Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede bipbip » 16 Aoû 2017, 15:37

Menaces de mort, violences et agressions sexistes, c'est out !

CALL OUT : Menaces de mort, violences et agressions sexistes : virons Gaël de nos milieux.

Nous adressons ce texte à toute personne ayant été, étant ou pouvant être en contact direct ou indirect avec un dénommé Gaël C, afin qu’elle soit informée de ses agissements extrêmement graves depuis maintenant un an.

Quelques jours avant la rentrée de septembre 2016, à Nantes, Gaël a été violent envers sa compagne, ce qui lui a valu une exclusion du groupe militant dans lequel il luttait auparavant. Il est alors allé vivre à Paris quelques mois, où il a frayé avec des militantEs, avant de rentrer à Nantes, chassé là encore suite à un comportement violent envers une femme, entre autre camarades.

Depuis plusieurs mois, cette même personne a multiplié les menaces, de mutilation et de mort à l’encontre des camarades nantaisEs qui l’avaient exclu à la rentrée 2016, menaces d’une rare violence qui se sont intensifiées en juin et juillet, et qui ont été notamment publiées sur sa page facebook ainsi que sur des groupes fermés tels que Blocus Paris Banlieue.

Début juillet 2017, il tente d’agresser une copine, mais en est empêché et ne fait que jeter un seau d’eau sur elle.

Le 22 juillet 2017, alors qu’il est en service dans le restaurant où il bosse, il aperçoit dans la rue une autre copine et la menace violemment, lui promet qu’il l’aurait « défoncée » s’il n’était pas en service, et qu’il la tuera, elle et « les autres », avant de lui cracher au visage, en plein coup de feu du midi. De nombreuses personnes sont alors mises au courant et nombreuses sont celles qui continuent à le soutenir.

Le 07 août à 23h30, Gaël agresse par surprise des camarades attabléEs autour de bières en terrasse d’un bar. Dans une ville où 4 personnes ont été touchées au visage par les tirs de la police, il s'en prend à un camarade mutilé en visant son œil valide, tout en vociférant qu’il lui « crèvera son œil », il frappe ensuite une camarade à la mâchoire et une deuxième copine au bras, aux cris de « salopes », « pédales », etc... avant d’être mis en fuite. Selon les témoins, il est muni d'une arme, type bague de combat. Il a la volonté de blesser. Quelques heures après, Gaël agresse pour la seconde fois dans la soirée le même groupe de personnes, frappant au sol un autre copain avant de mettre un poing à une troisième copine et de cracher au visage d'une quatrième. Il prend la fuite en croyant entendre une sirène au loin, qui s’avérera être celle d’une ambulance qui passait dans la rue.

Nous apprendrons plus tard que Gael C. est allé se faire notifier un important arrêt de travail dès le lendemain, sans doute pour se prémunir lâchement. Agressions sexistes, menaces de mort, attaques à caractère politique : plus rien ne différencie les agissements de Gaël de celles d'un militant d'extrême droite.

Voici une liste de faits concrets, qui selon nous, est suffisamment éloquente pour que ce mec soit banni de nos milieux. Nous estimerons désormais que les personnes qui continuent de soutenir et fréquenter, de communiquer, d’être en relation avec Gaël, s’en font ses complices. En faisant comme si de rien n’était, ces personnes cautionnent et permettent ses agissements fascistes.


https://nantes.indymedia.org/articles/38340
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Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede bipbip » 14 Sep 2017, 14:22

Aggression sexiste dans la manif parisienne

Communiqué suite à l'agression violente de 5 femmes à la manifestation parisienne du 12 septembre 2017 par le SO de la CGT

Aggression sexiste dans la manif parisienne

Ce mardi 12 septembre, lors de la manifestation parisienne contre la loi travail XXL, des membres du service d'ordre (SO) de la CGT ont agressé des militantes féministes. L'une d'entre elles a fini aux urgence, avec des contusions à la tête, un cocard (contusions avec hématomes de la pommettes à l'arcade) et une entorse au poignet gauche. Chacune d'entre elles souffre de multiples contusion et hématomes.

«À la fin de la manifestation nous regardions les cortèges passer lorsque un membre du SO nous a invectivée. Lorsque l'une d'entre nous a réagi à leurs propos sexistes,les membres du SO (environ une vingtaine d'hommes) se sont déployés sur nous cinq. »

«J'ai été frappée au visage, un des membres du SO m'a empoignée par derrière avant de m'envoyer un coup de poing au niveau de l'oeil droit. J'ai voulu me dégager, mais ils se sont mis à plusieurs pour me tenir et l'un d'entre eux m'a violemment tordu le bras, ils m'ont alors frappée à coups de casque sur la tempe et sur le haut du crâne. Dès le premier impact j'ai entendu mes amies hurler et réagir.»

«J'ai vu ma camarade se faire frapper au visage par aux moins trois hommes. J'ai voulu aller la défendre et là j'ai été saisie à la gorge par derrière, mise à terre et maintenue au sol. Au moins deux hommes ont commencé à me porter et me tirer vers l'intérieur du SO. Mes camarades leurs ont criés de me lâcher mais ont dut intervenir physiquement et me tirer afin de me libérer, les hommes me maintenant au sol refusant de lâcher prise, cela, alors que j'étais deja blessée à la main droite suite à un débris de grenade"

«Voyant ma camarade être frappée au visage, je me suis aussitôt dirigée vers elle. J'ai été immobilisée par plusieurs hommes du SO, et poussée violement au niveau de la poitrine. Je me suis retournée et vois une autre camarade mise à terre et portée vers le milieu du cortège. Je me suis dégagée et j'ai hurlé qu'ils la lâchent. J'ai tiré le bras de l'un des hommes qui l'a tenait. iI l'a lâchée et j'ai été poussée sur le côté. Autour de nous il y avait au moins 10 hommes qui nous bloquaient et regardaient faire»

«J'ai voulu intervenir pour défendre ma camarade mais j'ai été immédiatement agrippée par l'épaule et balayée d'un coup de pied par un membre du SO de la CGT qui m'a jetée à terre dans l'eau»
«J'ai vu que mes camarades étaient en difficulté, j'ai voulu approcher Dess hommes du SO m'ont repoussée violement au point de raviver la douleur d'une entorse que j'avais au doigt "

Nous, militantes féministes libertaires de différents collectifs, organisations et syndicats, condamnons fermement cette agression d'une incroyable violence.

Nous notons la solidarité totale des membres du SO de la CGT entre eux, y compris quand il s'agit de passer à tabac des militantes féministes.

Nous nous inquiétons de l'absence totale de réactions des manifestants face à cette scène et ce qu'elle signifie en terme de banalisation des violences faîtes au femmes.

La peur doit changer de camp, y comprid dans nos manifestations.

Nous notons que le milieu militant produit des agressions sexistes, reproduit les violences patriarcales et tolère les plus graves agressions contre les femmes. Nous insistons sur le fait que les manifestations comme tout autre cadre collectif doivent être des lieux ou les femmes peuvent se rendre sans craindre pour leur intégrité morale et physique.

Nous demandons aux collectifs, organisations et syndicats une condamnation claire de notre agression et des méthodes employées par les membres du SO de la CGT.

Toucher à lune d'entre nous c'est toucher à toutes!

La lutte des classes est féministe !


https://nantes.indymedia.org/articles/38518
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Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede bipbip » 16 Sep 2017, 14:36

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La peur doit changer de camp !

Lors de la manifestation parisienne contre le loi travail du 12 septembre dernier, des membres du service d’ordre de la CGT, ont violemment tabassé des militantes féministes.

Ces militantes dénonçaient des propos sexistes tenus par une partie de ce SO, et ce n’est pas la première fois que ce type de problème est soulevé. L’une des militantes a fini aux urgences, et les autres souffrent de multiples contusions et hématomes.

Il nous faut encore aujourd’hui rappeler que rien ne justifie les violences envers des femmes. Il est par ailleurs inacceptable que des arguments sur de soi-disantes divergences politiques soient utilisés pour expliquer de tels actes. Certaines d’entre elles sont des militantes syndicalistes et politiques actives, présentes dans toutes les luttes auprès des travailleur-se-s, des migrant-e-s, des précaires... Penser que, sous prétexte que ce sont des femmes plutôt jeunes, elles ne sont pas légitimes pour être reconnues comme telles est indécent.

Mais quand bien même ces femmes ne militeraient nulle part, les violences patriarcales exercées resteraient totalement condamnables.

La solidarité masculine et machiste est encore beaucoup trop présente, même dans les milieux militants. Elle ne doit pas trouver de terrain fertile chez nous. Ce syndicat ne peut se permettre de laisser se reproduire de la part de certains de ses membres ce qu’il faut changer et combattre. Dans le cadre de la prise en compte des dimensions multiples de la lutte à mener, la teneur des slogans employés prend toute son importance comme les attitudes intolérables de certains de ses membres.

Alternative Libertaire affirme son soutien à ces camarades violentées avec lesquelles nous menons le combat pour mettre à bas le capitalisme et le patriarcat.

Alternative Libertaire, le 12 septembre 2017

http://www.alternativelibertaire.org/?L ... er-de-camp
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Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede Pïérô » 05 Oct 2017, 15:57

À propos du viol collectif qui a eu lieu à Parme, au siège de la RAF (Réseau Antifasciste de Parme)

Traduction d’un texte sur le viol collectif d’une femme dans un local antifasciste à Parme, et du continuum des violences perpétrées par le milieu, comment peut-on se prétendre anarchiste et antifasciste et ne pas VOIR les violences faites aux femmes ?

Nous avons voulu traduire ce texte qui raconte l’histoire de Claudia (le nom a été changé) car elle montre les mécanismes qui permettent la perpétuation des violences sexuelles des hommes contre les femmes.
Mais elle montre aussi LA SOLIDARITE qui peut se mettre en place malgré les phénomènes de meutes. Meutes qui se protègent tentant d’empêcher la parole et la mobilisation, en décrédibilisant, humiliant, marginalisant et terrorisant la victime. Et aussi et surtout LE COURAGE de Claudia et de nous toutes.
Un viol collectif a eu lieu dans un espace militant antifasciste, à Parme, en Italie, comme cela se passe partout dans la société.
C’est difficile d’aller contre son propre groupe d’appartenance quand il nous accuse de le fragiliser, de le trahir et nous rend responsable du chaos. Ce transfert de responsabilité est mis en place pour nous faire taire mais les traîtres ce sont les violeurs et tous ceux qui les soutiennent !!
La seule solution c’est la lutte et la solidarité entre les femmes.

Les traductrices Arrabbiate lestraductricesarrabbiate@autistiche.org

« COMMENT REPARER 4 FISSURES AVANT QUE QUELQUE CHOSE NE SE CASSE DEFINITIVEMENT »

Au mois de septembre 2010, à Parme, rue Testi, un nombre incertain d’individus (entre 4 et 6) ont été acteurs et/ou spectateurs d’un viol collectif d’une jeune femme qui était âgée d’à peine 18 ans.
Cette violence a été perpétrée sur une personne inconsciente, état qui n’a pu être causé par le peu de vin qu’elle se souvient avoir bu.
Au moment du viol, elle était incapable de donner son consentement ou de résister physiquement ou verbalement. Nous le savons car les violeurs ont filmé la scène avec leur portable. Ce que l’on voit dans cette vidéo ne nous laisse aucun doute concernant la nature de la violence dont ils sont coupables, car en plus de leur acte terrible ils avaient la volonté de la faire doublement souffrir en la pénétrant avec un fumigène.
Nous aurions préféré ne pas entrer dans les détails mais cet élément est important car cet objet ou plutôt son nom est devenu le surnom péjoratif de la victime, les mois qui ont suivi le viol.
La fille au fumigène ne pouvait vraiment pas imaginer que les faits de cette nuit-là, qu’elle n’avait jamais dénoncé, par peur, honte ou par besoin de tout laisser derrière elle et d’oublier, étaient devenus un phénomène « viral ».
Cette vidéo a été visionnée par des dizaines et des dizaines de personnes, regardée et à nouveau regardée, jusqu’à la faire devenir le symbole de leur domination et de son humiliation, un spectacle obscène pour rire et se vanter.

Et jusque là, tout va mal, très mal….

Mais le pire doit encore arriver, parce que rue Testi, à Parme, il n’y a pas un bar, une boîte de nuit, une habitation privée et pas non plus un bois obscur et menaçant ou une ruelle sombre et dégradée d’un quartier dangereux. Rue Testi, il y avait un immeuble comme tant d’autres, ces blocs de béton tous identiques… mais celui-ci était différent.
Dans ce bloc de béton armé il y avait le local de la RAF (réseau antifasciste de Parme) et les personnes impliquées dans cette histoire d’horreur et de violence sont des hommes et des femmes qui appartenaient ou fréquentaient la RAF.

Ici, à cet instant, quelque chose se casse.

PREMIERE FISSURE

Nous sommes convaincues que le fascisme n’est pas un fait historique qui se rattache exclusivement à la période des vingt ans du régime fasciste en Italie. Nous pensons que les fascistes ne sont pas seulement les nostalgiques de cette époque, car le fascisme n’est pas seulement un parti politique, un régime du passé ou une tendance politique à laquelle s’unir ou contre laquelle lutter. Le fascisme est avant tout une attitude, une manière de penser, d’agir, de lutter et de haïr. Être fasciste, c’est utiliser sa force pour normaliser et uniformiser la diversité et opprimer les minorités. Être fasciste, c’est utiliser la faiblesse d’autrui pour imposer avec la violence sa volonté. Être fasciste, c’est discriminer sur la base de la sexualité, du genre, du corps, de la spiritualité, de la religion, de l’espèce, de l’âge ou de la condition sociale ou culturelle.
Aujourd’hui nous ne pouvons pas parler d’antifascisme sans condamner tous les sexismes, les racismes, les classismes et les specismes.
Parce que la lutte pour la libération des femmes et des hommes est une guerre pour la liberté qui inclut la défense des opprimé-e-s, des animaux et de la Terre. Une guerre contre le désespoir, l’ignorance et le pouvoir qui opprime. Un viol est toujours et de toutes façons, un acte fasciste même si celui qui le commet se déclare antifasciste. L’antifascisme n’est pas seulement un slogan à crier au stade ou un patch à coudre sur son bombers. Être antifasciste c’est penser et agir de manière antifasciste. Quiconque viole est un fasciste et nous le combattons en tant que fasciste et violeur. Quiconque respire, bouge et parle de notre côté de la barricade et se permet d’avoir des attitudes fascistes sera combattu en tant que fasciste et tas de merde stupide et inconsistant.

Que s’est-il passé dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi le viol ?
La jeune femme ne l’a pas dénoncé à la police, elle n’en a parlé à personne. La vidéo continue à circuler, tout le monde la regarde mais personne ne VOIT la violence. Les hommes qui étaient autour de la table où gisait inerte la jeune femme, ont continué à fréquenter les manifestations, les concerts, les espaces occupés et autogérés…
Et ils riaient, parlaient, buvaient des bières, sortaient avec des femmes, créaient de nouvelles amitiés malgré le fait qu’une vidéo circulait dans laquelle « ils baisaient » avec une femme qui semblait morte. Ils ne considéraient pas cela comme un problème et personne ne leur faisait remarquer. La jeune femme n’a pas de souvenirs très précis mais elle sait que ce groupe de personnes lui a fait quelque chose d’horrible, quelque chose qu’elle a vécue comme une violence. Elle veut savoir pourquoi on lui attribue ce surnom, pourquoi les camarades de Parme (et pas seulement) l’appellent Fumigène. C’est un ami qui lui dit, un ami qui dit : « c’est à cause de la vidéo qui circule, à cause de ce qui est arrivé cette nuit-là… »

DEUXIEME FISSURE :

Si une femme ou un homme perçoit une attitude comme dérangeante ou violente, cette attitude est un abus. Si une femme ou un homme est de façon évidente altérée par les effets de l’alcool ou d’une drogue, elle/il ne peut pas donner son consentement.
Sans consentement c’est un viol.
Cela peut arriver que nous nous sentions dégradées ou violées après un rapport sexuel, même si, au début, nous avions donné notre consentement. Ne pas savoir percevoir ou ignorer les signaux du mal-être de l’autre, est une violence. Si une femme ressent du plaisir pendant un rapport sexuel, elle l’exprime. La passivité totale est souvent le symptôme d’un mal-être qui ne parvient pas à s’exprimer. Le silence ne signifie pas le consentement. Sans consentement c’est un viol. Recommencer un rapport sexuel sans consentement est une violence.
Et cela ne compte pas, si dans d’autres situations nous avons donné notre consentement pour des relations de nature intime, sexuelle ou sentimentale. La violence a lieu trop souvent entre des murs : murs domestiques, murs de relations et murs d’appartenance à un groupe social et cela ne la rend pas moins grave. Et la moralité (intime ou politique) d’une femme ne peut pas justifier l’abus de pouvoir d’un homme. Si nous ne donnons pas de consentement et si nous percevons une parole, une attitude ou une relation comme dégradante ou violente, c’est un viol. Et ceci devrait être évident pour qui se déclare antifasciste et donc antisexiste. Toute personne qui ne le comprend pas et qui ne fait pas de distinction entre une femme qui jouit et une femme qui subit une violence, sera combattue en tant que fasciste, machiste et horrible tas de merde inconsistant.

Le viol – réduit à un spectacle ridicule utilisé par la misère humaine des hommes et des femmes à qui il manque non seulement les bases théoriques, mais aussi simplement le cœur et la tête pour comprendre – aurait pu rester impuni. Un poids horrible réservé à la victime, qui, entre temps, s’écroule émotivement et est prise dans une spirale d’autodestruction et dans une recherche désespérée de chaleur et d’affection ; une spirale vers le bas, faite de choix erronés, de relations toxiques et de merde qu’on peut imaginer et/ou prévoir sans avoir besoin de chercher sur google « stress post traumatique après violence sexuelle ». Elle, seule, à la merci de ses démons // les autres, les violeurs (et spectateurs de l’horreur) parmi nous.

Mais au mois d’août 2013 une bombe artisanale explose à quelques pas des locaux de Casa Pound (organisation fasciste) de Parme et, comme d’habitude, les enquêtes frappent le mouvement antifasciste et anarchiste de Parme et des zones limitrophes. Certains disent qu’il y a eu des fuites, d’autres disent que c’est Casa Pound qui a donné les informations ou c’est peut être le déroulement normal des enquêtes. Peu importe le comment, ce qui compte c’est que les enquêteurs ont pris connaissance de la vidéo – que les violeurs avaient filmée et diffusée – et d’un nom : le nom et prénom de celle que trop de monde avait appelé la fille au fumigène.
Seule, avec ses démons et un nombre incalculable de gendarmes qui lui posent des questions pendant des heures et des heures. Qui lui demandent quels rapports elle avait avec ce groupe d’hommes et de femmes, qui se trouvait dans le local de la RAF et qui lui demandent si elle les fréquente, s’ils sont ses amis, s’ils sont ses camarades.
Non, elle ne les fréquente pas.
Pourquoi elle ne les fréquente pas ? Elle a peut être eu un conflit ? Ils lui ont fait quelque chose ? A-t-elle déjà été rue Testi ? Et qu’est ce qui lui est arrivée rue Testi ? Et puis ils lui montrent la vidéo. Et encore des questions. C’est elle dans la vidéo ? Qui était présent cette nuit là rue Testi ? Ils commencent à donner des noms. Lui, il y était ? Et lui ? Elle est certaine qu’il n’y avait pas celui-là ? Certains ont été identifiés dans la vidéo. On entend des voix. A qui appartiennent ces voix ?
Après des heures et des heures interminables ils nomment certaines personnes dont elle se souvient dans le local de la RAF le jour du viol. Et combien…. combien d’entre nous seraient vraiment capables, malgré nos solides convictions, de tenir ?

TROISIEME FISSURE :

Tous ceux qui se déclarent « anarchistes » devraient refuser l’État, ses Institutions et désavouer la justice des tribunaux parce que la légalité n’est pas la justice. Les anarchistes donc, ne devraient pas chercher à corriger les torts subis en faisant appel à ceux qui ont créé les lois, à ceux qui les imposent et qui punissent ceux qui ne les respectent pas. Ceci parce que l’anarchie est auto-organisation et autogestion, avec le but suprême du bien commun, qui devrait surpasser l’intérêt individuel.
Pouvons-nous encore nous définir anarchistes si pour maintenir et garantir le bien d’un groupe, il faut écraser d’autres individus, garder le silence sur le mal-être et tourner le dos à nos idéaux ?
Si nous refusons cette loi sourde et aveugle qui est imposée du haut et punit ceux qui n’obéissent pas, pouvons-nous reproduire ce modèle imposant la stérilité à notre théorie, aux frais de l’empathie, du bon sens et de l’humanité ?

« Celui ou celle qui parle avec la police est un traître et ne doit pas mettre les pieds dans nos espaces »

Alors, demandons-nous pourquoi les premiers à avoir VU la violence dans cette vidéo, que tant de camarades anarchistes avaient vue, ont été les gendarmes et les magistrats.
Pourquoi une jeune femme qui a subi une telle violence s’est retrouvée seule et pas préparée « entre les mains » des forces armées, formées pour gérer ces situations à leur avantage ? Où étions-nous, ces trois ans qui se sont écoulés entre le viol et le jour où les patrouilles sont allées chercher la jeune femme chez sa famille ? Pourquoi au lieu de diffuser la vidéo, de l’humilier, d’organiser des assemblées avec les violeurs il n’a pas été construit un mur pour protéger la jeune femme ? Pourquoi pour sauver le groupe il a été décidé d’abandonner celle qui en avait vraiment besoin ?

« Les personnes fragiles affaiblissent le mouvement parce qu’elles peuvent être manipulées par les flics et les fachos ».

Nous pensons, au contraire, que le mouvement est faible s’il n’est pas en capacité d’accueillir et de protéger les faibles et les opprimé-e-s.
Nous pensons que le mouvement s’affaiblit s’il s’accroche à des théories de pureté et d’intégrité, sans avoir la capacité d’accueillir (de former et d’informer) aussi ceux et celles qui n’obéissent pas aux textes sacrés du révolutionnaire parfait.
Nous avons la ferme conviction que ce n’est pas le moment de faire un procès à l’intégrité politique d’une femme qui a subi d’abord la violence des violeurs et ensuite celle de l’État, parce que ses actes ne peuvent pas faire passer en second plan la condamnation du viol et de la violence sexiste commise par ceux qui se déclarent camarades, anarchistes, antifascistes.
Si nous devons faire un procès politique, alors faisons-le aussi à qui a violé et diffusé la vidéo, à qui l’a appelée fumigène et faisons-le surtout à nous-mêmes. C’est nous qui devrions en premier nous mettre sur le banc des accusé-e-s et nous demander ce que nous avions dans la tête quand nous n’avons pas voulu prendre position « parce qu’elle a subi un viol, MAIS… »

Pendant cet interrogatoire, qui a eu lieu des années après le viol, une déposition a été retranscrite par les gendarmes, signée par la jeune femme, avec les noms de ceux qu’elle se rappelait avoir été présents cette nuit-là rue Testi. Parmi ces noms il y avait une personne qui a déclarée se trouver à l’étranger à l’époque des faits et qui a donc été acquittée par l’État. Parmi les autres nommés et convoqués par les forces armées en tant que personnes informées des faits, 4 hommes identifiés dans la vidéo ont été accusés et passent en procès maintenant (dont un se trouve à l’étranger et n’a pas été localisé). Il faut se rappeler que nous parlons d’une personne qui n’a jamais dénoncé et qui n’avait aucune intention de le faire, mais qu’elle s’est retrouvée à devoir se constituer partie civile dans un procès pour crime de viol collectif. Non pour un acte politique, non pour une action du mouvement, mais pour violence sexuelle avec de nombreuses circonstances aggravantes, vu qu’elle était inconsciente lors des faits. Quatre personnes en plus sont accusées d’incitation et de complicité. Ils ont, selon les enquêteurs, menti pour couvrir les violeurs ou menacé la victime pour qu’elle nie le viol subi. La victime a été bombardée de messages de menaces et d’insultes sexistes depuis le début du processus juridique. Trop souvent elle a été chassée violemment des espaces occupés et autogérés, sans être écoutée.
Même si nous pouvons considérer qu’il est grave de faire appel à la justice, nous pensons que ça reste moins grave que ce qu’elle a subit. Pour « venger » ceux qui avaient été convoqués par la police ou pour protéger les violeurs, une impitoyable machine s’est mise en marche, alimentée de rumeurs absurdes, de menaces et même d’agressions physiques contre elle. En l’accusant d’être une « balance » le message est passé, qu’il est plus grave de dénoncer un viol que de violer. Bien que le viol se soit produit dans un espace politique, il est difficile de prendre position parce qu’elle a fait ça, elle a dit ça et parce qu’elle est…. Et nous n’arriverons pas à croire que ceux qui la condamnent pour avoir parlé avec la police, veuillent cela. Nous espérons vivement que le mouvement soit suffisamment mature et lucide pour distinguer les deux choses et contextualiser les faits. Condamner la violence sans si et sans mais et puis dans un autre lieu et avec les bonnes pratiques*, réfléchir sur les raisons pour lesquelles tout cela est arrivé.

*LES BONNES PRATIQUES : Combien parmi nous lui ont écrit pour lui demander sa version ? Combien d’entre nous l’ont menacée avec des messages anonymes ou sur facebook pour ensuite la bloquer et ne pas lui donner la possibilité de parler ? Combien d’entre nous ont diffusé la parole des accusés sans remettre en cause la source ? Combien d’entre nous ont estimé que ce qu’elle a fait était plus grave que le viol qu’elle avait subi ? Combien d’entre nous attaquent la justice des tribunaux pour ensuite formuler ses propres accusations avec ses propres règles et méthodes ? Combien ont demandé à voir la vidéo parce que sinon, « nous n’y croyons pas » ? Et c’est comme ça qu’on pense gérer notre justice au sein de nos espaces ?

QUATRIEME FISSURE

A la base de l’antisexisme il devrait y avoir la force de condamner n’importe quelle forme de violence contre les femmes en tant que femmes. Cela ne veut pas dire défendre une femme par parti pris, mais condamner tous les viols même s’ils ont été commis par des « camarades », des amis ou les hommes qu’on aime. Et même s’il est commis contre une femme qu’on n’aime pas, une ennemie et qu’elle nous a fait du mal. Une féministe n’insulte pas une autre femme pour son aspect physique, pour ses préférences sexuelles ou pour ses appétits érotiques. Une féministe n’utilise pas des expressions violentes et machistes contre une autre femme. Il n’y a JAMAIS de bonnes raisons, la violence sexiste (physique ou verbale) est pour nous condamnable, inacceptable et nous la combattrons de toutes nos forces.

CONCLUSION :

Si, en tant qu’anarchistes, nous voulons créer une sociabilité autre à l’intérieur de nos espaces libertaires, revendiquer nos idées et autodéterminer nos corps, rejeter le rôle des institutions sous toutes ses formes, combattre le bras armé de l’état au point d’appeler consciemment une « balance » celui qui dénonce un camarade…
Nous ne pouvons que nous demander aujourd’hui, ce que nous avons fait pendant ces années où nous aurions dû chercher les façons de protéger une victime, conscient-e-s de notre rôle, avant la machine judiciaire, avant l’étonnement face à l’écroulement émotif d’une femme.
Six ans de silence.
Et pourtant, nous savons très bien que l’omerta est depuis toujours l’amie fidèle de la violence masculine.
Comment pouvons nous définir comme libertaire un espace où une violence aussi grave qu’un viol peut avoir lieu ? Comment pouvons-nous définir comme anarchiste celui qui perpétue des attitudes que nous condamnons dans la société patriarcale, fasciste et violente ? Comment pouvons nous définir ces espaces comme libertaires et nous définir comme libres ?

Ce qui lui est arrivé pourrait arriver à n’importe laquelle d’entre nous. Si nous mettons de côté la théorie abstraite, la martialité d’un code et la culture du « super homme, je l’ai dure » que nous préférons laisser aux prédicateurs, aux soldats et à ceux qui se la jouent, nous ne pouvons qu’être fières d’elle et de sa force, aujourd’hui, parce que ce qu’elle a vécu aurait pu anéantir beaucoup d’entre nous. Cette incroyable force qu’elle est en train de démontrer en voulant revendiquer le droit à fréquenter nos espaces et son courage devant l’obscénité présente dans la salle d’audience, où elle se retrouve – devant les yeux de ses violeurs – à revivre chaque instant, chaque sensation, chaque souvenir lié à cette nuit et à sa vie intime passée et présente.

Et aujourd’hui nous nous levons, debout, droites comme des clous qui brillent dans une nuit magnifique, ensemble contre la violence de cette nuit rue Testi, la honte de cette vidéo diffusée et l’horreur de ce surnom. Contre l’abandon et l’incapacité de voir le mal-être d’une femme. Contre l’omerta et le mur de silence. Contre les attitudes et le langage utilisés contre elle. Contre ceux qui l’ont mise en procès, condamnée et punie se basant sur des rumeurs et des faits incomplets et biaisés. Contre ceux qui l’ont menacée, agressée, éloignée des espaces occupés en utilisant la violence…
Et c’est contre tout cela qu’en ouvrant la bouche, ce cri est sorti.

Féministes de Parme

Pour les contacter écrire à romantikpunx@gmail.com

Ici la version originale :
https://abbattoimuri.wordpress.com/2016 ... er-sempre/
Emission radio sur la 6ème et dernière audience :
https://www.ondarossa.info/newsredazion ... upro-parma

Contexte actuel :
Il y a eu 6 audiences et lors des deux premières, Claudia était seule. Le procès s’est déroulé à huit clos et elle s’est retrouvée seule face aux violeurs.
Les violeurs ont utilisé la pire des lignes de défense, et comme d’habitude dans ce type de procès, ils ont mis en cause sa conduite sexuelle et sa santé mentale ! La victime a été soumise à un procès moral honteux, à l’intérieur du tribunal mais aussi en dehors.
Les féministes se sont organisées.
A partir de la troisième audience plein de monde s’est retrouvé hors du tribunal pour la soutenir, elle n’était plus seule enfin.
Plusieurs bombages sont apparus sur les murs de Parme avec les noms des violeurs et des diffusions de tracts ont été faites. Un mouvement de soutien de femmes et de lesbiennes s’est mobilisé à Parme, Bologne, Milan, Turin. Des assemblées permanentes sur la culture du viol et le sexisme se sont réunies dans ces villes.
Il y a eu une déchirure dans le mouvement, des intimidations mais la partie solidaire s’est élargie de plus en plus.
Elle sortait des audiences dans un état terrible, les compagnes étaient avec elle. Elle ne voulait pas le procès mais elle a été déterminée à continuer et a eu la force pour le faire.
Le 14 juillet trois violeurs ont été condamnés à 4 ans de prison. Leurs avocats ont utilisé tout ce qu’ils pouvaient pour écraser Claudia, dont la projection image par image de la vidéo en salle d’audience. La justice a participé à la mise en scène de cette torture. La condamnation des violeurs représente l’échec de cette stratégie de destruction.
Claudia n’est plus seule et les liens se sont renforcés entre les femmes mobilisées.
La lutte n’est pas finie ! Les violeurs ont fait appel et Claudia sera obligée de revivre une violence ultérieure, celle de l’in-justice patriarcale et ses tribunaux. Restons unies et continuons à nous battre toutes ensemble !


https://paris-luttes.info/a-propos-du-v ... qui-a-8797
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede bipbip » 06 Oct 2017, 06:37

Nancy

"No Means No" les 6, 7 et 8 octobre 2017

Ces dernières années, plusieurs faits d’agressions sexuelles au sein du milieu militant local ont été rendues publiques. Les réactions ont été variées, allant du soutien aux personnes ayant témoigné à la tentative de passer leur récit sous silence voire même leur culpabilisation.

Ces sujets sont particulièrement complexes car ils renvoient à l’intime, à nos émotions, à nos relations, et deviennent d’autant plus tabous lorsqu’ils concernent l’entourage (ami.e.s, organisation politique, famille…) par peur que cela "déstabilise le groupe".

« Ça ne peut pas arriver parmi nous on se connaît tou.te.s », « Je le connais bien c’est impossible », « Il y a viol et viol », « Elle n’a pas porté plainte, elle ment », « Elle ne s’est pas débattue » sont des propos qu’on a entendu dans nos milieux et qui sont, chaque fois, une nouvelle violence.

Pendant des mois on a pu se rendre compte de la puissance de la culture du viol et des personnes que l’on pensait être des camarades proches se sont illustré.e.s par leur attitude agressive ou passive.

Il ne suffit pourtant pas de se dire (pro)-feministe ni de faire un jour une action antisexiste pour l’être. Ni de dénoncer un système abstrait si l’on n’est pas en mesure de réagir différemment en situation concrète. Se taire et fermer les yeux quand on sait c’est aussi se positionner.

En tant que personnes concernées et déterminées, nous voulons que les réflexions puissent continuer. Nous voulons faire avancer les pratiques féministes au sein d’un milieu bien loin d’être préservé des comportements sexistes. Nous voulons exclure les rapports de domination de nos luttes.

Nous pensons nécessaire de prévoir des modes de gestion collective en dehors (ou en parallèle selon les choix des personnes concernées) de la justice « bourgeoise », parce qu’on ne peut pas lutter contre elle tous les jours et y faire appel dès qu’un sujet nous échappe. La justice étatique reproduit les oppressions et creuse les inégalités, nous devons trouver des outils plus fiables dans lesquels nous nous retrouvons.

Nous organisons donc un week-end féministe avec comme point fort l’invitation de la compagnie Les Culottées du bocal qui travaille depuis longtemps sur les notions de consentement et de la culture du viol mais aussi de quoi passer un bon moment festif et collectif pour nouer des liens de confiance !

Le tout se déroulera à l’ancienne école de la MJC des Trois Maisons.

Au programme :

Vendredi 6 :

• Ouverture à 19h
• A 20h : « Vous désirez ? », conférence gesticulée par la Cie Culottées du bocal.

Samedi 7 :
• A 13h : atelier autour du consentement (uniquement sur inscription la veille à la fin de la conférence. Limité à 20 personnes)
• A partir de 17h : ◦ atelier sérigraphie (ramène tes fringues !),
◦ réalisation de pochoirs et badges,
◦ création d’un journal mural,
◦ lectures de textes (ramène tes brochures !)
◦ enregistrement d’une émission de radio par Lilith, Martine et les autres (radio féministe de Lyon),
◦ table de presse thématique,
◦ distro (clitoris 3D phospho, badges, affiches sérigraphiées, patchs, tampons encreurs…),
◦ bar à bière, jus et limonade...
◦ Sandwicherie Las Vegan
• A 21h, concerts Cie Kta (conte concert), Ruines (rock) et Clitocratie (rock electro) puis boom pour danser sans relou.e.s, ramène ta playlist féministe !

Dimanche 8 :
• A 14h : "Matte ta chatte", invitation à l’auto-examen (discussions, lectures mais pas d’obligation ou de pression à la mise en pratique sur place). Non-mixité inclusive (sans mecs cis). Ramène une serviette de toilette si tu peux.

Afin de financer l’organisation de cet événement et la venue des compagnies, une participation libre sera la bienvenue tout au long du week-end.

Si vous ou votre orga avez envie de participer en proposant un atelier/discussion pour laquelle vous êtes autonome n’hésitez pas à nous contacter : emelia.ricoletti@riseup.net

https://manif-est.info/No-Means-No-6-7- ... 7-306.html
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Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede bipbip » 17 Oct 2017, 23:15

À propos du viol collectif qui a eu lieu à Parme, au siège de la RAF (Réseau Antifasciste de Parme)

*Attention ce texte thématise de manière détaillée des violences sexuelles*
Traduction d’un texte sur le viol collectif d’une femme dans un local antifasciste à Parme, et du continuum des violences perpétrées par le milieu, comment peut-on se prétendre anarchiste et antifasciste et ne pas VOIR les violences faites aux femmes ?

Nous avons voulu traduire ce texte qui raconte l’histoire de Claudia (le nom a été changé) car elle montre les mécanismes qui permettent la perpétuation des violences sexuelles des hommes contre les femmes.
Mais elle montre aussi LA SOLIDARITE qui peut se mettre en place malgré les phénomènes de meutes. Meutes qui se protègent tentant d’empêcher la parole et la mobilisation, en décrédibilisant, humiliant, marginalisant et terrorisant la victime. Et aussi et surtout LE COURAGE de Claudia et de nous toutes.
Un viol collectif a eu lieu dans un espace militant antifasciste, à Parme, en Italie, comme cela se passe partout dans la société.
C’est difficile d’aller contre son propre groupe d’appartenance quand il nous accuse de le fragiliser, de le trahir et nous rend responsable du chaos. Ce transfert de responsabilité est mis en place pour nous faire taire mais les traîtres ce sont les violeurs et tous ceux qui les soutiennent !!
La seule solution c’est la lutte et la solidarité entre les femmes.

Les traductrices Arrabbiate lestraductricesarrabbiate@autistiche.org

... https://renverse.co/A-propos-du-viol-co ... eseau-1251
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Re: Rapports de pouvoir, sexisme, viols, en milieu militant

Messagede bipbip » 18 Nov 2017, 20:21

Pour une autonomie féministe : appel à transformer la mixité

Ce texte est une forme de compte rendu de nos discussions et a pour objectif d’abord de vous décrire, à vous hommes cis, comment vos comportements, consciemment ou pas, peuvent perpétuer des dynamiques d’oppression et de domination sexiste dans nos milieux militants.

Ce texte a été résumé devant l’AG « Automne Autonome » qui a eu lieu mardi 14 novembre, et nous souhaitions le publier en intégralité ici.

Mardi 8 novembre, nous étions environ 25 à nous réunir en non mixité. Via des expériences différentes et sous des formes diverses, nous avions toutes quelque chose en commun : toutes, nous avons souffert et continuons à souffrir du sexisme et du virilisme présents dans nos milieux militants, celui-ci compris. A cause de cela, certaines d’entre nous ont décidé de plus militer qu’en non mixité et c’est un choix qu’il faut respecter : toutefois, nous souhaitions tenter collectivement de transformer la mixité pour en éradiquer toute forme d’oppression. Notre démarche est donc la suivante : ce texte est une forme de compte rendu de nos discussions et a pour objectif d’abord de vous décrire, à vous hommes cis, comment vos comportements, consciemment ou pas, peuvent perpétuer des dynamiques d’oppression et de domination sexiste. Nous espérons que cela provoquera une prise de conscience chez vous et une remise en question honnête et effective, ainsi qu’un effort de formation personnelle de votre part sur toutes les questions que nous allons évoquer. Dans un second temps, nous voulions aussi exposer les mesures concrètes qu’il nous faut collectivement mettre en place dès maintenant pour effectivement transformer la mixité.

Du sexisme ordinaire en AG

Nous ne voulons plus que les AG soient des espaces dans lesquels le décalage entre le temps de parole des hommes et celui des femmes est si important. Trop souvent, vous nous coupez la parole, chose que vous ne vous permettriez certainement pas face à un autre homme, dont la parole est automatiquement plus légitime. Vous camouflez votre refus de remettre en question votre privilège masculin derrière de pseudo excuses idéologiques : en refusant de mettre en place un tour de parole en AG sous prétexte que ce serait déjà du stalinisme, vous refusez d’investir la prise de parole comme espace de reproduction des oppressions. Car quand il n’y a pas de tour de parole, les personnes qui parlent sont celles qui parlent le plus fort : en l’occurrence, les mecs. Combien de femmes ont levé la main pendant 20mn lors de l’occupation de l’institut de géo sans jamais pouvoir prendre la parole ?

Nous ne voulons plus nous autocensurer en AG. Même en contexte d’AG dans lesquelles la prise de parole est plus apaisée, le problème persiste : à la dernière AG, au bout d’1h30 de débat, on comptabilisait 2mn30 de temps de parole par les femmes. Ce chiffre doit entraîner une remise en question de votre part : presque toutes, nous avons à un moment donné vécu cette situation où nous avions quelque chose à dire, à proposer, ou à demander, et nous n’avons pas osé. Nous voulons pointer du doigt le virilisme omniprésent, qui entraîne une absence totale de bienveillance, un principe pourtant fondamental dans nos espaces : en AG, il s’agit d’être fort, sûr de soi, d’être toujours pertinent ; plus on est viriliste et agressif dans notre prise de parole, plus on est respecté. Plus on fait ou propose des choses dangereuses et risquées, plus on est écouté.e, et une sorte de nécessité absolue de faire ses preuves semble s’être installée, qui rend d’ailleurs l’intégration de nouvelles personnes (homme ou femme) extrêmement difficile et toute massification impossible. Chacun.e doit pouvoir se sentir libre de poser une question, même stupide, de demander un éclaircissement, de parler d’une idée dont iel n’est pas très sûr.e. Nous devons réserver la méfiance, l’animosité et l’agressivité à nos adversaires, aux flics ou aux fachos, et construire des espaces profondément bienveillants entre nous : la camaraderie et la bienveillance sont des formes de résistance politique.

Paternalisme et virilisme : deux têtes d’un même système dans le cortège de tête

Nous ne voulons plus nous autoexclure du cortège de tête à cause de votre virilisme, sexisme ou paternalisme. Plusieurs types d’expériences sont ressorties de nos discussions : certains d’entre vous remettent en cause constamment, consciemment ou non, la légitimité de notre présence dans le cortège de tête. Vous nous faites comprendre par des regards, des gestes, des attitudes, que la place d’une femme n’est pas ici, que l’affrontement et la violence sont des choses réservées aux vrais mecs ; ou bien vous cherchez à nous protéger, car nous sommes visiblement le genre faible. Nous devons bien sûr toutes et tous nous protéger collectivement et être solidaires dans les moments d’affrontement ; mais il y a différentes manières de le faire et nous ne voulons pas de vos gestes paternalistes qui semblent nous dire « là, c’est trop violent pour toi, retournes à la cuisine ». Notre rôle dans le cortège de tête n’est pas celui d’infirmière, c’est un choix pour certaines d’entre nous d’être médics mais il ne nous est pas dû ; nous ne sommes pas là pour vous rassurer ou s’occuper de vos potes blessés ; notre rôle n’est pas de vous protéger car assignées femmes, si nous le faisons c’est par choix et convictions politiques que nous avons choisi d’agir collectivement.
Dans le même temps, cette déconstruction du paternalisme doit aller main dans la main avec la déconstruction du virilisme que vous reproduisez parfois et qui met tout le monde en danger : on en arrive à un climat permanent où le meilleur militant sera celui qui aura cassé le plus de flics et où courage est devenu synonyme de prise de risques - souvent inutiles. Si nous reconnaissons tou.te.s que parfois, la violence est une nécessité politique, nous refusons que certains d’entre vous la glorifient : la violence doit rester une arme politique et ne pas devenir une fin en soi. En effet, en faisant de la peur une honte, en transformant le fait de dire « non, je ne participe pas à cette action car j’ai peur » en une faiblesse, une lâcheté, un manque de courage, non seulement nous reproduisons le virilisme, mais en plus nous nous mettons en danger puisque dire non n’est plus possible ; chacun.e doit être conscient.e des conséquences juridiques, physiques ou morales que peuvent entraîner ses actes, et choisir d’agir en fonction de cela, et pas en fonction du regard des autres. En tant que femmes, nous ressentons d’autant plus fortement cette injonction à faire nos preuves dans le cortège de tête que notre présence dans cet espace est constamment remise en question, comme expliqué auparavant. De plus, nous ne voulons plus reproduire entre nous ces dynamiques de concurrence qui sont propres au capitalisme : l’anticapitalisme passe aussi par le refus de cette mise en concurrence permanente et intégrée.
Enfin, vous devez comprendre que virilisme et paternalisme par rapport à cette question de la violence sont deux têtes du même système, et que nous refusons à la fois vos injonctions à l’usage de violence obligatoire ET votre confiscation de la violence comme un moyen d’action qui serait plus naturellement masculin. Vous devez comprendre qu’en tant que femmes, la violence n’a pas fait irruption dans nos vies avec le cortège de tête, mais que nous la portons dans nos chairs depuis que nous sommes nées, et que nous nous sommes construites avec des rapports à la violence, au corps, à l’espace et à la peur qui sont différents des vôtres, notamment en raison de la menace latente et omniprésente du viol. Nous revendiquons donc à la fois un droit à la peur et au refus libre de tout jugement de valeur, ET un droit à l’usage de violence libre de vos tendances protectrices paternalistes. Nous sommes légitimes dans notre violence, vous y êtes confrontés tous les jours à cette violence du système, étatique. Mais nous, personnes assignées femmes, sans choix, nous subissons la violence patriarcale, sexiste, viriliste ; nous déligitimer des rapports de violence revient à nous déposséder de notre combat.

Culture du viol : agresseurs et violeurs, hors de nos espaces

Nous ne voulons plus être considérées constamment comme de potentielles conquêtes : plusieurs d’entre nous constatent que lorsqu’elles tentent de construire une relation de camaraderie militante avec un mec, certains d’entre vous se placent d’emblée et constamment dans un rapport de séduction, qui n’est pas forcément désiré de notre côté. Il ne s’agit pas de dire que le désir soit à bannir, mais bien que voulons être respectées et prises au sérieux dans notre statut de militantes, considérées comme des camarades avec qui vous allez accomplir quelque chose avant d’être considérées comme une personne avec qui vous voudriez potentiellement avoir des relations sexuelles/amoureuses. Nous ne sommes pas la copine de, l’amante de, nous sommes des militantes féministes qui faisons des choix dans nos vies. De plus, nous avons le droit à choisir d’avoir ou non une vie amoureuse, sexuelle qu’elle soit polyamoureuse, monogame ; aromantique, romantique ; sexuelle comme asexuelle ; Ce sont nos choix, nous n’avons pas besoin de vos jugements ou vos approbations.

Enfin, nous ne voulons plus subir vos agressions sexuelles, votre harcèlement, vos viols. Comment pouvez-vous vous dire antifasciste, antisexistes, parfois même proféministes et nous mettre des mains au cul en manif ? Comment est-ce possible que certains d’entre vous agressent et violent ? Tout le monde le sait et personne n’en parle : il y a bien des cas d’agressions et de viols au sein de nos milieux. Les agresseurs et les violeurs en question continuent à venir en manif, en AG, dans nos espaces militants ; c’est la victime qui s’exclut. C’est le moment où vous êtes en train de penser « c’est scandaleux, mais c’est pas moi, moi je suis pas comme ça » : c’est le moment de vous remettre en question. Vous n’êtes peut être pas un agresseur, mais combien d’agresseurs couvrez-vous ? Vous n’avez peut être jamais violé une femme comme on l’imagine dans les films, au fond d’une ruelle sombre, mais êtes vous sûrs que vous n’avez jamais imposé quelque chose à une femme sans avoir son consentement explicite ? Combien de fois avez-vous minimisé les actes de vos potes ? « Roh, ça va, il était un peu relou ok, mais elle le voulait toute façon ». Nous constatons que la prise de parole de la victime est impossible et que si elle y parvient, cela n’a aucune conséquence : l’agresseur peut continuer à fréquenter nos espaces en toute tranquillité, ses potes minimisent ses actes et le protègent, et une espèce de solidarité masculine se met même parfois en place, car nous savons que certains d’entre vous font circuler entre potes des noms de meufs trop féministes, qui cassent les couilles, « surtout elle faut pas aller la draguer après elle crie à l’agression direct ». Nous dénonçons donc vos viols, vos agressions (et ça commence par la main au cul en manif ou la drague super lourde en soirée de soutien antirep), et nous dénonçons aussi votre silence complice, votre shaming permanent des meufs féministes et votre incapacité à vous former et à vous remettre en question sur ces thématiques.

Toutes ces choses là, depuis le temps de parole en AG jusqu’aux agressions, font partie du même système d’oppression sexiste et ont toutes une conséquence commune : notre autoexclusion de ces espaces militants mixtes. Certaines d’entre nous ne vont plus dans le cortège de tête car masqué.e.s, elles ne peuvent plus reconnaître ceux qu’elles savent être des agresseurs, ou parce qu’elles décident de s’éviter le coût mental et émotionnel que représente le virilisme et le paternalisme cités auparavant. Certaines d’entre nous ne vont plus en AG mixte car elles savent que tel groupe de mecs qui parlent fort et font les gros bras seront présents. Certaines d’entre nous ne fréquentent plus les bars militants ou les soirées en squat car elles savent qu’elles devront faire face à des relous. Preuve ultime de cette dynamique d’autoexclusion : nous étions 25 en AG non mixte, nous sommes 6/25 à être présentes aujourd’hui en AG mixte. Il faut que tout ça change, non seulement parce que vous vous dites antisexistes, mais aussi parce que si ça continue, vous allez finir par vous retrouver tous seuls. Nous avons donc plusieurs propositions concrètes.

Nos propositions

1. Formez vous ! : de nombreuses ressources en ligne, des textes, des vidéos. L’excuse « je savais pas », c’est plus possible actuellement dans les milieux militants. Et formez vos potes ! Ne laissez plus passer les comportements relous, même quand c’est « pour rire ». Conférence gesticulée sur le consentement, réalisée par la compagnie Les culottés du bocal. Représentation le 11 décembre à 19h à la grande salle de la bourse du travail de St Denis, contribution libre. De plus, nous souhaitons vous rappeler que si nous avons décidé de vous expliciter nos opinions aujourd’hui et de vous conseiller des ressources de formation, nous ne sommes en aucun cas tenues de le faire, et nous n’avons aucune obligation d’assumer la charge organisationnelle, émotionnelle et mentale de votre formation. Lisez de la théorie, écoutez les femmes de votre entourage, posez des questions à vos amies concernées si vous avez un doute ! On vous distribue une liste de ressources et on les publiera avec ce texte sur paris lutte info. Ne vous taisez plus en cas d’agressions,

2. Tour de parole et tribune : nous souhaitions prendre en charge le tour de parole de cette AG, en nous donnant le droit de faire remonter des femmes avant des hommes si l’on constate une trop grande inégalité dans la distribution de la parole, et d’interrompre une prise de parole qui serait agressive/viriliste/sexiste, etc. Nous souhaitons qu’un tour de parole soit systématiquement mis en place en AG et nous voulons aussi rappeler l’importance de la bienveillance entre nous en AG, l’idée qu’il n’y a pas de question bête. Nous décidons aussi qu’à chaque AG, nous allons chronométrer le temps de parole pris par les mecs/les meufs et annoncer à tou.te.s le résultat en fin d’AG, en espérant que ce résultat s’améliore peu à peu. Nous voulons aussi préciser à l’intention des participant.e.s non mecs cis de l’AG que notre intervention n’est en aucun cas une injonction à prendre la parole qui leur serait adressée, mais bien une tentative de construction d’une ambiance bienveillante dans laquelle ces personnes pourraient, si et quand elles le veulent, prendre la parole sereinement.
Nous rappelons également à chacun qu’il est important de faire attention au temps de son intervention et aux répétitions inutiles, souvent le fait de mec cis (il a été démontré que même si dans une AG le nombre d’intervention mecs/meufs commence à s’équilibrer en chiffres absolu, le déséquilibre en terme de temps est plus difficile à résorber, les mecs parlant en moyenne plus longtemps que les meufs).

3. Nous proposons de réfléchir collectivement aux choses suivantes :
• En cas de propos sexiste, inventer un signe silencieux pour inviter la personne à reformuler sa phrase ;
• rappel régulier des temps de paroles ;
• plusieurs personnes qui prennent les notes ;

4. Enfin, nous voulons rappeler que désormais, nous ne laisserons plus rien passer et construisons une vraie sororité entre nous, notamment contre les agresseurs. Nous avons constitué une liste mail non mixte (inscrivez vous sur la feuille si vous souhaitez la rejoindre) qui nous servira à nous organiser ponctuellement (par ex autre AG non mixte ou éventuellement actions antisexistes) mais aussi à faire circuler entre nous les identités des agresseurs pour nous défendre collectivement. Que chaque personne puisse venir nous voir en personne ou via la liste mail, en son nom ou anonymement, si elle a subi une agression.
Sachez que la parole de la victime/survivante est écoutée, elle primera toujours sur le reste.

Pour conclure, nous espérons que vous saurez comprendre notre démarche pour ce qu’elle est : avant tout la réponse à une urgente nécessité de nous protéger entre nous et de changer les espaces qui ne sont pas safes pour nous, mais aussi la volonté d’aller plus loin collectivement et de devenir meilleurs tou.te.s ensemble, car nous savons tou.te.s que la révolution sera féministe ou ne sera pas !

Liste de ressources pour se former :
• conférence gesticulée sur le consentement et la culture du viol, par Les Culottées du Bocal, à la Bourse du Travail de Saint Denis, 11 décembre 2017, 19h15 (contribution libre)
• comment être un bon allié : https://feminazgulencolere.wordpress.co ... e-allie-e/
• quelle place des hommes dans le féminisme ? http://www.crepegeorgette.com/2014/07/2 ... feminisme/
• du viol dans les milieux militants [Attention peut choquer, scène de viol collectif] https://paris-luttes.info/a-propos-du-v ... qui-a-8797
• les femmes et le sexe forcé https://leseumcollectif.wordpress.com/2 ... xnegative/
• culture du viol https://www.youtube.com/watch?v=rDzod9TY4XM
• culture du viol 2 http://www.crepegeorgette.com/2013/03/2 ... ture-viol/
• 100 questions sur le consentement https://infokiosques.net/spip.php?article659
• oui, tous les hommes http://www.crepegeorgette.com/2016/08/0 ... -violeurs/
• le projet crocodile http://projetcrocodiles.tumblr.com/
• je connais un violeur http://jeconnaisunvioleur.tumblr.com/
• du consentement dans les relations homosexuelles (homme) https://infokiosques.net/spip.php?article1067
• « Manterrupting », le sexisme ordinaire sur la voix publique : http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... nre&xtcr=7
• La répartition des tâches entre les hommes et les femmes dans le travail de la conversation, enquête de la sociologue Corinne Monet : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=239


https://paris-luttes.info/pour-une-auto ... appel-9059
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