solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulouse

Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede Pïérô » 18 Fév 2012, 14:35

La dernière des mises en examen encore incarcérée a été remise en liberté ce jeudi 16 février, elle reste aussi sous contrôle judiciaire.

LABÈGE, ON EN EST OÙ ?

A Toulouse le 15 novembre dernier, sept lieux de vie ont été perquisitionnés, quinze personnes
interpelées, dont six placées en garde-à-vue, soupçonnées d’avoir participé au «saccage» des locaux de
la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Labège, le 5 juillet 2011 (dans les faits quelques tags et un peu
de merde déversée...). Finalement cinq mises en examen entrainent quatre détentions préventives à la
Maison d’Arrêt de Seysses, et un placement sous contrôle judiciaire.

A charge, l’appartenance à une «mouvance d’ultra-gauche toulousaine» fantasmée dont l’un des
principaux champs d’action serait la lutte anticarcérale... Il faut que quelqu’un paye pour la profanation
de la Maison de la Justice de Labège. L’action du 5 juillet était survenue en solidarité avec les mutins
de l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur. Deux mois plus tôt, la quasi totalité
des détenus s’était révoltée et avait saccagé des dizaines de cellules. La réponse de l’Administration
Pénitentiaire et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), qui co-gèrent les EPM, fût tristement
banale : mesures d’isolement, conseils disciplinaires, transferts, ainsi qu’une descente des Équipes
Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS), spécialistes cagoulés du matage des luttes en prisons.

Après l’enfermement dedans, l’enfermement dehors : les quatre prévenu-es de novembre sortent
de taule après trois mois de préventive et sont placé-es sous contrôle judiciaire. La «liberté» dont illes
devraient se réjouir ressemble de près à une énième sommation à la soumission. Arrêté-es sur la base
d’affinités, de contacts téléphoniques et d’engagements politiques dans diverses luttes, la machine
judiciaire n’a pas fini de pourir la vie (c’est bien ce qu’elle fait le mieux) des mis-es en examen.

On voit clairement le rôle du contrôle judiciaire : officiellement nécessaire à l’intégrité de
l’enquête, il s’agit en fait d’une énumération de contraintes destinées à prolonger la «privation de
liberté». Des comptes à rendre quant à ses déplacements, à l’obligation de pointer chaque semaine dans
un commissariat donné, en passant par l’interdiction d’entrer en contact les unes avec les autres, le
message est clair : la vie ne reprend pas. Tant pis si le commissariat en question est à 600 bornes de tout
ce qui faisait le quotidien, si certaines des potes qui n’ont pas le droit de se voir étaient ensemble en
cellule... La Justice se passe de justifications, elle broie, y compris les moindres désirs de se retrouver.
A l’entrave directe de la prison se substitue celle plus sournoise d’imposer l’auto-flicage. Il faut
anticiper ses moindres faits et gestes avec la menace permanente de retomber. Des milliers de personnes
subissent cette pression quotidienne.

Elles sont par ailleurs des centaines de milliers à alimenter les divers fichiers de signalisation
des flics. Tout est bon pour se faire prélever ADN, empreintes digitales et photos ; la quantité de
données accumulées augmente à un rythme effreiné. Ce projet de fichage généralisé comme
symptomatique de la société de controle nous fout la gerbe. Refuser les prélèvements expose
théoriquement à de lourdes amendes et à de la prison ferme, mais dans les faits il est crucial de saboter
cet outil de maintien de l’odre social. Tou-te-s les gardées à vue de novembre ont refusé de se soumettre
aux prélèvements, qui ont par conséquent été effectués contre leur gré (saisie des couverts, mégots,
gobelets...), et devront en répondre devant la Justice le 9 mai prochain.

Bref, la libération récente de la dernière des incarcérées ne doit pas occulter que l’instruction,
aussi creuse soit-elle, se prolonge. Nous voulons l’arrêt immédiat de toutes les poursuites. Nous
voulons la levée de tous les contrôles judiciaires. Nous voulons la suppression totale de tous les
fichiers. Nous voulons la destruction de toutes les prisons. Nous voulons la disparition de toutes les
formes d’enfermement.

février 2012

pourlaliberte.noblogs.org

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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede bipbip » 26 Mar 2012, 12:12

Concert de soutien aux inculpés, à Peyrelevade (19), le samedi 31 Mars

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Soutien aux inculpés de Toulouse

C'était hier…

En 2002, le projet de construction, par la loi Perben, d'Établissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM) s'était heurtée à une vive opposition de collectifs d'éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) ainsi que des opposants aux lois sécuritaires en général et à la destruction du droit des mineurs (abaissement à dix ans de la responsabilité pénale) en particulier. De nombreuses actions eurent lieu dans les villes où était prévue la construction d'un EPM.


Mais aujourd'hui…

La réalité des conditions de vie dans ces lieux n'a pas tardé à donner raison à leurs opposants : suractivité (des journées de 12 heures partagées entre des activités scolaires et d'animation imposées), temps collectifs fréquents imposés qui provoquent des tensions entre jeunes, et avec les surveillants (éducateurs et matons), éloignement de la famille aggravé souvent par des transferts punitifs dans d'autres régions, « unités strictes » correspondant au mitard des prisons d'adultes.

En conséquence, en 2008, soit un an après l'ouverture de ces établissements, on dénombrait déjà, pour 160 mômes incarcérés, 72 tentatives de suicide : dans les démocraties modernes, on ne pend plus les enfants mais on réunit toutes les conditions pour qu'ils le fassent eux-même. Les ERIS (matons cagoulés) sont intervenus plusieurs fois pour mater des début de révoltes collectives, comme celle qui eut lieu à l'EPM de Lavaur en mai dernier.

Tout est rassemblé ici pour que les mômes pètent les plombs, et d'ailleurs même les matons pourtant aguerris aux pires modes de détention, ne tiennent pas et demandent leur mutation au bout de 6 mois.

Une drôle de grève…

Au printemps dernier, les éducateurs de la PJJ travaillant en EPM se sont mis en grève. Leurs revendications : hausse des salaires, reconnaissance de la pénibilité de leur travail, formation au suicide, condamnations des violences des jeunes incarcérés… Aucun rejet de l'enfermement des mineurs : ce qui n'a rien d'étonnant vu que, face à l'opposition des éducateurs en 2002, la PJJ en avait recruté des nouveaux, qu'elle avait formé en six mois. Difficile dans ces conditions de se solidariser avec leur lutte corporatiste, identique à celle des matons, qui fut largement relayée par les médias tandis que l'existence même des EPM n'était plus publiquement remise en cause.

Aujourd'hui comme hier, agir contre les EPM…

En juillet, à Labège, près de Toulouse, un groupe de personnes entre dans les locaux de la direction régionale de la PJJ, déverse sur les bureaux du lisier et redécore les murs avec des slogans condamnant les EPM, et en solidarité avec les jeunes mutins de Lavaur. En novembre, à Toulouse six personnes soupçonnées d'avoir participé à cette action sont arrêtées. Quatre seront incarcérées, une placée sous contrôle judiciaire et la dernière sous le statut de témoin assisté. Cette action, qu'elle ait été commise ou non par eux s'inscrit dans la lutte contre les EPM dont nous sommes solidaires.
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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede Pïérô » 18 Avr 2012, 12:39

Discussion autour de l’enferment des mineurEs suivie d’un concert de soutien aux inculpé-es,
le samedi 21 avril à Toulouse

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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede bipbip » 14 Mar 2013, 12:19

des nouvelles de "l’affaire de Labège" *
Un an et demi qu’on nous emmerde, des nouvelles de l’affaire de Labège

Le 14 mars aura lieu le procès pour les refus d’ADN suite aux arrestations du 15 novembre 2011. C’est le moment pour nous de faire un petit point sur plus d’une année sous mains de justice. Plus d’une année d’écoute, de filature, de contrôle judiciaire... bref des mois d’emmerdes. Des emmerdes pour les personnes directement impliquées dans l’affaire mais aussi tou.te.s leurs proches, ami.e.s et connaissances. Nous prenons la parole, nous qui aimerions nous occuper de bien d’autres choses que d’accusations fumeuses et de leurs conséquences.

Mais pourquoi tout ça au fait ?

Le 05 juillet 2011, en fin de matinée, un groupe d’individu.e.s s’est invité dans les locaux de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) à Labège (31). Iles y sont resté le temps de signifier à cette institution, et à son personnel, le dégoût qu’elle leur inspire. En solidarité avec les jeunes mutin.e.s qui ont osé se révolter en mai de la même année dans l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, co-géré par l’Administration Pénitentiaire (AP) et … la PJJ. Une enquête est immédiatement ouverte. Dès le 13 juillet, le procureur de la république Valet nomme Didier Suc, juge d’instruction pour cette affaire. Il s’agit d’une information suivie contre X, pour des faits de : Participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens à Labège le 5 juillet 2011 Violence commise en réunion sans incapacité à Labège le 5 juillet 2011 Dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion à Labège le 5 juillet 2011 Lisons donc : tags, déversement de lisier et insultes. C’est dans ce jargon, une fois digérés par la justice, que sont retranscrits et donc criminalisables des moyens évidemment légitimes d’affirmer sa solidarité avec celles et ceux qui se révoltent. Les quatre premiers mois de cette enquête sont soldés par une opération massive de gendarmerie à Toulouse, le 15 novembre 2011. Les flics ont perquisitionné sept lieux de vies, interpellé une quinzaine de personnes et embarqué un paquet d’affaires. Sept personnes sont mises en garde-à-vue, six sont présentées au juge d’instruction. Cinq d’entre elles sont mises en examen, quatre atterrissent directement à la Maison d’Arrêt de Toulouse-Seysses pour 2 à 3 mois de détention provisoire. La cinquième est dehors, sous contrôle judiciaire. La sixième reste « libre », avec un statut de témoin assisté. Et la septième est lavée de tout soupçons grâce à un alibi béton et vérifiable. Jusqu’à aujourd’hui, aucune avancée, aucune nouvelle, aucune convocation, rien, juste une menace diffuse pour les présumé.e.s coupables de retourner en prison, pour leurs proches d’être associé.e.s à cette affaire et pour tout le monde de voir les flics débarquer dans nos maisons. On sait aussi que cette instruction sert à venir piocher des infos sur tout un tas de personnes « affiliées » à la mouvance fantoche ultra gauchiste toulousaine, et qu’on a écopé d’une surveillance continue de tous les espaces et acteur/ices de luttes pour une durée indéterminée.

Crachez ici !

Aujourd’hui c’est le procès du refus d’ADN. C’est la punition pour avoir refusé le fichage systématique. Triste ironie quand on sait que ce refus à officiellement justifié les placements en détention provisoire alors que les ADNs ont quand même été pris sur les gobelets, fourchettes et mégots utilisés pendant les GAV. Viendront donc à la barre les cinq mises en examen, le témoin assisté et la personne mise hors de cause. Les raisons de ce refus sont connues mais nous pouvons les répéter encore. Nous constatons que le prétexte de la preuve ADN sert une volonté de fichage généralisé de la population entière. Cette découverte scientifique qui consiste à attribuer un profil unique à chaque être vivant est tellement complexe qu’elle en est opaque. C’est évidemment plus simple de nous faire accepter des choses quand on y comprend rien. On nous a d’abord dit que c’était pour ficher les « vrai.e.s criminel.le.s », les « dangereux/dangeureuses », or ce sont près de 3 millions de personnes qui sont maintenant inscrites à vie dans le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques. Pas de présomption d’innocence pour ces gens, il y a les parfait.e.s et les autres, celles et ceux qui sont déjà passé.e.s par la case GAV. Et ça ne s’arrête pas là, ou plutôt ça n’a pas vraiment commencé par là, les animaux non humains sont eux aussi fichés. Chaque être vivant peut donc être identifié, géré dans une base de données, intégré dans un calcul de statisticien, contrôlé et tracé. Un énorme marché presque intarissable car il y aura toujours de nouvelles personnes qui naissent et des nouveaux nés animaux. Concepteurs de logiciels de gestion, fabricants de matériel de prélèvement et matière grise de labo s’en frottent les mains. Outre l’aspect économique, être fiché individuellement ne concerne pas que nous. Nos parents et enfants sont directement mis dans la case « de la famille d’un.e présumé.e coupable » grâce à certains marqueurs qui constituent notre profil génétique. Se dire qu’on peut passer entre les mailles du filet pour s’en sortir un peu moins pire devient presque impossible. On friserait presque la récidive si nos aïeul.le.s ont commis des broutilles hors du cadre légal. Au final, tout le monde est fiché, pas que les « coupables », pas que les « suspecté.e.s d’un jour », pas que les « témoins » comme la police et la justice tentent de le justifier. Refuser que des mecs ou des nanas en bleu nous mettent un coton tige dans la bouche est assez facile, en assumer les conséquences fait un peu peur. On s’expose alors à des procédures judiciaires, autre espace opaque et inquiétant de l’arsenal répressif. On nous dit 15OOO euros d’amende et un an d’emprisonnement. En réalité les personnes qui ne sont pas relaxées pour ce délit, car ça arrive plus souvent qu’on ne le croie, écopent souvent d’une amende ou de peine avec sursis. Mais même si on encourt des peines légères, être reconnu.e coupable de ce délit veut dire risquer la récidive à chaque GAV. Quelque soit la suspicion de délit pour lequel on y est amené. Et plus on sera nombreu.ses.x à refuser, plus ce sera difficile de nous poursuivre...

Parmi les épées de Damoclès qui planent au dessus de nous, il y a donc ce procès pour refus de prélèvement des empreintes génétiques, mais il y a aussi l’instruction et ses mesures coercitives, le contrôle judiciaire en est une.

Du contrôle, judiciaire, mais pas que...

Pendant que le Didier Suc cherche suffisamment d’éléments pour justifier 20 mois d’enquête, les cinq mis.e.s en examen sont sous contrôle judiciaire. Cela va de l’obligation de résider chez les parents, de pointer toutes les semaines au commissariat, à l’interdiction de se voir et de sortir du territoire. Ces mesures restrictives ne sont pas les mêmes pour tout le monde, une incohérence de plus qui prouve le caractère aléatoire et opportuniste de cette justice. Évidemment, elle tente encore d’isoler, d’atomiser et d’éviter toute réaction collective face à des accusations. S’institue alors la temporalité de l’instruction, faite d’immobilisme et de longue attente où un des moyens pour mettre en place un rapport de force passe par le juridique. Des demandes d’aménagement et de main levée de contrôle judiciaire sont répétées, le juge d’instruction et le parquet maintiennent la pression. Une fois de plus on voit une procédure basée sur des intimes convictions de juges et de procureurs voulant absolument faire peur et faire réfléchir à deux fois avant de lutter. Prouver que des gens sont coupables ou innocents ne les intéresse que très peu. Susciter l’immobilisme et le formalisme, voire la résignation de tou.te.s les pauvres et les agité.e.s, en revanche leur tient à cœur. Rester solidaires et faire bloc ensemble est un autre moyen de lutter face à la machine judiciaire et ne pas trop se laisser écraser. On vous tiendra au courant quant aux suites de ces démêlées judiciaires même si nous n’en n’attendons rien.

Nous ne sommes pas les seules dans cette situation, nous sommes bien conscien.te.s que nous avons les moyens de nous exprimer, dans certains réseaux et de demander de la solidarité. On aimerait juste que ces histoires judiciaires, concernant un certain milieu, ne nous fassent pas oublier la somme énorme de personnes qui se prennent la massue du code de procédure pénale dans la gueule.

Un gros big up à elles et eux.

« La justice nique sa maire, le dernier juge que j’ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue... »

Des proches des inculpé.e.s de Labège.

nonalepm@riseup.net

pour envoyer des sous (hé oui ! les baveux ça coûte cher et les amendes risquent de pleuvoir) chèque à l’ordre du CAJ

CAJ c/o Canal Sud 40 rue Alfred Duméril 31400 toulouse
http://paris.indymedia.org/spip.php?article13109
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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede bipbip » 17 Avr 2013, 08:55

Pour en finir avec « l’affaire » de Labège

Cette banale action directe contre les institutions répressives, mince réponse à leur violence quotidienne a déclenché cette enquête toujours en cours aujourd’hui. La justice n’aime pas que son rôle soit révélé et attaqué au grand jour, et s’attache à calmer les actes de solidarité entre oppriméEs. Nous affirmons notre solidarité avec ce type d’action directe, comme lorsque des ouvrierEs saccagent une préfecture, des employéEs séquestrent leur patron, des habitantEs des quartiers se défendent contre une agression policière, des étudiantEs bloquent leur fac, des anti-nucléaires sabotent des lignes THT, des femmes voilées privées de carte tisséo (metro toulousain) occupent une régie de transport, des mal-logés réquisitionnent un bâtiment, des Roms résistent à l’expulsion de leur camp, des sans-papiers brûlent un centre de rétention, des paysans déversent du fumier sur les bétonneurs… Contre tout cela, c’est une pratique habituelle des forces de répression que de se saisir d’un prétexte pour aller défoncer des portes, arrêter des personnes et les mettre eux-elles et leur entourage sous surveillance pour une durée indéterminée. L’État construit des cibles, des identités chocs, du « jeune de banlieue » à « l’anarcho-autonome » en passant par le « djiadiste » afin de transformer un acte relativement banal en prémisse d’un danger pour l’ensemble de la population. Si balancer du fumier était répréhensible en soit, ça puerait pour la FNSEA !! Au final, dans la guerre de classe en cours, ce sont les mêmes qui morflent, les pauvres et les révoltéEs.

Le signal est clair : hors des clous de la résignation et de la contestation balisée, point de salut. Les attaques portées à ces « ennemiEs intérieurEs » sont des avertissements donnés à touTEs les autres qui voudraient contester l’ordre établi. Tentatives toujours amenées à se reproduire puisque les conditions d’exploitations actuelles nous poussent encore et toujours à nous révolter ou pour le moins à contourner les règles.


A propos de l’enquête et des contrôle judiciaire (les passages en italique sont des copié-collé du dossier d’instruction)

Le dossier ne comporte que très peu d’éléments justifiants l’intervention en grande pompe du 15 novembre .

Ils s’appuient d’abord sur un rapport de police dénonçant les inculpées comme appartenant « à la mouvance ultra gauche toulousaine dont un des thèmes forts défendus et dénoncés par ces militants est l’existence d’un établissement pénitentiaire pour mineurs à LAVAUR (81). Outre l’intérêt porté par ces militants à cette cause, l’éventualité de leur participation à l’action, objet de la présente procédure, est corroborée par plusieurs éléments probants :
le tract laissé sur les lieux par les militants fait apparaître un style et une terminologie à rapprocher des textes les plus actuels de la pensée autonome ; - l’utilisation de produits ammoniaqués caractérise une précédente action destinée à perturber le déroulement d’une réunion d’information portant sur les nanotechnologies, autre thème récurrent pour la mouvance ultra gauche. » Et hop, voilà des coupables tout trouvés !!

Ensuite, il y a un pauvre sac à dos contenant des vieux papiers nominatifs, des écoutes et liens téléphoniques démontrant que certaines sont potes, amantes, voir même colocs... Et puis il y a 5 ADN non identifiés retrouvés sur des fringues à 50mètres de la PJJ. C’est d’ailleurs sous le sale prétexte d’attendre les résultats des comparaisons entre ces ADN et ceux prélevés pendant GAV sur les fourchettes et autres gobelets, que le juge d’instruction Suc maintient 4 d’entre eux en détention provisoire pendant 2 à 3 mois. Un correspondrait selon leur labo.

Et bien sûr, les livres, affiches, tracts, autocollants sur les frigos, trouvés pendant les perquis sont utilisés pour fabriquer les profils d’anorcho-truc-truc. Bref, du lourd....

Depuis fevrier 2012 rien. Enfin, pas vraiment, puisque les inculpées sont toujours sous contrôle judiciaire leur interdisant de se voir, d’habiter chez eux et chez elles, de sortir du territoire, et les obligeant à pointer régulièrement. Cette pression de basse intensité qu’est le CJ censée empêcher de s’agiter, les inculpées comme leur entourage la refuse. Les demandes répétées de main levée ou de modification ont toujours été rejetées par les différentes cours d’appel et autres chambres d’instructions. Des décisions justifiées par une commission rogatoire internationale délivrée aux autorités italiennes, pour retrouver deux présumé(e)s coupables encore recherché(e)s (? ??), et des « risques certains de renouvellement de l’infraction du faits de leur appartenance à la mouvance ultra gauche toulousaine » (encore elle !!)

Cette instruction n’a que trop duré et sert de prétexte à une mise sous surveillance de toutes les personnes qui de près ou de loin seraient en contact avec les inculpéEs. De proche en proche, comme un parasite, la surveillance se répand, dans une ville comme Toulouse ce sera bientôt l’ensemble des personnes qui s’agitent qui seront fichées dans cette affaire. Alors à partir d’un seau de merde jeté dans une administration et de tags , ce sont des centaines de personnes qui se retrouvent sous surveillance…

Afin de contrer l’individualisation auquel ils/elles sont confrontés dans cette histoire depuis le début, et aussi juste parce qu’ils et elles en ont tout simplement marre, les inculpéEs ont décidés collectivement de mettre fin à leurs contrôle judiciaire et de le faire savoir.

Arrêt immédiat de l’instruction.
Levée des poursuites.
Solidarité avec tous les révoltéEs.


Les inculpéEs de Labège, leurs proches, et leurs amiEs.

PS : Les résultats du procès ADN du 14 mars sont tombés : ce sera donc 300 euros d’amende chacun(e) pour les 5 personnes inculpées, mais aussi pour le témoin assisté et la personne mise hors de cause grâce à un billet d’avion.

Pour envoyer un soutien financier ou juste écrire CAJ c /o Canal Sud 40 rue Alfred Dumeril 31400 Toulouse nonalepm@riseup.net

Chèques à l’ordre du CAJ

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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede Pïérô » 16 Sep 2015, 08:46

Solidarité avec les inculpé.e.s de l’affaire de Labège !

Il y a 4 ans démarrait une longue histoire comme la justice sait en mener, faite d’enquêtes interminables, de détentions, de contrôles judiciaires... le 29 Septembre prochain aura peut-être lieu la fin de "l’Affaire de Labège".
Petit rappel historique et appel à la solidarité !

Affaire de Labège : épilogue ?

Rassemblement de soutien devant le TGI de Toulouse, le mardi 29 septembre de 12h à 14h


Tout commence par un week-end agité en mai 2011. A l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, à 40 km à l’Est de Toulouse, les prisonniers décident de ne plus courber l’échine face aux surveillants de l’Administration Pénitentiaire et aux éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Des insultes en tout genre, le saccage d’une dizaine de cellules et sept départs de feu amènent l’Administration Pénitentiaire à qualifier la situation de « mutinerie ».

Face à cette « rébellion généralisée », les Equipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS), seules forces habilitées à intervenir sur le terrain carcéral, écrasent les détenus récalcitrants et prennent possession de la prison. S’en suit une grève d’éducateurs, dénonçant leurs conditions de travail, réclamant plus de moyens pour plus de bâton, défendant coûte que coûte leur corporation, comme n’importe quel maton.
Mais, à l’extérieur de la prison, la nouvelle tourne. Tandis que des personnes solidaires décident alors d’organiser le soutien, de se rendre à la prison pour rencontrer les familles de détenus, de convoquer à des réunions d’information au sujet des EPM et de la Justice des Mineurs, d’autres, le 5 juillet 2011, s’invitent dans les locaux de la direction régionale de la PJJ dans la commune de Labège, tagguent les murs et déversent du lisier, certainement pour rappeler à quel point leur travail pue la merde.

Durant quatre mois d’enquête, les services de la gendarmerie vont s’intéresser à ce qu’ils appellent « la mouvance ultragauche ». Après une opération coup de poing dans sept lieux de vie toulousains, l’enquête aboutit à la mise en examen de cinq personnes puis la mise en détention provisoire de quatre d’entre elles, la dernière étant placée sous contrôle judiciaire. Après deux à trois mois de détention, les inculpé.e.s ressortent sous contrôle judiciaire et ce, jusqu’à la clôture de l’instruction, en septembre 2014. Aujourd’hui, ces cinq personnes passent en procès pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations », « violences en réunion » et « dégradation en réunion ». Toutes nient leur participation à cette action.

Si nous appelons à un rassemblement devant le Tribunal ce mardi 29 septembre de 12h à 14h, ce n’est pas pour dénoncer une Justice disproportionnée. La Justice n’est ni disproportionnée, ni aveugle. Elle est l’outil nécessaire au maintien de l’ordre social et réprime celles et ceux qui ont décidé de déroger aux règles du jeu capitaliste ou de s’organiser contre elles. Si nous appelons à ce rassemblement, c’est pour partager avec le maximum de monde notre refus de l’isolement judiciaire et notre critique du système répressif, un système répressif qui sévit partout où les prolétaires disent merde à leur misère, des personnes fichées pour leurs activités subversives aux détenus qui foutent le feu à leur cellule en passant par les réfugiés enfermés sous prétexte qu’ils resquillent les frontières.

Venez nombreuses et nombreux pour discuter, chanter et manger devant ce charmant TGI de Toulouse à 12H, mardi 29 septembre.

Comité de soutien des inculpé.e.s de l’affaire de Labège.

http://iaata.info/Solidarite-avec-les-i ... e-815.html
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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede Pïérô » 02 Oct 2015, 19:35

Procès de Labège, rendu au 3 novembre

Dans l’affaire dite de Labège le procès c’est bien tenu le 29 septembre 2015, en l’absence d’un.e des prévenu.e.s. Le parquet réclame une peine de 6 mois ferme contre la personne absente et 6 mois avec sursis contre les trois autres. Résultat le 3 novembre.

Le procès c’est déroulé en moins de deux heures et a surtout révélé la minceur des preuves factuelles et l’importance donnée au contexte. Il était clair dans ce procès que c’est avant tout l’opposition avérée des prévenu.e.s à l’enfermement en général, et à celui des mineur.e.s en particulier, qui était la principale raison de leur présence. La seconde étant qu’ils se fréquentaient...
On se prend parfois à rêver que la justice a du bon sens et que les 5 seront acquité.es... mais bon il n’y a que les appatrides qui croient en la justice de leur pays.

http://iaata.info/Proces-de-Labege-rend ... e-838.html
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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede Pïérô » 07 Oct 2015, 08:27

Affaire de Labège, l’Etat réprime sans compter

Au bout d’un acharnement policier et judiciaire représentatif de l’appareil répressif, le procès a enfin eu lieu pour accoucher d’une sourie. Une procureure qui s’emmêle dans les faits et un juge qui s’excuserait presque de la tenue du procès, même le journal local, pourtant peu enclin au doute, trouve les preuves un peu mince.
Le théâtre judiciaire a donné, encore une fois ce mardi 29 septembre, une preuve de son rôle dans le maintien de l’ordre, tentative de décryptage.

Retour en arrière

Les faits sont connus : une action contre les locaux de la protection judiciaire de la Jeunesse en solidarité avec une révolte qui avait eu lieu dans un établissement pénitentiaire pour mineur à Lavaur. Quelques tags, du « liquide nauséabond », du bordel, des tracts et disparition illico presto, classique. C’était en juillet 2011.
Les pandores sont rapidement au travail, cravachés par un procureur qui s’était, le jour même, déplacé sur les lieux et avait promis de laver cet outrage. Au bout de 4 mois d’enquête une opération monstre mobilisant 350 flics, dont l’antiterrorisme, réalise des perquisitions dans 7 lieux de Toulouse. 11 arrestations, 48h de garde à vue pour 6 personnes et au bout du compte, 5 mise en examen, un témoin assisté et surtout 4 détentions provisoires.
Là on rigole plus, la démesure entre les faits et l’opération policière laisse sans voix. Il a fallu s’organiser, gérer les peurs, organiser la solidarité et préparer, tant bien que mal, la riposte. La détention durera 3 mois, où les méthodes vexatoires de la pénitentiaire ne seront pas sans effets, notamment sur la santé d’une camarade. Une manifestation de solidarité, le 17 décembre 2011, connaîtra une répression alors sans précédent dans la ville [1], mais qui se reproduira à l’occasion des manifestations de novembre 2014 suite à la mort de Rémi Fraisse.

Éléments de contexte

Voilà enfin le jour du procès, on va donc pouvoir mesurer les résultats du travail des gendarmes et de la justice... Ben on n’est pas déçues.
La procureure va, à plusieurs reprise, alléguer des choses fausses :
- Que l’un des prévenu (absent) est sous contrôle judiciaire ; il n’y en a plus depuis la fin de l’instruction voilà plus d’un an ;
- Il y a eu trois personnes incarcérées dans cette affaires ; ce sont bien quatre personne qui ont subi les affres de l’enfermement ;
- Le portable d’une des prévenue a activé une borne sur le lieux des faits ; là on n’est plus dans l’erreur, on est dans la fabrication de preuve...
Et à cette incompétence elle ajoute un raisonnement alambiqué difficile à suivre : 1. l’action relève de "la désobéissance civique", 2. mais les prévenus n’ont pas revendiqué dérogeant à la règle de ce mode d’action alors là ils ont tout faux donc c’est par "désoeuvrement" que l’action a eu lieu, 3. mais ilelles étaient quand même super organisées...
On ne comprend plus en fait, l’action ne serait politique que si elle était assumée ? Pourtant celle-ci a bien fait l’objet de revendication et si la police et la presse avait du mal à en situer l’origine[Un temps la piste de jeune "victime" des EPM ayant agi par vengeance a été évoquée], que la raison était l’implication de la PJJ dans l’enfermement des mineurs ne faisait pas l’ombre d’un doute.
Le juge fait de longues déclarations pédagogiques sur la preuve en matière pénale et "les éléments de contexte". En effet il est clair que dans les inculpations ces derniers ont eu une place déterminante. Un élément de contexte, c’est un livre, une brochure, des fréquentations... en creux le juge semble douter du bien fondé de l’accusation. Il soulignera qu’il n’est pas responsable du renvoi devant sa juridiction...
Entre les un.e.s à côté de la plaque et les autres pas vraiment convaincues la scène prend un caractère un peu guignol... Les avocat.es ne relèvent pas vraiment le niveau livrant une prestation sans flamme et ne dénonçant que trop mollement l’acharnement qu’ont subi les camarades dans cette affaire.

Tout ça pour ça ?!

Donc toute cette débauche d’énergie répressive, tous ces coups de pressions pour un procès qui n’était que révélation de la vacuité de l’accusation. Le moment du jugement, parce qu’il est encore soumis à la nécessité de la preuve [2] ne peut rester dans le roulage de mécanique policier. Il faut prouver la culpabilité, pas seulement désigner des probables coupables. Bien sur il y a peu de chance pour qu’il y ait relaxe et encore moins acquittement. Cela voudrait dire que le tribunal juge l’enquête et l’instruction mauvaises, et ça serait bien étonnant. Cela n’empêche évidemment pas d’éspérer un tel miracle. Il nous faudra attendre le 3 novembre pour en avoir le coeur net d’ici là les paris sont ouverts.
Même dans le cas d’une condamnation on s’interroge sur le fait que les peines demandées soient égales ou inférieures à celles demandées lors des procès de novembre suite aux manifestations. 6 mois fermes demandés pour l’un des prévenus et 6 mois de sursis pour tout.e.s les autres.
C’est d’une part l’illustration de l’extrême sévérité des comparutions immédiates, et d’autre part un aveu de faiblesse du parquet qui cherche à obtenir une condamnation a minima pour enterrer l’affaire avec les honneurs et sans faire de vagues. Entendons nous bien, il est évident qu’un jour en prison est un jour de trop mais la justice a ses barèmes et là vraiment c’est le tarif innocent [3].

À quoi bon ?

Peut être que l’essentiel n’est pas la condamnation. Ce qui compte c’est d’isoler un espace politique, celui d’une contestation frontale à l’État et ses appareils. En criminalisant les opinions bien avant que celle-ci ait pu fomenter des actes réellement subversifs, il y a un isolement qui est recherché. C’est que cette histoire doit être remise dans une longue série de coups de pression répressifs [4], dont l’affaire de Tarnac est sans aucun doute la plus connue. Ce qui compte c’est l’intimidation : n’allez pas aux manifs non déclarées, ne faites pas d’action directe ou il vous en coûtera...
Il faut aussi faire le parallèle avec ce qui se passe dans les quartiers populaires où les descentes de polices démesurées sont choses courantes, souvent sans réel motif valable [5] et qui accouchent là aussi de souris. Non sans avoir permis le contrôle, l’identification, et réaffirmé qui commande. Tout en désignant un ennemi et indiquant la division entre les bons et les mauvais... Le but de tout cela est la division, la méfiance et la peur, mamelles d’un maintien de l’ordre bien mené. Comme pour une manifestation que l’on va désigner comme dangereuse pour éviter que trop de monde s’y rende, que l’on va isoler, séparer du reste pour ensuite intimider avec toute la férocité possible ceux et celles qui s’y trouvent...

Cette affaire touche à sa fin et c’est tant mieux. Nous ne savons pas ce que décidera le juge mais nous sortons encore une fois convaincus que la police, la justice et la prison ça ne sert qu’à maintenir l’ordre injuste qui nous opprime et nous exploite...


P.-S.
Sur l’affaire de "Labège" un blog http://pourlaliberte.noblogs.org/ existe réunissant énormément d’info pour tous les détails c’est le mieux...


Notes

[1] constitutions d’une nasse policière faite de gendarmes et CRS et permettant aux BAC de faire un travail d’intimidation / identification. Un grand moment de férocité policière destiné à empêcher totalement une manifestation, ce qui n’avait d’ailleurs pas complétement réussi. Voir un texte écrit à l’époque http://pourlaliberte.noblogs.org/post/2 ... -decembre/.

[2] bon c’est très relatif, les comparutions immédiates sont un bel exemple que la justice s’arrange très bien du manque de preuve

[3] Une blague circulait en URSS sur le goulag : un détenu récemment arrivé pour 10 ans, ses camarades d’infortune l’interrogent sur ce qui l’amène ici. Rien, je suis innocent dit-il... Et les autres de répondre , des nèfles, innocent c’est 5 ans...

[4] une liste https://pourlaliberte.noblogs.org/post/ ... epressifs/ avait été établie par le Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux à l’époque, elle était déjà assez éloquente.

[5] Non pas qu’il y aurait une bonne raison de faire ce genre d’ignominie mais qu’il y a des règles de droits édictées par eux et qu’on va pas se gêner pour souligner quand ils ne les respectent pas.

https://iaata.info/Affaire-de-Labege-l- ... r-835.html
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Re: solidarité avec les emprisonnés du 15 novembre à Toulous

Messagede Pïérô » 23 Jan 2016, 17:37

Affaire de Labège : Clap de fin...

L’affaire de Labège, c’est l’histoire d’une direction régionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) saccagée dans les beaux jours de juillet 2011. Cette action, ouvertement solidaire aux mutineries ayant secoué l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur en avril 2011 (que cette même PJJ cogère avec des matons), a ensuite laissé place à une enquête de gendarmerie, d’abord appuyée par les services anti-terroristes, puis simplement par les services de Renseignement. Comme quoi, l’anti-terrorisme, ça sert à tout et n’importe quoi.

Après une enquête de quatre mois, une gigantesque opération policière vient perquisitionner plusieurs lieux de vie, mobilisant 150 flics, dont le PSIG qui débarque avec des chiens, des casques, des fusils d’assaut, pour nous cueillir au petit matin. A l’issue de la garde à vue, 6 personnes sont retenues dans les mailles de la répression, 5 mis en examen (dont quatre mis en détention provisoire) et un témoin assisté. Après trois ans de confrontation en mode basse intensité, quelques mois de détention, un ou deux interrogatoires devant les juges de l’instruction, plusieurs années de contrôle judiciaire, l’affaire est renvoyée en correctionnelle, sans grande conviction. Et le Procès l’a prouvé. Alors que la Procureure s’est époumonée à invoquer l’Intime Conviction, comme on prêche l’Evangile, devant l’absence évidente de preuves, les juges ont peiné à la suivre dans sa transe juridique. Alors, ils ont fait au mieux. Plutôt que de suivre l’instruction qui avait joué la carte du groupe qui complote même en dormant, ils ont servi une justice toute timide, ne condamnant que les personnes contre lesquelles ils avaient des éléments « concordants ».

Résultat, trois inculpés relaxés, un inculpé condamné à l’équivalent de sa détention provisoire (3 mois de prison ferme) et un inculpé condamné à trois mois de sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois. Au-delà des peines liées au code pénal, il y a les dommages et intérêts. La PJJ, certainement elle aussi en pleine cure d’austérité dans ses services, ne pouvait pas passer à côté de l’aubaine et a réclamé 14 000 euros de frais de peinture. Finalement, nous sommes contraints de payer 20 % de cette somme en termes de dédommagement, plus des frais de justice.
Ce procès s’est joué au consensus, et on en attendait pas moins, vu le ridicule du dossier d’instruction. Mais ça y est, tout est fini ? Pas vraiment. Nous avons besoin de l’aide de tous pour mettre un point final à tout ça. Donc on organise, avec l’aide de la CAJ (Caisse d’Autodéfense Juridique), une petite campagne de récolte de fonds ainsi qu’un concert de soutien (le 19 février, infos à venir...) pour faire un peu de sous et nous permettre de fêter avec vous la fin de cette galère. On en profite également pour remercier tous les camarades qui ont manifesté leur solidarité depuis le début de cette « affaire ». Les nombreuses lettres reçues en prison, la participation aux manifestations et autres actions de soutien, les nombreux dons et concerts de soutien organisés ont été autant de manifestations d’une solidarité qui, en plus de faire chaud au cœur, a grandement servi la mise en place d’un rapport de force politique dans cette histoire de merde.

Nous ne pouvons pas faire comme si tout se jouait là. Même s’ils ont par tous les moyens essayé de nous réduire à nos positions d’inculpés, de repris de justice etc., nous sommes toujours ce que nous étions avant d’hériter de ces appellations, des personnes qui luttent contre le capitalisme et ce qu’il produit de merde dans ce monde, de l’écrasement des gens incarcérés à la dégradation violente et systématique des conditions de vie des prolétaires, à l’intérieur ou dehors, avec ou sans emplois, d’ici ou d’ailleurs. Nous appelons donc à renforcer les outils de solidarité, contre la répression, contre la misère que les bourges nous promettent, contre une vie passée à survivre sans rechigner. Et vu la gueule que prend notre avenir, entre vulgaires chairs à patrons et chairs à flics, le tout sous Etat d’Urgence permanent, tout ceci s’avère plus que jamais nécessaire.
Une pensée aux mutins de Lavaur et à tous les autres qui subissent une répression quotidienne dans l’ombre des cachots.

Les inculpé.e.s de « l’affaire de Labège »

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