconduits de force à Gênes, où ils ont été embarqués dans un avion pour une destination inconnue. L'évêque a quant à lui négocié la sortie des rochers de la part des occupant.e.s en échange de la promesse qu'illes ne seraient pas identifiés et ne recevraient pas d'interdiction du territoire de la commune de Vintimille. L'activiste français arrêté ce matin aurait été maltraité durant son arrestation.
Les migrant.e.s ont été reconduits au centre d'accueil de la Croix Rouge de Vintimille, sans être identifiés. Les activistes quant à eux ont été conduits au comico pour être identifiés. Ils recevront l'accusation d'occupation illégale, mais à priori pas d'interdiction de rester sur la commune.

Around twenty migrants, soudanees, erythreans and Pakistanees did not make it to join the rocks from the no border camp this morning. They have been arrested, taken by force to Genoa, Where they have been deported by plane to an unknown destination. The bishop of Ventimiglia negociated the exit from the rocks in exchange of promess that they would not be identified and would not receive prohibitions of staying on the Ventimiglia zone. The French activist arrested this morning has been beated by police during his arrest in the Police station.
The Migrants have been taken by police to the Ventimiglia Red Cross Center, but without beeing identified. The activists have been taken to police station where they will be identified and receive the accusal for occupying illegally the place. Nevertheless, they should not be prohibited to stay on the Land of Ventimiglia City.

حوالي عشرون مهاجرا من السودان واريتريا وافغانستان لم يستطيعوا الوصول الي الصخور للاحتماء
من الشرطة في معسكر لا حدود نوبوردر الواقعة في الحدود الايطالية الفرنسية وتم اعتقالهم
واخذهم بالقوة الي جينوا ومن ثم ترحيلهم الي بالطائرة الي جهة غير معروفة في حين ان القس
في فانتميليا تفاوض مع الاخرين و وعدهم بعدم تحديد هوياتهم اذا خرجوا من الصخور ويمكنهم
التواجد في فانتميليا
اعتقلت الشرطة ناشطين وتم ضرب احدهم في مركز الشرطة اثناء اعتقاله

اخذت الشرطة المهاجرين الي معسكر الصليب الاحمر دون تحديد هوياتهم بينما تم اخذ
الناشطين الي مركز الشرطة لتحديد هوياتهم بزعم انهم اتوا الي هناك بطريقة غير قانونية
بالرغم من انهم لهم الحق بالتوجد في مدينة فانتميليا الايطاية


https://www.facebook.com/permalink.php? ... 7925168723
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Denis » 30 Sep 2015, 20:59

le camp, détruit par la police !

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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Béatrice » 03 Oct 2015, 23:07

Manifestation dimanche 4 octobre à 14h30 place de la gare à Vintimille !

Lire l’appel à la manif sur la page du presidio (it/fr).

Contre la répression policière lors de l’expulsion du camp de solidarité NO BORDERS à la frontière franco-italienne, les camarades du presidio appellent à une manifestation internationale ce DIMANCHE 4 OCTOBRE à VINTIMILLE.

La manifestation aura lieu à 14h30 au départ de la place de la gare !

Notre solidarité est urgente et précieuse !

WE ARE NOT GOING BACK !


ضد العنف أثناء طرد رجال الشرطة للمعسكر التضامني لا للحدود على الحدود الفرنسية الايطالية، زملأ ال بريزيدو يدعون لمظاهرة دولية هذا الأحد الرابع من تشرين الأول في فانيميلا. سيتم تحديد الساعة والمكان قريبا" في وقت لاحق. تضامننا هو ضرورة و ّذو أهمية. لن نرجع ءالى الخلف شكرا"...

http://mars-infos.org/vintimille-manifestation-332


Communiqué du Presidio No Border sur l’expulsion du camp


Vintimille, le 30 Septembre. Il est encore l’aube quand 12 camionnettes de CRS font irruption dans le Presidio No Border. Avec des bulldozers et d’énormes containers de poubelle, l’expulsion qui a été envisagée depuis longtemps va se mettre en place.
Traduction du communiqué du Presidio No Border suite à l’imposante et violente attaque des flics italiens...


Ils arrachent et ils jettent les tentes, les vêtements, la nourriture, les brochures d’information, les livres, le matériel pour les cours en anglais, français, guitares, les ballons, les meubles, les douches et les toilettes.

La violence dévastatrice de ces bulldozers détruit le travail de mois d’auto-organisation, qui a mobilisé la solidarité de beaucoup de gens, qui a vu cet espace être traversé par une multitude de personnes, dont des migrants, des activistes de toute l’Europe, des gens qui se sont joints pour apporter des pâtes, du lait, de l’eau.

« Nous avons dégagé le presidio, pas les migrants », a déclaré le maire de Vintimille, Loculano. Ce que détruisent ces bulldozers, en fait - sous les yeux attentifs et terrifiés en même temps de la police - est avant tout un chemin d’autogestion, de lutte, qui a eu lieu principalement par l’urgence de vivre ensemble.

Les migrants et les solidaires vivaient ensemble, mangeaient ensemble, dormaient dans le même endroit, géraient ensemble la cuisine, le nettoyage du terrain, la sécurité pour empêcher aux passeurs de rentrer, et ensemble ils se confrontaient dans des réunions horizontales (en arabe, italien, anglais français) pour s’organiser contre la violence des frontières et la répression continue que rencontrent ceux qui essaient de les traverser.

À Ventimiglia, il n’y avait pas de place pour la pitié, la rhétorique de la charité chrétienne. À Ventimiglia il y avait les corps, les regards, l’effort constant de se connaître, de se raconter au-delà des barrières linguistiques. À Vintimille il y avait l’immédiateté des relations, du vivre ensemble, de construire, il y avait la frustration d’avoir en face une barrière qui constamment ramenait la menace d’expulsion, qui reproduisait constamment le visage brutal de l’Europe. Mais il y avait aussi une énergie vitale qui sortait de "coups" devant la frontière, dans l’improvisation de la musique et de la danse du Soudan, dans la conviction de ne pas être seuls, de lutter avec les autres, à Vintimille il y avait le désir irrésistible de liberté.

Voilà ce que les bulldozers et leurs dirigeants voulaient effacer. Ils ont peur de la liberté, de ce que le Presidio No Border est en train de construire, en s’opposant au business minable qui a été créé autour de l’« accueil », en dénoncent les pratiques violentes de la police aux frontières dans le scénario de la multiplication des frontières.

Ventimiglia, Calais, Lampedusa : plaies ouvertes au cœur de l’Europe, où des vies sont suspendues sur le rêve d’une terre d’asile, des espaces de transit où la violence du voyage, les mauvais traitements infligés par la police et les trafiquants, se joignent à la violence de la frontière. La violence des zones de transit dans lesquelles les migrants deviennent des pions à répartir entre les différents États dans le scénario de l’ambiguïté législative, dans une Europe qui professe la liberté de mouvement pendant que Schengen est réduit à un énième dispositif qui renforce les hiérarchies entre qui est citoyen intérieur de la « forteresse Europe » et qui ne l’est pas et pour ça reste piégé dans les dispositions de Dublin II, qui lie la demande d’asile au premier pays d’arrivée.

La patrie de la liberté et des droits répond avec la fermeture et des expulsions des voisins qui, fuyant des dictatures et de la violence, héritage d’un passé que l’Europe prétend avoir oublié. La migration, comme un fait social total, nous oblige à repenser l’ensemble du système économique et les bases sur lesquelles l’Europe est construite, en l’appelant à répondre des conséquences de l’exploitation coloniale. Effort qu’aucun État européen ne semble être prêt à faire.

Voici donc que fermer, barrer, expulser semblent devenir les seuls slogans ; pour ne pas mentionner l’ouverture de nouveaux hotspots, de fait des lager légalisés. Mais les parcours No Border savent très bien que le contrôle n’est pas la seule stratégie mise en œuvre dans la gestion de la migration : ce qu’ils dénoncent, en plus de la fermeture des frontières, est le drainage classiste et racial des flux, par lequel les États essayent d’avoir la main-d’œuvre la plus qualifiée, créant parfois une véritable « entreprise d’accueil » dans lequel les réfugiés deviennent des opportunités de profit pour les coopératives, parfois en exploitant leur illégalité, comme cela arrive avec la loi Bossi-Fini en Italie, qui lie le contrat de travail au permis de séjour, en laissant les demandeurs dans l’incertitude administrative qui ne peut que pousser au travail illégal.

Légaliser l’exploitation sans régularisation des migrants est bien adapté à un système qui fait de l’inégalité son pilier. Ceux qui font appel à la loi tant vantée sont en fait les premiers partenaires dans la production de l’illégalité et la clandestinité.

Et voila que la réponse immédiate contre ceux qui mettent en évidence la misère de ces ambiguïtés et essayent chaque jour de construire des parcours de lutte alternatifs est la répression et la criminalisation des migrants et des militants. La répression devient l’effort pathétique de minimiser et de dépolitiser le message du parcours No Border.

Sur la frontière franco-italienne, en seulement un mois, deux militants ont été arrêtés, 8 autres ont été refoulés avec un mandat, tandis que les passeurs sont autorisés à mener leurs négociations en face de la gare de Vintimille ou à entrer dans le domaine de la Croix-Rouge. Nous nous demandons si la même énergie utilisée pour réprimer les activistes No Border et les migrants sont également utilisés pour lutter contre l’embauche illégale dans la campagne, pour lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants, rendu encore plus facile par les lois ambiguës construites sur le racisme institutionnel.

Alors que la police réprime ceux qui luttent pour l’élimination des frontières et contre la force d’un système capitaliste, l’Europe continue à demander, comme en Grèce, comme au Mali, comme au Sénégal et dans de nombreux États post-coloniaux, le « courage de réformes douloureuses », qui ne sont en fait que des mesures meurtrières au nom d’une dette extérieure négociée à leur insu, tout en fermant en même temps les portes à ceux qui fuient la pauvreté dans ces pays. Voilà que la rhétorique de l’hospitalité cède la place à l’érection de murs et au déploiement de mesures répressives.

Ils ont détruit un lieu, une maison, un refuge pour beaucoup. Ils ont détruit un Présidio, mais pas un parcours, parce que Ventimiglia n’est pas juste un endroit. Vintimille est une idée de résistance qui repose sur un réseau établi au cours de ces trois mois, et qu’aucun bulldozer et aucune expulsion ne pourront jamais dégager.

Vintimille est partout et la solidarité est notre arme.


http://mars-infos.org/vintimille-commun ... esidio-338


Témoignage par téléphone le 30 septembre après-midi sur l'expulsion et destruction du camp No Border des migrants à Vintimille sur Radio Galère

http://www.millebabords.org/spip.php?article28318
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
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Re: Ventimiglia, les migrants à la frontière

Messagede Béatrice » 06 Oct 2015, 19:28

Vidéo de l’expulsion du campement No Border ( 30/09/2015 )




Suivi de la lutte contre la frontière franco-italienne
http://mars-infos.org/vintimille-suivi-de-la-lutte-346
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