Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

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Messagede Lila » 04 Fév 2018, 21:40

#metoo : les personnes prostituées sont aussi des victimes de violences sexuelles !

Quel est le point commun entre Catherine Deneuve, Catherine Millet, Catherine Robbe-Grillet, Brigitte Lahaie, Peggy Sastre, ou encore Elisabeth Levy, toutes signataires de la « tribune des 100 » qui a soulevé tant de débats début janvier ? Toutes avaient signé, voire initié, au moment du débat sur la pénalisation des clients (dans le cadre de la proposition de loi visant au renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel), des pétitions pour défendre les hommes clients. Pour nous qui analysons la situation sur le terrain et dans le débat d’idées, cela n’est pas un hasard... Et est riche d’enseignements.

à lire : http://prostitutionetsociete.fr/eclaira ... -sexuelles
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Messagede Lila » 18 Fév 2018, 20:56

Sauve qui peut les clients

Sauve qui peut les clients
- Claudine Legardinier – Dans « Prostitution et société »

Tout est bon pour avoir la peau la loi de 2016. Dernière arme en date, un documentaire qui, sans
rougir de honte, exploite le seul meurtre de femme prostituée survenu en Suède, (par son ex
conjoint et non dans le cadre de la prostitution) depuis que le pays a initié la pénalisation des clients
prostitueurs en 1999(1). On en reste le souffle coupé.

Car le silence est total, en revanche, du côté des adversaires des abolitionnistes, sur les dizaines de
meurtres qui composent le bilan des pays comme l’Allemagne (2) ou les Pays-Bas qui ont invité les
clients prostitueurs à faire leur marché en toute liberté.

Le message qu’ils et elles nous servent en boucle, est simple. Depuis que les prostitueurs sont
passibles d’amendes, ils seraient subitement devenus dangereux alors qu’ils étaient doux comme des
agneaux à l’époque où tout leur était permis. De leur côté, les femmes prostituées, précédemment
pourchassées par la police, seraient beaucoup plus en danger depuis qu’elles ne le sont plus !!??
C’est en voulant trouver à tout prix un moyen de dénigrer la loi de 2016 que ses adversaires se sont
brutalement avisés que des clients prostitueurs agressaient des personnes prostituées. L’idée,
auparavant, ne leur en était jamais venue. La litanie sans fin des agressions et des meurtres commis
par ces hommes au long des décennies, confirmée par les enquêtes (3), et dont on a une idée dans
notre rubrique "In Memoriam" qui elle, ne commence pas en 2016, leur avait totalement échappé.
Le Mouvement du Nid, lui, s’épuise à le répéter depuis 80 ans. Oui les personnes prostituées sont en
danger. Oui, elles sont plus que quiconque agressées, violées et même tuées ; le plus souvent par des
clients et quel que soit le lieu où s’exerce leur activité. Car c’est le statut même de prostituée et
l’indulgence du paiement qui « autorisent » certains hommes à se livrer à des violences. C’est la
réduction d’une personne à l’état d’objet sexuel acheté sur Internet ou dans la rue, loué, échangé,
commenté, méprisé, qui permet à certains de se sentir des droits de propriétaire et donc de
franchir les limites

Cet épouvantable état de fait, qui aurait du soulever l’indignation depuis longtemps, ne date pas de
2016. Comme le dit Bridget Perrier, fondatrice de Sextrade101, organisation canadienne de
survivantes de la prostitution, « ce ne sont pas les lois qui tuent les femmes, ce ne sont pas les rues.
Ce sont des hommes ». Pénaliser les prostitueurs est donc fondamental. Ce choix relève d’un
profond changement de société, inséparable du mouvement metoo qui affirme le refus des femmes
d’être des objets de défoulement. Mais l’attachement reste fort à un ordre social qui laisse aux
hommes le «droit d’importuner», de harceler et d’exploiter sexuellement autrui contre un billet ;
cet autrui étant neuf fois sur dix une femme que la précarité ou la traite ont forcée à se soumettre
au plaisir sexuel masculin.

Cet ordre porte un nom : patriarcat. Le prostitueur en est aujourd’hui un des symboles les plus
tenaces, lui qui entretient une institution réactionnaire fondée sur la misogynie, le racisme et
l’inégalité. Il est plus que jamais inconcevable, alors que se libère la parole des femmes, qu’il n’ait
pas à en répondre. !»


https://marchemondialedesfemmesfrancedo ... 2b0348.pdf
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Messagede Lila » 25 Fév 2018, 18:05

« Si le sexe est un travail, alors la pauvreté est nécessaire. »

Si l’on pense que le « travail du sexe est un travail », comment peut-on est être contre le sexe -loyer ?

La gauche « mainstream » n’a aucun droit à être choquée par ce nouveau phénomène qu’est le sexe contre un loyer. C’est la conclusion logique d’une politique pseudo-féministe qui refuse de s’engager pleinement avec les questions de pouvoir et de répartition du travail.

Il y a une histoire particulièrement rustre à propos de Winston Churchill. Il demandait à une femme de la haute société si elle coucherait avec lui pour cinq millions de livres sterling. On raconte que lorsqu’elle eut dit oui, il demanda si elle le ferait pour cinq livres :

Cette femme de la haute société répond : « Mr. Churchill, pour quel genre de femme me prenez vous ?! »

et Churchill de conclure : « Madame, nous l’avons déjà établi. Maintenant, nous ne faisons que marchander. »

Comme exemple de double standard, on ne fait pas plus moche. Pourtant, j’ai commencé à me demander si Churchill ne marquait pas un point. Si le sexe est déjà établi comme un moyen d’échange, pourquoi l’acheteur n’essaierait-il pas d’obtenir la meilleure offre ?

Par exemple, si au lieu de payer pour du sexe, un propriétaire préférait recevoir des faveurs sexuelles d’une locataire habitant gratuitement, serait-ce vraiment si horrible ? Oui, ça le serait, du moins selon de récents rapports de propriétaires faisant cette même offre. Apparemment, c’est un exemple horrifiant du marché de l’immobilier contemporain qui autorise des hommes prédateurs à exploiter les plus vulnérables.

Sauf que, si tel est le cas, pourquoi est-ce-que l’achat du sexe n’est pas vu avec le même effroi ? C’est le même marché, les mêmes corps, les mêmes « besoins ». Pourtant, loin de décrier l’échange de sexe contre de l’argent, des organisations soi-disant progressistes comme Amnesty International et le NUS [National Union of Students-Union Nationale des Étudiant-e-s, NDLT], ainsi que des partis politiques dominants comme les Libéraux/Libérales Démocrates et les Verts, militent pour une libéralisation des attitudes envers l’achat du sexe. Pourquoi est-ce-que ces deux choses sont vues si différemment ?

Il est vrai que le travail résidant comporte des risques et incertitudes spécifiques, mais il y en a-t-il parmi nous qui ressentent la même inquiétude par rapports à des domestiques ou des « au pairs » qui sont logé-e-s sans payer de loyer ? Et ne sommes-nous pas nombreus-e-s à faire des boulots qu’on préférerait ne pas faire, à une ou deux factures près de l’éviction ? Alors pourquoi est-ce-que le sexe comme loyer devrait être vu comme particulièrement problématique ?

Si cela tient du fait que c’est du sexe et non pas, par exemple, du nettoyage ou de la garde d’enfant, alors ne devrions-nous pas être capables de pouvoir expliquer pourquoi tel est le cas ? Et pourtant peu sont prêt-e-s à le faire, étouffé-e-s par les clichés anti-pensée —« le travail du sexe est un travail », « mon corps, mon choix »– qui ont fini par dominer l’approche de la gauche au sexe et au genre. J’irai jusqu’à dire que la gauche « mainstream » n’a pas véritablement le droit d’être choquée par le sexe comme loyer. Après tout, ce n’est que la conclusion logique d’une politique pseudo-féministe qui refuse de s’engager entièrement avec les questions de pouvoir et de répartition du travail, en choisissant au lieu de ça, de répéter inlassablement le droit des individus à faire ce qu’ils et elles veulent avec leurs propres corps tout en évitant toute analyse sur pourquoi un groupe cherche à contrôler les vies sexuelles et reproductives d’un autre. C’est la politique des non-penseurs et non-penseuses et les privilegié-e-s, et pourtant il semble que l’on peut tou-te-s se permettre d’être non-pensant-e et privilégié-e lorsqu’il s’agit du corps des femmes.

« Mon corps, mon choix », un slogan parfaitement approprié quand utilisé pour signifier que seule une femme enceinte devrait pouvoir prendre des décisions sur sa grossesse, a été diffusé ad absurdum. Pourtant, l’idée avec l’avortement c’est que la seule alternative existante est la grossesse, il n’y a pas de troisième voie où la femme déjà enceinte peut éviter cette dualité. Tel n’est pas le cas pour le travail du sexe ou la pauvreté. Il peut y avoir des alternatives à l’exploitation et à la misère. Que beaucoup de femmes aujourd’hui n’aient aucune alternative est surtout le résultat d’une politique qui valorise plus une liberté sexuelle illimitée pour tous (sans e) –cad une impossibilité– à une redistribution plus juste de choix limités pour toutes.

Si l’on considère les femmes comme des êtres humains complets, à part entière, alors on ne peut avoir un monde où il n’y aucune limite à l’accès qu’ont les hommes sur le « travail » sexuel et/ ou reproductif des femmes. « Le travail du sexe est un travail » et « mon corps mon choix » ne sont tout bonnement pas suffisants lorsqu’il s’agit de définir des limites. Nous devrions tou-te-s avoir des contraintes sur ce que l’on peut faire avec nos corps, tout comme nous devrions tou-te-s avoir des devoirs de soin envers le corps des autres. Le problème avec le patriarcat n’est pas tant qu’il empêche les femmes d’avoir les mêmes libertés physiques que les hommes à cause d’un inexplicable réflexe gyno-phobique, mais plutôt qu’il déplace la plupart des restrictions et devoirs physiques nécessaires liés à la reproduction et au soin sur les femmes, en laissant croire aux hommes que la libération signifie que personne ne te dit jamais « non ».

Une telle croyance, profondément pro-capitaliste et antiféministe, s’est infiltrée dans l’activisme soi-disant pro-femme, de gauche. Pourtant, quiconque en dénonce l’absurdité est soumis-e à un diagnostic digne d’un asile psychiatrique d’époque victorienne pour pudibonderie et putophobie. Prétendre être, d’un côté, anti-austérité et anti-néolibéral-e, tout en insistant, de l’autre, qu’aucune femme ne manque de moyens tant qu’elle est pourvue d’orifices à pénétrer, n’est pas progressif. Au contraire, c’est ultra-conservateur. Cela déplace le point de départ de notre compréhension du besoin et cela le déplace de manière malhonnête, en masquant la contrainte en la reconditionnant comme libre choix. Si tout est à vendre –n’importe quelle partie du corps, expérience, relation– alors les plus pauvres seront dépouillé-e-s/ dénudé-e-s. Si l’on accepte le principe qu’il n’y aucun problème avec l’achat du sexe –ou d’ovaire ou de lait maternel ou de bébés– alors comment peut-on s’assurer que l’offre satisfait la demande ? Uniquement en garantissant qu’il y aura toujours assez de femmes sans aucune autre option. Il n’y a pas d’autres moyens. Il n’y a pas assez de corps de femmes pour satisfaire les demandes sexuelles et reproductives des hommes sans qu’il n’y ait une quelconque forme de contrainte. C’est pourquoi le patriarcat, avec ses systèmes complexes de récompense et de punition, existe en premier lieu.

Si le sexe est un travail, alors la pauvreté est nécessaire. L’alternative au patriarcat n’est pas un monde où tout le monde peut devenir un patriarche de-facto, libre de faire tous les choix reproductifs et sexuels qu’il ou elle veut, conforté-e par le fait qu’il y aura toujours des corps volontaires pour satisfaire la demande. Le fantasme postmoderne qu’une sous-classe de femmes contraintes et précarisées peut être remplacée par une sous-classe de femmes cis désireuse et toujours-prêtes-pour-le-lit, même si charmant par sa naïveté, reste ce qu’il est : un fantasme.

Si vous pensez que c’est normal de payer pour le sexe en échange d’argent mais pas en échange d’un logement, peut-être devriez-vous reconsidérez quel genre de personne vous êtes.

Parce que je dirais que « nous avons déjà établi cela. Maintenant nous ne faisons que chipoter sur le prix/ marchander. »

Glosswitch est une féministe, mère de trois enfants qui travaille dans l’édition.

vous pouvez la suivre sur twitter à cette adresse : https://twitter.com/glosswitch

son blog : https://victoriads.blog/


https://ressourcesprostitution.wordpres ... ecessaire/
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Messagede bipbip » 10 Mar 2018, 17:01

« La prostitution »

Paris mercredi 14 mars 2018
à 19h, Section PCF 11, 7 rue de Nemours

Semaine du féminisme - Jeunes communistes Paris est

2015 et la pénalisation du client, marque un tournant majeur dans l'approche politique de la prostitution. Les prostituées deviennent des victimes et non plus des délinquantes.

Mais après ? La prostitution reste encore et toujours une domination patriarcale violente.

Nous recevons Lorraine Questiaux, avocate, membre du collectif les effronté.e.s afin d'approfondir notre analyse politique du système prostitutionnel et de réfléchir à des vraies perspectives quant à l'abolition de toutes formes de patriarcat.

https://www.facebook.com/events/188932891838945/
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 25 Mar 2018, 19:30

Difficile de sortir de la prostitution

La série Fugueuse a eu l’effet d’un électrochoc au Québec, levant le voile sur la réalité des adolescentes qui tombent dans l’exploitation sexuelle. Recrutées à un jeune âge, les travailleuses du sexe peinent aussi dans la vraie vie à se réintégrer dans la société, n’ayant aucune expérience de travail autre que sexuelle.

« Fugueuse dépeint bien la réalité. On va les chercher quand elles sont jeunes, à 14-15 ans. Comment peuvent-elles ensuite se réinsérer dans la société si elles n’ont pas de diplôme d’études secondaires et que leur CV est complètement vide ? C’est un cercle vicieux », déplore Richard Poulin, professeur émérite de sociologie à l’Université d’Ottawa.

Sur le terrain, les intervenants lui donnent raison. Seules 35 % des femmes qui cherchent à sortir de la prostitution réussissent à le faire dès leur première tentative, d’après la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

Ce regroupement est l’un des rares à soutenir les femmes qui veulent sortir du milieu, leur apportant un accompagnement juridique, psychologique ou de l’aide pour trouver un logement et un emploi. Il ne bénéficie toutefois d’aucun appui financier constant de la part de Québec ou d’Ottawa, n’obtenant que des subventions ponctuelles pour certains projets.

à lire : https://www.ledevoir.com/societe/522046 ... -au-canada
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede bipbip » 12 Avr 2018, 13:35

Rassemblement pour la sortie de la prostitution

Avec les personnes prostituées, contre le système prostitueur !

Communiqué de presse du Collectif abolition 2012

Mobilisation nationale pour l'accès aux droits et aux parcours de sortie de la prostitution établis par la loi du 13 avril 2016.
• À Paris : 12 avril, 18h30, Place Hédouard Herriot - Près Assemblée Nationale
• Et dans d'autres villes : Strasbourg, Metz, Nice, Nantes...

Deux ans après l'adoption de la loi visant au renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel et à l'accompagnement des personnes prostituées, les 60 associations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles du collectif Abolition 2012 lancent une mobilisation nationale, avec les personnes prostituées, pour l'accès aux droits et la sortie de la prostitution. Des rassemblements se dérouleront dans plusieurs villes de France les 12 et 13 avril (voir liste ci-dessous).

Deux ans après le 13 avril 2016, l'heure ne peut être qu'à un bilan d'étape : à plusieurs égards, cette loi-cadre commence seulement à être mise en œuvre. 55 personnes bénéficient aujourd'hui d'un parcours de sortie de la prostitution, assorti le cas échéant d'un titre de séjour permettant de travailler et d'une allocation financière. Tous les acteurs réunis au niveau départemental dans les commissions de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains se retrouvent engagés à leurs côtés pour les soutenir dans ces parcours. Par ailleurs, plus de 2000 « clients » ont été verbalisés et des stages de responsabilisation ont été organisés dans 4 départements (voir communiqué Abolition 2012 du 29 mars ci-dessous).

C'est un début prometteur qui montre que la loi est un outil qui fonctionne. Nous demandons que le Gouvernement et le Président de la République s'engagent à présent à aller plus loin dans la mise en œuvre de la loi, pour que les milliers de personnes qui souhaitent avoir accès à ces nouveaux droits le puissent.

En se mobilisant pendant près de sept années en soutien de l'adoption de la loi du 13 avril 2016, les associations abolitionnistes et féministes ont permis que s'ouvrent de nouveaux droits pour les personnes prostituées et victimes de la traite des êtres humains :
• Abrogation du délit de racolage
• Extension de la possibilité d'indemnisation des victimes
• Automatisation de l'octroi du titre de séjour pour les victimes qui coopèrent avec la police
• Accès à des parcours de sortie de sortie de la prostitution
• Accès à des autorisations provisoires de séjour (même sans coopération policière) avec permis de travailler et à une allocation spécifique
• Accès prioritaire au logement
• Création d'une circonstance aggravante pour toute violence à l'encontre d'une personne prostituée
• Coordination de l'ensemble des acteurs/trices au sein des commissions départementales.

Ce sont nos associations d'accompagnement quotidien des personnes prostituées et des victimes de violences sexuelles et sexistes qui ont porté cette mobilisation historique.

Avec le mouvement #MeToo et l'engagement du Président de la République qui a décidé de faire de l'égalité femmes-hommes la grande cause du quinquennat, il est inimaginable que la voix des personnes prostituées ne soit pas entendue, que tous les moyens ne soient pas mis en oeuvre pour l'application effective de la loi.

Si nous continuons à nous mobiliser aujourd'hui, c'est que nous voulons qu'un maximum de personnes puissent avoir accès à ces nouveaux droits.

De leur côté, ceux qui s'opposent de façon dogmatique à la loi au nom de la reconnaissance idéologique du « travail du sexe » n'ont rien obtenu pour les droits des personnes.Aujourd'hui, au lieu de s'emparer de la loi et de se mobiliser pour que les personnes en prostitution puissent obtenir ces droits, ils se contentent d'empêcher qu'elle puisse produire des effets. A leurs yeux, ce serait à cause de la loi et depuis sa mise en œuvre (très partielle par ailleurs) que la prostitution serait soudainement devenue un monde de violences, d'exploitation et d'abus par les clients de la prostitution.

Ce qu'ils proposent - légalisation ou dépénalisation du travail du sexe, ce qui revient au même- a pourtant fait la preuve à travers le monde de son échec. Les législations allemande et néerlandaise de dépénalisation du proxénétisme et d'impunité pour les acheteurs de sexe, au nom de la « légalisation du travail du sexe » ont lourdement échoué à mieux protéger les personnes prostituées, et ont contraire favorisé l'exploitation sexuelle des êtres humains.

Face à cette attitude, nous affirmons aujourd'hui que la loi est bonne, et qu'il faut qu'elle soit mise en œuvre pleinement.

C'est pourquoi nous réitérons notre appel au Gouvernement en faveur d' une mise en œuvre pleine et entière, et sur tout le territoire, de l'ensemble des dispositions prévues par la loi française, et notamment :
• Engager les préfet.e.s qui ne l'ont pas encore fait à mettre en place au plus vite une commission départementale de lutte contre le système prostitutionnel dans leur département ;
• Engager l'ensemble des procureur.e.s à rendre effective l'interpellation des clients prostitueurs et à mettre en place les stages de responsabilisation prévues par la loi ;
• Garantir que les nouveaux droits établis par la loi du 13 avril 2016 ne soient pas remis en question par d'autres politiques (migratoire, budgétaire)
• Garantir notamment que le statut de victime de la prostitution, du proxénétisme et de la traite des êtres humains et le droit afférent d'obtenir un titre de séjour de protection, avec accès au marché du travail, priment sur toute autre considération et politiques préfectorales ;
• Augmenter les moyens des associations de soutien aux personnes prostituées et aux victimes de violences sexuelles sous toutes leurs formes afin de leur donner les moyens effectifs d'accompagner les victimes dans leur accès aux droits ;
• Interdire l'adoption d'arrêtés municipaux qui contreviennent à l'esprit de la loi en maintenant une forme de répression à l'encontre de personnes prostituées ;
• Accélérer la mise en place de formations spécifiques à destination de tou.te.s les professionnel.le.s ;
• Garantir l'application de la loi française en matière de proxénétisme, y compris sur Internet ;
• Déclencher, comme le prévoit la loi, un plan national de prévention des risques prostitutionnels et d'éducation à une sexualité égalitaire.

Liste des mobilisations d'ores et déjà prévues
• 12 avril : Paris, Strasbourg
• 13 avril : Nantes, Metz, Nice

Merci de nous contacter pour plus de renseignements (lieux, horaires, etc.)

Contact presse : Sandrine GOLDSCHMIDT : 06 62 53 63 51

Les associations du collectif parlent de la prostitution et de la loi du 13 avril :
• Raphaëlle Rémy-Leleu, Osez le féminisme
"Dire que les femmes ont le droit de se vendre, c'est masquer que les hommes ont le droit de les acheter" F.Héritier. La prostitution est du viol tarifé.
• Muriel Salmona, Association Mémoire traumatique et victimologie
"Grâce à la loi de 2016, les conséquences graves psychotraumatiques de la prostitution sont enfin reconnues et mieux prises en charge "
• Christine Blec, Mouvement du Nid :
« 2 ans après, ce n'est encore que le début d'une transformation profonde : pour les personnes prostituées, qui sont désormais soutenues, et pour l'ensemble de la société, qui ne peut plus considérer les rapports entre les femmes et les hommes de la même manière ».
• Marie-Hélène Franjou, Amicale du Nid
"La prostitution a des effets dévastateurs sur la santé physique, psychique et sexuelle des personnes qui la subissent, il convient de continuer à agir pour son abolition et notamment par la pénalisation des clients prostitueurs".
• Marion Duquesne, Les Effronté-es
"Tant que les États ne soutiendront pas de façon volontaireet empathique les personnes en situation de prostitution, leur vulnérabilité les exposera aux pires systèmes de prédation et d'exploitation."
• Nelly Martin, Marche Mondiale des Femmes
« La loi de 2016 encourage les femmes étrangères victimes de la traite des êtres humains à sortir de la prostitution en leur donnant une protection, un parcours d'insertion sociale et professionnelle, une autorisation de séjour provisoire renouvelable et une aide financière ».
• Michèle Vianès, Regards de femmes :
"Poser l'interdit, par la loi, de l'achat d'un acte sexuel, est le fondement de toute éducation non sexiste pour que les enfants, filles et garçons, se construisent en adultes respectueux de leur corps et de celui de l'autre."
• Françoise Brié, Fédération nationale solidarité femmes (FNSF)
Violences conjugales et prostitution peuvent être liées. Ainsi au 3919, parmi les violences sexuelles relevées, des femmes victimes de violence par leur conjoint ou ex-conjoint révèlent avoir été forcées à la prostitution. La violence conjugale précarise : des femmes peuvent devoir échanger des services contre des actes sexuels du fait de l'absence de ressources ou deviolenceséconomiques.La prostitutionestunedesformes de violence à l'encontre des femmes
• Yves Charpenel, Fondation Scelles
La loi 2016 est historique pour les droits humains, elle est une réponse globale à un phénomène criminel global : elle consacre le statut de victimes pour les personnes prostituées pour mieux les protéger et les accompagner, renforce la lutte contre les trafiquants en les dissuadant d'investir sur des territoires devenus hostiles, et impulse un changement des mentalités en posant l'interdit de l'achat du corps d'autrui et la responsabilité des 'clients'
• Elda Carly, Equipes d'action contre le proxénétisme
« Sans client, pas de proxénète. La lutte contre l'achat d'acte sexuel fait partie intégrante de la lutte contre le proxénétisme ».
• Sabine Salmon, Femmes Solidaires
Femmes solidaires a accompagné des victimes de la prostitution souhaitant sortir du système prostitutionnel. Nous constatons que la place des associations est importante aux cotés de ces femmes car leurs démarches sont parfois complexes et la solidarité indispensable dans ce chemin parfois difficile. Il faut continuer d'accompagner les associations pour qu'elles accompagnent à leur tour les femmes. Cette chaîne humaine est la clé de la réussite de cette loi.
• Florence Montreynaud, Encore féministes:
« C'est très important d'avoir cette loi en France. Enfin elle considère la prostitution comme une violence, dont les prostituées sont les victimes, et dont les agents, ceux qui exercent cette violence, sont proxénètes et surtout les prostitueurs
• Gérard Biard, Zeromacho
« Nous sommes des hommes de tous âges, origines et conditions, et nous refusons le système prostitueur car nous souhaitons construire un monde ou personne n'imaginera d'acheter le corps d'autrui et où les plaisirs du sexe ne seront liés ni à l'argent ni à la violence ».
• Carmelina de Pablo, Elu.e.s Contre les Violences faites aux Femmes (ECVF)
"Les élu.e.s et les collectivités territoriales ont un rôle primordial à jouer pour l'application de chaque volet de la loi du 13avril 2016."
• Françoise Morvan, La CLEF
NON à l'accès libre ou marchand des corps des femmes, en France, en Europe et dans le monde entier ! La loi du 13 avril 2016, la loi qui fait réellement progresser l'égalité femmes/hommes et les droits des femmes !

Collectif Abolition 2012

Liste des associations appelant aux rassemblements sur l'ensemble du territoire : Amicale du Nid, Mouvement du Nid, Fondation Scelles, Elues contre les violences faites aux femmes, Regards de femmes, la CLEF, Osez le féminisme, FDFA (femmes pour le dire, femmes pour agir), CNFF, Choisir la cause des femmes, L'égalité c'est pas sorcier, Femmes solidaires, Clara Magazine, Coalition against Trafficking in Women, Réseau féministe Ruptures, Mémoire traumatique et victimologie, Résistances de femmes, Fédération nationale solidarité femmes, Commission genre et mondialisation d'Attac, Le monde à travers un regard, CRIFIP, AFCJ, EACP, Collectif féministe contre le viol, L'escale, MJF, ACPE, CNDF, Cadac, SOS les mamans, CNIDFF, Le CRI, Zonta club de France, Fit une femme un toit, Chiennes de garde, CPL, Zeromacho, Marche Mondiale des femmes, CLF, SOS sexisme, Encore féministes, les moutons noirs, Les Effronté.es, Rajfire, Fédération nationale GAMS, Maison des femmes de Paris, Planning familial 75, Zero impunity, l'Assemblée de Femmes, La ligue du droit international des femmes, Réussir l'égalité femmes hommes, Libres MarianneS, Femmes migrantes debout, Efi-Ife, Collectif lesbiennes féministes Ba-ham, collectif fièr·e·s et révolutionnaires du PCF, Les trois quarts du monde, Lobby européen des femmes, Espace Simone de Beauvoir, C


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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 15 Avr 2018, 19:06

TRIBUNE. Pénalisation des clients : "Affirmer que la loi de 2016 aggrave la situation des personnes prostituées ne fait aucun sens"

Muriel Salmona, Patrick Pelloux, Emmanuelle Piet et d'autres professionnels de la santé s'insurgent contre les critiques faites à la loi de 2016 pénalisant les clients de la prostitution.

Le 13 avril 2016, la France s'engageait sur la voie de la pénalisation des clients de la prostitution. Très controversée, la loi devait permettre de lutter contre ces pratiques sans criminaliser les personnes prostituées. Samedi 14 avril 2018, une manifestation partira pourtant de la place Pigalle, à Paris, pour réclamer l'abrogation de la loi. En cause : la pénalisation des clients entraînerait une "invisibilisation" et une "paupérisation" des prostituées, ainsi que des risques pour leur santé. Des accusations que récusent certains médecins, dont la psychiatre Muriel Salmona et l'urgentiste Patrick Pelloux. Selon eux, ce n'est pas tant la pénalisation des clients qui porte atteinte à la santé physique et psychique des personnes prostituées, mais bien la prostitution en elle-même. Voici leur tribune.

à lire : https://www.lejdd.fr/societe/tribune-pe ... ns-3624821
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 14 Mai 2018, 00:53

Soutien à la Marche des survivant-e-s de la prostitution et de la traite des êtres humains

Bienvenue sur cette cagnotte !

Quatre ans après la marche pour l'abolition de la prostitution de la survivante Rosen Hicher, la délégation du Mouvement du Nid Bas-Rhin organise du 25 mai au 3 juin prochain une nouvelle Marche des survivant-e-s de la prostitution et de la traite des êtres humains. Elle sera l'occasion de donner la parole aux victimes, d'interpeller la société et les politiques sur la mise en oeuvre de la nouvelle loi du 13 avril 2016 et de dénoncer l'esclavage sexuel qui perdure en Europe.

Une dizaine de personnes, militant-e-s et survivant-e-s, participeront à cette Marche, avec l'intention d'aller à la rencontre des citoyen-ne-s et des politiques locaux, pour échanger autour de la réalité de la prostitution, appeler à un engagement collectif pour permettre la pleine application de la loi de 2016, qui se place du côté des victimes et non plus des bourreaux, et rappeler que la prostitution et la traite des êtres humains sont également des formes d'esclavage, dont on célèbre l'abolition tous les ans le 10 Mai.

Aujourd'hui, ce sont en effet des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants qui sont réduits à l'état d'esclaves aux portes de l'Europe en Libye. Beaucoup arrivent sur nos côtes après un voyage éprouvant et violent. Et beaucoup, au lieu de trouver asile et protection sur le territoire européen, sont récupéré-e-s par des groupes criminels et traffiqué-e-s partout en Europe, notamment dans l'exploitation sexuelle. Cette Marche pour l'abolition, c'est également l'occasion de dénoncer cet esclavage pratiqué non seulement à nos frontières mais également sur notre sol, de demander la même garantie des droits aux personnes victimes et plus de moyens pour parvenir à une abolition effective des systèmes d'exploitation de la personne humaine.

C'est pourquoi, pendant 8 jours, nous suivrons les sentiers de la Route des abolitions de l'esclavage : partants de Strasbourg, nous passerons par Molsheim, St Odile, Chatenois, Colmar, Fessenheim, Ensisheim, Thann, Belfort et finirons à Champagney, où nous organiserons un débat citoyen autour de la prostitution au sein de la Maison de la négritude.

Pour que la Marche se déroule au mieux, nous souhaitons compter sur votre soutien pour :

- Acquérir du matériel de marche pour les survivant-e-s, notamment des chaussures

- Assurer les repas pendant les 8 jours de la Marche pour toute l'équipe

- Assurer les frais de transport et notamment d'essence pour la camionnette de ravitaillement

- Assurer les frais relatifs au logement

Nous vous invitons également à nous rejoindre et marcher avec nous, que ce soit pour tout ou partie du parcours de la Marche !

Et pour que vous puissiez être tenu-e-s au courant de l'avancée du projet, nous posterons régulièrement des nouvelles sur notre Page Facebook et le blog dédié à la Marche (en cours de création) !

Ici vous pouvez directement et en un clic, participer à cette cagnotte.
• Chacun participe du montant qu'il souhaite.
• Tous les paiements sont sécurisés.
• À votre demande, possibilité de recevoir un reçu fiscal pour déduire ce don de vos impôts (66% de la somme versée)

Merci pour votre soutien !

L'équipe du Mouvement du Nid -Bas-Rhin

Pour nous contacter :
Mouvement du Nid Bas-Rhin
1 Quai Saint Jean
67000 Strasbourg
Téléphones : 09 77 91 83 12 ou 03 88 32 77 67


https://www.leetchi.com/c/soutien-a-la- ... ostitution



« La prostitution fait partie de la culture du viol. »

Noémie Renard travaille dans le domaine de la recherche en biologie. Elle anime depuis 2011 le blog Antisexisme.net. Elle publie aujourd’hui un petit livre au titre incisif, En finir avec la culture du viol. Ancienne bénévole au Mouvement du Nid, elle ne pouvait dénoncer cette « culture » sans y intégrer la prostitution.

à lire : http://www.prostitutionetsociete.fr/ecl ... re-du-viol
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 27 Mai 2018, 21:00

Marche des survivant-e-s 2018

Le Mouvement du Nid Strasbourg organise une Marche des survivant-e-s de la prostitution et de la traite des êtres humains du 25 mai au 3 juin.

Nous suivrons les étapes de la Route des abolitions de l'esclavage afin d'aller à la rencontre des citoyen-ne-s, pour échanger sur la réalité de cet esclavage sexuel qui continue à broyer des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants à travers le monde, 170 ans après l'abolition de l'esclavage en France.

Afin de vous permettre de suivre l'avancée et le déroulé de la Marche, nous posterons régulièrement des photos et vidéos pendant les 10 jours du parcours ici.

Nous vous invitons à relayer cet évènement autour de vous, en invitant vos contacts à liker cette page et à partager le communiqué ci-dessous !

Vous retrouverez ci-dessous la liste des différentes étapes de notre parcours. Vous pouvez nous rejoindre et marcher avec nous pour une ou plusieurs étapes.
(Attention : nous ne pouvons prendre en charge l'hébergement, les repas et les frais de transport que des militant-e-s et survivant-e-s de notre délégation. Votre participation à la Marche sera donc malheureusement à votre charge.)

Pour soutenir l'organisation logistique de la Marche, vous pouvez faire un don sur notre cagnotte Leetchi : https://www.leetchi.com/c/soutien-a-la- ... -survivant… ou par chèque à l'adresse de notre délégation (1 Quai Saint Jean, 67000 Strasbourg, à l'ordre du Mouvement du Nid Bas-Rhin).

Merci à toutes et tous, que la lutte abolitionniste continue !



Prostitution : départ d’une « marche des survivantes »
De Strasbourg à Champagney à pied
Ils sont partis tout sourire à l’heure où les canards de la Petite France se réveillent. Sept femmes, un homme, et tout un Nid avec eux, du nom donné ...
https://www.dna.fr/societe/2018/05/26/p ... urvivantes

https://lamarchedessurvivantes.jimdofree.com/
https://www.facebook.com/MarcheDesSurvi ... IX2RfeG6No
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede clateuf » 29 Mai 2018, 10:43

Le texte initial posté ici : viewtopic.php?f=75&t=4152#p55636 a été amélioré et mis à jours tenant compte du vote de la loi. Il est un peu plus complet, plus claire, plus radical et donne des références supplémentaires. On peu le lire en ligne, mais aussi l'imprimer sous forme de brochure :

http://clas.pe.hu/spip.php?article156
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 03 Juin 2018, 20:03

Une information judiciaire pour "proxénétisme aggravé" visant le site de petites annonces Vivastreet a été ouverte

Vivastreet est accusé d’héberger des annonces menant en réalité à des prostituées.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire, mercredi 30 mai, pour "proxénétisme aggravé" contre X a appris France Info de source judiciaire. Vivastreet, le site numéro 2 en France de petites annonces gratuites est visé. Il est accusé d’héberger des annonces menant en réalité à des prostituées.

Comme le révélait en 2016 la cellule investigation de franceinfo, une jeune fille de 14 ans a posté une annonce pour se prostituer. Elle s'est fait passer pour une masseuse de 20 ans. Ses parents, furieux, ont déposé plainte contre le site pour proxénétisme sur mineure. Une autre plainte a également été déposée par Le Mouvement du Nid, une association anti- prostitution, qui a donné lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire pour proxénétisme aggravé en février 2017.

la suite : https://www.francetvinfo.fr/societe/pro ... 78607.html
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 08 Juil 2018, 19:30

Non, la prostitution n'est pas un "mal nécessaire"

Nous pensons que la prostitution s'inscrit dans un ensemble culturel et économique qui assigne femmes et hommes à des rôles sociaux bien déterminés, système ô combien contraignant pour toutes et tous. Dans ce système, la disponibilité sexuelle des femmes est considérée comme normale, tandis que celle des hommes est perçue comme irréfrénable.

Dans une carte blanche publiée la semaine dernière dans le Vif L'Express, Claude Demelenne s'exprime vertement en faveur de la prostitution. En tant que mouvement progressiste et féministe, luttant activement pour une société plus égalitaire, nous ne pouvons qu'être indignées par ses propos.

Bien loin de la vision manichéenne du monde qu'il tend à faire passer pour nôtre, nous ne considérons pas qu'il existe d'un côté des pauvres prostituées victimes, et de l'autre des clients "salauds" (pour reprendre ses termes). Au contraire, nous pensons que la prostitution s'inscrit dans un ensemble culturel et économique qui assigne femmes et hommes à des rôles sociaux bien déterminés, système ô combien contraignant pour toutes et tous. Dans ce système, la disponibilité sexuelle des femmes est considérée comme normale, tandis que celle des hommes est perçue comme irréfrénable. Nous nous opposons fermement à cette vision simpliste des rapports humains, et préférons croire en la possibilité pour chaque individu de vivre libre et de poser ses propres choix.

Nous refusons la prostitution non pas car elle "heurte nos bons sentiments", comme le prétend Claude Demelenne, mais parce que celle-ci s'inscrit presque toujours dans un rapport de domination sexuelle et économique des hommes sur les femmes, ou sur les jeunes hommes. Comme nous l'expliquions dans notre carte blanche parue dans Le Soir il y a deux semaines, l'on sait aujourd'hui qu'une majorité des personnes prostituées (au moins 80 % en Belgique selon la police) sont victimes de traite. Nous ne pouvons que nous indigner face à ce chiffre, et réclamer des sanctions plus dures encore à l'encontre de celles et ceux qui perpétuent ce crime. Et quand bien même un certain nombre de personnes prostituées ne relèvent pas de la traite des êtres humains, on ne peut pas mener ce débat sans tenir compte de toutes celles et ceux qui en sont bel et bienvictimes.

Non, nous ne considérons pas la prostitution comme "normale", pas plus que l'esclavage ou le travail des enfants d'ailleurs, autres phénomènes pourtant fortement répandus dans le monde. Des sociétés qui se prétendent égalitaires peuvent difficilement tolérer, et même encourager des transactions qui impliquent, dans la plupart des cas, le déni de la liberté de l'une des parties.

Nous ne pensons pas non plus que la prostitution soit un "mal nécessaire". Cette vision de l'homme et de sa sexualité est réductrice, et lui dénie toute capacité de considérations éthiques dès lors que ses pulsions le "dominent". De plus en plus de voix masculines se font d'ailleurs entendre, qui refusent cette vision peu flatteuse d'eux-mêmes et de leur rapport aux autres.

Nous pensons que la prostitution ne peut être promue ou encouragée par les pouvoirs publics. Mais il ne s'agit certainement pas de pénaliser les personnes prostituées elles-mêmes ! Les politiques envisagées doivent tenir compte de la situation, des intérêts et des besoins de toutes les personnes qui se prostituent. En tant que mouvement féministe et progressiste, nous ne pourrions cautionner aucune proposition qui aurait pour effet direct ou indirect d'aggraver la situation de personnes prostituées aux réalités spécifiques (séjour illégal, toxicomanie, etc.).

Notre objectif à long terme est la disparition de la prostitution dans la mesure où elle n'est, dans l'immense majorité des cas, pas un choix libre et épanouissant, mais une contrainte sociale imposée par les rapports inégalitaires de genre, contre lesquels nous luttons.

Pour parvenir à cet objectif, nous pensons qu'il est urgent de prendre à bras le corps la question de l'égalité sexuelle des hommes et des femmes. Malgré l'omniprésence des références à la sexualité dans leur environnement, beaucoup de jeunes garçons et filles manquent à la fois d'information et d'éducation à la sexualité. Les tabous, contrairement aux apparences, sont encore bien présentsdans la plupart des familles ; et l'éducation sexuelle et affective n'est pas suffisamment prise en charge par l'école et les autres instances collectives d'éducation. De plus, quand elle l'est, c'est souvent sous l'angle unique de la prévention des IST et des grossesses non désirées, et non sous l'angle du respect de soi-même et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Ce n'est qu'en déconstruisant les rapports sociaux de sexe dès le plus jeune âge que nous parviendrons à une société égalitaire, où chacun sera libre de ses choix et de ses envies.

Carmen CASTELLANO

Secrétaire Générale FPS


http://m.levif.be/actualite/belgique/no ... 61871.html
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 19 Aoû 2018, 20:27

Prostitution : CHOISIE OU PAS, LES CLIENTS SONT LES MEMES

Olivia a été prostituée en Nouvelle-Zélande, où l’industrie du sexe est totalement décriminalisée.

Vous me dites : « hé vous ! Si une femme choisit d’être « travailleuse du sexe », elle est empowered par le travail du sexe et vous êtes juste une putophobe et une SWERF (Sex Worker Exclusionary Feminist) si vous n’êtes pas d’accord ! »1.

J’ai été une de ces femmes qui disent être dans la prostitution par choix. Personne ne m’a fait subir de « grooming » pour m’y faire entrer. Bien sûr, j’étais mineure quand j’ai fait ce « choix » mais c’était mon propre choix – dans la définition que vous donnez à ce mot. Et je fais ce choix à chaque fois que je me lève et que je vais au bordel pour gagner de l’argent – autrement dit à chaque fois que je dois payer mon loyer ou des factures, remplir le frigidaire ou acheter d’autres choses indispensables. Autrement dit : tout le temps.

D’abord, j’ai pensé qu’être travailleuse du sexe était une idée géniale : c’était quelque chose que je pouvais faire sans aucune qualification ou expérience, sans domicile fixe et même sans pièce d’identité. Et c’était la garantie d’avoir un revenu qui me permettait de satisfaire tous mes besoins – et même plus. Les annonces de recrutement pour les strip clubs et les bordels où j’ai exercé après avoir atteint ma majorité le disaient : le travail était facile, il y avait beaucoup d’argent à gagner, et les clients étaient sympas. Je pensais que je pourrais utiliser cet argent pour avoir davantage d’options plus tard, me payer l’université etc. Et pendant un bref moment, quand j’étais jeune et débutante (et avant la crise économique), j’ai eu beaucoup d’argent que j’ai dépensé en vêtements, en drogues et pour avoir un look fabuleux (ce qui me paraissait très important à l’époque). Je pouvais toujours donner de l’argent à mes amis quand ils traversaient une passe difficile, je pouvais toujours leur dire « c’est ma tournée ! » parce que je me sentais bien quand je pouvais jeter l’argent par les fenêtres.

Je pensais que ça me ferait oublier mon passé d’abus sexuel (à la maison avec mes parents), que ce passé deviendrait pour moi une chose révolue à laquelle je n’aurais plus jamais à penser. J’allais être une femme libre et indépendante (avec Beyoncé en fond sonore).

Mais cette dimension de choix n’a pas fait des expériences que j’ai vécues avec les clients quelque chose de radicalement différent de ce que vivent les femmes qui sont trafiquées ou piégées dans la prostitution par un Roméo : dans les deux cas, les clients sont les mêmes.

En fait, la vaste majorité des clients sont des connards. Je n’exagère pas, je ne suis pas devenue féministe parce que je hais les hommes (ces pauvres hommes innocents) : à un moment de ma vie, j’étais totalement pro-hommes – parce que j’étais en manque d’amour.

Les clients n’en ont rien à faire de savoir si vous avez plus ou moins de 18 ans – en fait, beaucoup préfèrent que vous soyez très jeune. Ils s’en tapent complètement que vous ayez été trafiquée, groomed ou piégée dans l’industrie du sexe, si c’était votre propre idée d’y entrer, ou si vous faites semblant d’aimer ça en vous mettant des lunettes roses. Ils nous traitent toutes pareil. Comme si nous n’étions rien. Comme si nous étions leur propriété. Comme si nous n’existions que pour les servir et comme réceptacles pour leurs corps et leurs perversions. Comme si nous étions là pour être leur punching bags, pour qu’ils déversent leur agressivité et leurs problèmes sur nous sans aucune conséquence pour eux. Parce que nous ne sommes rien. Parce que nous n’avons aucun pouvoir. Et parce que souvent personne n’en à rien à cirer de nous.

Ils peuvent même nous tuer parce qu’ils pensent que personne ne s’en apercevra et qu’en plus ils feront une bonne action pour la collectivité en se débarrassant de nous. Beaucoup de tueurs en série qui étaient des clients et ciblaient des femmes prostituées comme victimes ont publiquement exprimé ce sentiment dans des cours de justice et de leur cellule de prison. Je ne pense pas que ces meurtriers aient vérifié d’abord si leurs victimes étaient entrées en prostitution par choix ou non : « oh, vous avez choisi d’être prostituée alors je vais être gentil avec vous » – aucun client n’a jamais dit ça.

C’est désolant de constater que l’attitude de la société envers les prostituées reflète celle des clients. Le taux d’homicide des prostituées est le plus élevé de tous les types d’activités et pour toutes les femmes, et quand une prostituée est assassinée, ça fait très peu de bruit dans les médias. Notre société voit les clients comme des braves types qui ont bien le droit d’acheter et d’utiliser des femmes. Amnesty International a même proposé que l’achat de sexe devienne un droit humain, niant le droit humain fondamental de NE PAS être prostituée. Le droit à la liberté d’expression, le droit à la protection des personnes, le droit à un traitement juste et égal au travail, le droit de vivre libre de toute torture et le droit de ne pas subir des viols et des rapports sexuels non-désirés, ces droits sont refusés aux prostituées. Le « choix » dans ce contexte fait très peu de différence.

Vouloir criminaliser les clients mais pas les prostituées ne signifie pas qu’on hait ou qu’on exclut les « travailleuses du sexe ». Criminaliser les clients, ça n’affecte que les clients. Il s’agit simplement de reconnaître qu’il est impossible de les poursuivre en justice pour ce qu’ils nous font subir tant que l’achat de sexe lui-même reste légal et légitime.

Vous nous avez cataloguées « SWERF » et vous utilisez cette insulte pour nous calomnier et nous faire taire. Mais tout ce que nous voulons, c’est davantage d’options, et de meilleures options pour les femmes et pour les prostituées. Que nous ayons VRAIMENT le choix – ce qui n’est pas le cas maintenant – parce que nos choix sont limités.

Je suis pour que les personnes prostituées puissent disposer de soutien et de services, de façon à ce qu’elles puissent accéder à des carrières plus gratifiantes que la prostitution, et pas juste financièrement parlant, des carrières où on ne nous demande pas de renoncer à notre droit sur notre corps, ni à notre sexualité. Nos « carrières » à nous, c’est la source principale des revenus des hommes qui investissent dans la pornographie, les strip clubs et la prostitution. Cet argent va directement des poches des clients à celles des proxénètes, et nous n’en recevons que des miettes – à condition de faire ce qu’ils nous disent de faire. Tout ce que produit « l’industrie du sexe », c’est des orgasmes masculins, sur le dos de la misère des femmes (et de nouveau, ce sont les hommes qui ramassent tout l’argent dans cette « industrie » en tant que proxénètes, managers de bordels, propriétaires de strip clubs et pornographes). J’ai du mal à voir exactement où il y a de l’empowerment pour les femmes dans ce soi-disant travail qui ressemble bien plus à de l’esclavage.

Le monde du travail dont nous sommes exclues doit s’ouvrir aux femmes, et leur travail doit être reconnu comme celui des hommes – « à travail égal salaire égal ». C’est ça le vrai féminisme et le vrai empowerment –et pas ramper nue à quatre pattes en souriant malgré les violences subies pour tirer un peu d’argent des hommes.

C’est désagréable pour certaines femmes d’entendre ça mais c’est la vérité honnête, et le fait qu’elle ait été choisie ne change rien à la réalité de la prostitution. Et la honte ou le« stigmate » qui lui est attaché n’a rien à voir avec les femmes prostituées. Vous avez raison d’être en colère contre la longue tradition de projection qui place le fardeau supplémentaire du stigmate sur les prostituées. Mais ce sont les clients et les proxénètes qu’il faut incriminer, ceux qui exploitent les prostituées, et la société qui ne donne pas aux femmes les mêmes opportunités qu’aux hommes, qui ne leur donne que des « choix » inégaux.

Les femmes n’ont pas les mêmes choix que les hommes dans cette société, et c’est la raison pour laquelle ce sont essentiellement des femmes et des filles qui se prostituent, et c’est pourquoi les clients sont presque toujours des hommes. C’est aussi pourquoi les proxénètes récupèrent l’argument féministe « c’est mon choix » et le propagent dans les médias et la publicité. Et c’est pourquoi, face à cette récupération, nous avons besoin de vrai féminisme.


Traduction par Francine Sporendad’un article paru sur Nordic Model Now https://nordicmodelnow.org/

https://revolutionfeministe.wordpress.c ... les-memes/


https://entreleslignesentrelesmots.blog ... les-memes/
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 26 Aoû 2018, 16:27

Le système prostitutionnel est patriarcal, capitaliste, colonialiste, raciste et violent

Par Maria Rossi

Le système prostitutionnel [on omet toujours d’indiquer la présence de proxénètes, de trafiquants et d’acheteurs dans le commerce du sexe] est une structure patriarcale, capitaliste, colonialiste, raciste et violente.

Patriarcale, parce que la sexualité exprimée dans la prostitution ne tient pas compte du désir féminin et est phallocrate, axée uniquement sur la satisfaction des instincts masculins. Ferdinanda Vigliani écrit dans Lessico della differenza, sous la rubrique Prostitution : « Comme dans la culture patriarcale le sujet Homme siège libre et absolu au cœur de la philosophie, le sujet phallus de l’homme siège au centre de la sexualité [de la prostituée]. La similitude ne peut pas ne pas sauter aux yeux. »

Ce n’est pas tout.

La prostitution établit officiellement la légitimité et la reconnaissance publique du droit de tous les hommes de disposer librement du corps des femmes. La féministe marxiste Carole Pateman observe à cet égard :

« Dans la prostitution, les femmes sont impliquées différemment de l’implication de l’ego dans d’autres occupations. Le lien nécessaire entre la sexualité et le sens de soi signifie que, pour se protéger, une prostituée doit prendre ses distances par rapport à son utilisation sexuelle. […] Lorsque le corps des femmes est mis en vente comme marchandise sur le marché capitaliste, les termes du contrat initial ne peuvent être oubliés ; la loi du droit sexuel masculin est publiquement affirmée et les hommes sont publiquement reconnus comme les maîtres sexuels des femmes. Voilà ce qui ne va pas avec la prostitution. » (Carole Pateman : Le contrat sexuel, Éd. La Découverte, 2010, pages 286 et 287-288)

Le système prostitutionnel se trouve au confluent entre le patriarcat et le capitalisme en ce qu’il génère des profits exorbitants et intensifie l’exploitation et, par conséquent, l’extraction d’une plus-value de la femme-marchandise ; il se base sur l’organisation industrielle du commerce du sexe et renforce simultanément le domaine phallocratique, contribue au maintien de l’ordre bourgeois et, en même temps, du système machiste. La prostitution implique la transformation en marchandises d’êtres humains, le plus souvent des femmes (plus de 90 % des personnes qui la pratiquent sont des fillettes, des filles ou des femmes) et implique non seulement leur réification, mais aussi leur insertion dans des relations de soumission, de subordination et d’exploitation. La marchandise dans le système prostitutionnel est la matérialisation du lien social, c’est-à-dire des relations entre les êtres humains réduits à des choses, à des objets sexuels. La mondialisation néolibérale – comme l’observe le sociologue marxiste Richard Poulin dans de nombreux textes – a encouragé et favorisé l’irruption du système de la marchandise dans le champ de la sexualité.

Le système prostitutionnel est profondément lié à la mondialisation néolibérale, qui a généré de nombreux effets négatifs : l’expansion de la pauvreté déterminée par l’imposition de programmes d’ajustement structurel dans les pays du Sud, l’extension du libre-marché à l’Europe de l’Est et l’adoption à l’Ouest de politiques d’austérité ; il a également provoqué l’augmentation, aidée par une révolution de l’information, de la criminalité financière et de la traite des êtres humains comme sources d’accumulation du capital.

Les politiques néolibérales ont conduit à une augmentation significative de la pauvreté, qui a particulièrement touché les femmes, conduisant beaucoup d’entre elles à la prostitution.

Dans les pays africains la mise en place du libre-marché a produit la crise de l’agriculture de subsistance et l’échec de nombreuses petites activités commerciales (tissus, vêtements, denrées alimentaires), généralement réalisées par des femmes, ces domaines ne pouvant plus résister à la concurrence des produits issus des pays du Nord.

Dans les pays d’Europe de l’Est, la transition vers une économie de marché s’est accompagnée d’une privatisation des services publics et s’est traduite par une augmentation massive de l’indigence et du chômage, qui a principalement touché les femmes. En fait, la mondialisation a accentué le phénomène de la féminisation de la pauvreté : 70 % des 1,3 milliard de personnes vivant dans des conditions de pauvreté absolue sont des femmes.

En exacerbant les inégalités à l’échelle mondiale, la mondialisation néolibérale a produit une nouvelle division internationale du travail (NDIT) qui offre à la majorité des femmes migrantes la possibilité d’exercer seulement deux activités : le travail domestique et la prostitution.

En 1996, Silvia Federici écrivait :

« (…)  la nouvelle division internationale du travail est le véhicule d’un projet politique férocement anti- féministe et, loin d’être un moyen d’émancipation des femmes, l’expansion des relations capitalistes intensifie l’exploitation des femmes. En premier lieu, la nouvelle division internationale du travail ressuscite des formes d’esclavage qu’on aurait imaginées disparues avec la fin des empires coloniaux. En outre elle repropose l’image de la femme objet sexuel et reproducteur (…)La nouvelle division internationale du travail signifie que de nombreuses femmes du Tiers- Monde doivent travailler comme domestiques ou prostituées, chez elles ou à l’étranger, parce qu’elles n’ont pas d’autre choix à disposition (…)

Le caractère antiféministe de la NDIT est si évident que nous pouvons nous demander dans quelle mesure il est le fruit de la « main invisible » du marché ou d’une planification délibérée comme réponse aux luttes que les femmes ont engagées et dans le tiers-monde et dans les métropoles contre la discrimination, le travail non payé et le « sous-développement » sous toutes leurs formes. Quoi qu’il en soit, il est évident qu’en Europe et aux États-Unis, les féministes doivent s’organiser contre les solutions forcées que la NDIT impose aux femmes (…) >> (Sylvia Federici, « Reproduction et lutte féministe dans la nouvelle division internationale du travail », PÉRIODE, avril 2014.)

Les politiques d’austérité adoptées par les États occidentaux ces dernières années ont produit la paupérisation de la population qui a conduit à l’augmentation de la pratique de la prostitution ; elle a augmenté en Grèce de 150 % entre 2011 et 2013.

La normalisation de la prostitution permet aux États de l’utiliser comme un substitut à l’État providence, un revenu garanti et un moyen de taxer les femmes dans les classes les plus pauvres. Julia O’Connell Davidson le soutient dans le livre Prostitution, Power and Freedom :

« La vérité est que les gouvernements – et les capitaux nationaux et internationaux – bénéficient de la prostitution. Elle fonctionne comme une sorte de système d’« aide sociale » de rechange dans de nombreux pays du monde et réduit donc le niveau des dépenses publiques nécessaires pour assurer la reproduction du travail et fournit également un moyen de normaliser des salaires inférieurs au seuil de subsistance. Dans les pays où la prostitution dans les maisons closes est légale, l’État bénéficie également d’avantages fiscaux. Dans la prostitution liée au tourisme, les avantages pour les États nationaux et les capitaux nationaux et internationaux sont encore plus évidents. » [p. 260 de la version italienne]

Le système de prostitution est hiérarchique et raciste. On trouve à son étage le plus bas les femmes autochtones, les Roms, les filles asiatiques et celles de couleur. « La femme noire, écrit le sociologue marxiste Emilio Quadrelli, est pour les clients un animal sauvage qui est temporairement apprivoisé »

« C’est incroyable – dit Jenny – comment, en général, vous pensez à nous comme des êtres qui viendraient de sortir de la forêt. Peut-être devriez-vous vous souvenir du colonialisme, de la décolonisation, etc. Pour vous, d’un autre côté, l’Afrique semble être un mystérieux continent inconnu et sans histoire. Nous parlons toutes l’anglais, certainement beaucoup mieux que vous. Quand vous venez avec nous, vous aimez particulièrement l’idée d’aller avec quelque chose de sauvage, de purement naturel, vous venez avec nous car vous avez l’impression d’aller avec un animal. Savez-vous combien de fois vous nous demandez de ne pas vous mordre ou vous égratigner ? »

« Parfois, – raconte Louise – ils me serrent comme si j’étais une vache. Ils viennent avec nous en pensant aller avec une bête féroce. Vous savez combien d’idiots me disent une fois dans la voiture dans un endroit sombre : « Maintenant, tu ne vas pas me manger, seras-tu cannibale ? » Si vous lui faites comprendre que cela pourrait même arriver, ils sont encore plus excités. Ensuite, beaucoup sont convaincus d’être de grands amants, assez grands pour maîtriser une bête en chaleur comme nous. »

Par ailleurs, les femmes asiatiques sont perçues comme exotiques, dociles, soumises et ainsi de suite.

Le système prostitutionnel représente une nouvelle forme de domination et de colonisation des corps des femmes étrangères et implique leur réduction à la réalité biologique-sexuelle.

« L’aspect attractif [des prostituées étrangères] n’est ni dû à leur prix ni à leur beauté, mais plutôt et de façon décisive à l’idée du droit de conquête, du droit de domination que ces filles suscitent chez l’utilisateur. » ( Travailleur de rue de la LILA (Ligue Italienne pour la lutte contre l’AIDS (Sida)

La prostitution est aussi une institution coloniale puisqu’elle a été introduite par des colons européens parmi les Amérindiens et les Américains. Avant elle n’y existait pas. Aujourd’hui, 40 % des femmes autochtones du Canada sont pauvres et la moitié des filles sont sans emploi. Elles souffrent de taux de violences et d’agressions sexuelles plus élevés que le reste de la population. Pour ces raisons, elles sont surreprésentées dans la prostitution, surtout celle de rue.

Les Autochtones ne représentent que 3,7 % de la population canadienne, mais les jeunes prostituées autochtones représentent, selon les localités, de 14 % à 85 % du total ou même 90 % dans les villes. Dans le quartier pauvre du Downtown Eastside à Vancouver, où la prostitution de rue a été confinée, la police estime qu’environ la moitié des 400 filles qui la pratiquent sont autochtones. C’est ici que le tueur en série Robert Pickton a choisi ses victimes. [Source : Conseil du statut de la femme, La prostitution : temps d’agir, Québec, 2012, pp.47-48]

En fait, le système prostitutionnel n’est pas seulement fondé sur les inégalités entre hommes et femmes. Il est également structuré par les inégalités de classe et ethniques. La grande majorité des prostituées viennent des classes pauvres et, dans tous les pays, on constate la surreprésentation des femmes appartenant à des minorités ethniques ou à d’anciennes colonies (les autochtones du Canada et de nombreux pays d’Amérique latine, les aborigènes d’Australie, les Maoris en Nouvelle-Zélande, les Roms, les minorités ethniques en Thaïlande, les minorités russes dans les pays baltes, les femmes africaines, etc.)

Le système prostitutionnel est violent. Les femmes qui pratiquent des relations tarifées sont sujettes très fréquemment au viol (57 %), à des agressions physiques (71 %) et à des attaques psychologiques, à des menaces avec des armes (64 %) et à des insultes. Le taux de mortalité associé à l’exercice de la prostitution est très élevé. Une étude prospective menée par John J. Potterat en 2003 aux États-Unis partant de données sur les femmes colligées en 1969 et étendue à une période de 33 ans a montré que les personnes prostituées ont un taux de mortalité très élevé : 459 décès par rapport à une moyenne de 5,9 par 100 000 habitants. Leur âge moyen de décès est de 34 ans. Les causes de mortalité sont les suivantes : meurtre, surdose, accidents, abus d’alcool. La prostitution est l’activité qui implique le plus haut risque d’être assassinée aux mains des clients ou des exploiteurs : 204 cas pour 100 000 habitants par rapport à une moyenne de 29 pour les hommes et de 4 pour les femmes.

L’exercice de la prostitution produit souvent des effets délétères pour la santé, provoquant, entre autres, le syndrome de stress post-traumatique, typique des personnes ayant subi un viol.

Ce sont les raisons qui m’ont amenée à me battre pour l’abolition du système de prostitution.

Il n’existe (…) aucun autre cadre de vie où, comme dans la prostitution, tant de personnes sont brutalisées, violées et assassinées. Comment peut-on accepter cela ? Pourquoi la prostitution est-elle une exception pour tant de gouvernements, d’intellectuelLEs et d’activistes des droits de la personne, qui défendent habituellement le droit fondamental à la dignité humaine ? Pourquoi tant de personnes se taisent-elles ? (citée par Pascale Camirand dans « La cruelle chosification des femmes prostituées et des mères porteuses », Prostitution et société, http://www.prostitutionetsociete.fr/pol ... es?lang=fr)

Je me le demande aussi.

Une étude de Melissa Farley révèle que 89 % des femmes prostituées aimeraient s’en sortir si on leur offrait la possibilité de le faire.

Ce sont les voix que personne n’écoute, les voix étouffées et cachées. L’écrasante majorité des femmes qui pratiquent des relations tarifées sont réduites au silence et ne voient pas leurs aspirations réalisées. Aucune de ces voix n’est prise en compte par les États néo-réglementaristes. Seulement 6 % des communes néerlandaises ont mis en place des programmes de sortie de la prostitution à l’intention de celles qui souhaitent le faire. En Allemagne, la travailleuse sociale Sabine Constabel a raconté l’histoire d’une femme qui voulait abandonner la prostitution et s’est adressée trois fois à un centre de counseling. À chaque fois, elle s’est vu remettre le dépliant d’une agence, auprès de laquelle on l’invitait à « optimiser son auto-marketing, suite à quoi elle se sentirait certainement mieux ». http://ressourcesprostitution.wordpress ... ande-emma/

Avec le présent site, entièrement consacré à la prostitution et, en partie, à la pornographie, j’entends proposer mes quelques lectures et traductions de lectures, de citations, ainsi que des présentations d’études, une réflexion et peut-être un peu de recherches pour fournir des informations sur la question, à la lumière d’une perspective abolitionniste.

Ce travail exige de préciser la signification de ce dernier terme, vu l’incompréhension, la confusion et la désinformation qui règnent à son sujet. Il évoque la grande victoire historique qu’est l’abolition de l’esclavage et n’implique absolument pas la criminalisation des personnes qui pratiquent la prostitution, c’est-à-dire l’application à celles-ci de sanctions pécuniaires ou pénales.

La punition des personnes prostituées comprend notamment le système d’interdiction qui prend la forme des maires qui, au moyen d’ordonnances, imposent en Italie des amendes aux péripatéticiennes au nom de la décence et du décorum, des concepts qui ne sont absolument pas partagés par les féministes abolitionnistes, qui n’attachent aucune importance à la tenue des femmes qui pratiquent des relations tarifées. L’imposition du paiement d’une taxe, à savoir l’implication de l’État dans la prostitution imposée, est un élément typique des systèmes néo-réglementaristes.

Un gouvernement qui adopte une approche abolitionniste met en œuvre des formations et apporte un soutien concret à la recherche d’un autre emploi et, éventuellement, d’un logement pour celles qui veulent abandonner la prostitution, mais prévoit également des structures offrant une assistance sanitaire et psychologique à toutes les personnes pratiquant des relations tarifées, structures dont l’accès n’est pas conditionné par une sortie de la prostitution.

L’instauration d’un revenu garanti, d’une législation favorisant la libre circulation des personnes, la reconnaissance des compétences des personnes migrantes et donc l’offre d’un plus large éventail d’options auraient pour fonction d’empêcher l’entrée dans la prostitution et d’en faciliter la sortie. À partir de maintenant, un revenu d’existence devrait être accordé aux femmes qui se prostituent et qui souhaitent quitter cette industrie.

Le modèle abolitionniste prévoit l’application aux seuls clients de sanctions exclusivement pécuniaires (modèle français) ou même, en cas de récidive, de sanctions penales (mais rarement appliquées) (modèle suédois).

Le principe important que l’on veut énoncer est que personne n’a le droit d’acheter le corps d’une autre personne.

Cependant, la position de ceux qui, plus que sur des lois, misent sur et s’engagent à déclencher un changement de mentalités à travers l’information et l’éducation est également abolitionniste.

De plus, un gouvernement abolitionniste sanctionne toute forme d’exploitation de la prostitution et ne prévoit pas la conversion des proxénètes et entremetteurs en entrepreneurs respectables, contrairement à ce qui se fait dans les États néo-réglementaristes.

Version originale italienne: https://infosullaprostituzione.blogspot ... empre.html


Deux clarifications sur ce blogue

1) Je pourrais aussi proposer la traduction de quelques textes dont je disconviens de certains mots ou phrases. Dans ce cas, je soulignerai ma dissidence de ces assertions.

2) Je publierai dans cet espace la traduction de témoignages, accessibles sur le web, de prostituées ou de femmes l’ayant été et y ayant survécu. Je ne recourrai pas à l’expédient de raconter d’autres événements biographiques relatés de première main par des gens ; je ne veux pas trahir la confiance de celles qui m’ont, en fin de compte, confié des faits privés de nature sensible, ni surimposer mon point de vue de narratrice-protagoniste à celui de la personne concernée et, par-dessus tout, ne pas susciter de doute sur l’authenticité de ces récits. Je préfère ainsi éviter de créer le soupçon que j’invente des histoires pour manipuler les lecteurs et les inciter à embrasser ma thèse.

Enfin deux mots à propos de moi.

Je m’appelle Maria Rossi et j’ai déjà publié des articles sur la prostitution sur d’autres blogues (Consumabili, Femminile Plurale et Massimo Lizzi). Je suis une communiste convaincue et une féministe d’orientation matérialiste, un courant français que je pourrais définir comme radical-marxiste, en ce sens qu’il s’inspire de Marx et applique, en les réélaborant, des concepts matérialistes à l’oppression des femmes.
J’ajouterais que tout féminisme matérialiste français et canadien est ouvertement abolitionniste.

Traduction: TRADFEM


https://tradfem.wordpress.com/2018/07/1 ... t-violent/
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Re: Contre le système prostitutionnel: libertaire vs libéral

Messagede Lila » 26 Aoû 2018, 16:40

La dépénalisation de la prostitution était censée protéger les travailleuses du sexe – au contraire, elle les met en plus grand danger.

Par Julie Bindel

Je fais campagne contre l’industrie mondiale du sexe depuis plus de 20 ans. J’ai passé de longues journées dans des bordels légaux ou semi-légaux en Australie, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande et au Nevada.

J’ai également visité des « quartiers chauds » dans de nombreux pays en développement, notamment en Afrique du Sud et en Asie, où le même libéralisme bien intentionné mais erroné a conduit les autorités locales à décriminaliser l’exploitation de la prostitution.

Dans tous ces endroits, tout comme dans le quartier de Holbeck à Leeds*, au Royaume-Uni, la déréglementation a non seulement échoué à actualiser ses promesses, condamnant la majorité des femmes impliquées à une vie de dégradation physique et mentale épouvantable, mais elle a également provoqué une augmentation de la demande masculine et considérablement aggravé le problème.

Dans les pires cas, maintenant évidents en Europe et dans une grande partie du monde en développement, cela a entraîné une explosion de la traite de jeunes femmes et de jeunes filles.

Pour chaque prostituée heureuse (s’il en existe vraiment), il y en a des milliers pour qui la vie est sordide et dangereuse.

Une foule de mythes sont diffusés au sujet de l’industrie du sexe. Il y a beaucoup de gens bien intentionnés qui croient sincèrement que la décriminalisation va débarrasser ce commerce de la violence, de la maladie et de la coercition qui l’ont toujours caractérisé.

Le mythe de la happy hooker

Lors de la conférence internationale sur le sida tenue à Amsterdam cette semaine, on ressort une fois de plus le mythe de la happy hooker, avec, en complément, rien de moins qu’un « opéra des travailleuses du sexe ».

En légalisant et en célébrant la prostitution, nous dit-on, la société donne aux prostituées l’« agentivité » ou capacité d’agir dont elles ont besoin pour mener une vie saine. La prostitution, ou « travail du sexe » comme on l’appelle maintenant de façon flatteuse, devient un travail « comme n’importe quel autre ».

Mais comme nous le rappelle The Telegraph aujourd’hui, la prostitution n’est pas un simple boulot. Pour une prostituée heureuse (s’il en existe vraiment une), il y a des milliers pour qui la vie est sordide et dangereuse.

Des dizaines de liaisons par jour avec des inconnus minables dans des ruelles, des parcs ou des taudis. Un quotidien de raclées, de viols et d’extorsion. Le VIH et la syphilis. De l’alcool bon marché et des drogues ruineuses. Voilà les sombres réalités de la prostitution, légale ou autre, dans le monde entier.

Ce que l’analyse libérale ignore, c’est la face cachée de ce marché. La prostitution est rarement une simple transaction entre deux adultes consentants. C’est une arnaque à but lucratif. Des proxénètes, des tenanciers de bordels, des gangs et des syndicats du crime organisé règnent sur chaque quartier chaud, de Holbeck à Harare.

Leur visage public est un lobby légèrement plus respectable, celui des profiteurs sexuels, comme les propriétaires d’agences d’escorte et des clubs de strip-tease. Ils vendent leur salade dans les médias en prétendant que le moyen le plus sûr de pratiquer la prostitution est de la légitimer. Beaucoup des soi-disant « collectifs de travailleuses du sexe » que vous pouvez voir cités de temps à autre sont subventionnés par cette branche du commerce.

Heureusement, le vent est en train de tourner. Une forte augmentation de la traite des personnes et une série de scandales en protection de l’enfance ici et à l’étranger poussent les décideurs à revoir leurs politiques. Dans l’ensemble du spectre politique, des politiciens commencent enfin à voir que la décriminalisation, loin de prévenir les torts, les aggrave.

Même dans le célèbre quartier rouge d’Amsterdam, la « zone de tolérance » originale sur laquelle tant d’autres ont été modelées, l’on se rend à l’évidence. Un tiers de ses bordels à vitrines, dans lesquelles les femmes sont exposées comme autant de pièces de viande, sont en train de fermer, après que le maire de la ville ait admis que leur présence attirait le trafic de drogue, le proxénétisme, la traite et la violence.

Le modèle nordique

En Grande-Bretagne, c’est une nouvelle approche connue sous le nom de modèle nordique qui intéresse des politiciens. En effet, des données solides en provenance de Suède, où ce modèle a d’abord été introduit en 1999, suggèrent qu’il offre aux femmes prostituées l’autonomie dont elles ont besoin pour obtenir de l’aide, tout en limitant la demande de prostitution en général et la traite en particulier.

Dans le modèle nordique, les prostituées sont dépénalisées et on leur offre de l’aide. En outre, il devient une infraction criminelle d’acheter du sexe. Cela fait basculer le rapport de forces entre les femmes prostituées et ceux qui les exploitent. Cela contrecarre également le marché au sens large, en limitant effectivement la vente de services sexuels aux rares cas où il s’agit réellement d’une transaction entre deux adultes consentants.

Le modèle nordique se répand rapidement et a été introduit en France, en Irlande, en Irlande du Nord, en Norvège et en Islande. Même le Nevada, le seul état américain où la prostitution est légale, envisage actuellement de fermer ses bordels. En Allemagne aussi, où des maisons closes offrent « une bière, un burger et la baise à volonté », les décideurs s’interrogent sur la logique de la légalisation.

Mais il y a un autre facteur qui s’avère source d’espoir dans le modèle nordique tel qu’il est appliqué en Suède. Les adeptes de cette formule ne voient pas leur rôle comme simplement limité à la réduction des risques, en se contentant de distribuer des préservatifs et des tests de dépistage du VIH.

Contrairement à beaucoup de voix dans la gauche libérale, elles n’acceptent pas que la prostitution soit inévitable en prétendant que ce n’est « qu’un simple travail ». Au lieu de cela, elles ont institué des programmes complets de sortie pour aider les femmes qui le souhaitent à quitter la prostitution pour de bon.

Les gens me disent que cela peut paraître « moralisateur » de demander à quelqu’un si elle souhaite sortir de la prostitution. Pourtant, chacune des nombreuses femmes prostituées que j’ai interviewées au cours des années m’a dit vouloir désespérément échapper à cette situation.

Julie Bindel est une auteure et commentatrice féministe de premier plan et elle est l’auteure de The Pimping of Prostitution, Abolishing the Sex Work Myth (Palgrave Macmillan, 2017).

* Lire aussi « Violence, drugs and sexual diseases: How managed zones for prostitution are failing women worldwide »
https://www.telegraph.co.uk/news/0/viol ... g_share_fb

Traduction: TRADFEM


https://tradfem.wordpress.com/2018/07/3 ... nd-danger/
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