Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 20 Juil 2009, 15:16

kuhing a écrit:http://www.youtube.com/v/ZKyi2qNskJc&hl=fr&fs=1&"

s' ils en parlent c'est qu'il doit y avoir une raison.

avec sous-titres en français

http://www.dailymotion.com/video/x9rfkv_fox-news-fait-de-la-pub-pour-linsur_news


On (Nico et moi) l'avait déjà proposé ici ... le 3 juillet ! :wink:
viewtopic.php?f=74&t=894&start=660#p38344
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede kuhing » 20 Juil 2009, 16:04

georges a écrit:
kuhing a écrit:http://www.youtube.com/v/ZKyi2qNskJc&hl=fr&fs=1&"

s' ils en parlent c'est qu'il doit y avoir une raison.

avec sous-titres en français

http://www.dailymotion.com/video/x9rfkv_fox-news-fait-de-la-pub-pour-linsur_news


On (Nico et moi) l'avait déjà proposé ici ... le 3 juillet ! :wink:
viewtopic.php?f=74&t=894&start=660#p38344


ah..et moi qui était tout content de piquer ça sur le forum MR.( en fait ils ont du le piquer ici :lol: )
Parfois j'en rate des bouts.
et bon courage pour ce qui est arrivé à Tours ( qierrot nous a un peu raconté )
kuhing
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Johan » 22 Juil 2009, 19:11

Berlin et Hambourg: Deux militants convoqués à la demande du juge français de l'affaire Tarnac

Les 16 et 17 juillet, trois militants allemands ont été convoqués par des juges, à Berlin et Hambourg, dans la cadre de « l’affaire de Tarnac ». A Berlin, après un rassemblement devant l’ambassade de France, ils se sont rendus devant le juge où, conformément à ce qu’ils avaient annoncé, ils n’ont rien déclaré. Les autorités allemandes répondaient par ces auditions aux commissions rogatoires lancées par le juge Fragnoli, basant sa suspicion envers les deux berlinois sur le fait qu’ils avaient déjà été inquiétés il y a dix ans et relaxés, suite à une campagne de sabotage des lignes de train pour protester contre les convois de déchets nucléaires Castor.
Johan
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 22 Juil 2009, 22:59

Johan a écrit:
Berlin et Hambourg: Deux militants convoqués à la demande du juge français de l'affaire Tarnac

Les 16 et 17 juillet, trois militants allemands ont été convoqués par des juges, à Berlin et Hambourg, dans la cadre de « l’affaire de Tarnac ». A Berlin, après un rassemblement devant l’ambassade de France, ils se sont rendus devant le juge où, conformément à ce qu’ils avaient annoncé, ils n’ont rien déclaré. Les autorités allemandes répondaient par ces auditions aux commissions rogatoires lancées par le juge Fragnoli, basant sa suspicion envers les deux berlinois sur le fait qu’ils avaient déjà été inquiétés il y a dix ans et relaxés, suite à une campagne de sabotage des lignes de train pour protester contre les convois de déchets nucléaires Castor.

CARNUS avait déjà proposé l'intégralité du communiqué du comité de soutien viewtopic.php?f=74&t=894&start=660#p40515 ... :wink: ...
que je "complète" par la version de Libération qui depuis sa Une du 12 Novembre où ses pisses-copies hurlaient avec les flics (comme SUD Rail d'ailleurs)... http://www.lekiosque.fr/common/Publicat ... Detail.jpg essaie de se "rattraper".

Sabotage des TGV : les juges poursuivent la piste allemande

Caténaires. Des magistrats ont tenté d’entendre des témoins outre-Rhin en fin de semaine.


Par KARL LASKE


Huit mois après les faits, c’est évidemment un peu tard. Les juges antiterroristes chargés de l’affaire des sabotages de la SNCF ont relancé, la semaine dernière, leurs investigations en Allemagne. La pose des crochets qui avaient endommagé des caténaires sur quatre lignes TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 - Paris-Lille, Est et Sud-Est - a été revendiquée outre-Rhin dès le 10 novembre, en même temps que des incendies de postes électriques en Allemagne. Dans leur message, publié et authentifié par la revue antinucléaire Anti Atom Aktuell, les saboteurs assuraient avoir frappé le réseau ferré par «résistance» au lobby nucléaire, à l’occasion de l’acheminement de déchets par des containers Castor, de La Hague vers le site de stockage de Gorleben dans le nord de l’Allemagne. Jeudi et vendredi, les juges français ont donc tenté d’entendre trois militants antinucléaires en qualité de témoin, à Hambourg et Berlin. Deux rassemblements de protestation ont été organisés - l’un devant l’ambassade de France à Berlin -, pour dénoncer une «tentative d’intimidation» et de «criminalisation» du mouvement antinucléaire. Le premier témoin, Hauke B., ne s’est pas présenté, ainsi que la loi allemande l’y autorise. Une autre militante convoquée a été arrêtée lors du rassemblement déguisée en singe jaune, et portant avec d’autres un crochet géant, une réplique en tuyau de plomberie des fers à béton forgés pour stopper les trains. Conduite dans son déguisement devant les juges, elle a également refusé de s’exprimer.

Boulangeries. Un rapport de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la PJ a désigné Hauke B. et Sandra G. comme suspects de «faits de sabotages contre le réseau ferré en 1996-1997 à l’aide de crochets métalliques» dans le cadre d’une procédure ouverte en 1999. Mais la Sdat a oublié l’essentiel, à savoir qu’ils avaient tous deux bénéficié d’un non-lieu au terme des investigations.L’affaire connue sous le nom de Goldene Hakenkralle - «crochet doré» - a été un fiasco policier et a donné lieu à un documentaire sur Hauke B. Les policiers avaient, entre autres, placé sous surveillance une chaîne de boulangeries bio, persuadés que des messages circulaient dans les pains. «Il est inadmissible que les policiers antiterroristes présentent ces innocentés comme des suspects», fait remarquer un antinucléaire français. La Sdat signale, dans son rapport, que Sandra G. serait «une relation de Julien Coupat», le principal suspect français, mais cet élément à charge ne pèse, en effet, plus grand-chose si elle a été blanchie.

Hormis leur présence à proximité d’une voie sabotée ce soir-là, aucun élément matériel n’est encore venu confirmer l’implication de Julien Coupat et de sa compagne, Yldune Lévy, dans les sabotages. Mais tous deux restent comme leurs amis de Tarnac poursuivis pour «destruction en réunion à visée terroriste».

Moulinet. En Italie, une procédure vient d’être ouverte à Pérouse pour une tentative similaire de sabotage de voies ferrées. Et l’on a cette fois des éléments attestant des préparatifs, mais aucun fait, faute de passage à l’acte. Alessandro S. et Sergio M. S., deux jeunes anarchistes, ont été arrêtés par la police antiterroriste, le 3 juillet, dans le cadre d’un vaste coup de filet sur la mouvance «anarcho-insurrectionnaliste», déclinaison italienne de l’appellation «anarcho-autonome». Ils étaient en réalité surveillés depuis seize mois. Les deux militants avaient été interpellés fortuitement, une première fois, le 27 mars 2008, à proximité de la voie ferrée Orte-Ancône, dans une Lancia blanche volée. Dans le coffre, les carabiniers trouvent quatre crochets enduits de graisse, enveloppés dans du papier journal. Ils trouvent aussi deux cannes à pêche, dont l’une sans moulinet, l’outil parfait pour la pose des crochets sur les caténaires. Selon les policiers, ces crochets répondaient aux consignes de fabrication d’un livret anarchiste, Mille façons de saboter ce monde. Un opuscule apparemment plus opérationnel que le livre du Comité invisiblel’Insurrection qui vient, qui se contente de mentionner le sabotage des TGV sans entrer en matière. En 2004, l’Italie avait déjà connu une série d’actions de sabotage de ses lignes Eurostar, qualifiées de «terroristes» par les autorités. Le commissaire européen aux transports, Antonio Tajani, a salué les policiers antiterroristes pour avoir déjoué «un attentat visant la sécurité du transport ferroviaire». Les deux jeunes militants ont été incarcérés.

Réagissant aux interpellations italiennes et aux convocations en Allemagne, un collectif de soutien aux mis en cause français s’est trouvé un nouveau mot d’ordre : «Tarnac, Berlin, Pérouse, malfaiteurs de tous les pays associons-nous.»«On complote contre nous internationalement, c’est donc internationalement que nous devons conspirer contre eux», annonce le collectif.

http://www.liberation.fr/societe/010158 ... -allemande
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 25 Juil 2009, 20:50

Ouaip, Georges, j'ai remarqué, et ce n'est pas la première fois, que certains postent avant même d'avoir lu les précedents.

Pas grave (arf!), du moment que l'info circule !
CARNUS
 

Messagede georges » 30 Juil 2009, 00:11

Tarnac : trois autonomes allemands refusent de répondre au juge Fragnoli

Deux autonomes berlinois et une autre de Hambourg avaient reçu des invitations à comparaître en tant que témoins, respectivement les 16 et 17 juillet, dans l’affaire dite de « Tarnac ». Ils étaient invités à témoigner contre neuf camarades (les neuf de Tarnac) dans le cadre d’un complément d’enquête du tribunal de grande instance de Paris. En novembre 2008, neuf personnes avaient été arrêtées en France sur la base des lois antiterroristes après des actions de sabotages du réseau ferroviaire lors d’un transport de déchets nucléaires et en plein pendant une grève des cheminots français.

Des manifestations étaient organisées à Berlin et Hambourg à l’occasion de ces invitations à comparaître.

A Berlin, la cinquantaine de personnes qui s’étaient réunies devant l’ambassade de France ont eu la surprise de voir débarquer un singe jaune et fringant, de la taille d’un homme - un uran-outang-, une pancarte contre le transport de déchets nucléaires fixée sur le derrière. Celui-ci se joignit à la manifestation et d’une voix manifestement féminine, prit la parole. Un quart d’heure plus tard, alors qu’il s’apprêtait à quitter la manifestation, le singe fut arrêté. Le lecteur avisé s’en doutait peut-être : sous le déguisement se dissimulait l’un des témoins. Elle fut emmenée au siège de la police judiciaire régionale de Tempelhof où elle fut détenue durant plusieurs heures. Les participants à la manifestation prirent le même chemin pour soutenir les personnes qui devaient être auditionnées.

En vertu du §55 du code pénal, le second témoin refusa de répondre aux questions du juge et fut libéré vers 16h sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. La personne arrêtée pendant la manifestation devait alors être entendue.

Les deux juges allemands et les quatre juges français ont eu la surprise de la découvrir dans son costume de singe. Elle ne portait sous cet accoutrement que des sous-vêtements et les fonctionnaires préféraient encore un témoin au pelage jaune et ébouriffé qu’à moitié nue. C’est dans cette tenue qu’elle fit face durant deux heures aux juges ébahis et qu’elle refusa de faire toute déclaration.

Tel est le récit d’une action réussie pouvant servir d’exemple quant au refus de se rendre à une convocation judiciaire. Il convient toujours de donner une réponse appropriée au théâtre étatique.

Allocutions prononcées lors du rassemblement devant l’ambassade de France.

Mafia atomique franco-allemande : couper la liaison !!!

Les pannes à répétition dans la centrale nucléaire de Krümmel soulignent aujourd’hui dans la presse ce qui est évident depuis des décennies pour le mouvement anti-nucléaire allemand et français : l’énergie atomique n’est pas contrôlable ! Le combat contre l’utilisation de l’énergie atomique, contre la construction de centrales nucléaires et l’exploitation d’uranium (au Canada par exemple), combat mené à de nombreux niveaux et par différents moyens, est un combat contre une technologie dangereuse pour la vie.

La politique énergétique nucléaire au niveau international

La coopération franco-allemande en matière d’énergie nucléaire se distingue par une très longue tradition. C’est dans l’usine de retraitement de La Hague que sont conditionnés depuis les années 70 les déchets atomiques allemands avant leur transport par Castor jusqu’à Gorleben. Cela fait également trente ans que le groupe Siemens mène une collaboration étroite avec des groupes industriels français pour le développement et la construction de centrales nucléaires. L’entreprise d’état française EDF est l’actionnaire principal de EnBW, entreprise basée dans le sud de l’Allemagne et gérant plusieurs centrales nucléaires.

Malgré de nombreuses pannes et accidents dans les centrales françaises, comme celles de Tricastin l’année dernière, ou celles de Krümmel près de Hambourg en ce moment, les groupes industriels et les gouvernements entendent poursuivre coûte que coûte et même étendre l’utilisation de l’énergie atomique bien que celle-ci soit dangereuse. Ainsi, le groupe nucléaire français Areva construit en France et en Chine ainsi de nouveaux réacteurs, le groupe allemand EON en construit en Finlande, tandis que RWE est responsable de la construction d’un modèle russe en Bulgarie. Dans ce cadre, la sécurité de la population est secondaire. La priorité des capitalistes va à la sécurisation de leurs profits : les Allemands construisent en Bulgarie un réacteur situé dans une région présentant d’importants risques séismiques. Depuis des décennies, toutes sortes de matières radioactives et toxiques sont déversées dans le site dit « d’enfouissement » de Asse, alors qu’il est de notoriété publique que des infiltrations d’eau le rende complètement inapproprié à un tel usage.

Dans le cas de la Bulgarie comme d’Asse, il est clair comme de l’eau de roche que les hommes et les femmes politiques et les scientifiques de l’industrie nucléaire ont été achetés. Et ce business vaut le coût pour la mafia nucléaire franco-allemande : rien que pour la poursuite de l’exploitation des 17 centrales nucléaires allemandes, les quatre groupes allemands du secteur de l’énergie tablent sur un profit de plus de 200 milliards d’euros. Pour y parvenir, l’industrie nucléaire, partout dans le monde, fait peu de cas des vies humaines. Pourtant, ce n’est pas cette énergie criminelle des groupes industriels qui est poursuivie par la justice franco-allemande. Non, au lieu de cela on criminalise des personnes parce que quelques crochets ont été jetés sur les lignes à haute tension du réseau ferré pour stopper enfin cette folie de la mafia nucléaire.

La résistance internationale pousse les autorités hors du bois

En novembre dernier, alors que des déchets nucléaires allemands étaient convoyés par conteneurs de type castor depuis la France jusqu’à Gorleben en Basse-Saxe, des actions de protestation et de résistance ont eu lieu en France et en Allemagne. De nombreuses manifestations, des actions de blocages des voies ferrées et de sabotage des lignes ferroviaires en Allemagne et en France ont occasionné des dommages s’élevant à plusieurs millions d’euros. Plus d’un millier de trains ont été retardés. Ce n’est que grâce à un encadrement policier au coût exorbitant, et après plus de vingt heures de retard par rapport à l’itinéraire prévu, que le convoi a pu atteindre le site de stockage intermédiaire de Gorleben – site qui n’est rien d’autre qu’une grange à pommes de terre bien aérée.

Côté allemand, des installations signalétiques avaient été mises hors d’usage. En France, des actions de sabotage des lignes à haute vitesse ont semé le chaos dans la circulation du week-end à la SNCF. Plusieurs trains ont dû s’arrêter, plus d’un millier ont connu des retards. A l’origine de cela, deux crochets suspendus à la ligne à haute tension séparant le trolley de l’alimentation électrique au passage du train. Dans un communiqué rédigé en allemand et envoyé notamment au journal « taz », les actions dans les deux pays sont expliquées de la manière suivante : « parce que nous en avons assez, nous avons au petit matin dirigé notre colère contre le réseau de transport de déchets nucléaires ». Peu après, une grande vague de perquisitions et d’arrestations est menée dans le petit village de Tarnac et dans d’autres endroits. Neuf personnes sont arrêtées, certaines d’entre elles sont maintenues pendant des mois en détention provisoire.

Les autorités françaises et une partie des medias parlent sans aucune retenue de terrorisme et établissent un lien avec les enquêtes contre une soi-disant « mouvance anarcho-autonome », label sous lequel il avait été procédé à de nombreuses arrestations en France depuis janvier 2008. A l’origine, des actions contre les centres de rétention, la participation aux mouvements d’opposition à la réforme de l’éducation –très forts en France- ainsi qu’aux manifestations consécutives à l’élection présidentielle. Dans ce contexte, un petit livre dont l’un des inculpés est soupçonné d’être co-auteur a aussi semé l’émoi. Intitulée « L’insurrection qui vient », cette œuvre parle de rébellion contre un présent aussi irréel que désolant et lance un appel à se préparer concrètement à une révolte imminente. Les autorités réagissent à ce livre avec beaucoup de nervosité. Elles tirent le signal d’alarme quand des hommes et des femmes créent des réseaux internationaux pour s’opposer à la folie atomique, climatique et capitaliste avec tout ce qu’elle impose. Ce que nous considérons comme pure nécessité, la partie adverse l’appelle en choisissant ses mots « terrorisme », « internationale de la révolte » ou actions de brutaux casseurs.

En Italie aussi, peu avant le sommet du G8 des tenants du pouvoir résolus à décider entre eux de la politique mondiale, deux camarades ont été incarcérés pour tentatives de sabotage des lignes ferroviaires avec des crochets. Eux aussi sont soupçonnés d’appartenir avec 35 autres personnes à une « internationale de la révolte ». Nous les saluons ainsi que tous ceux qui ne veulent laisser aucun répit !

L’enquête en France se poursuit. Toutes les personnes concernées ont été relâchées – tout en restant soumises à des obligations très strictes comme l’interdiction d’avoir des contacts entre elles, des assignations à résidence etc. – ou elles s’étaient soustraites à leur arrestation. La tenue d’un procès n’est pas encore fixée.

L’amitié franco-allemande contre les enquêtes franco-allemandes

Pour ce qui est de l’affaire de Tarnac et des actions de sabotages contre les lignes ferroviaires pendant le transport par castor, les autorités françaises saisies de l’enquête entendent manifestement poursuivre leurs investigations en Allemagne. Deux autonomes berlinois ont reçu les invitations d’un juge à être entendus ici comme témoins dans le cadre d’un complément d’enquête venant de France. Un rapport de la police anti-terroriste française sur l’affaire de Tarnac du début de l’année mentionnait déjà ces deux personnes. Le passage correspondant évoque la pratique largement répandue en Allemagne de sabotage des transports de déchets nucléaires à l’aide de crochets. Les autorités allemandes ont informé leurs collègues français d’une procédure d’enquête baptisée « les crochets dorés » et levée depuis longtemps, procédure incriminant entre autres les deux personnes invitées à être entendues aujourd’hui. Une autre personne doit être prochainement entendue à Hambourg. Les deux militants anti-nucléaires de Berlin ne feront aucune déclaration. Ils ne souhaitent fournir aux autorités aucune information que ce soit pour l’enquête contre la résistance anti-nucléaire et contre ceux que l’on érige en mouvement criminel parce qu’ils s’engagent contre une politique criminelle. Nous vous invitons au contraire à accompagner les deux personnes au tribunal de Tempelhofer Damm. Nous nous saisissons de l’occasion qui ne nous est pas librement offerte pour faire part en ce jour d’invitation judiciaire, depuis un Berlin encore bien trop calme, de notre solidarité avec les camarades de Tarnac.

Montrer les griffes au système – ici, là et ailleurs : ils ne passeront pas ! Notre solidarité contre la répression ! Nos luttes contre leur politique ! Solidarité !


Ce que le singe a dit avant son arrestation


« Je suis ce que je suis » - telle est la dernière offre de la publicité au monde. Des décennies de développement pour en arriver là où nous sommes. Une pure tautologie. « Je suis ce que je suis ». Mon corps m’appartient. Je suis moi, et tu es toi, et quelque chose ne va pas.

Quelle que soit la perspective sous laquelle on l’envisage, le présent n’offre aucune issue. Nous sommes tous d’accord sur le fait que les choses ne peuvent qu’empirer. « L’avenir n’a pas d’avenir », telle est la sagesse d’une époque qui, dans sa normalité parfaite, atteint le niveau de conscience des premiers punks.

Enfin !

Nous sommes ici aux côtés de nos amiEs dont l’état français, sous le label de « mouvance anarcho-autonome, veut la peau. Et deux d’entre nous devraient les y aider ? En tant que témoins ? Mais ils ne vont pas bien ! Jamais ! Nous sommes ici devant l’ambassade parce que nous avons un message à transmettre : pas à l’état, pas à la justice. A nos amiEs et à tous ceux qui se sentent reliés à eux. Ce qui nous relie, c’est de ne pas nous adresser à la politique dominante, de ne pas la critiquer, de ne vouloir l’aider d’aucune manière à s’améliorer. Nous voulons l’abolir et avec elle, toute l’administration destructrice du monde, parce c’est notre vie, et que nous allons la reconquérir.

Comme nos amiEs, nous nous en tenons à ce que tous savent et dont personne ne souhaite vraiment parler – que cela ne CONTINUERA pas comme cela, que cet ordre mondial basé depuis 500 ans sur le meurtre et le pillage de l’humanité et de la nature fonce droit dans le mur : économiquement, écologiquement, socialement, mentalement, c’est-à-dire à tous les niveaux.

On ne peut plus continuer à s’agiter, à produire des preuves. Les preuves elles-mêmes sont depuis longtemps une marchandise, une fin en soi préservant le système, une stratégie d’évitement de toute conséquence logique et éthique. Avec les medias révélant sans cesse les mêmes terribles destins et un public sans cesse capable de faire comme s’il découvrait pour la première fois l’horreur des noyades des réfugiés, des villes bombardées, de la catastrophe climatique – pour affoler brièvement, s’assurer de la fatalité de la situation et de sa propre impuissance, avant de retourner en toute quiétude à leurs affaires – personne ne doute plus sérieusement que ceci ne sera plus possible bien longtemps. Ca va péter !

Ca va péter !

Et tout à coup, il y a à nouveau des livres dangereux. L’un d’entre eux, « L’insurrection qui vient », fait en ce moment l’objet d’une lecture attentive de la part des autorités sécuritaires françaises. Dans le bourbier réactionnaire des USA, il soulève une indignation de premier ordre. Ces livres parlent de rupture avec l’ambiance apocalyptique quotidienne de la modernité finissante et du combat pour notre vie. D’en finir avec l’activisme poussif de la gauche traditionnelle et plus loin, de commencer aujourd’hui à se révolter.

« L’insurrection qui vient » commence par les castrations nous maintenant dans le chœur de ceux qui s’époumonent d’autant plus haut dans les aigus sur le psaume de « there is no alternative », que tout le blabla insensé sur la valorisation craque de toute part sans qu’on ne l’entende et que des voix enfin claires sont audibles dans la rue. Il ne persiste pas dans sa représentation de la misère. S’il la décrit, c’est au contraire pour nous permettre de nous y reconnaître nous-même, d’y reconnaître nos propres expériences et notre égarement. Il ne s’agit pas d’une explication mais de résonance. De se trouver et de développer une langue commune qui ne soit pas plus longtemps compatible avec le commando. Quiconque se retrouve dans le vide décrit, dans le déchirement et la désolation, et souhaite en finir avec cela, est invité à continuer à réfléchir à la manière de venir à bout de la misère.

« L’insurrection qui vient » constitue une proposition stratégique pratique. Il prend pour cible la fragilité interne du régime, fragilité dissimulée par toutes les forces du pouvoir. Malgré une stabilité toute apparente, celui-ci continue en effet à dépendre aujourd’hui comme hier de la motivation des travailleurs et de ce qu’aucune clé à écrous ne tombent dans ses rouages. Sa vulnérabilité à ce niveau a encore cru ces dernières années. Elle réside dans les cadences élevées de la production just-in-time, des réseaux d’énergie et de transport, des flux d’information.

Il s’agit de reconnaître sa propre force dans les faiblesses de l’adversaire, de réfléchir aux possibilités de se soustraire à cet appareil en roue libre afin de s’engager ensemble pour quelque chose de meilleur. Pour créer des liens entre bandes combatives se gardant de reproduire les erreurs du passé : elles savent la nécessité pour la préparation d’actes de sabotage de construire des structures propres. Parce que les supermarchés ne pourront être pillés qu’aussi longtemps qu’il y a encore quelque chose à l’intérieur, la carotte est nécessaire autant que le poing, le combat contre l’existant doit s’accompagner de la recherche pratique d’un tout radicalement autre. Des bandes combatives reconnaissant dans la liberté des uns la colonne vertébrale des groupes – et réciproquement.

Des groupes se reliant les uns aux autres, qui veulent tout absolument au même moment et refusent clairement tout atermoiement. Reconnaître pour condition le fait que nous vivons au cœur d’une guerre sociale globale dans laquelle nous devons prendre position d’une façon ou d’une autre. Alors pourquoi ne pas oser un nouveau départ, ne pas tenter d’organiser notre vivre ensemble sur cette planète de façon à ce que chacun en retire quelque chose ? Plus sérieusement : y-a-t il encore un quelconque argument en faveur de la conservation de l’expérience ratée du capitalisme ?

Comparé à la détermination avec laquelle les communautés indiennes bloquent les voleurs de ressources naturelles au Pérou, comparé à la froide menace des ouvriers français de faire sauter leur entreprise en faillite s’il n’obtiennent pas quelques ronds pour la suite de la vie, comparé au réalisme d’émeutes dépourvues de revendications et pas seulement celles de la jeunesse pauvre de la métropole, comparé à tous ces managers de crises de l’Empire avec leurs sèches paroles d’encouragement déjà dépassées aujourd’hui tels les porteurs de perruques poudrés de l’ancien régime – on ne peut que déplorer qu’ils soient aussi bien armés.

Pourtant, l’insurrection qui vient est peut-être la moins sanglante de toutes les possibilités envisageables…

http://grenoble.indymedia.org/2009-07-2 ... -allemands
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 31 Juil 2009, 18:03

Ouiillaouh !!

Il dépote celui-là, merci Georges !

Et le copain habillé en Marsupilami, c'est géant !!!!

Houba, Houbaaarf! c'est l'insurrection qui vient !
CARNUS
 

Messagede georges » 01 Aoû 2009, 03:05

georges a écrit:
(...)
Les deux juges allemands et les quatre juges français ont eu la surprise de la découvrir dans son costume de singe. Elle ne portait sous cet accoutrement que des sous-vêtements et les fonctionnaires préféraient encore un témoin au pelage jaune et ébouriffé qu’à moitié nue. C’est dans cette tenue qu’elle fit face durant deux heures aux juges ébahis et qu’elle refusa de faire toute déclaration.

Tel est le récit d’une action réussie pouvant servir d’exemple quant au refus de se rendre à une convocation judiciaire. Il convient toujours de donner une réponse appropriée au théâtre étatique.


CARNUS a écrit:Et le copain habillé en Marsupilami, c'est géant !!!!


Image
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede alcibiade » 07 Aoû 2009, 13:15

Salut comme je l'ai dit précédemment . Tarnac est une excellente chose pour la mouvance révolutionnaire car elle nous fait reconnaitre du grand public et des jeunes. Qui plus est j'ai vu l'émission américaine qui en parle suite à l'info de Négatif . Ce comité Invisible est une excellente chose qui fait parler de la Révolution et de la fin de la civilisation à un niveau planétaire et pertinent . Car Ce comité mélange ce qui autrefois ne l'était pas ; à savoir, l'écologie,l'auto-suffisance la lutte armée, la convivialité, le courage de vivre sa vie, l'auto gestion .... . C'est une bonne ratatouille métaphysique et politique comme l'était autrefois : la Renaissance, les Encyclopédistes, les romantiques, les surréalistes et les situationnistes .

Bref que du bonheur

Salutations anarchistes .
alcibiade
 


Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Johan » 10 Aoû 2009, 20:29

CARNUS a écrit:http://www.soutien11novembre.org/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=14

C'est dans l'agenda! :)
Johan
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Alayn » 11 Aoû 2009, 03:51

alcibiade a écrit:Salut comme je l'ai dit précédemment . Tarnac est une excellente chose pour la mouvance révolutionnaire car elle nous fait reconnaitre du grand public et des jeunes. Qui plus est j'ai vu l'émission américaine qui en parle suite à l'info de Négatif . Ce comité Invisible est une excellente chose qui fait parler de la Révolution et de la fin de la civilisation à un niveau planétaire et pertinent . Car Ce comité mélange ce qui autrefois ne l'était pas ; à savoir, l'écologie,l'auto-suffisance la lutte armée, la convivialité, le courage de vivre sa vie, l'auto gestion .... . C'est une bonne ratatouille métaphysique et politique comme l'était autrefois : la Renaissance, les Encyclopédistes, les romantiques, les surréalistes et les situationnistes .

Bref que du bonheur

Salutations anarchistes .


Bonsoir ! C'est finalement très très juste et çà fait plaisir de lire des trucs comme çà, sincèrement !
(et c'est, quelque part, ce qu'on ressent de toutes nos pores depuis quelques temps: faut pas se leurrer: ON LES z'AURA !) On est en bon chemin de les avoir !

C'est tout çà que tu dit qu'on ressent dans le mouvement underground, chez les véritables révolté(e)s, celles et ceux qui sont et seront (le plus vite possible SVP !) les véritables fers de lance de la révolution sociale anarchiste qui s'annonce (et qui va tomber au nez plus vite qu'on ne le le pense) des imbéciles freinant des 4 fers !

Les intellos anars (et je me met dans le lot...quoique..arf !) on doit (j'ai pas à rougir, no regrets ! j'ai toujours été dans cette marge -ourf !) à donf être dans ce mouvement !!!!!!! Comme d'ab et toujours !!!!
Cramons les Rollex mais ne perdons pas la boussole ! Le chemin est là, y'a plus qu'à l'élargir !

Les luttes de crasses sont cuites et recuites depuis belle lurette, çà se passe ailleurs: dans l'underground ! Dans les alternatives en actes ! Au-delà du blablatesque !

Le combat continue ! Et on est en train de le gagner !
Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 17 Aoû 2009, 19:04

FÊTE DES PARTISANS 21,22,23,28,29,30 août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme

le programme des 21, 22, 23, et des 28 , 29, et 30 Août 2009 !

vendredi 21.8:
20h projection "OFF THE PIGS"

samedi 22.8:
14h discussion, "la fonction culturelle de l’antiterrorisme"
19h repas
21h concert, "VIALCA" et "THE DREAMS"

dimanche 23.8:
Le long du dimanche horaires selon l’inspiration du musicien: Rock à l’orgue de barbarie (sex pistols, trust...)
14h discussion, "habiter l’état d’exception"
17h spectacle d’après "matin brun" de Franck Pavloff;
19h spectacle, "GIGN" - carnage productions
20h repas
21h bal electro

et les 28, 29 et 30.8:

concert, "FANTAZIO"
concert, "HIGH TONE"
discussion sur l’enfermement

(ourf!)
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede arvn d » 20 Aoû 2009, 11:30

J'espère ne pas faire doublon mais je pense que ce texte a sa place dans ce sujet:

http://www.non-fides.fr/php?article349

Que reste-t-il à mordre de la main qui nourrit ?

samedi 15 août 2009
Si nous avons décidé de nous pencher ici sur l’affaire « du 11 Novembre », « de Tarnac », ou encore des « Neuf de Tarnac », c’est que nous avons ressenti le besoin de prendre le temps de l’analyse, quelques mois après les tempêtes médiatiques, politiques et policières qui ont secoué de façon complémentaire l’alter-mondialisme et la gauche - tout deux en dépôt de bilan.

Une analyse qui, selon nous, a fait défaut en de nombreuses occasions lorsqu’elle n’a pas été entièrement sacrifiée sur l’autel de la tactique et de ses nombreuses conséquences : le chantage affectif et la solidarité de dette, l’individualisation et le spectacularisme médiatique, l’innocentisme et la revendication de la normalité, la mise au pas de toute perspective de rupture avec le monde qui produit notre propre répression, les alliances multiples et nauséabondes, le renforcement du parlementarisme et la recomposition de la gauche.

Tout autant de moyens qui déterminent une fin qui n’est pas la notre ; et ce malgré la communauté (communauté de l’ordre de la coïncidence) que nous pouvons éprouver à l’égard de certains principes (l’attaque diffuse peu importe le contexte et les critères quantitatifs) et de certaines pratiques (le sabotage, le blocage des flux de marchandises).

Parce que nous ne sommes pas solidaires avec des modes de vie alternatifs, avec des victimes et encore moins avec des familles de victimes.
Parce que nous ne nous battons pas contre un état d’exception mais contre l’Etat, sans exceptions.

Nous ne sommes solidaires que de l’acte et du fait net qu’il s’inscrit dans la guerre sociale en cours depuis toujours ; dans sa conflictualité diffuse et permanente.
Notre solidarité va à la destruction et aux perspectives que fait émerger cette destruction, lorsque l’attaque montre qu’il est possible d’attaquer.

Il n’y a rien de plus normal à ce que l’Etat s’attaque à ceux qui prétendent vouloir le détruire, à la guerre comme à la guerre.
A partir de là, à quoi bon pleurer auprès de l’Etat sur le sort de ceux qui tombent entre ses griffes ? Que reste-t-il à mordre de la main qui nourrit ?

La solidarité ce n’est pas l’imploration, c’est l’attaque.

Quel meilleur moyen pour exprimer sa solidarité avec des ennemis de l’État que d’attaquer l’Etat, de continuer dehors ce pourquoi ils ont été mis dedans, il y a là une évidence que l’on n’a pas cessé de trainer dans la boue depuis le 11 Novembre 2008.
A coup de grandes kermesses militantes droit-de-l’hommistes et d’activisme bon teint.
A trop jouer le rôle imposé de la frange casseur de la gauche alter-mondialiste et citoyenniste, on finit par devenir un citoyen.

« Notre tâche est de ruiner la gauche mondiale partout où elle se manifeste, de saboter méthodiquement, c’est-à-dire tant dans la théorie que dans la pratique, chacun de ses possibles moments de constitution. »
Appel.

A l’heure où l’Etat français semble vouloir accélérer le sempiternel processus de répression des mouvements subversifs (auto-déclarés ou non), des choix doivent se poser distinctement, de façon collective et individuelle, à l’intérieur comme à l’extérieur.
L’heure est plus que jamais au choix entre la conflictualité permanente de perspective anti-autoritaire, et le compromis de complaisance avec la gauche de l’Etat, et donc avec l’Etat.
Renforcer l’ordre et vouloir le désordre, nous laissons cela aux fins tacticiens, aux politiciens et au militarisme stratégique qui gangrène les sincérités révoltées.

Nous préférons encore être traités d’intégristes plutôt que de laisser croire à la gauche et à tout ce qui se trouve de ce coté-là de la barricade qu’une forme de consensus est imaginable entre eux et nous.

Pas de soutien, Pas de dette - Que de la solidarité.
La solidarité c’est l’attaque.
arvn d
 
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Messagede georges » 26 Aoû 2009, 00:15

CARNUS a écrit:]FÊTE DES PARTISANS 28,29,30 août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme

le programme des 28 , 29, et 30 Août 2009 !

concert, "FANTAZIO"
concert, "HIGH TONE"
discussion sur l’enfermement


Discussion à FAUX LA MONTAGNE
- Samedi 29 août, discussion sur l’enfermement et les longues peines, avec le journal l’envolée.

Concerts à TARNAC
- Vendredi 28 août, HIGH TONE.
- Dimanche 30 août, FANTAZIO, avec Frank Williams, Benjamin Colin et invités de dernière minute, Denis Charolles et Jean-François Vrod.
georges
 

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