la justice fait payer le mouvement social en silence (?)...

Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 21:42

L’État ne nous brisera pas avec ses barreaux

Les jeudi 3 mai et vendredi 4 mai derniers, les inculpé.e.s du 1er mai ont comparu devant le TGI de Paris. Personnes présentes à l’audience du vendredi et participantes au mouvement social actuel, nous apportons ces réflexions sur la répression actuelle contre les manifestant.e.s et des pistes pour une stratégie de résistance collective.

Rappelons d’abord les bilans des audiences de comparution immédiates des jeudi 3 et vendredi 4 mai 2018 au TGI de Paris.
Sur les 6 personnes qui ont été présentées à l’audience du jeudi 3 mai, 2 sont actuellement en détention provisoire, 3 sont sous contrôle judiciaire et 1 personne comparaitra libre. Les procès auront lieu les 28 mai, 30 mai et 12 juin. Parmi les 12 personnes présentées à l’audience du vendredi 4 mai, 6 ont demandé un renvoi de leur procès : 5 ont été placées sous CJ et une personne comparaitra libre. Concernant 2 personnes, le tribunal a demandé le renvoi du procès au motif que leurs identités ne sont pas vérifiables, alors que celles-ci voulaient être jugées immédiatement. Enfin, 3 personnes ont comparu. L’une a écopé d’une amende de 1000 euros et les 2 autres ont été relaxées. Les audiences auront lieu les 30 mai et 12 juin.

Ces deux journées de procès ont révélé l’enjeu politique de la répression dans le mouvement actuel. Plusieurs éléments nous paraissent importants.

Nous avons été frappées par le caractère sexiste qui a caractérisé l’appareil judiciaire pendant les audiences. La première comparution concernait une femme, la personne la plus âgée présentée ce jour au tribunal. La procureure aussi bien que les juges, dans leurs interventions, l’ont ramenée à sa condition de mère de famille, comme pour signifier qu’elle aurait failli à son "rôle" de mère en participant à cette manifestation. Le sexisme a par ailleurs marqué les discours des magistrat.e.s chaque fois qu’iels s’adressaient à une femme.
Par ailleurs, la quasi totalité des prévenu.e.s ayant moins de 25 ans, les remarques des magistrat.e.s étaient teintées d’un paternalisme certain, notamment quand leur présence à la manif était évoquée. La procureure a ainsi questionné avec insistance une des prévenu.e.s sur la raison de sa participation, alors que la manifestation avait été présentée comme violente par les médias, relayant les propos de la préfecture de Paris. A croire que manifester est devenu insensé et qu’on devrait rester passif, pendant qu’au même moment on nous déroule le folklore des commémorations de Mai 68.

Pour cette journée du vendredi 4 mai, les dossiers étant quasiment vides, le tribunal a été forcé de retenir des éléments à charge à la limite de l’absurde : habits sombres, possession de foulards, masques anti-poussière, sérum physiologique pour se protéger du gaz lacrymogène (qui on le rappelle, ne stagne pas à l’endroit où il a été lancé, ce que ne semble pas savoir la procureure de la République), et même une arme : "en l’espèce, un manteau".
Coincés par la vacuité de leurs dossiers, les enquêteurs ont utilisé tous les moyens possibles pour nourrir leurs chefs d’inculpation, notamment le contenu des téléphones portables des arrêté.e.s, conversations texto et messenger. Pour rappel, nous pouvons à tout moment exercer notre droit au silence, par exemple lorsqu’il nous est demandé le code d’accès au téléphone.

Un autre élément que nous retenons de la journée a été l’utilisation des "enquêtes sociales rapides" (voir l’article d’Indymedia Nantes), instrument par lequel les juges reproduisent la violence et les inégalités sociales. Ce dispositif consiste à réaliser une enquête rapide sur la vie des inculpé.e.s et concerne autant les aspects professionnel que personnel, voire intime. L’enquête vise à tirer des personnes accusées des éléments qui seront potentiellement utilisées à charge contre elles. Par exemple, une des prévenu.e.s a appris par le moyen de l’enquête sociale, que ses parents considéraient qu’elle était parasitée par de mauvaises fréquentations. Par ailleurs, le fait de ne pas répondre ou de fournir un minimum d’éléments est considéré comme suspect. Cela a contribué à la mise en détention provisoire de deux personnes qui n’ont pas ou pas complètement voulu s’y soumettre.

C’est bien la question des garanties de représentation et de leur vérification qui se pose là. Bénéficier de privilèges tels qu’avoir un domicile fixe, un statut professionnel, et de manière générale rentrer dans les cases modelées par la société, crée une inégalité avec les arrêté.e.s qui ne disposent pas de telles ressources. Le but, c’est de hiérarchiser les prévenu.e.s, de faire du cas par cas, surtout dans le cadre de comparutions immédiates. Face à cela, nous devons penser à des stratégies de défense collective efficaces. Soyons conscient.e.s que les choix que nous faisons dès le moment de l’arrestation ont un impact sur les autres inculpé.e.s et peuvent contribuer à accentuer nos différences. Ces procès ont ainsi montré comment les caractéristiques personnelles des inculpé.e.s pouvaient être instrumentalisés contre elleux. Par exemple, quand il est fait publiquement mention des traitements psychiatriques sans le consentement explicite de la personne concernée au moment de l’enquête, énième violence qui contribue à individualiser chaque cas et à dresser des différences "psychologiques" entre les prévenu.e.s.

Les chefs d’inculpation, les éléments évoqués et les modalités de ces procès nous rappellent la répression qui vise les manifestant.e.s depuis les mesures coercitives prises au moment de la COP 21, en passant par le procès de l’affaire de la voiture brûlée quai de Valmy. En effet, pour chaque personne prévenue, un chef d’inculpation porte sur la participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Punir en prêtant de présupposées « mauvaises » intentions. Ainsi, l’utilisation de la détention provisoire devient un moyen de pression et d’intimidation, notamment pour pousser les personnes à se soumettre au prélèvement ADN et au contrôle signalétique.

La répression est forte et notre réponse se devrait donc d’être à la hauteur. Les institutions nous imposent leur jeu en des termes sexiste, paternaliste, psychophobe qui creusent des différences et cherche à nous opposer. Une défense collective et solidaire est une des réponses adéquates face à la justice. Cette démarche continue de se construire à travers la transmission des outils de lutte et d’auto-défense afin de ne pas rester isolé.e face à cette répression.

Soutien aux inculpé.e.s du 1er mai.
Liberté pour toutes et tous.


https://paris-luttes.info/l-etat-ne-nou ... avec-10220
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 15 Mai 2018, 09:11

La dimension judiciaire de la répression

À propos de la Circulaire du 9 avril 2018 « relative au traitement judiciaire des infractions commises en lien avec l'opération d'évacuation de la ZAD de NDDL »

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Le 9 avril 2018, alors que l’intervention de la gendarmerie sur la zad de NDDL a commencé depuis 3h du matin, le « directeur des affaires criminelles et des grâces » du ministère de la justice envoie cette circulaire aux procureurs des tribunaux d’appel et de grande instance.

Ce document représente donc les instructions politiques données par le ministère aux représentants de l’État dans les tribunaux. Le but principal de ces instructions est de faciliter la criminalisation de la résistance aux expulsions et des actions en soutien (c’est pourquoi je parle de « dimension judiciaire de la répression »), ce qui passe par trois grands objectifs (détaillés ensuite) :

1) « L'adaptation du dispositif judiciaire »

2) « Les orientations pour le traitement judiciaire des infractions »

3) « Présenter les attentes en matière de remontée d'informations »

... https://nantes.indymedia.org/articles/41349
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 19 Mai 2018, 17:33

Procès huit juillet (2009-2018) : Paroles à la barre

Du 16 au 19 mai 2018 aura lieu le procès en appel de trois policiers condamnés pour avoir blessé six personnes à Montreuil le 8 juillet 2009, et mutilé l’une d’entre elles. Avant ce nouvel acte d’une histoire judiciaire longue déjà de neuf années, le collectif Huit juillet revient sur un moment important du procès en premier instance : pendant deux jours, 13 personnes étaient venues témoigner de leur expérience de la violence policière. Huit prises de parole seront ici publiées, deux par jour.

Paroles à la barre - 5/8 et 6/8
https://paris-luttes.info/proces-huit-j ... 2018-10242

Paroles à la barre - 7/8 et 8/8
https://paris-luttes.info/proces-huit-j ... 2018-10244
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 19 Mai 2018, 18:35

Repas de soutien aux réprim.é.e.s du 1er mai

Dimanche 20 mai à La Cantine des Pyrénées à partir de midi.

Le 1er mai a vu une sévère répression avec plus de 280 interpellations, plus d’une centaine de gardes à vue, une trentaine de déferrements, une quinzaine de comparutions immédiates et 4 personnes sont en détention prévéntive à Fleury-Mérogis.

Soyons nombreux.ses à les soutenir le 20 mai à 12h à La Cantine des Pyrénées, au 77 rue de la Mare.

Les fonds récoltés seront reversés à la Légal team Paris pour payer les avocats et les frais de justice.

Repas prix libre à partir de 12h

Solidarité avec les inculpé.e.s du 1er mai !!!

https://paris-luttes.info/repas-de-sout ... -e-s-10264
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede Pïérô » 20 Mai 2018, 02:55

Legal Team VS URSSAF

Le collectif de défense juridique de Rouen a du pain sur la planche.

Rappel des faits. Fin de la manif du 19 avril dernier, le soleil et le graillon sont au rendez-vous. Des syndicalistes tiennent un stand de restauration avec barbecue et drapeaux et à quelques mètres des manifestants ont installé un petit food truck et distribuent des frites à prix libre. C’est bonne ambiance.
Soudain, une petite équipe de quatre types bien habillés et sûrs d’eux se pointe. On voit clairement qu’ils ne veulent pas de frites. Ils sortent des cartes professionnelles en mode « Bonjour F.B.I. » et demandent les identités des fritiers. Ils sont agents de l’URSSAF et croient avoir découvert deux travailleurs illégaux. On leur explique que la friterie a été prêtée par une association, que les gars sont bénévoles, que c’est une habitude de fin de manif, mais ils se montrent intraitables, genre « je ne fais que mon travail ». Jusqu’à ce que la foule s’interpose, les hue et les fasse partir. Comme il se doit.

Sauf que... L’un des deux cuistots est, dans la vraie vie, artisan, c’est-à-dire inscrit aux fichiers de l’URSSAF. Il y est convoqué quinze jours plus tard pour une audition libre qui commence exactement comme une audition chez les keufs : notification de droits, droit de répondre aux questions, se taire ou faire des déclarations, droit à un avocat. Il est bon pour un entretien de deux heures avec un des agents intervenu le jour de la manif qui a, au préalable, épluché ses relevés de compte bancaire des 5 dernières années et qui lui demande de justifier de chaque entrée d’argent. Quand il demande les raisons de ce contrôle, l’enquêteur répond qu’il ne fait que suivre la procédure, mais ne tarde jamais à revenir sur le mauvais accueil des manifestants. Il ne comprend pas ce qu’il y a de particulièrement traître à contrôler les buvettes de fin de manif, il est vexé d’avoir été traité de flic, il est surtout outré de s’être entendu nommer parmi la foule « p*** à Macron ». Il attend même du camarade auditionné qu’il s’explique sur de tels outrages. Aïeaïeaïe.

Une première pour nous. A la Legal Team Rouen, nous sommes coutumiers des convocations, des garde-à-vues et des audiences mais nous n’avons pas peur de diversifier nos compétences. Cette forme inhabituelle de répression n’en est pas moins une forme de répression à combattre. Nous prenons donc bonne note de cette convocation et du contrôle dont notre camarade fait l’objet. Il sera conseillé et aidé si besoin, tout comme les camarades arrêtés au cours de l’expulsion de Surgissement le 4 mai dernier, et tout comme toi si tu as des problèmes et que tu décides de faire appel à nous.


https://a-louest.info/Legal-Team-VS-URSSAF-412
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 20:49

Appel à rassemblement pour le verdict de nos camarades, mercredi 23 mai TGI de Strasbourg

Mercredi 23 mai 2018, à 8h30, le tribunal correctionnel de Strasbourg rendra son verdict des suites du procès de nos deux camarades poursuivi·e·s pour des faits qui se sont déroulés le 7 mars dernier sur une tentative de chantier sur la zad de Kolbsheim, dans le cadre de la lutte contre le projet de contournement Ouest de Strasbourg porté par Vinci.

Les réquisitions du procureur ont été particulièrement sévères :

• 2 mois de prison avec sursis,
• 8 000 euros d’amendes et indemnisations pour l’un
• 9 000 euros pour l’autre
• Mise à l’épreuve,
• Interdiction d’être sur les communes liées au GCO, voire interdiction d’être dans le Bas-Rhin,

Parce que notre lutte est une action collective, il est hors de question de laisser Claire et Martin seuls face à la justice. Nous étions une centaine présente lundi 14 mai, soyons encore plus nombreux pour leur témoigner de notre soutien.

Mercredi 23 mai, nous appelons à p’tit déj-soutien dès 7h30, devant le tribunal d’instance (TGI), 1 Quai Finkmatt à Strasbourg.

Soyons nombreux à être présent·e·s.

Des habitant.e.s de la zad
avec le soutien de militant.e.s anti-GCO

https://manif-est.info/Appel-a-rassembl ... e-610.html
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 24 Mai 2018, 17:36

Bretagne : Procès d’un bloqueur de l’université de Rennes

Ce mardi, un militant de 32 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Rennes. Il était accusé d’avoir frappé le 8 février un vigile qui détruisait une barricade bloquant Rennes 2, et le 9 avril, d’avoir frappé le président de l’UNI Bretagne (Union nationale inter-universitaire, syndicat étudiant de droite), lors d’un affrontement entre les bloqueurs et une quinzaine de personnes, dont quelques membres de l’Uni, qui tentaient de démanteler les barricades. Le bloqueur a reconnu le premier affrontement mais contestait avoir participé à l’affrontement contre l’UNI. Pour les deux affaires, le tribunal l’a condamné, en tout, à quatre mois de prison avec sursis, et à 300 € d’amende pour avoir refusé de donner ses empreintes aux policiers.

https://secoursrouge.org/Bretagne-Proce ... -de-Rennes
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 24 Mai 2018, 17:39

La répression, les procès, ça continue...

Saint-Etienne

Près de deux ans après l’animé mouvement social contre la loi travail, le retors procureur et son appareil flico-judiciaire local n’en démordent pas : ils veulent voir condamner le plus de militant-es possible. Huit personnes (pas moins !) seront jugées le 13 septembre 2018 au TGI de Saint-Étienne pour des faits reprochés lors de manifestations du printemps 2016.

Voilà quelques liens de lecture pour se rembobiner ces derniers mois de procès à répétition (et encore, tout n’y est pas !) :
◾ [Loi Travail] Condamnation en appel pour Nina, Jules et Yvan
http://lenumerozero.lautre.net/Loi-Trav ... es-et-Yvan
◾ Soutien à Martin, jugé en appel le 9 oct. (il y en a eu deux !! Récits d’audience à lire dans Couac #5 et 6)
http://lenumerozero.lautre.net/Soutien- ... l-le-9-oct
◾ La répression du mouvement contre la loi Travail continue !
http://lenumerozero.lautre.net/La-repre ... l-continue

Face à toutes ces procédures répressives, en cours et à venir, une réunion publique est proposée pour s’informer, discuter soutien, stratégie(s) possibles : ce jeudi 24 mai à 18h, à la Bourse du travail (salle 66).

Tout le monde déteste police-justice-et toute leur clique.

http://lenumerozero.lautre.net/La-repre ... a-continue
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 13:07

Détentions provisoires et interdictions de séjour suite à la manif du 22 mai à Paris

Au moins 2 détentions provisoires et des interdictions de séjour suite à la manif du 22 mai

La justice à la chaîne bat son plein au palais de justice de Paris. Nous apprenons que 2 camarades ont été placés en détention provisoire jusqu’à leur procès qui aura lieu dans plus d’un mois, le 29 juin. Personnes interpellées dans le cortège du 22 mai. Jamais, même pendant la loi Travaille !, les consignes du parquet n’avaient été aussi bien suivies par les juges : mater la meute par la prison ! Rappelons qu’après le 1er mai, 5 prévenu-e-s avaient gagné le droit de préparer leur procès en détention (entre-temps trois ont été libéré-e-s).
Cet après-midi, trois salles d’audiences avaient été mises à disposition de la justice d’abattage, pour traiter les cas de 50 personnes dont la garde à vue avaient été prolongée de 24h mercredi soir. Après des mises en examen visant des mineur-es prononcées hier, au moins 7 rappels à la loi ce matin (sans doute concernant des mineur-e-s), voilà un bilan partiel pour vendredi (pointage à 18h) :
◦ 2 personnes en détention provisoire (procès 29 juin) ;
◦ 6 personnes sous contrôle judiciaire, interdites de XIIè et de communiquer entre elles en attente de leur procès le 15 juin ;
◦ 2 personnes relâchées sous contrôle judiciaire avec interdiction totale de pénétrer dans Paris (procès 15 juin) ;
◦ 2 personnes en attente de leur procès en septembre et octobre.

D’autres personnes sont donc encore en cours de jugement, bilan final plus tard.
Le groupe légal

https://paris-luttes.info/detentions-pr ... s-et-10323
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 13:50

Des opposants aux déchets nucléaires jugés sous haute surveillance policière
Mercredi 23 mai, douze militants anti-Cigéo ont comparu devant le tribunal de Bar-le-Duc, ceinturé par les CRS. Tandis que le procureur a évoqué une association de malfaiteurs, les avocats des prévenus ont souligné les nombreuses irrégularités de la procédure, fustigeant le « régime d’exception » imposé aux « gens de Bure ».
... https://reporterre.net/Des-opposants-au ... -policiere


Condamnation de 2 opposants au GCO

Condamnation de 2 opposants au GCO, …
LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER


Ce mercredi 23 mai 2018, Martin et Claire, les deux militants qui s’étaient opposés pacifiquement à des travaux préparatoires du projet de Contournement Ouest de Strasbourg, dans une action collective, ont été condamnés pour l’un : à 2 mois de prison avec sursis + 500 euros d’amende avec sursis + 1000 euros d’indemnités pour préjudice moral + 496,50 euros pour réparation matérielle + 600 euros de frais de justice et pour l’une : 2 mois de prison avec sursis + 600 euros de frais de justice.

Le collectif prend acte de cette décision sévère qui confirme l’énorme asymétrie de moyens entre des personnes qui luttent pour préserver à long terme leur environnement et une multinationale dont la motivation principale est le profit et la méthode, l’intimidation. A preuve, l’énormité des dommages et intérêts demandés par le clan Vinci-ARCOS, totalement hors de proportion. Cette société, qui n’est pas exempte d’infractions à la loi, y compris pour ce projet, voudrait nous faire croire que l’action non violente de Claire et Martin ait réussi à traumatiser cette multinationale (qui est capable, par des propositions de contrats léonins, de faire plier des communes) et à lui causer un réel préjudice économique. Ce comportement est indigne et témoigne de la nervosité de cette structure qui a sans doute du mal à trouver sa légitimité sur ce territoire.

Même si le juge n’a pas suivi toutes les réquisitions du procureur, l’action des militants a été considérée comme un délit alors qu’ils ont agi pour l’intérêt collectif et que, dans un contexte où les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, on pourrait au contraire considérer que la situation les a poussés à agir par devoir d’alerte.

Le collectif remercie Claire et Martin pour leur engagement et poursuivra la lutte, non violente, pour faire prendre conscience au plus grand nombre de l’absurdité et du danger que représente le projet de GCO.

Une cagnotte a été créée en ligne pour les soutenir :
https://www.leetchi.com/c/soutien-finan ... e-anti-gco


https://gcononmerci.org/archives/commun ... ot-de-fer/
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 21:09

Arago: comment l’arsenal législatif réprime les mouvements sociaux et étudiants
L’affaire Arago le rappelle : l’arsenal législatif français autorise une sévère répression judiciaire des mouvements sociaux. Ancienne, la « criminalisation » des mouvements sociaux est en marche. À la suite de l’occupation de ce lycée de l’est parisien, 102 lycéens et étudiants opposés à Parcoursup, parmi lesquels 40 mineurs, ont été placés en garde à vue, notamment sur le fondement du délit d’« intrusion dans un établissement scolaire » créé sous Nicolas Sarkozy.
... https://www.mediapart.fr/journal/france ... 1106759218

Parcoursup. La folle répression des lycéens du 22 mai
Garde à vue à rallonge, mise en examen... des dizaines d’élèves qui voulaient occuper le lycée Arago ont été réprimés dans des conditions invraisemblables.
«On n’est plus dans un État de droit ! » Pierre ne décolère pas. Sa fille Jeanne, 16 ans, fait partie de la centaine de personnes, dont une quarantaine de mineurs, interpellées mardi soir à Paris, alors qu’elles tentaient d’occuper le lycée Arago pour dénoncer la loi Vidal et Parcoursup. Un coup de filet opéré dans des conditions ahurissantes. Et qui se traduit, depuis deux jours, par une répression invraisemblable.
Tout a débuté après la manifestation des fonctionnaires. Vers 19 heures, des dizaines de jeunes décident de pénétrer dans cet établissement afin d’organiser une AG. Alertés, les CRS débarquent en nombre. Fouilles brutales, palpations, interpellations au hasard… une soixantaine de ces jeunes atterrissent dans les bus de la police, garés sur le parking du commissariat du 19e. « Ma fille y est restée enfermée pendant 5 heures, sans eau, sans accès aux toilettes, ni possibilité de communiquer », raconte Pierre. Tous sont finalement dispatchés dans divers commissariats et placés en garde à vue (GAV) bien après le délai maximal de 4 heures de rétention. Et sans que les parents ne soient informés ! Les GAV vont durer 24 heures, parfois plus. Et seront rudes. Une élève, sous le choc, devra être hospitalisée. « D’autres se sont retrouvés avec des détenus majeurs, dont l’un déféquait à même le sol », assure Pierre. Les motifs d’arrestation, eux, restent flous : « attroupement », « intrusion », « vols », « dégradations »… « En fait de dégradations, il s’agit de chaises renversées, quelques tags sur des tables et une vitre brisée par les CRS qui essayaient de rentrer », témoigne un des lycéens. Lucie Simon, membre d’un collectif d’avocats, se dit « choquée » et évoque « des dossiers vides ».
... https://www.humanite.fr/parcoursup-la-f ... mai-655848
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 22:33

« La garde à vue, c’est stylé »

Ce jeudi 24 mai, soixante mineurs en garde à vue suite à l’occupation du lycée Arago. Après les 400 000 exclusions liées au dispositif Parcoursup, les parents comprennent de moins en moins ce qui arrive à leurs enfants.

Le TGI de Paris-Batignolles n’est pas un tribunal, c’est un building, le siège d’une banque prestigieuse, une immense machine à juger… et à broyer. Tout est neuf, blanc, rutilant, transparent : la justice n’a rien à cacher. Le hall d’accueil est immense, hors-échelle, écrasant. Les étages, les ascenseurs et les passerelles de verre se succèdent à perte de vue. Quiconque rentre ici comprend qu’il n’est rien dans l’immense fourmilière où se presse une multitude d’insectes en robe noire. Personne ne s’appartient plus, vous voilà perdu jusqu’au vertige : voilà ce que comprend celui qui se rend au guichet P 14 (3e étage) du TGI de Paris-Batignolles.

La salle P 14 est vide, il faut très vite comprendre le fonctionnement du lieu. Derrière la vitre blindée qui vous met en confiance, une employée au visage émacié répertorie les « déférés ». Il faut décliner nom et prénom pour que celle-ci vise sur l’immense liste le sors attribué au « déféré ». « – Non, pour vos étudiants, il n’y a pas de confirmation de comparution immédiate. Mais c’est le procureur qui va décider. Ils sont tous là. » Il faut attendre, cela durera huit heures.

Une mère passe, l’attente est propice aux contacts. Elle m’explique que sa fille a été arrêtée il y a deux jours à 19h 30. Sans nouvelle et folle d’inquiétude, il lui a fallu attendre trois heures du matin pour qu’une voix lui annonce que celle-ci était en garde à vue pour « appartenance à un groupe violent, qui s’était introduit dans un lieu en vue de troubler l’ordre public » et aussi « que cette garde à vue était bien fait pour elle, et que cela allait lui servir de leçon ». Mais la voix ne précisait pas si elle parlait de la fille ou de cette mauvaise mère en tailleur-pantalon qui avait éduqué sa fille dans le gauchisme enragé de la plus stricte observance.

Dès 19 h, les membres du « groupe violent » ont donc été enfermés dans un bus afin de protéger les honnêtes citoyens : sans nourriture, sans boisson, sans toilettes et sans lumière. La police a eu pour ordre de frapper fort, de faire du chiffre, elle s’est exécutée et a ramassé qui trainait. Mais elle était maintenant bien embarrassée avec tous ces jeunes enfermés, et après le parfum d’une magnifique victoire, elle ne savait plus vraiment que faire d’eux : il a donc bien fallu répartir toute cette chair humaine dans une dizaine de commissariat de Paris et de sa banlieue. Certains des plus jeunes (14 ans) étaient évidemment terrorisés, puisque le but de la garde à vue est de créer un choc psychologique pour obtenir des aveux immédiats du suspect. Les étudiants, plus habitués à l’omniprésence de la maréchaussée dans les facs depuis de nombreux mois ont donc tenté de rassurer les plus jeunes. Complètement rassuré, l’un d’eux a fini par conclure : « – La garde à vue, c’est quand même stylé. »

Ensuite il y a eu la procureur, qu’on disait « particulièrement pointilleuse », tout le monde a donc passé une nouvelle nuit entre tribunal et commissariat avant d’être « déféré ». Certains parents, toujours sans nouvelles, arrivaient maintenant au guichet, très éprouvés, agitant dans leurs mains fébrile une convocation rapidement imprimée sur l’Epson Stylus Color familiale. Un philosophe de profession, qui écrivait des ouvrages sur la désobéissance civile, se demandait s’il devait encore continuer à les publier. Une mère hurlait qu’on lui rende son fils. Une trentaine de parents se soutenaient maintenant mutuellement dans la salle. Mais celle-ci était devenue trop petite pour contenir le trop-plein d’angoisse accumulé depuis bientôt deux jours. D’autres parents commençaient aussi à s’amasser au pied de l’immense building, criant leur désespoir, hurlant contre Parcoursup et sa police.

La salle ressemblait maintenant à n’importe quelle réunion de rencontre parents-profs. On a pu jauger les situations, mesurer les profils des différents jeunes et partager l’absurdité de la situation présente. Du dehors montaient les chants de plusieurs centaines de personnes assemblées devant le tribunal. Un policier a soufflé à un de ses collègues « - Ce ne sont que des jeunes qui chantent et qui font du chahut ». Le problème c’est qu’on criminalisait maintenant le chahut et que cela se terminait au tribunal. Toute la colo risquait maintenant la prison. Un avocat nous dit alors que seize mineurs avaient été d’ores et déjà été « mis en examen », seize autres jeunes allaient passer une troisième nuit au commissariat, quant à certains ils risquaient l’interdiction de paraître dans certains lieux (Opéra, Festival de Cannes ?).

Dans les commissariats, les policiers, peu habitués à ce genre de clientèle n’en revenaient pas. « -Et pour le passage devant le juge faut-il amener un costume ? ». « -Doit-on amener à manger pour notre enfant ? ». Les parents arrivaient souvent en couple. Certains se sont fait jeter comme des malotrus. Mais ce qui a le plus intrigué la maréchaussée, c’est notre réunion. Il y avait dans le groupe de parents rassemblés le type de solidarité qu’on rencontre pendant les catastrophes humanitaires. En prenant soin de l’autre, chacun se demandait si les initiatives de ce gouvernement n’étaient pas en soi des catastrophes humanitaires.

Quand la pression des parents (retenus par des rangées de CRS hors du tribunal) se fit trop forte, que chaque mère se mit à hurler face aux caméras de la presse accourue, le tribunal comprit que la situation lui échappait et tournait au fiasco. Pourquoi un président avait-il kidnappé soixante mineurs pour imposer une réforme impossible à mettre en œuvre (400 000 jeunes en pleine angoisse et sans affectation à l’université en pleines révisions du bac). Tout cela ressemblait à un aveu d’impuissance. Les sorties se firent beaucoup plus rapides. Comme si l’institution judiciaire n’était pas prête à suivre un roi fou dans ses délires.

Au fur et à mesure des ovations qui acclamaient chaque sortie, ce qui devenait de plus en plus évident pour la joyeuse foule, -rassemblée comme pour un retour de voyage scolaire, et se racontant ses souvenirs de détention-, c’est que la garde à vue, plus que le baccalauréat, marquait maintenant l’entrée véritable dans la vie adulte.


https://paris-luttes.info/la-garde-a-vu ... tyle-10341
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 27 Mai 2018, 15:52

[Antirep Nantes/ZAD] Compte-rendu de la comparution immédiate du 24 mai 2018

Parmi les affaire jugées en comparution immédiate ce 24 mai, 1 concernait la manif du 14 avril à Nantes (manif contre les expulsions sur la Zad).

... https://nantes.indymedia.org/articles/41617
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 28 Mai 2018, 12:07

Le fascisme à l’état gazeux

Récit et croquis des comparutions immédiates suite à l’occupation du lycée Arago

Une épizootie globale contamine inexorablement l’ensemble des espèces qui ont choisi de faire du devenir-mercantile l’alpha et l’oméga de toutes les relations. Qu’on l’appelle « autoritarisme électoral », « techno-populisme », « dictature de l’extrême-centre », « semi-démocratie », « tournant autoritaire », « monarchie élective », ces expressions disent toutes le processus d’une fascisation en cours. Comme le disait Camus : « Le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses » [1].

... https://lundi.am/Le-fascisme-a-l-etat-gazeux
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 29 Mai 2018, 08:03

Appel à une présence solidaire au tribunal suite au 1er mai

Le mercredi 30 mai, plusieurs personnes interpellées le 1er mai passeront en procès suite aux reports de comparutions immédiates pour des « groupement en vue de commettre des dégradations ou violences », des « port d’arme », ..., et des refus divers en GAV.

Au moins deux d’entre elles comparaîtront détenues : la justice se base sur les profils sociaux, et, pour ceux et celles qui ne veulent et/ou ne peuvent pas démontrer leur bonne intégration dans ce monde pourri, c’est la case prison.

Nous étions nombreux-ses dans le cortège de tête le 1er mai. Nous sommes nombreux-ses à nous reconnaître quand une vitrine vole en éclats, quand les flics reculent, quand on a l’impression que la chape d’oppression se fissure pour un instant. Sans connaître les objectifs de tou-te-s, on partage des moyens et des modes d’action et, quoi qu’en disent Mélenchon et autres dissociés, on sait qu’on est ni des fachos ni des flics.

Tout ça n’est pas sans risques, alors c’est important d’être solidaire de celles et ceux accusé-e-s d’« actes » qui nous parlent, peu importe leur innocence ou leur culpabilité. Pour que nos luttes ne s’arrêtent pas aux portes de la répression mais s’y prolongent. Pour soutenir les indiscipliné-e-s qui lâchent pas l’affaire entre les griffes du pouvoir. Pour gueuler notre rage contre la justice et la taule, outils indispensables du pouvoir.

RDV mercredi 30 mai à 13h30 devant le TGI de Paris à Porte de Clichy

https://paris-luttes.info/appel-a-une-p ... e-au-10367
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