Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on parle.

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Messagede Lila » 05 Aoû 2017, 19:37

Les masculinistes, une menace pour les droits des femmes et des enfants

On va parler aujourd’hui du masculinisme, et des dégâts collatéraux du masculinisme. Je n’ai entendu ce mot que très récemment, et ceux qui en parlent sont alarmés. Je me suis donc penchée sur la question, et en effet il y a de quoi être alarmé. Le masculinisme est une tendance politico sociale qui voit un complot féministe partout, et qui a pour but de revenir au Moyen Age, du moins en ce qui concerne les droits des femmes. Mais, il s’agit aussi d’un retour au Moyen Age en ce qui concerne les droits des enfants. Posons-nous donc quelques minutes pour cerner ce phénomène des plus dangereux.

à lire : http://dondevamos.canalblog.com/archive ... 38570.html
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Messagede Lila » 08 Oct 2017, 23:00

Bienvenue chez les masculinistes : misogynes et anti-féministes

En septembre 2004, un homme déguisé en Batman escalade la façade de Buckingham Palace, d’où il déploie une banderole : « Les superpapas de Fathers-4-Justice luttent pour voir leurs enfants. » L’action fait connaître mondialement une lutte menée en faveur des droits des pères divorcés. Ne représentant qu’une minorité de la population, ces traditionalistes, machos décomplexés, prétextant leurs droits de pères, ont réussi à se faire entendre. Derrière une rhétorique à première vue légitime, leur combat s’en prend aux droits des femmes.

Depuis plusieurs années, les masculinistes, dans la même ligne que les homophobes décomplexés de la Manif pour tous ou l’anti-choix affiché de l’association Sens Commun, s’épanouissent. Après avoir prospéré aux États-Unis, en Australie et au Canada, les mouvements de défense des droits des pères s’imposent aussi en Europe, en réaction au féminisme et aux avancés qu’il a permises aux femmes.

Selon les masculinistes, le féminisme aurait forcé les hommes à changer. Depuis, ceux-ci se sentiraient dépossédés de leur identité et de leurs droits. La liste des injustices dont ils souffrent est longue : discrimination positive au travail en faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violences ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées etc. Les arguments utilisés sont majoritairement reliés à l’émotionnel et à l’identitaire ; probablement parce que, toutes les études démontrent que les inégalités entre femmes et hommes sont toujours favorables à ces derniers. Leur rhétorique est dangereuse, s’appuyant sur des données souvent non sourcées, détournant des rapports à leur avantage. Anne-Marie Devreux, sociologue, chargée de recherche au CNRS, résume leurs pensées en faisant référence à » un discours de dominants « .

Il n’y a pas d’égalité des sexes, les femmes ont pris le pouvoir!

Le masculinisme relève d’une forme d’androcentrisme et d’antiféminisme. Très bien organisés, les masculinistes considèrent que les féministes seraient allées trop loin et que les femmes sont en réalité celles qui ont le pouvoir dans la société actuelle. Ils accusent les féministes de ne parler que de violences faites aux femmes, en oubliant qu’il y a également des hommes battus et des hommes violés. Il dénonce un « empire du ventre » et une « domination matrile » (1). Le masculinisme ne se contente pas de nier l’existence du patriarcat ou d’affirmer que l’égalité des sexes serait déjà acquise ; il dénonce l’inversion de l’ordre de domination de la société. Pour eux, les féministes auraient renversé le patriarcat pour installer le matriarcat.

Des années de féminisme et de luttes pour l’égalité des droits et l’émancipation des femmes auraient causé du tort aux hommes assaillis par un profond mal-être. Face à la perte de leur virilité, il faut sauver les hommes (hétérosexuels)…

Pour la sociologue Pascale Molinier, » cette crise cache également un processus d’euphémisation des souffrances féminines. Contrairement à ces dernières, les formes masculines de décompensation sont spectaculaires et bruyantes: rixe, sabotage, surendettement, violences domestiques, suicides. Quant à la souffrance des hommes dominants, ce n’est rien de dire qu’elle fait recette. « Le stress des cadres » a fait couler plus d’encre ces dernières années que celui des caissières d’hypermarché. En pointant la vulnérabilité des hommes ne risque-t-on pas d’avaliser l’idée, bien commode pour le maintien de l’ordre social, que les femmes sont formidables dans l’adversité ? »

Beaucoup de femmes ont elles-mêmes intégré ce discours sur la « crise de la masculinité ». Elles culpabilisent, ont le sentiment de mettre la barre trop haut, d’en demander beaucoup, de vouloir trop.

La cause des pères : la rhétorique du déguisement

Les masculinistes demandent l’égalité dans la coparentalité, affirmant que les pères seraient maltraités. Le mouvement des pères a été créé pour soutenir les pères de famille soit-disant systématiquement lésés par les jugements de divorce, la garde des enfants étant dans 80% attribuée à la mère. En réalité, dans 90% des divorces, le juge entérine un accord entre les parents. Les pères acceptent en majorité que la garde soit confiée à leur ex-femme. Un désaccord entre les parents survient dans seulement 10% des divorces et ce désaccord porte à 90% sur le montant de la pension alimentaire. Il est donc très rare, que les pères demandent la garde des enfants, contrairement à ce que font croire les masculinistes.

La «souffrance» des pères spoliés du droit de s’occuper de leurs enfants est donc très suspecte. Étonnamment, cette douleur apparaît essentiellement lors de la séparation du couple. « Quand les hommes parlent «au nom de leurs enfants», c’est souvent contre les femmes. La dépossession des pères de leurs droits est complètement mythique. Ils oublient que la responsabilité parentale implique aussi des devoirs » expliquent Anne-Marie Devreux.

« Ces hommes n’aiment pas tant que ça leurs enfants, mais ne veulent simplement pas que leur femme ait plus de droits qu’eux » ajoute J. Guérin journaliste au Nouvel Observateur. » En réalité, la crise de la masculinité ne surgit que parce que les hommes sont en train de perdre leurs privilèges. »

La défense des hommes « piégés » par un paternité non désiré est un autre combat masculiniste. De leur points de vue, la contraception est uniquement entre les mains des femmes et les hommes sont victimes de la volonté des femmes de devenir mères. Le cliché misogyne de la femme vénale qui se sert de ses charmes pour arnaquer des hommes crédules est également largement répandu. A l’instar des pères divorcés soutenus juridiquement par des associations telles que SOS Papa pour éviter de payer la pension alimentaire, les pères » piégés » ne se manifestent que lorsqu’on menace de toucher à leur portefeuille.

A l’inverse, les hommes seraient victimes des femmes qui ne souhaiteraient pas avoir d’enfant et qui interrompraient leur grossesse contre la volonté de leur partenaire. En 2002, un homme a tenté de faire obstacle à l’avortement de sa partenaire devant la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire Boso v. Italie. Aux Etats-Unis, avec les « Fetal Homicide Laws », des hommes ont pu faire condamner leur partenaire pour avoir mis en péril leur grossesse.

La masculinité est en « crise » et les « vrais » hommes, sont devenus des perdants. Symboliquement castrés, ils ont perdu leurs repères identitaires et leur place dans la société. Sous cette rhétorique se cache en réalité la nostalgie d’une époque où les femmes étaient soumises.

la suite : http://www.50-50magazine.fr/2017/10/03/ ... eministes/
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Messagede bipbip » 01 Fév 2018, 16:08

Montreuil (93) jeudi 1er février 2018

Soirée « Lutte contre le masculinisme »

Présentation du collectif anti-masculiniste Île-De-France et de leurs outils d'analyse et de réflexion.

à 19h, Café-librairie Michèle Firk, La Maison de l’Arbre / La Parole Errante
9 rue François Debergue, Montreuil (93)

Le collectif anti-masculiniste ile-de-France est un collectif féministe mixte qui milite depuis 2013 contre une forme particulière de sexisme: le masculinisme. Leurs activités sont multiples : écriture de brochures sur le mouvement masculiniste, création d'ateliers, organisation de soirées-discussion autour d'un livre ou d'un film, diffusion d'infos, veille des activités des masculinistes, etc...

Nous vous proposons de discuter de ce mouvement qui attaque les droits acquis par les luttes féministes. Leurs thèmes de prédilection: les "paternités imposées", les "hommes battus", les "pères lésés par la justice", et la "crise de la masculinité". A travers 3 courtes vidéos, qui illustrent ces thématiques, nous tenterons de repérer la banalité des principaux discours masculinistes, d'échanger à ce propos et de s'armer intellectuellement contre ces attaques.

Mixité largement encouragée !
• 19h petite mise en bouche apéritive,
• 19h30: plat de résistance au masculinisme !

https://openagenda.com/cafe-librairie-m ... sculinisme
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Messagede Lila » 14 Mai 2018, 00:34

« De la haine à l’état brut » : ce pour quoi le mouvement des « InCel » cible et terrorise les femmes

L’homme accusé d’avoir perpétré l’attentat à la camionnette de Toronto aurait des liens avec la communauté en ligne des InCel (pour « Célibataires Involontaires »). Le langage qu’ils utilisent peut paraitre ridicule, mais la menace qu’ils représentent pourrait bien être mortelle.

Lorsqu’une fourgonnette a été lancée le lundi 23 avril sur un trottoir de Toronto, tuant 10 personnes et en blessant 15 autres, le chef de police Mark Saunders a déclaré que même si l’incident semblait être prémédité, il n’y avait aucune preuve de terrorisme. Le ministre canadien de la Sécurité, Ralph Goodale, a soutenu cette opinion, en annonçant immédiatement que l’événement « ne faisait pas partie d’un complot terroriste organisé ». Le Canada a des règles à cet égard : pour être considéré comme du terrorisme, l’agresseur doit avoir une motivation politique, religieuse ou sociale, au-delà de « vouloir semer la terreur ».

Pourquoi les autorités ont-elles si rapidement rejeté l’idée de terrorisme (considérant que cela peut encore changer, la tragédie étant très récente) ? Peu de temps avant l’attaque, un message est apparu sur le profil Facebook du suspect, saluant le début de la « Rébellion des InCel », y compris la phrase « Recrue d’infanterie 00010, souhaite parler au Sergent 4chan s’il vous plaît. C23249161. » (« 4chan est la principale plateforme de mobilisation sur Internet d’un courant de l’extrême droite, l’Alt-Right », explique Mike Wendling, auteur du livre Alt-Right : from 4Chan to the White House.)

Il y a une réticence à considérer que le mouvement des « InCel » possède quelque chose d’aussi construit qu’une « idéologie », ou à traiter leur pensée comme développée et cohérente, en partie parce que sa conception est aussi farfelue.

La formule « Célibataire involontaire » a été créée il y a 20 ans par une femme dénommée Alana ; elle a choisi cette appellation en vue d’un forum de discussion en ligne à l’intention des célibataires, essentiellement un groupe de cœurs esseulés. Elle dit aujourd’hui : « J’ai l’impression d’être la scientifique qui a découvert la fission nucléaire et qui apprend ensuite que celle-ci est utilisée comme arme de guerre », pour parler de son sentiment de voir son projet se transformer en point de ralliement d’une misogynie violente sur la plateforme Reddit.

La nébuleuse des InCel fait partie du réseau masculiniste en ligne (la « manosphère »), mais se distingue de l’activisme habituel des droits des hommes du fait que selon Wendling – qui est aussi rédacteur en chef de BBC Trending, l’unité d’enquête sur les médias sociaux du radiodiffuseur britannique – elle invite ses membres à une « haine absolue. C’est abject. Leurs propos sont incroyablement tordus et complètement disjonctés de la réalité : de la haine à l’état brut. » Leur idéologie a une certaine accointance avec celle de la suprématie blanche, en ce sens que ses membres se retrouvent dans les mêmes espaces en ligne et partagent une partie de la même terminologie, mais les InCel se distinguent par des figures types chargées de haine : les Bonnes (les femmes séduisantes) ; les Beaux-gosses (les hommes séduisants) ; et les Normies (les personnes qui ne sont pas InCel, c’est-à-dire qui peuvent trouver des partenaires, mais sans avoir nécessairement belle apparence). Fondamentalement, les InCel disent ne pas arriver à coucher et ils haïssent violemment quiconque y arrive.

La cause en est, à leurs yeux, les hommes attirants qui ont des rapports sexuels avec trop de femmes – « Nous devons faire quelque chose au sujet du problème de la polygamie », a déclaré un membre, dans un étonnant monologue de trois heures mis en ligne à propos de l’attaque de Toronto –, mais bien sûr, la cause principale de leur problème tient aux femmes elles-mêmes, qui deviennent des ennemies en tant que personnes, mais aussi en tant que classe politique. On trouve sur les sites InCel beaucoup d’échanges sur les meilleures façons de les « punir », avec des fantasmes de viol en masse et des conseils pour pister les femmes sans être arrêtés, juste pour le plaisir de savoir qu’elles en sont conscientes. Le féminisme est tenu pour responsable de l’incapacité de coucher d’un mec, et la régulation des naissances aurait permis aux « femmes d’avoir des rencarts seulement avec des Beaux-gosses. Cela a toutes sortes de ramifications sociales néfastes », prétendent-ils.

Il n’y a pas de chiffres sur le nombre d’hommes qui adhèrent à cette doctrine ni d’étude sur leur degré d’extrémisme, « mais ce n’est pas un petit réseau sur Reddit », dit Wendling. « C’est gros. Cela pèse lourd. C’est un mouvement de dizaines de milliers de personnes qui visitent ces plateformes, ces sous-Reddit. Il s’agit d’espaces sûrs pour eux. »

la suite : https://entreleslignesentrelesmots.word ... es-femmes/
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« De la haine à l’état brut » : ce pour quoi le mouvement...

Messagede clateuf » 22 Mai 2018, 08:50

« De la haine à l’état brut » : ce pour quoi le mouvement des « InCel » cible et terrorise les femmes
par Zoe Williams

L’homme accusé d’avoir perpétré l’attentat à la camionnette de Toronto aurait des liens avec la communauté en ligne des InCel (pour « Célibataires Involontaires »). Le langage qu’ils utilisent peut paraitre ridicule, mais la menace qu’ils représentent pourrait bien être mortelle.
Lorsqu’une fourgonnette a été lancée le lundi 23 avril sur un trottoir de Toronto, tuant 10 personnes et en blessant 15 autres, le chef de police Mark Saunders a déclaré que même si l’incident semblait être prémédité, il n’y avait aucune preuve de terrorisme. Le ministre canadien de la Sécurité, Ralph Goodale, a soutenu cette opinion, en annonçant immédiatement que l’événement « ne faisait pas partie d’un complot terroriste organisé ». Le Canada a des règles à cet égard : pour être considéré comme du terrorisme, l’agresseur doit avoir une motivation politique, religieuse ou sociale, au-delà de « vouloir semer la terreur ».

Pourquoi les autorités ont-elles si rapidement rejeté l’idée de terrorisme (considérant que cela peut encore changer, la tragédie étant très récente) ? Peu de temps avant l’attaque, un message est apparu sur le profil Facebook du suspect, saluant le début de la « Rébellion des InCel », y compris la phrase « Recrue d’infanterie 00010, souhaite parler au Sergent 4chan s’il vous plaît. C23249161. » (« 4chan est la principale plateforme de mobilisation sur Internet d’un courant de l’extrême droite, l’Alt-Right », explique Mike Wendling, auteur du livre Alt-Right : from 4Chan to the White House.) Lire la suite : http://clas.pe.hu/spip.php?article442
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Lila » 19 Juil 2018, 17:15

« Les masculinistes enfument la réflexion sur l’égalité entre les sexes »

L’édition estivale de Pages de gauche consacre un dossier entier à l’égalité entre femmes et hommes. Dans une interview accordée à la revue, le Pr Francis Dupuis-Déri évoque les ravages du masculinisme.

Dans La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace, le chercheur québécois Francis Dupuis-Déri montre comment les discours masculinistes, sous couvert de défense des hommes en souffrance, propagent en fait un «suprématisme mâle». Entretien.

Quels sont les thèmes récurrents des discours postulant une «crise de la masculinité»?

Francis Dupuis-Déri: Je me suis intéressé d’abord à la rhétorique masculiniste en Occident depuis le XVIe siècle, puis aujourd’hui un peu partout sur la planète. Les thèmes peuvent évidemment être différents, selon l’époque et le lieu. Avant la libéralisation du divorce, par exemple, on parle de l’épouse dominatrice et castratrice qui opprime son mari; aujourd’hui, c’est l’ex-conjointe qui aurait évincé le père et lui extorquerait une pension alimentaire.

Cela dit, des thèmes semblent éternels, comme la «mère dominatrice» et castratrice. Du XIXe siècle à aujourd’hui, on s’inquiète aussi des «premières» femmes qui entrent dans des professions masculines, ou de ces mères qui interdisent aux garçons de jouer à la guerre. Ce dernier discours est repris aujourd’hui par ceux qui s’inquiètent des difficultés scolaires des garçons.

Cela dit, certains thèmes sont saillants aujourd’hui, dont la difficulté des hommes à obtenir des relations sexuelles (hétérosexuelles). En France, au moins depuis les années 1990, le mythe de la tyrannie de la «rectitude politique» est régulièrement évoqué par des polémistes, par exemple Pascal Bruckner, qui fondent leur critique sur une conception stéréotypée du «féminisme radical» aux Etats-Unis. Les hommes seraient victimes d’un féminisme prétendument «puritain» qui empêcherait de flirter, voire de regarder une femme. Les masculinistes français se réclament de l’«exceptionnalisme français» en matière d’«amour romantique» et de «jeu de séduction», une manière de ne pas prendre au sérieux les analyses féministes en matière de violence masculine et de culture du viol.

Dans quels contextes et par qui ces discours sont-ils tenus?

Ce discours de la crise de la masculinité s’exprime partout en Occident, y compris dans les pays d’Europe de l’Est, ainsi qu’en Corée du Sud, en Inde, en Israël, au Japon, un peu partout en Afrique et en Amérique latine. Les communautés chrétiennes, juives et musulmanes seraient toutes affectées par cette crise, dit-on.

Plusieurs études ont révélé que les principaux propagateurs de ce discours sont le plus souvent des hommes ayant un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne nationale, et appartenant à la classe moyenne aisée: des avocats, des journalistes, des psychologues, des membres des professions libérales, etc. D’ailleurs, la rhétorique masculiniste s’intéresse peu ou pas du tout aux catégories d’hommes les plus vulnérables ou misérables, par exemple les chômeurs, les prisonniers, les sans domicile fixe, les sans-papiers. Ce discours est aussi porté par des organisations plus ou moins institutionnalisées qui œuvrent pour défendre les intérêts des hommes, en particulier des pères divorcés ou séparés.

Les réseaux d’extrême droite reprennent ce discours: il s’agit de feuilleter, à ce sujet, le manifeste d’Anders Breivik, ce militant néofasciste qui a assassiné 77 personnes en Norvège, en 2011. Il s’agit aussi de porter attention à ceux qui se réclament aujourd’hui de son nom dans des messages d’insultes et de menaces qu’ils envoient à des femmes journalistes. Mais on retrouve aussi ce discours dans les réseaux progressistes et même anticapitalistes, par exemple chez des auteurs comme Alain Badiou et Jean-Claude Michéa, qui prétendent que les jeunes filles réussissent mieux que les garçons, que les mères écrasent leurs fils, et que l’émancipation des femmes joue le jeu du néolibéralisme.

Quels peuvent être les effets politiques de cette rhétorique hostile au féminisme?

Les masculinistes opposent au féminisme une vision d’un monde où nous sommes les victimes souffrantes des femmes et des féministes. Le patriarcat a cédé la place au matriarcat. L’Etat est sous l’emprise de «Big Mother». Voilà une manœuvre pour enfumer la réflexion sur l’égalité entre les sexes, miner la légitimité du féminisme et stimuler l’empathie et même le care à l’égard des hommes. Des féministes se laissent d’ailleurs attendrir. Surtout, des programmes publics de subvention exigent maintenant que des associations par et pour les femmes intègrent les hommes ou des enjeux qui les concernent, ce qui détourne certaines féministes de leurs priorités. De manière plus tragique, comme on l’a vu à plusieurs reprises ces dernières années, ce discours vient justifier des attentats contre des femmes commis par des hommes qui prétendent vouloir se venger des femmes car ils n’ont pas eu de relations sexuelles.

Paru dans Pages de gauche n°168, été 2018, dossier: «La parole des femmes», www.pagesdegauche.ch

A lire: F. Dupuis-Déri, La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace, Montréal, Editions du remueménage, 2018.


https://lecourrier.ch/2018/07/18/les-ma ... les-sexes/
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 19:12

Atelier d’autodéfense antimasculiniste

Rennes le samedi 22 septembre 2018
de 14h à 17h30 au Bocal, local autogéré, situé 2 avenue de Finlande

Rendez-vous le 22 septembre. L’objectif est de s’entraîner collectivement à détecter les idées et discours masculinistes, et à essayer de les affronter de différentes manières.

Le collectif anti-masculiniste Île-de-France a mis au point un outil d’auto-formation, contre le masculinisme. L’objectif est de s’entraîner collectivement à détecter les idées et discours masculinistes, et à essayer de les affronter de différentes manières.

L’atelier abordera plusieurs sujets de prédilection des masculinistes : la résidence des enfants après une séparation, la thématique des « hommes victimes de violence », la place des pères dans l’éducation des enfants, la responsabilisation et culpabilisation des femmes qui subissent des violences masculines ou encore la « crise de la masculinité ».

Afin de faciliter la participation et l’implication de touTEs, différents outils seront proposés (analyse de chanson, de vidéos, débats mouvants autour d’énoncés masculinistes) et différentes modalités de discussion seront utilisées (petits groupes, groupe plus élargi). Les différents moments de l’atelier seront entrecoupés de temps de détente.

Cet atelier sera en mixité choisie sans hommes cisgenre hétéro et spécifiquement destiné aux personnes ayant eu un ou des enfants. Nous précisons que le collectif d’animateur-trices est en mixité de genre. Il n’y a pas de savoirs préalables sur le masculinisme nécessaires pour pouvoir participer à l’atelier. La réflexion se construira collectivement, à partir de là où en est chacun.e face à ces questions.

Informations pratiques : Une ou plusieurs personnes seront présentes pour passer l’après midi avec les enfants. La présence des plus jeunes bébés est possible si besoin pendant l’atelier (nous préciser le nombre d’enfants et bébés et leur âge). Le local est accessible aux personnes à mobilité réduites mais le bâtiment n’est pas aménagé pour accueillir les personnes en fauteuils lourds.

Les inscriptions sont ouvertes à titre individuel et sont limitées à 15 personnes (nous préciser la venue d’enfants et bébés). L’atelier aura lieu le samedi 22 septembre 2018 de 14h à 17h30, au Bocal, local autogéré, situé 2 avenue de Finlande à Rennes.

Pour vous inscrire, envoyez un mail à antimasculinistes@riseup.net

https://expansive.info/Atelier-d-autode ... niste-1158
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