Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on parle.

Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on parle.

Messagede lou » 03 Juil 2009, 14:27

Le masculinisme dénonce un certain nombre d’éléments des sociétés occidentales modernes, que le mouvement estime être discriminatoires envers les hommes :

* Une législation et une application des lois discriminatoires. Pour les masculinistes, il existe une application des lois plus sévère à l'égard des hommes qui à délit égal seraient condamnés à des peines de prisons plus longues que les femmes, et plus souvent à des peines de prison ferme. À titre d'exemple les masculinistes demandent une législation beaucoup plus sévère vis à vis des fausses accusations, une neutralité des personnels judiciaires et policiers notamment dans les affaires de violence sexuelle, la prise en compte des hommes victimes de violence par des femmes en tant que victimes à part entière et une application plus ferme de la notion de présomption d'innocence.
* Une négligence de la part de la société vis-à-vis de la sécurité physique, matérielle, émotionnelle et morale des hommes. Le suicide masculin, les violences subies par les hommes, les problèmes de santé, ceux liés aux conditions de travail, aux conditions d'extrême pauvreté, la représentation souvent jugée négative , voire humiliante des hommes dans les médias, sont autant de thématiques masculinistes.
* Un conditionnement dont sont victimes les hommes. Pour le masculinisme, certains hommes sont éduqués dans le but d'en faire des pourvoyeurs, des protecteurs. Certains garçons sont depuis l'enfance élevés à prendre des risques, à être plus violents, à être considérés comme sacrifiables, à être prêts à risquer leur vie dans le but de protéger les autres. Cet aspect est également dénoncé par les féministes égalitaires (non-essentialistes)
* Un rôle étriqué accordé aux pères dans la société. Pour les masculinistes, lors des divorces, la garde des enfants est trop systématiquement accordée aux mères, alors que les deux parents sont également importants pour le développement d'un enfant. De même certains masculinistes posent la question sur les droits liés à l'enfantement : la création d'une procédure administrative qui libérerait les hommes des obligations liées à un enfant conçu contre leur volonté ( par exemple par une femme qui prétendrait faussement être sous contraception ) ou un enfant simplement non désiré (par exemple lors de l'inefficacité d'un moyen de contraception), le développement d'une « pilule pour hommes », la gratuité de tests ADN pour déceler les éventuelles fraudes parentales, etc.
* Les difficultés qui seraient artificiellement crées pour les garçons par le système éducatif actuel au niveau des résultats scolaires , alors que ceux-ci obtiennent généralement - au moins en ce qui concerne les matiéres scientifiques - spontanément des résultats meilleurs que ceux des filles . Les masculinistes dénoncent un manque d'intérêt vis-à-vis de ces problèmes, de la nécessité d'aides spécifiques et les difficultés rencontrées dans un milieu « hautement féminisé » qui serait de plus, particulièrement chez les plus jeunes,hostile aux garçons.

La société, devenue matriarcale, aurait tendance à stigmatiser les hommes (violents, égoïstes, alcooliques, primitifs, etc.), et à "casser des hommes", comme dans des temps sordides, et pas si anciens, on stigmatisait et on "cassait" des juifs en Allemagne nazie, ou des noirs en Afrique du Sud


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Plate-forme de la coalition anti-masculiniste

(Cliquez ici pour une version imprimable) (Pour adhérer à cette plate-forme, cliquez ici)

Nous sommes une coalition d’individu-e-s féministes et pro-féministes qui vise à dénoncer, dans un contexte de la montée de la droite, de l'extrême droite et du relativisme politique, les discours et actions réactionnaires cherchant à dénigrer et à détruire les acquis sociaux gagnés par les femmes, pour les femmes.

1. Le masculinisme : une mouvance de droite

Nous nous opposons au masculinisme. Le masculinisme est une mouvance réactionnaire qui s'oppose au changement social porté par le mouvement féministe. Il défend une vision traditionnelle de la famille et des rapports sociaux entre les sexes. Nous rejetons ces valeurs conservatrices et luttons pour l'émancipation des femmes et des hommes hors du carcan patriarcal. Certains masculinistes se cachent sous des dehors conciliateurs, et disent souhaiter repenser la place des hommes dans la société. Cependant, il ne faut pas être dupe de ce discours dilué et aller directement à la source. Par exemple, dans le cas du congrès Paroles d’hommes, qui dit souhaiter promouvoir une «harmonisation des relations hommes - femmes en établissant de nombreux liens entre groupes féministes et groupes hoministes », le président, Yvon Dallaire, clame ouvertement dans ses propres écrits sa défiance, voire sa haine des féministes, et légitimise la violence faite aux femmes. Qu'on le nomme masculinisme ou hominisme, ou qu’on tente de le faire passer sous couvert d’un discours de gauche, pour nous ce mouvement reste le même, un mouvement réactionnaire, rétrograde, voire misogyne et anti-féministe.

2. Le masculinisme, un renforcement du patriarcat

Le discours masculiniste est multiple, fortement stéréotypé et met souvent de l’avant une vision du genre masculin axée sur la virilité, l’agressivité, le contrôle et le machisme tandis que les femmes devraient, par « nature », être douces, compréhensives, et surtout, obéissantes. Plusieurs masculinistes défendent une définition rigide du rôle des hommes et des femmes, et considèrent le lesbianisme et l’homosexualité comme une anomalie et un affront à la nature.

3. L'égalité : toujours un objectif

L'égalité entre les sexes n'a pas été atteinte et les hommes occupent toujours une place dominante dans la société et non pas, comme les masculinistes tentent de le faire croire, un statut de victimes face aux femmes. Doit-on rappeler qu'aujourd'hui encore, des écarts de salaires persistent toujours entre les hommes et les femmes, que l'analphabétisme, la pauvreté et la dépression sont toujours plus marqués chez ces dernières, que le travail domestique continue toujours d’être assigné aux femmes, et que la quasi totalité des victimes d'agressions à caractère sexuel sont des femmes ? L'oppression systémique des femmes est toujours bien réelle et l'égalité, toujours un objectif.

4. Les hommes ne sont pas des victimes

Il n'existe pas un nouveau système social qui infériorise les hommes. Nous rejetons l'idée que le féminisme aurait créé un apartheid sexiste anti-mâle comme l'affirme généralement le mouvement masculiniste. Ainsi, ce dernier tente de nous faire croire que les droits des femmes ont engendré la discrimination et la domination des hommes. Nous affirmons, au contraire, que les droits des femmes ont heureusement changé le modèle de la famille traditionnelle qui imposait aux hommes et aux femmes des rôles sociaux rigides calqués sur les stéréotypes sexuels, rôles sociaux encore trop souvent reproduits dans notre société. Affirmer que ce changement discrimine les hommes, c'est affirmer vouloir retourner à une société conservatrice.

5. Le mythe du naturel

Afin de pousser leur agenda conservateur, certains masculinistes expliquent et justifient la division sexuelle du travail et des rôles de chaque genre comme étant naturels, innés, donc inaltérables. Ils nient le processus de socialisation et de construction sociale à l’origine de cette division. Par le fait même, les masculinistes tentent de consolider le rôle prédominant des hommes dans les domaines de pouvoir et d’influence tels que la politique, au nom du naturel et au détriment de l’égalité.

6. La violence : une réalité

La violence conjugale, et plus largement la violence faite aux femmes, est toujours une plaie dans notre société. Dans la grande majorité, voire la quasi totalité des cas, ce sont les femmes qui en sont victimes et les hommes, les agresseurs. Ainsi, nous considérons que la violence masculine est un outil de sanction visant à rappeler aux femmes leur rôle dans le système patriarcal. C'est un fait social inacceptable qu'il faut enrayer et nous rejetons vigoureusement les propos affirmant que cette violence serait naturelle ou symétrique. Rappelons que certains masculinistes vont jusqu'à légitimer cette violence.

7. Avortement, contraception : libres et gratuits

Plusieurs masculinistes réclament des droits sur le ventre des femmes. Nous sommes déterminé-e-s à lutter contre la contrainte à la maternité, à défendre et renforcer l'accessibilité et le droit à l'avortement et aux moyens de contraception. Pour nous, le libre choix des femmes de contrôler leur corps est sous tous les points de vue une clé essentielle à leur émancipation.

8. Vernis scientifique

Afin d’opposer la pseudo-oppression de certains hommes à l‘oppression des femmes, les masculinistes ont souvent recours à l’utilisation de statistiques douteuses et hors contexte, en plus de créer des concepts de toutes pièces (ex.: syndrome du faux souvenir, violence conjugale symétrique). Bien qu’il existe des hommes en difficulté, il est malhonnête de considérer ces problèmes comme étant aussi importants que ceux que vivent les femmes. Nous dénonçons vigoureusement cette attitude qui a pour effet une déresponsabilisation totale des hommes face à l’oppression des femmes.

Conclusion

Voila pourquoi nous opposons au masculinisme par le biais d’une analyse féministe radicale, identifiant un système économique, politique et social qui se nomme patriarcat. Ce système institutionnalise la domination des hommes sur les femmes. Les solutions aux problèmes sociaux des femmes et des hommes se trouvent selon nous du coté du féminisme radical, de l'abolition du patriarcat et de la redéfinition des rapports sociaux de sexes.


Il y a un site: http://www.antipatriarcat.org/antimascu/

C'est plein d'enseignements. Il faut savoir que le mouvement masculiniste a une assez forte influence au Canada et qu'il commence à s'implanter en France. :gun:
je serai post-féministe quand nous en serons au stade du post-patriarcat.
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Messagede bipbip » 16 Oct 2012, 15:03

Une conférence masculiniste à Lyon a amené action-réaction collective féministe

Les documents joints en dessous sont utiles aussi pour l'argumentaire anti-masculiniste.


Conférence masculiniste à Lyon :
Action-réaction collective féministe et anti-masculiniste


Dans le cadre de la quinzaine de l’égalité femmes-hommes de la région Rhône-Alpes, sur le thème « Le pouvoir a-t-il un sexe ? », des masculinistes du Groupe d’Etudes sur leS SexismeS (GES) ont organisé une conférence ce Samedi 13 octobre « Hommes battus : qui sont-ils ? Comment peut-on les aider ? ». Face au danger que représentent leurs idéologies, face à l’écho grandissant de leurs discours dans les médias et dans les discussions ordinaires, des féministes et anti-masculinistes se sont organisé-e-s collectivement pour contrer la diffusion de leur débat et de leurs arguments !

Le masculinisme, ou l’expression de la misogynie et de l’anti-féminisme

Cette mou­vance poli­ti­que nie les fon­de­ments patriar­caux de notre sys­tème social, notam­ment la dimen­sion struc­tu­relle des vio­len­ces faites aux femmes et plus lar­ge­ment des vio­len­ces sexis­tes. Le GES en par­ti­cu­lier dénonce deS sexis­meS, met­tant ainsi à égalité miso­gy­nie et misan­drie. Depuis les années 80, ces grou­pes mas­cu­li­nis­tes se ren­for­cent et se déploient dans dif­fé­rents pays notam­ment au Québec et en France, en réac­tion aux mou­ve­ments fémi­nis­tes. Hostiles à l’égard des avan­cées en termes d’émancipation des femmes, ils déve­lop­pent leur argu­men­taire autour de « l’oppres­sion spé­ci­fi­que des hommes », un non-sens dans ce sys­tème patriar­cal. Le dis­cours mas­cu­li­niste est sou­vent masqué par la cause de « l’égalité » de tous et de toutes. Le pré­si­dent du GES s’auto-congra­tule d’ailleurs d’orga­ni­ser le seul événement de la quin­zaine autour de la condi­tion mas­cu­line et de ré-injec­ter ainsi de l’égalité dans cet événement.

Stratégie collective contre discours anti-féministe

Afin de dénon­cer et de démon­ter les argu­ments mas­cu­li­nis­tes, un info­kios­que garni de bro­chu­res anti-mas­cu­li­nis­tes est mis en place devant l’hôtel Campanille, lieu de dérou­le­ment de la confé­rence. Un tract rédigé pour l’occa­sion est aussi dif­fusé aux per­son­nes venues à cet événement (Document en fin d’arti­cle).

A l’inté­rieur, nous décou­vrons une petite salle d’une cin­quan­taine de places. Nous sommes une tren­taine et occu­pons plus de la moitié de la salle.

Le pro­gramme annoncé : témoi­gnage de 2 hommes battus, inter­ven­tion de Sylviane Spitzer, psy­cho­lo­gue « spé­cia­liste de ce type de vio­len­ces » (et pré­si­dente-fon­da­trice de SOS Hommes Battus, autre asso­cia­tion mas­cu­li­niste), pause, puis « chif­fres » et débat.

Remarquons la stra­té­gie qui joue sur la corde émotionnelle de l’audience en s’appuyant sur l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion des témoi­gna­ges indi­vi­duels, pour ensuite les géné­ra­li­ser par un pseudo-dis­cours scien­ti­fi­que d’experte. Aucune ana­lyse de la struc­ture sociale n’est men­tion­née par le pro­gramme, et les chif­fres qui per­met­traient à des curieu-se-x d’abor­der un état des lieux des vio­len­ces conju­ga­les arri­vent après le lavage de cer­veau. Une belle manière d’intro­duire un débat de fond !

Patrick Guillot, auteur de « la Misandrie, Histoire et actua­lité du sexisme anti-hommes » (sic !), et membre du bureau du GES, ouvre la confé­rence en sou­li­gnant l’inté­rêt de parler de la condi­tion mas­cu­line et en intro­dui­sant une logi­que dans laquelle les hommes seraient vic­ti­mes d’un autre sexisme.

L’une d’entre nous inter­vient pour rap­pe­ler la réa­lité du sys­tème patriar­cal et dénon­cer l’impos­ture de cette logi­que anti-fémi­niste. Plusieurs inter­ven­tions se sui­vent pour deman­der de contex­tua­li­ser le débat dans le pay­sage social. Face à l’impos­si­bi­lité d’échanger sur les sujets deman­dés, nous lisons col­lec­ti­ve­ment le tract, scan­dons des slo­gans comme « vos souf­fran­ces indi­vi­duel­les ne sont pas struc­tu­rel­les », « ta mas­cu­li­nité n’est pas en danger »... Nous chan­tons une chan­son anti-mas­cu­li­niste créée pour l’occa­sion, applau­dis­sons, dis­cu­tons avec des per­son­nes du public... Après 40 minu­tes d’occu­pa­tion de l’espace sonore, le staff de l’hôtel nous pré­vient de l’arri­vée des flics. Nous déci­dons de partir de nous-mêmes en scan­dant « mas­cu­li­nis­tes, patriar­cat, même combat ! » lais­sant ainsi une petite ving­taine de per­son­nes dans la salle.

A noter que des res­pon­sa­bles de la région en charge de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les dis­cri­mi­na­tions, ont échangé avec nous pour « ali­men­ter leur argu­men­taire contre les mas­cu­li­nis­tes ». Il serait temps car lors de la pre­mière quin­zaine de l’égalité femmes-hommes en 2011, le GES béné­fi­ciait déjà d’argent public pour orga­ni­ser une confé­rence. Le Conseil Régional a été inter­pellé à ce sujet par des asso­cia­tions fémi­nis­tes, et pour­tant le GES avait encore une place, un finan­ce­ment et de la visi­bi­lité lors de cette édition 2012.

Nous étions nombreu-ses-x pour lutter contre l’incursion des idées masculinistes dans nos vies, nous serons là pour lutter contre elles, féministes tant qu’il le faudra !

http://rebellyon.info/Conference-mascul ... -Lyon.html


Documents joints

. Tract anti-masculiniste oct 2012 (argumentaire distribué pendant l’action) :
http://rebellyon.info/spip.php?action=a ... t_2012.pdf

. Contre le Masculinisme - Petit guide d’autodéfense intellectuelle(Brochure du collectif Stop Masculinisme) :
http://rebellyon.info/spip.php?action=a ... me_web.pdf
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Pïérô » 03 Juil 2013, 02:24

Qu’est ce que le masculinisme ? Comment le combattre ?
dossier trois brochures et deux émissions de radio :
http://lgbti.un-e.org/spip.php?rubrique25
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede bipbip » 28 Juil 2013, 15:41

Article du mensuel Alternative Libertaire N°228 Juin 2013
Masculinisme : Le bras armé du patriarcat

On a beaucoup entendu parler du coup d’éclat d’un certain M. Charnay monté sur une grue à Nantes et bientôt imité par quelques autres. Derrière ce mode d’action se tiennent un mouvement et une idéologie antiféministes qui ne disent pas leur nom. Explications.

Derrière le très médiatisé père exigeant un droit de visite pour son enfant, les « papas » mobilisés se présentent comme les porte-parole d’associations pleines de bons sentiments et dénonçant une institution judiciaire anti-pères, hostile aux hommes. Mais derrière ce geste d’apparence « égalitaire », la réalité était plus sombre, et plus politique : des pères condamnés pour violences contre la mère ou l’enfant, des discours qui tournent assez vite à la misogynie, un mode d’action « estampillé » : on a eu affaire à une nouvelle offensive masculiniste ! Ce mouvement, pas très connu en France, y est cependant grandissant. Plus ancien et actif au Québec (voir l’interview de Mélissa Blais), il a su montrer sa nocivité.

Le terme de « masculinisme » a initialement été utilisé au moment de la deuxième vague féministe, dans les années 1970. Certains souhaitaient s’émanciper d’une socialisation contraignant les hommes à adopter les rôles traditionnels associés au « masculin » : virilité, contrôle de la parole dans l’espace public, force, etc. Ce courant développe au départ une critique de l’influence sur les hommes du schéma patriarcal, du virilisme et de l’homophobie, d’une manière qui est plutôt progressiste et favorable au féminisme.

Un antisexisme détourné

Mais son analyse se veut plus antisexiste que féministe, et tend sans forcément le vouloir à mettre femmes et hommes à égalité face à un sexisme général, avec une ambiguïté et un risque de récupération par des forces anti féministes, qui ne s’est, hélas, pas fait attendre... C’est ainsi dans les années 1980, d’abord au Québec, que le terme de « masculinisme » est repris et totalement retourné par des individus et groupes antiféministes, s’attaquant aux droits sociaux des femmes acquis depuis peu.

Un lobby patriarcal et antiféministe

Le masculinisme est un mouvement social plus ou moins diffus : psychologues, sexologues, universitaires, politiques, intellectuels médiatiques, mais aussi des individus et groupes actifs dans des réseaux d’aide psychologique aux hommes, et surtout dans les « groupes de pères » séparés ou divorcés.

Ce mouvement déploie un discours misogyne, antiféministe, et conteste la plupart des droits acquis par les luttes féministes, pour conserver ou renforcer les privilèges masculins et la structure patriarcale de la société. C’est pourquoi il vise très concrètement le terrain de la famille, en faisant pression pour faire baisser ou supprimer les pensions alimentaires, instituer une garde partagée sans condition, ou supprimer le droit des femmes à divorcer. Mais il conteste aussi le droit à la contraception, à l’avortement, ainsi que la mixité à l’école...

L’action des masculinistes se déploie principalement sur internet, dans des blogs et sites, mais aussi dans des actions spectaculaires. En général il s’agit de l’escalade de croix, ponts ou grues pour réclamer des « droits pour les pères » (ainsi des actions des fathers for justice au Québec). Le harcèlement judiciaire sur les femmes divorcées ou victimes de violences, ainsi que les menaces sur les féministes sont également récurrents. Ainsi, même s’il paraît encore minoritaire, le mouvement masculiniste n’est pas à prendre à la légère. En décembre 1989, Marc Lépine a tiré sur quatorze étudiantes de l’école polytechnique de Montréal, car elles étaient des femmes et n’avaient selon lui pas leur place dans cette école. Avant de se tuer lui-même il a laissé une lettre expliquant son acte : il a tiré sur ces femmes car il haïssait les féministes.

Storytelling

Pour appuyer ses revendications, le masculinisme construit tout une série de mythes, qu’on peut ranger en trois groupes.

La crise de la « masculinité » : la civilisation occidentale subirait une féminisation généralisée, entraînant une véritable crise de civilisation, désastreuse en particulier pour les hommes. Jadis dominants, ils seraient devenus les dominés. Une « identité masculine » naturalisée serait ainsi attaquée, infériorisée. Les hommes seraient ainsi « perdus », en perte de repères. La faute bien sûr aux féministes, désignées comme « anti-hommes ».

Les droits des pères bafoués : la justice serait devenue pro-femmes et anti-hommes, et favoriserait systématiquement les femmes en leur accordant le droit de garde des enfants en cas de séparation, niant le « droit des pères ». En réalité, le partage des enfants se fait dans la grande majorité des cas en faveur des mères, mais à l’amiable, et la justice n’y est pour rien. Par contre, ce partage inégal témoigne de l’imprégnation, dans la société, de schémas patriarcaux traditionnels : les femmes sur-investissent leur rôle de parent, et les hommes le sous-investissent. Autre gadget inventé de toute pièce par un psy masculiniste pour aider la « cause des pères » : le « Syndrome d’aliénation parentale » (SAP), ensemble de troubles que subirait l’enfant conditionné à haïr son père lorsqu’il est sous la garde de sa mère.

Les violences faites aux hommes : les hommes se suicideraient plus que les femmes à cause de cette fameuse « crise de la masculinité » ou bien des divorces, les petits garçons subiraient la violence d’un système scolaire féminisé et castrateur, les hommes subiraient autant que les femmes les violences physiques. Les violences faites aux femmes, surestimées, ne seraient le fait que de certains individus à la psychologie louche, et non le fruit d’un système de domination. Il va de soi que ces mythes sont en contradiction totale avec toutes les études scientifiques sur ces sujets.

En France

Le mouvement masculiniste a ses représentants médiatiques au pays d’Eric Zemmour. En premier lieu on peut pointer les organisations de défense des pères séparés. La plus connue est SOS Papa, mais on connaît aussi Les Papas = les Mamans, Le Mouvement de la condition paternelle, le Nouveau mouvement de la condition paternelle, et SOS Divorce.

Le discours masculiniste est aussi porté par des personnages médiatiques. Principalement Zemmour, pour qui « Le féminisme porte en lui, comme tous les mots en « -isme », un totalitarisme ». Citons aussi Alain Soral, président du groupuscule d’extrême droite Égalité et Réconciliation : « Contrairement à l’homme dont le corps plus musculeux l’oriente naturellement vers l’action, le corps de la femme […] est d’abord conçu pour attirer le mâle dans le but de le pousser à la procréation… ». De sensibilité masculiniste, l’écrivain Michel Houellebecq fait tenir des propos antiféministes à ses personnages et dénonce la « misère sexuelle », en l’attribuant au féminisme. Enfin Marcela Iacub a clairement montré son appui au masculinisme en propageant les mythes des fausses allégations de femmes victimes de violences, du SAP, de la sur-criminalisation des crimes sexuels.

Le masculinisme peut être considéré comme une idéologie de combat du patriarcat, idéologie d’autant plus dangereuse qu’elle est structurée et se cache souvent derrière une façade égalitariste (voir ci-dessous). La vigilance féministe s’impose !

Commission antipatriarcat d’AL

Pour en savoir plus :

• Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué, dirigé par Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, éditions du Remue Ménage, 2008.

• « Les antiféminismes », Cahiers du genre, n° 52, 2012.

http://lgbti.un-e.org

• Voir aussi le film de Patric Jean La domination masculine : http://www.ladominationmasculine.net/home.html

http://www.alternativelibertaire.org/sp ... rticle5330
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Nyark nyark » 12 Aoû 2013, 00:17

À lire également sur Indymedia Paris
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Pïérô » 28 Sep 2013, 00:56

samedi 28 septembre 2013 à Poitiers
19h30, Salle Timbaud de la Maison du Peuple, rue Saint-Paul à Poitiers.

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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Pïérô » 01 Oct 2013, 12:52

Projection-discussion : La domination masculine
Le vendredi 4 octobre à partir de 19h30, à la Librairie du Monde libertaire (Publico), 145 rue Amelot, 75011 Paris. Entrée libre.
http://paris.indymedia.org/spip.php?article14235
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Pïérô » 20 Oct 2013, 14:05

Haine des femmes, anti féminisme et masculinisme
Le trio gagnant de la réaction à l’envahissante lutte pour l’émancipation menée par les femmes. Dimanche 15 septembre 2013, des associations de père manifestaient, et le pathos aveugle encore une fois les médias bourgeois, qui ne voient pas, ou ne veulent pas voir, que la réalité c’est que ce sont les femmes qui s’occupent à une écrasante majorité du soin des enfants. Au delà des gesticulations des défenseurs de la cause masculine, il est un mal plus insidieux. Cette anti féminisme toujours présent dans des lieux qui se targuent de progrès social et de critique radical. À force d’en entendre, on a eu envie de se coltiner la question et de déceler sous ces réactions, les liens avec le masculinisme, fraction consciente de la défense des intérêts de la classe des hommes. Nous revenons sur un énième article du monde libertaire sur le viol de Mme Diallo par le patron du FMI, sur un texte anti-féministe et anti-femme diffusé sur radio Klaxon à notre dame des landes, bienheureusement traduit par des camarades, pour continuer sur une interview de Mickaël qui nous expliquera ce qu’est le masculinisme et pour finir un poème…

émission à écouter sur Sons en luttes : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article642
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Les masculinistes à la manoeuvre

Messagede bipbip » 17 Déc 2013, 02:16

La menace masculiniste

Aujourd'hui le masculinisme s'installe dans les médias : un homme monté seul sur une grue, de son plein gré, condamné pour enlèvement d’enfant et violence, a réussi à monopoliser pendant toute une semaine l’attention des chaînes d’information générale. Ce type d'opérations coup-de-poing est directement inspiré du masculinisme canadien qui met en avant la « cause des pères » soit en montant sur des grues ou des monuments, soit en s'habillant en « super-héros ».

Les attaques médiatiques masculinistes sont nombreuses : à Cannes, le réalisateur François Ozon croit savoir que la prostitution fait fantasmer les femmes, Marcela Iacub fait l'apologie des « cochons » avec son livre sur DSK , les HomMen se battent contre le mariage pour tous, reprenant les modes d'actions des FEMEN, mais à visages masqués et en effectuant le salut nazi. Moins médiatisées, les Antigones vont jusqu'à reprendre un des outils du féminisme radical : la non-mixité associée à un discours essentialiste comme ceux que tiennent le Nouveau Féminisme Européen (dirigé par Elisabeth Montfort) et l’Observatoire de la Théorie du Genre (issus de l’UNI) qui critique l’idée d’un genre non lié au « sexe biologique ».

Si le masculinisme prend le devant de la scène médiatique, c'est en lien avec le débat sur le mariage pour tous et le contexte économique. En effet, la crise du capitalisme s'accompagne d'un durcissement des relais de l'oppression patriarcale : discours réactionnaire pour le retour des femmes au foyer, précarisation et dépendance financière des femmes vis-à-vis des hommes, remise en cause de l'IVG et augmentation des violences masculines.

Cependant, le masculinisme n'est pas apparu en un jour en France. Des personnalités médiatiques proches de l'extrême-droite telles que Eric Zemmour et Alain Soral, ainsi que des philosophes, sociologues, etc. ont largement contribué au développement et à la diffusion du masculinisme.

C'est ce que décrit Hélène Palma1 dans sa brochure sur l'histoire de la mouvance masculiniste :

« Chez les philosophes, Elisabeth Badinter s’intéresse depuis longtemps aux hommes, qu’elle plaint beaucoup, qu’elle qualifie de « sexe faible » dans XY et qu’elle décrit comme victimes des féministes dans Fausse route.

Chez les sociologues, les psychologues, les psychanalystes, depuis longtemps, la compassion à l’égard des hommes, des pères, et surtout des pères divorcés, est devenue une vieille habitude. CertainEs, comme Geneviève Delaisi de Parseval et Christine Castelain-Meunier, toutes deux auteures de livres consacrés à la paternité, ont longtemps fait partie du comité d’honneur de l’association SOS Papa.»

Le Masculinisme, c'est quoi ?

Le masculinisme est un nom attribué à une réaction politique anti-féministe. Le masculinisme est donc une forme de sexisme consciente et revendiquée à la différence du sexisme intégré. Il profite du rapport de force en faveur des hommes dans le cadre d'une société hétéropatriarcale, qui divise les individus en deux catégories fondées sur le genre : les hommes et les femmes. Ce rapport de force légitimise la violence des hommes sur les femmes et normalise l'hétérosexualité.

Des pratiques et discours masculinistes apparaissent « chaque fois que les rapports entre les sexes ont été bousculés parce que les femmes se sont mobilisées pour revendiquer des droits et l’égalité »2. Le masculinisme peut venir soit de la dérive de groupes non-mixtes d'hommes qui se sont interrogés sur la question du féminisme3, soit de groupes constitués directement sur des bases antisexistes voulant conserver leurs privilèges masculins.

La brochure Un mouvement contre les femmes. Identifier et combattre le masculinisme décrit bien les chemins de dérives : « tout proféministes qu'ils soient, ils n'en restent pas moins des dominants dans la structure patriarcale et dans leurs interactions avec les femmes, dotés de surcroît d'un savoir issu des recherches féministes. Ce qui n'est pas allé sans comportements méprisants et paternalistes, sans appropriation, occultation ou instrumentalisation des travaux féministes (sans citer systématiquement leurs sources), sans usage d'un pouvoir sur les femmes, sans violences lors de rencontres mixtes à propos du patriarcat, sans harcèlement sexuel, que ce soit dans des milieux aussi divers que les squats ou l'université. […] Malgré la bonne volonté qui peut être présente à l'origine de ces mouvements autonomes d'hommes, la distance prise par rapport aux théories féministes, l'absence de compte rendus de ces rencontres à des femmes féministes qui le souhaiteraient les rendent propices à produire une dynamique masculiniste. […] Ils développent une approche principalement théorique du féminisme, cherchent perpétuellement à le reformuler. Leur discours (puisqu'il s'agit essentiellement de parler) sur le féminisme peut servir de tremplin dans le milieu militant ou universitaire, ce qui s'explique assez logiquement : au vu du peu d'hommes qui sont, de près ou de loin, compagnons de route du féminisme, il peut être tentant de chercher à se faire remarquer par ce biais, de se distinguer. »

D’un point de vue historique, en occident le masculinisme apparaît dans les années 1950 lorsque le divorce aux États-Unis commence à impliquer des contreparties financières, provoquant un mouvement de contestation du paiement de la pension alimentaire par des hommes.

À partir des années 1970, ils changent de stratégie et jouent désormais la carte de l'émotionnel. La question de l'argent ne rendant pas leur cause très sympathique, ils fondent alors leurs discours sur la douleur de ne pas voir son enfant, ce qui ne manque pas de plaire aux médias et ira même jusqu'à s'adapter en scénario de film (Kramer contre Kramer, Madame Doubtfire).

Les masculinistes se plaignent d’une soi-disant crise de la masculinité dont les féministes seraient responsables. Leur objectif n’est donc pas d’en finir avec les genres, mais de protéger une masculinité attaquée. La masculinité donnant dans le cadre du patriarcat accès à certains privilèges et étant la position dominante dans le cadre du rapport de force actuel, les idées de fond du masculinisme bénéficie d’une adhésion massive.

Le masculinisme met en avant une conception bien particulière de l'égalité : les masculinistes défendent un système patriarcal inégalitaire en considérant comme naturels les genres féminin et masculin. Ils demandent l'égalité de traitement des conséquences de ce système, notamment sur les violences.

Enfin certains peuvent être intersectionnalistes, comme les « Promise keepers », aux États-Unis : groupe d’hommes évangélistes qui promeuvent et revendiquent le rôle de l'homme-patriarche, père, chef et protecteur de la famille.

Exemples de revendications masculinistes

Le masculinisme s’introduit surtout à travers sa tendance paternelle, par le biais d'associations défendant la « cause des pères » vis-à-vis de leurs enfants devant la justice. Les masculinistes revendiquent la garde partagée systématique et non au cas par cas. Ils s’organisent en groupe d’hommes contre le versement des pensions alimentaires. Ils voudraient que les femmes ne prennent un contraceptif qu’avec leur accord, ce qu'ils appellent un pouvoir de codécision sur le fait d’avoir des enfants et peuvent s’allier à l’occasion avec des groupes anti-avortement (issus en général du catholicisme intégriste). Ils parlent de résidence paritaire, de syndrome d'aliénation parentale, voire de rapt/kidnapping si l'enfant n'a pas été ramené dans les temps ou soustrait à des violences.

Ils opposent aux inégalités sociales que subissent les femmes, des soi-disant problèmes de santé (états dépressifs, suicides) spécifiquement liés à leur condition d'homme. Mais le taux de suicide est en réalité quasiment équivalent chez les hommes que chez les femmes, ce qui varie c'est le taux de réussite.

Même en ce qui concerne l'éducation, les masculinistes osent se poser en victimes prétextant d'un taux de réussite scolaire statistiquement meilleur chez les filles alors que les garçons « représentent encore la majorité des effectifs des grandes écoles, [...] les garçons bénéficient encore d'une protection patriarcale invisible qui leur donne un avantage dans le monde du travail. »

Un principe de base du masculinisme est la négation de la domination masculine et de l’asymétrie des violences, sous couvert de « droit égaux ». Ils prônent une « co-responsabilité » des violences subies par les femmes (si on te frappe ou te viole, c’est parce que tu l’as provoqué !) voire une déresponsabilisation partant du principe qu’il serait dans la nature des hommes d’être violents.

Parfois ce sont certaines capacités et/ou tâches qui sont essentialisées et attribuées à un genre. Par exemple, une femme ne sera reconnue comme telle que si elle a des enfants ou encore on dira qu’il est naturel que les femmes accomplissent des tâches de soin (avec un vernis descriptif, fourni par la psychologie évolutionniste).

Masculinisme : une contre-révolution

Le masculinisme ne s'inscrit pas simplement dans le sexisme ordinaire, l'hétéropatriarcat et la misogynie, il est d'abord une réponse du système patriarcal au féminisme. C'est pourquoi il se constitue essentiellement en groupe de pères et s'attaque toujours aux avancées ou aux luttes féministes : divorces, violences faites aux femmes, IVG... Il s'agit de remettre la question de l'« homme » dans les débats sur le sexisme, par exemple, en mettant en avant les violences faites aux hommes. En traitant de façon symétrique les hommes et les femmes, on relativise de fait l'importance du système patriarcal.

On parlera par exemple des sexismes et non du sexisme comme on peut le voir dans le texte de création du Groupe d'études sur les sexismes (GES) : « En effet, le cas du féminisme radical et idéologique a montré comment la lutte contre un sexisme se transforme aisément en son image renversée : le sexisme à rebours. » Patrick Guillot, Président du GES et auteur de « La misandrie : histoire et actualité du sexisme anti-homme ». Outre l'image évoquant la « colonisation à rebours » de l'extrême droite raciste, on constate que l'objectif affiché est de combattre toute lutte contre le système patriarcal puisqu'il est défini en tant qu'oppression spécifique des hommes sur les femmes.

Le plus grand danger du masculinisme est de faire croire que la lutte féministe a déjà gagné et ainsi créé le mythe d'une révolution féministe victorieuse qui se serait imposée à la société. À cette fin, ils utilisent des termes et un vocabulaire spécifique, comme « fémi-nazi », « système matriarcal », la misandrie ou l’idée selon laquelle le féminisme alimenterait une « guerre des sexes ».

Le masculinisme se pose donc en réaction au féminisme, en essayant de faire croire que le féminisme est allé trop loin et qu'il faut lutter contre.

Florian et Xavier

(Groupe de Montpellier)


1 PALMA Hélène, La percée de la mouvance masculiniste en Occident, http://sisyphe.org/spip.php?article2941
2 Anonyme. Contre le masculinisme. Petit guide d’autodéfense intellectuelle. 2011.
3 « Pour s'en distancier et affirmer un positionnement favorable au féminisme, d'autres hommes ont créé au cours des années 1990 les termes antisexiste, proféministe puis anti-masculiniste. » (Un mouvement contre les femmes. Identifier et combattre le masculinisme.)
4 ROMITO Patrizia, Un silence de mortes, la violence masculine occultée, Syllepse, 2006, p.54.
http://www.c-g-a.org/motion/la-menace-masculiniste
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Pïérô » 25 Nov 2014, 01:41

Mardi 2 décembre, Paris

Rencontre autour du livre

Au tribunal des couples, Enquête sur des affaires familiales

avec des membres du collectif onze

Le collectif antimasculiniste propose une rencontre autour de l'enquête sociologique du collectif Onze afin de nous aider à déconstruire les idées reçues masculinistes sur les effets de la justice familiale dans les rapports femmes-hommes.
• Dans quelle mesure le travail judiciaire permet la reproduction de l'ordre social entre les sexes et entre les classes ?
• De quelle manière la justice donne-t-elle les moyens aux hommes de maintenir leur pouvoir sur les femmes et les enfants ?
• Comment le droit de la famille contraint au maintien du couple parental, exposant de ce fait les femmes aux violences masculines ?
• Comment se perpétue les inégalités économiques entre femmes et hommes après une rupture ?

à 19h, Au Lieu Dit, 6 rue Sorbier, Paris 20è Métro : Ménilmontant (ligne 2) Gambetta (ligne 3) Bus 96

Le collectif anti masculiniste idf


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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Pïérô » 09 Déc 2014, 01:29

A propos de la création de groupes de paroles d’hommes à Toulouse, un communiqué d’Alternative Libertaire Toulouse :

Attention aux faux amis de l’égalité des sexes !

Vendredi 28 novembre à Toulouse, le restaurant Saveurs bio accueille une réunion visant à la création de groupes de Paroles d’hommes à Toulouse. Dans la présentation de l’événement sur demosphère on peut lire qu’il s’agit de proposer aux hommes de partager « leurs expériences, émotions, réflexions propres à l’identité masculine » et de « sortir du silence et de la solitude qui sont trop souvent le lot des hommes » en se basant sur la méthodologie de Guy Corneau.

Qui est Guy Corneau ?

C’est un psychanalyste québécois, auteur notamment de « Père manquant, fils manqué » (1989). Il développe l’idée selon laquelle l’identité masculine serait mise en péril suite à l’acquisition de nouveaux droits sociaux pour les femmes, permise par les mouvements féministes [1]. Il se pose également en défenseur de la virilité qui est selon lui constitutive de l’identité masculine et que les femmes rechercheraient chez les hommes. Son livre sur les rapports pères-fils sert de caution scientifique aux groupes de pères séparés que l’on a pu voir en action sur les toits, les grues ou les cathédrales depuis février 2013. A ce sujet il faut rétablir la vérité : non, les décisions des juges aux affaires familiales ne sont pas motivées par une justice matriarcale. Si en effet suite à un divorce la résidence principale est beaucoup plus souvent fixée chez la mère que chez le père, il s’agit d’un consensus entre les deux parents dans 79% des cas de divorce et 84% des séparations (couples non mariés). Il n’y a désaccord sur la résidence de l’enfant pour seulement 2% des divorces [2].

Que sont les groupes de paroles d’hommes ?

Le réseau Hommes Québec, fondé en 1992 entre autres par Guy Corneau, visait à rassembler des hommes dans le cadre de groupes de parole et d’entraide. Sur le site du réseau québécois, on peut lire que l’un des objectifs est de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes. Cela est incompatible avec un autre objectif, celui de « favoriser l’émergence d’une véritable conscience masculine, individuelle et sociale » et de « rompre le silence qui entoure la vie affective des hommes » et de « briser l’isolement masculin ». Comme si les hommes étaient aujourd’hui en position subalterne par rapport aux femmes au sein de la société ! Comment y croire quand le pouvoir économique, politique, syndical, est aux mains des hommes ? quand le travail domestique et parental est encore majoritairement assumé par les femmes ? quand les violences conjugales tuent au bas mot 130 femmes par an, quand on dénombre au moins 75 000 viols par an commis très principalement par des hommes sur des femmes ?

Que des hommes souhaitent réfléchir sur l’identité masculine et sa construction sociale, l’éducation des garçons et la place des hommes par rapport aux femmes n’est pas en soi gênant. Ce qui est problématique c’est quand cela se fait sur le dos de l’égalité et sur la négation des rapports de pouvoir entre femmes et hommes qui continuent de favoriser les hommes.

Parce que nous sommes féministes, nous luttons pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Nous invitons les hommes à réfléchir sur leur place au sein de ce système qui leur donne des privilèges et du pouvoir sur les femmes. Mais cette réflexion ne peut pas se faire sur les bases de la défense d’une cause des hommes, qui n’a pas lieu d’être puisque les hommes ne sont pas victimes d’une discrimination sur la base de leur sexe comme c’est le cas pour les femmes.



Notes

[1] A propos de Guy Corneau, on peut lire notamment la 2e partie de la brochure « Un mouvement contre les femmes » éditée en 2010. Cette brochure est disponible librement sur le net.

[2] Voir « Le pouvoir vient de la grue : justice ordinaire et histoires spectaculaires » (Aurélie Fillod-Chabaud) sur le site Les mots sont importants.

http://alternativelibertaire-toulouse.o ... 95170.html
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Lila » 03 Jan 2016, 18:29

Loi famille : Sous la coparentalité, le masculinisme

La défense des privilèges masculins prend souvent des chemins détournés et la bataille politique autour de la garde des enfants après une séparation en est un exemple. Retour sur dix ans de mesures antiféministes, sous couvert de défense des droits des enfants.

La législation autour de l’enfant et de la famille est souvent sourde aux revendications féministes. Alors que les associations dites familiales, dont les associations de défense des droits des pères comme SOS Papa, sont sollicitées dans l’élaboration des lois sur la famille, ce n’est pas le cas pour les associations féministes. La loi de 2002 relative à l’autorité parentale ne fait pas exception, puisque, selon les dires de l’association elle-même, « le texte se rapproche des souhaits émis par SOS Papa ». Depuis cette date, la résidence alternée après une séparation ou un divorce, est facilitée, entre autres parce qu’elle peut être imposée, à titre provisoire, par les juges aux affaires familiales (JAF).

Droits des enfants ou droits des pères ?

Les défenseurs des droits des pères, qui se sont rendus célèbres en escaladant grues, cathédrales ou autres monuments dans le courant de l’année 2013, s’accaparent la sympathie du public, des médias et des politiques grâce à des discours prônant la « coparentalité ». Vouloir partager les responsabilités et les devoirs à l’égard des enfants, ça semble évident à l’heure des « nouveaux pères » (pourtant plutôt rares...).

Alors personne ne comprend bien pourquoi les féministes, qui passent du coup pour de vieilles grincheuses anti-hommes, se sont opposées à un amendement à la loi sur la famille, déposé par plusieurs associations masculinistes visant à rendre la garde alternée automatique après un divorce !

Si cet amendement n’a pas été retenu dans la version finale de la loi, adoptée en juin 2014, cette loi répond en partie aux revendications masculinistes, puisqu’elle renforce l’autorité parentale conjointe après une séparation.

Par exemple, le parent qui a la garde, ne peut déménager ou changer l’enfant d’école sans l’autorisation de l’autre parent. La loi prévoit que si un des conjoints est condamné pour violences, ces dispositions ne s’appliqueront pas. Mais lorsque l’on sait la difficulté à faire reconnaître et condamner ces violences, surtout si elles ne sont « que » psychologiques, on peut douter de l’efficacité de cette précaution.

Le couple parental à tout prix

Qu’on se le dise : ce n’est pas la résidence alternée le problème. Le problème, c’est de vouloir préserver coûte que coûte le « couple parental », même après les violences, qui sont souvent sous-estimées et considérées comme des « conflits » par les JAF ou les médiateurs et médiatrices familiaux.

Si certaines femmes sont totalement opposées à la résidence alternée, ce n’est pas parce que des féministes leur ont lavé le cerveau, mais bien souvent parce que rester en contact avec leur ex-conjoint les met en danger, elles, et également leurs enfants. Depuis la loi de 2002, les associations féministes n’ont cessé d’alerter sur les possibles dangers de l’imposition de la résidence alternée sans plus de réflexion : les violences conjugales ne cessent pas avec la séparation, au contraire c’est souvent à cette occasion qu’elles s’amplifient et sont parfois mortelles.

Dans ce contexte, les enfants deviennent un moyen pour les hommes violents de garder le contrôle et de continuer d’exercer une pression, voire de la violence, sur leurs ex-conjointes. La résidence alternée et la coparentalité, oui, mais avec le consentement de toutes, et sans les pères violents !

Auréline (AL Toulouse)

Pour en savoir plus :

1) Contre le masculinisme. Petit guide d’autodéfense intellectuelle (2013), par le collectif stop-masculinisme, éditions Bambule

2) « Exercice de l’autorité parentale : attention aux situations de violences ! », communiqué de presse de la Fédération nationale solidarité femmes (www.solidaritefemmes.org)

3) www.soslesmamans.com


http://alternativelibertaire.org/?Loi-f ... arentalite
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Qui sont les Pick-Up Artists (PUA)

Messagede clateuf » 17 Aoû 2016, 21:13

Pick Up Artists : le Marketing de la violence misogyne

Extrait : "Pour une critique féministe du Pick Up Artist, mieux vaut se renseigner sur le web anglophone. Ainsi, d’après le Wiki de GeekFeminism, le Pick Up Artist est un membre d’une sous-culture masculine appelée « la Communauté de la séduction », qui apprend aux hommes des tactiques pour séduire les femmes. Celles-ci sont présentées comme des poupées hypersexualisées, compliquées mais manipulables, infidèles en amour, et interchangeables."

Pour lire l'intégralité de l'article : https://dikecourrier.wordpress.com/2013 ... -misogyne/
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Lila » 01 Jan 2017, 20:52

Des femmes battues privées de leurs enfants

Des femmes victimes de violences conjugales témoignent aujourd’hui et déplorent que la garde de leurs enfants a été confiée à leurs conjoints qui ont reconnu les coups devant la Justice.

L’Union des femmes réunionnaises dénonce la situation difficile de plusieurs mères battues à qui la Justice a retiré la garde de leurs enfants pour la confier aux conjoints violents.

Evelyne Corbière, secrétaire générale de l’Union des femmes déplore les prises de positions de la Justice dans différents cas de violences conjugales : "On voit des femmes qui ont subi la violence au quotidien pendant plusieurs années et qui finissent par se faire retirer la garde de leurs enfants. Ce sont des décisions qui nous paraissent complètement incohérentes et dangereuses parce que les enfants restent dans cette violence ultrafamiliale au-delà de la séparation."

Les enquêtes sociales sont aussi remises en question : "On voit des rapports très inquiétants. Ils sont détournés et nuisent à la femme", assure Evelyne Corbière.

à lire : http://www.linfo.re/la-reunion/faits-di ... rs-enfants
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Re: Masculinisme et Anti Masculinisme, savoir de quoi on par

Messagede Lila » 12 Juin 2017, 23:52

Alpha mâle en crise : masculin, masculiniste ou machiste ?

L'homme, le "mâle" est-il en crise, affaibli par plusieurs décennies de féminisme ? Comment réagissent les hommes qui s'estiment bafoués dans leur masculinité ? L'anthropologue Mélanie Gourarier a mené l'enquête. Dans un livre titre "Alpha mâle - Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes", elle analyse les conditions masculines en souffrance et leurs expressions.

Les hommes ont-ils vraiment perdu leur pouvoir ? Ce discours majoritaire d'une soi-disant crise masculine, l'anthropologue Mélanie Gourarier le déconstruit dans un livre brillant.
En réalité, la masculinité, s'apprend, se construit socialement, et s'adapte aux changements pour permettre aux hommes de garder le pouvoir, explique-t-elle. La domination masculine ne faiblit pas, demeure ainsi invisible et reste hégémonique.

Mélanie Gourarier est spécialiste de l'anthropologie du genre et des rapports de pouvoir. Elle est aussi enseignante à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales et historienne de l'art.

Dans son livre "Alpha mâle - Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes", publié aux Editions du Seuil, elle part du postulat que certains hommes considèrent qu'ils ont perdu le pouvoir sur les femmes et qu'elles les maintiennent en soumission. Ils n'entendent pas se laisser faire et souhaitent être rétablis dans leur masculinité. Qui sont ces hommes ? Quels seraient les 'déclencheurs' de leur malaise masculin - droits de la femme, parité, mixité ...? Qu'est-ce que le masculinisme ?

Réponses à ces questions, à bien d'autres encore, avec Mélanie Gourarier sur le plateau de TV5MONDE.



http://information.tv5monde.com/terrien ... ste-174456
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