répression à Poitiers

répression à Poitiers

Messagede JPD » 04 Oct 2017, 06:47

refus de convocation.pdf
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Camarades,

Le 17 novembre prochain aura lieu à Poitiers le procès de neuf personnes accusées d'avoir, le 19 mai 2016, « pénétré, circulé, ou stationné, sans autorisation, dans les parties de la gare SNCF non affectées à la circulation publique » puis d'avoir « refusé de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques, notamment de prise d’empreintes digitales et photographies nécessaires à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police ».

Il s’agit là globalement d’une attaque, comme il y en a eu beaucoup d’autres, qui se situe dans la droite ligne des mesures contre la liberté de manifester et pour museler le mouvement social.

Or, ces neuf personnes (plus deux autres qui avaient été convoquées initialement par la police mais qui pour l’instant ne sont pas concernées par le procès) ont été ciblées avec précision par les pouvoirs publics, puisque ce sont de 400 à 600 manifestants qui se trouvaient dans l’enceinte de la SNCF, ce 19 mai 2016, à la suite d’une manifestation contre la loi travail et à l’appel de l’intersyndicale locale.

Ces neuf personnes sont connues pour leur appartenance aux milieux anticapitalistes et/ou libertaires. Outre deux militants de Solidaires, syndicat particulièrement en pointe à Poitiers, ce sont des libertaires (dont deux de l’OCL) actifs dans le milieu stigmatisé par les pouvoirs publics poitevins depuis les bris de vitrines et graffitis réalisés pendant une manifestation anticarcérale, le 10 octobre 2009, au centre-ville de Poitiers, et qui subissent depuis des années un acharnement policier ayant déjà donné lieu à de multiples procès.

C’est donc bien le mouvement libertaire actif dans les mouvements sociaux qui est visé dans ce procès, et il nous paraît légitime que le mouvement libertaire, avec ses différentes composantes, manifeste comme il le peut sa solidarité et sa présence dans cette affaire. Aussi, nous vous appelons à faire connaître la réalité de ce procès politique autour de vous (par communiqués, articles, manifestations de solidarité) et à appeler à un rassemblement le jour du procès (le 17 novembre à 9 heures) afin d’y affirmer un présence anarchiste et/ou libertaire.

Un soutien financier (il y en aura malheureusement besoin) peut être adressé au Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, c/o Acratie (L’Essart, 86310 La Bussière) – chèques à l’ordre d’Acratie en mentionnant au dos « soutien aux 9 de Poitiers ».

Un comité de soutien spécifique a été créé sur la ville avec l’appui des organisations suivantes : Collectif chômeurs-précaires Poitiers, Convergence libertaire anticapitaliste poitevine (CLAP), CNT-SO, Ensemble, Nouveau parti anticapitaliste (NPA 86), Organisation communiste libertaire (OCL), Parti communiste (PCF 86), Solidaires 86, Union syndicale de la psychiatrie.

Nous vous adressons en outre différents textes et tracts qui peuvent servir à mieux comprendre cette affaire et qui peuvent être diffusés où bon vous semble.

OCL Poitou

ocl-poitou@orange.fr




1. La lettre de 6 des 9 convoqués par l’OPJ (qui seront onze par la suite) refusant de se rendre à la convocation

2. Le texte collectif des 11 convoqués appelant à la constitution d’un comité de soutien

3. Le communiqué / pétition adopté par le comité de soutien (qui, par rapport au précédent, n’insiste pas sur l’histoire répressive poitevine, afin de « ratisser plus marge »)

4. Le texte plus complet que nous avons rédigé pour Courant Alternatif

5. Quelques photos
Fichiers joints
tract petition + manif.pdf
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les 11 - copie.pdf
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Re: répression à Poitiers

Messagede JPD » 04 Oct 2017, 06:50

article CA.pdf
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avec le quatrième fichier : article de Courant alternatif-

POITIERS
La répression de la mobilisation contre la loi travail continue

Dix-huit mois après une manifestation contre la loi travail qui s’est terminée à Poitiers sur une occupation des voies ferrées par des centaines de personnes, neuf personnes ciblées par la police pour leur appartenance aux milieux anticapitalistes et/ou libertaires vont passer en procès le 17 novembre.

En 2016 s’est déroulée une importante mobilisation contre la loi travail dans toute la France : pendant plus de quatre mois, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue et ont fait grève contre le projet gouvernemental de casser le code du travail. La liberté de manifester a été mise à mal par une très forte répression et par le recours aux mesures d’exception de l’état d’urgence (manifestations interdites, interdictions individuelles de manifester…).
A Poitiers, l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-CNT-UNEF-SGL avait appelé le 19 mai à une manifestation jusqu’à la gare, et décidé d’investir l’enceinte de la SNCF en solidarité avec les cheminots en grève au niveau national. Cette action a été réalisée avec succès par 400 à 600 personnes pendant près de deux heures, et elle s’est déroulée jusqu’à la fin dans le calme et sans aucune dégradation, selon les modalités décidées par l’intersyndicale 86. Puis la manifestation a repris son cours jusqu’au parvis de la gare, où elle s’est dispersée.
Or onze personnes connues pour leur appartenance aux milieux anticapitalistes et/ou libertaires (dont deux membres de l’OCL) – milieux stigmatisés par les pouvoirs publics poitevins depuis les bris de vitrines et graffitis réalisés pendant une manifestation anticarcérale, le 10 octobre 2009, au centre-ville de Poitiers – ont ensuite été convoquées au commissariat de police le 28 juin, dans le cadre d’une enquête sur des « faits d’entrave à la mise en marche ou circulation d’un véhicule de chemin de fer et autres » après une plainte de la SNCF.

Nous aussi, nous y étions
ou nous aurions pu y être !

Les onze personnes convoquées ont aussitôt dénoncé le ciblage politique qui avait été opéré là. La police avait en effet pointé dans la presse, quelques jours après la manifestation du 19 mai, la présence de « militants de l’ultragauche » dans ses rangs, et déclaré craindre leur violence ainsi que celle de « groupuscules radicaux extérieurs » – sans pouvoir bien sûr apporter la moindre preuve de ses dires, notamment concernant la violence... et pour cause : Poitiers n’en a connu aucune lors du mouvement contre la loi travail. De plus, l’appartenance de deux des convoqué-e-s à Solidaires 86 montrait que les pouvoirs publics voulaient faire un exemple en s’attaquant à des militants syndicalistes très actifs dans les luttes sur la ville.
C’est pourquoi les onze convoqué-e-s ont annoncé à l’officier de police judiciaire et à la presse : « Que nous nous rendions ou non à la convocation au commissariat de Poitiers le 28 juin, nous ne répondrons à aucune des questions posées par la police et resterons déterminés, unis et mobilisés contre cette loi ! » Un rassemblement de 150 personnes – soulignant qu’elles aussi étaient sur les voies le 19 mai – a eu lieu le 28 juin devant le commissariat, en soutien aux trois personnes qui se sont présentées à la convocation ce jour-là (les autres ont refusé de s’y rendre en déclarant publiquement approuver « totalement les entraves à la circulation des trains et autres blocages qui ont eu lieu à Poitiers et dans toute la France » et appeler « en outre à les multiplier jusqu’au retrait total de la loi travail »). Mais l’« affaire » n’en est pas restée là : les huit autres personnes ont de nouveau été convoquées au cours des mois suivants, à tour de rôle interpellées à leur domicile ou à leur travail puis placées en garde à vue. Et maintenant, alors que la loi travail 2 de Macron va accélérer cette politique ultralibérale, il y a ce procès qui a été notifié à neuf (à ce jour) d’entre elles par voie d'huissier pour le 17 novembre au tribunal correctionnel de Poitiers, sous les inculpations d’avoir « pénétré, circulé, ou stationné, sans autorisation, dans les parties de la gare SNCF non affectées à la circulation publique » et d’avoir « refusé de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques, notamment de prise d’empreintes digitales et photographies nécessaires à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police ».

Halte à la criminalisation
et à la répression des mouvements sociaux

Les inculpé-e-s se déclarent opposé-e-s aujourd’hui à la loi travail 2 et à l’état d’urgence permanent comme ils et elles se sont opposé-e-s hier à la loi travail et à l’état d’urgence. Ils et elles s’insurgent contre la « sélection » opérée par la police pour exercer une vengeance contre certains milieux anticapitalistes et/ou libertaires poitevins en continuant de les harceler par des convocations au commissariat et des gardes à vue, jusqu’à ce grotesque procès.
Un comité de soutien s’est constitué afin de réclamer la relaxe des neuf inculpé-e-s et de traduire en acte la solidarité face à la répression. Ce comité dénonce le ciblage politique manifeste et le caractère politique de ce procès. Il condamne toute tentative des pouvoirs publics visant à faire taire et intimider le mouvement social, car, au-delà des neuf convoqué-e-s, c’est la liberté de manifester de tous et toutes qui est attaquée. Il dénonce également le fichage systématique et généralisé qui se met en place dans le même objectif. Enfin, il appelle toutes les personnes et organisations à le rejoindre et à manifester leur solidarité envers les camarades convoqué-e-s par un soutien à la fois politique et financier.

Relaxe pour les neuf personnes convoquées
devant le tribunal correctionnel de Poitiers le 17 novembre !

Pour plus d’informations et contact : https://soutienpoursuiviespoitiers.noblogs.org/ (blog) et soutien-poursuivies-poitiers@protonmail.com (mail)
Premiers soutiens du comité : Collectif chômeurs-précaires, Convergence libertaire anticapitaliste poitevine (CLAP), Confédération nationale des travailleurs - Solidarité ouvrière (CNT-SO), Ensemble, Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Organisation communiste libertaire (OCL), Solidaires.
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Re: répression à Poitiers

Messagede JPD » 14 Oct 2017, 15:55

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Re: répression à Poitiers

Messagede JPD » 19 Oct 2017, 11:32

Suite vendredi


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Re: répression à Poitiers

Messagede JPD » 22 Oct 2017, 23:58

suite... et pas fin


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Re: répression à Poitiers

Messagede Pïérô » 25 Oct 2017, 23:14

Radio : Procès de Poitiers
l’Egregore du 23 Octobre 2017
Le 17 novembre prochain aura lieu à Poitiers le procès de neuf personnes accusées d’avoir, le 19 mai 2016, « pénétré, circulé, ou stationné, sans autorisation, dans les parties de la gare SNCF non affectées à la circulation publique » puis d’avoir « refusé de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques ».
Interview d’un des inculpés.
Emission à écouter : http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article1996
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Re: répression à Poitiers

Messagede JPD » 26 Oct 2017, 07:50

Egalement à NIORT 7 novembre 8h 30
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Re: répression à Poitiers

Messagede Pïérô » 17 Nov 2017, 19:12

Beaucoup de monde ce matin devant le tribunal, avec des soutiens d'autres villes.
Amendes de 1000 à 1500 euros requises, délibéré le 21 décembre.

Photos : http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1784

vidéo

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Re: répression à Poitiers

Messagede Pïérô » 19 Nov 2017, 16:15

Délibéré le 21 décembre 2017

Un grand merci à toutes celles et ceux qui se sont déplacés pour faire du bruit et manifester leur solidarité ce matin afin de soutenir les 9 10 prévenu-e-s (une personne ayant appris sa comparution tardivement).

Suite au procès de ce matin, la décision a été mise en délibéré au jeudi 21 décembre à 14h.

De nouvelles initiatives du comité de soutien sont prévues d’ici là, elles seront communiquées sur ce blog.

Un petit aperçu du traitement du procès dans la presse régionale :

Nouvelle République : Procès des voies SNCF : délibéré le 21 décembre
https://www.lanouvellerepublique.fr/vie ... 52008b49d5

France 3 : 9 manifestants jugés pour avoir envahi les voies ferrées
http://france3-regions.francetvinfo.fr/ ... 67519.html

France Bleu : « On ne nous juge pas pour ce que l’on a fait, mais pour ce que l’on est »
https://www.francebleu.fr/infos/faits-d ... 1510939373

Forum : Poitiers : des manifestants jugés pour l’envahissement de voies ferrées
http://forum.fr/news/poitiers-des-manif ... rrees-2045

https://soutienpoursuiviespoitiers.nobl ... mbre-2017/

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Re: répression à Poitiers

Messagede Pïérô » 24 Nov 2017, 12:47

Communiqué – Vous y étiez toutes et tous !

Le comité de soutien aux 10 inculpé-e-s pour avoir envahi un espace SNCF le 19 mai 2016, lors d’une manifestation contre la loi travail, se félicite de la mobilisation qui a réuni plusieurs centaines de personnes ce 17 novembre devant le palais de justice de Poitiers.
Il remercie celles et ceux qui, tout au long des mois qui ont précédé le procès, se sont investis pour que naissent de nombreuses initiatives, tant pour défendre le droit de manifester que pour affirmer des positions anticapitalistes. Merci aussi aux soutiens financiers qui sont venus d’un peu partout.

Malgré le ciblage politique avéré à l’encontre des inculpé-e-s, le procureur a réclamé une peine de 1000 euros pour 8 des prévenu-e-s et de 1500 euros pour les deux autres (peine pouvant être assortie d’un sursis partiel). La SNCF quant à elle réclame 6755,52 € de dommages et intérêts.

Le rendu aura lieu le 21 décembre au palais de justice de Poitiers.


Nous appelons à y être le plus nombreux possible à 13 h.
L’affaire n’est pas terminée, restons mobilisé-e-s pour qu’au-delà de ce procès la dynamique collective qu’il a suscitée s’élargisse et trouve à s’exprimer sur bien d’autres domaines.

Un tournoi de coinche aura lieu le 14 décembre à 18 heures à L’Envers du Bocal (16 ter impasse de la Regratterie, Poitiers).

Le comité de soutien aux 10 de Poitiers


https://soutienpoursuiviespoitiers.nobl ... s-et-tous/
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Re: répression à Poitiers

Messagede Pïérô » 25 Nov 2017, 20:24

POITIERS : Nous aussi nous y étions ou nous aurions pu y être !

Le 17 novembre s’est déroulé à Poitiers le procès de dix personnes qui avaient occupé avec des centaines d’autres les voies ferrées, le 19 mai 2016, dans le cadre d’une manifestation contre la loi travail (voir CA d’octobre). Petit retour sur cette journée, avant le délibéré qui sera rendu le 21 décembre.

Il n’est guère ordinaire de sortir d’un procès en se disant qu’on a passé un bon moment, et pourtant c’est (presque, bien sûr !) le sentiment qu’ont pu avoir les prévenu-e-s en quittant la salle d’audience, vers 13 heures, sous les acclamations des quelque 300 personnes venues les soutenir, à l’intérieur comme à l’extérieur du tribunal correctionnel. Ce sentiment était dû à la satisfaction d’avoir réussi à dénoncer le grossier ciblage policier dont ils et elles ont fait l’objet, mais aussi à la solidarité qui se manifeste à leur égard depuis des mois, ainsi qu’à leur propre démarche qui, en étant commune, leur a permis de présenter une défense… offensive, collective et politique.

Une solidarité à maintenir !

L’affluence a été inhabituellement matinale sur la place du palais de la justice car il fallait l’occuper tôt, et pour ce faire arriver en nombre afin de pouvoir installer tables de presse, buvette, barbecue, sono… malgré les nombreux policiers et le regard de la nouvelle caméra placée la veille au soir à l’angle de la cour d’appel.
Depuis septembre, de multiples initiatives ont été prises, notamment par le comité de soutien aux « neuf prévenu-e-s de Poitiers » (qui pour finir étaient dix !), avec comme objectif de faire connaître ce procès : réunion publique, soirée concert, soirée cinéma, blog, pétition… autocollants, affiches, film, émissions de radio… Et d’autres viendront (dont une soirée coinche le 14 décembre) car tout n’est pas terminé – et la solidarité, tant financière que militante, demeure nécessaire.
En effet, si les deux avocats de la défense ont plaidé la relaxe, le procureur a requis – en punition de l’infraction ayant consisté à pénétrer et circuler, « sans autorisation, dans les parties de la gare SNCF non affectées à la circulation publique » – une amende de 1 000 euros pour huit des prévenu-e-s et de 1 500 euros pour les deux autres (avec « sursis partiel » ?). De son côté, la SNCF réclame 6 755,52 euros pour avoir, à « plusieurs ( !) », « envahi sans autorisation les voies ferrées, causant un arrêt total du trafic ferroviaire ». Enfin, l’inculpation pour avoir refusé le prélèvement d’ADN ainsi que les prises d’empreintes et de photos, qui n’a pas été traitée lors du procès en raison d’un vice de forme, pourrait faire l’objet d’un autre procès.

Contre le ciblage policier
et la politique antisociale du gouvernement, toujours !

Ce procès n’en a pas moins été pour les dix prévenu-e-s l’occasion de démontrer le ciblage politique opéré par la police à leur encontre.
Ainsi, à la question de la « mise en danger d’autrui » qu’aurait représentée selon le procureur le fait de circuler sur des voies ferrées électrifiées, il a été répondu que, d’après le dossier d’instruction, la police, informée de l’action projetée – en solidarité avec les cheminots alors en grève au niveau national depuis trois jours –, en avait averti la SNCF dès le matin du 19 mai 2016, et que l’électricité avait été coupée avant que 400 à 600 manifestant-e-s y pénètrent.
Cette action a été réalisée avec succès pendant près de deux heures, et s’est déroulée jusqu’à la fin sans dégradations ni interpellations : c’est seulement trois semaines plus tard que des convocations au commissariat ont commencé à arriver à certains domiciles, sur plainte de la SNCF. Là encore, le dossier d’instruction a permis d’éclairer le choix de ces domiciles, car un officier de police y explique sans fard : « Compte tenu du nombre très important de manifestants ayant envahi les voies ferrées le 19 mai 2016, ciblons aux fins d’identification le groupe ayant refusé de les quitter à 17 heures et s’y étant maintenu jusqu’aux environs de 17 h 30, groupe essentiellement sans affiliation syndicale (aucun drapeau de ces organisations) et émanant prioritairement de la mouvance d’extrême gauche locale. Procédons dès lors au visionnage des vidéos enregistrées par les effectifs entre 17 heures et 17 h 30. Constatons que plusieurs individus bien connus de nos services sont parfaitement identifiables. »
Ainsi, d’après la police, un groupe – qui serait les dix inculpé-e-s – serait resté jusqu’à la fin de l’action et, pour cette raison, il en serait responsable. L’infraction commise n’aurait donc pas tant été d’avoir occupé les voies que, pour ce groupe, d’y avoir séjourné quelques minutes de plus que le gros des troupes ? Voilà qui était piquant – mais qui a été démenti tant par le constat de l’huissier qu’a envoyé sur les lieux la SNCF que par le procès-verbal d’un autre officier de police : non seulement les manifestant-e-s ont été en nombre sur les rails jusqu’à la fin, mais tout le monde en est reparti volontairement avant une sommation de la police.
De ce fait, à l’inverse de ce qu’elle affirme, celle-ci n’a pas visionné les dernières vidéos qu’elle avait prises parce que c’était plus « pratique » pour elle d’identifier les quelques « retardataires » : si elle est parvenue à tirer de ces vidéos le portrait de certaines personnes parmi bien d’autres, elle pouvait le faire également avec celles portant sur le début de l’action, où se sont exprimé-e-s au mégaphone les responsables de l’intersyndicale, qui avait appelé à la manifestation.
Enfin, les « individus bien connus » de ses services ne se réduisent évidemment pas aux dix prévenu-e-s : ce jour-là étaient présent-e-s les militant-e-s des diverses sensibilités politiques opposées à la loi travail. La police a donc bel et bien opéré un tri parmi les manifestant-e-s de façon à cibler ceux qu’elle voulait voir inculper – des militant-e-s (dont deux de l’OCL et deux de Solidaires) appartenant aux milieux anticapitalistes et/ou libertaires – milieux stigmatisés par les pouvoirs publics poitevins depuis les bris de vitrines et graffitis réalisés lors d’une manifestation anticarcérale, le 10 octobre 2009, au centre-ville de Poitiers.
C’est pourquoi, en recevant tour à tour une convocation au commissariat, ces militant-e-s anticapitalistes et libertaires avaient décidé de ne répondre à aucune question de la police, d’assumer publiquement leur participation à l’action du 19 mai 2016 et de dénoncer les poursuites engagées à leur encontre comme étant une atteinte à la liberté d’expression, voire d’opinion.
Espérons à présent que la dynamique collective suscitée par ce procès va s’élargir et trouver à s’exprimer sur bien d’autres terrains que l’antirépression.

Vanina

Solidarité financière : chèques à l’ordre d’Acratie, avec mention « Soutien aux dix prévenu-e-s de Poitiers », à adresser à : L’Essart, 86310 La Bussière.
Contact comité de soutien : https://soutienpoursuiviespoitiers.noblogs.org/

http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2002
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Re: répression à Poitiers

Messagede Pïérô » 19 Déc 2017, 23:12

Soutien aux 9 (10) inculpé-e-s

Le rendu aura lieu le 21 décembre au palais de justice de Poitiers. Rassemblement à 13h.

Court-métrage sur la répression à Poitiers



https://soutienpoursuiviespoitiers.noblogs.org/
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Re: répression à Poitiers

Messagede JPD » 23 Déc 2017, 05:54

suite et fin ?

COMMUNIQUÉ DES 10 INCULPÉ-E-S
APRÈS L’OCCUPATION DES VOIES À POITIERS LE 19 MAI 2016


Pour avoir participé avec des centaines d’autres personnes, dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail, à une action en soutien aux cheminots alors en grève, nous avons été assignés devant le tribunal correctionnel le 17 novembre dernier. Le verdict est tombé aujourd'hui : la relaxe que nous réclamions n'a pas été obtenue et nous sommes déclarés coupables, ce qui constitue autant d'attaques, contre le droit de manifester et contre le mouvement social, que nous dénonçons et auxquelles nous ne céderons pas. Cependant, si les peines prononcées ont été inférieures (100 euros, avec ou sans sursis) à celles que nous encourions théoriquement et à celles que le procureur réclamait (1 000 ou 1 500 euros), c'est bien grâce à la solidarité qui nous a été manifestée ces derniers mois, et nous en remercions notre comité de soutien à Poitiers ainsi que toutes les personnes qui se sont mobilisées plus largement pour nous en France. Les multiples actions collectives réalisées afin de dénoncer le ciblage politique dont nous étions l’objet ont créé un rapport de force qui a pesé en notre faveur. C'est la grande leçon que nous devons tirer de cet épisode : il ne faut pas reculer, mais revendiquer collectivement et toujours être solidaires face au patronat et à son Etat.
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