Résistance et luttes femmes dans le monde

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Pïérô » 28 Nov 2014, 11:03

Ce vendredi 28 novembre à Saint-Denis

La lutte des femmes au Kurdistan, débat animé par des anarchaféministes de retour de la frontière turco-syrienne et organisé par le collectif anarchistes solidaires du Rojava http://rojavasolidarite.noblogs.org/.

à 19h30, au centre social auto-organisé Attiéké.
31 Boulevard Marcel Sembat / Saint-Denis

Image
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20426
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede bipbip » 02 Déc 2014, 01:54

Audio : La lutte des femmes au Kurdistan

Pendant une semaine, en novembre 2014, une mission féministe française a voyagé au Kurdistan turc. Le 28 novembre, au centre social auto-organisé Attiéké (Saint-Denis), des militantes libertaires qui y avaient pris part ont rendu compte de cette mission, de leurs rencontres, et de ce qu’elles ont observé sur place. La soirée était organisée par le collectif Anarchistes solidaires du Rojava.

Près d’une heure de son, découpée en 14 séquences :
http://alternativelibertaire.org/?Audio ... -femmes-au
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 23143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Pïérô » 17 Déc 2014, 01:55

Jeudi 18 décembre, Paris

Image
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20426
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Pïérô » 09 Jan 2015, 03:25

Femmes au Kurdistan

Deux membres du groupe féministe Solidarité femmes Kobané qui s’est rendu en novembre dans le Kurdistan turc confinant avec le Rojava, là où vivent de nombreux réfugiés ayant fui la guerre en Syrie, nous font part de ce que leur ont appris les femmes kurdes qu’elles ont rencontrées là-bas.

La participation des femmes aux combats contre Daesh et leur rôle décisif dans l’organisation du soutien aux réfugiés ne peuvent s’expliquer sans remonter aux formes d’organisation non mixtes qu’elles se sont données depuis longtemps : celles-ci leur ont permis de faire reculer significativement les manifestations de la violence masculine au sein de leur communauté, mais également de prendre part à plein titre aux structures d’organisation à la base mises en place dans cette partie du Kurdistan.

Émission réalisée par Vive la sociale sur FPP

à écouter ;
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1625
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20426
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede bipbip » 05 Mar 2015, 17:08

Appel à l’occasion du 8 mars de femmes d’Iran, d’Irak, de Tunisie, d’Egypte et d’Afghanistan
Le mouvement de libération des femmes contre la barbarie mysogine

Le 8 mars est la journée internationale des femmes, une journée de protestations à travers le monde contre l’inégalité et les discriminations envers les femmes. Nous sommes des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et ce texte est notre appel contre la discrimination et la barbarie misogyne. Pour ce 8 mars en particulier, nous devons montrer notre détermination et notre unité contre l’islamisme politique, c’est-à-dire la barbarie des islamistes au pouvoir ou dans l’opposition, les forces criminelles misogynes dans cette partie du monde. Notre appel est donc notre déclaration, notre manifeste, déclarant notre résolution à être la voix du nouveau mouvement de libération des femmes dans les pays de la région et partout dans le monde.

Il est pour nous clair que les inégalités et discriminations contre les femmes sont profondément encrées dans le système capitaliste industrialisé et moderne de notre époque. La division basée sur le genre dans la sphère de la production, et en conséquence la discrimination contre les femmes, est un facteur significatif qui garantit les plus hauts profits pour le capital et la subordination des femmes, qui fait de nous la base de la reproduction de ce cercle vicieux. Dans les pays contrôlés ou influencés par les règles islamistes de discriminations contre les femmes, elle se développe et prend un aspect de plus en plus violent. Dans les pays de notre région, les femmes ne sont pas seulement privées du droit fondamental de choisir leur partenaire, de divorcer, avoir la garde des enfants, d’étudier, de travailler, de voyager, ou même de s’amuser et de prendre du bon temps, mais elles sont aussi continuellement et systématiquement soumises à l’humiliation et à la violence sous différentes formes. En Iran par exemple, nous avons vu l’apparition de bandes soutenues par le régime pour jeter de l’acide sur le visage ou poignarder les fesses des femmes qui portent « un hidjab incorrect ». En Turquie, Recep Tayyip Erdogan, le président, prétend se réclamer d’un Islam « moderne et modéré », mais attaque les droits des femmes en déclarant que les femmes ne sont pas les égales des hommes. En Arabie Saoudite, les femmes doivent même lutter pour conduire une voiture. Au Pakistan et en Afghanistan, vendre des jeunes filles pour le mariage est courant et de facto légal, alors que leur éducation est l’enjeu d’une véritable guerre. Au Nigeria, en Syrie et en Irak, les bandes meurtrières de Boko Hara et de Daesh enlèvent, violent et vendent des filles comme esclaves. En Egypte, en Inde et au Pakistan, la presse rapporte régulièrement des viols collectifs contre des femmes. En deux mots, les organisations islamistes criminelles comme Daesh en Irak et en Syrie, Al-Qaeda et les Talibans au Pakistan et en Afghanistan, Boko Hara au Nigeria et les « lanceurs d’acide » en Iran ont fait passé la violence contre les femmes au stade du crime organisé contre les femmes.

Il faut mettre fin à la barbarie contre les femmes, quelque soit sa forme !

Face à ces crimes, pourtant, se lève un mouvement pour la libération des femmes et pour la liberté. A ce jour, ce mouvement s’est fait entendre avec le plus de vigueur avec le puissant mouvement contre le voile obligatoire en Iran ; en Egypte et en Tunisie, à la fois en chassant les Frères Musulmans du pouvoir d’Etat, et en jouant un rôle fondamental dans la révolution ; et en Turquie par la puissante lutte de la population, hommes et femmes, contre les tentative du soi-disant « Islam modéré » d’imposer des lois anti-femmes. De plus, ce mouvement se lève et résiste aux groupes islamistes mortifères en Egypte, en Tunisie et en Iran par des protestations nues, et des slogans comme « la femme n’est l’honneur de personne », « la femme n’est l’esclave sexuel de personne », etc.

Nous, sous-signées, nous considérons comme appartenant à ce mouvement qui se développe actuellement dans tout le Moyen-Orient et dans toute l’Afrique du Nord. C’est fondamentalement un mouvement sur une base de classe qui se lève contre la pourriture du capitalisme de notre temps et toute sa crasse. C’est un mouvement de femmes qui, promettant la liberté et l’humanité au monde entier, a déjà donné un caractère féminin aux révolutions dans cette partie du monde. C’est un mouvement laïque pour la liberté et l’égalité qui se dresse contre les forces terroristes islamistes ainsi que contre les politiques militaristes et terroristes des puissances occidentales et des Etats-Unis d’Amérique. Seul un tel mouvement est capable d’en finir avec le terrorisme islamiste et ses groupes barbares comme Al-Qaeda, Daesh, Al-Nosra, etc.

Nous, en tant que partie intégrante de ce mouvement, accusons fermement à l’occasion de ce 8 mars les groupes islamistes et leurs crimes tant dans la région que dans le monde. Nous demandons la séparation complète de la religion et de l’Etat, de la religion et du système éducatif et donc de la religion et de toutes les sphères de la vie publique. Nous considérons que ce sera une étape fondamentale vers la libération et l’égalité pour les femmes. Nous demandons l’égalité totale entre les hommes et les femmes dans toutes les sphères économiques, politiques, sociales et culturelles.

Nous appelons toutes les amoureuses et tous les amoureux de la liberté à nous aider à promouvoir notre mouvement et à signer notre manifeste.

Vive le 8 mars, journée internationale de revendications pour la liberté et l’égalité !

– Shahla Daneshfar (Iran)
-Torkia Chaibi (Tunisie)
-Hoda Kamel (Egypte)
-Nashwa Zain (Egypte)
-Mona Ezzan (Egypte)
– Mina Ahadi (Iran)
– Afsaneh Vahdan (Iran)
-Shiva Mahbobi (Iran)
-Kazem Nik-khah (Iran)
– Mahin Alipour (Iran)
– Hatam Lavini (Tunisie)
– Farideh Arman (Iran)
-.Sonia Charbti (Tunisie)
-. Imen Blibech (Tunisie)
-.Randa Fhoula (Tunisie)
– Mebran Mahbobi (Iran)
-Sili Ghafar (Afghanistan)
-Fozieh Kofi (Afghanistan)
– Nilofar Ebrahimi (Afghanistan)
-Zahra Musavi (Afghanistan)
-Sargol Ahmad (Irak)

https://communismeouvrier.wordpress.com ... more-50644
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 23143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Lila » 07 Mar 2015, 18:43

Journée de la femme à Magnanville (78)
dimanche 8 mars
En solidarité avec les femmes du Chiapas insurgé et en particulier les femmes de la Société Civile Las Abejas.

Chacun peut venir en apportant ses revendications et ses bannières.

Espoir Chiapas Magnanville vous invite à rejoindre la marche depuis la cour de la ferme jusqu'à la GAMY
Retour par la rue des graviers
Rendez vous à 10h00
La marche sera suivi d'un café militant à la ferme.

C'est parti.....

Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l'antenne Espoir Chiapas de Magnanville organise une marche en solidarité avec les femmes du Chiapas insurgé, en particulier avec les femmes de la société civile Las Abejas.

Les femmes du Chiapas, du Mexique en général ont toutes les raisons de revendiquer leurs droits légitimes de femmes et nous, nous avons le devoir de les soutenir.

Les femmes du Chiapas, mais plus généralement les femmes du monde, du monde indigène en particulier sont nos sœurs de combat, leur dignité est la nôtre et les aider à l'acquérir est un combat à mener, hommes, femmes, main dans la main.

Le 8 mars, c'est un dimanche, donc on oublie les éventuelles "manifestations" devant les lieux publics pour se concentrer sur un parcours, simple, pas très long et j'invite ceux qui se retrouvent dans cette démarche à venir avec des affichettes représentant leurs idéaux en matière de droits des femmes, leurs revendications propres.

Après la marche, rendez-vous au bar du Colombier pour un café militant autour de la problématique qui concerne les droits des femmes, pour discuter et pourquoi pas organiser pour les années prochaines des événements plus larges.

RV à 10 heures dans la cour de la ferme.

Renseignement caroleradureau@gmail.com




Dimanche 8 mars,
à partir de 18h, dans les locaux du Centre Démocratique du Kurdistan (16 rue d'Enghien, Paris 10)

soirée organisée par le collectif Solidarité Féministe Kobanê!
Au programme: concert avec la participation de plusieurs groupes de musiques, messages de femmes sur la résistance et la liberté, buffet,...

Image
Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 1754
Enregistré le: 07 Mar 2014, 11:13

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede bipbip » 09 Mar 2015, 07:03

Vidéos : Manifestations dans le monde ce 8 mars 2015
Quelques vidéos de manifestations pour le droit des femmes, l’égalité et la liberté à l’occasion de la journée internationale des femmes ce 8 mars 2015 : https://communismeouvrier.wordpress.com ... mars-2015/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 23143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede bipbip » 30 Mar 2015, 01:23

Lyon, vendredi 3 avril

Conférence-débat avec le collectif féministe "Pan y Rosas"

Le collectif féministe "Pan y rosas" viendra à Lyon pour une conférence-débat à 18H00 au 4Bis rue de l’université (Lyon 2 quais). Elles nous parlerons de la lutte dans l’entreprise Panrico à Barcelone et des luttes pour défendre les droits des femmes contre l’État espagnol.

Né lors de la mobilisation des ouvrières textiles américaines en 1912 contre leurs conditions de travail et leurs bas salaires, le slogan « Bread and Roses, du pain et des roses », est aussi le nom que s’est donné le collectif féministe « Pan y Rosas » qui existe dans différents pays dont la péninsule ibérique. Impulsé au début des années 2000 par des militantes du PTS en Argentine et des étudiantes et travailleuses indépendantes, celui-ci s’est forgé dans les luttes ayant suivi la crise économique de 2001 en Argentine. Il a notamment été au cœur du soutien à la lutte de l’usine textile Bruckman, récupérée par ses ouvrières suite au départ du patron, pour échapper aux licenciements.
Ce groupe compte aujourd’hui, en argentine, plus de 1000 membres et se bat, notamment pour le droit à l’avortement, qui n’existe pas en Argentine à ce jour, contre les réseaux de traite des êtres humains et soutient de nombreuses grèves promues par les femmes.

« Du pain et des roses », c’est rappeler que le mouvement ouvrier révolutionnaire n’a jamais été, contrairement à ce qu’ont voulu faire croire les organisations staliniennes ou social-démocrates, une lutte qui se limitait aux questions économico-syndicales (le pain).
Dans la société d’aujourd’hui, se battre pour l’égalité salariale entre hommes et femmes, mais aussi pour le droit « aux roses » - le droit de vivre librement, de se marier et d’avoir des enfants ou non, en finir avec le machisme et les violences faites aux femmes, mais aussi, le droit à l’éducation pour toutes, l’accès à la culture, etc. - c’est lutter pour l’organisation des femmes, pour reprendre leur destin entre leurs mains et livrer cette bataille pour elles et l’ensemble de la classe ouvrière. Mais cette lutte ne peut être complètement victorieuse sans remettre en cause le système d’exploitation , qui donne aux exploiteurs le pouvoir de décider de leur vie.

Après l’Argentine, « Pan y Rosas » a fleuri dans plusieurs pays d’Amérique latine , avec l’idée de construire des groupes militants de femmes, étudiantes, travailleuses et chômeuses, pour résister aux attaques des patrons et des gouvernements contre le droit des femmes.
Puis en Europe, un tel groupe a vu le jour dans l’État espagnol ; les femmes de « Pan y Rosas » ont été très présentes dans les grandes manifestations contre la réforme de la loi sur l’avortement.
« Pan y Rosas vient également d’être créée en Allemagne.
Les femmes de « Pan y Rosas » ont joué un rôle majeur dans la grève de Panrico, située près de Barcelone.
Panrico est une grève historique, la plus longue depuis Franco. Panrico fait partie d’un douloureux processus de recomposition d’une nouvelle classe ouvrière, après des décennies de trahisons et de reculs. Pendant toutes ces années, les attaques patronales, de mèche avec les différents gouvernements, et combinées avec la cooptation des directions syndicales, ont porté atteinte à la capacité non seulement offensive mais également défensive de la classe ouvrière. Cette force de lutte, de défense des vieilles conquêtes qui seront la base pour préparer des luttes plus offensives, est en train de se recomposer peu à peu et de poser des jalons dont Panrico a déjà écrit une page de l’histoire.

Le 8 mars a été l’occasion pour « Pan y Rosas » d’organiser la solidarité avec les travailleurs(euses) de Panrico et de Coca-Cola en grève, notamment à Barcelone, mais aussi à Saragosse et à Madrid.
Les travailleuses de Panrico, ont lutté contre la Loi sur l’avortement du Parti Populaire, et ont été très visibles le 8 mars. Cela fait des années que l’on n’a pas vu des travailleuses en grève faire partie d’un grand mouvement de femmes dans la rue, ce qui a constitué une nouvelle étape pour cette lutte. Elles se battent aussi contre les expulsions des logements, car comme elles le disent, « les licenciements d’aujourd’hui sont les expulsions de demain ».
C’est pourquoi, nous avons décidé d’inviter PanyRosas EstadoEspañol.

Conférence-débat organisée par l’association Table rase.
Le vendredi 3 avril à 18H00
4 bis rue de l’Université 69007 Lyon

P.-S.
https://mujerespanyrosas.wordpress.com/

http://rebellyon.info/3-avril-conferenc ... ec-le.html
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 23143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede bipbip » 04 Avr 2015, 15:09

Une expérience : Les succès du mouvement des femmes kurdes

Les femmes kurdes, très visibles dans la résistance contre Daech, se sont imposées dans l’actualité internationale. Les médias bourgeois, qui se sont à l’occasion extasiés sur la beauté des combattantes, ont généralement réduit leur action à la lutte armée. Pourtant, le mouvement des femmes du Kurdistan mérite qu’on en dise bien davantage.

Le mouvement de libération kurde a pris son essor dans les années 1970, une période de ­luttes sociales vigoureuses, et de forte influence du « socialisme réel » – celui du bloc de l’Est. A sa fondation en 1978, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) aspirait à la fondation d’un Etat-nation socialiste  [1].

Le mouvement féminin kurde [2] est né et s’est développé à l’in­térieur de ce mouvement de ­libération. Durant les premières années, du fait des conditions sociales, il y avait peu de femmes dans le mouvement. Mais les femmes et le PKK n’ont pas fait de concessions aux conditions sociales, et ont persévéré dans leur effort pour s’organiser politiquement. Ainsi en 1989, à Nusaybin, un soulèvement populaire a été mené par des femmes.

Dans les années 1990, les analyses développées par Abdullah Öcalan sur la famille, la femme et la liberté, ont conduit de nombreuses femmes à rejoindre la guérilla menée par le PKK. À ­cette époque, la répression de ­l’État turc était pourtant à son paroxysme, et l’armée employait systématiquement la torture et le viol contre les militantes.

L’armement, garantie de la liberté

L’entrée massive des femmes dans le PKK a entraîné une avancée qualitative et quantitative. C’est en 1993 qu’ont été créées les premières unités de femmes combattantes puis, en 1995, l’Union des femmes libres du Kurdistan (Yekitiya Azadiya Jinen Kurdistan). Alors que, dans le Kurdistan féodal, les femmes ne commencent leur repas que quand celui des hommes est terminé, l’armement des femmes par le PKK est, politiquement, un bond en avant. Elles luttent à présent en leur propre nom, ni à l’ombre des hommes, ni en les imitant, mais en s’auto-organisant et en faisant émerger une conscience de sexe.

En 1999, le Parti de la liberté de la femme (PJA) a vu le jour, reflet de la conscience de sexe chez les femmes, et du refus de repousser la solution des problèmes féminins à l’après-révolution.

En 2005, le PJA a pris place dans une organisation transfrontalière, le Rassemblement des femmes (KJB) s’étendant sur les quatre parties du Kurdistan – Turquie, Syrie, Iran, Irak – et même au-delà. Le but du KJB est de mettre les femmes aux avant-postes de la construction d’une société démocratique, écologique et attachée à la liberté de genre. L’enjeu est le dépassement du système social patriarcal et étatiste.

Dans la révolution au Rojava

Le but principal du mouvement féminin est la construction d’un système démocratique, écologique, axé sur la femme, dans le cadre de la révolution de sexe et de l’idéologie de la liberté de femme.

Depuis la proclamation de l’autonomie démocratique du Kurdistan syrien (Rojava), en juillet 2012  [3], des conseils de femmes ont été créés dans les trois cantons pour ­faire valoir le point de vue féminin dans la révolution. En même temps, avec le système de codirection  [4], elles créent une expérience inégalée dans le ­monde aujourd’hui.

La question de la liberté sexuelle

La liberté sexuelle fait partie des sujets en débat, qui ­doivent se comprendre dans le contexte de l’oppression coloniale au Kurdistan, de la construction du PKK comme une guérilla militaire et de la terrible répression des années 1990. Tout ce con­texte contraint fortement l’exercice de la liberté individuelle.

Des milliers de femmes et de petites filles ont été violées par les soldats turcs. Face à cela, le PKK a déployé des efforts pour que les femmes violées ne soient plus stigmatisées dans la population. La position est très claire : ce que le corps d’une personne a subi ne révèle rien de sa personnalité, on ne doit tenir compte que ses idées, de ses pensées, de ses relations. Quand une femme est victime d’un « crime d’honneur » [5] , les militantes du PKK revendiquent sa dépouille et s’assurent qu’elle soit enterrée par les femmes elles-mêmes. Dans le Kurdistan féodal, c’est un acte révolutionnaire.

Enfin, dans une société où la polygamie est fréquente, le PKK a prohibé l’adhésion des hommes ayant plusieurs épouses, se positionnant clairement envers les femmes subissant cette violence. Du reste, officiellement, il n’y a pas de couples au sein du PKK. On dit communément que les liens d’amour des militantes et des militants sont ceux qu’ils portent «  au parti et au peuple  ».

La liberté d’enfanter ou non

À propos de l’avortement, le principe qui guide le mouvement féminin kurde est le suivant : « C’est mon corps, c’est ma décision ». L’important, c’est le choix de la femme et, quel qu’il soit, les militantes le soutiendront. Mais au sein du PKK lui-même, encore une fois, la lutte armée impose des conditions spécifiques. Aussi, le parti dit claire­ment aux jeunes combattantes  : ne vous mariez pas et ne faites pas d’enfant.

La femme ne se réduit pas à son rôle de mère. Mais, dans le contexte de la résistance, être mère d’un combattant ou d’une combattante de la guérilla revêt une signification particulière. Au sein du PKK, elles se regroupent au sein des Mères pour la paix, une des plus solides organisations du parti. Elles ont construit, à partir de leur maternité et à travers leurs enfants, un collectif politique à la fois dynamique et significatif.

Transformer les hommes

Le changement opéré chez les hommes est peut-être la plus grande réussite du mouvement féminin. La présence d’au moins 40 % de femmes dans chaque organe de direction en est l’exemple le plus frappant.

Évidemment, cela n’a pas été sans difficultés. Entre 2002 et 2005, à l’époque du DEHAP [6], sous prétexte de certains échecs politiques, beaucoup de femmes ont été exclues du parti. En réalité, il s’agissait d’évincer les partisanes d’une ligne ferme contre la domination masculine. Les militantes n’ont cependant pas capitulé.

En 2011, année de la fondation du HDP [7], le manque de femmes a servi de prétexte à une surreprésentation des hommes dans les candidatures aux élections. Les militantes ont protesté avec efficacité, et désormais, si le nombre de femmes est insuffisant, on laisse la chaise vide. Pour faire changer les hommes, ne pas leur laisser d’autre choix, différentes méthodes ont été employées. Et si un candidat sexiste se présente aux élections, les militantes lancent un appel à le boycotter. Cela les dissuade de persévérer dans leur attitude.

Comme le montrent ces exemples, lutter contre le patriarcat signifie en même temps lutter contre ses camarades hommes. La vigilance s’impose. Par ailleurs, chaque homme qui adhère au parti suit une formation sur le genre. Il s’agit de leur faire prendre conscience que l’émancipation des hommes est liée à celle des femmes.

La révolution féminine au Rojava est l’aboutissement de quarante ans d’expérience. Désormais, où que les femmes se trouvent, même quand elles ne sont que deux, elles s’organisent de façon non-mixte pour lutter.

Arîn Mirkan

Arîn Mirkan est le pseudonyme collectif choisi par les rédactrices de cet article, militantes du Collectif solidarité femmes Kobanê. Il s’agit d’un hommage à Arîn Mirkan, combattante YPG tombée à Kobanê le 5 octobre 2014.



[1] Ce n’est plus le cas. Le PKK a renoncé à fonder un État-nation pour revendiquer une autonomie confédérale du Kurdistan, par-dessus les frontières étatiques existantes. Lire Alternative libertaire de novembre 2014.

[2] Les rédactrices de cet article ont traduit l’expression kürt kadın hareketi par « mouvement féminin kurde ». Bien que le singulier soit employé, il n’a pas la même connotation essentialiste qu’en français.

[3] Lire : «  Rojava, un nouveau Chiapas  ?  » dans Alternative libertaire de novembre 2014 http://www.alternativelibertaire.org/?D ... Un-nouveau.

[4] Le contrat social du Rojava a institué une parité systématique dans toutes les responsabilités politiques : un homme, une femme, à tous les niveaux. On retrouve cette « codirection » dans nombre de municipalités kurdes de Turquie.

[5] C’est-à-dire assassinée par un de ses proches, souvent avec la complicité plus large de la famille, dont l’honneur est «  souillé  ». La notion d’« honneur » est liée au contrôle de la sexualité des femmes.

[6] Le Parti démocratique du peuple (DEHAP) est l’ancêtre de l’actuel Parti pour la paix et la démocratie (BDP), qui tient plus de 100 municipalités au Kurdistan turc.

[7] Le Parti démocratique des peuples (HDP), qui dispose de 27 députés au parlement turc, est une coalition incluant la gauche kurde, des féministes, des écologistes, des syndicalistes, des LGBTI, différents partis socialistes, des ONG, des représentants de minorités ethnico-religieuses.

http://alternativelibertaire.org/?Une-e ... -succes-du


Femmes kurdes : «  Théorie de rupture  » et «  jineoloji  »

Si le mouvement féminin kurde veut clairement détruire le patriarcat et se réfère aux expériences du mouvement féministe, il s’efforce de construire une théorie originale, adaptée au contexte du Kurdistan.

La théorie kurde de libération de la femme a pour nom «  théorie de la rupture  ». Ses principes essentiels sont  : agir indépendamment de l’homme ; s’appuyer sur ses propres forces ; révéler sa conscience de sexe ; créer des organisations propres aux femmes. La libération féminine est considérée comme le fondement de la lutte pour la démocratie, la condition sine qua non pour une sortie du ­capitalisme.

L’armement des femmes est justifié, en premier lieu, par la légitime défense contre le système de domination masculine. En effet, la théorie de la rupture comprend aussi un ­projet d’« action des femmes pour la transformation de l’homme ».

Cela signifie lutter contre l’homme dans les organisations mixtes et ne pas lui laisser d’autre choix que le changement.

Fonder une recherche autonome

Jin veut dire femme en kurde. La jineoloji est la « science de la femme ». Elle veut élever la conscience de sexe chez les femmes en mettant au centre leurs expériences singulières, sans subventions de l’État et en s’appuyant uniquement sur leurs propres forces. La jineoloji veut faire converger les expériences des femmes du monde, plutôt que d’accepter la théorie féministe occidentalo-centrée et subir les centres de recherche androcentriques dépendant de l’Université et de l’Etat.

Contre l’Université, Les académies de femmes

L’hégémonie masculine dans le champ scientifique a effet a trop souvent conduit à trouver des alibis pseudo-scientifiques à la position de « deuxième sexe » accordée aux femmes. De nos jours l’Université est ainsi l’un des principaux représentants du patriarcat. Il faut remettre en cause les vérités établies et privilégier la recherche et l’écriture de l’histoire de la femme par elle-même. Dans ce domaine-là aussi, existe un authentique besoin d’autodéfense. C’est pour cette raison qu’on été instituées les « académies de femmes », qui mènent leurs propres recherches dans toutes les directions, y compris en critiquant les notions d’esthétique et de beauté construites aux dépens des femmes.

Arîn Mirkan

Arîn Mirkan est le pseudonyme collectif choisi par les rédactrices de cet article, militantes du Collectif solidarité femmes Kobanê. Il s’agit d’un hommage à Arîn Mirkan, combattante YPG tombée à Kobanê le 5 octobre 2014.

http://alternativelibertaire.org/?Femme ... de-rupture
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 23143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Pïérô » 11 Avr 2015, 12:01

Mardi 14 avril 2015 à Paris

Soirée thématique :
Femmes et contre-pouvoirs en Amérique Latine

19h, Bar-restaurant « Le lieu dit », 6 rue Sorbier, Paris 20e
Entrée libre

Dans le cadre des 14èmes rencontres avec le cinéma d'Amérique Latine et de la Caraïbe
Projection de deux documentaires :

Pérou : Cuentan y Cantan
(Françoise Chambeu) - Documentaire (26min)
Les femmes "ronderas" de Cajamarca, en lutte pour la défense de l'eau, prennent la parole. Avec force et dignité, elles nous racontent leur participation dans la lutte, nous confie leurs motivations, leur indignation face à la répression, nous parlent font de leurs espoirs de victoire, Elles chantent la résistance, la solidarité, l'avenir.

Brésil : Clandestinas
(Fádhia Salomão et Renata Corrêa) - Documentaire (24min)
Clandestinas raconte des histoires de femmes qui ont avorté clandestinement au Brésil. Il mêle la voix d'actrices qui font entendre les expériences d'autres femmes et la voix de femmes qui racontent leur propre histoire, sans que l'on puisse distinguer les unes des autres. Il est soutenu par l'association féministe brésilienne SOF et l'association International Women's Health Coalition.

Débat
Projections suivies d'un débat en présence de Françoise Chambeu (réalisatrice de « Cuentan y Cantan ») et de Clara Domingues (sous réserve, pour parler de « Clandestinas »).
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20426
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Pïérô » 13 Mai 2015, 11:35

A propos des Femmes et du Rojava

On a beaucoup parlé récemment dans les medias de Kobanê, ville kurde de Syrie, et de sa résistance sans moyens à Daesh et sans autre aide que celle des Kurdes de Turquie ou d’Irak, du soutien de ses habitants aux Assyriens, aux Yezidis et autres populations minoritaires éparpillés sur les routes de l’exode, seule alternative au massacre programmé par l’État islamique.

Ce qui est moins connu, c’est que Kobanê est, avec Efrîn et Cizîrê, l’un des trois cantons kurdes disjoints les uns des autres, qui forment la province du Rojava (région kurde de l’ouest de la Syrie). Et que les populations qui forment ce territoire laissé à l’abandon par le pouvoir syrien déstabilisé et par l’administration syrienne, s’organisent pour le faire vivre. L’originalité de cette organisation ?

Une tentative de construire un système d’auto-gouvernement fondé sur des bases laïques orienté vers plus de démocratie et de justice sociale avec une prise en compte de la diversité des groupes ethniques et/ou religieux qui peuplent ce territoire (Kurdes, bien sûr, mais aussi Arabes, Turkmènes, Assyriens, Chaldéens, Arméniens, Tchéchènes, Yezidis, chrétiens, musulmans, syriaques…..)
Une composante féministe qui vise la liberté et le respect des femmes, et dont je voudrais un peu plus longuement parler.

Encore un article sur les femmes écrit par une femme, me direz- vous, mais les mentalités sont longues à changer, et quel que soit l’endroit de notre planète, le regard sur les femmes et la place qu’elles occupent dans la société est encore à travailler : (cf l’article sur l’humour misogyne , et celui de Corinne sur le groupe de parole de femmes d’Hauteville).

Un film

Avez- vous vu le film d’Hiner Saleem, My sweet Pepper Land sorti en France en 2013 ?

On y montre une jeune institutrice célibataire nommée dans une petite école d’un village reculé du Kurdistan. Les hommes lui mènent la vie dure et vont jusqu’à empêcher ses élèves de se rendre à l’école. Il faut bien les protéger, ces pauvres enfants, car une femme seule, sans protecteur, est forcément une femme dépravée que les citoyens vertueux doivent mettre en quarantaine ….

On y montre aussi un bataillon féminin qui franchit les frontières et opère une guérilla sans relâche contre ceux que l’on suppose djihadistes, qui ne rêvent que de les éliminer : rendez-vous compte, si elles donnaient des idées à d’autres femmes ?
Donc, pour en revenir au Rojava, la contagion semble se propager et les femmes, dans la même perspective d’auto-détermination et d’auto-gouvernance que le Contrat Social du Rojava conclu par le peuple pour le peuple en janvier 2014, occupent leur place et participent à la vie de leur village ou de leur quartier ou à celle de leur canton.

Des garantes d’une vie familiale sans violence :

Au vu du contexte culturel de cette région , présenté dans le film et qu’on retrouve dans le cinéma plus ancien de Ylmaz Gûney et dans les livres de Yachar Kemal, ce qui semble s’y passer est encore plus remarquable : dans une contrée où règne une forte tradition patriarcale, les choses changent et les traditions évoluent. La polygamie et les mariages forcés ou précoces ont été interdits, et des structures spécifiques composées de femmes sont chargées de la question du droit des femmes : un congé maternité a été instauré, elles règlent le partage des biens en cas de séparation, une assistance téléphonique a été créée pour aider les femmes confrontées aux violences familiales, conjugales, aux viols, aux crimes d’honneur, suite au suicide d’une jeune femme de 18 ans après avoir été mariée de force par son père. L’homme n’est plus le seul à décider dans sa famille .

Des combattantes :

Chacun garde en mémoire l’image de bataillons féminins médiatisés lors du siège de Kobanê, et dans le film d’Hiner Saleem : si les guerriers djihadistes sont galvanisés par la promesse de 72 vierges au Paradis en cas de mort au combat, comme tous bons machos qui se respectent, ils sont terrorisés à la pensée d’être tués par des femmes et de se voir fermées ainsi les portes du Paradis. La mort par la main d’une femme n’est pas glorieuse. Dans ce cas, la femme la plus pacifique se sent des envies de combattre pour lutter contre cette vision machiste et sexiste de la représentation féminine. La place des femmes n’est plus seulement aux champs, au foyer ou derrière le métier à tisser, (ah, les belles images d’Epinal !) mais aussi au combat . Au pays des bandits d’honneur, des guerrières se sont dressées.

Des actrices dans la vie de leur quartier :

Mais on ne peut pas tout le temps jouer à la guerre, et c’est dans la vie de tous les jours que les femmes jouent leur rôle dans le projet d’auto- administration du Rojava. La place des femmes y a été pensée. Un pourcentage minimum de femmes est requis dans les assemblées : elles participent à hauteur de 40 % aux conseils de village ou de quartier, et pour tout poste de décision un homme et une femme sont nommés conjointement .

En quoi consistent ces assemblées de quartier ou de village ? On y débat de l’école, de l’environnement, du ramassage des ordures, des problèmes spécifiques à chaque quartier, on y règle les conflits et autres problèmes.C’est donc la vie quotidienne qui y est gérée.

Être une femme au Kurdistan n’est pas à priori une expérience facile à vivre. Le poids des traditions d’une société patriarcale forte semble pourtant s’ébranler, et les choses bougent. Les femmes du Rojava ont réagi et réfléchi à l’oppression patriarcale et voici ce qu’elles en disent à Janet Biehl lors d’un voyage au Rojava en décembre 2014 : « Les femmes sont essentielles pour la démocratie….. Ce qui s’oppose à la liberté des femmes n’est pas tant le patriarcat que l’État-nation et la modernité capitaliste. La révolution des femmes vise à libérer tout le monde. Les femmes sont à cette révolution (celle du Rojava) ce que le prolétariat était pour les révolutions marxistes léninistes du siècle passé ».

Ne faisons pas l’erreur de croire qu’ici les choses sont plus faciles à vivre et que le machisme et le sexisme sont dépassés. Osons occuper sans crainte notre place, prenons la parole et défendons si besoin notre position de femmes sans qu’on nous accuse de paranoïa , d’hystérie ou de verser dans un féminisme pur et dur. On peut s’exprimer sans que les hommes imaginent qu’on leur déclare la guerre.

Em

Pour en savoir plus :

Janet Biehl : De retour du Rojava, impressions et réflexions , oclibertaire@free.fr , 30/12/2014

Sylvie Jan/Pascal Torre : La réponse Kurde , ed.France Kurdistan

Rafael Taylor , Révolution sociale au Kurdistan, Le Monde Libertaire n°1750

Dossier sur Kobanê, Alternative Libertaire n° 244

Bruno Deniel-Laurent et Yvan Tellier , le monde.fr du 28/01/2015

Rebellyon.info du 17/09/2014 : révolution au Rojava

http://www.cla01.lautre.net/A-propos-de ... -du-Rojava
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20426
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Béatrice » 18 Mai 2015, 17:20

vendredi 22 mai 2015 à MARSEILLE
-18 h 30 - Planning familial, 106 Bd National 13003

Témoignages et discussion
La place des femmes dans le mouvement kurde
Des liens féministes entre ici et là-bas / Les différentes actions menées.

Témoignages de :

- Béatrice - Université Paris 8 - Saint Denis
- Suzan - Assemblée des femmes kurdes - Marseille
- Derya - Retour du Kurdistan

Organisé par :

- Assemblée des femmes kurdes Marseille
- Collectif Marseille-Rojava
- Groupe non-mixte de la Plaine

http://www.millebabords.org/IMG/pdf/aff ... kurdes.pdf
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2751
Enregistré le: 09 Juil 2011, 19:58

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Lila » 04 Juin 2015, 17:56

Face à Daesh en Irak, les Yézidies n’ont plus peur

Face à la barbarie de Daesh, les femmes de ce peuple longtemps persécuté, ont pris les armes.

« Nous faisons la guerre, mais nous apprenons aussi pourquoi nous la faisons. Sinon nous serions comme des robots, comme les gens de Daesh. Les raisons de notre engagement sont simples : nous nous battons contre des envahisseurs extérieurs et pour défendre les populations kurdes qui sont la cible de ces fanatiques. Et surtout, nous luttons pour les femmes et contre la vision anti-féministe de l’Etat islamique. Les islamistes croient que, s’ils sont tués au combat par une femme, ils n’iront pas au paradis. Quand ils se trouvent face a nous, ils sont paralysés. Dans cette région, la tradition veut que les femmes soient soumises aux hommes et maintenues dans leur dépendance. Nous nous insurgeons contre cela. Je suis venue me battre pour toutes les femmes du monde victimes de violences et de discriminations ».

Du courage et de la dignité pour toutes les femmes Kurdes et Yézidies. Bravo a celles qui se battent pour leur honneur et leur égalité dans la guerre.

à lire : https://sanscompromisfeministeprogressi ... plus-peur/
Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 1754
Enregistré le: 07 Mar 2014, 11:13

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Lila » 05 Aoû 2015, 17:36

Nasawiyat ! saison 2

L'été dernier, nous partions à la rencontre de jeunes féministes en Tunisie, au Maroc, en Egypte et en Algérie. Cette année, nous retournons le miroir, et poursuivons le chemin en France, à la découverte de jeunes femmes aux doubles cultures, qui réinventent de nouveaux féminismes, pluriels et métissés, dans les quartiers populaires et les campagnes, dans les maisons, les écoles et les rues.

Elles s’appellent Dounia, Fatima, Shayma, Diata, Sy ou Eglantine, elles ont entre vingt et trente ans, sont nées en France ou y vivent depuis longtemps. Elles s’organisent en collectifs féministes populaires, écrivent des textes de slams engagés, animent des entrainements de rugby ou des ateliers d’autodéfense féministes… Elles dénoncent les inégalités hommes-femmes, mais aussi le racisme et l’islamophobie. Toutes veulent réinventer de nouveaux féminismes, pluriels et métissés, dans les quartiers populaires et les campagnes, dans les maisons, les écoles et les rues.

Une série en huit épisodes, de Charlotte Bienaimé, réalisée par Annabelle Brouard.

Charlotte Bienaimé est productrice déléguée à France Culture, notamment pour les émissions Les Pieds sur Terre et Sur les docks. Elle collabore aussi régulièrement à Arte Radio. Depuis 2011 elle poursuit son travail d'exploration du monde arabe en pleine métamorphose. En 2013, elle remporte le prix Ondas pour la série « Ma longue marche ».


http://www.franceculture.fr/emission-nasawiyat-0

Épisode 1 : Dounia et Anissa
Dounia et Anissa ont grandi à Mérignac, près de Bordeaux. C'est en jouant au rugby qu'elles sont devenues féministes. Premier portrait de Nasawiyat saison 2, à la découverte de jeunes femmes aux doubles cultures, qui réinventent de nouveaux féminismes, pluriels et métissés, dans les quartiers populaires et les campagnes.
http://www.franceculture.fr/emission-na ... 2015-07-11

Épisode 2 : Fatima et Mariam
Chaque semaine, rencontre avec des jeunes femmes aux doubles cultures, qui réinventent de nouveaux féminismes, pluriels et métissés. Aujourd'hui: Fatima et Mariam.
http://www.franceculture.fr/emission-na ... 2015-07-18

Épisode 3 : Première rencontre avec le collectif féministe de Seine Saint Denis, "Femmes en lutte 93"
Nées ici ou ailleurs, salariées ou femmes au foyer, avec ou sans papiers, jeunes militantes ou plus âgées, elles sont une trentaine à vouloir réinventer un féminisme à leur image, en Seine-Saint-Denis, près de Paris. Pour lutter contre le sexisme et les violences faites aux femmes. Mais aussi contre le racisme, les discriminations, les logements insalubres, la dégradation des services ...
http://www.franceculture.fr/emission-na ... -denis-fem

Épisode 4 : Le collectif féministe de Seine Saint Denis, "Femmes en lutte 93". Deuxième rencontre : la formation
Créé en 2010, le collectif « Femmes en lutte 93 » regroupe une trentaine de femmes, jeunes ou plus âgées, issues de l'immigration ou pas, avec ou sans papier, salariées ou travaillant au foyer. La semaine dernière, nous les entendions chanter et manifester pour la journée internationale de défense des droits des femmes. Aujourd'hui, nous les retrouvons autour d'une grande table, à la ...
http://www.franceculture.fr/emission-na ... 3-deuxieme
Avatar de l’utilisateur-trice
Lila
 
Messages: 1754
Enregistré le: 07 Mar 2014, 11:13

Re: Résistance et luttes femmes dans le monde

Messagede Pïérô » 24 Aoû 2015, 11:30

Appel des femmes kurdes
APPEL DES FEMMES KURDES SIGNEZ

La mentalité patriarcale de la complicité AKP-DAESH est la figure la plus atroce du Féminicide

Nous soussignées,

Le Mouvement des Femmes Kurdes en Europe TJK-E, la Représentation Internationale du Mouvement des Femmes Kurdes, le Bureau des Femmes Kurdes pour la Paix CENI, la Fondation Internationale des Femmes Libres, le Centre de Rencontre pour Femmes UTAMARA, la Fondation Roj Women, la Fondation Helin ainsi que toutes les Assemblées populaires des femmes Kurdes en Europe ; condamnons fermement l’exécution de Kevser Elturk (Ekin VAN) combattante kurde de YJA STAR tuée par la torture par les soldats Turcs et exposée nue au public de façon inhumaine en plein centre de la ville de Varto au Kurdistan Turc. La honte et le déshonneur de cet événement s’écrira dans l’histoire.

Au nom du règne de son sultanat, la mentalité de l’AKP envoie l’humanité sur la route de la mort faisant perdurer la guerre sale. Son seul but : affaiblir la résistance des femmes Kurdes. Kevser Elturk est le symbole de la résistance des femmes Kurdes. En tant que femmes Kurdes, en tant que femmes de la planète nous demandons justice face à cet acte horrible.

Durant toutes les guerres qu’a connue l’histoire de notre monde, les femmes ont toujours été utilisées comme des butins de guerre, aujourd‘hui en Iraq elles continuent d’être vendues dans les bazars de l’esclavagisme sexuel. Les images des femmes Kurdes traînées à terre par les tanks de l’armée Turque, leurs corps exposés nus dans les médias étatiques sont encore dans l’histoire actuelle.

La mentalité conservatrice patriarcale n’arrive pas à digérer l’idéologie de la libération des femmes qui est aujourd’hui un hommage aux valeurs de l’Humanité. Ces atrocités infligées à Kevser Elturk sont la représentation de la mentalité masculine des années 90 qui se reproduit à ce jour.

Le vide éthique et le déshonneur se concrétise par la complicité de DAESH et de l’AKP.

Cette mentalité du viol qui produit la pratique avérée du féminicide sur la personne d’Ekin Van est l’enclenchement d’une guerre indéfinie à l’égard du droit de légitime défense des femmes Kurdes qui sont aujourd’hui devenues l’espoir des femmes de la planète.

En tant que Mouvement des femmes Kurdes, et associations des femmes Kurdes nous soutenons et nous nous joignons à la déclaration du KJA (Congrès des Femmes Libres), et dénonçons cette politique inconsciente et inhumaine perpétrée par la police de l’AKP envers les femmes.

Par conséquent, nous allons vaincre la mentalité de l’AKP tout comme les combattantes des YPG ont renversé le sultanat de DAESH.

Nous lançons un appel à l’opinion publique, aux organisations des droits humains, aux féministes, à toute personne sensible à cette situation, à être solidaires à notre cause et à nous rejoindre dans notre lutte contre cette sale guerre, ce féminicide perpétré par l’AKP !

Inscrivons-nous dans l’histoire, construisons le système démocratique confédéral en renforçant nos mécanismes de prévention contre les mentalités patriarcales.


Paris, le 19.08.2015
Conseil Démocratique Kurde en France (CDKF) 16, rue d'Enghien - 75010 Paris

Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20426
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

PrécédenteSuivante

Retourner vers Féminisme et LGBTI

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité