arrestation de plusieurs soutiens aux sans papiers

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arrestation de plusieurs soutiens aux sans papiers

Messagede Pïérô » 16 Fév 2010, 13:33

en attendant d'avantage d'infos :

Rassemblement - arrestation de plusieurs soutiens aux sans papiers

Aujourd'hui (15/2) à 6h30 du matin, plusieurs arrestations et perquisitions ont eu lieu à différents domiciles par la brigade criminelle du 36 quai des orfèvres.

Rassemblement demain mardi 16 février à 17h30 Chateau Rouge.

Communiqué du 15 février 2010.

Arrestations de plusieurs personnes à Paris.
Aujourd'hui, à 6h30 du matin, plusieurs arrestations et perquisitions ont eu lieu à différents domiciles par la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres. Nous sommes sûrs que cinq personnes ont été arrêtées ( peut-être plus?) et il semblerait que les flics soient à la recherche d'autres personnes.

Ce soir, ils sont toujours en garde à vue.

Sans connaître précisément les chefs d'inculpation, on peut supposer que ces arrestations répondent aux effets d'annonce parus dans les médias il y a de ça trois semaines. Au 2e jour du procès des inculpés de l'incendie du centre de rétention de Vincennes, certains journaux accusaient "l'ultra-gauche" de dégradations de dizaines de distributeurs de banques notoirement connues pour avoir dénoncé des sans-papiers aux flics.

Rappelons qu'un certain nombre d'initiatives ont eu lieu en France autour du procès et contre la machine à expulser : manifestations, sabotages, discussions, repas, tags et projections...(http://nantes.indymedia.org/article/19599)

Pendant les perquisitions, les flics ont eu l'air de chercher particulièrement des tracts en rapport avec les luttes de sans-papiers et contre la machine à expulser. Et, ils ont saisi des vêtements, des ordinateurs, et des téléphones portables.

[... appeler ... ] au standard du 36 quai des orfevres : 01.77.72.01.17 pour demander la libération de nos camarades.

Pour continuer a lutter contre la machine a expulser, rassemblement demain mardi 16 février, 17h30 au métro Chateau Rouge.

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers !
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Re: arrestation de plusieurs soutiens aux sans papiers

Messagede Pïérô » 18 Fév 2010, 21:17

Arrestations parmi des militants à Paris :

des nouvelles ...

Par Marie Barbier
http://www.laissezpasser.info/

Au moins cinq personnes étaient toujours en garde à vue hier dans le cadre d’une enquête portant sur une quarantaine de dégradation de distributeurs automatiques de billets à Paris. En décembre, ces dégradations avaient été attribuées à des militants de « l’ultra gauche ». Hier, le parquet de Paris confirmait que l’enquête avait été confiée à la section de lutte contre la criminalité organisée.

L’une des personnes mise en garde à vue, libérée lundi soir, a livré un témoignage édifiant. Militante au Réseau éducation sans frontières (RESF), elle a vu cinq policiers débarquer chez elle, à l’aube, en gilet pare-balles. Après avoir photographié ses livres et ses notes, les forces de l’ordre l’ont transféré au 36 quai des Orfèvres, où Hélène a été placée en garde à vue. « Là, raconte t-elle, j’ai eu le droit aux photos anthropométriques, prise d’empreintes (...). J’ai des marques reconnaissables sur le corps qu’ils ont prises en photos. Je leur ai expliqué que c’était une maladie génétique. Ils ont fait des commentaires se demandant si ce n’était pas contagieux ». Suivent plusieurs interrogatoires et un test ADN avant que Hélène ne soit libérée après treize heures de garde à vue. Même si les policiers lui ont affirmé qu’elle ne serait plus ennuyée, Hélène ne pourra pas récupérer son téléphone avant trois semaines.

Selon Marie-Cécile Pla du RESF, le seul crime d’Hélène est d’avoir la responsabilité du téléphone de veille du réseau, par lequel elle prévient les autres militants en cas de rafles de sans-papiers : « C’est juste une assistante sociale, gentille et non violente, qui n’a jamais fait plus que de crier dans une manif ». Et de craindre un « nouveau Tarnac ». Un rassemblement était prévu hier soir alors que les autres personnes interpellés étaient toujours en garde-à-vue.

Voici l’intégralité du texte écrit par Hélène :

A 6H10, 4 hommes et une femme ont frappé à ma porte, ont dit que c’était la police. J’ai ouvert. Ils portaient des gilets par balle. Je ne me souviens plus s’ils m’ont montré un papier dès leur arrivée. Je sais que j’en ai signé un après mais ne me rappelle plus quoi. Ils m’ont parlé des "mes engagements politiques de gauche". Tout ce moment reste très flou, J’étais surprise et je me demandais ce qu’il se passait.

Au bout d’un moment ils m’ont dit chercher des bombes de peinture et m’ont parlé de destruction de DAB distributeur automatique de billets. Ils ont cherché de la littérature subversive. ils ont pris en photos des livres (le dernier de RESF, de la désobéissance civile...). Ils ont fouillé partout. Ils ont voulu voir les photos de mon appareil photos, m’ont demandé si j’avais des photos de manif. Ils ont photographié des notes sur l’occupation des grévistes. Ils ont emmené deux ou trois papiers qu’ils m’ont rendu. Ils ont embarqué mon CV. Ils ont voulu prendre mon ordi mais je leur ai expliqué que je n’avais plus internet depuis deux ans. Ils l’ont fouillé quand même sans l’emporter. Ils m’ont demandé mon portable et mon chargeur, qu’ils ont emporté. Je ne les ai pas récupéré. ils m’ont dit que je pourrais le récupérer demain. Dans l’appartement ils m’ont parlé du centre de rétention de vincennes. ensuite nous sommes descendus dans ma cave. Ils y ont jeté un rapide coup d’oeil.

J’ai été emmené ensuite au 36 quai des orfèvre. J’y suis arrivée vers 8h. Là j’ai eu le droit aux photos anthropométriques, prise d’empreintes et m’ont fait me déshabiller, m’accroupir et tousser. J’ai des marques reconnaissables sur le corps qu’ils ont prises en photos. Je leur ai expliqué que c’était une maladie génétique. Ils ont fait des commentaires se demandant si ce n’était pas contagieux....

Ensuite, vers 11 h, j’ai été interrogée pour ce qu’ils appellent l’interrogatoire d’identité (je plus trop sur du terme) par un commandant de police. Ils sont remonté de ma scolarité primaire à mon diplôme professionnelle, m’ont interrogé sur mes voyages et ensuite sur mes opinions politiques. Ils m’ont questionné sur mes activités militantes. Je suis remontée en cellule. J’ai été ensuite changée de cellule car j’étouffais dans celle où j’étais (en gros 4 mètres carrés, pas d’aération pas d’ouverture). J’ai demandé à voir un médecin que j’ai vu une heure après environ. Il m’a été demandé de faire un test ADN. Avant j’avais dit que j’avais le droit de refuser. Il m’a été répondu que je pouvais être jugé pour ça et que de le faire été le meilleur moyen de prouver mon innocence. Je l’ai donc fait.

Vers 16h30 j’ai été vu à nouveau "pour les besoins de l’enquête". Mon téléphone portable a été évoqué à nouveau. Il m’a été dit qu’effectivement c’était pour cela que j’étais là. On m’a demandé si j’avais participé à des actes de violences destruction de DAB, investir la préfecture ou la caf, m’ont interrogé sur mes connexions internet, les sites que je visite, mes moyens d’informations et si je connaissais des gens qui avaient commis des actes de violence (ai répondu pas à ma connaissance) ou entendu parler d’actes de violence. Ils ont beaucoup insisté pour savoir ce que je savais des banques qui dénoncent les sans-papiers, ce que j’en pensais et ce que je pensais des actes violents.

La fin de ma garde à vue a été prononcé à 19h35. Je suis sortie après 13h20 de garde à vue.


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ce mardi 16 février, une nouvelle personne a été arrêtée chez elle vers 15 heures, son domicile a été perquisitionné dans la foulée et elle a ensuite été placée en garde-à-vue au 36 quai des Orfèvres, avec les autres arrêtées le jour précedent.

Une autre personne aurait été arrêtée dans la soirée mais on n’a pas eu de confirmation.

Plusieurs personnes sont sorties de garde-à-vue sans aucune charges contre elles. L’une, Hélène, est sortie dès le lundi soir.

Deux autres personnes arrêtées le lundi matin ont été libérées le mardi dans la soirée, également sans charges retenues.

On a appris aussi que plusieurs domiciles de parents de gens arrêtés lundi matin avaient également été perquisitionnés le lundi dans la foulée.

Au cours des perquisitions, les flics ont embarqué des ordinateurs, des tracts et semblaient rechercher des habits particuliers.

En garde-à-vue, les questions concernaient surtout les actions de solidarité qui ont eu lieu depuis deux mois en lien avec le procès de l’incendie du centre de rétention de Vincennes : balades, occupations d’entreprises participant à la machine à expulser (Air France, Carlson Wagonlits), sabotages de distributeurs de billets...

Devant le refus de plusieurs personnes de donner leur ADN, les flics ont essayé de le prélever sur des mégots de cigarettes et sur des habits. Il semble que le refus ADN ne soit pas retenu comme charge, au moins contre ceux qui ont été libérés.

Donc pour faire un récapitulatif (qui n’est peut être pas exhaustif) : six personnes et autant de domiciles ont été perquisitionnés lundi matin plus une personne arrêtée mardi et son domicile perquisitionné. Sur ces sept personnes arrêtées, trois ont été libérées (une lundi soir et deux mardi soir).

D’apres une depêche de l’AFP de ce matin : quatre personnes seraient déférées devant le parquet ce mercredi matin en vue d’être éventuellement mises en examen pour "dégradations et destructions de biens en réunion" et "destructions de biens par substance explosive et incendie". Le parquet a requis leur placement sous contrôle judiciaire. On en saura sans doute plus bientôt.

Un rassemblement en solidarité avec les personnes arrêtées et avec les actes qui leur sont reprochés a eu lieu hier mardi à 17h30 à Château-Rouge.


.

Communiqué du 17 février du RESF Paris-Nord-Ouest :

Des gardes à vue arbitraires et humiliantes : la liberté de circulation est un droit fondamental !

Malgré les intimidations, nous poursuivrons notre engagement solidaire aux côtés des personnes dites sans-papiers.

Hélène, militante du Réseau Education sans Frontières dans le XVIIIe arrondissement de Paris a été interpellée à son domicile le lundi 15 février 2010 à 6 H du matin.
Son appartement et sa cave ont été perquisitionnés, son ordinateur inspecté.
Elle a ensuite été conduite par 5 policiers de la Brigade criminelle, munis de gilets pare-balles, au 36 quai des orfèvres où elle restée en garde à vue.
Le tout a duré plus de 13 heures à l’issue de quoi son téléphone portable ne lui a pas été rendu.

Cette garde à vue a été particulièrement éprouvante pour elle, tant pour les conditions hygiéniques et sanitaires déplorables de ces locaux, qu’en raison de certaines réflexions désobligeantes sur les stigmates qu’elle porte sur son corps en raison d’une maladie génétique.

Les policiers l’ont interrogée sur son parcours depuis l’école élémentaire, son chat qui s’appelle Rosa Parks, son travail, ses opinions politiques, ses fréquentations, ses voyages à l’étranger, ses lectures subversives etc. Toutes ces questions n’avaient rien à voir avec le prétexte officiel de sa garde à vue : les mésaventures arrivées à quelques distributeurs automatiques de billets de banque.

En dehors de quelques questions précises liées à l’« affaire des distributeurs », les policiers l’ont interrogée sur ses opinions politiques et son engagement auprès des sans-papiers. Pourquoi ?

Parce que Hélène a , sur son portable, une liste de plus d’une centaine de numéros de téléphone à prévenir par SMS en cas de rafles, c’est-à-dire « d’arrestations massives opérées par la police dans un quartier » (Petit Robert) visant les sans-papiers, par le biais de contrôles d’identité systématiquement opérés en raison du faciès non « gaulois » des individus qui circulent dans les rues de Paris.

Le but de ce « téléphone rafles » est d’alerter le maximum de personnes possible sur ces opérations discriminatoires, afin de se déplacer sur le lieu des interventions, de demander aux policiers la commission rogatoire qui fixe des limites précises à leur intervention, de prévenir les personnes sans-papiers qu’un contrôle d’identité est en cours et qu’elles risquent d’être contrôlées, d’observer le déroulement de ces « opérations », d’en témoigner et d’organiser rapidement la solidarité en cas d’arrestations.

Ces actions policières, menées de façon de plus en plus discrète à Paris (policiers en civil, camionnettes blanches banalisées, etc.), doivent en effet être rendues visibles pour ce qu’elles ont d’inacceptable : priver de liberté des hommes et des femmes parce qu’ils n’arrivent pas à obtenir les papiers que l’Etat leur impose d’avoir. La possibilité de libre circulation des individus reste à nos yeux un droit fondamental. Sur cette liste ont donc été enregistrés tous ceux qui le souhaitaient, parce qu’adhérant à ce principe de liberté de circulation des individus, qu¹ils aient ou non le « droit » de séjourner en France.

Nous affirmons notre solidarité avec Hélène et avec toutes celles et ceux interpellés pour leur engagement dans la lutte contre la chasse aux personnes dites sans-papiers. Nous dénonçons les conditions d’arrestation et de garde à vue humiliantes et dégradantes auxquelles les personnes arrêtées sont ou ont été soumises. Et malgré les intimidations, nous poursuivrons notre engagement solidaire aux côtés des personnes dites sans-papiers.

RESF Paris-Nord-Ouest
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Re: arrestation de plusieurs soutiens aux sans papiers

Messagede Pïérô » 02 Mar 2010, 01:07

Communiqué du Gisti, Groupe d'Information et de Soutien des Immigrés, http://www.gisti.org/spip.php?article1897 :

Contre la criminalisation des défenseurs des droits des étrangers


Ces derniers jours, la « machine à punir » les délits de solidarité a fonctionné à plein, rappelant qu’une épée de Damoclès pèse sur tous ceux qui dénoncent l’inhumanité des lois sur l’immigration : procès des « webmasters » de sites appelant au boycott des opérateurs participant à la construction de centres de rétention [1] ; procès des militants arrêtés au cours d’une manifestation à Calais pour la liberté de circulation ; fermeture d’un lieu de dialogue et de solidarité avec les migrants de Calais et interpellation de ses occupants [2] ; garde à vue de militants soupçonnés de dégradations de biens ou, tout simplement, d’opposition à la politique des rafles policières …

Le Gisti dénonce depuis longtemps le harcèlement moral, policier et judiciaire que subissent les militants menacés de poursuites en raison de « l’aide directe ou indirecte, apportée à l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France » (art. L. 622-1du Ceseda [3]). La répression dépasse maintenant de beaucoup l’application de ce seul article inique. La fermeture du local de No Border où étaient hébergés des exilés de Calais illustre l’imagination débordante des pouvoirs publics en la matière. Dans cette affaire, de simples arrêtés municipaux à la légalité douteuse, pris pour des motifs d’ « insalubrité », auront suffi à criminaliser les migrants et leurs soutiens, à clochardiser un peu plus encore les exilés et à couvrir les violences policières.

Selon une méthode désormais bien rôdée, les délits d’outrage, d’injure, de diffamation ou de rébellion sont utilisés pour poursuivre et condamner les personnes qui protestent contre la politique menée à l’égard des étrangers [4]. Plus grave encore, l’arsenal « anti-terroriste » a également été mis en branle à plusieurs reprises contre des mouvements luttant pour la fermeture des centres de rétention et la liberté de circulation, avec à la clef des arrestations musclées et des détentions provisoires dépassant parfois une année.

Les militants arrêtés ou poursuivis en ces occasions ont été déclarés coupables avant même d’avoir été jugés, à coup de déclarations haineuses et diffamatoires. Le ministre de l’immigration a qualifié de « violents » les militants de No Border sur la seule base de leur engagement en faveur des exilés. On voit réapparaître des catégories de pensée que l’on croyait révolues. Pour le porte-parole de l’UMP, l’altermondialisme relève d’ « idées antinationales », et « certaines associations ou pseudo-associations » doivent « rendre des comptes à la justice ». Avec les récentes actions policières contre des militants de la liberté de circulation, ses vœux sont en passe d’être exaucés.

Le Gisti dénonce cette nouvelle forme de chasse aux sorcières qui prétend ériger en délit d’opinion la revendication d’une autre politique migratoire. Il réaffirme son soutien aux « délinquants de la solidarité », et au-delà, à tous ceux qui défendent l’égalité des droits entre nationaux et étrangers et la liberté de circulation.


Notes

[1] Voir notre communiqué : http://www.gisti.org/spip.php?article1823

[2] Voir le communiqué interassociatif du 8 février 2010 : http://www.gisti.org/spip.php?article1817

[3] Voir notre dossier « Les délits de la solidarité » : http://www.gisti.org/delits-de-soli...

[4] Exemples de poursuites et de condamnation : http://www.gisti.org/spip.php?rubrique419
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