Soutien aux sans papiers et exilé-es

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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 12 Nov 2018, 21:19

Marseille : pour un accueil politisé
« Que le "Welcome" ne l’emporte pas sur le "No border" »

Rencontre avec deux militants du collectif marseillais Al Manba, qui accompagne depuis trois ans les luttes des migrants dans la région.

À Marseille, ville de transit par excellence et carrefour de cultures, les migrants sont paradoxalement longtemps restés quasi invisibles. Mais la donne a changé ces dernières années, en raison de la répression croissante à la frontière italienne, des expulsions de la (dite) jungle de Calais et des déplacements forcés vers des « centres d’hébergement » [1] (dont plusieurs ont éclos dans les environs). Conséquence : les migrants se sont fait plus nombreux, plus visibles, traités ici comme ailleurs en indésirables, traqués autant qu’abandonnés à leur sort.

C’est en réaction à cette situation qu’a été créé à l’été 2015 un collectif qui a vite fait feu de tout bois : Al Manba. Cette organisation sans chefferie ni statut d’association fonctionne sur des principes d’autogestion, avec pour but de faciliter l’accueil et l’autonomisation des migrants. Pas question d’être les supplétifs d’un État défaillant, insistent deux des membres fondateurs, Tina et Mika. Lesquels posent l’aspect politique comme essentiel, et résument les objectifs principaux en ces termes : « L’hébergement de lutte, l’entrave aux expulsions, la lutte contre les frontières. » Ils reviennent ici sur l’itinéraire du collectif.

... http://cqfd-journal.org/Que-le-Welcome-ne-l-emporte-pas
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 18 Nov 2018, 20:10

Rassemblement
Pour exiger le respect des droits des jeunes isolé⋅e⋅s en IdF

Paris mardi 20 novembre 2018
à 18h30, Place de la République

Dans le cadre de la campagne nationale lancée en octobre par le collectif Jujie (Justice pour les jeunes isolé⋅e⋅s étranger⋅e⋅s), les organisations d'Île-de-France membres de ce collectif appellent à un rassemblement place de la République le 20 novembre, journée internationale des droits de l'enfant, à 18h30.

Aucun des départements d'Île-de-France ne respecte - loin s'en faut - ses obligations en matière de protection de l'enfance dès lors qu'il s'agit de jeunes isolé⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. Les pratiques sont très diverses mais on constate partout des violations graves et massives des droits fondamentaux de ces jeunes.

Dans les Hauts-de-Seine, les mineur⋅e⋅s isolé⋅e⋅s sont chaque jour vingt, trente ou plus à attendre devant les locaux de l'aide sociale à l'enfance (ASE) après avoir dormi dehors, peu vêtu⋅e⋅s, sans avoir mangé mais seulement deux ou trois d'entre eux ou elles - quatre les bons jours ! - sont admis⋅e⋅s pour un entretien d'évaluation, préalable à toute mesure de protection.

A Paris, l'ONG Human Rights Watch a rendu public en juillet 2018 un rapport au titre explicite : « C'est la loterie. Traitement arbitraire des enfants migrants non accompagnés à Paris ». On y lit, entre autres informations scandaleuses, que « de nombreux enfants demandant une reconnaissance légale de leur âge affirment avoir été refusés à l'entrée du DEMIE [la cellule d'évaluation parisienne gérée par la Croix rouge française] par le personnel de sécurité. D'autres subissent un bref entretien d'environ cinq minutes, suivi d'un refus verbal expéditif. »

En Seine-et Marne, une note interne du département a mis fin depuis juin 2017, de façon totalement discriminatoire, à toutes les aides accordées aux jeunes isolé⋅e⋅s, ce qui a pour effet de les priver après leur majorité de tout moyen de subsistance et de la possibilité de poursuivre leurs études.

Dans les Yvelines, certain⋅e⋅s se voient reprocher de n'être pas demeuré⋅e⋅s dans le premier pays de l'Union Européenne (Italie ou Espagne) par lequel ils ou elles sont entré⋅e⋅s et sont remis⋅e⋅s à la rue pour ce seul motif. D'autres ne sont pas considéré⋅e⋅s comme véritablement isolé⋅e⋅s du seul fait d'avoir été aidé⋅e⋅s à un moment de leur parcours en France par une association ou un particulier.

L'Essonne a aussi pris l'habitude de motiver ses refus de protection par l'existence d'un hypothétique « soutien logistique par des tiers », en se fondant de surcroît sur des remarques totalement subjectives sur la « maturité et la morphologie » des jeunes. Ceux et celles pris en charge sont mis, le plus souvent, dans des hôtels sociaux, sans encadrement éducatif. En mars dernier, un mineur isolé de 17 ans a été poignardé dans un de ces hôtels.

En Seine-Saint-Denis, le Pôle d'évaluation des mineurs isolés étrangers - aussi géré par la Croix rouge française - donne parfois des rendez-vous deux mois plus tard avant d'examiner la demande de protection d'un⋅e jeune. Pendant ce temps, ils et elles sont laissées à la rue.

Dans le Val d'Oise, seul⋅e⋅s les mineur.e.s isolé.e.s qui passent le premier filtre du département peuvent prétendre à une évaluation par l'association mandatée. Par ailleurs, ce département fait systématiquement appel des décisions de placement prises par le juge des enfants lorsqu'elles contredisent le résultat de ses évaluations.

Il est de la responsabilité de élu⋅e⋅s des conseils départementaux, et en premier lieu de leurs président⋅e⋅s, de mettre fin à ces pratiques indignes et discriminatoires. Ils et elles doivent garantir une véritable protection de ces jeunes, au regard de leur particulière vulnérabilité (hébergement, soins, accompagnement éducatif). De son côté, l'État doit garantir à ces jeunes un droit à la scolarisation et à la formation professionnelle ainsi qu'un titre de séjour à leur majorité. Il doit aussi interdire l'usage des tests osseux, renoncer à mettre en œuvre le fichier biométrique créé par la loi asile et immigration et en finir avec une politique pénale particulièrement répressive et expéditive.

Le 20 novembre 2018
Rassemblement à 18h30
Place de la République

Pour dénoncer les discriminations dont les jeunes isolé⋅e⋅s étranger⋅ère⋅s sont victimes : des témoignages, des prises de paroles, du mouvement social avec Fanfare Invisible, des clameurs avec Sylvestre l'Aboyeur, des diffusion de court-métrages avec Les Lucioles du doc, distribution de cartes postales, etc.
Le collectif JUJIE est composé des organisations suivantes :

ADJIE (Accompagnement et défense des jeunes isolés) - ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Étrangers) - AMIE Lyon (Accueil des Mineurs Isolés
Étrangers) - BOÎTE SANS PROJET AMIENS - CGT Educ'action - La CIMADE - CPMJIE (Collectif Parisien pour les Mineurs et Jeunes Isolés Étrangers) - COJIE 45 - COLLECTIF AMIÉMOIS DES SANS PAPIERS - COMITE SOUTIEN DENKO SISSOKO Chalons en champagne - Collectif MIE 13 - CRSP Chartres - DEI-France (Défense des Enfants International) - ENSEIGNANTS POUR LA PAIX - FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou ⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. te ⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. s les Immigré ⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. e ⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. s) - FEDERATION SUD Éducation - FCPE Nationale (Fédération des Conseils de Parents d'Élèves) - FERC-CGT (Fédération de l'Éducation, de la Recherche et de la Culture) - FSU (Fédération Syndicale Unitaire) - GISTI (Groupement d'information et de soutien des immigré ⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. e ⋅e⋅s étranger⋅e⋅s. s) - Help M.I.E. Saint Étienne - LDH (Ligue des Droits de l'Homme) - Les Midis du MIE - MEDECINS DU MONDE - MELTING PASSES - Min'de Rien 86 - MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) - PARIS D'EXIL - RÉSEAU SOLIDAIRE AMIÉMOIS - RESF (Réseau Éducation Sans Frontières) - SAF (Syndicat des Avocats de France) - SNPES-PJJ/FSU (Syndicat National des Personnels de l'Éducation et du Social -PJJ/FSU) - SOLIDARITÉ SANS PAPIERS CREIL - SUD CD 93 - FÉDÉRATION SUD Éducation - SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE - TIMMY.


https://paris.demosphere.net/rv/65530
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 25 Nov 2018, 19:29

Un refuge, une cantine militante : la solidarité

Ces derniers mois, des collectifs de soutien aux migrant.es ont vu le jour dans de nombreuses villes de France. Ils ont mené une lutte active et efficace pour pallier les défaillances de l’État. À Nantes, la mobilisation est restée forte durant tout l’été pour aider les migrant.es vivant à la rue. Retour sur une lutte qui dure maintenant depuis plus d’un an.

À Nantes, on peut fixer le point de départ de la lutte actuelle au 19 novembre 2017 lorsque des militantes et militants ont investi l’ancienne école des Beaux-Arts pour mettre à l’abri des mineurs isolés étrangers qui dormaient à la rue. Après une seule nuit, le bâtiment est violemment évacué par la police, à la demande de la mairie. Quelques jours plus tard, ce sont des bâtiments sur le campus universitaire qui sont occupés  : d’abord le sous-sol du bâtiment Censive puis le Château du Ter­tre. Après un bras de fer engagé avec la présidence de l’université, la menace d’une expulsion est levée jusqu’à la rentrée de janvier. Dans un contexte de mouvement social, avec la lutte étudiante, contre la sélection à l’université et Parcoursup, l’occupation du campus durera jusqu’au 8 mars 2018, lorsque le président de l’université profitera des vacances scolaires et d’une faible présence étudiante pour autoriser les CRS à intervenir sur le campus et déloger la centaine d’occupantes et occupants.
Solidarité contre répression

Aucune solution de relogement n’est alors proposée. Dès le lendemain, un nouveau bâtiment est ouvert en centre-ville  : la résidence Bréa, ex-Ehpad. Les migrantes et migrants trouvent ainsi à nouveau un toit et de meilleures conditions de vie que sur le campus. Cette fois, c’est avec la mairie que le bras de fer s’engage et cette dernière accepte rapidement de ne pas évacuer le bâtiment avant la fin de la trêve hivernale, le 31 mars. Mais la population de la résidence augmente rapidement, passant d’une centaine d’occupantes et occupants à plus de 500 en quelques mois. La promiscuité et le manque de nourriture font naître des tensions et la situation se dégrade progressivement. Fin mai, la mairie et la préfecture décident alors d’intervenir  : un accès restreint est mis en place, une minorité des occupantes et occupants est autorisée à rester, encadrée par des associations qui travaillent avec la mairie, tandis qu’une grande partie des migrantes et migrants se retrouvent à nouveau à la rue. S’ensuit une nouvelle succession d’ouverture et d’évacuation de squats jusqu’à la fin du mois de juin où le square Daviais, en plein centre ville, devient le principal lieu de vie des migrants.

Dès le mois de novembre 2017, les migrantes et migrants ont pu trouver à Nantes un solide soutien de la part d’étudiantes et étudiants, syndicalistes, militants associatifs et politiques ou simples citoyennes et citoyens.

Si l’on s’est toujours battu pour leur trouver un toit, les Nantais.es ont également agi pour subvenir aux besoins alimentaires des migrant.es. Ainsi, à partir du mois de juillet, le collectif L’Autre Cantine a vu le jour pour servir des repas chauds et complets aux migrant.es du square Daviais.
Pour un accueil digne des migrant.es

Grâce aux dons et à l’aide de très nombreux.ses bénévoles, plus de 40 000 repas ont pu être préparés et servis depuis début juillet, chaque soir de la semaine. Des repas par ailleurs bien plus équilibrés (riz, légumes cuisinés, salades de fruits) que ceux distribués par la mairie, composés de paquets de chips et de sandwichs industriels. En parallèle de l’aide immédiate apportée aux migrant.es, une mobilisation forte et durable a permis d’établir un rapport de force avec la mairie et la préfecture à travers des actions et manifestations, poussant ainsi les pouvoirs publics à réagir.

Le 20 septembre dernier, le square Daviais est finalement évacué  : environ 700 migrant.es sont «  mis à l’abri  » dans des gymnases de la ville avant d’être prétendument pris en charge de façon plus pérenne dans des lieux d’hébergements à Nantes et sur le territoire, à partir du mois d’octobre.

Le 4 octobre, c’est la résidence Bréa qui est également évacuée  : sur les 200 occupant.es qui restaient, 127 ont été transférés dans un centre d’accueil et d’évaluation des situations, autrement dit un centre de tri d’État. La police aux frontières, présente lors de l’évacuation, a interpellé huit migrants dont quatre ont été incarcérés au centre de rétention administrative de Rennes dans l’attente de leur expulsion du territoire. Pour la soixantaine de personnes restantes, aucune solution d’hébergement, même temporaire, n’a été proposée. À chaque fois, ce n’est donc pas une prise en charge des migrant.es mais des déplacements pour mieux cacher les problèmes.

Depuis, la pression policière sur les migrant.es et leurs soutiens ne cesse de s’intensifier, tout semble permis tant que cela se fait à l’abri des regards, il ne faudrait surtout pas écorner l’image de Johanna Rolland, la maire socialiste de Nantes  ! Celle-ci martèle que la gestion de ces migrant.es relève de la compétence de l’État, qui doit prendre ses responsabilités en ouvrant davantage de places dans les centres d’accueil des demandeurs d’asile. Il apparaît clairement que la maire de Nantes ne cherche qu’à se débarrasser de ce sujet gênant. Malgré l’omniprésence des mots «  solidarité  » et «  humanité  » dans ses discours, la mairie socialiste n’a aucune envie d’aider les migrant.es. Nous voyons une fois de plus que seules la mobilisation populaire et l’auto-organisation peuvent faire vivre la solidarité et que les responsables politiques n’ont que la répression à offrir.

Contrairement aux propos racistes et xénophobes que l’on peut entendre aussi bien à droite qu’à gauche de l’échiquier politique, la France a la capacité d’accueillir et de prendre en charge les migrant.es qui sont déjà sur le territoire ou qui souhaitent le rejoindre. La seule barrière est celle de la décision politique. Pour diverses raisons (convictions, stratégie électorale), la question de l’accueil des migrant.es est taboue. Nous nous dressons contre cette logique et affirmons que nous pouvons et nous devons accueillir dignement ces personnes en détresse. Et si la diversité en effraie certain.es, nous pensons au contraire que c’est une richesse. Alors continuons de lutter pour un accueil inconditionnel des migrant.es. Pour des frontières ouvertes et des papiers pour toutes et tous !

Alexandre, Steph et Robin (AL Nantes)


http://www.alternativelibertaire.org/?U ... solidarite
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 23 Déc 2018, 17:09

Dans le Morvan, un village résistant accueille des demandeurs d’asile

Mercredi 19 décembre, le Pacte mondial sur les migrations sera ratifié par les États membres de l’ONU, à New York. En France, plus de 100.000 demandeurs d’asile sont enregistrés chaque année. Et accueillis dans des communes, comme à Luzy, dans le Morvan, où leur arrivée dynamise la vie locale.
Luzy (Nièvre), reportage

... https://reporterre.net/Dans-le-Morvan-u ... rs-d-asile
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 24 Déc 2018, 00:36

Journée internationale des MigrantEs à Paris : La plus grosse manifestation depuis au moins 10 ans !

Le 18 décembre avait lieu une manifestation pour la journée internationale des migrants. Avec des mots d’ordres clairs comme la fermeture des centres de rétention et la liberté de circulation elle a regroupé plus de 10 000 personnes. Un succès.

Sur Paris c’est effectivement la plus grosse manifestation de sans-papiers et en solidarité avec les migrantEs depuis au moins 10 ans. Au même moment des manifestations ont lieu dans près de 60 villes sur tout le territoire. Ces manifestations ont été précédées samedi par deux marches vers les frontières à Menton (frontière avec l’Italie) et au Perthus (frontière avec la Catalogne).

... https://paris-luttes.info/journee-inter ... -des-11350
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 31 Déc 2018, 21:13

Migrants. Des villages à bras ouverts

Dans l’Allier, des villages sont devenus, grâce à la volonté de maires, d’habitants et d’associations, des lieux d’accueil pour des réfugiés venus d’Afrique, de Syrie ou d’Afghanistan. Rencontres au sein de cette ruralité qui a la solidarité au cœur.

... https://www.anti-k.org/2018/12/27/migra ... s-ouverts/
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 08 Fév 2019, 17:29

Recrudescence de violences policières envers les jeunes exilés de Ouistreham

Le 29 janvier dernier, Reporterre publiait un reportage à Ouistreham, en Normandie. Ce port est, après Calais, le deuxième point de départ de la France vers l’Angleterre. Des dizaines d’exilés tentent chaque jour de traverser la Manche et vivent dans de rudes conditions, le maire de la commune refusant d’ouvrir une structure pour les accueillir. Afin de pallier à l’inaction de leur édile, un collectif d’habitants a vu le jour pour venir en aide aux exilés : le Collectif d’aide aux migrants de Ouistreham (CAMO).

Les membres du collectif ont observé, ces derniers jours, une recrudescence de violences policières envers les jeunes exilés de Ouistreham. Ils ont adressé, ce jeudi 7 février, un texte à la préfecture du Calvados :

Madame la sous-préfète,

Témoins, ces derniers jours, de faits qui nous semblent dépasser le cadre légal de maintien de l’ordre, nous souhaitons les porter à votre connaissance et les dénonçons vivement.

La semaine dernière (jeudi 31 janvier), 8 heures du matin au rond-point à l’entrée de la ville, les gardes mobiles font éteindre le maigre feu permettant aux jeunes migrants en transit sur Ouistreham de se réchauffer, il fait alors - 3° Celsius !
Aux bénévoles présents qui sollicitent de l’indulgence au regard des conditions climatiques particulièrement dures, il est répondu « ce sont les ordres ! ».

Hier, fin d’après-midi, interdiction pour les garçons de rester sur le parking du port. La tension monte,…, gazages et matraquages. Au moins un blessé à la main pris en charge par des bénévoles du CAMO.
Hier soir, toujours six à huit voitures de gendarmerie stationnées sur le port et aucun garçon. Ceux-ci nous ont remonté que le parking leur était interdit par les « blacks police ».

Hier soir (21h50), dans le cadre d’une maraude, des bénévoles sont allés à la rencontre des jeunes migrants qui se protégeaient de la pluie sous le bâtiment du centre socioculturel. A leur arrivée, sept « gendarmes en noirs » hurlaient sur les garçons, leur intimant de partir, matraques et bombes bien en vue et menaçants ...

La présence des bénévoles n’a pas modifié le comportement des gendarmes. Il a été nécessaire de s’interposer pour éviter une montée de la violence. Les gendarmes hurlant aux garçons " je parle pas anglais, je ne fais pas d’efforts, le boulot était pas fait avant, on va le faire ..."
Malgré les tentatives de discussion afin de comprendre les attitudes violentes des forces de l’ordre ces derniers jours, aucun échange n’est envisageable.

Seule négociation possible : 30 minutes de répit pour essayer de trouver une solution pour mettre à l’abri les neuf garçons présents.

Cette situation de violence et de harcèlement nous interpelle et nous souhaitons la dénoncer afin que la dignité humaine à laquelle peuvent prétendre les jeunes garçons en transit soit respectée.

Nous vous prions d’agréer, Madame la sous-préfète, l’expression de nos sentiments distingués.

L’ensemble des bénévoles
Du Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham


https://reporterre.net/Recrudescence-de ... Ouistreham
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