Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede bipbip » 19 Oct 2013, 15:25

• Le Bulletin de Liaison de la MMF qui apporte une synthèse des principales décisions de la IXe Rencontre internationale :
http://www.marchemondialedesfemmes.org/ ... 3pdf-fr/fr

• La déclaration finale de la Coordination Brésilienne de la Marche Mondiale des Femmes :
http://www.mmf-france.fr/documents/2013 ... Bresil.pdf
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede bipbip » 19 Déc 2013, 15:21

Bulletin de Liaison n.04

Ceci est le dernier bulletin par le mandat brésilien du Secrétariat International de la Marche Mondiale des Femmes, qui à partir de janvier 2014, sera transféré au Mozambique.

Notre expérience durant un peu plus de sept ans nous montre comme un changement de cette importance - qui implique de faire face à une culture politique et des formes d’action différentes - est positif pour le mouvement. Depuis 2006, lors du transfert du SI du Québec vers le Brésil, nous avons réussi à poursuivre la méthode de construction de consensus de la MMF. Ils ont été incorporés dans les documents qui constituent notre histoire et notre mémoire et qui approfondissent notre identité et notre plate-forme politique commune. Nous avons partagé davantage de responsabilités avec les membres du Comité International de la MMF et avec d’autres activistes de la Marche, autant pour le suivi de notre propre construction que pour les processus d’alliance avec des mouvements mixtes qui leur permettent d’incorporer les analyses et les pratiques féministes. Notre reconnaissance face à l'ensemble de la société et des institutions a été élargie. Certes, nous avons encore beaucoup à faire, mais nous savons que la transition du SI nous revitalise et nous aide à aller de l'avant.

Durant les prochains mois, nous voulons relever un défi, en tant que mouvement : réussir la transition du SI en même temps que nous organisons notre quatrième action internationale, considérée comme un processus où la formation politique féministe et la communication sont stratégiques. Et les copines du Mozambique, coordonnées par Graça Samo, sont certaines qu’elles comptent avec le soutien du mouvement entier dans ce défi.

Nous disons au revoir à cette tâche de SI, mais pas à notre militance à la MMF. Depuis la fin de la 9éme Rencontre Internationale au Brésil, nous nous sommes consacrées à l’organisation de la mémoire du travail accompli pendant ces dernières années, outre l’organisation d’échanges fréquents avec les copines mozambicaines pour le transfert des connaissances accumulées. Nous avons aussi travaillé à la mobilisation de ressources pour qu’il n’y ait pas de discontinuités.

Sans pour autant mettre de côté nos tâches futures, nous consacrons ce bulletin notamment à un témoignage visuel de quelques moments de notre mandat qui font partie de notre résistance collective historique et de l’affirmation des alternatives de la MMF qui nous avons aidé à construire et continuerons à construire jusqu'à ce que toutes les femmes et tous les peuples soient libres !


Celia, Miriam et Alessandra
Ex-membres du Secrétariat International de la MMF



Télécharger le bulletin : http://www.marchemondiale.org/bulletin_ ... 3pdf-fr/fr
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Messagede Pïérô » 02 Fév 2014, 16:24

8 février 2O14
3ème conférence européenne des femmes issue de la Conférence mondiale des femmes de la base
Maison des Initiatives et de la Citoyenneté, 32, Rue du Bocage, L’Île Saint-Denis (93450)
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Pïérô » 18 Juin 2014, 16:18

Bulletin de Liaison MMF n. 01/2014

Sommaire
- Éditorial
- 8 mars: les femmes toujours en lutte
- Actions en souvenir des travailleuses mortes à Bangladesh
Vers la 4ème Action international
- Les femmes dénoncent les tentatives de coup au Vénézuela
- En 2014, le Camps des jeunes Féministes se tiendra en Estonie
- Un forum en Bosnie-Herzégovine débattra de la culture de paix
Calendrier des mobilisations 2014-2015

Bulletin à télécharger : http://www.marchemondialedesfemmes.org/ ... 4pdf-fr/fr
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Messagede Pïérô » 23 Juil 2014, 02:11

Camps des jeunes féministes MMF 2014

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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Pïérô » 22 Aoû 2014, 00:03

Bulletin de Liaison MMF n. 02/2014

Sommaire :
- CI avance dans la préparation de la 4ème Action Internationale!
- Transfert du Secrétariat International au Mozambique
- Aux États Unis, tournée débat sur les féminismes depuis la base
- Aujourd'hui, nous sommes toutes Palestiniennes !
- Marchandisation comme cible des actions pendant la coupe du monde au Brésil
- La paix au-delà de l’absence de guerre
- Pour un modèle de développement centré sur les gens
- Vers un traité pour démanteler le pouvoir corporatif

Bulletin à télécharger : http://www.marchemondialedesfemmes.org/ ... 4pdf-fr/fr
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Pïérô » 22 Oct 2014, 13:24

La 4ème action internationale de la Marche mondiale des femmes sera lacée le 8 mars 2015 au Kurdistan

Déclaration de la Marche mondiale des femmes d'Europe en solidarité avec les femmes kurdes en lutte

Nous, les 60 femmes de 18 pays d'Europe, réunies à Donastia au Pays Basque à l'occasion de la Coordination européene de la Marche Mondiale des Femmes, nous saluons la résistance des femmes kurdes de Kobane (Rojava), à la frontière de la Turquie et de la Syrie - où se développent entre Kurdes, Syriens, Arméniens, Yesidis, Arabes et Chechens des alternatives concrètes au système capitaliste, colonial et patriarcal dans une coexistence pacifique entre plusieurs religions et dans le respect d'un partage démocratique du leadership à tous les niveaux. Ce modèle alternatif est défendu par la résistance courageuse du YPG (Unités de Protection du Peuple) et YPJ (composé par les femmes).

Nous comdamnons la violation des droits des femmes et des droits humains fondamentaux, ainsi que toutes les formes de fondamentalisme - religieux, éthniques ou politiques. Nous dénonçons l'augmentation des alliances avec les secteurs ultra-conservateurs, y compris le fondamentalisme religieux, qui présentent le renforcement du modèle capitaliste et patriarcal comme une 'solution' à la crise.

Nous continuons notre lutte dans les régions en conflit pour en finir avec la violence et l'esclavage des femmes, utilisés comme instruments de guerre. Nous construisons un autre monde d'oú sont éliminées toutes les formes de domination, d'exploitation et d'exclusion d'une personne par un autre, d'un groupe par un autre, d'une minorité par la majorité, d'une nation par une autre.

Face aux récentes attaques contre les alternatives et contre les droits des femmes, nous avons décidé de lancer la 4ème action internationale de la Marche mondiale des femmes le 8 mars 2015 au Kurdistan avec l'objectif de soutenir les femmes kurdes dans leur lutte pour l'autonomie et l'auto-détermination de leur corps et territoires. Nous lançons un appel à toutes les femmes du monde pour participer à la Caravane féministe européenne, afin de renforcer et rendre visible la résistance et les alternatives portées par les femmes.

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

Donostía (San Sebastian), Pays Basque, le 12 octubre 2014

http://www.marchemondialedesfemmes.org/index_html/fr
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Pïérô » 20 Nov 2014, 04:26

Bulletin de Liaison MMF n. 03/2014

Sommaire
• Johannesburg, siège de la prochaine rencontre régionale africaine et deuxième rencontre annuelle du Comité International.
• Europe: caravane féministe, appel à l’action et autres nouvelles relatives à la 4ème action internationale
• La Marche Mondiale des Femmes au Sommet des Peuples de la SADC
• Femme sahraouie, symbole de forcé
• MMF en Suisse: formation, solidarité et action sont des axes de mobilisation
• Préparatifs du Forum Social Mondial (FSM) au milieu des élections législatives en Tunisie
• Mouvements sociaux mobilisent: Changeons le système et pas le climat!

Bulletin à télécharger : http://www.marchemondiale.org/news/mmfn ... 9473468/fr
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Lila » 06 Déc 2014, 19:35

Appel à la 4ème Action Internationale MMF

4ème Action Internationale - Appel à l'Action

En 2015, nous, militantes de la Marche Mondiale des Femmes des cinq continents de la planète, élèverons nos voix entre le 8 mars et le 17 octobre pour dire haut et fort : « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche! » . Nous resterons en marche tant que toutes les femmes ne seront pas libres des oppressions générées par le système capitaliste, patriarcal, et colonialiste. Libres de l'accaparement des terres, des semences et des ressources naturelles. Libres de la criminalisation de nos luttes sociales. Libres de la violence qui s'accroît avec l'augmentation des conflits armés et des guerres de type non-conventionnelles, menés par des groupes fondamentalistes, des armées privées, des mafias et de crime organisé.

Nous resterons en marche jusqu'à ce que nous soyons libres des marchés financiers et des multinationales, qui spéculent sur les ressources naturelles, attaquent les droits et les conquêtes sociales obtenues de haute lutte, et forcent l'État à privatiser les biens communs et les services publics (éducation, santé, services sociaux …).

Nous resterons en marche
Jusqu’à l'élimination de la violence sexiste et patriarcale de nos vies.
Jusqu'à ce que cesse l'exploitation, l'appropriation et la marchandisation des corps et du travail des femmes.
Jusqu'à la fin de la négation de l'humanité et de la subjectivité des femmes, et l'élimination de l'exploitation de notre travail productif et reproductif, tous deux invisibilisés et dévalorisés.

Nous resterons en marche jusqu'à ce que nous soyons libres de toutes ces violences, dont les femmes sont les premières victimes, mais aussi les premières survivantes, et les premières à défendre les droits et la dignité des femmes et des peuples.

Nous construisons une économie féministe et solidaire, en changeant les modèles de reproduction et de production, de distribution et de consommation, en construisant des politiques émancipatrices basées sur la souveraineté alimentaire et populaire. Nous reconnaissons le travail domestique et de soin comme étant un enjeu fondamental pour la durabilité de la vie, et qui doit être partagé avec les hommes au sein de la famille et des communautés.

Nous affirmons que l'auto-organisation des femmes est notre stratégie de renforcement en tant que sujets politiques, que nous construisons une force mondiale, en alliance avec les mouvements sociaux qui partagent notre lutte anticapitaliste, antipatriarcale, anticolonialiste, pour une société reposant sur les principes de la solidarité, la liberté, l'égalité, la justice et la paix.

Rassemblons-nous autour des actions de la Marche Mondiale des Femmes

jusqu'à ce que nous soyons toutes libres !




http://www.marchemondiale.org/actions/2 ... el/text/fr
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Lila » 20 Déc 2014, 17:53

4e Marche mondiale des femmes : tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche !

En 2000, en 2005, en 2010, la Marche mondiale des femmes contre les violences et la pauvreté a rassemblé des centaines de milliers de femmes sur tous les continents : les femmes, en marchant, veulent faire entendre leur voix et leur volonté d’un monde plus juste, égalitaire, solidaire, pacifique et libre.
Les femmes courent toute la journée entre le travail, les tâches domestiques, l’éducation des enfants, les soins aux aînés. Mais si enfermées soient-elles au foyer, dans les contraintes familiales et religieuses, sous le foulard ou le niqab, dans les stéréotypes qui leur sont imposés, mais aussi dans la pauvreté et le faible niveau d’accès à l’instruction, pour une part d’entre elles, elles savent aussi s’unir pour changer le monde injuste et porteur de violences extrêmes. Le patriarcat, le capitalisme, les religions et le racisme contrôlent la vie des femmes dans le monde entier. À coups de crises financières, alimentaires, énergétiques, environnementales ou idéologiques, les populations en subissent les conséquences : perte d’emplois, précarisation, pauvreté, montée de l’ordre moral et des religions, violences s’abattent encore plus durement sur les femmes. En 2015, une nouvelle échéance mondiale abordera cinq thèmes : justice climatique/souveraineté alimentaire ; violences contre les femmes ; montée des extrêmes ; migrations et mondialisation ; autonomie financière.

La notion de justice climatique peut apparaître étrange mais elle relève de deux facteurs qui interagissent : l’un environnemental, l’autre humain ; et d’échelles spatiales et temporelles qui amènent soit un repère de justice corrective ou commutative, soit un repère de justice distributive. Mais de toute façon cette empreinte écologique conduit à détruire des cultures vivrières au profit de cultures immédiatement beaucoup plus rentables : ainsi disparaît la biodiversité génétique de la faune et de la flore. Comme la plupart des paysans sont des femmes, elles s’appauvrissent ainsi d’autant plus qu’elles sont privées de récolter et consommer ce qu’elles produisent.
Et pourtant elles produisent plus de la moitié de la production alimentaire mondiale, allant jusqu’à 75 %, voire 80 % dans certaines régions du globe. C’est cette absence de souveraineté alimentaire et de pauvreté pour les femmes qui les appellent à migrer dans les pires conditions, avec les enfants sur les bras quand elles les emmènent ou en les laissant à la communauté. Sur les 191 millions de migrants internationaux recensés en 2005, les femmes en constituent 94,5 millions. Elles représentent aujourd’hui la majorité des immigrants pour de nombreux pays, en particulier l’Amérique du Nord, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Océanie. Elles sont recrutées comme employées de maison le plus souvent, parfois comme infirmières lorsqu’elles sont titulaires du diplôme. Mais les femmes migrantes sont particulièrement vulnérables à l’exploitation, aux discriminations et aux abus. Beaucoup d’entre elles sont exposées aux violences, à des conditions de travail précaires et, de plus en plus, au commerce du sexe. Dans une grande partie des pays d’accueil, notamment au Moyen-Orient, les employées de maison se voient retirer leur passeport à leur arrivée et sont à la merci de leurs employeurs. Beaucoup d’entre eux ne leur versent aucun salaire, les tiennent en captivité, en esclavage, leur imposant de travailler sept jours sur sept, les brutalisant, les violant, voire les torturant.

Le commerce du sexe et l’exploitation de migrants clandestins représentent à ce jour la troisième source mondiale de revenus « illicites » après la vente d’armes et le commerce de drogues. Le trafic international des êtres humains concerne de 600 000 à 800 000 personnes. Or 80 % des victimes de ce trafic sont des femmes. Les autres formes d’exploitation sont le travail forcé dans l’agriculture et les industries manufacturières. Les migrations de femmes pour des mariages forcés est aussi en augmentation. Quant aux femmes réfugiées, elles sont particulièrement vulnérables à diverses formes de violence. La majorité des femmes réfugiées dans des camps ont été victimes de viols. Les violences sexuelles sont des armes de guerre, surtout depuis le début des années 1990. Elles sont à l’origine de grossesses forcées, de mutilations et de propagation du sida dans la population féminine déplacée.

Parmi le 1,5 milliard de personnes qui vivent avec 1 dollar par jour ou moins, nombreuses sont les femmes. Le fossé entre les femmes et les hommes pris dans le cycle de la pauvreté a continué de se creuser au cours de la dernière décennie. C’est généralement l’expression de « féminisation de la pauvreté » qui sert à désigner ce phénomène. Dans le monde, les femmes gagnent, en moyenne, à peine plus de 50 % de ce que gagnent les hommes. Les femmes pauvres n’ont souvent pas accès aux ressources essentielles que constituent le crédit, le prêt et l’héritage. Leur travail n’est ni payé à égalité de celui des hommes, ni reconnu. Leurs besoins sanitaires et alimentaires ne constituent pas des priorités. Leur accès à l’éducation et aux services d’aide est insuffisant ; leur participation à la prise de décisions dans le foyer, comme au sein de la communauté, est minimale. Les femmes prises dans le cycle de la pauvreté n’ont pas accès aux ressources et aux services qui leur permettraient d’en sortir. Pourtant, elles jouent un rôle productif et social important pour la communauté : travaux agricoles, élevage du bétail, commerces et revenus financiers, relations sociales, éducation et soins des enfants… La pauvreté des femmes affecte directement toute la société.
Même en France, les femmes représentent 51 % de la population et 53 % de la population pauvre, soit 2,3 millions de femmes pauvres. Le taux de pauvreté féminin est de 14 %, tous âges confondus, et de 12,8 % pour les hommes, mais ce taux est de 23,7 % pour les femmes de 18-24 ans. Celui des familles monoparentales est de 32,4 % contre 10,8 % pour les couples. La monoparentalité concerne des femmes seules avec enfants dans 85 % des cas.
à ce tableau s’ajoute la montée de l’appareil religieux et de l’idéologie capitaliste, dans un contexte de guerre, qui rabaisse la femme au rang de pondeuse ou de salope, lui imposant la loi du père ou du frère puis du mari, lui interdisant tout désir sexuel au profit du devoir conjugal, voire du viol, lui déniant tout droit à l’avortement et à la contraception et donc toute autonomie. Vente, mariage forcé, viol, torture, lapidation, brûlures, sont le lot de toutes celles qui ne seraient pas (ou seraient d’ailleurs) adeptes des principes de la religion du conquérant. Par exemple, les femmes et les enfants chrétiens et yézidis enlevés par Daech et vendus comme esclaves ont désormais un tarif. Femmes de 40 à 50 ans : 35 euros ; femmes de 30 à 40 ans : 52 euros ; femmes de 20 à 30 ans : 69 euros ; jeunes filles de 10 à 20 ans : 104 euros ; enfants de 1 à 9 ans : 138 euros. L’exploitation du corps des femmes est contrôlée et régulé à partir de règles morales de sexualité hétéro-normative, lesbophobe, phallique, centrée sur le plaisir masculin.
Harceler, violer, acheter une femme devient la norme pour certains ; tuer une femme aussi. Cette semaine, deux faits nous alertent une fois de plus parmi d’autres. En Italie, un homme de 32 ans a tué son ex-compagne de 34 ans de plusieurs coups de couteau au domicile de la victime dont il était séparé depuis une année. Au moment où se déroulait ce meurtre, apparaissait un message sur le compte Facebook de l’assassin : « Tu es morte salope ! »

En Turquie, le président Recep Tayip Erdogan estime qu’hommes et femmes ne peuvent être traités de la même façon « parce que c’est contre la nature humaine » : la religion a défini « leur place : la maternité ».
Des femmes disent non ! Elles veulent lutter, résister, se mobiliser et organiser des alternatives à ce monde mortifère. Entre le 8 mars et le 17 octobre 2015, des actions collectives seront organisées en France comme dans le monde entier. Le 8 mars, la Marche mondiale des femmes sera lancée, avec le départ d’une caravane féministe européenne du Kurdistan. Cette caravane a pour objectif de rendre visibles les diverses réalités, sexuelles, politiques et économiques des femmes. Le 24 avril, vingt-quatre heures d’actions féministes rendront hommage aux victimes du Rana Plaza, actions contre les transnationales. Les 6 et 7 juin, la caravane féministe européenne sera accueillie lors de l’Agora féministe nationale à Nantes. Le 17 octobre, journée internationale contre la misère et la pauvreté, la caravane arrivera au Portugal. L’auto-organisation des femmes est la stratégie de renforcement en tant que sujets politiques et de construction d’une force mondiale en alliance avec les mouvements sociaux de luttes anticapitalistes. À chaque étape, des rencontres, des débats, des actions. Ils et elles ne seront que ce que les militantes et les militants en feront.


Hélène Hernandez

Coordination française Marche mondiale des femmes : www.mmf-France et marchfem (arobase) rezisti.org.
Pour la caravane : femvan (arobase) marchemondiale.org.


http://www.monde-libertaire.fr/antisexi ... -en-marche
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Lila » 07 Fév 2015, 20:44

Le monde n’est pas une marchandise ! Les femmes non plus !

La Marche Mondiale des Femmes au Sommet des Peuples pour la justice sociale et environnementale : contre la marchandisation de la vie, en défendant les biens communs ! Nous continuerons de lutter contre le capitalisme vert tout en affirmant les alternatives des femmes !

Le Sommet des Peuples aura lieu de façon simultanée à la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable, appelée Río+20, qui sera tenue 20 ans après l’Eco 92. L’enjeu est la sortie de la crise environnementale, qui est aussi une crise du capital. Au programme de la conférence officielle se trouve la dénommée économie verte et le nouveau cadre institutionnel pour organiser les actions de l’ONU sur l’environnement. Dans ce processus existe une mainmise des entreprises, c’est à dire : les entreprises multinationales et les institutions financières agissent afin de peser, en tant que secteur privé, sur toutes les propositions de l’économie verte.

Le Sommet des Peuples dénonce les fausses solutions et la marchandisation de la vie, présente des solutions et de nouveaux paramètres construits par les peuples, tout en articulant des agendas de lutte anticapitaliste, qui vont au-delà de l’évènement.

Changer le monde et changer la vie des femmes en un seul mouvement !

La société capitaliste et patriarcale se structure sur une division sexuelle du travail qui sépare le travail des hommes et celui des femmes et détermine que le travail des hommes a plus de valeur que celui des femmes. Le travail des hommes s’associe à ce qui est productif (ce qui est vendu dans le marché) et celui des femmes à ce qui es reproductif (la production des êtres humains et leurs relations). Les représentations de ce qui est masculin et féminin est duelle et hiérarchique, aussi bien que l’association entre hommes et culture et femmes et nature.

À la Marche Mondiale des Femmes, nous luttons pour dépasser la division sexuelle du travail et, en même temps, pour la reconnaissance du fait que le travail reproductif est à la base de la durabilité de la vie humaine et des relations entre les personnes au sein de la famille et de la société.

Pour le féminisme, le capitalisme n’a pas d’éco !

Lors de l’Eco-92, partout dans le monde grandissait la conscience sur l’importance de préserver et de protéger la nature. Mais les gouvernements de l’époque, dont la pensé hégémonique était la pensée néolibérale, ont utilisé la durabilité comme un argument capable de légitimer la continuité d’une économie basée sur le libre marché et sur le pouvoir des grandes multinationales, en allant même jusqu’à augmenter leur pouvoir sur des États nationaux.

Aujourd’hui, 20 ans après, face à la crise économique qui a touché d’avantage les pays industrialisés, il existe un contrecoup du capital, qui élargit ses frontières et amplifie la logique du marché capitaliste pour le profit et la concentration de la richesse. Les dimensions alimentaire, énergétique et climatique, sont des expressions de la même crise systémique qui se manifeste dans l’économie.

Mais cette crise est aussi une crise des soins, dimension invisible dans les débats publics à ce propos. Dans les pays qui ont été la cible des politiques d'ajustement structurel et du néolibéralisme pendant les années 1980 et 1990, la surcharge de travail non rémunéré des femmes a garanti la durabilité de la vie, sans que ni l’État ni les hommes n’aient assumé leur responsabilité concernant la reproduction sociale. De plus en plus, dans les pays industrialisés, le vieillissement de la population et le démantèlement des États-providence provoque une grande demande de travail des soins qui est assumé, en bonne partie, par le travail précaire de femmes immigrantes.

Nous, les femmes nous n’allons pas payer cette crise !


Non à la marchandisation de la vie et de la nature !

Dans ce processus se jouent les inégalités historiques entre les pays du nord et du sud. Les grandes forêts se trouvent au sud de la planète, aussi bien que d’autres biens communs et une grande partie de la biodiversité. Le capital national et multinational essaye de s’approprier de ces richesses à tout prix, et va jusqu’à expulser les peuples originaires de leurs territoires.

Aujourd’hui nous résistons contre l’occupation des terres dans lesquelles nous vivons et produisons ou qui sont visées par des grandes entreprises minières, de grandes entreprises de construction ou de l’agro-industrie afin de répandre les monocultures de soja, d’eucalyptus ou de canne. Ils nous expulsent avec la violence directe des mercenaires armés ou de la police, souvent avec de la violence sexuelle, ou bien par l’impossibilité de continuer à vivre dans cet endroit en raison du sol, de l’eau polluées, ou en nous niant l’accès à la santé ou à l’éducation. Cette appropriation des territoires a lieu partout dans le monde, tandis que les grandes entreprises essayent de s’approprier notre vie, notre code génétique, nos cultures et nos connaissances.

La biodiversité devient la propriété des grandes entreprises par le biais de la bio piraterie, de la propriété intellectuelle et des brevets. L’eau est une marchandise quand elle est vendue en bouteilles, quand les services de distribution et d’assainissement sont privatisés ou utilisés par certaines industries et cultures de façon intensive. Les grands gains de la spéculation immobilière prévalent sur le droit au logement, ce qui empire lors de méga-événements comme les Jeux Olympiques ou le Mondial de Football. Et le corps des femmes devient de plus en plus une marchandise pour l’industrie du divertissement et la prostitution, qui augmentent avec l’expansion de ce modèle de développement.

Les réponses de l’économie verte : des fausses solutions.

Río +20 apporte aux peuples encore une fois le débat sur la relation avec la nature, avec un discours qui cherche à trouver des solutions à la crise climatique.

Et pour cela, une fois de plus, ils disent avoir une solution magique appelée économie verte. De quoi s’agit-il ?

1.L’économie verte suit la logique de la marchandisation, avec la vision capitaliste qui établit que pour l’économie seulement ce qui peut être acheté et vendu dans le marché à de la valeur et, de ce fait, aussi un prix.

Cela repose sur des mécanismes de marché qui répandent l’idée que les entreprises ont un rôle important dans la gestion de la préservation environnementale.

Ainsi, mettre un prix à la nature est une façon de placer la nature dans le circuit de l’entreprise, et, avec l’idée trompeuse de la responsabilité sociale et environnementale, elle gagne plus de légitimité pour continuer de détruire la planète et les relations humaines.

Par le biais d’une proposition appelée TEEB, (l'Économie des écosystèmes et de la biodiversité) on présente des formules qui cherchent à mettre un prix à l’eau, au paysage, à la biodiversité. Mettre prix à la nature c’est permettre sa vente et privatisation, dans un processus qui ôte le droit des peuples à leurs territoires.

Ce sont des propositions qui autorisent celui qui s’est toujours développé en polluant de continuer de le faire en payant pour un certain genre de préservation, dans n’importe quelle autre partie du monde. Voici la logique du marché de crédits carbone et de la financiarisation de la biodiversité, qui se transforme en actifs environnementaux, négociés dans les bourses de valeurs, comme la Bourse verte de Rio.

2.L’économie verte traite l’exploitation du travail des femmes comme une ressource inépuisable, car il ne considère pas un travail les activités des femmes concernant le soin des personnes et de la nature. Elle associe cette tâche des soins au rôle des mères, comme s’il était le destin de toutes les femmes. Dans le document officiel de l’ONU, on affirme que les femmes exercent un rôle fondamental dans le développement durable. Mais cela a pour conséquence l’utilisation du travail des femmes dans la mise en place des politiques de l’économie verte. Ceci n’est pas un progrès, mais bien au contraire, la re-fonctionnalisation du rôle des femmes aides-soignantes. Ce sont des fausses solutions pour la planète, et des fausses solutions pour enrayer le machisme, car elles placent les femmes dans une relation d’inégalité, avec une surcharge du travail pour la durabilité de la vie.

3. L’économie verte ne questionne pas la logique de la croissance illimitée, vers laquelle s’oriente l’actuel modèle de développement. Elle présente des propositions d’efficacité énergétique et le développement de nouvelles technologies qui assureront la survie de la logique capitaliste de croissance illimitée. Énergie nucléaire, produits génétiquement modifiés, nanotechnologie et géo-ingénierie sont présentés comme étant des solutions technologiques aux dénommées limites de la nature. Mais la limite est établie par le modèle capitaliste. De la sorte, encore une fois, le marché présente des fausses solutions, comme les nouvelles technologies programmées et contrôlées par les entreprises, en augmentant le contrôle sur la connaissance et la vie.

C’est ce qui arrive aux agro carburants et aux propositions d’alternatives à l'énergie fossile, l’une des grandes responsables du réchauffement climatique. Elles sont présentées comme étant des énergies propres, car elles dérivent de la production agricole. Mais il est nécessaire de faire s’interroger à leur égard, car production d’agro carburants concurrence la production d’aliments de l’agriculture paysanne. De plus, ce sont des alternatives qui continuent de s’appuyer sur un modèle de consommation insoutenable. Nous remettons en question, donc, ceux qui contrôlent et à quel modèle est vouée cette énergie alternative produite.

Féministes contre le capitalisme vert !

Notre vision sur la question écologique considère que la destruction de la nature est une partie de la façon que le capitalisme a de s’organiser pour sa recherche incessante de gains. C’est pourquoi nous pensons que la solution ne doit pas être une bonne gestion des ressources, mais la construction d’un nouveau modèle dans lequel la relation entre humanité et nature ait un sens d’unité et de continuité. Nous faisons partie d’un tout et uniquement en harmonie nous pourrons maintenir les bases de la vie pour l’humanité et la nature.

La lutte pour changer le monde et changer la vie des femmes s’inscrit dans un même mouvement. Il ne suffit pas d’identifier que les impacts de ce système sont pires pour les femmes. Nous partons du principe que le capitalisme utilise les structures patriarcales dans son actuel processus d’accumulation. C’est pourquoi, nous ne croyons pas à une action qui cherche à réduire les impacts négatifs, mais nous menons notre lutte pour transformer les structures qui organisent les relations d’inégalité et de pouvoir, en combinant inégalité de classe, race et genre.

1. Résister à la marchandisation de la nature et des biens communs : l’économie verte n’est pas la solution

Nous résistons à l’utilisation de la nature comme une ressource au service du profit des entreprises, profit vu comme étant inépuisable ou vu comme des marchandises plus chères au fur et à mesure qu’elles s’épuisent, par leur mauvaise utilisation. L’expérience d'invisibilité et de dévalorisation vécue par les femmes concernant leur travail de soins des personnes, est bien semblable à l’invisibilité et la dévalorisation de la nature. Le temps et l’énergie que les femmes dépensent pour soigner des personnes, préparer à manger, élever et être disponibles à l’écoute ne sont pas visibles et sont élastiques. Les femmes sont les premières à se lever et les dernières à aller au lit dans la plupart des familles. Le temps et l’énergie des processus de régénération de la nature sont cachés et traités comme des obstacles à être surmontés pour que la machine de consommation fonctionne à plein régime. Les femmes subissent toujours des pressions pour pouvoir s’adapter à des logiques et des temps contraires – celui de la vie et celui du profit– en gérant ces tensions existantes. Leur travail est instrumentalisé pour agrémenter ou cacher les injustices promues para des institutions multilatérales, des gouvernements et des entreprises.

Nous disons NON aux fausses solutions proposées par le marché et leurs agents, comme les crédits carbones, les agro carburants, les mécanismes de la REDD et la géo ingénierie ! Nous n’acceptons pas des « solutions » qui ne créent que plus de business et ne changent pas le modèle de production, de consommation et de reproduction sociale.

Nous sommes des femmes et pas des marchandises !

La violence générale, et en vers les femmes, en particulier, fait partie de la stratégie de ce modèle. Plus la société est gouvernée par les intérêts du marché, plus les femmes sont transformées en marchandises.

Un exemple pourrait être la situation du Costa Rica, qui est montrée comme un modèle à suivre pour les business verts. Au Costa Rica, diverses forêts sont devenues des domaines de préservation et le déplacement des communautés a poussé les femmes à être prostituées et à entrer dans le tourisme sexuel, qui ajoute de la valeur au tourisme écologique.

Également, nous observons que dans le territoire brésilien une augmentation de la prostitution s’est produite dans les territoires de l’industrie minière, de la construction de centrales hydroélectriques ou pendant les travaux du Mondial de Football. Dans une logique de développement qui réduit le développement à une croissance illimitée, le corps des femmes atténue les impacts de la surexploitation du travail et de la destruction du territoire.

Pour la souveraineté sur nos corps et notre sexualité

Nous répudions le contrôle du corps et de la sexualité des femmes qui empêche notre autonomie et notre autodétermination. Ce contrôle fait partie de l’association capitalisme, patriarcat et racisme, qui s’étend au contrôle des territoires. La prostitution est utilisée pour “compenser” le déséquilibre du travail nomade des hommes transférés par milliers aux grands travaux d’infrastructure et chantiers de mégaprojets. Nous sommes solidaires avec les femmes victimes de cette forme d’exploitation de la société patriarcale, mais il est nécessaire de souligner que la prostitution existe seulement dans un système qui s’articule autour de la subordination des femmes. Il ne produit rien en lien avec la liberté et l’autonomie, mais au contraire, et dans la plupart des cas, la femme est asservie par un réseau marchandisé. Il se base sur un modèle de sexualité ancré dans la virilité masculine et sur la subordination de la femme, associée à la fragilité et à la disponibilité permanente. En même temps, il soutient la division sexuelle du travail et l’opposition à l’autonomisation économique des femmes.

De ce fait, nous affirmons le droit à l’autonomie de nos corps et sexualité et le droit à séparer la sexualité de la maternité. C’est pourquoi nous luttons pour la dépénalisation et légalisation de l’avortement. Nous réaffirmons que la sexualité est construite socialement et nous sommes des sujets actifs pour refuser l’hétéronormativité et soutenir l’exercice libre de la sexualité, sans coercition, stéréotypes et relations de pouvoir.

Luttons pour un autre modèle de production, reproduction et consommation !

Avec l’économie féministe, nous soutenons le besoin d’établir un nouveau paradigme de durabilité de la vie humaine « comprise comme une relation dynamique et harmonieuse entre humanité et nature et entre êtres humains hommes et femmes » et pour valoriser les biens communs. Des changements réels sont nécessaires dans le mode de production et les modèles de consommation du capitalisme, afin de redéfinir et élargir le concept de travail, la reconnaissance du travail des femmes et l’importance d’un autre équilibre entre production et reproduction pour qu’il ne soit toujours considéré comme une tâche correspondant uniquement aux femmes, mais aussi aux hommes et à l’État.

Les femmes créent, dans leur vie quotidienne, des alternatives concrètes à l’économie dominante, en articulant des transformations de la production, de la reproduction et de la consommation. Il existe un grand nombre d’expériences d’agro écologie et d’économie solidaire développées par des femmes. Avec notre travail et nos connaissances historiques de ce domaine, nous affirmons que la souveraineté alimentaire est stratégique pour cette transformation, car elle soutient un autre modèle d’organisation de la production, de la distribution et de la consommation d’aliments, en lien avec la lutte contre la logique capitaliste de l’agro-industrie.

Les alternatives construites et proposées par les peuples doivent intégrer une dimension créatrice d’égalité, en envisageant l’égalité entre femmes et hommes, le droit des femmes à une vie libre de violences et au partage du travail domestique et des soins entre hommes et femmes.

Élargissement et renforcement de la sphère publique : à partir de l’État et de la société

Nous luttons pour une profonde démocratisation de l’État impliquant la rupture avec les privilèges de la classe dominante et blanche, comportant aussi une rupture progressive du système patriarcal. Bien au-delà de promouvoir des services et des politiques sociales, il est nécessaire de garantir le sens public de l’État, les actions de redistribution de la richesse, la socialisation du travail ménager et des soins, et des politiques émancipatrices construites sur la base de la souveraineté et la participation populaire.

Ceci demande, aussi, d’avoir un rôle actif dans le domaine international afin de promouvoir l’intégration des peuples et que les politiques des pays reposent sur les principes de solidarité, de réciprocité et de redistribution.

Notre lutte pour la démilitarisation articule ces dimensions-là et remet en question le rôle du pouvoir économique dans des interventions militaires entamées par les États, au service du contrôle de territoires riches en ressources naturelles. Nous luttons aussi contre la concentration des moyens de communication dans les mains de quelques groupes économiques, et nous soulignons l’urgence d’une ample démocratisation de la communication, qui entrainerait la garantie de neutralité et liberté des flux d’information dans l’infrastructure des communications et d’internet, et qui comporterait, ainsi, un combat contre la logique capitaliste de la propriété intellectuelle.

En tant que femmes nous demandons d’être reconnues comme des sujets actifs dans les débats et décisions sur l’ensemble des politiques et des processus concernant la construction d’autres modèles. L’extraction minière, les grands travaux d'infrastructure, les formes de développement de notre continent ne peuvent pas être l’objet de l’unique action des hommes au pouvoir, des gouvernements et des entreprises. Notre lutte féministe soutient un autre modèle capable de créer l’égalité et la justice sociale, de promouvoir la solidarité entre les personnes, un modèle durable, qui ne soit pas basé sur le travail gratuit des femmes ni sur l’exclusion des femmes des processus de prise de décision.

C’est pourquoi, nous croyons que les alliances entre femmes et autres mouvements sociaux sont essentielles afin de faire face à la marchandisation des territoires et à la financiarisation de la nature, dans le but de socialiser des alternatives de résistance et de renforcer la protection des biens communs.

Nous refusons la marchandisation de nos corps, de nos vies ! Nous voulons la durabilité de la vie, la centralité de la production du bien-vivre, en finir avec la division sexuelle du travail, éradiquer l’inégalité et dépasser le capitalisme !

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous marcherons !


http://www.marchemondiale.org/themes/bi ... ionMMM/fr/
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Lila » 19 Fév 2015, 19:37

Du Kurdistan au Portugal, une caravane féministe se met en marche ce 8 mars

Dans le cadre de la 4e action planétaire de la Marche mondiale des femmes (MMF), une caravane féministe traversera l’Europe cette année. solidaritéS s’est entretenu avec Clara, une des militantes impliquées depuis plusieurs mois dans l’organisation de ce voyage qui commencera le 8 mars dans le Kurdistan turc pour finir le 17 octobre au Portugal.

Comment est conçue cette « caravane » de la Marche mondiale des Femmes ?

Notre Caravane partira de nos réalités de femmes pour mettre en évidence, au-delà de nos différences, des façons de lutter contre l’austérité, la pauvreté, et de résister aux violences masculines, à la misogynie, la lesbophobie, etc. Nous voulons construire la solidarité et créer des connexions entre toutes les femmes qui s’opposent aux injustices et aux inégalités. Des millions de femmes n’en peuvent plus de subir ce patriarcat colonial, capitaliste, militaire, fasciste et raciste. Au fil de notre voyage, nous rassemblerons la mémoire de leurs résistances. Nous connecterons les mouvements féministes de la base et mettrons en évidence leurs luttes et leurs alternatives. Avec notre Caravane nous voulons valoriser la force des mouvements et des luttes en Europe, et accroître la solidarité dans ce contexte difficile.

Quel sera votre parcours ?

Notre voyage de 8 mois commencera au Kurdistan. Le lancement de la caravane est organisé en Turquie par les coordinations locales de la MMF qui travaillent avec leur sœurs kurdes pour abolir les frontières qui divisent nos corps et nos luttes. Des féministes d’Europe et du monde se retrouveront le 6 mars à Nusaybin pour un forum public, où une délégation visitera le camp des ré­fu­gié·e·s sy­rien·ne·s soutenu par les ré­sis­tant·e·s kurdes. Le lendemain, des femmes venant des deux côtés de la frontière de Nusaybin – Mardin se retrouveront pour une marche, avant le départ pour Diyarbakr (Amed) pour une grande manifestation le 8 mars. Passant par Izmir, notre route se poursuivra en direction de la Grèce pour arriver le 17 mars à Thessalonique. Les 11-12 avril il y aura une rencontre de femmes roms à Bucarest, les 17-18 avril une marche lesbienne féministe à Belgrade et le 27 avril un événement antifasciste à Ljubljana. Nous nous arrêterons à Milan, avant d’arriver en Suisse en mai. Nous avons rendez-vous à Nantes début juin ; de là nous nous rendrons en Belgique, puis en Allemagne (juillet) avant de nous arrêter en Pologne où aura lieu un campement féministe international début août. Nous retournerons ensuite vers le Sud : passant par la Hongrie, l’Autriche, nous irons à Rome, avant de nous rendre à Marseille, puis en Catalogne, au Pays Basque, en Galice et arriver le 17 octobre au Portugal où aura lieu un grand événement international de clôture de l’Action Internationale.

Quelles sont vos ressources ? Comment préparez-vous ce voyage ?

Le groupe des jeunes féministes MMF travaille depuis deux ans déjà en collaboration avec les coordinations nationales MMF en Europe. Ce projet demande beaucoup de travail mais aussi...de l’argent ! Or, nous avons très peu de subventions, nous avons donc lancé une campagne européenne de financement participatif qui devrait être une importante source de revenu (www.verkami.com/locale/fr/projects/10679)

Nous avons besoin du soutien d’un maximum de personnes et d’organisations. Notre petit groupe est très motivé pour parvenir à réaliser cette action de dynamisation et mise en lien des mouvements populaires en lutte en Europe aujourd’hui. Peut-être parce que nous sommes surtout des jeunes femmes, nous souhaitons garder l’espoir de changer ce monde oppressif.

Comment imaginez-vous les arrêts ?

La Caravane comportera plusieurs vans/voitures, qui permettront le transport des femmes et du matériel permettant le lien entre les étapes locales. Certains trajets seront organisés avec des marches à pied ou des parcours à vélo. Le nombre d’événements qui seront organisés aux niveaux local, national et régional et le nombre de femmes qui pourront participer à cette expérience unique dépendront aussi de nos ressources. Nous travaillons en alliance avec différents groupes de femmes, organisations, collectifs et réseaux progressistes. Nous recueillerons les mémoires, les priorités, les stratégies et informerons sur les résistances des femmes d’ailleurs. Pour enregistrer et diffuser les témoignages, nous utiliserons bien sûr les moyens de communication à notre disposition (Internet, radio, vidéos, photos…) La visibilité des actions par le web est l’un des aspects essentiels de l’Action, c’est pourquoi l’équipe de la Caravane se transformera, avec le soutien des femmes qui nous rejoignent, en équipe de reporters militantes. Aves les femmes rencontrées tout au long du trajet, nous voulons partager nos réalités, nos utopies et nos stratégies de résistance. Nous voulons encourager chacune à lutter, et nous donner les moyens de la solidarité sous toutes ses formes.

En Suisse la Caravane sera accueillie dans plusieurs villes lors du week-end de l’Ascension et de la Pentecôte. Quelles sont vos attentes, vos espoirs ?

Au Tessin, les femmes préparent une marche de Chiasso à Airolo. Nous espérons qu’il fera beau ! Ce sera une occasion pour échanger nos expériences, rencontrer peut-être aussi des femmes rurales et parler avec elles de la souveraineté alimentaire, qui est un thème central de toute la 4e action planétaire MMF dans laquelle s’inscrit notre voyage. A Zoug, c’est des multinationales qu’il sera question, paradis fiscal oblige… A Neuchâtel, Berne, Fribourg et Lausanne nous serons de passage, avec un accueil local. Puis nous con­vergerons de toute la Suisse, enfants, femmes et hommes solidaires, à Genève pendant le week-end de Pentecôte.

Propos recueillis par Marianne Ebel
Coordination MMF/Suisse


http://www.solidarites.ch/journal/d/article/6791
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede bipbip » 07 Mar 2015, 18:09

8 mars : lancement de la marche mondiale des femmes

Tous les cinq ans, la marche mondiale des femmes, réseau qui a des groupes partout où des femmes se sentent concernées, organise des évènements féministes partout dans le monde. Elle œuvre toute l’année pour agir sur les causes de la pauvreté et de la violence envers les femmes.

Le lancement de la Marche mondiale des femmes (MMF) a lieu le 8 mars, journée internationale des (luttes des) femmes. Cette année, la caravane européenne partira de Turquie et du Kurdistan et arrivera le 17 octobre au Portugal. Le 24 avril sera marqué par 24 heures de solidarité féministe pour l’anniversaire de la catastrophe du Rana Plazza (effondrement d’un immeuble au Bangladesh qui a tué plus de 1 000 ouvrières surexploitées et sous-payées) et une agora féministe aura lieu les 6 et 7 juin à Nantes.

D’autres actions féministes seront organisées dans de nombreuses villes de France. Le 19 septembre, les femmes du bassin méditerranéen se rencontreront à Marseille. Au programme, cinq thèmes pour illustrer les inégalités et les violences dont sont victimes les femmes :

Migration et immigration : Les femmes sont de plus en nombreuses parmi les migrants, elles subissent les mêmes difficultés que les hommes face aux murailles des pays riches, et subissent aussi viols et prostitution pendant le voyage. En France, elles sont souvent régularisées comme épouses, comme accompagnantes de malades, sans statut propre, ou restent sans-papiers.

Extrêmes-droites et extrémismes religieux : Femmes saoudiennes qui n’ont aucun droit, femmes du Chili qui n’ont pas le droit d’avorter, enfermements sous du tissu, attaques contre les programmes scolaires promouvant l’égalité, lesbophobie... les valeurs religieuses réactionnaires sont à l’offensive contre les droits des femmes.

Violences faites aux femmes : Viols, coups, mutilations génitales, mariages précoces, crimes dits d’honneur, insultes sexistes, harcèlement de rue, droit de cuissage... Chaque instant de la vie des femmes peut être le moment de la rencontre avec la violence patriarcale.

Souveraineté alimentaire et justice climatique  : Ce sont les capitalistes qui prennent les décisions, et les autorités économiques servent leurs intérêts. Elles sont responsables de la destruction des cultures vivrières, l’exploitation des travailleurs et des travailleuses sur les cultures d’exportation, le pillage des ressources naturelles, l’alimentation des conflits armés, la détérioration du climat dont les effets catastrophiques s’abattent sur les pays pauvres. Plus de pauvreté, moins de nourriture, des guerres avec leurs cortèges de viols, des catastrophes qui appauvrissent, dans toutes les situations de crise les femmes sont plus touchées que les hommes.

Travail et autonomie financière : Les femmes sont plus chômeuses, occupent plus les emplois à temps partiel, sont moins payées, ont des « carrières » discontinues, des retraites plus petites. Souvent condamnées au couple ou à la misère.

Chaque 8 mars, chaque 25 novembre, le constat est le même, les femmes sont maltraitées et discriminées. Partout, tout le temps... On fait quoi ?

Christine (AL Orne-Sarthe)

http://alternativelibertaire.org/?8-mar ... -la-marche
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Lila » 12 Mar 2015, 20:36

La Marche Mondiale des Femmes lance sa 4e Action Internationale

Le 8 mars la Marche Mondiale des Femmes démarre sa 4e Action Internationale. Avec le slogan « Nous resterons en Marche jusqu'à ce que toutes les femmes soient libres », des femmes des 96 pays dans lesquels le mouvement est présent s'organiseront pour continuer à dénoncer les causes qui oppriment et discriminent les femmes dans le monde entier. En même temps, dans les cinq régions, à travers un processus de formation politique féministe, un travail sera mené afin d'identification des menaces dont souffrent les femmes de cette région, ainsi que pour construire de forme collective les alternatives nécessaires pour construire un monde plus juste.

Pendant les sept mois de l'Action Internationale, les différentes coordinations nationales organiseront des mobilisations, des marches, des débats et tous types d'actions autour des quatre champs d'action qui articulent les demandes du mouvement : Bien commun et services publics, Violences contre les femmes, Paix et démilitarisation et Autonomie économique des femmes. Autour du 8 mars, comme célébration du début de l'Action, des militantes de tous les coins de la planète prendront les rues, élèveront leurs voix, leurs banderoles et joueront de la batuque pour une idée commune : Nous restons en marche.

L'Europe donne le départ de l'Action Internationale en appuyant les femmes Kurdes qui souffrent de la violence et de la militarisation qui se vit dans la zone d'une double façon, d'un côté, par le gouvernement turc, qui ne reconnaît pas leur droit d'autodétermination, ni leur autonomie sur le territoire. De l'autre côté, par l’intégrisme religieux de ce qui est appelé l' « Etat Islamique », qui terrorise les populations de la zone, et attente systématiquement aux femmes, les dépouillant de tous leurs droits. Des centaines de femmes, de différentes parties du continent européen et d'autres continents, se sont réunies dans la ville turque de Nusaybin, au bord de la frontière Syrienne, pour montrer son appui aux femmes en lutte qui résistent chaque jour à la violence à laquelle elles sont exposées. Ce début est également celui de la caravane féministe qui parcourra le continent européen, depuis la Turquie et jusqu'au Portugal, durant sept mois. Pendant tout ce temps, seront organisées de nombreuses activités, marches, rencontres avec des groupes de femmes, etc.

D'autres activités régionales sont en processus. Le monde Arabe prépare une rencontre régionale qui renforcera sa coordination et travail en réseau. Les Amériques préparent des marches inter-régionales dans différentes zones, tout comme une rencontre de la région. L'Afrique va célébrer plusieurs campements de jeunes féministes et préparer sa cérémonie de clôture de l'Action au Kenya (autre lieu frappé par l'avancée des intégrismes religieux, la militarisation et les violations des droits humains des femmes...)

Comment s'organise la 4e Action Internationale de la MMF ?

L'action de réalisera tout au long d'une période qui commencera le Jour International des femmes (8 mars) et se terminera le Jour International pour l'élimination de la Pauvreté (17 octobre). De cette façon, nous symbolisons notre lutte contre la féminisation de la pauvreté.

L'action compte de nombreuses activités et actions qui se dérouleront dans les pays et territoires dans lesquels la Marche est présente et qui peuvent être suivis sur le site web de l'action internationale : www.mmm-2015.info, et sur Facebook: wmw-mmm-mmf 2015.

Le 24 avril, nous commémoreront le massacre de la Rana Plaza, dans lequel moururent des centaines de femmes, victimes de la cupidité du système capitaliste, qui les exposait à des conditions infrahumaines de travail pour les grandes entreprises multinationales du secteur textile. Des militantes de la Marche, de l'Asie jusqu'aux Amériques, réaliseront des actions pour rappeler au monde que Rana Plaza est partout, et que, les femmes de tous les continents, nous souffrons des conséquences terribles du capitalisme.

L'histoire perdue de la journée du 8 mars

En cette première étape de la 4e Action Internationale, les activistes de la MMF veulent aussi rappeler l'histoire du jour International des Femmes, qui aujourd'hui se commémore le 8 Mars et dont le sens de lutte pour l'émancipation a disparu face à la commercialisation autour de la date. En de nombreuses occasions, si l'histoire de la date est évoquée, elle est mise en relation avec une grève et/ou un incendie ayant supposément eu lieu dans une fabrique textile dans laquelle travaillaient des femmes à New York en 1857 ou en 1908.

Mais quand on fait des recherches plus poussées sur les origines de la célébration, on découvre l'histoire de toute une période de lutte féministe pour les droits économiques et du travail, tout comme le droit au vote aux Etats Unis et dans d'autres lieux. Ce fut en 1910 à Copenhague, au Danemark, durant la IIe conférence Internationale Socialiste des Femmes, que Clara Zetkin – socialiste et féministe allemande- proposa la création d'un Jour International des Femmes annuel, en suivant l'exemple des femmes socialistes étasuniennes qui, dès 1908, organisaient un jour annuel National des Femmes (pour demander l'égalité économique et politique pour les femmes, pour dénoncer l'exploitation des travailleuses, demander le droit au vote, etc.)

Pour en savoir plus sur cette histoire, cliquez sur http://www.marchemondiale.org/actions/2 ... n8marzo/fr


http://www.marchemondialedesfemmes.org/index_html/fr
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Re: Marche Mondiale des Femmes, réseau international

Messagede Lila » 14 Mar 2015, 21:09

Marche Mondiale des Femmes au Kurdistan

L’album de Euskal Herriko Emakumeon Mundu Martxa.

https://sanscompromisfeministeprogressi ... kurdistan/
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