révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la police

révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la police

Messagede Pïérô » 07 Oct 2012, 13:31

dernières infos

Affaire Zyed et Bouna: le non-lieu des policiers examiné

La mort de deux adolescents, électrocutés dans un transformateur EDF en octobre 2005, avait enflammé les banlieues.

La justice doit examiner ce mercredi la demande des familles de deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2005. Elles remettent en cause le non-lieu des deux policiers lancés à leur poursuite.

Leur mort avait embrasé les banlieues françaises. En octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans et Bouna Traoré, 15 ans, mouraient électrocutés dans un transformateur EDF où ils s’étaient cachés pour échapper à un contrôle de police à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Sept ans après, les familles réclament toujours le procès des deux policiers lancés à leur poursuite, qui ont bénéficié d’un non-lieu en avril 2011.

« Que justice soit faite »

La chambre criminelle de la Cour doit trancher ce mercredi sur le maintien ou non de ce non-lieu. Deux thèses s’affrontent. Pour les familles des victimes, les adolescents n’avaient commis aucune infraction et se dépêchaient de rentrer chez eux un soir de ramadan, après une partie de football. Pour leur avocat, Me Emmanuel Tordjman, les familles attendent « la reconnaissance du statut de victime ». « Tout le monde a besoin de ce procès, nous les familles, les Clichois, tout le monde », affirme Siyakha Traoré, le frère de Bouna. « On en demande pas la lune, mais juste que justice soit faite ».

Le scénario est différent du côté des policiers, qui soutiennent qu’une tentative de cambriolage d’un chantier est à l’origine de la course-poursuite. Affichant sa confiance, Me Daniel Merchat, l’avocat des policiers, dénonce le pourvoi en appel comme « une tartufferie et une manipulation de l’opinion publique ». Si le pourvoi était rejeté, les avocats des familles envisagent de déposer une citation directe pour « mise en danger de la vie d’autrui » contre au moins cinq ou six policiers.

source : http://www.metrofrance.com/info/mort-de ... edia+Group
http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1101

Mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois: la Cour de cassation rendra sa décision le 31 octobre

PARIS (Sipa) — « Il est délicat de renvoyer quelqu’un en correctionnelle sur des suppositions si vagues et sur des hypothèses », a lâché Patrick Bonnet, l’avocat général, mercredi, en préconisant le rejet par la Cour de cassation du pourvoi déposé les familles des deux adolescents de Clichy-sous-Bois morts électrocutés dans un transformateur EDF en octobre 2005.

La décision a été mise en délibéré au 31 octobre, soit un peu plus de sept ans après le drame.

Le parquet général de la Cour de cassation a préconisé de suivre la décision de non-lieu rendue en faveur de deux policiers par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, considérant qu’ »aucune faute n’avait été commise ».
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« Les policiers n’avaient pas de certitudes sur l’entrée (des deux adolescents) sur le site EDF », a rappelé Patrick Bonnet, qui a noté que « la dangerosité du site était clairement indiqué ».

Le 27 octobre 2005, Bouna Traoré, 15 ans, et Zyed Benna, 17 ans, périssaient dans un transformateur EDF en tentant d’échapper à la police. Un troisième jeune homme, Muhittin Altun, était grièvement brûlé.

La mort de Bouna et Zyed avait été suivie de trois semaines de violences urbaines dans les banlieues françaises.

Pour Me Patrice Spinosi, l’avocat des familles, les policiers « ont failli à leur mission essentielle de protéger les plus faibles ». Arguant la jurisprudence européenne et son article 2 sur l’atteinte du droit à la vie, il a noté « la prudence et la prévention qui pèsent sur les forces de police ».

L’avocat a souligné « l’absurdité de ce drame »: « Les enfants courent parce qu’il sont poursuivis par les policiers et les policiers les poursuivent parce que les enfants courent », a-t-il dit.

Ce jour-là, aucune infraction n’avait été commise. Alors qu’ils rentraient chez eux, attendus par leurs familles un soir de ramadan, les adolescents avaient été pris en chasse par la police qui avait été avertie d’un délit par téléphone.

Les jeunes, égarés, prenaient peur et allaient se réfugier à l’intérieur d’une centrale électrique, les policiers réalisant une manoeuvre d’encerclement. L’un d’eux dira alors: « S’ils sont sur le site, je ne donne pas cher de leur peau ».

« Nous sommes sur le registre de l’hypothèse », a considéré l’avocat général pour qui « il est délicat de renvoyer quelqu’un en correctionnelle sur des suppositions si vagues et sur des hypothèses ».

Deux fonctionnaires de police avaient été renvoyés devant un tribunal par un juge d’instruction pour « non-assistance à personne en danger »: la policière stagiaire, présente le soir du drame au poste de commandement où étaient reçues les communications radio des fonctionnaires sur le terrain, et le policier qui aurait vu les jeunes gens entrer sur le terrain jouxtant le transformateur d’EDF.

« A aucun moment, de son propre aveu, il n’a songé à les avertir du danger qu’ils encouraient », a plaidé Me Spinosi pour qui « ce jour-là, à Clichy, les règles n’ont pas été respectées ».

Me Spinosi a demandé à la Cour d’avoir « un oeil neuf » et « d’être les premiers interprètes de la jurisprudence en construction sur le droit à la vie », en cassant l’arrêt de non-lieu en faveur des policiers.

Si la Cour décidait de rejeter le pourvoi, Me Jean-Pierre Mignard, l’avocat des familles, envisage de déposer une citation directe où « cinq ou six fonctionnaires pourraient être visés ». « Si cette affaire n’était pas jugée, ce serait pire que tout », avait-il considéré lundi lors d’une conférence de presse.

source : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/ ... tobre.html
http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1103


Appel pour pour commémorer la mort de Zyed et Bouna et les révoltes de 2005

L’ÉTAT NE RENDRA PAS JUSTICE NE SOYONS PAS COMPLICES

Le 27 octobre 2005, Bouna et Zyed meurent électrocutés alors qu’ils fuient un contrôle de police. Des émeutes embrasent Clichy-sous-Bois puis d’autres quartiers en France. L’État met en place un couvre-feu, des méthodes dignes d’un État colonial se multiplient sans que la majorité de la population extérieure à ces quartiers ne réagisse à la répression qui se déchaîne. Contre une population stigmatisée et humiliée quotidiennement. Les magistrats jugent plus sévèrement les « fauteurs de troubles » de ces quartiers plutôt que les auteurs de violences étatiques complices d’un système qui creuse les inégalités et dresse les individus les uns contre les autres.

LE JUGEMENT DES POLICIERS EST CONTINUELLEMENT REPORTE TANDIS QUE DES JEUNES SONT INCARCERÉS SANS PREUVE....

Cinq ans plus tard, en octobre 2010, deux policiers étaient renvoyés par les juges d’instruction chargés de l’enquête devant le tribunal correctionnel pour « non assistance à personne en danger », mais le parquet de Bobigny fait appel. Suivant les réquisitions du parquet, qui estime que les deux policiers n’avaient pas eu connaissance de la réalité du danger, la Cour d’Appel de Paris a prononcé un non-lieu en avril 2011. La famille avait alors fait appel du non-lieu. L’examen du non-lieu devant un tribunal correctionnel de la région parisienne aura finalement lieu le 3 octobre 2012. Il sera justement question, dans le débat de la Cour de Cassation, de l’égalité de traitement de la police envers les personnes. La question de la différence de traitement entre ceux qu’ils jugent comme suspects et envers qui ils sont menaçants et ceux à qui ils font peur, qui ne sont pas perçus comme une menace et qu’ils ne menacent jamais. Iront-ils jusqu’à admettre qu’ils ont le droit de risquer la vie ou de donner la mort aux personnes qu’ils jugent suspectes ? La justice admettrait donc que la police jouit d’un permis de tuer certaines populations, celle de ces quartiers écrasés par la domination raciale et économique ?

BOUNA ET ZYED NE SONT PAS MORTS POUR RIEN, COMME ILS N’ONT PAS ÉTÉ TUÉS POUR RIEN

Les morts impliquant la police sont loin d’être accidentelles. L’action de la police engendre des morts car elle est formée à la haine de ceux qu’on leur présente comme des sous-hommes. Elle engendre des morts aussi, car la police est nécessaire au maintien d’un ordre social violent et inégal. Le souvenir de Bouna et Zyed, comme celui de toutes les autres victimes de la police, est gravé dans le corps et la tête de beaucoup d’entre nous. Ils tuent nos frères, ne les laissons pas enterrer leur mémoire. Notre devoir est de ne pas taire la souffrance engendrée par leurs agissements. De trouver des moyens de combattre leurs violences et surtout de ne pas laisser dans l’oubli ceux qu’ils aimeraient « morts pour rien ». Cette année encore rendons hommage à Bouna et Zyed, à tous les autres tués par ou à cause de la police et aux frères enfermées pour rien ou pour une révolte légitime.

RÉUNISSONS NOUS LE 27 OCTOBRE POUR COMMEMORER LES REVOLTES DE 2005, RENDRE HOMMAGE À BOUNA ET ZYED ET À TOUTES LES VICTIMES DE LA POLICE

Depuis plus de 2 ans le collectif « Vies Volées » se consacre à réunir les familles des personnes tuées par la police afin de se soutenir mutuellement. Il s’agit de recenser ensemble les victimes et de rétablir la vérité sur les meurtres commis par la police ainsi que de coordonner avec d’autres collectifs des actions tendant à donner de la visibilité au combat des familles pour la Vérité et la Justice.

RDV LE 27 OCTOBRE AU 6 B / 10 QUAI DE SEINE, 93200 SAINT-DENIS

Rejoignez-nous : Pour rendre hommage à votre façon ( vidéo, sons, graffs etc… ) /Afin de rompre l’isolement des familles victimes de la police /Afin de dénoncer l’impunité accordée par la Justice aux policiers auteurs de crimes /Pour la reconnaissance publique des crimes commis par la police et passés sous silence depuis des décennies / Pour rétablir la vérité sur ces « homicides volontaires en bande organisée par des personnes dépositaires de l’autorité publique » Contactez pour nous développer des hommages et des initiatives de soutien aux familles et aux victimes

collectif Vies Volees / atouteslesvictimes.samizdat.net
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede Nico37 » 01 Nov 2012, 20:28

Clichy-sous-Bois: le non lieu pour les policiers annulé AFP 31/10

La Cour de cassation a annulé aujourd'hui le non-lieu qui avait été prononcé en faveur de deux policiers dans l'enquête sur la mort de deux adolescents en 2005 à Clichy-sous-Bois après une course-poursuite avec la police, ouvrant la voie à l'éventuelle tenue d'un procès.

Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, avaient péri électrocutés le 27 octobre 2005 dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés. Leur mort avait été le détonateur de violences urbaines qui s'étaient étendues à l'ensemble des banlieues françaises.

Dans son arrêt, la Cour de cassation a estimé que la cour d'appel de Paris, qui avait prononcé le non-lieu, n'a pas répondu à l'argumentation des parties civiles selon laquelle les policiers n'avaient aucune certitude que les jeunes ne se trouvaient pas sur le site EDF. Une phrase, prononcée par l'un des policiers lors des échanges radio le soir des faits, s'était notamment retrouvée au coeur des débats lors de l'audience devant la Cour de cassation le 3 octobre: "S'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau."

L'avocat général s'était prononcé pour la confirmation du non-lieu, préconisant le rejet du pourvoi formé par les familles des deux adolescents. Selon lui, les fonctionnaires avaient "bien connaissance d'un danger, mais pas d'un péril imminent", estimant que l'on ne peut pas renvoyer les policiers devant le tribunal correctionnel sur "des suppositions aussi vagues et des hypothèses".

Pour l'avocat des familles devant la Cour de cassation, Me Patrice Spinosi, "la seule logique" des fonctionnaires était d'appréhender les fugitifs à qui aucune infraction n'était reprochée. Selon lui, "à aucun moment (...) les forces de police n'ont cherché à avertir les enfants du risque". En octobre 2010, deux policiers avaient été renvoyés par les juges d'instruction chargés de l'enquête devant le tribunal correctionnel pour "non assistance à personne en danger" mais le parquet de Bobigny avait fait appel.

Suivant les réquisitions du parquet général qui estimait que les deux policiers n'avaient pas eu connaissance de la réalité du danger, la cour d'appel de Paris avait prononcé un non-lieu en avril 2011.
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Non-Lieu réclamé pour les policiers dans l'affaireZyed-Bouna

Messagede Ulfo25 » 04 Juin 2013, 21:04

Article Le Monde :

Clichy-sous-Bois : le parquet réclame un non-lieu pour les policiers


Zyed, 17 ans, et Bouna, 15 ans, sont morts électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005 alors qu'ils étaient poursuivis par des policiers.
L'avocate générale de la cour d'appel de Rennes, Hélène Catton, a demandé mardi 4 juin un non-lieu pour deux policiers qui s'étaient livrés à une course-poursuite derrière Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents morts électrocutés dans le transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés en 2005 à Clichy-sous-Bois.
Me Jean-Pierre Mignard, l'un des avocats des familles des adolescents, s'est dit "surpris" par ces réquisitions et a plaidé le renvoi en correctionnelle des policiers impliqués dans l'affaire. Son argumentaire reste inchangé : l'un des deux policiers mis en examen n'a "jamais mis en garde les enfants contre le danger mortel".
"L'insolite de cette affaire, c'est qu'au bout de huit ans, il y a toujours un blocage pour qu'elle soit jugée comme si on craignait que, lors d'une audience publique, un certain nombre de faits soient établis", a-t-il déclaré à l'issue de l'audience à huit clos.

"FLICOPHAGIE"

"Renvoyer [en correctionnelle] des personnes contre lesquelles il n'y a aucune charge, j'appelle cela de la 'poutinerie'", a répliqué Me Daniel Merchat, le défenseur des deux policiers et de trois autres fonctionnaires au statut de témoins assisté. "Satisfait" réquisitions du parquet, il a taxé la position de la partie civile de "flicophagie", arguant que les policiers "ne savaient pas, ne pouvaient pas savoir" que les adolescents étaient dans le site EDF. Me Merchat estime que Zyed et Bouna sont entrés "délibérément dans le site malgré les panneaux 'danger de mort'".
Fin 2006, un rapport de l'Inspection générale des services (IGS) reconnaissait que les mineurs avaient bien été poursuivis par des policiers, sans relever toutefois le moindre "manquement" de la part des policiers .
L'examen de l'affaire, mardi, faisait suite à la cassation en octobre dernier d'un non-lieu dans cette affaire. Dans son arrêt, la Cour de cassation avait incité la cour d'appel à renvoyer les deux policiers devant le tribunal correctionnel, afin qu'ils puissent s'expliquer lors d'un procès public. La cour rendra sa décision le 20 septembre. La mort des deux jeunes gens avait provoqué une vague d'émeutes dans les banlieues françaises. Initialement, les policiers avaient été renvoyés en correctionnelle pour "non-assistance à personne en danger".


Sept ans de procédure

27 octobre 2005 : Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents, meurent électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois après une course-poursuite avec des policiers. Un troisième jeune, Muhittin Altun (17 ans), est grièvement brûlé.
28 octobre : début des émeutes qui vont embraser durant trois semaines les banlieues. Le gouvernement Villepin décrète le couvre-feu.
2 novembre : dépôt d'une plainte par les familles. Une instruction est ouverte le lendemain.
Février 2007 : deux fonctionnaires de police sont mis en examen pour "non-assistance à personne en danger".
Août 2009 : fin de l'enquête. Selon un rapport de l'Inspection générale des services, les adolescents ont bien été "poursuivis".
21 octobre 2010 : le juge d'instruction renvoie les policiers devant le tribunal correctionnel.
27 avril 2011 : la cour d'appel de Paris prononce un non-lieu en faveur des deux policiers, estimant qu'ils n'avaient pas connaissance du danger encouru par les adolescents.
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede bipbip » 13 Mar 2015, 09:40

Un retour sur novembre 2005
2005-2015
10 ans après. Un montage autour des émeutes de novembre 2005 qui avaient suivi la mort de Zyed et Bouna - électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy (93) en essayant d'échapper à un contrôle de police-
A partir d'images et d'interviews, ce film parle du rapport à la police, à la justice, aux médias et aux politiciens, dans ces quartiers d'où sont parties ces émeutes.





Dix ans après l'incendie

Rencontres à Rennes, du 16 au 20 mars 2015

APPEL À LA SEMAINE DE RENNES

27 octobre 2005, Clichy-sous-Bois. Coursés par cinq « gardiens de la paix » pour un vol imaginaire, Zyed Benna et Bouna Traoré meurent dans le transformateur où ils pensaient trouver refuge. Un de leur ami sera grièvement brûlé.

Du 16 au 20 mars 2015 se tiendra à Rennes le procès de deux policiers (sur deux équipages) impliqués dans la poursuite des deux jeunes, inculpés pour « non-assistance à personne en danger » – un flic qui, selon ses propres mots, « ne donne pas cher de leur peau s’ils sont rentrés sur le site EDF » et la standardiste qui a reçu ce message radio.

La faiblesse des charges retenues, la longueur de la procédure et le faible nombre de policiers à se retrouver devant le tribunal parlent d’eux-mêmes : ce n’est pas dans les tribunaux que s’établissent justice et vérité.

Pour autant, l’action de la police n’aura pas été vouée à l’impunité. Dès le soir de la mort de Zyed et Bouna, c’est Clichy-sous-Bois qui s’embrase. Puis la France entière, de proche en proche, de ville en ville. La réaction dépassera comme jamais les frontières d’un quartier. Ce sont des milliers de jeunes qui saisiront l’occasion de prendre leur revanche sur les coups de pressions quotidiens des policiers, cette même pression que fuyaient Bouna et Zyed ence soir d’octobre 2005.

Les incendies de 2005 marqueront une génération entière, bien au-delà de ceux qui y ont participé activement. En témoigneront, l’année suivante, la forme profondément offensive du mouvement anti-CPE et un rappel systématique à leur mémoire, d’Athènes à Ferguson, et encore hier pendant le mouvement ayant suivi la mort de Rémi Fraisse.

« La police est la police de la République. Elle assure l’ordre de la République. Si elle ne le faisait pas, quel ordre lui succéderait ? Celui des mafias ou des intégristes. »
N. Sarkozy, tribune dans Le Monde, 6 novembre 2005.

S’il n’y a pas grand chose à attendre de la justice en général et de ce procès en particulier, il y a par contre à saisir l’occasion d’invoquer à nouveau le souvenir d’octobre et novembre 2005. Et il est d’autant plus pressant de le faire dans la France post-attentats, où la police est plus que jamais présentée comme la seule alternative à la « barbarie ».

Les dernières lois sécuritaires votées et celles qui se préparent élargissent encore le pouvoir de la police, en espérant prolonger de quelques années l’ordre qu’elle défend. Un ordre si mal assuré, dont le maintien est si hystérique qu’il en arrive à reposer sur le « traitement » d’ennemis intérieurs âgés de huit ans. Le monde de la police c’est la paranoïa, l’angoisse de la menace – extérieure et intérieure – qui vient masquer et justifier sa propre violence : ici on ne décapite pas, mais on décide d’envoyer des drones abattre les familles des terroristes ; ici, on n’oblige pas les femmes à porter le niqab, mais on n’accepte que les musulmans prêts à se moquer de leur prophète et les musulmanes qui ne portent pas le voile. La meilleure façon de se défaire de la police, c’est de faire exister d’autres mondes.

Il y a bien des voies pour cela. Réagir quand l’action policière va jusqu’à la mort en est une. À chaud, comme en novembre 2005, comme à l’automne 2014, après la mort de Rémi Fraisse, tué par un gendarme mobile dans le Tarn. Mais pas seulement, et c’est l’enjeu des rencontres prévues à l’occasion du procès de Rennes.

Ne pas oublier, d’abord. Ne pas laisser les années et la rotation des gros titres enterrer nos morts. Rappeler que quelle que soit l’issue de ce procès, qui débouchera sans doute sur une relaxe ou une peine symbolique, nous serons toujours nombreux à croire en la vérité des proches plutôt qu’à celle d’une institution qui ne fait que cautionner les exactions qu’elle commet.

Saisir chaque occasion pour mettre en discussion l’existence de la police : il y a eu les occupations, les rassemblements et les émeutes pour Rémi Fraisse, il y a la semaine contre les violences policières à Nantes du 16 au 21 février. Il y en aura d’autres qui suivront cette semaine du 16 au 20 mars à Rennes. Se rencontrer et s’appuyer sur ce qui existe déjà pour échanger sur ce qu’est la police, sur les moyens de faire avec, de faire contre, de faire sans. Faire se croiser les expériences des ZAD, d’auto-organisation dans les quartiers, d’auto-défense juridique et pratique.

Reprendre la parole, arriver à réfléchir ensemble et sortir du régime de l’émotion après des semaines de glaciation de la pensée sous les discours unanimistes et républicains.

MANIFESTATION MERCREDI 18 MARS À 15H, AU DÉPART DE LA CITÉ JUDICIAIRE




LUNDI 16 MARS
12h30 : Cantine devant la Cité judiciaire de Rennes*
18h : Discussion à partir d’extraits du livre À nos amis du Comité invisible : « Qu’est-ce que la police ? », au bar la Quincaillerie Générale*

MARDI 17 MARS
12h : Cantine devant la Cité judiciaire de Rennes*

MERCREDI 18 MARS
12h30 : Cantine devant la Cité judiciaire de Rennes*
15h : Manifestation au départ de la Cité judiciaire*

JEUDI 19 MARS
12h : Cantine devant la Cité judiciaire de Rennes*
18h : Discussion à la Maison de la Grève* : « 2005-2015, récits et expériences de mises en échec de la police ».
« Nous n’avons pas eu le temps de nous retrouver après le mois intense suivant la mort de Rémi Fraisse que les attentats de Paris changeaient radicalement la donne : on passait de slogan « Tout le monde déteste la police » aux ovations des colonnes de camions de CRS. Malgré ce changement d’ambiance brutal, très vite des voix se sont élevées contre le consensus général, les manifestations de Nantes et de Toulouse ont montré que la situation était bien plus complexe que l’unique élan républicain. Nous voulons saisir l’occasion du procès de mars, comme l’a fait la semaine de résistances à Nantes du 16 au 22 février ou comme bientôt les journées interfacs à Paris les 13 et 14 mars, pour discuter de nos rapports à la police : ce que les différents collectifs et luttes mettent en place pour ne pas subir la police, l’attaquer ou vivre sans. »

VENDREDI 20 MARS
12h30 : Cantine devant la Cité judiciaire de Rennes*
18h : Apéro à la Maison de la Grève*
20h : Concert free-jazz à la Maison de la Grève*

*ADRESSES
Cité judiciaire : 7, rue Pierre-Abélard
La Chardonnière : 28, rue Louis-Hémon
Maison de la Grève : hébergée au 37, rue Legraverend
Bar La Quincaillerie générale : 15, rue Paul-Bert

https://novembre2005.wordpress.com/
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede bipbip » 15 Mar 2015, 13:43

Émeutes de novembre 2005

27 octobre 2005, Clichy-sous-Bois. Des adolescents reviennent d’une partie de football. Alors qu’ils longent un chantier, des policiers de la Brigade AntiCriminalité se lancent à leur poursuite. Quelques minutes plus tôt, un riverain aurait signalé un vol sur le chantier. Zyed Benna et Bouna Traoré, 17 et 15 ans prennent la fuite par peur des policiers. Sur sa radio, un policier s’avère étonnamment clairvoyant : « S’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau. » Les deux adolescents meurent électrocutés dans le transformateur où ils ont trouvé refuge et un troisième se retrouve sévèrement brûlé.

Pendant dix jours, la France connaît le mouvement de protestation le plus important depuis mai 68. L’émeute se propage dans tout le pays, la police est systématiquement harcelée, la jeunesse se soulève. Le 8 novembre, l’État d’Urgence est déclaré.

Dix ans plus tard, deux policiers passent devant la cours d’appel de Rennes. Du 16 au 20 mars 2015 des juges devront évaluer leur responsabilité dans la mort des deux jeunes. Les policiers sont accusés de « non-assistance à personne en danger » : celui qui sur le terrain avait prévenu de la dangerosité de la situation et la standardiste qui a reçu le message radio.

À l’occasion de ce procès, des habitants de Rennes appellent à se mobiliser et à examiner cette séquence historique vis-à-vis de l’époque actuelle.

Une semaine de rencontres et de manifestations est organisée. Interview

... https://lundi.am/Emeutes-de-novembre-2005
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede bipbip » 19 Mar 2015, 12:17

RENNES SOUS TENSION ???

Depuis le début de la semaine se tient à la cité judiciaire le procès des deux policiers accusés de « non assistance à personne en danger » dans la mort de Zyed et Bouna, en 2005. Pour le collectif Novembre 2005, être présent tout les jours devant le tribunal est important et permet de se donner la possibilité de faire se rencontrer différentes expériences et différentes manières de faire face à la police.

Des collectifs et personnes participent à cette semaine, que ce soit des personnes qui luttent après avoir perdu un proche tué par la police ou après avoir été mutilé par elle. Mais encore d’autres qui s’organisent pour ne pas laisser isolées les personnes attaquées par la police ou la justice. Dans ce cadre, un rendez-vous est donné tous les midis de 12h à 15h pour manger et discuter. Mercredi, à 15h30, à République, une manifestation se tiendra dans le centre ville pour rappeler que nous sommes nombreux à donner plus de crédit à la vérité des proches qu’à celle de la police.

Considérer comme une « mise sous tension » (on notera la blessante ironie de l’expression…) le fait de rencontrer, discuter et s’organiser montre à quelle point la serennité de la métropole tient à peu de choses… Et par ailleurs, faire croire que c’est la police qui est victime de violence est une réelle fumisterie quand on voit le nombre de morts et de blessés dû à son simple exercice.

Soyons nombreux demain pour visibiliser ce procès dans le centre ville !

https://novembre2005.wordpress.com/2015/02/10/appel/


Manif interdite à Rennes
A l'appel de plusieurs organisations d'ultra gauche, une manif, interdite par la préfecture, a rassemblé une centaine de contestataires avant de ses disperser dans le calme
... http://www.ouest-france.fr/manif-interd ... le-3263161


France 2 s’acharne sur Zyed et Bouna
http://television.telerama.fr/televisio ... 124341.php
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede bipbip » 21 Mar 2015, 12:16

Communiqué de la Maison de la Grève à propos des pressions policières du 18 mars
Sherif, fais-moi peur

Aujourd'hui avait lieu à Rennes une manifestation à l'occasion du procès des policiers de Clichy-sous-Bois impliqués dans la mort de Zyed et Bouna en 2005. Comme lors des manifestations qui ont suivi la mort de Rémi Fraisse, la préfecture a cru bon de mobiliser des centaines de flics et un hélicoptère, de limiter l'accès à une bonne partie du centre-ville et de détourner les lignes de bus. Tout ceci, comme à l'automne, ne relève pas tant d'une prétendue menace de saccage de la ville par des anarchistes que de la fébrilité des autorités, qui savent depuis octobre et novembre 2005 que chaque mort dont la police est responsable peut ébranler l'ordre social.

La maison de la grève, espace d'élaboration politique sur Rennes et sa région, a apporté son soutien à la semaine de mobilisation pour le procès, en relayant l'appel, en participant aux cantines devant le tribunal et en ouvrant ses locaux pour une discussion. C'est certainement à ce titre que nous avons eu droit ce mercredi aux amabilités de la police en uniforme et en civil. Dans la matinée, un agent du renseignement (dont l'affectation précise nous est inconnue mais dont l'appartenance à la police nationale ne fait pas de doute) a été surpris, enfermé dans un appartement censément vide de l'immeuble d'en face, en train de photographier les personnes entrant et sortant du lieu. Évidemment, il n'a pas daigné ouvrir la porte quand certains d'entre nous sont montés y frapper...

Puis dans l'après-midi ce sont des dizaines de policiers en tenue de maintien de l'ordre qui ont bloqué l'accès à la rue, ne laissant passer que ceux qui pouvaient donner leur adresse. Sans compter les incessantes rondes de la BAC dans la rue, pendant et après la manif. Cette présence policière est peut-être également due à la soirée hip-hop qui se tenait dans un bar de la rue dans le cadre du programme de la semaine de mobilisation, mais toujours est-il que les flics ont ostensiblement manifesté leur présence devant nos locaux.

Ce communiqué ne vise pas à jouer l'indignation : ces petits coups de pression font partie intégrante du travail de la police, et personne ne devrait en être surpris. Cependant, nous voulons affirmer que cette stratégie policière échoue deux fois : elle échoue parce que nous ne cesserons pas de critiquer ce qu'est la police ; la police et sa brutalité, la police et son rôle dans le maintien d'un ordre inique, la police et sa prétention à confisquer la résolution des conflits. Et elle échoue parce que ce qui est en jeu dépasse largement la maison de la grève : si les autorités croient tenir leur coupable et circonscrire ce qui leur résiste dans un lieu, un groupe ou une pseudo « organisation d'ultra-gauche », eh bien nous ne tomberons pas dans le piège de nous conformer à leurs attentes. Nous ne nous recroquevillerons pas sous la menace de la répression, nous continuerons à défendre ouvertement ce à quoi on tient, à être ouvert à ceux qui partagent nos vues comme à ceux qui veulent les discuter.

Une pensée pour Bouna, Zyed et leurs proches.

Mercredi 18 mars, jour anniversaire de la Commune de Paris, La Maison de la Grève.

https://nantes.indymedia.org/articles/31238


Clichy-sous-Bois : minute par minute, la traque fatale de Zyed et Bouna
Que s'est-il passé dans les minutes précédant la mort des deux adolescents dans un transformateur électrique de Clichy-sous-Bois ? Un an après le drame, "l'Obs" reconstituait la course-poursuite avec la police.
... http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/ ... bouna.html
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede bipbip » 22 Mar 2015, 01:24

Zyed et Bouna : dix ans de colère à la barre

S’il devait y avoir une raison, une seule, qui justifie la tenue de cette audience publique, elle a été donnée, jeudi 19 mars, par les plaidoiries des deux avocats des parties civiles. Par les voix de Mes Emmanuel Tordjman et Jean-Pierre Mignard, dix ans de colère se sont exprimés à la barre du tribunal correctionnel de Rennes. Dix ans pendant lesquels ils ont porté à bout de bras une attente, celle des familles des deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, et une certitude, celle que ce drame ne pouvait pas, ne devait pas, rester sans explication dans un Etat de droit. Pour ceux qu’ils défendent d’abord, mais au-delà, pour l’ensemble de la société française à laquelle ils appartiennent.

... http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/20 ... -la-barre/
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Re: révoltes de 2005, appel au souvenir, victimes de la poli

Messagede bipbip » 24 Mar 2015, 02:39

A Rennes procès pour Zyed et Bouna » mort pour rien/ A cause de la police »
La défense a plaidé la relaxe, sans entrer dans le détail des faits. La décision du tribunal sera rendue le 18 mai.
... http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1453


Procès pour la justice pour Zyed et Bouna- 10 ans après: décision attendue le 18 mai
Le « procès de Clichy-sous-Bois » s’est achevé vendredi 20 mars avec les plaidoiries de la défense. Le tribunal correctionnel de Rennes, devant lequel ont comparu pendant cinq jours deux policiers pour non-assistance à personne en danger après le drame qui a coûté la vie aux adolescents Zyed et Bouna en 2005, rendra sa décision le 18 mai.
... http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1451
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