Lutte pour l'égalité des salaires

Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Pïérô » 14 Oct 2011, 09:43

Pour l’augmentation des salaires dans les métiers féminisés
appel collectif à rassemblement le 15 octobre :

15 octobre rassemblement pour l’augmentation des salaires dnas les métiers féminisés

Aux lendemains des manifestations contre la casse des retraites dont les femmes sont les premières victimes et parmi elles, les plus vulnérables, celles qui travaillent dans les secteurs précaires, pénibles et déqualifiés, à temps extrêmement partiel, à grande amplitude horaire : commerce, restauration, nettoyage, services à la personne…,

A l’heure où les salarié-e-s du commerce, de la grande distribution, comme à Carrefour Market, les sages-femmes, les ouvrières et ouvriers de l’industrie agro-alimentaire et tant d’autres… se mobilisent pour exiger l’augmentation de leurs salaires, la reconnaissance de leurs métiers et de la pénibilité de leurs conditions de travail, pour défendre leur emploi, leur outil de travail,

Les associations féministes et les organisations syndicales et politiques citées ci-dessous, engagées dans la campagne Egalité des salaires entre les femmes et les hommes… maintenant ! appellent depuis mars 2011 à poursuivre la mobilisation de toutes et tous et à signer et faire signer la pétition pour exiger la revalorisation des métiers et l’augmentation des salaires dans tous les secteurs féminisés !…

Elles organisent un rassemblement le samedi 15 octobre à la place de la Bastille.

Pour l’Égalité des salaires entre les Femmes et les Hommes …Maintenant !

Exigeons la revalorisation des métiers et l’augmentation des salaires dans tous les secteurs féminisés

Rassemblement samedi 15 octobre

15h–18h devant les Marches de la Bastille


Animation par « Féminisme enjeux » (Théâtre de l’Opprimé)

Témoignages des travailleuses du commerce, aide à la personne, ouvrières de l’électronique,…

Parce que nous exigeons de vrais salaires pour de vrais métiers,

Nous exigeons l’augmentation des salaires dans tous les secteurs féminisés !… Maintenant !

Collectif national pour les droits des femmes (CNDF)/ Femmes Égalité/ Maison des Femmes de Montreuil/ ATTAC

AC !/ l’Appel et la Pioche/ CADAC/ Coordination lesbienne en France (CLF)/ Espace Simone de Beauvoir/ Femmes libres Radio libertaire/ Femmes Solidaires / Initiative féministe européenne (IFE) France/ La Lune(Strasbourg)/ Marche Mondiale des Femmes Paris-IdF/ / Osez le féminisme/ Rajfire/ Réseau féministe « Ruptures »/ Solidarité Femmes(Strasbourg)/ SOS Sexisme /FSU / CGT Fédération Commerce et Services/ CGT Equipement-Environnement Alsace/ UL CGT de Massy/ Solidaires / Les Alternatifs/ EELV/ FASE/ GU/ MJCF/ NPA/ PCF/ PCOF/ PG

Contact : egalitedesalaires.maintenant@gmail.com

La pétition en ligne : http://www.mesopinions.com/Egalite-des- ... e0fea.html
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Re: pour l’augmentation des salaires dans les métiers fémini

Messagede Pïérô » 05 Jan 2012, 12:50

Tract de l'Union syndicale Solidaires

Salaires : Pour en finir avec les inégalités entre les femmes et les hommes !

Quelques chiffres

La France est un des pays où les femmes représentent quasiment la moitié des salarié-es (47,5 % en 2008). Mais en ce qui concerne l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, on est loin du compte ! Le salaire moyen des femmes est de l’ordre de 75 % du salaire moyen des hommes. Une partie de cette inégalité s’explique par le fait que les femmes occupent des emplois moins qualifiés (donc moins payés), qu’elles sont plus souvent à temps partiel (83% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes).

Cette sous-qualification de l’emploi féminin, et cette sur-représentation des femmes dans les emplois à temps partiel, renvoient bien sûr à des normes sociales dominantes, à une vision persistante de la société où le salaire des femmes est encore considéré comme un salaire d’appoint. Et alors même qu’elles assurent très majoritairement les responsabilités familiales. En effet, les hommes n’assurent que 35% des tâches domestiques, cette proportion n’évoluant que très lentement : ainsi le ratio n’a augmenté que de 3% entre 1986 et 1999.

Il demeure également une discrimination de l’ordre de 10 %, à poste et expérience équivalents : les femmes touchent 10 % de moins qui ne s’explique ni par la qualification (niveau de diplôme), ni par l’expérience ou la durée du temps de travail : c’est ce qu’on appelle une discrimination « pure » pratiquée par les employeurs, liée au seul fait d’être une femme !

Cette inégalité se retrouve bien sûr, et de façon amplifiée, en ce qui concerne les retraites : la retraite moyenne des femmes ne représente que 60 % de la retraite moyenne des hommes !

Et pourtant, depuis 1972, plusieurs lois ont été votées !

* 1972 : Principe de l’égalité de rémunération : « A travail égal, salaire égal ».

* 1983 : Renforcement du principe d’égalité des droits en matière d’embauche, de promotion, de rémunération, de formation et de qualification. Elle étend le principe « à travail égal, salaire égal » aux emplois de « valeur égale ». Création de l’obligation de produire un rapport annuel de situation comparée (RSC) entre les hommes et les femmes.

* 2001 : Obligation de négociation entre direction et syndicats sur l’égalité professionnelle.

* 2006 : Engagement de réduire l’écart salarial ; négociation aux niveaux des branches et de l’entreprise, visant à définir et à programmer des mesures permettant de supprimer les écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes avant le 31 décembre 2010 !

* Janvier 2012 : La date butoir du 31 décembre 2010 a été reportée (lors du débat sur la contre-réforme des retraites) au 1er janvier 2012. Les entreprises d’au moins 50 salarié-es devront disposer d’un accord collectif sur l’égalité professionnelle ou au minimum, d’un plan d’action.


Utiliser les différents outils

Depuis la loi de 2001, l’égalité entre les hommes et les femmes fait partie des thèmes de la négociation annuelle obligatoire. C’est un outil légal qui doit permettre de prendre en charge et corriger les inégalités constatées dans la vie professionnelle entre les hommes et les femmes. La négociation doit s’appuyer sur les données chiffrées sexuées contenues dans le rapport de situation comparée.

Celui-ci permet de comparer la situation respective des hommes et des femmes en matière d’embauche, de formation, de qualification, de classification, de conditions de travail… Il s’applique dans les entreprises de plus de 300 salarié-es, il est remis au Comité d’entreprise et au/à la Délégué-e syndical-e.

Dans les entreprises de moins de 300 salarié-es, ces informations sont contenues dans le rapport unique.

L’obligation de négocier un accord ou d’établir un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle s’applique dans les entreprises employant au moins 50 salarié-es.

Si un accord est conclu, il est valide pour trois ans. S’il n’y a pas d’accord, et seulement un plan d’action, il doit être revu chaque année. L’accord doit être transmis à l’inspection du travail. Mais ce n’est qu’à l’occasion d’un contrôle dans l’entreprise que l’inspection du travail doit vérifier si l’entreprise est couverte par un accord collectif ou un plan d’action. Si ce n’est pas le cas, l’employeur a six mois pour remédier à cette situation.

Au terme de ce délai, si rien n’a été fait, l’employeur peut-être condamné à des pénalités financières d’un montant maximum de 1% de la masse salariale… mais ce n’est pas automatique ! On est donc encore loin d’une obligation de résultat.

Des outils juridiques existent donc. Avec les équipes syndicales, il faut les utiliser pour faire avancer l’égalité salariale : faire l’état des lieux, se mobiliser pour expliquer les enjeux d’une véritable égalité professionnelle et obtenir des plans de rattrapage…


La Fonction publique est aussi inégalitaire

Mais ces lois ne s’appliquent pas à la Fonction publique, alors même que les inégalités femmes/hommes y sont bien présentes. Majoritaires dans l’ensemble de la Fonction publique (58% de féminisation des emplois), elles sont sous-représentées dans l’encadrement, et sur-représentées dans les emplois précaires (les plus mal payés). Les écarts moyens de salaire entre hommes et femmes sont de 17 % dans la Fonction publique d’Etat, 12,4 % dans la Fonction publique territoriale et de 27,6 % dans la Fonction publique hospitalière.

Comme dans le secteur privé, ce sont les mêmes phénomènes qui conduisent aux inégalités : temps partiel, congés parentaux mais aussi le fait que de plus en plus, dans la Fonction publique comme dans le privé, les rémunérations annexes (primes, individualisations...) jouent davantage en faveur des hommes, au détriment des femmes. Dans le même temps, les métiers les plus masculins sont mieux lotis en matière de primes que les métiers les plus féminisés… Ainsi les primes sont en moyenne, pour les femmes, de 17,3 % du traitement alors que pour les hommes, ces primes représentent 32,7% du traitement.

Plusieurs concertations ont déjà eu lieu dans la Fonction publique sur ce sujet mais sans que nous puissions noter d’évolution réelle en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Une négociation est annoncée par le Ministre : permettra-t-elle enfin de vraies avancées ? Rien n’est moins sûr au vu des attaques très dures de ce gouvernement contre les personnels de la Fonction publique…

Pour des raisons d’affichage pré-électoral, le gouvernement souhaiterait un accord début 2012 mais pour l’instant, les seules propositions ne sont que des intentions sans aucune mesures concrètes, sans objectifs chiffrés…

Le gouvernement, premier employeur de ce pays, n’est donc pas plus exemplaire que le patronat en matière d’égalité entre les hommes et les femmes !

Pour avancer vers l’égalité, l’Union syndicale Solidaires revendique les mesures suivantes :

* La possibilité pour tout-e salarié-e à temps incomplet qui le souhaite de passer à temps complet

* Un recrutement préférentiel pour les femmes dans les secteurs où elles sont sous-représentées, notamment chez les cadres et dans les secteurs techniques

* La prise en compte en totalité des congés de maternité et des congés parentaux pour la promotion et la retraite

* La mise en place de méthodes de comparaison des emplois permettant de reconnaître toutes les compétences des emplois majoritairement féminins largement sous-qualifiés aujourd’hui

* Des mesures plus contraignantes pour les entreprises et la Fonction publique pour parvenir à la résorption des inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes

* Le développement d’un service public de garde d’enfant suffisamment près des lieux d’habitation, des crèches interentreprises, des services de proximité et d’aide à la dépendance.

Sans prise de conscience et mobilisation des salarié-es, du privé comme du public, l’égalité homme/femme en matière salariale restera en panne !

JANVIER 2012

Union syndicale Solidaires
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Re: pour l’augmentation des salaires dans les métiers fémini

Messagede Pïérô » 20 Jan 2012, 14:29

un article bien fait, avec beaucoup d'éléments

Sexisme

Des inégalités salariales aux violences sexuelles : le quotidien des femmes au travail

Par Nolwenn Weiler (17 janvier 2012)

En France, la moitié des salariés sont des femmes. Aux inégalités de salaires et de carrières persistantes, qui se répercutent au moment de la retraite, s’ajoutent des violences sexistes et sexuelles : chaque année 3 000 viols sont perpétrés sur le lieu de travail, souvent dans une quasi-impunité. Des associations et des syndicalistes se mobilisent sur ce sujet encore tabou.

« À travail égal, salaire égal ! » Le slogan date de… 1972. Quarante ans plus tard, on est évidemment loin du compte. En 2008, les écarts salariaux moyens entre hommes et femmes sont de 23,6 % dans le secteur privé et de 17 % dans la fonction publique d’État. Et à l’heure où sonne la retraite, les femmes perçoivent, en moyenne, 40 % de moins que les hommes. La structure même de l’emploi explique en grande partie ces différences de revenus. Puisque les messieurs ont des carrières plus complètes – les trois quarts des temps partiels sont occupés par des femmes – et davantage d’emplois qualifiés, donc mieux payés.

La lutte contre les temps partiels imposés, dont le nombre a explosé depuis les années 1990, apparaît cruciale. Les syndicats doivent aussi faire de la lutte contre les inégalités hommes/femmes une question prioritaire. C’est loin d’être le cas aujourd’hui. « Il y a des accords de principe, mais peu de bagarres sont menées, souligne Annick Coupé, de l’Union syndicale Solidaires. Il semble que ce soit toujours moins grave pour une femme d’avoir un salaire réduit. »


Des inégalités peu combattues

En 2008, au moment, où débute la crise, des négociations sont menées entre les syndicats et le patronat. Les mesures d’aides au chômage partiel sont activées. « C’est très bien. Il fallait le faire, commente Annick Coupé. Mais qui s’est déjà posé la question des salaires amputés des caissières, par exemple ? Qui s’est demandé comment, elles, bouclent leurs fins de mois ? Il est encore très ancré que les salaires des femmes viennent en appoint. »

Divers textes, arrachés au fil des années, mentionnent l’obligation pour les partenaires sociaux de négocier sur ces questions. En 1983, est imposé le rapport annuel de situation comparée (RSC) [1]] entre les hommes et les femmes, pour les entreprises de plus de 300 salariés du secteur privé. À partir de 2001, direction et syndicats sont tenus de négocier sur l’égalité professionnelle.

Cinq ans plus tard, en 2006, apparaît l’engagement de réduire les écarts salariaux. Des mesures permettant de supprimer les écarts de rémunération doivent être prises avant le 31 décembre 2010. Et, depuis le 1er janvier dernier, les entreprises d’au moins 50 salariés doivent disposer d’un accord collectif sur l’égalité professionnelle ou, au minimum, d’un plan d’action.

Mais ce dernier impératif n’est, pas plus que les précédents, assorti de mesures réellement coercitives. « Si rien n’a été mise en place au moment où passe l’inspecteur du travail, l’employeur a six mois pour remédier à la situation. Au terme de ce délai, il peut-être condamné à des pénalités financières d’un montant maximum de 1% de la masse salariale... mais cela reste à apprécier par l’inspecteur », regrette Annick Coupé.


Décontamination mentale

L’emploi des femmes pâtit aussi de la très inégale répartition de l’exercice des responsabilités familiales. « Les hommes n’assurent que 35 % des tâches domestiques, et cette proportion n’évolue que très lentement : le ratio n’a augmenté que de 3 % entre 1986 et 1999 ! », rappelle Annick Coupé. Elle souhaiterait que syndicats, patronat et pouvoirs publics encouragent davantage les hommes à prendre leurs congés paternité et parental. « Alors que les hommes en couple restent, pour 90 % d’entre eux, à temps plein quel que soit le nombre de leurs enfants, les femmes ne sont plus que 68 % à travailler à temps complet avec un enfant et seulement 39 % avec plusieurs enfants », détaille l’Observatoire des inégalités.

Selon Dominique Meda, sociologue, interviewée par nos confrères d’Alternatives économiques, il faudrait aussi « soumettre l’ensemble de la société à une grande "décontamination", à une radiographie de tous les stéréotypes de genre qui expliquent, de proche en proche, l’ensemble des inégalités : petites filles moins encouragées dans les petites classes, stéréotypes sur les métiers "féminins" et "masculins" véhiculés par les familles, le corps enseignant et les médias tout au long de la scolarité, préjugés sur les rôles familiaux qui font obstacle à un partage égal des responsabilités professionnelles… »


3 000 viols au travail par an

Très répandues dans le monde du travail, et le plus souvent impunies, les violences sexistes et sexuelles participent elles aussi à une persistance des inégalités, en même temps qu’elles les génèrent. Le seul sondage national sur ce sujet date de 1991 [2]. 19 % des femmes actives déclarent alors avoir été victimes ou témoins de harcèlement sexuel au cours de leur vie. Seize ans plus tard, en 2007, une enquête de l’Insee montre que près de 5 % des viols dont les femmes sont victimes se produisent sur le lieu de travail. Soit environ 3 000 par an.

Sur les 400 dossiers suivis en 2010 par l’Association européenne de lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail (AVFT), on relève 37 % de harcèlement sexuel, 36 % d’agressions sexuelles et 17 % de viols. « Sachant que, dans la plupart des cas, il y a cumul d’infractions », souligne Marilyn Baldeck, juriste et déléguée générale de l’association.

Dans 80 % des cas, l’agresseur est un supérieur hiérarchique. Les 20 % restant sont commis par des collègues. Tous les corps de métiers sont concernés : bâtiment, bibliothèque, consulat, groupe de cosmétique, café, secteur aéronautique, armée, ministères... font partie des nombreux secteurs répertoriés par l’association en 2011.


Impunité pour tous, ou presque

« Je savais que ça existait, mais quand ça m’est tombé dessus, je n’ai rien compris », raconte Julie, 27 ans, secrétaire dans un hôpital. « Un soir, alors que je m’apprêtais à quitter le boulot, mon supérieur hiérarchique m’a passé la main sous le tee-shirt, il m’a touché les seins, et le bas du ventre. » Très en colère, et décidée à faire respecter ses droits, elle est allée porter plainte au commissariat, où elle a été très bien reçue. « Mieux que par ma direction, note-elle, qui m’a dit que j’avais sans doute mal interprété son geste et qu’il valait mieux que je me taise. »

Convoquée à plusieurs reprises au commissariat, puis soumise à une expertise psychologique, Julie a finalement reçu, huit mois après avoir porté plainte, la notification de classement sans suite de sa plainte, pour « preuves insuffisantes ». Pour le moment, son agresseur continue tranquillement d’aller au travail. Alors qu’elle a été arrêtée plusieurs mois, et a subi, à la suite de cette agression, divers soucis familiaux. Qu’elles dénoncent des viols, des agressions sexuelles ou du harcèlement sexuel, les femmes sont bien souvent punies plutôt que félicitées d’avoir osé parler. Leur contrat de travail est rompu, pour diverses raisons : démission, licenciement suite à une déclaration d’inaptitude par la médecine du travail, licenciement pour faute (!), etc.

« Les harceleurs agissent parce qu’ils ont une quasi-certitude d’impunité, regrette Marilyn Baldeck. En 2009, il y a eu 78 condamnations pour harcèlement sexuel. Dont 25 % cumulés avec des agressions sexuelles. » Et selon les juristes de l’AVFT, ce très faible pourcentage de condamnations est directement lié à la définition même de l’infraction, trop évasive. « La loi ne dit pas ce qu’est le harcèlement. Il est écrit : “Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle.” Mais les violences sont beaucoup plus larges que les comportements visant à coucher. Ce devrait être tout ce qui gâche la vie des victimes, peu importe l’intention du harceleur ! » Dans la législation européenne, dont la France est censée devoir s’inspirer, l’intentionnalité de l’auteur n’est pas requise. Les effets du comportement dénoncé peuvent suffire à caractériser l’infraction.


Des délits qui ne sont pas des blagues

Attouchements, obligation à regarder des sites pornographiques, confidences intimes, blagues qui ne font rire que ceux qui les formulent, agressions, viols… Les comportements pouvant plomber la vie des femmes au travail sont divers et variés. « Mais le mal-être généré n’est pas exprimé par les femmes, constate Annick Coupé. Elles sont convaincues de ne pas être normales. Elles se débrouillent avec ce qui leur arrive. »

Et les syndicats ne sont pas assez présents à leurs côtés. « Nous avons trop souvent tendance à renvoyer les personnes qui s’adressent à nous vers des associations. Ou, pire, à minimiser le problème. Ce qui nous décrédibilise totalement », ajoute Christophe Dague, de la CFDT, en charge du programme Respectées. Instauré en 2009, le dispositif propose formations et sensibilisations des militants : délégués syndicaux, délégués du personnel, conseillers prud’hommes, conseillers du salarié…

« L’objectif est que ces militants soient identifiés comme aidants par les victimes et qu’ils fassent de la prévention », explique Christophe Dague. À Solidaires, la formation des délégués syndicaux devrait commencer cette année. « Il s’agit de rappeler que cela existe et dire que ce n’est pas extra-syndical. Seule la vigilance collective peut être efficace. C’est trop compliqué pour les victimes de se défendre seules, explique Annick Coupé. Mais cette première prise de conscience rencontre beaucoup de résistance. Trop d’entre nous restent persuadés qu’il s’agit d’une affaire privée. »


Responsabilité de l’employeur

Au sein des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), dans les commissions égalité, en tant que délégués syndicaux ou délégués du personnel, chacun peut, à son échelle, faire de la prévention. « Nommer les infractions est un préalable indispensable », explique Frank Mikula, président de l’Union des navigants de l’aviation civile (Unac). C’est l’objet du bulletin édité par le syndicat et qui a été distribué en 2011 aux 15 000 stewards et hôtesses de l’air d’Air France. « Avec, en plus, la formation de nos délégués, nous espérons agir en amont des violences, en plus de pouvoir accueillir les victimes. »

« Nous entendons aussi mettre les employeurs face à leurs responsabilités, insiste Frank Mikula. Une hôtesse de l’air d’une cinquantaine d’années est venue me raconter il y a peu qu’elle s’était plainte à son manager du fait que son commandant de bord lui avait posé la main sur les cuisses. “ À ton âge, du devrais être flattée”, lui a-t-il rétorqué. C’est absolument scandaleux ! Je suis allée voir la direction des ressources humaines pour qu’ils se rendent compte que le défaut de formation et d’information de leurs équipes est grave, et qu’il faut y remédier ! »

Dans le code du travail, il est précisé que l’employeur doit prendre des mesures pour prévenir le harcèlement et les agressions sexuelles et sexistes. « Et tout le monde a des prérogatives statutaires et légales sur ces questions, reprend Marilyn Baldeck. Le médecin du travail peut exiger de l’employeur qu’il trouve une solution. L’inspecteur du travail peut saisir le procureur et diligenter une enquête. Mais cela n’a jamais été une priorité et, en plus, ces deux corps sont en train de disparaître purement et simplement. »


Tolérance zéro

Pour Annick Coupé, il est important de « rappeler les souffrances vécues » pour éclairer les uns et les autres. L’instauration de la tolérance zéro semble aussi indispensable. « Il faut faire des rappels à la règle réguliers, reprend Christophe Dague. Les agresseurs savent mesurer leurs risques. Si le cadre d’équipe dit et répète que ce ne sera pas toléré. S’il précise que les sanctions seront immédiates, licenciement inclus, les gars ont – curieusement – moins de pulsions sexuelles irrépressibles… »

« Le monde du travail doit participer à la transformation de notre société vers plus d’égalité entre les hommes et les femmes », insiste Annick Coupé. Les acteurs associatifs et syndicaux qui ont entamé ce long mais indispensable travail concèdent que cela prend du temps… et que ce n’est jamais gagné. Raison de plus pour s’y mettre au plus vite.

Nolwenn Weiler

Notes
[1] [Télécharger le rapport : http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr ... t_2008.pdf

[2] Sondage Louis Harris.


http://www.bastamag.net/article2050.html
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Re: pour l’augmentation des salaires dans les métiers fémini

Messagede bipbip » 14 Oct 2012, 23:44

6 heures pour l'égalité salariale, samedi 20 octobre, Saint Denis (93)

Les 6 heures pour l'égalité salariale !

Le Samedi 20 Octobre 2012 à 14h, à la Bourse du Travail de Saint Denis, venez aux 6 heures pour l'égalité des salaires entre les femmes et les hommes !

Mettons au centre du débat sur l'égalité salariale les travailleuses les plus précaires ! Exigeons ensemble la revalorisation des métiers et l'augmentation des salaires dans tous les secteurs professionnels féminisés !

Nous vous invitons :

• à venir entendre les salariées en luttes des métiers féminisés : Femmes de chambre, caissières, aide à la personne, vendeuses...
• à débattre avec des chercheuses, militant-e-s...

Avec un théâtre-forum créé par Féminisme enjeux. "

Campagne lancée par le CNDF, Femmes Egalité, ATTAC, la Maison des Femmes de Montreuil
http://www.demosphere.eu/node/32284
Bourse du Travail de Saint-Denis, 9-11 rue Génin (entrée aussi possible rue Bobby Sands), Saint Denis (93)
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Re: pour l’augmentation des salaires dans les métiers fémini

Messagede bipbip » 15 Mar 2013, 01:54

Le revenu salarial des femmes reste inférieur à celui des hommes
étude INSEE
http://insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1436
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Re: Pour l’augmentation des salaires dans les métiers fémini

Messagede Pïérô » 09 Déc 2013, 01:26

Appel à rassemblement samedi 14 décembre à Paris
l'égalité des salaires entre les femmes et les hommes...

maintenant

Celles qui sont majoritaires dans les emplois mal payés et qui représentent la masse des travailleurs au SMIC, celles qui sont sureprésentées dans la Catégorie C de la fonction publique, celles qui tout en travaillant vivent dans la pauvreté, toutes ces femmes exigent d'ouvrir le dossier de l'augmentation des salaires dans le privé comme dans le public.Aujourd'hui, avec un SMIC, on ne peut plus vivre ; on se limite à survivre. Toutes celles qui travaillent à temps partiel voient leur rémunération amputée.

Ça ne peut pas continuer comme ça !

Il est indispensable d'augmenter les salaires, de revaloriser le SMIC et de mettre fin au gel des rémunérations dans la fonction publique.
• Un Smic à 1700 c'est ça un salaire décent !
• Travailler le dimanche ce n'est pas ça qui nous arrange. Si on augmente nos salaires, on ne sera plus obligées de le faire !
• NON à l'extension des horaires OUI à l'augmentation des salaires !

"Rassemblement - Animation" 14 décembre - 14h - Place d'Italie

Avec la participation des syndicalistes du Clic-P (Collectif de liaison intersyndicale du Commerce de Paris) et du Syndicat CGT du Service à la personne de Paris

Animation du Théâtre de l'opprimé Féminisme enjeux (à confirmer)

Campagne organisée par :
CNDF, Femmes Égalité, Attac Genre, Osez le Féminisme, Maison des femmes de Montreuil.
Contact egalitedesalaires.maintenant@gmail.com

Avec le soutien de :
AC !/ APEIS/ L'Appel et la Pioche/ CADAC/ Coordination Lesbienne en France (CLF)/ Espace Simone de Beauvoir/ Femmes en lutte 93/ Femmes libres Radio libertaire/ Femmes Solidaires / Initiative féministe européenne (IFE) France/ La Lune (Strasbourg)/ Les efFRONTé-e-s/ Marche Mondiale des Femmes Paris - IdF/ Rajfire/ Réseau féministe "Ruptures"/ Solidarité Femmes (Strasbourg)/ SOS Sexisme, Observatoire Isérois de la Parité entre les femmes et les Hommes FSU/ Solidaires/ CFDT salariés du particulier employeur/ CFDT et CGT Hachette Filipacchi Associés/ CGT Femmes-Mixité/ CGT ADPA 38/ CGT Ancillapad de Franconville 95/ CGT Carrefour Planet Ecully/ CGT Casino Argenteuil/ CGT Commerce et Services/ CGT Équipement-Environnement 67/ CGT Part-Dieu Oxygène/CGT Brasserie Kronenbourg Strasbourg/ UD CGT 67/ UD CGT 93/ UL CGT Argenteuil/ UL CGT Massy/ UL CGT Pantin-Pré St Gervais/ UL CGT Paris 9e/ UL CGT Saint Denis/ UL CGT Villefranche Les Alternatifs/ EELV/ FASE/ GU/ MJCF/ NPA/ PCF/ PCOF/ PG/ Cercle communiste d'Alsace

http://www.demosphere.eu/rv/29939o
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Pïérô » 06 Fév 2014, 00:49

Samedi 8 février
Rassemblement pour l'égalité des salaires

Égalité des salaires entre les femmes et les hommes…maintenant !

Samedi 8 février 2014 à 11h, Ministère du Travail, 127 rue de Grenelle, Paris
RDV devant le métro Varennes au coin du boulevard des Invalides et de la rue de Grenelle.

En ce début d'année, quand le pouvoir d'achat s'effondre suite à l'augmentation de la TVA, des cotisations sociales, les femmes sont très pénalisées étant majoritaires parmi les bas salaires.
Nous exigeons que le ministre du travail nous reçoive rapidement afin de lui remettre les pétitions pour une augmentation des salaires dans les métiers féminisés.

Nous exigeons une revalorisation significative du SMIC et la fin du gel des rémunérations dans la fonction publique.

Au moment même où le gouvernement annonce une augmentation dérisoire du salaire minimum, soit l'équivalent de 15,16 € par mois pour un salarié à temps plein (80 % des salariés touchant le Smic sont des femmes), François Hollande offre au patronat 30 milliards d'euros de cotisations patronales qu'ils ne paieront plus.

La diminution de l'écart de salaire entre les femmes et les hommes exige bien plus que des paroles : des actes forts !

Avec le soutien de :

AC !/ APEIS/ L'Appel et la Pioche / CADAC/ Coordination Lesbienne en France (CLF)/ Espace Simone de Beauvoir/ Femmes en lutte 93/ Femmes libres Radio libertaire/ Femmes Solidaires / Initiative féministe européenne (IFE) France/ La Lune (Strasbourg)/ Les efFRONTé-e-s/ Marche Mondiale des Femmes Paris - IdF/ Osez le feminisme/ Rajfire/ Réseau féministe "Ruptures"/ Solidarité Femmes (Strasbourg)/ SOS Sexisme, Observatoire Isérois de la Parité
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Pïérô » 17 Fév 2014, 14:51

Pour le gouvernement, les organisations patronales MEDEF, UPA, CGPME et les trois syndicats CFE-CGC, CFDT, CFTC, le monde du travail n'est pas suffisamment dur pour les femmes.
Pour ces princes charmants, elles ne méritent pas d'être payées au SMIC MENSUEL, ils ont donc inventé le SMIC-FEMME !
... http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.f ... il-de.html
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Pïérô » 26 Avr 2014, 00:23

Reportage sur une campagne pour l'égalité femmes-hommes.

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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Lila » 14 Mai 2015, 20:23

Autonomie emploi précarité

EGALITE PROFESSIONNELLE : UN PAS EN AVANT, DEUX PAS EN ARRIERE


lundi 11 mai 2015

Réaction du Cndf

Au mois de janvier dernier, les négociations sur le dialogue social entre patronat et syndicats échouaient.
Le gouvernement reprenait alors la main et présentait au conseil des ministres, le 22 avril, un projet de loi sensé être la grande réforme sociale du quinquennat.
Celle ci comporte des mesures phares telles que l’instauration de commissions régionales paritaires pour assurer la représentation des salariés des très petites entreprises de moins de onze salariés, l’élargissement de la délégation unique du personnel (DUP), regroupant le comité d’entreprise, les délégués du personnel et le CHSCT aux entreprises de moins de 300 salariés – contre moins de 200 aujourd’hui ou de nouveaux droits accordés aux élus (délégués syndicaux, du personnel), au sein de l’entreprise.

Comme fréquemment depuis 2012 sous la gauche, le gouvernement concède certains points pour mieux en faire passer d’autres très malfaisants, répondant aux demandes du patronat, et quelque fois quasiment en contrebande.
Ce qui amène les syndicats, et notamment les plus combatifs, tout en reconnaissant certaines avancées, à avoir une réaction très très mitigée. La CGT parle de « premiers pas », « d’avancées limitées » mais dénonce, entre autres, l’affaiblissement des capacités d’intervention des CHSCT, l’affaiblissement des instances représentatives du personnel, les négociations annuelles, dont salariales, obligatoires qui n’auront plus lieu que tous les 3 ans, etc. et exprime un avis défavorable.

Alors que le projet de loi se targue de vouloir favoriser une « représentation équilibrée des femmes et des hommes » parmi les représentants du personnel », sans jamais interroger d’ailleurs en terme de double journée de travail le peu d’appétence des femmes et prévoir des mesures d’accompagnement, le projet de loi supprime très précisément les articles L2323-47 et L 2323-57 du Code du travail qui traitent d’un « rapport écrit sur la situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation des femmes et des hommes dans l’entreprise. » Les données se réduiront désormais à la production « d’informations et d’indicateurs chiffrés » (article 2323-17), non standardisées donc.
Ce rapport a été instauré par...la loi Roudy de 1983 sur l’égalité professionnelle, renforcée en 2001. Établi à partir « d’indicateurs pertinents », il vise à dresser un état de la situation respective des femmes et des hommes sur les conditions générales d’emploi et de formation. Il doit être suivi d’un plan d’action « destiné à assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. »
Ce rapport doit servir de base d’appui à l’élaboration d’un accord sur l’égalité professionnelle ou à défaut au plan d’action très précis précédemment cité.
La loi, depuis 2010, prévoit des sanctions financières (jusqu’à 1% de la masse salariale) en l’absence d’accord ou de plan d’action. La loi du 4 août 2014 rajoute à ces sanctions financières l’impossibilité de soumissionner à un marché public. Le projet de loi ne fait plus mention de la pénalité financière !

Dans les faits, il faut savoir que ce rapport ne concerne pas les entreprises de moins de 50 salariéEs, là où les femmes sont massivement concentrées, dans les entreprises du commerce notamment. Dans les faits aussi, selon le rapport de Brigitte Grésy de 2009, 45 % seulement des entreprises soumises à l’obligation d’établir un rapport de situation comparée s’y conforment. Dans les faits enfin, bien peu d’entreprises ont été sanctionnées.
Ce rapport a été utile surtout dans certaines grandes entreprises, soucieuses de soigner leur image de marque.
Mais supprimer cet instrument (et sans doute la pénalité financière qui va avec), si peu utilisé et peu efficient soit-il, est un très mauvais signal envoyé quant à l’égalité femmes/ hommes. Aller vers plus d’égalité signifie bien au contraire mettre réellement en œuvre ces mesures et en avoir la ferme volonté politique.

D’autres éléments ne sont décidément pas en faveur de l’égalité dans ce projet de loi.
Il fusionne en trois grands domaines une série de négociations obligatoires au sein de l’entreprise. L’égalité professionnelle se trouve dans le domaine « Qualité de vie au travail » (!!!!) en compagnie des discriminations, de l’insertion des travailleuses et travailleurs handicapé-e-s dans l’emploi, du droit d’expression des salarié-e-s. On peut aussi y ajouter la prévention de la pénibilité. Noyade et dilution assurées pour tout le monde !
Le fait que ces négociations, annuelles à l’heure actuelle, puissent devenir triennales par accord d’entreprise majoritaire nous inquiète aussi évidemment.
On ne sait pas non plus ce que devient, dans les entreprises d’au moins 200 salariés, la commission de l’égalité professionnelle qui doit être créée au sein du comité d’entreprise.

D’autres questions peuvent être posées :
Quid de la valorisation des « parcours militants » pour les salarié-e-s à temps partiel ?
L’affaiblissement du rôle des élus suppléants ne sera-t-il pas préjudiciable aux femmes ?

Bref, on est en droit de s’interroger :
Que visent exactement Manuel Valls et François Hollande ? Pourquoi faire reculer de cette façon l’égalité femmes /hommes au sein des entreprises, alors que les femmes sont les premières touchées par les mesures d’austérité ?
Pour « simplifier et rationaliser » comme le prétend le projet de loi ? Allons donc !
Valls et Hollande cèdent aux sirènes du patronat qui souhaite, dans un rapport de forces qui lui est favorable, se débarrasser des revendications d’égalité.
Ils auront donc la responsabilité d’avoir fait régresser explicitement les droits des femmes.



Le communiqué de presse unitaire :

REBSAMEN JETTE L’ÉGALITÉ PROFESSIONNELLE À LA POUBELLE !


Le projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi porté par le Ministre du Travail François Rebsamen prévoit de déconstruire, entres autres, les outils fondamentaux de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes.
Les inégalités professionnelles et salariales entre femmes et hommes sont pourtant toujours d’actualité : les femmes gagnent encore 24% de moins que les hommes, leurs carrières sont freinées par la maternité, elles occupent 80% des emplois à temps partiel et restent minoritaires dans les emplois cadres malgré un niveau moyen de formation supérieur aux hommes. Les inégalités salariales sont l’expression de la domination masculine ; elles constituent une violence économique qui rend les femmes plus dépendantes et plus vulnérables.

Pourtant, le projet de loi prévoit de supprimer un des outils indispensable à la mesure des écarts entre les femmes et les hommes en entreprise et servant de base à la négociation collective en matière d’égalité professionnelle : le Rapport de Situation Comparée sur la situation des femmes et des hommes d’ entreprise.
Ce rapport instauré dès la première loi sur l’égalité professionnelle de 1983 d’Yvette Roudy est obligatoire depuis la loi de 2001 et a été renforcé par la loi du 4 août 2014 qui durcit les sanctions à l’égard des entreprises hors la loi. En revenant sur cette disposition, le gouvernement actuel, en pleine incohérence, est ainsi le premier à faire marche arrière en matière d’égalité professionnelle.

Ces données devant être élaborées par les employeurs en matière d’égalité professionnelle et soumis au comité d’entreprise seront désormais susceptibles de varier d’une entreprise à l’autre, par accord d’entreprise. Le diagnostic identique pour toutes les entreprises deviendra donc un outil à géométrie variable.
L’absence du rapport de situation comparée aura d’autres conséquences graves : Comment les partenaires sociaux négocieront-ils les accords égalité sans données sexuées ? L’instauration de la pénalité envers les entreprises n’ayant pas négocié pourra-t-elle continuer d’être appliquée ? Celle-ci, mise en œuvre en 2012, a permis une certaine augmentation de signatures d’accords collectifs en matière d’égalité professionnelle, or son socle juridique repose sur celui du rapport de situation comparée. A ce jour, beaucoup de doutes existent sur ces deux questions.

Le Président François Hollande qui a inscrit l’égalité femmes-hommes comme un enjeu prioritaire de son mandat est donc le premier Président à revenir sur la loi de 1983 en supprimant l’un des principaux outils (insuffisant certes) de l’égalité professionnelle :
– alors même que le 1er mai a été l’occasion de souligner une fois de plus la persistance d’inégalités pérennes entre les femmes et les hommes,
– alors même que le Rapport de Situation Comparée commençait à peine à être intégré et compris par les entreprises,
– alors même que la Loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes venait d’enrichir les indicateurs du rapport de situation comparée,
– alors même que Marisol Touraine et Pascale Boistard, ministres en charge des droits des femmes, se félicitent d’avoir renforcé les sanctions envers les entreprises hors la loi,
– alors même que la loi vient d’étendre ces obligations au secteur public…

Comme d’habitude en période de crise, les femmes sont les premières à en subir les conséquences. Sous prétexte de « simplification » des procédures pour les entreprises, ce projet de loi supprime en catimini un des seuls outils concrets pour l’égalité professionnelle.

C’est un recul incompréhensible en matière de lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes et le Haut Conseil à l’Egalité a fait part de son inquiétude à ce sujet dans un courrier adressé au Ministre du Travail.

Actuellement examiné en commissions, ce texte sera présenté officiellement par le gouvernement lundi 11 mai au Conseil Supérieur de l’Egalité Professionnelle entre les femmes et les hommes. Pour nous, organisations qui luttons au quotidien pour l’égalité, il y a urgence et nous demandons à être entendues : les articles concernant les obligations en matière d’égalité professionnelle doivent être rétablis et la lutte contre les inégalités doit se poursuivre.

Osez le féminisme !, Femmes Solidaires, Le Planning Familial, la CGT, Coordination pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), La Barbe, Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes (ECVF), Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV), Collectif Les Georgettes Sand, Femmes pour le Dire Femmes pour Agir, FIT une femme un toit, FEMEN, Les efFRONTé-e-s, le CNDF, Macholand, Réussir l’égalité femmes hommes, Élues Contre les Violences Faites aux Femmes, L’Assemblée des Femmes, ATTAC – commission genre, La ligue du droit international des femmes, BPW France, Association Mémoire Traumatique et Victimologie, Association 40 ans de mouvement, Les Chiennes de Garde, Association nationale des études féministes, Réseau Féministe « Ruptures », LibresMarianneS, Féminisme et géopolitique, Association Entraide et Mouvement des Femmes, Féminisme et Géopolitique, SOS Sexisme, Du côté des femmes, Elles aussi, Elles imaginent, L’escale, Femmes Migrantes Debout !, Forum Femmes Méditerranée, GAMS, Le Monde à travers un regard, Voix de Femmes, Rajfire, Résistances de femmes

Voir en ligne : Pétition d’Yvette Roudy


http://www.collectifdroitsdesfemmes.org ... article435
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Lila » 16 Mai 2015, 19:09

Campagne SOS égalité professionnelle

François Rebsamen a décidé de supprimer de la loi les outils de l’égalité professionnelle, ce qui pourtant n'allait certainement pas régler cette question d'inégalité. Alors il se trouve une mobilisation même dans ce camp de cette gauche farce attrape.

http://www.sosegalitepro.fr/
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede bipbip » 18 Mai 2015, 00:37

Tract AL

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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Lila » 08 Nov 2015, 19:22

Femmes, vous n’êtes plus payées depuis lundi

Vous êtes une femme ? Vous travaillez dans un pays européen ? Depuis lundi 2 novembre au soir, vous n’êtes plus payée. En Europe, une femme gagne en effet en moyenne 16,3 % de moins qu’un homme. Rapporté sur une année, « c’est comme si elles étaient payées cinquante-neuf jours de moins par an », souligne le site Les Nouvelles News.

à lire : http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Lila » 24 Jan 2016, 18:30

Les femmes fonctionnaires gagnent 365 euros de moins que les hommes par mois

Une étude révèle que les agents masculins perçoivent en moyenne une rémunération mensuelle nette supérieure de 18,9% à celle de leurs collègues féminines.

Les écarts de salaires entre femmes et hommes restent importants dans la fonction publique en dépit d'actions visant à favoriser l'égalité professionnelle, souligne une étude du Centre d'études de l'emploi (CEE) publiée ce mercredi. En 2010, les agents masculins percevaient en moyenne une rémunération mensuelle totale nette supérieure de 18,9% à celle de leurs homologues féminines, soit 365 euros de plus par mois, selon cette étude réalisée à la demande du Défenseur des droits et de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP).

à lire : http://www.lexpress.fr/emploi/les-femme ... r=CS3-5083
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Re: Lutte pour l'égalité des salaires

Messagede Lila » 31 Jan 2016, 18:16

Parité en entreprise : y a encore du taf

Les femmes gagnent un salaire en moyenne 24% inférieur à celui des hommes. Une disparité que le gouvernement et les entreprises essaient, non sans mal, de gommer.

à lire : http://www.liberation.fr/france/2016/01 ... af_1429695
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