Les femmes qui ne veulent pas d'enfant

Les femmes qui ne veulent pas d'enfant

Messagede Lila » 11 Déc 2016, 18:56

La violence verbale inouïe envers les femmes qui ne veulent pas d'enfant

«Pas d’enfant, pas de stérilet»: c'est le genre de propos qu'une femme qui ne veut pas d'enfant peut entendre

«Et toi, quand est-ce que tu t'y mets?», «Tu sais pas ce que tu rates», «C'est égoïste de ne pas vouloir d'enfant», «Tu changeras d'avis, tu verras»... Les personnes qui ne veulent pas d'enfants, et en particulier les femmes, sont quotidiennement les réceptacles de remarques acides, voire franchement dégueulasses de la part de leur entourage, parfois même très proche. Le fait de ne pas être mère, la trentaine passée, surtout si c'est un choix, est presque toujours considéré comme une anomalie. Et si certains s'efforcent d'en rire, à l'image du réseau Childfree qui a par exemple publié sur internet un bingo recensant ces petites phrases assassines, il n'en demeure pas moins que faire le choix de la non maternité ne devrait en aucun cas être à ce point questionné et jugé. Encore moins si ce jugement émane de la part de soignants.

Mais les professionnels de santé, pourtant avertis et censés s'interdire d'émettre une opinion sur les choix de vie de leur patients, participent aussi parfois à ce tribunal populaire, avec, en plus, l'air docte de celui qui sait et à qui on ne la fait pas.

Sur le blog participatif «L'école des soignants», animé par Martin Winckler, une femme, Laura, raconte toutes ces fois ou des professionnels de santé, pharmaciens, gynécologues, se sont autorisés à proférer des remarques d'une méchanceté inouïe, et de façon complètement gratuite.

La suite : http://www.slate.fr/story/117329/violen ... as-denfant
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Re: Les femmes qui ne veulent pas d'enfant

Messagede Lila » 04 Juin 2017, 17:53

LES BLOGS
J'ai "oublié" d'avoir des enfants. Arrêtez de me juger, merci!
Est-ce que ça fait de moi une égoïste? Je ne crois pas.


Mon point de vue sur la question? De vraies montagnes russes.

Il se trouve que j'ai oublié d'avoir des enfants. Je dis "oublié" mais, pour être honnête, ma vie s'est un peu déroulée ainsi:

À 10 ans: J'aurai jamais d'enfant. C'est trop DÉGUEU.

À 15 ans: J'aurai jamais d'enfant, ça rend grosse.

À 19 ans: Si j'accouche d'un petit merdeux aussi ingrat et barré que moi, mieux vaut ne jamais avoir d'enfant.

À 21 ans: Et puis quand même, ça fait grossir.

À l'approche de la trentaine: Toutes mes potes accouchent. Peut-être que je devrais suivre le mouvement?

Un peu après 30 ans: On verra plus tard, il faut que je m'occupe de ma carrière. C'est pas le moment de penser à l'épisiotomie.

Vers 35 ans: Ça va être drôlement plus dur de retrouver mon corps d'avant une fois que j'aurai eu un bébé. Je suis pas mannequin chez Victoria's Secret! Et puis, si je pouvais éviter de me faire caca dessus en accouchant, ça m'arrangerait. Je verrai plus tard.

Devinez quoi? Plus tard, c'est maintenant, ce maintenant qui toque incessamment sur mes ovaires comme un morveux qui n'est pas satisfait de ce qu'on lui donne à Halloween. Je n'avais jamais imaginé que je manquerais de temps pour décider mais je suis aujourd'hui confrontée à l'éventualité de ne jamais avoir d'enfant.

J'ai passé trop de temps à procrastiner et pas assez à essayer de me reproduire. Je me suis dit que je saurais si et quand le temps serait venu, mais il n'y a jamais eu d'éclair foudroyant illuminant le ciel d'un grand OUI, c'est le MOMENT!

Vous pourriez nous taxer de minorité égoïste. Après tout, le désir d'enfant est censé être inscrit dans nos gènes, notre sang, dans chaque fibre de notre corps, alors pourquoi est-ce que je ne ressens rien?

Je suis en désaccord avec moi-même sur la plupart des sujets qui ponctuent ma vie mais l'idée d'enfanter est un facteur de stress constant depuis que je suis petite. Je disais haut et fort à ma mère qu'il était hors de question que j'aie des enfants quand je serais grande. Et peut-être est-ce là le problème; je ne suis toujours pas "grande". Je trouve encore que les légumes du supermarché ont des formes phalliques et je ne possède pas de service en argent du XIXe siècle.

la suite : http://www.huffingtonpost.fr/katy-moore ... _22074938/
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Re: Les femmes qui ne veulent pas d'enfant

Messagede Lila » 15 Avr 2018, 17:45

Ne pas vouloir d'enfants, un choix encore tabou

Les personnes refusant d'avoir des enfants sont davantage mis en lumière depuis quelques années, avec le mouvement childfree. Mais ce choix reste encore mal compris et mal accepté par la société...

5% des Français ne souhaitent pas d'enfants

"Depuis l'âge de 15 ans, je rêvais d'être maman. J'en voulais même plusieurs, raconte Hélène, âgée de 33 ans et en couple depuis 8 ans. Mais un jour, j'ai enfin admis et accepté que ce rêve n'était pas vraiment le mien et que même si j'adore les enfants, je ne suis pas faite pour ça !". Le cas d'Hélène est loin d'être unique. Quant à Emmanuel, 48 ans et actuellement célibataire, il assume sa position : "Être père ne m'a jamais intéressé. Ce non désir a toujours été présent depuis l'âge de 20 ans". Quant à Virginie, enseignante en disponibilité, âgée de 42 ans et en couple depuis 18 ans, elle n'en souhaite pas non plus : "Pendant longtemps j'ai cru que le désir d'enfant allait venir comme quand on tombe amoureux, comme ça sans prévenir, mais cela ne s'est jamais produit...".

Ces témoignages ne sont pas anecdotiques puisque l'INED, l'Institut national d'études démographiques, évalue à 5% de la population la proportion d'hommes et de femmes ne voulant pas avoir d'enfants.

Certains l'envisagent dès leur plus jeune âge, tandis que d'autres affirment leur décision en vieillissant. La sociologue Anna Gotmann, auteur du livre Pas d'enfant, la volonté de ne pas engendrer (éditions de la Fondation Maison des sciences de l'homme), estime que cette volonté a toujours existé dans une tribune du Monde en date du 24 février 2018. Mais un mouvement rassemblant ceux qui ne veulent pas procréer est très récent et remonte à la fin du XXe siècle. Les Américains, friands de qualificatifs chocs, les ont baptisés childfree, libres d'enfant mais aussi de nuits sans sommeil, de rendez-vous chez le pédiatre ou l'orthodontiste, de contraintes diverses et variées.

Ce terme est perçu par ses militants comme nettement plus positif que les childless (ou sans enfant). S'il est mentionné dans cet article français, c'est parce qu'il illustre davantage à quel point ce choix de vie est vécu comme épanouissant par ceux qui le revendiquent. Un choix qui questionne la société et qui reste toujours empreint de suspicion, de jugement moral, d'incompréhension…

la suite : https://www.francetvinfo.fr/sante/gross ... 04470.html
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Re: Les femmes qui ne veulent pas d'enfant

Messagede Lila » 03 Juin 2018, 20:30

Tribune : Je ne veux pas d'enfants, et j'aimerais que l'on arrête de me demander des justifications

En France, les normes et pressions sociales ainsi que les injonctions faites aux femmes vont toutes dans le même sens : ces dernières doivent devenir mères. Il y a pourtant des femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants. Cielle fait partie de celles-ci, et ce n’est pas facile tous les jours.

Depuis toujours, on te parle du jour où tu seras mère. On loue ton amour des bébés et ton prétendu instinct maternel. On trouve normal que tu aimes faire du baby-sitting, et si ce n’est pas le cas, on te dit que ça viendra plus tard. Une fois ado ou jeune adulte, on comprend que tu prennes une contraception, mais on évoque systématiquement l’après. On te dit de faire attention pour ne pas compromettre ta capacité à faire un jour un-e enfant. Quand tu es en couple depuis quelque temps, on te demande pour quand est prévu le bébé. Si tu es célibataire, on ose moins, mais on te parle tout de même du jour où, ayant trouvé la bonne personne, tu seras mère. Jamais on ne te dit « si tu le deviens », mais toujours « quand tu le seras », car c’est un passage obligé, une étape indispensable pour une vie réussie. On trouve que c’est triste, quand même, les femmes qui n’ont jamais eu d’enfants – quelle que soit la raison. On estime que la maternité, c’est quelque chose à vivre et que tu comprendras quand tu seras mère. On commence à s’inquiéter quand, passée 30 ans, tu n’envisages toujours pas de créer des mini-toi. On te montre dans les films et les livres des femmes qui trouvent leur raison d’être en fondant une famille et qui deviennent alors épanouies et rayonnantes, en opposition avec ces personnes aigries qui ne connaissent pas la joie d’avoir des bambins à élever. Bref, tout au long de ton existence, on t’envoie des messages sous toutes les formes pour te faire comprendre que ton destin, c’est d’être maman, et que ça te rendra plus belle et plus heureuse. Dans ces conditions, comment faire le choix de ne pas avoir d’enfants ?

Quand j’étais gamine, puis adolescente, moi aussi j’ai envisagé d’être mère. Avec tout ce que l’on m’apprenait, cela me paraissait normal, et je n’avais aucun problème avec cette idée. C’est surtout que je ne me posais pas la question en fait. Il me semblait que c’était quelque chose qui m’arriverait forcément. Un passage inévitable dans une vie d’adulte.

J’ai grandi, et j’ai compris que je n’avais pas envie de passer par l’étape de la maternité. C’est arrivé doucement, comme une évidence. J’ai pris le temps d’analyser mes raisons, mes émotions aussi. J’ai posé des mots sur cette décision. J’ai continué d’évoluer, d’apprendre, d’expérimenter, mais je reste sûre de moi concernant ce sujet.

Je dis donc assez facilement que je ne veux pas connaître cette expérience, et on me demande souvent pourquoi. Cette question, quand elle est posée par pure curiosité, ne me dérange pas. Mais je ne peux pas m’empêcher de remarquer qu’on demande rarement à un homme pourquoi il ne désire pas d’enfants, et surtout qu’on ne demande jamais aux gens pourquoi ils en veulent. Comme si c’était évident.

Alors que, personnellement, je trouve qu’il n’y a rien d’évident à vouloir devenir parent. De mon point de vue, ce serait émotionnellement beaucoup trop intense, dans les joies comme dans les peines. Je me connais, je sais comment je suis et réagis quand j’aime des gens. Je ne veux pas vivre ça de manière amplifiée. Et ce serait aussi beaucoup trop stressant ! Je le cache bien, mais je suis une boule de stress : mon ventre se tord au moindre obstacle ou à la moindre contrariété, quand il faut parler, quand il faut oser. Je serais l’angoisse personnifiée si j’étais en charge d’un-e petit-e. Et je n’ai pas envie de voir mon ou ma gosse malheureux-se. Il ou elle le serait forcément, à certains moments, et je serais impuissante, ce qui serait insoutenable pour moi. Je suis déjà tellement mal quand mes proches souffrent. Je ne veux pas avoir à supporter plus. Surtout, je ne veux pas risquer la souffrance de perdre l’enfant qui serait le mien ou la mienne. Et puis, je n’ai pas envie d’aimer quelqu’un-e inconditionnellement. J’aime des personnes que je connais ; je ne voudrais pas aimer une personne juste parce qu’elle est mon enfant. Je n’aurais rien de particulier à lui transmettre, à part quelques défauts que je préférerais enterrer à jamais. Et de manière peut-être un peu égoïste, je veux garder ma liberté − et mon sommeil. Pouvoir ne rien faire, décider de partir et de tout abandonner, faire des choix qui n’impacteront que moi. Je n’ai pas envie d’élever une personne, de lui apprendre des choses, de l’éveiller au monde, de l’aider à grandir, de lui donner des armes. Je ne veux pas ne plus être le centre de mon monde et devoir faire passer les envies et besoins d’un-e autre avant les miens. Côté physique, je ne veux pas avoir un être qui se crée et grandit en moi. Je ne veux pas sentir cet être bouger dans mon ventre. Je n’ai pas envie de voir mon corps changer pour l’accueillir. Et je ne veux pas accoucher. Ces choses-là, pour moi, sont des évidences.

Et toi, si c’est le cas, qu’est-ce qui te pousse à vouloir un-e enfant ? C’est cette question que j’aimerais poser en retour. Par curiosité, pour comprendre une envie qui me dépasse totalement.

Parce qu’au-delà de ma propre personne et de mes ressentis, il y a aussi le monde dans lequel nous vivons qui me décourage d’être mère. Je n’ai pas envie d’imposer à qui que ce soit de vivre dans un monde violent, sexiste, raciste, homophobe, j’en passe et des meilleurs. Avec les guerres, le chômage, la pollution, je n’ai pas l’impression que l’avenir qui se dessine pour nous fasse de notre planète un endroit où il fait bon vivre. Je n’ai pas envie que mon enfant soit forcé-e de rester dans les normes pour que sa vie soit plus facile, ni qu’il ou elle soit obligé-e de lutter pour être accepté-e et respecté-e.

Mes raisons correspondent à ce que je suis, ce que je vis et ce que je ressens. Il y a pourtant toujours des gens pour venir remettre en cause mon choix.

On me dit que je vais changer d’avis (sous-entendu je suis jeune et célibataire, mais ça ne va pas durer, et à ce moment-là, je voudrai une progéniture). Mais je n’ai pas envie de changer d’avis. Je ne veux pas céder à une pulsion ou à la pression sociale. J’ai réfléchi, j’ai pesé les pour et les contre, je n’ai pas fait ce choix à la légère. Et j’avoue que cela me fait un peu peur d’avoir un jour des gosses par amour (parce que mon ou ma partenaire en voudrait absolument un-e) ou par convention (parce que la pression extérieure serait finalement trop forte). Je m’analyse en permanence. Quand j’ai un bébé dans les bras, quand je joue avec un-e petit-e, je me questionne. Qu’est-ce que je ressens ? Est-ce que ça me donne envie ? Qu’est-ce que ça m’inspire ? Jusque-là − et c’est un grand soulagement −, ça ne me provoque rien de plus que la joie de voir leur frimousse.

On me répète que j’adore les petit-e-s (sous-entendu je suis prête à être mère, ça se voit). C’est vrai. J’aime les enfants, celles et ceux de mes copines, mon filleul, mes petit-e-s cousins et cousines, et même les inconnu-e-s. Je les trouve mignon-ne-s, et on s’entend bien. J’aime celles et ceux qui crient et pleurent dans le train, je n’ai aucune forme d’animosité, je suis l’indulgence même. Je m’intéresse à la progéniture de mes collègues, et trouve ça chouette de savoir comment elle va et grandit.

N’empêche que, malgré tout l’amour que je leur porte, je suis toujours ravie quand je rentre chez moi, après quelques heures ou jours passés en leur compagnie. Je suis contente, quand je les vois, de savoir que ça ne va pas durer, de n’avoir aucune responsabilité, de pouvoir juste leur sourire et jouer avec elles et eux. Il y a pas mal de bébés dans mon entourage, que je trouve d’ailleurs adorables, mais plus je vois mes ami-e-s devenir parents, moins j’en veux. Cela me conforte tellement dans mon choix. Pourtant, ces derniers-ères sont content-e-s, me montrent des photos mignonnes, ont des grands sourires et sont pleins d’amour. Moi, je vois tout le reste : le temps que ça prend, l’argent que ça coûte, la fatigue, le stress, les formalités administratives, la sollicitation permanente, etc. J’aime les enfants, mais celles et ceux des autres.

Personnellement, je ne comprends pas que l’on puisse vouloir un-e enfant. Mais je n’ai aucune envie de convaincre celles et ceux qui en veulent que c’est une mauvaise idée. Je ne tiens à rallier personne. Tout comme j’aimerais que l’on cesse enfin d’essayer de me faire rejoindre la cause parentale.

J’entends bien continuer mon chemin parmi les rires d’enfants qui ne sont pas les mien-ne-s, et savourer mon mode de vie, celui que j’ai choisi.



Pour approfondir le sujet, voici quelques références :

Être femme sans être mère : Le choix de ne pas avoir d’enfant, Émilie Devienne, éditions Robert Laffont, 2007 (chroniqué par Mona Chollet sur Périphéries)
Femmes sans enfant, femmes suspectes, documentaire de Colombe Schneck, ARTE France/Elzévir Films, 2014
« Rester sans enfant : Un choix de vie à contre-courant », Magali Mazuy, Charlotte Debest et l’équipe de l’enquête Fecond, Population et Sociétés n° 508, Institut national d’études démographiques, février 2014
« Le regret d’être mère, ultime tabou », article de Noémie Rousseau, Libération, 10 juillet 2016
« Et si on arrêtait de faire des enfants ? », Dorothée Barba, Le Débat de midi, France Inter, 21 juillet 2017
« Ces femmes qui ne veulent pas d’enfant », Sandrine Mercier, 7 milliards de voisins, RFI, 10 octobre 2017


et pour avoir les liens dans les notes https://www.deuxiemepage.fr/2018/05/24/ ... s-enfants/
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