Haine sexiste : inventaire contre la banalisation

Re: Haine sexiste : inventaire contre la banalisation

Messagede Lila » 27 Mai 2018, 21:36

Affaire de la fresque au CHU de Clermont-Ferrand : deux médecins condamnés pour injures sexistes contre une militante féministe

Deux médecins ont été condamnés vendredi à des amendes par le tribunal correctionnel de Paris pour "injures à raison du sexe", pour des propos tenus sur Facebook contre l'ancienne porte-parole de l'association Osez le féminisme, Anne-Cécile Mailfert.

En janvier 2015, l'association Osez le féminisme avait dénoncé une fresque dans une salle de l'internat du CHU de Clermont-Ferrand montrant un viol collectif : elle représentait Wonder Woman subissant les assauts sexuels de quatre autres super-héros. Plusieurs personnes s'en étaient ensuite pris à Anne-Cécile Mailfert sur la page Facebook "Les médecins ne sont pas des pigeons".

Sous des photomontages montrant la féministe en tenue légère avec un fouet, un des deux médecins condamnés avait écrit "la cochonne". Pour le tribunal, ces propos "visent bien à rabaisser". Ils ont "à l'évidence une connotation sexuelle, désignant une femme jugée de moeurs trop légères".

Son confrère avait lui écrit "grosse pute". Pour le tribunal, il s'agit d'"une attaque personnelle et dégradante", d'un commentaire "méprisant et outrageant ramenant la victime à la condition de femme comme objet sexuel".

Les deux médecins ont chacun été condamnés à payer 1.000 euros d'amende, dont 500 euros avec sursis. Ils devront verser un euro à Anne-Cécile Mailfert et à l'association Collectif contre le viol au titre des dommages et intérêts. Cette condamnation ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire.

la suite : https://www.lamontagne.fr/paris/justice ... tor=CS2-17#refresh
Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 2140
Enregistré le: 07 Mar 2014, 12:13

Re: Haine sexiste : inventaire contre la banalisation

Messagede Lila » 19 Aoû 2018, 21:47

La fête de village qui veut célébrer les jeunes vierges pourrait être annulée

Le maire de Salency, dans l'Oise, reçoit des centaines de mails de protestation depuis l'annonce du retour de la fête de la Rosière dans son village. "Sexiste" et "rétrograde" pour ses détracteurs, elle "célèbre la tradition du village" selon son organisateur.

Dans la France du XVIIIe siècle, une rosière était "une jeune fille vertueuse", comme l'écrit un bon vieux dictionnaire. Dans la France du XXIe siècle, tout le monde a compris qu'il est surtout question d'une jeune fille vierge, candide, et chaste... Une figure "sexiste" et "rétrograde" pour beaucoup d'internautes indignés sur les réseaux sociaux, et impensable à fêter à l'heure de #MeToo. Pourtant, la fête de la Rosière pourrait à nouveau être célébrée à Salency (Oise) en juin 2019.

la suite : https://www.franceinter.fr/societe/la-f ... 1534309775


Pétition

https://www.change.org/p/f%C3%AAte-de-l ... 529-1%3Av3

Fête de la Rosière : Laissez les filles tranquilles !

En France, en 2019, certains prétendent encore évaluer la pureté et la virginité des filles – avec l'argent public !

Le 02 juin 2019 devrait se tenir à Salency une « Fête de la Rosière », à l'initiative de Bertrand Tribout, fervent catholique, président de la Confrérie de Saint-Médard. Cette initiative doit recevoir le soutien logistique et financier du maire, Hervé Deplanque (SE).
Qu'est-ce donc qu'une fête de la Rosière ? Une fête, instituée selon la légende, par Saint Médard au Ve siècle, qui consiste à la remise d'une couronne de roses (et souvent d'une dot, pour les jeunes filles pauvres) à une jeune fille vertueuse. Mais, et c'est là que cette fête doit nous indigner, comment ces gens prétendent-ils défendre la vertu ? Un des critères retenus est la virginité. Comment compte-t-on évaluer la virginité d'une fille, en France, en 2019, alors qu'on sait bien que les pseudo-examens scientifiques n'ont aucune valeur ? Bertrand Tribout répond simplement qu'il faut s'en remettre, comme à l'époque « à la rumeur publique » (http://www.leparisien.fr/salency-60400/ ... 847031.php L'organisateur de cette « fête » sous prétexte de célébrer des jeunes filles, entend donc mener une enquête et interroger habitants et habitantes sur les pratiques sexuelles des jeunes filles, et se permettre de les juger.

Cette « fête » est révoltante. La virginité peut être un choix, qui relève du domaine intime et privé, et ne doit en aucun cas être ni évaluée ni jugée par une institution qu'elle soit politique ou religieuse. Sous prétexte de célébrer la virginité, l'organisateur de cette fête et le maire qui la soutient livrent le corps, les actions, la réputation des jeunes filles à la rumeur publique. Cette définition de la « vertu » est rétrograde et insultante. Les organisateurs ont-ils pensé, par exemple, aux victimes de violences sexuelles ? Doivent-elles conclure, si elles ont été violentées, qu'elles ne sont plus « vertueuses » ? On remarquera l'aspect sexiste de cette démarche : il s'agit toujours d'évaluer la virginité des filles, pas celles des garçons.
Ce critère de la virginité a fait scandale : nombreuses sont les personnes qui ont réagi, notamment sur twitter (https://twitter.com/Laelia_Ve/status/10 ... 1944336384 et ont envoyé des mails au maire pour témoigner de leur désaccord. Bertrand Tribout semble faire machine arrière et dévoile ses autres critères : « Le dévouement à sa famille, la disposition à faire le bien et à éviter le mal, être toujours de bonne humeur et souriante... être quelqu'un de sympathique au final ! Et ces choses-là se savent, on est un petit village. » (https://www.nouvelobs.com/societe/20180 ... 1534223798 Encore un portrait de la « femme idéale » parfaitement sexiste : les femmes n'ont pas conquis leurs droits en étant « toujours de bonne humeur et souriante[s] » et nous avons vocation à être autre chose que les potiches de Bertrand Tribout.

Nous conseillons à Bertrand Tribout de s'occuper d'autre chose que d'évaluer la pureté et la virginité des jeunes filles.
Nous faisons remarquer au maire Hervé Deplanque que l'engagement d'une institution publique dans une telle fête contrevient à la fois au principe de laïcité et aux valeurs d'égalité entre femmes et hommes rappelées dans notre Constitution.
Nous déplorons l'absence totale de réactions des politiques. Aurions-nous eu le droit à un telle silence s'il s'agissait d'une association musulmane en banlieue qui prétendait évaluer la pureté et la virginité des jeunes filles ?

[Mise à jour le 16/08/2018] Certains prétendent que cette fête doit être respectée car en tant que tradition, elle serait constitutive de l'identité de Salency. La "tradition" n'est pas un argument en soi: toutes les traditions ne sont pas bonnes. Certaines prétendent réunir certaines personnes en excluant d'autres. Notre identité ne doit pas être construite sur la stigmatisation de la sexualité et du comportement des femmes. Il importe de choisir ses traditions. C'est aussi le rôle d'une mairie que de proposer des fêtes et des manifestations qui peuvent créer un lien social entre habitantes et habitants, mais pas au prix des valeurs d'égalité qui sont censées être les nôtres.

Nous encourageons la célébration de la jeunesse. Pourquoi ne pas célébrer les jeunes filles, mais aussi les jeunes garçons, en mettant en valeur par exemple leurs projets, leurs actions de solidarités, par exemple ?

Nous pouvons proposer à M. Deplanque des idées alternatives de fête (et encourageons les personnes qui signeraient cette pétition à indiquer, en commentaire, des idées alternatives!) Par exemple la lecture publique du « Rosier de Mme Husson » de Maupassant (qui se moquait déjà de cette fête au XIXe siècle!) ou encore de « Madame Baptiste » du même auteur (qui dénonçait déjà l'évaluation publique de la sexualité des femmes). Puisque certains sont restés au XIXe (ou au Ve?) siècle...

Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 2140
Enregistré le: 07 Mar 2014, 12:13

Re: Haine sexiste : inventaire contre la banalisation

Messagede Lila » 26 Aoû 2018, 16:18

Oise : subvention annulée pour la fête qui célèbre la pureté des jeunes filles

Réunis ce mercredi soir, les élus de Salency ont voté à l’unanimité l’annulation de l’aide de 1800 € promise à l’association. L’avenir de la manifestation reste suspendu à un prochain vote.

« J’ai reçu 150 mails en deux jours, des messages qui m’ont blessé, relate Hervé Delplanque, maire (SE) de Salency. Je suis impliqué dans cette polémique sans en être l’organisateur. » Initialement prévu mi-septembre, le conseil municipal de Salency s’est réuni ce mercredi soir et a voté à l’unanimité l’annulation de la subvention de 1 800 € accordée en mars à la fête de la Rosière.

Une nouvelle délibération doit être prise prochainement pour décider définitivement de l’avenir de cette manifestation qui, en 2019, entendait mettre à l’honneur « la réputation vertueuse » des jeunes filles.

Mais depuis l’annonce du retour de cette fête née à Salency au Ve siècle, les réactions hostiles se sont multipliées. Des associations et collectifs féministes ont fustigé une « fête révoltante », « rétrograde et insultante ». « Tout le contraire », ne cesse de se défendre Bertrand Tribout, qui n’a pas souhaité commenter la décision des élus ce mercredi.

Sur Internet, 37 000 signatures contre l’événement

Avant le vote ce mercredi soir, l’opposition s’est surtout jouée sur Internet, à grand renfort de pétition et contre pétition. Ce mercredi, celle lancée par la Confrérie de Saint-Médard, qui réclame « le maintien de la tradition et du patrimoine du village » totalisait près de 600 signataires. Loin des 37 000 signatures recueillies par ses opposants.

Une mobilisation qui a pris de court la municipalité salencienne, qui craint notamment « la venue massive de mouvements féministes et anticléricaux ». Le village s’est en effet soudainement retrouvé au centre de l’attention médiatique. La fête, qui n’a plus été organisée depuis 1987, a été évoquée par la BBC, la radio publique britannique, ou encore La Vanguardia, un des principaux quotidiens espagnols.

la suite : http://www.leparisien.fr/salency-60400/ ... 1481423553
Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 2140
Enregistré le: 07 Mar 2014, 12:13

Re: Haine sexiste : inventaire contre la banalisation

Messagede Lila » 02 Sep 2018, 21:12

Marie Laguerre publie une édifiante compilation des messages de haine qu'elle reçoit depuis son agression

SEXISME - Marie Laguerre ne compte pas en rester là. Depuis la publication de la vidéo, au mois de juillet, où l'on voit la jeune femme se faire gifler par un homme, en pleine rue, à Paris, après avoir répondu à ses insultes, l'étudiante de 22 ans multiplie les opérations coup de poing. Après le lancement d'un site pour encourager les femmes à témoigner contre le harcèlement, cette dernière a partagé sur son profil Facebook, ce mercredi 29 août, une compilation des messages de haine qu'elle a reçus ces dernières semaines.

"Parce que c'est important de montrer ce que ça implique d'oser dénoncer des problèmes de société, et plus particulièrement quand on est une femme, écrit Marie Laguerre en guise de description de ce nouvel album photo en ligne. Partager ces captures d'écrans glanées durant ce dernier mois est ma façon de résister et de ne pas les laisser m'atteindre."

L'album en question, intitulé "Backlash", compte une cinquantaine de clichés, dont les textes qui figurent dessus, écrits par des internautes (anonymes ou non), font preuve d'une extrême violence et d'une agressivité sans nom à l'égard de la jeune femme. Certains d'entre eux justifient la claque qu'elle a reçue par le fait qu'elle aurait mal parlé à son agresseur, comme en témoigne la photo ci-dessous.

la suite : https://www.huffingtonpost.fr/2018/08/3 ... mg00000001
Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 2140
Enregistré le: 07 Mar 2014, 12:13

Précédente

Retourner vers Féminisme et LGBTI

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité