"Une banale affaire de moeurs": le viol.

Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Pïérô » 18 Déc 2015, 13:26

Avec le journal « La Provence », on rigole bien du viol

Il y a encore des journalistes qui pensent qu’on peut faire de l’humour avec un viol, et au passage dénigrer sa victime. La preuve avec l’article que le journal La Provence consacre à un « médecin tripoteur ».

Le 14 décembre, un entrefilet du journal La Provence titrait « Marseille : prison avec sursis pour le médecin tripoteur » http://www.donotlink.com/hmws. Le titre donne le ton de l’article, qui réussit tout à la fois à rire du viol et à blâmer la victime.

Sur un ton qui se veut « humoristique » (on peut rire de tout n’est-ce pas, surtout avec ses lecteurs... et sans doute moins ses lectrices), Denis Trossero s’emploie à nous conter les faits : « L’audacieux généraliste lui avait retiré son string, avait massée ses mollets jusqu’au dos, avant de la gratifier d’une tape sur la fesse. Autant de gestes médicaux peu conformes à la déontologie habituelle. » Voilà comment faire passer une agression sexuelle pour une consultation médicale un peu olé olé, au cours de laquelle le docteur aurait « poussé le bouchon un peu trop loin ».

Mais le pire arrive ensuite. Solidarité masculine oblige, le journaliste se range du côté du médecin, car « l’ennui » c’est que la patiente, pas bégueule, a « compris que les actes pratiqués n’avaient rien de médicaux » (traduction : a porté plainte pour agression sexuelle), et a alerté son mari qui est venu venger l’honneur de sa femme (et le sien) et s’en est aller « casser la gueule » à l’agresseur.

Conclusion de l’article : la condamnation (un an de prison avec sursis) + l’interdiction d’exercer pendant un an (!) + le dérouillage, c’est « la triple peine » pour le médecin.

Il ne manquerait plus que le sempiternel « elle l’avait cherché, il n’a pas pu résister » pour achever le renversement de la culpabilité ! Cela dit, le journaliste a bien précisé que la patiente portait un string, vêtement associé à la séduction, sans doute par souci du détail journalistique. Ou pour insinuer que dites donc, elle n’aurait pas un peu aguiché son médecin ? La question reste ouverte...

Aujourd’hui, c’est La Provence qui est épinglée, mais malheureusement le traitement sensationnaliste ou humoristique des violences envers les femmes est très fréquent. Et les violences des médecins envers leurs patientes ne sont pas si rares. En effet, certains profitent de leur statut de « spécialiste » et de l’aura qui l’accompagne pour imposer des traitements, moyens de contraception ou opérations sans réelle prise en compte de l’avis de leur patiente. Des violences tout aussi graves que des agressions sexuelles, de patientes ou de collègues, qui ne sont pas rares dans le milieu médical...

Au moment où ces violences commencent à être dénoncées (ici http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=987, là http://www.sudradio.fr/Actualite/France ... s-Touraine ou encore là-bas http://www.isabelle-alonso.com/le-point-du-mari/), on rit jaune à ce genre de blagues...

La commission antipatriarcat d’AL

• Lire aussi les articles d’Acrimed http://www.acrimed.org/spip.php?page=re ... e1=&date2= consacrés au sexisme dans la presse et les médias

http://www.alternativelibertaire.org/?A ... rovence-on
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 20 Déc 2015, 21:04

Pour en rajouter à ce très bon communiqué

Rions des agressions sexuelles avec La Provence

"Médecin tripoteur", "audacieux généraliste" : le ton se veut léger. Le sujet ne s'y prête pourtant pas. Dans son édition du lundi 14 décembre, La Provence décrit en des termes étonnamment légers la condamnation d'un médecin marseillais pour "agression sexuelle par personne abusant de son autorité".

La brève rapporte la condamnation à un an de prison avec sursis (assortie d'un an d'interdiction d'exercer) d'un médecin marseillais pour agression sexuelle. Elle n'est pas rédigée par n'importe qui : Denis Trossero est le chef du service police-justice de La Provence. Son titre ? "Marseille : prison avec sursis pour le médecin tripoteur". Un qualificatif familier et léger, qui donne une idée assez précise du ton de la suite de la brève.

à lire : http://www.arretsurimages.net/breves/20 ... ce-id19536
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede altersocial » 10 Jan 2016, 17:16

Viol ou rapport sexuel consenti ? Dans le doute, la police dit "miol"

Ce néologisme est employé par la police judiciaire dans les cas de plaintes pour viol jugées "bancales", quand la part de consentement ou de contrainte paraît difficile à évaluer. Les féministes s'insurgent.

Une femme se présente dans un commissariat parisien. Elle raconte avoir pris rendez-vous la veille avec un prétendant via une application de rencontres, s’être rendue chez lui le soir-même. Elle a beaucoup bu avec cet homme et consommé de la drogue dans son salon. Puis elle l’a suivi dans sa chambre. Avant de refuser une relation sexuelle, qu’il lui a imposée, dit-elle. Elle veut porter plainte pour viol.

Un "miol", soupire l’officier de police judiciaire qui l’a reçue. Parce qu'il lui paraît difficile de faire la part du viol et de l'acte consenti. Le néologisme, dont l'origine reste floue mais qui pourrait signifier "viol 'mouais'", a de quoi choquer. Méconnu du grand public, il est pourtant employé depuis belle lurette par la police judiciaire. Au risque de décrédibiliser la parole des victimes d'agressions sexuelles, ou d'étayer l'idée qu'elles n'y sont pas totalement pour rien.

"Viol mouais"

"C’est un terme courant dans le jargon policier, au même titre que 'mictime' à la place de 'victime'", explique Claire Berest, romancière qui a suivi la Brigade de Protection des mineurs (BPM) de Paris pendant plusieurs mois, et raconté son enquête en 2014 dans un livre, "Enfants perdus" (1). "Elle désigne ces plaintes pour viol 'bancales' où la notion d’absence de consentement est difficile à caractériser", explique Claire Berest. Nombre d’affaires qui atterrissent au quai de Gesvres sont ainsi cataloguées.

"C’est du langage purement PJ [police judiciaire, NDLR]. Cela reflète le doute qui persiste dans certaines affaires de viol", justifie Luc Poignant, délégué du syndicat Unité SGP Police. "Nous sommes formés à l’accueil du public dans ces affaires. Des questions très pointues sont posées pour savoir s’il y a effectivement eu viol ou s’il s’agit simplement d’une personne, qui, après coup, regrette un acte pour lequel elle a donné son consentement. Il est toujours très difficile d’enquêter là-dessus. Le viol, c’est la cour d’assises."

"Nous débutons les auditions sans aucun préjugé, il y a simplement des précautions d’usage à prendre. Idem dans les affaires de pédophilie. C’est toujours très compliqué, on peut se faire mener en bateau, c’est notre rôle de faire émerger la vérité.

Elle n'a "pas vraiment dit non"

Parmi les cas qualifiés de "miols" tristement fréquents chez les mineurs : les rapports sexuels filmés – à l’insu ou non d’une jeune fille –, puis diffusés sur internet. Sur le moment, explique la Brigade des mineurs, l’adolescente n’a "pas vraiment dit non", puis s'est ravisée, se voyant prise au piège d'un chantage à caractère sexuel. Elle peut aussi avoir pris conscience a posteriori qu’elle n’était pas consentante.

15% des filles de 15 à 24 ans ont déjà été filmées ou photographiées nues, selon une enquête de l’Ifop (2). "Dans quasiment tous les cas rencontrés, il y a une composante internet", note Claire Berest. "Comme si, aujourd’hui, on ne pouvait plus rien faire sans le filmer et le diffuser. Pendant mon enquête, j'ai entendu des histoires de petites nanas qui se faisaient dépuceler devant le smartphone de leurs copains."

"Ce sont des situations ambiguës, où ni le consentement ni la résistance ne sont clairement exprimés", observe le commissaire Thierry Boulouque, patron de la Brigade des mineurs, interrogé par Claire Berest. Cette dernière assure que malgré le doute, ces affaires font l'objet d'enquêtes aussi poussées que lorsque l'absence de consentement saute aux yeux. Avant d'atterrir devant le juge ou d'être classées sans suites.

"Il y a un ras le bol de la police et un désarroi face à tout cela. Ils sont noyés sous les dossiers bancals."

"C'est gravissime"

Les associations féministes, elles, sont vent debout contre l'expression. "L'emploi du mot 'miol' est gravissime, surtout venant d'officiers de police judiciaire formés pour recevoir ce genre de plaintes", s'insurge Claire Serre-Combe, porte-parole d'Osez le féminisme. "Dès lors que vous édulcorez le mot viol, vous minimisez la parole de la victime."

"Pour être prise au sérieux, il faut être une 'bonne victime', s'habiller d'une certaine façon, ne pas fréquenter certaines personnes, ne pas aller dans tel quartier..."

De quoi dissuader les victimes de pousser la porte du commissariat ? "Seules 50% des victimes de viol osent porter plainte. Quand on met cela en regard de l'emploi de ce type de vocable, il ne faut pas s'étonner ! On se situe dans la pure interprétation d'un officier de police judiciaire, qui juge qu'à un instant T, la victime était consentante avant de se raviser. Mais c'est un jugement qui lui appartient. Ce n'est pas son rôle !"

Or, abonde Emmanuelle Piet, présidente du Collectif contre le viol, "il y a une culture du doute tout à fait spécifique au viol. On ne rencontre pas cela dans les cas de cambriolage par exemple."

Autre hypothèse fréquemment avancée : certaines femmes ne porteraient plainte que parce que leurs ébats ont été filmés. "Quand une adolescente se retrouve avec une vidéo qui a circulé de portable en portable, visionnée plus de 340.000 fois sur le Net, et qu'elle ne sait pas comment se défendre, elle essaie d'arrêter les dommages qui sont extrêmement préjudiciables ! C'est d'une violence sans nom", souligne Claire Serre-Combes.

"Les victimes sont désemparées car elles ne savent pas qu'il s'agit d'un délit. Quand les policiers emploient le mot 'miol', ils ne mesurent pas l'ampleur du traumatisme pour ces femmes qui voient leur intimité exposée sur les réseaux sociaux.

Osez le féminisme a lancé une campagne contre le "revenge porn", que l'association qualifie de "cyber viol", et qui, rappelle-t-elle, cause des "conséquences traumatiques très graves pour les victimes, et une grande et durable mise en danger" pouvant aller jusqu'au suicide.

Viols collectifs "manque de chance"

Tentative d’explication de la part d’un policier de la Brigade des mineurs : "Les miols, on en a beaucoup. Vingt-cinq pour un vrai dossier de viol. Les gamines zonent, elles peuvent être émoustillées par un compliment, ou connaissent un mec de vue. Ça peut se passer dans une gare, des couloirs, des recoins sombres. La gamine ne veut pas vraiment rentrer chez elle, le type lui propose un coup à boire, 'mais avant je dois passer chez un pote.' Elle est d’accord pour le suivre. Chez le pote, il y a trois mecs. Et voilà (sic)."

Un policier va jusqu’à parler de viols collectifs "manque de chance". "Comme souvent dans ces affaires, elles connaissent un de leurs agresseurs, un 'plus ou moins petit copain', un 'mec qui les draguait'… Elles acceptent d’aller à un rendez-vous, elles pensent que le garçon va leur conter fleurette ou même qu’ils vont avoir une relation sexuelle, mais pas que tous les copains vont participer à la petite sauterie. Elles se retrouvent piégées. Elles sont des victimes, elles n’ont pas le choix. Quand elles le racontent, c’est une gageure de dénouer l’histoire."

Une fellation contre un smartphone volé

De fait, d’après le code pénal, "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol". Les autres actes d’attouchement commis dans les mêmes circonstances sont des agressions sexuelles.

La qualification de viol recouvre donc l’effet de surprise, la mise en place d’une stratégie par le violeur. Mais aussi le chantage. Les "tournantes" imposées sous la menace de diffuser de telles images sur YouTube. La fellation contre un smartphone volé est également un "grand classique" de la Brigade des mineurs. Elle fait d'ailleurs l'objet d'une scène du film "Polisse", de Maïwenn, qui a beaucoup fait parler d'elle : les policiers se gaussent lorsqu'une gamine raconte avoir "sucé" pour récupérer son portable.

Souvent, racontent les policiers dans le livre de Claire Berest, il s’agit de jeux qui "dérapent". Ainsi de ce dossier dans lequel les auteurs n’ont que 12 ans. Lors d’un "action ou vérité", ils ont demandé à deux filles de pratiquer des fellations et d’accepter des sodomies. Ce qu’elles ont fait, en étant filmées. "On a juré, donc on le fait", expliquent-elles à une enquêtrice. Puis on les a fait chanter avec les vidéos. Mais elles ont continué de flirter avec leurs agresseurs sur Facebook.

"On trouve des conversations ultra-crues, qu'elles provoquent, avec les garçons en question. On a du mal à leur faire comprendre qu'elles ne peuvent pas être considérées comme victimes si elles disent à leur 'agresseur' : 'Quand est-ce qu'on fait un plan cul à trois ?'

"En même temps, à 12 ans, on ne peut pas estimer qu’elles ont la pleine mesure de ce qu’elle font. Donc elles restent victimes, car elles ne sont pas majeures sexuellement, elles n’ont pas le bagage intellectuel pour se dire 'c’est bien ou c’est mal'."

Confrontée à ces ambiguïtés, la policière avoue : "Je dois dire que parfois, j’ai du mal à avoir de l’empathie pour les victimes."

Dans cette affaire, ce sont les autorités du collège qui ont prévenu les parents. Une jeune fille a ensuite porté plainte.

"J'ai tendance à ne pas croire les victimes"

Un autre enquêteur résume sa vision de ces affaires d’agressions sexuelles difficiles à démêler : "Plein d’adolescentes suivent leur futur agresseur, parce que c’est le copain d’un copain ou qu’elle l’ont rencontré à Châtelet à la fontaine des Innocents. Elles se retrouvent dans une gare à se faire imposer une fellation ou se faire descendre le pantalon. Mais il n’y a pas un moment où elles appellent à l’aide, crient ou cherchent à s’enfuir. Non, elles laissent faire."

"Dernièrement, une nuit, une gamine a suivi un mec dans des escaliers bien pourris de la gare du Nord, et là, la totale. Après, elle a passé cinq ou six heures avec son agresseur à traîner dans la gare. Il en résulte qu’on a des affaires très bancales, de viols qui ne tiennent pas la route. Parce qu’un viol, c’est caractérisé, il y a des éléments précis à constater : la menace, la contrainte, le chantage, la violence…"

Comment se positionner face à ces "enfants perdus" ? L'enquêtrice qui a eu à gérer le cas de "l'action ou vérité" insiste : "Quand une victime se présente, je lui laisse raconter son histoire, librement, avec ses mots. Puis je pose des questions sur ce qui a besoin d’être éclairci. Les enfants ne racontent pas de manière chronologique. Il faut s’adapter à eux." Mais ce n'est pas sans réserves. La policière admet : "J’ai tendance à ne pas croire les victimes, c’est un tort je le sais."

"Mais a-t-elle pris du plaisir ?"

"Les victimes ne sont pas sûres d’en être et les agresseurs n’ont pas conscience d’en être", résume Claire Berest. "C’est extrêmement nébuleux. Quand les policiers parlent avec des agresseurs mineurs, ces derniers tombent souvent de la lune. Puis un dialogue pédagogique s’engage : 'Mais, a-t-elle pris du plaisir ?', leur demande-t-on. 'Alors, peut-être n’était-elle pas si consentante ?' Un concept qu’ils ignoraient totalement."

Sodomie, sadomasochisme, fellation forcée… N’importe quel ado a un accès illimité au porno sur internet, et les frontières entre rapport consenti et sexualité imposée s'estompent. Pire, "ils ont deux identités, une sur internet, et une dans la vie réelle. Et l’identité dans la vie réelle a moins de valeur. Les gamins ne respectent pas le corps des filles. Les filles ne respectent pas leur propre corps, elles sont dans l’incapacité de dire non. Vous avez plein d’amis sur Facebook et de followers. C’est plus importantque d’avoir deux amis en classe", analyse une enquêtrice.

"On nous explique que les adolescents ne savent pas trop ce qu'ils font. Mais c'est justement à ces âges qu'il faut intervenir pour expliquer que quand une femme dit 'non' c'est 'non' !", conteste Claire Serre-Combe.

Formations spécifiques


Certes, les policiers sont mieux formés qu’autrefois aux réponses à apporter aux violences faites aux femmes – et à l’accueil de cette parole. Des modules spécialisés sont proposés, et certaines brigades ont une expertise spécifique sur le sujet. En France, un viol est déclaré toutes les 40 minutes. Et le nombre de viols dénoncés aux autorités a augmenté de 18% ces cinq dernières années : les femmes – et les hommes – victimes de viols osent davantage porter plainte. Mais d'après la porte-parole d'Osez le féminisme, "cela varie d'un quartier à l'autre. On sait qu'il y a certains commissariats où il ne faut surtout pas porter plainte. D'autres où cette parole sera écoutée et respectée. Il faudrait une formation massive de tous les policiers."

Dans l’affaire de la vidéo d’un viol présumé à Perpignan, diffusée sur Snapchat et relayée sur Facebook, dont les auteurs sont majeurs, la victime, alcoolisée, retrouvée "prostrée et dans un état second" selon "L’Indépendant", n’a pas porté plainte. Selon plusieurs sources contactées par "20 Minutes", elle n’aurait pas l’intention de le faire, évoquant des rapports consentis. "Il faut être prudent. On est dans un milieu de majeurs, sur fond d’alcool", a fait valoir le commissaire Yannick Janas.

Sur ces images, la jeune femme apparaît pourtant totalement apathique, repousse les mains baladeuses d'un des deux auteurs, puis, allongée sur le ventre, visiblement inconsciente, subit des humiliations et des pénétrations notamment infligées à l'aide d'une bouteille de whisky. Une information judiciaire a finalement été ouverte pour "viol en réunion". Les deux suspects ont été mis en examen puis écroués.

Laura Thouny

(1) "Enfants perdus" (Editions Plein Jour, 2014)
(2) "Génération YouPorn, mythe ou réalité ?", réalisée en octobre 2013 auprès de 1021 jeunes.
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Pïérô » 16 Jan 2016, 21:08

Je compile ici des éléments sur ce qui s'est passé à Cologne dans la mesure où la mobilisation qui a eu lieu en Allemagne se partage évidemment au dela des frontières.


Une série d’agressions sexuelles à Cologne provoque un déferlement de préjugés racistes
La police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne, a enregistré mardi 5 janvier quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne. Mais depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public. Ces suppositions sur l’origine des agresseurs ont été reprises dans un grand nombre de médias, y compris en France, alors même que la police n’a pour l’instant arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’a communiqué aucun élément officiel.
... http://www.bastamag.net/Une-serie-d-agr ... e-prejuges


Cologne : Contre le racisme et le sexisme
Ce 6 janvier, une douzaine de néo-nazis avaient appelé à un rassemblement devant la gare pour utiliser les agressions sexuelles qui ont eu lieu le 31 décembre afin d’attiser la haine raciste.
Plus de 120 antifascistes se sont mobilisés tant contre le racisme que contre le sexisme. Lorsque les militants d’extrême-droite ont voulu commencer leurs discours, les antifascistes présents les ont fait taire.
https://communismeouvrier.wordpress.com ... e-sexisme/

viewtopic.php?f=66&t=1883&start=105#p225022


Cologne : Non au racisme ! Non au sexisme !

La nuit du 31 décembre au 1 janvier, de nombreuses agressions sexuelles ont été commises contre des femmes dans le quartier de la gare à Cologne. L’extrême-droite raciste tente d’instrumentaliser ces crimes misogynes pour attiser la haine raciste. Les racistes de Pegida avaient prévu ce samedi un rassemblement ; ils avaient annoncé qu’ils seraient des milliers. Selon nos camarades du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran réfugiés à Cologne, les racistes étaient à peine une centaine. Plus d’un millier de personnes se sont par contre dressées pour dire clairement non au racisme, au sexisme et à toutes les idéologies réactionnaires et inhumaines

https://communismeouvrier.wordpress.com ... u-sexisme/

viewtopic.php?f=66&t=1883&start=105#p225144


Cologne : des centaines de femmes manifestent contre les violences sexuelles

Plusieurs centaines de femmes se sont réunies samedi sur les marches de la cathédrale de Cologne pour protester contre les violences sexuelles…

« Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher ! »

….pas pour protester contre des migrants ou des étrangers comme on le lit partout dans les journaux que je ne reprendrai pas cette fois :

Non aux accusations selon les origines !

Les violences sexistes, les violences contre les femmes n’ont qu’une et unique origine justement : le patriarcat.

Ne faisons pas comme l’extrême droite en accusant les origines de tous les maux. Ne ciblons pas une oppression pour en défendre une autre.

Féministes contre le racisme et le sexisme dans une même voix !

https://sanscompromisfeministeprogressi ... sexuelles/


Image

viewtopic.php?f=66&t=1883&start=105#p225254



communiqué du CNDF
A propos de Cologne,

L’innommable a été commis à Cologne dans la nuit du 31 décembre. A Cologne et dans d'autres villes d'Allemagne : des agressions sexuelles, des viols, des vols. Et les victimes sont légion puisque 516 plaintes ont été déposées dont 40% pour des faits d’agressions sexuelles. Nous serons toujours solidaires des femmes victimes de violences et nous souhaitons ardemment que les agresseurs et violeurs soient retrouvés le plus rapidement possible pour répondre de leurs actes devant la justice.

Visiblement ces forfaits ont été perpétrés en bande organisée, rappelant les mêmes actions organisées au Caire sur la place Tahrir, afin d'affaiblir la révolution égyptienne.

Des demandeurs d'asile feraient partie des agresseurs et violeurs. Cela ne nous fait pas plaisir mais la lutte contre les violences faites aux femmes ne se divise pas. Ils doivent être sanctionnés par la justice.

Ceci dit, à la suite de ces exactions, Angela Merkel a été contrainte de durcir son discours vis-à-vis des réfugié-e-s. Et l'extrême droite allemande, Pegida en tête, s'en donne à cœur joie contre les réfugiés et la politique d'accueil d'Angela Merkel.

Nous n'avons jamais vu l'extrême droite se préoccuper des violences faites aux femmes sauf quand ces violences sont le fait de migrants ou d’immigrés. Les violences que subissent les femmes ne doivent pas être instrumentalisées à des fins racistes. Comme le disent les féministes allemandes :

« Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher ».

http://www.collectifdroitsdesfemmes.org ... article448



Allemagne, Cologne : Contre le racisme, le sexisme et le repli sur soi

Quelques jours après le début de l’année 2016, les médias français se sont fait l’écho d’une vive discussion qui a lieu en ce moment outre-Rhin. En effet, un grand nombre d’agressions sexuelles ont été perpétrées la nuit du 31 décembre autour de la gare de Cologne par une foule d’hommes massés à cet endroit, qui ont pris pour cibles les femmes qui passaient par là. Or, la gare de Cologne abrite également des réfugiés, et les enquêtes en cours semblent désigner certains de ces hommes, mais pas uniquement. Au bout du compte, ce ne sont plus les hommes qui ont été mis en cause pour ce qu’ils sont, des hommes sexistes, mais la couleur de leur peau et leur origine.

Les médias allemands ont ainsi eu vite fait de surfer sur le sexisme ambiant pour mettre en avant tout un tas de projections racistes, qui vont dans le sens des débats qui traversent ces derniers mois la société allemande, depuis l’arrivée massive des réfugiés dans le pays. Tout se passe comme si les Allemands se pensaient immunisés contre le sexisme, qui ne serait alors le fait que d’étrangers. Tant et si bien que le samedi 9 janvier, les fachos se sont rassemblés à Cologne, sous couvert de défense des femmes. Heureusement, les antifas et les féministes ont remis les choses à leur place. Voici donc le communiqué de l’Antifa AK de Cologne.

Votre forteresse n’est pas un paradis !

Les médias allemands et internationaux se sont emparés des agressions sexuelles qui ont eu lieu en masse la nuit du nouvel an à Cologne, couplés à des vols à l’arrachée, et les politiciens également. Ces agressions doivent être condamnées sans aucune restriction. Or, contrairement à ce qu’ont suggéré bien des comptes-rendus médiatiques, les violences sexuelles faites aux femmes sont pourtant monnaie courante en Allemagne. Les agressions commises durant la nuit du 31 décembre ne constituent en aucun cas une exception dans la société patriarcale allemande, et pas non plus à Cologne. Ce qu’il y a d’effrayant, c’est de voir à quel point ces agressions se sont concentrées à un seul endroit de l’espace public. Il faut cependant également noter la passivité des autres personnes présentes, qui montre de façon encore plus criante à quel point la violence dirigée contre les femmes semble normale, ou à tout le moins inévitable.
Quant à ceux qui crient le plus fort qu’il faut protéger les femmes, ce sont les mêmes qui ignorent les violences que subissent les femmes quand ils ne peuvent pas l’ethniciser ou l’attribuer à des « Nord-Africains » et à des « Arabes ». Ce sont souvent ceux qui, prétendant aujourd’hui protéger les femmes, se sont élevés depuis toujours contre leurs droits les plus fondamentaux, parmi lesquels le droit à une rémunération égale, le droit à disposer de son propre corps lorsqu’il s’agit d’interruption de grossesse. Ce sont aussi les mêmes qui voudraient cantonner les femmes à leur rôle de mère.
Ce qui est particulièrement révélateur chez ces défenseurs auto-proclamés des femmes, c’est précisément cette vieille idée, qui fait l’unanimité chez tous ceux qui sont sexistes, selon laquelle les femmes seraient soi-disant protégées de toute agression si elles évitaient de se comporter de façon à encourager leurs violeurs. On a donc entendu la maire de Cologne, Henriette Reker (CDU), dire la semaine passée que les femmes n’avaient qu’à se maintenir à une distance suffisante des hommes (de la longueur d’un bras), pour éviter de se faire agresser. Voilà qui fait de la victime une complice de l’agresseur : il s’agit là d’une position insupportable de par son sexisme, d’autant plus qu’elle fait mine de se poser en soutien de la victime qu’elle incrimine pourtant.
Ceux qui se taisent lorsqu’il est question des agressions sexuelles qui ont lieu régulièrement ou même quotidiennement en Allemagne mais poussent les hauts cris dès que des « Nord-Africains et des Arabes » sont impliqués, ne cherchent pas à défendre les femmes, ils sont juste racistes. C’est ce qu’a montré la manifestation du samedi 9 janvier, où on a pu voir Pro NRW et Pegida, deux organisations dont le sexisme le plus répugnant est plus que proverbial.

Mais comme toujours, Pegida, Pro NRW and co n’ont pas le monopole du racisme : la société tout entière leur emboîte le pas avec des bottes de sept lieues. En décrivant des agresseurs « nord-africains ou arabes », les médias jettent l’opprobre contre des groupes entiers de population. La normalité raciste n’a pas fait de pause avec la nouvelle année. Tous les jours, des gens meurent aux barrières de la forteresse Europe, et dans le même temps, le débat autour du droit d’asile s’intensifie chaque jour autour d’arguments toujours plus racistes. Ces incidents viennent à point nommé pour les défenseurs d’une politique de repli sur soi toujours plus affirmé. Le danger d’agression sexuelle est projeté sur des gens qui sont venus en Allemagne pour fuir la violence de la guerre et de la pauvreté. On recherche alors la faute dans leur culture, « différente » et soi-disant moins évoluée ou prétendument archaïque. On préfère oublier le fait qu’il s’agit d’hommes sexistes, et qu’à l’intérieur de la forteresse Europe, les violences faites aux femmes sont d’actualité. Il y a visiblement un consensus presque unanime selon lequel la société allemande serait antisexiste et évoluée. Quand certains affirment que la violence dirigée contre les femmes est un produit d’importation (de l’Islam), il faut que nous pointions du doigt avec d’autant plus d’insistance l’omniprésence des actes et paroles sexistes qui existent en Allemagne.
Les médias, qui aujourd’hui font leur choux gras des violences perpétrées dans la nuit du 31 décembre, n’ont jamais dit un mot des agressions qui ont systématiquement lieu à chaque carnaval (à Cologne) et à la fête de la bière (à Munich). Celui qui écrit sur « ce qu’il y a de nouveau » dans ces agressions devrait peut-être commencer par venir passer un soir de fête dans les grandes rues de Cologne. Et pourtant, il y a bien quelque chose qui a changé dans tout ça : depuis les discussions sur le droit d’asile, les schémas d’argumentation racistes ont un peu plus droit de cité. Les récits mettant en scène « des étrangers sauvages » qui viennent en Allemagne assouvir leurs besoins est une projection raciste évidente. Et maintenant, un événement particulier vient s’ajouter dans ce contexte, et il s’agit d’un événement qui s’est déjà produit des centaines de fois sans pour autant arriver aux oreilles de l’opinion publique. Ce qui est nouveau ici, ça n’est pas ce qui s’est passé, mais bien plutôt la façon dont l’explication raciste de l’événement est amenée sur le devant de la scène publique. Ce n’est pas ce qui s’est passé qui demande à être raconté, c’est la façon de raconter ce qui s’est passé qui est montée en épingle. Le fait que des groupes d’extrême droite comme Pro NRW ou Pegida se sentent à ce point encouragés montre à quel point la société est en train de dériver à droite. Un jour ou l’autre, on retrouvera un autocollant de Pegida sur le feu de bengale qui aura été jeté sur un foyer de réfugiés — comme le dernier samedi de décembre à Cologne-Müllheim.

Alors, voilà notre réponse à tout cela :
Pour que les femmes et tous ceux qui sont menacés par des bandes d’hommes dans l’espace public soient en sécurité, il faut contrer cette violence partout, tous les jours de l’année. Ceux qui parlent des violences sexuelles commises dans la nuit du 31 décembre mais ne veulent pas entendre parler de la domination masculine, du racisme, de l’homophobie et de l’hostilité à l’encontre des transsexuelLEs, ne saurait être un allié dans le combat à mener contre une société qui reste malgré tout aujourd’hui éminemment patriarcale. Celles et ceux qui sont victimes du sexisme ont besoin de véritables soutiens, pas de faux amis.
Pour lutter activement contre le sexisme, pour s’opposer au racisme, nous devons soutenir les combats féministes et lutter de façon cohérente contre tous ceux qui veulent instrumentaliser le sexisme à des fins racistes. C’est ce que nous avons fait le samedi 9 janvier à la gare centrale de Cologne.
Mais au-delà de ça, il faut transformer la société dans ses fondements, car ce sont eux qui induisent et favorisent des comportements racistes et sexistes. Cela veut dire que nous devons combattre aussi bien la forteresse Europe que les rapports sexistes dans la société, mais nous devons aussi nous organiser pour être solidaires de leurs victimes de façon à ce que les raisons de leurs souffrances disparaissent.

Pour lire le texte en allemand, ici : http://antifa-ak.org/pegida-nrw-entgege ... #more-4441

http://lahorde.samizdat.net/2016/01/13/ ... i-sur-soi/

viewtopic.php?f=66&t=1883&start=105#p225440
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 17 Jan 2016, 20:14

RASSEMBLEMENT FONTAINE DES INNOCENTS (M° LES HALLES) LE LUNDI 18 JANVIER A 18H30

Cologne : Contre les violences faites aux femmes, contre le sexisme, contre le racisme !

Le 31 décembre, dans plusieurs villes d’Allemagne, des violences ont eu lieu à l’encontre de centaines de femmes : viols, autres agressions sexuelles, vols…
Nous les condamnons !
Nous demandons que toute lumière soit faite sur ces faits, sur leur organisation massive, et que ces hommes répondent de leurs actes devant la justice.
Nous sommes et restons contre les violences faites aux femmes, quels que soient leurs auteurs, demandeurs d’asile ou pas, où qu’ils soient et d’où qu’ils soient.
Nous condamnons aussi le détournement et la récupération de ces actes révoltants par des partis de droite et d’extrême-droite souhaitant utiliser ces violences commises pour discréditer la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel. En aucun cas les violences faites aux femmes n’ont à être instrumentalisées ! Elles ont lieu dans tous les pays, dans tous les milieux, dans tous les espaces. Et elles doivent être dénoncées partout ! Les féministes allemandes l’ont bien dit :
« Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher »
La violence envers les femmes n’a pas de frontière : notre solidarité envers les femmes n’en a pas non plus.

RASSEMBLEMENT FONTAINE DES INNOCENTS (M° LES HALLES) LE LUNDI 18 JANVIER A 18H30

Il fera nuit : nous serons là ! Femmes du monde entier, ensemble.

Premiers signataires : Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif 20ème/Tenon, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, Coordination Lesbienne en France, les effronté-e-s, Ensemble !, Europe Ecologie Les Verts, Femmes Egalité, Femmes Libres de Radio Libertaire, Femmes Migrantes Debout, Femmes solidaires, FiEres, FIT, une femme un toit, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Ligue du Droit International des Femmes , Maison des Femmes de Paris, Manifeste des Libertés, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles- Maroc, Mouvement des Jeunes Communistes de France, Mouvement des Jeunes Socialistes, NPA, Osez le Féminisme !,Planning Familial, PCF, Rajfire, Réseau Féministe Ruptures, SNPES-PJJ-FSU-Ile de de France, Union des Familles Laiques, Union Syndicale Solidaires.

En région : Bagdam Espace Lesbien, Toulouse, Collectif 84 Droits des Femmes Vaucluse, Collectif Libertaire Anti-Sexiste, Lyon,


http://www.collectifdroitsdesfemmes.org ... article449
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Pïérô » 20 Jan 2016, 21:31

De la place Tahrir à Cologne : Accueillons les migrants sans transiger sur le respect de la dignité des femmes !

Les scènes de violences sexuelles perpétrées le soir du réveillon en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Finlande relèvent à la fois du déjà-vu et du jamais vu. L’effrayante blessure des femmes ciblées par ces groupes d’hommes est assurément de la même nature que celle des femmes agressées collectivement place Tahrir en 2011.

Dans ces événements tout comme dans le vécu quotidien des femmes de l’Asie jusqu’en Amérique, en passant par la France, on perçoit comment le sexisme engendre des violences. Si la vaste réalité multiforme des violences sexuelles n’est pas l’apanage des pays dits islamiques, les faits du 31 décembre invitent à dépasser ce constat pour saisir ce qu’ils comportent de « jamais vu ». A Cologne, les récits des victimes et des témoins convergent pour identifier la majorité des agresseurs comme étant de type arabe. Les premières enquêtes officielles confirment que les deux tiers des suspects interpellés sont des hommes en situation irrégulière ou des réfugiés, originaires de pays dits islamiques (Algérie, Irak, Iran, Maroc, Syrie), même s’il faut y ajouter deux Allemands, un Serbe et un Américain.

Devant ce tableau, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi et comment des hommes que leur situation administrative incertaine aurait dû inciter à de la prudence ont pu faire preuve d’une telle agressivité sexuelle. Que se passe-t-il dans leurs têtes pour qu’ils commettent de tels actes ? Qu’ils soient organisés ou spontanés, qu’ils soient en lien avec des réseaux de délinquance ou non, ils témoignent de l’image que ces hommes se font des femmes, de ces femmes qui ont pris la liberté de se mêler à des hommes, dans la rue, en pleine nuit. Les documents retrouvés sur certains des interpellés retranscrivent des formules de harcèlement sexiste traduites de l’arabe en allemand. Ils indiquent une préméditation certaine de la part d’agresseurs convaincus que les femmes libres ne sont que des « traînées ».

Liberté des femmes

Ces clichés rappellent ce qu’on entendait ouvertement sur le viol, dans un passé pas si lointain, au sein même de pays démocratiques, y compris en France. La faute du viol rejaillissait toujours sur les femmes aux tenues ou aux comportements jugés provocants ou ambigus, sur les femmes sortant seules le soir, fréquentant des lieux jugés peu recommandables. Malgré l’avancée des lois, ce regard tarde à disparaître. Il reflète la volonté de l’ordre moral patriarcal de délimiter l’espace de liberté des femmes selon leur rôle consacré, leur rôle d’épouses et de mères, gardiennes du foyer, pendant que les hommes s’exercent à conquérir le monde.

Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. Pour mesurer les conséquences du développement de l’islamisme, il suffit de comparer les images de femmes citadines en Egypte dans les années 1960 et aujourd’hui. L’écart est flagrant, tout comme il l’est pour la Tunisie, l’Iran.

Codes islamistes

En France, l’essor du voile que l’on observe dans certains quartiers depuis les années 1990 relève aussi de ce développement complexe et perfide des codes islamistes dont il nous est dit qu’ils protègent les femmes et préservent leur dignité. Dans le même temps, le corps des femmes est désigné comme le lieu du péché et la liberté sexuelle est confondue, volontairement, avec la pornographie et la prostitution. Aux côtés des islamistes, d’autres mouvements religieux néoconservateurs de diverses obédiences (notamment chrétiennes) œuvrent au développement de cette propagande. L’un des effets en est la culpabilisation des femmes libres et la restriction de leur liberté.

Etrangement, cet esprit rétrograde imprègne les paroles de la maire de Cologne lorsque, rapporte la presse occidentale, elle recommande aux femmes de respecter « une certaine distance, plus longue que le bras » avec les inconnus pour se protéger d’éventuels assauts. Le chef de la police de Vienne ne fait pas mieux quand il déclare dans les médias autrichiens : « Les femmes ne devraient pas sortir seules dans les rues la nuit, elles devraient éviter les lieux sensibles ».

Cette inversion de la culpabilité, lourde pour les femmes, dessert aussi les hommes qui se voient réduits à une animalité incontrôlable. Or, le sexisme n’est pas une fatalité. Les individus ne sont pas les purs produits du système dans lequel ils ont baigné, ils possèdent la capacité de réfléchir et d’agir de manière autonome. Cela est aussi valable pour les migrants et les réfugiés, pour ces centaines de milliers de nouveaux arrivants en Allemagne que les agresseurs du Nouvel An sont loin de représenter. Il n’empêche que l’alerte donnée par ces violences doit nous amener à ouvrir les yeux sur la nécessité d’intégrer dans l’accueil des migrants, au même titre que dans les autres champs de l’action sociale, la prévention des violences sexistes et sexuelles.

Force est de constater que l’existence de ces violences, dont les femmes migrantes font aussi les frais, notamment dans les foyers de réfugiés, a souvent été minimisée, voire ignorée. Que les auteurs de ces faits soient aussi victimes de violences racistes ou qu’ils souffrent de misère matérielle ou affective n’excuse rien. Bien au contraire, mesurer ces faits est primordial, non seulement pour agir efficacement contre les violences, mais aussi pour contrer les propagandes racistes qui se nourrissent toujours des zones d’ombre abandonnées aux extrêmes.

Chahla Chafiq


P.-S.

* Initialement publié dans Le Monde du 15 janvier 2016.. Reproduit sur le blog de l’auteure :
http://www.chahlachafiq.com/index.php?o ... Itemid=121

* Chala Cafiq est sociologue et écrivaine d’origine iranienne. Militante de gauche, elle a dû fuir le régime Khomeiny en 1983.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36996
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 31 Jan 2016, 19:54

Le viol: un si long combat pour les victimes

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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede altersocial » 06 Fév 2016, 15:06

Pour l'instant personne n'a mis la main sur ce pointeur en puissance :

Roosh V, ce blogueur qui veut légaliser le viol... et craignait pour sa sécurité

Misogyne et homophobe assumé, "Roosh V" comptait organiser une centaine de rassemblements pro-viols dans le monde. Il annule par peur... de se faire agresser.

Sa tronche :

Image

Sur son site sobrement intitulé "Le Retour des rois" (les hommes), il dispense à ses "fans" des conseils pour draguer les femmes ("arrêter de demander la permission"), et ses projets de société ("le retour d'un homme masculin").

Il explique que la "valeur" des femmes se calcule à leur "fertilité" et à leur "beauté", qu'elles doivent être protégées de leur propre manque de rationalité en se voyant attribuer un "gardien" de sexe masculin qui prendrait pour elles les décisions concernant leur régime alimentaire, leurs amis, leurs sorties, etc.

Son idée pour combattre le viol ? "Le légaliser dans le cadre privé", comme il l'expliquait dans un article publié en février 2014. S'il clame aujourd'hui que c'était "satirique" (vous n'avez pas d'humour ?), un coup d'œil à son site "néo-masculiniste" ou à ses 15 livres de conseil pour "ramasser des filles" nous éclaire sur ses intentions : oui, Daryush Valizadeh, alias Roosh V, un Américain de 36 ans, pense bien que le non-consentement d'une femme est un obstacle dérisoire à qui veut profiter d'elle.

Ce samedi 6 février, le blogueur avait prévu de réunir ses "tribus" de partisans dans plus de 160 villes de 43 pays du monde. Deux points de rendez-vous étaient listés pour la France, à Nantes et à Paris. Des rassemblements, précisait-il, interdits aux transsexuels, aux homosexuels et aux femmes, qui sont d'ailleurs "fortement découragés" de commenter les articles de son site (les femmes peuvent tout de même envoyer des mails à condition de joindre une photo, merci).
De la bière au visage

Roosh V n'est pas un nouveau venu dans la galaxie des "pick up artists", ces "coachs en séduction" dont le conseil est généralement d'éviter de faire cas du consentement de la personne en face d'eux. A Montréal, où il faisait étape lors d'une tournée mondiale à l'été 2015, il avait été accueilli fraîchement et s'était pris de la bière au visage.

Lorsque les internautes ont eu vent de ses nouveaux projets de rassemblement, la mobilisation n'a pas tardé. Le 2 février, le blogueur a décidé d'effacer de son site les détails de certains points de rendez-vous pour les remplacer par des adresses e-mail. Les participants risquaient en effet de se faire agresser par des "féministes fous" qui ont l'audace de penser que les femmes et les hommes sont égaux. "Ça ne sera pas annulé", précise-t-il.

la suite là :

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/ ... urite.html
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede altersocial » 07 Fév 2016, 18:49

la horde a écrit:Paris & Nantes : débandade pour les masculinistes ?

Le blogueur américain Daryush Valizadeh, alias Roosh V, connu pour sa haine des femmes et des homosexuels, a appelé ses « partisans » à se rassembler le samedi 6 février prochain à 20h dans 165 endroits du monde, dont deux en France : l’un à Paris, devant le Lion de la statue Place de la République, et l’autre à Nantes, à l’angle de la rue du Château et de la rue Mathelin Rodier devant la statue d’Anne de Bretagne. À Toronto, un club de boxeuses a promis d’aller régler leur compte aux sympathisants de Roosh V, tandis que des pétitions se sont multipliées pour annuler l’événement. Au final, les tribal Meetings seraient effectivement annulés ; mais ce pourrait n’être que partie remise…

Sur son site Return of the Kings, Daryush Valizadeh ne fait pas dans la dentelle : il y a un an, il proposait même de dépénaliser le viol « s’il est commis sur une propriété privée« . C’est que le mépris de Valizadeh pour les femmes ne semble pas avoir de limite : se vantant lui-même d’avoir violé plusieurs femmes, il déroule ad nauseam sur son blog toutes les conneries masculinistes qu’on peut imaginer. On peut y lire des articles intitulés « Le Mouvement pour l’égalité permet aux femmes de tyranniser les hommes« , « Le matriarcat est le produit du marxisme culturel« , et toutes une série de portraits au vitriol de femmes célèbres, qui sentent bon la haine et la frustration. Bien entendu, Valizadeh précise sur son blog que tout cela n’a rien à voir avec l’extrême droite (« The Tribal Meeting is not a white nationalist organization). Mais comme si son homophobie et sa misogynie ne suffisaient pas, il ne peut s’empêcher aussi quelques sorties racistes. Ainsi, dans un article intitulé « La vérité sur le mulitculturalisme et l’immigration du tiers-monde« , il conclut ainsi : « le multiculturalisme n’est rien de plus qu’un programme actif pour renverser la société américaine. » Enfin, il n’hésite pas à faire de la pub sur son site à un antisémite notoire, Kevin MacDonald, dans un article éloquemment intitulé « Les effets néfastes de l’intellectualisme juif sur la culture occidentale« …

On pourrait mépriser si le site n’était pas visité par des milliers de personnes, et s’il ne se permettait pas d’organiser des rassemblements dans le monde réel. Enfin, rassemblement est un bien grand mot : réservés aux hommes hétérosexuels, ces Tribal Meetings, dont le premier aurait eu lieu à Poznan, en Pologne début de 2015, regroupent à date fixe moins d’une dizaine de « mâles » qui pourront, entre eux, dans un bar, se raconter des blagues, se donner des conseils machistes, etc. Pour samedi prochain, les abrutis qui comptent se regrouper ont même un mot de passe : « Vous savez où je peux trouver une animalerie ? », la réponse attendue étant : « oui, c’est ici ! » C’est pourquoi, aussi ridicule que puisse paraître cette initiative, il est dangereux de laisser ainsi se banaliser l’appel au viol. En dépit de l’annulation, nous appelons touTEs les antifascistes à aller y faire quand même un petit tour pour montrer aux masculinistes qu’ils ont intérêt à raser les murs, et à garder leur virilité exacerbée au fond de leur slips.

Suite à une épluchage de leur forum, il apparaît que les fans français sont proches de l’extrême droite. On y retrouve ainsi des articles de français de souche et des photos de Marion Maréchal Le Pen, qui semble concentrer leurs fantasmes. Il ne s’agit cependant que d’une poignée d’individus
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 07 Fév 2016, 20:30

Le masculiniste « pro-viol » qui a appelé au rassemblement des mâles voulant légaliser le viol dans plusieurs grandes villes du monde a dû appeler la Police, effrayé par les menaces de mort.

Et c’est ainsi qu’on découvre qu’à 36 ans, Roosh V habite (seul) chez Maman, dans le sous-sol d’un (très vieil) appartement, dans le Maryland..

à lire : https://sanscompromisfeministeprogressi ... -sous-sol/
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Pïérô » 18 Fév 2016, 23:18

Cologne : Entre essentialisation du ’musulman’ et relativisme négationniste – Trois contributions

Nous publions ci dessous trois contributions autour des agressions sexuelles de la nuit du 31 décembre, lesquelles se résument maintenant emblématiquement sous le terme de « Cologne ».

Le première est de Kamel Daoud dont nous apprécions fort les chroniques anti intégristes dans la presse algérienne, mais qui malheureusement essentialise ici les présumés ’musulmans’, leur ’culture’ également présumée unique et commune sur tous les continents, etc...

La deuxième est la réponse d’un groupe de chercheurs qui démonte précisément ceci, mais en profite pour étaler un relativisme culturel qui dédouane les ’islamistes’ de leur rôle dans l’exercice et la promotion de la violence. Et au passage, ils disqualifient comme ’minoritaires’ et ’islamophobes’ les courageux auteurs laïques qui vivent, parlent publiquement et écrivent en Algérie. Rien de nouveau, hélas, c’est le type d’arguments banals dont nous sommes abreuvés – à gauche – et que siawi ne publie pas ; sauf qu’ici les contributions 1 et 2 introduisent un autre point de vue.

En effet, la troisième contribution, fort brève, est une mise au point de Jeanne Favret Saada qui ne tombe ni dans l’un ni dans l’autre piège..

Secularism is a Women Issue (Siawi)

... http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37169
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Pïérô » 25 Fév 2016, 22:45

Le machisme, la guerre et le corps des femmes

On connaît depuis longtemps l’utilisation du viol systématique comme arme de guerre. On le vit encore aujourd’hui au Congo, on l’a vu systématisé en ex Yougoslavie, on sait comment Daech l’utilise comme affirmation de pouvoir.

Très récemment, des photos de corps de femmes dénudées ont été postées sur les réseaux sociaux par des mercenaires turcs, membres des forces de répression au Kurdistan nord. Kedistan avait choisi de ne pas les diffuser, afin de ne pas entrer dans le jeu machiste et macabre de ceux qui ont commis ces crimes de guerre et diffusent ces images pour dénier le statut de combattante à ces femmes, et les rabaisser au rang d’objet pornographique et d’exutoire à toutes les violences.

A Hambourg, un collectif a remis en scène ces images, afin d’attirer l’attention sur ces massacres.

Nous avons lu (en Anglais), un texte de Olivia Rose Walton, universitaire, qui, entre autres, aborde et analyse ces actes et leur signification dans la guerre. Nous le reproduisons ici, avec des traductions via le collectif de Kedistan. Vous trouverez le lien vers le site originel dans la version anglaise.

Comment le patriarcat destructeur de la guerre joue sur le corps des femmes kurdes

... http://www.kedistan.net/2016/02/19/guer ... ises-a-nu/
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 06 Mar 2016, 20:02

« Elle l’a bien cherché » : le viol en France en 3 chiffres

27 % des Français-es pensent qu’une tenue sexy atténue la responsabilité du violeur

Image

https://sanscompromisfeministeprogressi ... -chiffres/ et https://sanscompromisfeministeprogressi ... u-violeur/
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 13 Mar 2016, 21:44

La correctionnalisation du viol, la négation d'un crime
https://lacorrectionnalisationduviol.wo ... e-parquet/
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Re: "Une banale affaire de moeurs": le viol.

Messagede Lila » 20 Mar 2016, 20:54

Lancement de la nouvelle campagne du CFCV : « Mémoires »
http://www.cfcv.asso.fr/communiques/c2, ... php?id=159
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