L'envers du porno

L'envers du porno

Messagede MélusineCiredutemps » 03 Fév 2012, 21:27

L'envers du porno
par Isabelle Sorente

Les témoignages non officiels des coulisses de l'industrie du sexe sont rares. Un film, présenté par une association au parlement suédois dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression et la pornographie, rassemble des confidences édifiantes d'actrices, de policiers, de producteurs. "Shocking Truth" est son nom. Attention : visionnage violent. Et vraie colère.
Dépassée Annabel Chong, qui, en 1995, passait sous 251 partenaires en dix heures… Angela Houston, 30 ans, en 1999, s’est fait 622 hommes en 7 heures, soit un homme toutes les 40 secondes. Candy Appels a pour sa part été interrompue au 742ème par la police de Los Angeles. Quant à Sabrina Johnson, 23 ans, elle s’entraîne pour battre le record du gang bang, 2000 hommes en 24 heures prévus à la Saint-Sylvestre. Aucune étude ne dresse encore le portrait psychologique de ces candidates au viol collectif. Mais Annabel Chong revivait en direct, dans son film, le traumatisme d’un viol véritable. Et Angela, Sabrina, Candy, qui sont-elles ? Qui sont ces femmes qui se disent heureuses après s’être fait passer dessus par une armée ? Qui sont ces Candy, Cookie et autre Molly ? Qui sont ces êtres humains qui se cachent sous des noms de chiennes ou de friandises ? Aujourd’hui, les témoignages sortent. Nous avons visionné « Shocking Truth », film suédois réalisé à partir d’interviews et de montages de films pornographiques diffusés dans le nord de l’Europe, et présenté au parlement suédois en 2000 dans le cadre d’une réflexion sur la liberté d’expression dans la pornographie. Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d’affilée, se cache un être humain. Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Qui s’évanouit pendant les plans coupés. Qu’on redresse tant bien que mal pour l’éjac finale dans la gueule. Nous le savons aujourd’hui. Beaucoup de sang coule de ces culs anonymes, aux noms de gâteaux. Certes, ne pas penser qu’un être humain, doté du même corps fragile que votre soeur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s’effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle pornographique, d’en jouir plus tranquillement. Mais ce n’est pas la réalité.
Ne pas y penser, c’était mon cas avant. Avant de m’intéresser à l’envers du décor. Même si l’univers formaté et prévisible des films pornos m’a toujours paru ennuyeux, je ne dédaignais pas une vidéo de temps en temps, quelques scènes un peu crades pouvaient même me mettre en train, par contagion joyeuse de l’effet salope. Mais c’était avant. Une fois qu’on sait, il faut bien avouer que ça gâche le plaisir. Qui sont-elles ? J’ai commencé cette enquête sans a priori. Entre filles, c’est vrai qu’on se demande. Après tout, celles qui se font mettre par cinquante mecs dans les pornos, d’accord, elles aiment sûrement pas ça, mais n’ont-elles pas choisi ? Elles sont payées pour ça. Même si elles ont besoin d’argent, elles pourraient quand même faire autre chose, non ? Travailler en usine, vendeuse, autre chose. Mais est-ce vrai ? Avant les grandes luttes sociales, les filles qui bossaient dans les usines chimiques pourries et maladives se mutilaient en connaissance de cause, tout en rêvant de passer à travers. Ces filles auraient-elles pu choisir autre chose ? En vérité, qui sont vraiment ces hommes et ces femmes que le spectateur consomme à longueur de vidéo ? Tous des enculeurs fougueux et des salopes qui aiment ça ? Ou encore des fainéantes qui refusent de bosser ? Réponse d’un producteur de porno suédois : « Ce sont très souvent d’anciennes victimes de viols ou d’inceste dans l’enfance. » Et puis, après un temps : « Bien sûr, dans ces conditions, on peut se demander si elles choisissent ce métier librement ». Quant aux hommes ? Réponse du même producteur : « Les hommes ne doivent pas être émotifs pendant. Il ne faut pas, par exemple, qu’ils attendent une réponse de leur partenaire, qu’ils soient attentifs à leurs réactions. Alors, s’ils sont émotifs, ils ne peuvent pas vraiment faire ce travail. En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines. » Réponse d’un ancien commissaire, qui a rencontré d’innombrables prostituées et actrices du hard : « J’ai connu des milliers de filles. En fait, j’ai plus l’impression d’avoir rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution. Mais elles ont les mêmes origines. Presque toutes ont été abusées dans l’enfance. » Voilà un début de réponse sur les être humains qui travaillent dans le porno. Que ce soit en France, aux Etats-Unis ou en Suède, la constatation des associations, après avoir recueilli de nombreux témoignages est la même. Les milieux défavorisés fournissent un vivier de pauvres filles pour la prostitution et la pornographie. Très souvent victimes d'inceste et violées pendant l’enfance. Ou accrochées aux drogues. Or, constatent les associations, les victimes d’inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d’un traitement ou d’un processus d’aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu’avec des dogues, des ânes, des chevaux, etc. Chacun y trouverait son compte, que ce soit les services sociaux déjà saturés et incapables de répondre à la demande, ou, bien sûr, les boîtes de production du X tout venant, qui font leur beurre sur ces anciens enfants martyrisés, habitués à la douleur comme à la docilité. Voilà le voile que lèvent les associations sur ces filles. Le corps des plus défavorisés utilement recyclés pour servir de liant social. Ce n’est pas seulement un scandale mais une horreur. A grande échelle. Aux USA, l’industrie du porno dégage 4 à 6 milliards de dollars par an. Plus que l’industrie du film et du disque réunie. La diffusion de "Playboy" et de "Penthouse" (24 millions d’exemplaires) est deux fois plus importante que celles de "Newsweek" et de "Time" réunies… Toujours aux USA, 75 % des magasins de vidéo vendent des K7 ou DVD pornos, qui leur assurent entre 50% et 60 % du chiffre d’affaires. Et 65 % des connexions sur le net concernent des sites pornographiques. Derrière les chiffres, combien de corps ? Backstage : deux filles interviewées entre deux scènes, du sperme plein le visage. La première, sourire figé, terrible, regard fixe : « Je sais que je suis une grosse pute. Mais je ne me rappelle plus quand ça a commencé » . La seconde : « Peut-être… quand je me suis fait enculer par l’avocat de mon père. Enfin, je ne sais plus si c’était son avocat ou un de ses collègues. J’avais douze ans. » Tout cela dit avec l’indispensable sourire caméra et en enfonçant un doigt manucuré dans une chatte épilée et parfaitement sèche. Voilà la situation d’être humains entrés volontairement dans le bagne moderne du sexe, si on peut considérer comme un acte de volonté l’impossibilité de refuser des violences nouvelles pour les rescapés de violences anciennes. Qu’advient-il d’eux, une fois entrés ? Maladies, suicides… Comment savoir ? On apprend des associations que la plupart des actrices touchant à la zoophilie se sont suicidées. Enfin, celles dont on connaît le nom. La junkie édentée ramassée dans la rue pour se faire mettre par un lévrier afghan, celle qui pose pour la jaquette du dvd bien en évidence dans le bac prés de l’entrée du sex-shop à côté de chez moi, celle-là, où est-elle aujourd’hui, que lui est-il arrivé depuis? Suicide ? Overdose ? Les culs anonymes passent et crèvent. Qu’importe. Le réservoir à paumés et à déchets sociaux est disponible, à la merci des fantasmes érigés en loi. Ce n’est pas la matière première qui manque. Mais après tout, comme le dit un autre producteur : « Il n’y a pas de loi interdisant de faire de l’argent dans un système capitaliste. Je n’ai pas inventé le capitalisme. Je suis innocent. » L'écran et la réalité. Sur l’écran, le spectateur de porno, à quelques stars près, voit finalement des filles qui se ressemblent toutes. A la couleur des cheveux et la grosseur de poitrine près. Difficile après tout de faire la différence entre un anus et un anus, une bouche à pipes et une bouche à pipes. Pas grand chose d’humain là-dedans, mais plutôt l’excitation au spectacle de morceaux de corps, de viandes avides, gémissants et presque toujours anonymes. C’est d’ailleurs justement cet anonymat, cette facilité, ce côté immédiat et à vif de l’acte sexuel qui font l’intérêt de ce genre de film. Alors, où est le problème ? Au nom de quelles idées réactionnaires condamner mon plaisir ? En quoi la vision de ces scènes peut-elle représenter un danger pour moi, pour les jeunes habitués à une telle sexualité mécanisée et mercantile, etc… ? Telles sont les questions que se pose aujourd’hui le spectateur. Ces questions sont évidemment légitimes, et peuvent faire l’objet d’innombrables débats. D’ailleurs, on les entend partout, de "Max" à l’"Observateur", chez Delarue, sur TF1… Mais le débat ne peut s'en tenir à la seule logique du spectateur, des fantasmes du spectateur. Parce que la réponse à la question « Qu’arrive-t-il et que deviennent les hommes et les femmes sur le tournage d’un film pornographique » n’est pas entièrement contenue dans les images que vous visionnez tranquillement sur votre vidéo (même si certaines choquent par leur inhumanité ou la souffrance visible des actrices). Rappelez-vous "Gorges Profondes", le film X culte des années 1970, où tout le sexe se réduit à des pipes, queue à fond dans la gorge, ce qui ferait jouir à coup sûr l’héroïne. Pendant le tournage, Linda Marchiano, alors connue sous le nom de Linda Lovelace, était battue et menacée d’un pistolet par son compagnon afin de pouvoir accomplir les performances buccales qui ont fait du film une des œuvres fondatrices de la pornographie. Pendant les mois qui ont suivi, de nombreuses femmes ont été hospitalisées aux Etats-Unis, qu’elles aient été victimes de viols ou que leurs petits amis aient voulu réitérer à la maison l’exploit que Marchiano n’avait pu signer que menacée, dans un état second. Tournage X. Une petite blonde assez mince se fait sodomiser sans ménagement par un mec puis par un autre puis par un troisième. Ils font la queue sans état d’âme, bite à la main. Les larmes font couler le maquillage. Difficile de confondre les cris avec des cris de plaisir. Entre le deuxième et le troisième type, qui la secoue comme un sac, elle chancelle et ses yeux virent au blanc. Plan coupé. Séquence suivante, nouvelle enculade, avec en plus trois mains plongées dans son vagin, la fouillant sans ménagement. Quand son partenaire se retire, elle manque tomber. Une main la redresse par l’épaule et lui plaque le visage sur une bite. Elle doit sucer, tout avaler. Interview backstage de cette fille. Les larmes ne sont pas encore entièrement séchées :
- Q : « Si un inconnu vous mettait sa bite dans la bouche en pleine rue, ça vous dérangerait ? »
- R : « Vous croyez que je les connais bien, les hommes avec qui je viens de tourner ? Je ne les avais jamais rencontrés avant le tournage. Alors si un inconnu jouissait dans ma bouche, non, ça ne me dérangerait pas. » Et puis un sourire caméra, d’autant plus atroce qu’on a encore en mémoire les grimaces de douleur de la scène précédente. Elle ajoute : « Mais n’oubliez jamais que j’aime ça. J’adore le sexe, je suis une vraie pute et j’aime ça. » Elle aime vraiment tomber dans les pommes, enculée par tous ces mecs ? Ou est-ce la thèse officielle ? Ou pire : finit-elle par le croire ? Et que penser de celles qui diraient aimer ça avec des chiens ou des mulets ? Après la servitude volontaire, voici la torture volontaire, ultime horreur moderne. Backstage, encore. Une autre actrice , le visage également baigné de sperme.
- Q : « De quoi avez vous peur ? »
- R : « De devenir un animal. Je ne suis plus un être humain. Je me sens comme un animal. »
Même question posée à une autre fille , en train de sucer un gode fluorescent. Elle sort le gode de sa bouche, et d’un coup son regard change. Eteint. Fixe. Perdu.
- Q : « De quoi avez vous peur ? »
- R : « De devenir rien. Et ensuite moins que rien. »
Backstage toujours. Elle a au plus 24 ans. Elle raconte son expérience d’ex-actrice de porno et s’écroule en larmes. Elle parle de Cookie en disant « elle », comme s’il s’agissait d’un corps étranger, comme si elle ne pouvait pas raconter à la première personne. Car Cookie, c’est elle. Cookie devait tourner une double pénétration. Elle s’est mise à pisser le sang. Il a fallu couper. Les producteurs et les autres acteurs ont donné des kleenex à Cookie pour qu’elle s’essuie, en la traitant de conne parce qu’elle gâchait le film. Après cinq minutes de pause, le tournage a repris et on lui a fait finir la scène. Elle est payée pour ça, n’est-ce pas. Elle a choisi ça. Cookie dit encore, parlant toujours d’elle-même à la troisième personne : « Cookie avait une hémorragie qui nécessitait une hospitalisation d’urgence. » Cookie n’est sans doute pas la seule à avoir été hospitalisée après un tournage. Les histoires sortent. Une fille condamnée à la chaise roulante suite à un gang bang. Une autre passe six mois à l’hôpital.Comme le raconte Raffaëlla Anderson dans son terrible témoignage, "Hard" : « Prenez une fille sans expérience […], loin de chez elle, dormant à l’hôtel ou sur le tournage : faites lui faire une double pénétration, un fist vaginal, agrémenté d’un fist anal, parfois les deux en même temps, une main dans le cul, parfois deux. Tu récoltes une fille en larmes, qui pisse le sang à cause des lésions, et qui généralement se chie dessus parce que personne ne lui explique qu’il faut faire un lavement. De toute façon, c’est pas grave, la merde fait vendre. Après la scène qu’elles n’ont pas le droit d’interrompre, et de toute manière personne ne les écoute, les filles ont deux heures pour se reposer. Elles reprennent le tournage. » Limiter le débat à la problématique du plaisir du spectateur est dangereux, parce que ce qu’il voit à l’écran n’est pas la réalité. On parle parfois avec horreur des snuff movies, où les filles seraient torturées à mort. Mais certains films pornographiques se rapprochent des snuffs movies, les tortures sont coupées au montage. Les témoignages sortent des studios. Les images aussi. Jamais on ne voit un gang bang, une double, triple, multiple pénétration ou un fist-fucking, filmé sans coupe, sans montage. Parce qu’alors, comment ne pas ouvrir les yeux, comment imaginer qu’on puisse infliger une telle violence à un corps sans conséquences et sans séquelles ? Raffaëlla : « Le matin, tu te lèves, tu te fourres pour la énième fois ta poire de lavement dans le cul et tu nettoies l’intérieur. Tu réitères jusqu’à ce que ce soit propre. Rien que ça, ça fait mal. […] Après ça, j’ai besoin de me mettre sous la couette une heure pour oublier combien j’en souffre. […] Aucune position ne convient. Tu tournes dans tous les sens mais y a rien qui t’apaise. Après quoi, tu te retrouves sur un set et tu suces, tu cambres. On te traite de salope […]. Rien ne vaut une telle souffrance. » La pornographie tout sourire n’est possible que dans un monde virtuel, où les cris de souffrance sont remplacés par des gémissements de plaisir et des appels à y aller plus fort. Déshumanisation. Voilà pourquoi, il est devenu non seulement stupide mais criminel de faire du débat sur la pornographie un débat « d’idées », où les défenseurs de la censure s’opposent aux soi-disant libres-penseurs sur le thème « quel effet sur le spectateur ? ». Même si j’apprécie le travail de pionnières mené aujourd’hui par les intellectuelles américaines sur la question de la pornographie, je ne partage pas leur opinion d’un racisme exprimé à l’encontre des hommes ou d’une fantasmatique macho insupportable. Il est inutile, et tout aussi criminel, de réduire le débat sur la pornographie à un antagonisme féminisme / pouvoir masculin. Il est devenu en revanche urgent de s’interroger sur le processus de déshumanisation de milliers d’hommes et de femmes engagés dans la pornographie à la chaîne. Les témoignages sur les coulisses de la pornographie m’ont bouleversée et horrifiée. Il y résonne des échos familiers qu’on aurait bien voulu ne plus jamais entendre. Relisez n’importe quel témoignage de rescapés, consultez n’importe quel document sur la torture. Cela se passe, cela s’est toujours passé de la même manière. En Europe, en Afrique, en Amérique. Le processus de torture vise à priver un être humain de sa qualité d’être humain. La torture vise à le réduire à l’état d’animal, à l’anéantir jusqu’à ce que lui-même ne se considère plus comme humain, mais comme rien, moins que rien. À chaque fois que l’on visionne un film pornographique, il faut s’en souvenir. Qu’advient-il de ces filles dont la plus grande peur est d’être devenue « un animal » ou « rien, moins que rien » ? Nous le savons. Certaines meurent de cancers, du sida ou d’hémorragie. Beaucoup conservent des séquelles physiques et psychologiques qui les poursuivent longtemps. Rocco Sifredi lui même a reconnu un jour que certaines « actrices » du porno bas de gamme, ultra majoritaire, avaient le sexe et l’anus détruits. L’américaine Catherine Mac Kinnon, qui a recueilli des dizaines de témoignages, décrit une de ces femmes de manière saisissante : « Elle n’a pas de nom. C’est une bouche, un vagin et un anus. Qui a besoin d’elle en particulier quand il y en a tant d’autres ? Si elle meurt, à qui manquera-t-elle ? Qui portera son deuil ? Qui s’en inquiétera si elle disparaît ? Qui est-elle ? Elle n’est personne. Littéralement, personne » En Australie, beaucoup d’actrices ont recours à des opérations chirurgicales spécifiques. Il ne s’agit plus maintenant de retouches « classiques » (comme augmenter le volume des seins) mais de se faire ôter les grandes lèvres, afin que le vagin soit plus visible à l’écran… Rien qu'un trou. Spectateur bourreau. Il faudrait traiter les rescapés de ce bagne moderne avec le même respect, les mêmes précautions que les rescapés de la torture. Après cette enquête et avoir visionné les images de « Shocking Truth », je sais que je ne pourrai plus regarder un film porno comme avant. [...] Froid dans le dos. Virtuel mortel. Imaginons un instant qu’ait lieu une campagne d’information des spectateurs, avec diffusion sur une chaîne généraliste d’un film documentaire (du type « Shocking truth ») comportant des images porno tournées « backstage ». Pour la plus grande majorité, le passage d’une représentation virtuelle à une réalité physique atroce contribuerait à une diminution considérable, si ce n’est à une disparition totale de l’excitation provoquée par ces images. C’est à ce stade, et à ce stade seulement, qu’il faut réintégrer le point de vue du spectateur pour comprendre les résistances que soulèvent aujourd’hui les attaques dirigées contre la pornographie. Ce spectateur, ces millions de spectateurs, une fois privés de leur jouissance virtuelle, devraient chercher d’autres ressources pour leur plaisir onaniste. Mais combien d’entre eux en sont-ils encore capables ? Il ne faut pas sous-estimer la terreur et l’agressivité que suscitent chez certains la fin du rêve pornographique, la fin de l’image de la femme-trou, le désarroi que serait pour eux la perte d’un univers fantasmatique virtuel qui est souvent leur principal accès à la jouissance. Comment jouir dans le monde réel ? Comment jouir de chair et d’odeur et du poids et de la présence vivante et souffrante d’une femme ? Il est urgent de proposer aux adolescents une autre vision du sexe et de l’amour que celle des femmes-orifices et des enculeurs-performance. On peut d’ailleurs se demander quels bons petits soldats dociles, quelles brutes obéissantes et conditionnées on cherche à faire des hommes, pendant qu’on transforme les femmes en animaux / objets méprisables et maltraités. Les chefs de guerre serbes dopaient leurs troupes aux films pornos avant de faire des descentes dans les villages ? Tout est fait pour que le spectateur onaniste reste enfermé dans l’ignorance de son propre corps et donc forcément aussi dans celle du corps de l’autre - en psychopathe qui non seulement ne réagit plus à la souffrance d’autrui, mais en jouit. La question du spectateur est : quelle humanité préparons nous, et voulons nous fabriquer des générations d'individus conditionnés, dociles, économiquement performants, prêts à tolérer n’importe quelle abomination de la part du corps social qui les entretiendra dans leur jouissance maladive? Amoureux de la chair, des odeurs, de la sueur, des infinis jeux du sexe, nous ne nous devons pas seulement d’informer nos semblables sur les violences de la pornographie industrielle. A nous de témoigner de notre joie de vivre dans le monde réel et de défendre avec délectation les formes infinies de la jouissance incarnée. La joie, plus forte que le gang bang.
MélusineCiredutemps
 

A propos des pornographes

Messagede Lila » 26 Déc 2016, 17:13

A propos des pornographes, proxénètes et prostitueurs à Barcelone

par Glòria Casas Vila, initialement publié en catalan dans l’hebdomadaire « la Directa », (25/10/2016) et disponible aussi en espagnol sur le blog de la Plateforme catalane pour le Droit à ne pas être prostituées et sur le site web Tribuna Feminista (1)

Politiquement parlant, la sexualité est importante parce qu’elle légitime l’ordre établi sur le plan le plus intime

Les représentants les plus rances du machisme violent, convoqués par un réseau de bordels (Apricots), ont fait la fête à Barcelone au début du mois d’octobre. Notre mairie “féministe et de gauche” les a laissé célébrer leur misogynie dans le stade olympique du Vall d’Hebron (2).

Lorsqu’en février de cette année le leader de Return of Kings a convoqué à Barcelone une rencontre explicitement machiste (comme celle du salon “érotique”, sic), la municipalité a rapidement réagi en annonçant qu’elle essaierait d’empêcher la rencontre qui, finalement, a été annulée grâce à la pression de groupes féministes. L’action féministe a aussi évité à Barcelone que le “pick-up artist” Álvaro Reyes donne ses cours d’apologie de la violence machiste. Ils ont tous été justement critiqués et boycottés. Mais ils sont tous les deux de simples porte-paroles du même message misogyne du business de l’exploitation sexuelle qu’est l’industrie de la pornographie. Pourquoi critiquons-nous seulement quelques individus et non le système tout entier ?

à lire : https://tradfem.wordpress.com/2016/12/0 ... barcelone/



Hypocrites

Je voudrais adresser mes réflexions sur la vidéo1 à Amarna2, puisque c’est une femme et qu’elle se dit féministe; en ce qui concerne le féminisme, je n’attends plus rien du reste : ni des dirigeants de Podemos ni, bien évidemment, des sponsors du salon érotique ou du salon en lui-même.

La nouvelle vidéo du salon érotique de Barcelone, dont le personnage principal est l’actrice de films pornographiques Amarna Miller, parcourt le web à toute vitesse. Miller, une personnalité liée à Podemos, est apparue dans différents espaces associés à ce parti (par exemple lors de débats sur la pornographie dans La Tuerka ou sur le féminisme à la Casa Morada3).

à lire : https://tradfem.wordpress.com/2016/12/09/hypocrites/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 26 Déc 2016, 17:25

« Il est temps d’admettre qu’il y a un problème avec la pornographie »

Il serait merveilleux de vivre dans un monde habité uniquement par les promoteurs de la pornographie. Dans ce supposé monde post-capitaliste, où la liberté sexuelle fleurit, il n’y a aucun besoin de s’inquiéter de la violence faite aux femmes. Dans ce monde, la pornographie est simplement la représentation de la diversité des désirs sexuels et l’utilisation de la pornographie pour se masturber et atteindre l’orgasme constitue une forme de bienheureuse résistance politique.

Le problème est, bien sûr, que ce monde n’existe pas. L’époque de la porno avant-gardiste (s’il une telle chose avait existé) est révolue depuis longtemps et l’industrie de la pornographie globalisée est devenue une centrale économique puissante. Tandis que les chiffres exacts sont souvent débattus, il existe un consensus général sur le fait que le marché de la pornographie rivalise avec l’industrie de la musique populaire, l’industrie du cinéma Hollywoodien et le sport professionnel au niveau économique.

à lire : https://ressourcesprostitution.wordpres ... nographie/




« la pornographie investit dans la déshumanisation cruelle des femmes »

J’ai été suffisamment choyée pour rencontrer plusieurs hommes ‘bons’ dans ma vie : amis, famille, amants, collègues d’études, alliés pro-féministes. Pourtant, peu importe combien ‘bons’ vous êtes et quelles sont vos habitudes de consommation pornographique (pour lesquelles je vous prie de m’épargner les détails), j’espère quand même que vous lirez cette lettre.

Vous avez probablement remarqué que je m’oppose vivement à l’industrie de la pornographie. Peut-être en avons-nous discuté ensemble, peut-être avons-nous évité le sujet complètement. Bien qu’il ne soit pas facile pour moi de parler de pornographie avec des hommes – particulièrement avec ceux que j’aime – je vais tout de même essayer.

La plupart de mes arguments contre la pornographie sont reliés aux impacts négatifs de celle-ci dans la vie des femmes. Ces effets vont beaucoup plus loin qu’un simple malaise devant des images pornographiques. La pornographie façonne la violence que nous vivons comme femmes dans les mains des hommes. En tant que militante contre les violences faites aux femmes, je sais que la pornographie est utilisée par les hommes pour nous attaquer. Des femmes m’ont raconté des cas d’hommes se servant de la pornographie pour préparer des jeunes filles aux actes qu’ils leur imposaient, des hommes qui contraignent leur copine/épouse à performer des actes qu’ils ont vu dans des films porno, des hommes qui utilisent la pornographie pour harceler sexuellement leurs collègues de travail, ainsi que des hommes qui demandent aux prostituées des actes de scènes vues dans la pornographie. Mais je vais laisser ces arguments de côté pour le moment pour m’attarder aux effets négatifs qu’a la pornographie sur vous les hommes.

à lire : https://ressourcesprostitution.wordpres ... es-femmes/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 01 Jan 2017, 19:24

Se dirige-t-on vers une banalisation du viol dans le porno ?

Le 20 décembre dernier, la pornstar Nikki Benz a raconté sur son profil Twitter avoir été violée sur une scène pour la firme Brazzers. Depuis, de nombreuses actrices lui ont apporté son soutien tout en dénonçant les dérives de l’industrie du X.

Le fantasme du viol existe, ressenti aussi bien par des femmes que par des hommes. L’excitation provoquée par la violence ou due à l’idée de soumission pleine et parfaite comme de domination absolue est réelle. Alors, comme tous les fantasmes, il se retrouve dans le porno. Sur n’importe quel tube, n’importe quel site, il y aura toujours une catégorie hardcore ou gangbang, des vidéos avec les mots “abused” ou “humiliation” dans la légende, même parfois avec “viol” ou “rape” bien qu’en théorie bannis par certaines plateformes. Mais comme tous les fantasmes reproduits par les acteurs de l’industrie du X, ce fantasme du viol se doit d’être scénarisé et joué dans un consentement mutuel.

Le 20 décembre dernier, la pornstar de Brazzers, Nikki Benz, raconte sur son profil Twitter qu’elle a été violée par l’un de ses partenaires complice du réalisateur. Armée du hashtag #NoMeansNo accolé au hashtag #CutMeansCut (Non veut dire non, Coupez veut dire coupez), elle écrit : “Quand je vous dis que je ne suis pas d’accord, vous devez me prendre au sérieux. Je ne devrais pas être violentée.”

L’actrice canadienne d’origine ukrainienne partage d’abord des captures d’écran de SMS. L’identité des deux personnes qui s’échangent les messages reste cachée, mais l’une d’entre elles témoigne de ce qu’elle a vu et des séquelles qu’en garde Nikki Benz.

La suite : http://www.lesinrocks.com/2016/12/28/ac ... -11896986/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 05 Fév 2017, 19:53

Votre porno est féministe… Et alors ?

La collusion entre un certain féminisme et la violence sexuelle

à lire : https://entreleslignesentrelesmots.word ... -et-alors/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 12 Fév 2017, 20:41

Toute la pornographie est une vengeance contre les femmes

Depuis quelques années, on constate de plus en plus de couverture médiatique, de recherche universitaire, de préoccupation par les gouvernements et de colère de la part de la population au sujet de la pornographie de vengeance, appelée communément « revenge porn ». Toutefois, une fausse séparation entre ce revenge porn et la prolifération de la pornographie commerciale sape les analyses existantes.

Les notions de base du revenge porn incluent « le partage d’images sexuelles privées, l’enregistrement d’une personne sans son consentement et l’intention de causer un préjudice à cette personne ». Ce préjudice est largement mis en action à travers la dégradation sexuelle et professionnelle des femmes.

Malgré sa définition, l’expression « revenge porn » n’est presque jamais utilisée pour décrire la pornographie commerciale. En effet, l’empressement à condamner le revenge porn laisse entendre que la pornographie commerciale n’est pas préjudiciable, dégradante ni humiliante.

Il est couramment pris pour acquis dans les débats publics que les femmes dans la pornographie commerciale ont librement et volontairement consenti, non seulement à être filmées lors de la performance d’actes sexuels, mais aussi à la distribution de ces films au niveau mondial. En dehors de ce récit, toutes les histoires d’abus au sein de l’industrie de la pornographie commerciale sont largement ignorées.

Des femmes impliquées dans tous les aspects de l’industrie de la porno, de la soi-disant « soft porn » de Playboy et du « libre choix » de la pornographie d’amateurs, aux formes plus « hard » telle que le gonzo, ont parlé publiquement de la violence et de la contrainte dans le milieu. Je rapporte un certain nombre de leurs histoires dans le livre Selling Sex Short. Les enregistrements filmés de ces agressions et abus de confiance demeurent en circulation et accessibles à un public essentiellement composé d’hommes qui les utilisent à des fins d’excitation sexuelle.

Certains incidents violents à l’intérieur même de l’industrie de la pornographie sont encore très rarement considérés comme de la « vengeance ». L’analyse s’en tient à un niveau individuel et n’offre pas une mise en contexte significative du consentement. La plupart des conceptions liées au revenge porn se maintiennent autour du fait que la personne en question – presque toujours une femme – n’a pas consenti à la distribution de son image et que le but de la publication de cette image est de la dégrader ou de l’humilier d’une quelconque façon.

Or il est important de comprendre que l’abus du « consentement », ainsi que l’humiliation et la dégradation, sont les caractéristiques principales de l’industrie de la pornographie.

la suite : https://ressourcesprostitution.wordpres ... enge-porn/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 04 Juin 2017, 17:26

La résistance à la pornification des femmes ne relève en rien d’une « panique morale »

« La sexualisation » a été un sujet largement abordé ces dernières années, et avec elle, la prémisse que les féministes qui s’opposent à l’objectivation sexuelle seraient à l’origine d’une « panique morale ». Depuis que le sociologue Stanley Cohen a introduit l’expression en 1972, elle a été utilisée comme un raccourci pour critiquer les conservateurs qui inventeraient un autre « problème » dans le but de diaboliser un groupe défiant les normes morales traditionnelles.

Les féministes seraient donc apparemment des conservatrices fomentant une panique inutile au sujet de la prolifération des images « sexualisées », alors que les médias contrôlés par l’industrie qui produit ces images de masse seraient une force de changement progressiste injustement diabolisée. Quel étrange retournement de situations.

Suggérer que des féministes s’opposant à la pornification de la société incitent à la panique morale c’est confondre un mouvement politiquement progressiste avec la tentative de la droite de contrôler les comportements sexuels. Bien sûr, nous pouvons identifier un tel volet conservateur dans les débats actuels par exemple en Grande-Bretagne : les interventions des gouvernements de droite incluent un appel à donner aux filles des leçons de pratiquer l’abstinence et des attaques contre le droit à l’avortement. Par contre, les féministes qui s’organisent face à la pornification ne font pas valoir que les images sexualisées des femmes causent une quelconque déchéance morale, mais plutôt qu’elles perpétuent le mythe de la disponibilité sexuelle inconditionnelle des femmes et leur état d’objet, compromettant ainsi leur droit à l’autonomie sexuelle, à leur sécurité physique et à l’égalité économique et sociale. Le tort fait aux femmes n’est pas un préjudice moral mais politique, et toute analyse doit être fondée sur une critique du contrôle des entreprises faisant partie de notre paysage visuel.

la suite : https://ressourcesprostitution.wordpres ... ue-morale/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 25 Juin 2017, 19:55

Racisme et pornographie, ce point aveugle persistant…

Le consensus général parmi les penseurs de gauche est que les stéréotypes, particulièrement ceux blessants ou racistes, ne sont jamais une bonne chose, surtout s’ils sont véhiculés en partie à des fins de satisfaction sexuelle et de fétichisation. L’exception, bien sûr, étant lorsqu’ils servent uniquement à la satisfaction sexuelle et à la fétichisation.

Mais, apparemment que tout ceci serait ‘compliqué’.

Une multitude de réflexions sur les dégâts causés par la fétichisation des femmes de couleur – sur les sites de rencontres, dans les films, dans les clips vidéos, au théâtre, même sur les statues – inondent nos fils d’actualité de plus en plus fréquemment. Pourtant, si la même fétichisation prend place dans une séquence de pornographie, elle demeure presque entièrement dénuée de critiques

à lire : https://ressourcesprostitution.wordpres ... ersistant/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 02 Juil 2017, 16:03

« Oui, la pornographie est raciste »

Dans l’article de blog de Shira Tarrant sur la race et le porno, elle mène des entretiens avec quelques actrices et acteurs afro-américain-ne-s connu-e-s pour mettre en cause mon argument selon lequel le porno est raciste. Il y a des femmes de couleurs qui ont réussi dans la pornographie, mais cela ne change pas le fait que le porno est systématiquement raciste. Les systèmes d’oppression sont assez flexibles pour assimiler certains membres de groupes subordonnés. En effet ils puisent leur force par l’illusion de neutralité pourvue par ces exceptions. Ainsi, l’élection de Barack Obama ne prouve pas la fin du racisme, pas plus que la carrière d’Hillary Clinton ne prouve que la politique n’est pas patriarcale. En tant que sociologue, ce qui m’intéresse c’est identifier et expliquer des structures sociales pour aider à comprendre comment des systèmes de pouvoir façonnent la manière dont la majorité des gens vivent. Dans le porno, les femmes de couleur sont généralement reléguées au « gonzo » [genre de porno développé dans les années 90 où la caméra est souvent portée par les acteurs et le scénario quasi-inexistant, NDLT], genre peu glamour, dangereux et sans statut « chic ». Ici, les femmes ont peu de sites web de fan-clubs, elles ne font pas partie de la culture populaire et doivent supporter un brutal pilonnage oral, anal et vaginal qui finit avec les classiques scènes d’éjaculation sur le corps et dans la bouche.

à lire : https://ressourcesprostitution.wordpres ... t-raciste/
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Re: A propos des pornographes

Messagede Lila » 16 Juil 2017, 20:23

Une avocate témoigne de la violence extrême de l’industrie pornographique.

Quand j’ai soutenu que la pornographie est intrinsèquement oppressive lors d’un débat récent à la Cambridge Union, honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que mon équipe réussisse à gagner l’auditoire. Quoique je le souhaitais. Mais je savais aussi que ceux qui évoluent dans le monde pornographié actuel ont du mal à en voir les dégâts. Moi je vois les dommages et méfaits. Je suis une avocate exerçant aux États-Unis et au Royaume-Uni et je passe un certain nombre de mes journées – plus que je le voudrais – à nettoyer les dégâts de l’industrie de la pornographie.

Je dois avouer que je n’avais pas prêté beaucoup d’attention aux énormes changements dans le monde du porno au cours de la dernière décennie. Pourtant, il y a quelques années, j’ai reçu un appel téléphonique d’une femme du Midwest des États-Unis. C’était un samedi soir à Londres. J’étais seule au bureau, alors j’ai décroché le téléphone. La mère affolée d’une étudiante de lycée me raconta comment les amis de sa fille, Sallie, 16 ans, l’avait violée alors qu’elle était ivre et avaient filmé le viol sur leurs téléphones. Sallie se réveilla le lendemain matin sans aucun souvenir de ce qui s’était passé. Lorsqu’elle apprit que l’agression avait été filmée, le clip avait déjà été distribué à travers toute l’école. Deux jours plus tard, revenant du lycée, Sallie dit à sa mère qu’elle n’avait pas passé une très bonne journée, puis alla dans sa chambre pour se suicider. Je fis tout ce que je pu pour aider cette mère en deuil, mais les options juridiques étaient limitées. La société était, et est encore, dans une phase d’apprentissage par rapport au revenge porn. Depuis, la réception de ce type d’appels est devenue régulière. Certaines victimes du revenge porn se défendent, d’autres se cachent ou terminent en hôpital psychiatrique et d’autres encore se suicident. Toutefois, les images perdurent, surtout sur les sites porno.

Et pourquoi sur les sites porno? Parce que non seulement l’industrie pornographique a inventé le revenge porn (les premières photos de revenge porn ont été publiées dans Hustler en 1980), mais elle a aussi intérêt à maintenir cette pratique « rentable », de la même façon qu’elle continue à trouver de nouvelles façons de violenter les femmes, et parfois les hommes, et de créer de nouvelles demandes de ces pratiques extrêmes. Si elle est l’objet de critiques, ses porte-paroles maintiennent qu’il s’agit d’un commerce comme un autre, d’un emploi comme n’importe quel autre – ou qu’ils sont à l’avant-garde de la liberté d’expression.

L’une de nos clientes, une actrice porno, nous a approché le jour suivant sa sortie de l’hôpital, où elle avait dû faire suturer son rectum suite au tournage d’une scène brutale. Elle n’allait pas pouvoir travailler pendant un moment et se demandait quel genre de protection existait pour elle. Il y en avait en réalité très peu. Elle était dans l’industrie depuis trois ans, ce qui est à peu près la durée pendant laquelle la plupart des femmes que j’ai rencontrées y étaient restées. Elle n’avait pas de régime de retraite, n’avait jamais entendu le mot ‘promotion’ et elle n’avait aucune idée de la façon de procéder. L’industrie avait pris trois ans de sa vie, la laissant sans rien d’autre qu’un prolapsus rectal, ce qui est d’ailleurs quelque chose que l’industrie du porno est fière de produire : il y a un marché croissant pour les ‘rosebud’ dans les films porno – soit, quand les tuniques de la paroi du colon d’une actrice s’effondrent et que les tissus rouges internes ‘fleurissent’ hors de l’anus.

Ce n’est pas une industrie où les actrices peuvent vieillir, avoir un régime de retraite, des vacances, ou la sécurité d’emploi. C’en est une où les femmes sont victimes de violences extrêmes pour la gratification sexuelle des téléspectateurs. En fait, l’oppression des femmes est inhérente aux histoires que l’industrie véhicule.

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Re: L'envers du porno

Messagede Lila » 08 Oct 2017, 20:54

Pornographie, violence et appropriation sexuelle : une réalité indicible

Une jeune femme se tient dans une pièce, entourée de nombreux hommes. Elle dit aux hommes qu’elle suit un cours en études féministes à l’université. En réponse, ils l’attrapent à la gorge pour la faire taire. Puis la giflent et la déshabillent.

Ce qui se passe ensuite est trop abominable pour être relaté. Quand les hommes en ont terminé (NDLT : de la torturer sexuellement), ils lui demandent : « Qu’est-ce que tu penses du féminisme maintenant ? ».

Cette femme dans ce film a déclaré, plus tard, qu’elle n’était pas à l’aise avec ce qui s’était passé. Mais apparemment, il ne s’agissait pas d’une agression sexuelle mais d’une forme d’expression sexuelle – dite « pornographie ».

En effet, la représentation de la violence sexuelle est souvent promue comme une expression des droits des femmes. « Vous pourriez faire un porno où une fille est étranglée, frappée et crachée dessus, avec un type qui la traite de salope, de grosse truie, et ce serait ok. Ça peut encore être féministe », estime Joanna Angel, qui s’auto-décrit comme actrice de « porno féministe ».

Une telle violence pornographique est symptomatique d’une tendance plus large et globale. Cette tendance passe par l’exploitation brutale, souvent observée à l’aube des désastres économiques et écologiques, où des femmes vulnérables sont spécifiquement ciblées avec violence et contraintes à l’esclavage sexuel ; par la prolifération de nouvelles formes d’objectification sexuelle, comme le recours à la labiaplastie, ou encore les hommes qui usent de chantage pour obtenir que des filles de plus en plus jeunes leur envoient des images pornographiques, les agressions sexuelles entre enfants et les nouvelles technologies de l’industrie sexuelle mondiale ; enfin par l’écart toujours plus grand entre les rémunérations des hommes et des femmes et la féminisation grandissante de la pauvreté.

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Re: L'envers du porno

Messagede Lila » 02 Nov 2017, 19:57

Laura McNally : Pornographie, violence et appropriation sexuelle : une réalité indicible

Une jeune femme se tient dans une pièce, entourée de nombreux hommes. Elle dit aux hommes qu’elle suit un cours en études féministes à l’université. En réponse, ils l’attrapent à la gorge pour la faire taire. Puis la giflent et la déshabillent.

Ce qui se passe ensuite est trop abominable pour être relaté. Quand les hommes en ont terminé (NDLT : de la torturer sexuellement), ils lui demandent : « Qu’est-ce que tu penses du féminisme maintenant ? ».

Cette femme dans ce film a déclaré, plus tard, qu’elle n’était pas à l’aise avec ce qui s’était passé. Mais apparemment, il ne s’agissait pas d’une agression sexuelle mais d’une forme d’expression sexuelle – dite « pornographie ».

En effet, la représentation de la violence sexuelle est souvent promue comme une expression des droits des femmes. « Vous pourriez faire un porno où une fille est étranglée, frappée et crachée dessus, avec un type qui la traite de salope, de grosse truie, et ce serait ok. Ça peut encore être féministe », estime Joanna Angel, qui s’auto-décrit comme actrice de « porno féministe ».

Une telle violence pornographique est symptomatique d’une tendance plus large et globale. Cette tendance passe par l’exploitation brutale, souvent observée à l’aube des désastres économiques et écologiques, où des femmes vulnérables sont spécifiquement ciblées avec violence et contraintes à l’esclavage sexuel ; par la prolifération de nouvelles formes d’objectivisation sexuelle, comme le recours à la labiaplastie, ou encore les hommes qui usent de chantage pour obtenir que des filles de plus en plus jeunes leur envoient des images pornographiques, les agressions sexuelles entre enfants et les nouvelles technologies de l’industrie sexuelle mondiale ; enfin par l’écart toujours plus grand entre les rémunérations des hommes et des femmes et la féminisation grandissante de la pauvreté.

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Re: L'envers du porno

Messagede Lila » 01 Avr 2018, 19:53

Comment la pornographie crée des prédateurs sexuellement addicts .

"Mon corps, mon choix!"

Vous pouvez entendre les lobbyistes pro-prostitution crier contre la critique abolitionniste. Pour détruire ce mythe, il suffit de lire le texte traduit suivant sur un propriétaire de maison de prostitution allemande qui est une poubelle. Avec 175 dossiers comprenant des milliers de pages de preuves, il est accusé de trafic d'êtres humains. Autant de "choix" dans la prostitution.

Début d'un très long procès contre un propriétaire de bordel: l'enfer sexuel au paradis! Le procès contre le propriétaire de bordel, Jürgen Rudloff, a commencé. L'accusation détruit l'image bien propre de cet homme de 64 ans :l'exploitation plutôt que la prostitution autodéterminée. Il y a cinq ans, M. Jürgen Rudloff s'est assis sur le canapé de Günther Jauch (remarque du traducteur: un célèbre proxénète allemand) et a blanchi son entreprise contentieuse parlant d'une prostitution prétendument autodéterminée. Avec sa coupe de cheveux très propre, son costume et sa chemise blanche ouverte, il a donné l'illusion d'être un homme d'affaires sympathique, autochtone et sérieux, typique des habitants de la région sud-ouest de l'Allemagne, ayant sa propre maison, sa belle voiture, quatre enfants et assistant aux matchs de football du VfB Stuttgart le samedi.

La seule chose qui le rendait perceptible était que son entreprise n'était pas en accord avec la société conservatrice: il est propriétaire de la marque de bordel "Paradise" avec des succursales à Stuttgart, Francfort, Saarbrücken en Allemagne et à Graz en Autriche. Au début de son procès pour aide au trafic d'êtres humains, soutien aux proxénètes et fraude de quelques millions d'euros, un autre symbole a détruit son image propre: les menottes avec lesquelles il a été amené au tribunal. Depuis six mois, M. Rudloff est en détention pour enquête. En outre, des accusations ont été portées contre le directeur commercial âgé de 52 ans et le directeur marketing âgé de 51 ans du "Paradise" de Stuttgart ainsi que contre un juriste de Francfort accusé d'avoir aidé M. Rudloff à escroquer des investisseurs d'environ trois millions Euros. L'un des investisseurs abusé est Willi Weber, l'ancien manager du champion de Formule 1 Michael Schumacher.

Le procureur principal, M. Peter Holzwarth, a préparé une longue accusation de 145 pages qui a détruit l'image nette de M. Rudloff qui a toujours prétendu qu'il n'y avait pas d'exploitation dans ses maisons closes. Selon ses déclarations, son entreprise a voulu offrir l'infrastructure avec des chambres et des lieux de bien-être, (les clients ont payé l'admission, les prostituées ont payé le loyer pour les chambres) et prendre l'argent des clients. Mais selon l'accusation, les travailleuses du sexe du "Paradis" n'étaient pas autodéterminées. Au lieu de cela, les membres des gangs de rock comme "Hells Angels" et "United Tribunes" ont fait en sorte que les clients aient une offre constante de renouvèlement des jeunes femmes, mais ces femmes n'ont pas agi volontairement. Des femmes ont été enlevées et forcées de travailler sans avoir la possibilité de s'échapper, car les membres des gangs de rock ont agi comme des gardiens dans les bordels et ont mis les femmes sous surveillance et pression pour servir autant de clients que possible.

L'accusation concerne les cas de 21 jeunes femmes dont une seule joue le rôle de procureur auxiliaire dans cette action en justice. Le procureur principal a rejeté l'idée que M. Rudloff ne savait pas ce qui se passait devant ses yeux dans ses maisons closes. "Vous vous moquiez de savoir si les femmes étaient dans la misère économique, droguées ou âgées de moins de 21 ans", a-t-il été accusé. Le principe d'exploitation était toujours le même: les rockers rendaient les jeunes femmes émotionnellement dépendantes, leur promettaient des opportunités de gagner beaucoup d'argent, prétendaient les aimer, mais les contraignaient finalement à la prostitution - d'abord avec des promesses, ensuite avec une violence brutale . Des femmes sans expérience dans ce milieu ont dû agir comme des "travailleuses du sexe" directement après leur 18e anniversaire. Si elles n'étaient pas contrôlées par les rockers eux-mêmes, elles étaient supervisées par d'autres femmes qui rendaient des compte aux rockers. Elles devaient gagner 500 euros chaque jour et travailler à partir de 15 heures et jusqu'à 3 heures du matin, même si elles étaient malades ou avaient des inflammations dans leurs zones intimes. En outre, M. Rudloff et le juriste de 70 ans doivent assumer la responsabilité de la fraude - selon l'accusation, ils ont créé un système financier de boule de neige et ont escroqué d'environ trois millions d'euros des investisseurs sur de nouveaux grands bordels qui ont fait confiance à leur crédibilité . "Mais en fait", a déclaré le procureur principal, "vous avez pris cet argent pour payer vos factures et payer votre style de vie de luxe." Dans un ancien procès déjà 11 rockeurs avaient été condamnés. En obtenant des plaidoyers de culpabilité, le tribunal espère encore réduire la durée du procès qui est prévoit déjà 80 dates fixes et durera jusqu'en mars 2019
Les résultats des enquêtes constituent 175 dossiers. L'emprisonnement pour M. Rudloff devrait durer un nombre d'années à un chiffre, pour les autres accusés la moitié ou moins de la moitié de la peine de M. Rudloff. Au début du procès vendredi, ils sont tous restés silencieux. info box: trafic d'êtres humains Selon le paragraphe 232 du code pénal allemand, les cas de traite d'êtres humains peuvent être punis d'une peine d'emprisonnement allant de six mois à dix ans. La traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle se produit dans les cas où des personnes abusent de la misère ou de l'impuissance d'autrui pour l'amener à se prostituer ou l'empêcher de quitter la prostitution. Souvent, les femmes étrangères sans compétences linguistiques sont des victimes.

Comment la pornographie crée des prédateurs sexuellement addicts ?

Dans notre dernier article "Porno? Non!" Nous nous sommes concentrés sur le lien entre la consommation de porno et la prostitution et les effets néfastes engendrés sur la société . Pour donner un autre point de vue sur le porno en tant que nouvelle drogue dangereuse, ce texte se concentrera sur les conséquences sur le comportement individuel et les façons de penser. Il est évident qu'une majorité significative de films pornos contient beaucoup de violence physique et psychique. De tels films débordent de coercition, d'irrévérence verbale totale et de scènes dans lesquelles vous pouvez voir les acteurs - principalement des femmes - ligotés, battus, baisés malgré des cris de douleur, aspergés au visage de sperme et manipulés comme des poupées, et non comme des êtres humains . Vous ne voulez pas continuer à lire? Alors imaginez que ce n'est pas seulement un récit, mais qu'il s'agit de votre fille abusée dans de tels films. Ce que nous écrivons ne relève pas d'une critique moraliste mais plutôt l'exploration scientifique. Il y a quelques années, les 50 films pornos les plus populaires ont été étudiés par des scientifiques qui ont regardé toutes les scènes (304) en détail. 88% de toutes les scènes contenaient de la violence physique et 49% présentaient une agression verbale explicite. Considérant une combinaison d'agressions physiques et verbales dans la plupart des films, le résultat était que seulement 1 des 10 scènes ne contenait aucune sorte d'agression, alors qu'il y avait 12 actions violentes en moyenne dans une seule scène!

Le plus grand danger des films pornographiques n'est pas la violence elle-même, mais la façon dont la violence est présentée. Dans les films pornos, les femmes sont montrées comme victimes de violence, mais elles ne réagissent pas au rejet ou à la défense. L'étude a révélé que presque toutes les victimes étaient des femmes et que, dans 95% des cas, elles ont réagi de manière apathique ou même avec plaisir. En résumé: dans le porno, les femmes sont abusées et sourient à ce sujet. Une majorité de clients pornos sont des hommes et si de tels mecs voient la violence physique et verbale régulièrement, ils regarderont les femmes comme des objets pour le plaisir des hommes, mais non plus comme des partenaires sexuels égaux avec dignité et sentiments. En outre, ils vont ignorer la nécessité de communiquer sur les souhaits de chacun dans la sexualité, sur les fantasmes et les interdits. Toutes sortes de relations sexuelles égales et d'amour seront tuées si les hommes excités et pornos pensent qu'ils ont des poupées au lieu de femmes dans leur lit. Cette façon de penser devrait être encore pire, car ce que presque tous les films pornos ont en commun, c'est l'image d'hommes puissants, forts et satisfaits de leurs exigences sexuelles, alors que les femmes sont obéissantes et soumises et il ne semble pas que être important s'ils aiment ou n'aiment pas la façon dont ils sont traités.

La recherche scientifique a confirmé l'hypothèse que les féministes avaient déjà formulée avec raison: la pornographie tue en nous ce qui nous rend humains: l'empathie et le respect de la dignité, des sentiments et du bien-être de chacun. Les consommateurs de porno ont généralement tendance à légitimer les abus et les agressions sexuelles contre les femmes, peu importe si elles sont des femmes ou des filles. De plus, plusieurs études ont prouvé que même les relations et pas seulement (apparemment inoffensives) sont affectées de manière très négative. Les consommateurs de porno ont plus tendance à utiliser la force, la pression et / ou l'alcool et la drogue pour contraindre les personnes à avoir des relations sexuelles répétées, que les personnes qui ne regardent pas la pornographie régulièrement. En regardant les résultats de tant d'études scientifiques, nous pouvons souligner que la pornographie nous détruit intérieurement et endommage notre cerveau. Comme un médicament, elle modifie notre façon de penser et d'agir et, sans faire attention, les consommateurs peuvent facilement devenir dépendants.
Pour comprendre pourquoi il ne sera pas facile d'échapper au piège du porno, examinons de plus près notre cerveau. Avez-vous pleuré en regardant "Titanic" ou avez-vous eu peur dans "Es" de Stephen King? Les scientifiques ont révélé que nous avions des neurones miroirs, ce qui explique pourquoi regarder des films peut nous faire pleurer ou nous effrayer. Ces neurones miroirs sont des cellules du cerveau qui travaillent surtout quand nous regardons les autres agir, dans cette fonction ils nous permettent de partager les émotions des expériences des autres. En ce qui concerne les films pornos, cela signifie que les consommateurs (sans être en mesure de contrôler le processus volontairement) vont commencer à répondre aux émotions des acteurs dans de tels films. Si les femmes réagissaient comme des victimes profondément déprimées et en pleurs, cela pourrait avoir un effet éducatif positif, provoquant de l'empathie pour les victimes, comme de voir des enfants affamés en Afrique.

Mais l'effet pervers des films pornos est leur éducation négative: si les hommes voient les femmes réagir de façon neutre ou même avoir du plaisir à être maltraitées, ils intériorisent le message que les femmes aiment être traitées comme des poupées sexuelles qui veulent être baisées durement. De plus, ce n'est pas seulement un message sur la façon dont les femmes peuvent être traitées, il y a aussi une dimension auto-référente: les hommes reçoivent le signal qu'ils n'ont pas besoin de s'inquiéter s'ils abusent d'une femme, parce qu'elle bénéficie d'un comportement acceptable. Et ce n'est toujours pas tout. Les neurones miroirs donnent le sentiment d'être excité sexuellement par ce qui se passe à l'écran. Pour la personne qui regarde une scène porno, c'est presque aussi vrai que de voir le film en réalité. Chaque fois qu'une scène éveille l'observateur, son cerveau apprend à associer la scène à l'excitation sexuelle. À ce stade, la pornographie devient une drogue dangereuse et nous devrions tous être conscients que c'est la même chose que par exemple, consommer du crack: il n'y a pas de catharsis.

Une fois que le consommateur s'habitue, il en veut de plus en plus et c'est une illusion de supposer que la satisfaction après la consommation ne se traduira pas par le désir incontrôlable de consommer à nouveau après un court laps de temps. Nous ne voulons pas semer la panique en alléguant que tous les consommateurs de pornographie deviennent des violeurs, mais n'oublions jamais le fait prouvé par l'étude selon laquelle la probabilité de devenir un violeur est six fois plus élevée pour les personnes exposées à de la pornographie violente, que pour les personnes qui ne regardent pas de films porno régulièrement. Depuis que nous sommes facilement accessibles via Internet, la pornographie est partout autour de nous, consommée quotidiennement par des millions d'utilisateurs. C'est comme si nous étions inondés par une vague de violences et d'abus, avec de temps en temps des raz-de-marée. Nous, en tant que société entière, devrions être honnêtes et admettre être schizophrènes. D'une part, nous nous engageons pour l'égalité et - regardons MeToo - pour une fin des agressions sexuelles et d'autre part nous acceptons la pornographie tout autour de nous avec le message à des millions d'hommes que les femmes pourraient être leurs objets de plaisir sexuel. Tant que la société ne changera pas la diffusion de la pornographie, il ne sera pas étonnant que les agressions sexuelles ne s'arrêtent pas, car il y a un lien étroit entre la consommation de films pornographiques et le non-respect des femmes ce qui mène finalement à plus d'agressions. Donc, soyons conséquents et cessons les violences, les abus et les traitements déshumanisants.

Abolissons la pornographie et ouvrons la voie à un réel respect et à des relations fondées sur l'amour et l'égalité!

Abolition de L'industrie du Sexe Canada .


https://www.facebook.com/notes/abolitio ... 089509413/
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Re: L'envers du porno

Messagede bipbip » 27 Mai 2018, 15:52

l’obscure clarté de la pornographie féministe

Courrier d’une lectrice : l’obscure clarté de la pornographie féministe

Suite à l’article «  cadrages féministes pour un cinéma X  » dans Alternative libertaire de mars, une lectrice a souhaité réagir. Le mensuel Alternative libertaire publie des articles qui reflètent les orientations d’AL, mais il s’enrichit aussi parfois de points de vue et d’analyses autres, s’ils ne nous semblent pas antagoniques. Il est donc juste que certains articles fassent débat.

Commission journal d’AL

l’obscure clarté de la pornographie féministe

La pornographie serait ennoblie d’un nouveau genre  : la pornographie «  féministe  ». Les actes sexuels filmés seraient respectueux des femmes, centrés sur la diversité des corps et des désirs, loin des stéréotypes phallocrates de la pornographie grand public. C’est oublier que, quels que soient les adjectifs et les décors, la pornographie est avant tout de la prostitution filmée.

Étymologiquement, «  pornographie  » signifie «  représenter la prostitution  ». Il est d’ailleurs symptomatique que les défendeurs d’une pornographie dite «  féministe  » soient également favorables à la réglementation de la prostitution et contre la pénalisation des «  clients  ». Cette porno «  féministe  » est ­surtout une nouvelle niche commerciale pour consommatrices et consommateurs égocentriques  : elles et ils pensent se distinguer en revendiquant un usage de la porno comme on va au marché bio  : c’est plus safe et respectueux.

À bas «  les grandes productions capitalistes  » a t-on pu lire  ! Comment ne pas y voir une récupération de la puissance révolutionnaire du féminisme face au danger qu’elle représente pour cette industrie  ?

La pornographie est une composante du système proxénète qui repose sur l’exploitation sexuelle des femmes, comme la prostitution ou la GPA. Qu’elle se présente comme «  féministe  » ou non, quelqu’un.e rémunère une personne en échange de l’utilisation de son être et de son corps. Il s’agit d’une contrainte économique dans la très grande majorité des cas. La contrainte permettant de caractériser le viol, toute personne tirant profit de ces crimes (client.es, productrices.teurs, diffuseurs) en est complice.

Sophie Péchaud


http://alternativelibertaire.org/?Courr ... rnographie
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Re: L'envers du porno

Messagede Lila » 27 Mai 2018, 21:09

Il n’y a rien de feministe dans la défense de la pornographie

Comme l’a dit Rachel Moran, survivante de l’industrie du sexe et militante abolitionniste, « il n’y a pas, et il n’y a jamais eu de défense féministe de la marchandisation des femmes. »

Cela devrait être une évidence, qu’en tant que féministes, partisanes d’un mouvement social et politique pour la libération des femmes de l’oppression masculine, nous ne souscrivions pas à un média et des institutions qui brutalisent les femmes pour le plaisir des hommes. Cela ne devrait pas être super controversé de dire ça. Mais de nos jours, les féministes qui critiquent la pornographie se voient répondre systématiquement : « pourquoi ? c’est quoi ton problème avec le sexe ? »

Que toute objection contre le matériel pornographique soit qualifiée de puritanisme anti-sexe montre à quel point l’industrie pornographique a réussi à associer son produit à la libération sexuelle plutôt qu’à l’exploitation sexuelle. Les pornographes ont réussi à prendre des actes de domination, de cruauté et de violence et à appeler ça du sexe. L’industrie a si profondément pénétré nos concepts de sexe et de sexualité que même certains se proclamant du féminisme adoptent la pornographie comme étant émancipatrice.

Dans les années 70 et 80, la seconde vague du féminisme avait clairement identifié la pornographie comme de l’objectivation et la subordination sexuelle des femmes, se rassemblant contre les prostitueurs et les pornographes. A peine quelques dizaines d’années plus tard, les féministes néolibérales défendent la pornographie comme un choix progressiste et émancipateur pour les femmes. L’analyse critique de la pornographie dans les médias féministes populaires se limite généralement à « bah, c’est vous qui voyez », où on encourage les femmes à inclure la pornographie dans leurs relations intimes et à se féliciter d’être si cool et ouvertes d’esprit.

Ce qui est particulièrement absent en revanche, c’est une analyse significative de l’impact de la pornographie sur les femmes en général et la façon dont les femmes sont lésées à la fois par la production et par la consommation pornographique, à savoir qu’est-ce que cela implique pour les femmes, collectivement, en terme de relations intimes, d’opportunités et d’atteinte de l’égalité des genres, quand la forme d’éducation sexuelle dominante nous représente comme une simple somme de trous destinés à être utilisés par les hommes. Est-ce supposé être ça le progrès ?

Il est impossible de considérer la réalité de la pornographie et de conclure que c’est une avancée pour le statut de la femme. La pornographie mainstream a pour dominante des actes de violence sexuelle, principalement perpétrés par des hommes sur des femmes. Les pratiques de base de la pornographie incluent la fellation jusqu’à étranglement (« gagging »), le sexe anal hétérosexuel, l’éjaculation sur le visage ou sur les seins et les pénétrations multiples.

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