Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 26 Mai 2009, 19:59

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Lundi 18 mai, quatre personnes de Forcalquier ont été arrêtées à 6h10 du matin par la Brigade criminelle de la PJ de Marseille, leurs domiciles perquisitionnés, leurs ordinateurs et divers documents saisis ; elles sont placées en garde à vue à Marseille pour « menaces d’atteinte aux biens et aux personnes » et même « menaces de mort » à l’encontre d’une « personne dépositaire de l’autorité ». Dans la soirée, une cinquième personne est placée en garde à vue pour les mêmes motifs

Comité de sabotage de l’antiterrorisme, Forcalquier, le 26 Mai (arf!)

Mise au point (tract diffusé le 25 mai sur le marché de Forcalquier)

De quoi retourne-t-il au juste ? D’une photo (diffusée via une liste mail sans indication de lieu) montrant le bouton de sonnette, surmonté d’un œilleton de caméra, de Mme et M. Bernard Squarcini – chef du renseignement intérieur – DCRI. On voit sous l’interphone le tract d’invitation à la journée du 8 mai organisée par le CSA, « Sabotons l’antiterrorisme ! » Voyez le crime ! Une blague. Cette affaire grotesque et inquiétante révèle une fois de plus ce contre quoi le CSA de Forcalquier s’est constitué : l’hydre antiterroriste.

Les arrestations de Forcalquier révèlent aussi à qui l’ignorerait encore la collaboration des médias avec la police. Par exemple : lundi 18 mai, France 3 parle de la « secte » de Longo Maï – qui n’est pas une secte et n’a rien à voir avec cette affaire. La Provence quant à elle parle de « la plaque d’entrée de la résidence dignoise de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur », alors qu’aucun élément de la photo ne permet de la localiser à Digne ou ailleurs. Enfin, à la suite de l’AFP, la quasi totalité des médias parle d’un tract ou d’une affiche. Rien de tel n’a jamais existé.

Les cinq personnes ont été libérées après 36 à 42 heures de garde à vue. En même temps qu’elles, trois personnes étaient interpellées à Rouen, cette fois par la SDAT (Sous-direction antiterroriste), et placées en garde-à-vue « antiterroriste » (pour une durée pouvant aller jusqu’à 96 heures) au motif qu’elles seraient « proches de Julien Coupat ». Elles ont été libérées jeudi soir. Nous sentons bien qu’à travers ces agressions, ce sont nos liens, nos amitiés, nos capacités de révolte que l’on veut détruire.


On remarquera la désinfo. des merdias, déjà dénoncée par Dorhinel et moi !!!

Un SCOOP !, Serge QUADRUPANI, qui a eu vent de l'affaire (par l'intermédiaire d'un pote à moi), devrait avoir écrit un article dans le SINE HEBDO de demain !

Denis.

@'spleen ' libertad !

Julien Coupat
n° d'écrou 290 173
c/o Maison d'arrêt
42, rue de la Santé
75014 PARIS.

Evidemment, le courier est ouvert, pas la peine donc, d'écrire des trucs compromettant ou même ne faisant qu'une petite allusion à l'affaire en cours.
(ces cons! , il vont le rajouter au dossier vide)
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede 'Spleen'Libertad » 26 Mai 2009, 20:19

Merci beaucoup Carnus.
Oui j'aurai deviné que sous un tel régime, tout est ouvert et lu... et je veux surtout pas alourdir sa peine.
Tu crois que je peux quand même parler un peu...je sais pas moi, "philosophie", poésie, avenir pour lui etc ? Genre si je met le mot " autogestion ", ou " fraternité " dedans, je risque 3 ans de taule ? ( rire histérique désespéré )
( au cas où MP de la part de conan ou toi, qui lui ont apparemment envoyé une lettre ). Merci les gars.
'Spleen'Libertad
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 26 Mai 2009, 23:57

Julien Coupat dans le texte

Comparons les écrits du «terroriste présumé» et un livre que la police l'accuse d'avoir écrit.
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mardi 26 mai 2009


Dans une longue interview au Monde, Julien Coupat témoigne par écrit de ses conditions de détention et de sa vision de la société. Depuis novembre 2008, il est en prison, pour des actes «terroristes» présumés sur des trains de la SNCF, malgré des revendications provenant d'un autre groupe.

Julien Coupat est aussi soupçonné par les enquêteurs d'avoir écrit «L'Insurrection qui vient», un pamphlet anarchiste accusé de tous les maux, paru en 2007 dans l'anonymat le plus complet. Ce livre n'a pas d'auteur, il est juste revendiqué par un collectif, «Le Comité invisible». Fait rarissime pour la démocratie française, le livre — devenu depuis un succès de librairie — a été versé intégralement au dossier et son éditeur a été écouté par les enquêteurs, ce qui témoigne d'un certain acharnement de la police pour cet écrit.

Le Monde pose cette question à Julien Coupat: «Etes-vous l'auteur du livre "L'insurrection qui vient"?». « Malheureusement, je ne suis pas l'auteur de "L'insurrection qui vient », répond-il. J'en suis, en revanche, un lecteur». Il avoue d'ailleurs l'avoir relu récemment et adhérer totalement.

Ayant moi-même lu récemment «L'insurrection qui vient» (disponible gratuitement et intégralement sur le web en format PDF, 122 pages), j'ai été immédiatement frappé par les ressemblances sur le fond et la forme entre le livre et l'interview de Julien Coupat.

Sur la forme

Même alternance entre phrases courtes et phrases longues amoureuses des virgules. Le style est direct et emphatique. Dans l'interview de Julien Coupat et dans «L'Insurrection qui vient», il n'y a pas de place pour le doute et le conditionnel. Le propos, fort, est asséné comme une évidence partagée par tous, d'où la faible présence de points d'interrogations et d'exclamations. Pourquoi s'emporter et s'étonner quand tout le monde le sait. En mélangeant des parties des deux textes, si l'on exclut l'actualité brûlante, il m'a été impossible de faire la différence entre les deux écrits.

Sur le fond, quelques points similaires

-> La définition de «l'ultra-gauche»:

Les deux lient l'action dans la rue et la définition de l'«ultragauche»/mouvance autonome.

A la question «Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de "mouvance anarcho-autonome" et "d'ultragauche"?», Julien Coupat répond: «La seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. (...) Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole ».

Dans «L'Insurrection qui vient», p26, on peut lire: «Devenir autonome», cela pourrait vouloir dire, aussi bien: apprendre à se battre dans la rue, à s'accaparer des maisons vides, à ne pas travailler, à s'aimer follement et à voler dans les magasins. Et page 105: «La police n'est pas invincible dans la rue, elle a simplement des moyens pour s'organiser (...) Toute l'innovation déployée dans les centres de préparation à la guérilla urbaine de la gendarmerie française (...) ne suffira sans doute jamais à répondre assez promptement à une multiplicité mouvante pouvant frapper à plusieurs endroits à la fois et qui surtout s'efforce de toujours garder l'initiative».

-> L'effondrement de la civilisation:

Le but de l'interviewé et de «L'insurrection qui vient» est de montrer que la société actuelle est sur le point de s'effondrer. Julien Coupat explique: «On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. (...) Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. (...) Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes: la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage». Et «L'insurrection qui vient» p83, d'expliquer, «nous nous situons d'ores et déjà dans le mouvement d'effondrement d'une civilisation. (...) L'incendie de novembre 2005 n'en finit plus de projeter son ombre sur toutes les consciences. Ces premiers feux de joie sont le baptême d'une décennie pleine de promesses.

->Le terrorisme:

Dans l'interview, Julien Coupat explique: «L'antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n'est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi politique en tant que terroriste». «L'insurrection qui vient» (p109) va dans le même sens: «Menaces terroristes», et «violences urbaines» sont pour les gestionnaires de la société autant de moments d'instabilité où ils assoient leur pouvoir par la sélection de ce qui leur complaît et l'anéantissement de ce qui les embarrasse.

-> La critique de la police

Normal aussi pour un vocabulaire anarchiste, la police est source de tous les problèmes. «L'insurrection qui vient» explique page 97: «Le territoire actuel est le produit de plusieurs siècles d'opérations de police. On a refoulé le peuple hors de ses campagnes, puis hors de ses rues, (...) dans l'espoir dément de contenir toute vie entre les quatre murs suintants du privé». Dans l'interview, Julien Coupat s'amuse de cette police qui le poursuit, qui décide de qui est innocent ou pas et dont «certains jouent, dans cette affaire, un pan entier de leur lamentable carrière, comme Alain Bauer [criminologue], d'autres le lancement de leurs nouveaux services, comme le pauvre M. Squarcini [directeur central du renseignement intérieur]».

-> La souveraineté

Les deux textes associent souveraineté, travail de la police, et démocratie. Dans l'interview, Julien Coupat explique : «Rien ne permet d'expliquer que le département du renseignement et de la sécurité algérien suspecté d'avoir orchestré, au su de la DST, la vague d'attentats de 1995 ne soit pas classé parmi les organisations terroristes internationales. (...) Rien, sinon la souveraineté. Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste.» «L'insurrection qui vient», page 71, assimile également pouvoir de la police et souveraineté: «On a convenu depuis lors - disons: depuis 1945 - que la manipulation des masses, l'activité des services secrets, la restriction des libertés publiques et l'entière souveraineté des différentes polices appartenaient aux moyens propres à assurer la démocratie, la liberté et la civilisation ».

-> L'Oligarchie qui nous domine:

Dans les deux textes, le vocabulaire employé cherche toujours à ridiculiser le gouvernement. Normal pour une argumentation anarchiste. Dans l'interview, Julien Coupat qualifie le gouvernement actuel «d'oligarchie ». Dans «L'insurrection qui vient» (p52, p53), l'auteur compare l'oligarchie de la fin de l'URSS aux «patrons et gouvernements» actuels.

-> La notion de Spectacle

Julien Coupat utilise le terme de Spectacle pour qualifier les qualifications de l'ultragauche actuelle, spectacle utilisé pour divertir les masses. Dans l'Insurrection qui vient, même rhétorique du spectacle (sans la majuscule). Les manufactures lilloises anciens lieux de «sédition» «sont transformées en salle de spectacle». La même idée est développer, les anciens lieux de révoltes et de contre-pensées, des usines au cœur des cités en passant par l'ultragauche, servent à penser.

A noter aussi que Julien Coupat, quand il était étudiant à l'EHESS, a écrit une thèse sur le «Capitalisme, avant-garde et critique révolutionnaire» ». L'influence de Guy Debord y est forte et dans la revue qu'il dirigeait, Tiqqun, à la fin des années 90, il annonçait déjà la disparition de la société marchande actuelle. La revue «Le Tigre» s'était d'ailleurs amusée à comparer les anciens écrits de Julien Coupat avec «L'Insurrection qui vient», mettant en avant certaines similitudes.

Après, savoir qui influence qui... La poule et l'œuf, l'œuf et la poule.... Pour dépasser l'horizon anarchiste et mettre tout le monde d'accord, le style emphatique, presque poétique parfois, de ces écrits s'inspire d'un poète et diplomate français. En 1997, Julien Coupat écrivait déjà, «pour l'heure, la critique n'a que faire des docteurs en sociologie [car] c'est de poètes et de théologiens qu'elle a désormais besoin et non de fonctionnaires consciencieux de l'intelligence sociale». N'est-ce pas un doux écho au discours de réception du prix Nobel de Saint-John Perse en 1960: «Et c'est ainsi que le poète se trouve aussi lié, malgré lui, à l'événement historique. Et rien du drame de son temps ne lui est étranger. Qu'à tous il dise clairement le goût de vivre ce temps fort ! Car l'heure est grande et neuve, où se saisir à neuf. (...) Et c'est assez, pour le poète, d'être la mauvaise conscience de son temps ».

Quentin Girard
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 27 Mai 2009, 12:14

Nouvel entretien avec Benjamin :

Dans une tribune publiée lundi dans Le Monde, Julien Coupat écrit que la prolongation de sa détention est "une petite vengeance". Etes-vous d'accord avec ce point de vue ? Autrement dit, pourquoi Julien Coupat est-il toujours incarcéré ?

- Ce qui semble s’avérer chaque jour un peu plus c’est que la focalisation sur la personne de Julien Coupat tient à une déformation à la source même de l’enquête préliminaire, qui prend comme hypothèse, dès le départ, son supposé rôle central et le fait suivre en conséquence… Suivez n’importe qui pendant plusieurs mois, et uniquement lui, et vous n’aurez aucun mal à le faire figurer au centre d’une cartographie imaginaire.
Alors oui, je pense que, depuis le 11 novembre, l’acharnement qui se resserre de nouveau toujours plus sur sa personne relève d’une vengeance des services et du parquet qui refusent obstinément d’avouer l’ampleur de leur échec. Outre le postulat invérifiable qu’il serait le chef d’une entité jamais vérifiée, rien ne justifie son maintien en détention.

Dans cette tribune, Julien Coupat assume ses idées et attaque nommément le criminologue et président de l'Observatoire national de la Délinquance Alain Bauer, le directeur de la DCRI Bernard Squarcini, et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. Etes-vous en accord avec cette stratégie de défense ?

- De quelle stratégie parlez-vous ? Les enjeux sont différents selon que l'on parle dans la sphère judiciaire ou dans la sphère publique, à la presse par exemple.
Pour ce qui est de la seconde, depuis le début, nous avons pointé du doigt l'offensive politique et judiciaire dont nous faisions l'objet. Sur ce point, je trouve que Julien est plus lucide que violent dans sa tribune. S'il s'agit du simple fait de savoir reconnaître les intérêts de ceux qui cherchent ouvertement à ruiner vos existences au profit de leur petits appétits carriéristes. Alors oui, je suis d'accord avec lui.

Soupçonné par la police d'être l'auteur de "L'Insurrection qui vient", Julien Coupat apporte une réponse claire : c'est non. Pourquoi a-t-il tant tardé à répondre sur ce point ?

- D'une part cette réponse a été donnée au juge depuis bien longtemps. D'autre part, la tribune de Julien est sa première intervention publique.

Comment expliquez-vous alors que les services de police aient continué à évoquer Julien Coupat comme le possible auteur de ce livre ?

- Cela fait déjà longtemps qu'ils s'obstinent à vouloir mettre un nom sur ce livre. Il avait déjà servi de pièce à charge dans trois précédentes affaires remontant à 2007, dans lesquelles des personnes avaient été également mises en examen pour "terrorisme". Et, à défaut d'autre charges, il faut bien justifier son maintien en détention....

Comment expliquez-vous que les autres pistes – à commencer par le communiqué posté en Allemagne revendiquant les sabotages – aient été si vite écartées par les enquêteurs ?

- Je ne suis pas dans la tête des flics et des magistrats… J’imagine que, comme pour beaucoup d’autres choses dans cette affaire, tout ce qui ne colle pas avec le synopsis des services a été soigneusement écarté, c’est ce qu’on appelle une "instruction à charge".

Ces dernières semaines, les interpellations de personnes présentées comme des "proches" de Julien Coupat se sont multipliées. Elles ont toutes été relâchées sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre elles...

- Il y a des opérations de deux types à mon avis. D’un côté, il y a ce qui se présente comme des manœuvres d’intimidation, à peine voilées, sur des gens qui ont publiquement manifesté leur solidarité face à cette opération d’intoxication politique, et qui adressent, par-là même, un message à tous ceux qui le font. De l’autre, il y a l’attaque directe, sur nos proches, pour étayer la thèse fumeuse d’une cellule clandestine. Le mode même sur lequel sont conduites les interpellations participe de la construction de la figure de l’ennemi : "Si on les arrête de cette manière, c’est bien qu’il y a une raison…"

Vous êtes présenté par la police comme le "bras droit" de Julien Coupat. Pourquoi ? Comment expliquez-vous que vous n'ayez pas été gardé en détention comme lui ?

- Tout cela reste un mystère pour moi. D'autant que je n'ai pas été interrogé depuis ma sortie de prison en décembre, contrairement à d'autres mis en examen. La police n'a aucun argument pour étayer son affirmation selon laquelle je serais "le bras droit" d'un "chef". Et moi, je ne peux pas prouver ce qui ne peut pas se prouver, à savoir que je ne suis pas le numéro 2 d'un numéro 1 qui n'existe pas. Ce que je sais, c'est que Julien et moi-même étions surveillés depuis longtemps. Comme la plupart des personnes un tant soit peu "militantes" en France, qui s'engagent dans des campagnes contre les expulsions de sans-papiers, les luttes étudiantes, les actions contre les lois sécuritaires...

On vous a interdit de quitter le département de la Manche. Pourquoi cette restriction ? Comment la vivez-vous ?

- Mon contrôle judiciaire a été durci récemment parce qu'on a jugé que je recommençais à prendre un peu trop de liberté. Je dois maintenant signer tous les jours à la gendarmerie. Et j’imagine que me couper de toute vie sociale et de la possibilité de penser avec mes camarades la situation qui nous est faite fait partie de leurs motivations. Six mois, ça commence à faire long.

Vous aviez refusé en mars, comme les autres mis en cause dans cette affaire, de répondre aux questions des juges d'instruction tant que Julien Coupat serait considéré comme le "chef" de votre groupe. Qu'en est-il de vos rapports aujourd'hui avec la justice ?

- Nous nous tenons toujours à cette décision, rien dans l’attitude des juges ne laissant présager qu’ils reviennent sur les constructions littéraires du parquet anti-terroriste.

Mathieu Burnel, l'un des neuf mis en examen, a indiqué qu'il renforçait sa défense sur le plan juridique et politique. Julien Coupat va être, lui, défendu par plus d'avocats. Et vous ?

- Mathieu parlait, je crois, de façon plus générale. C’est la défense dans son ensemble qui devrait être renforcée. Nous refusons jusqu’à présent, dans la mesure de ce qui nous est accessible, l’individualisation de traitement qui est à l’œuvre du côté de la justice. Cette procédure est absurde d’un bout à l’autre, elle ne tient la route pour aucun d’entre nous.
Pour ce qui est de notre défense, les récentes informations selon lesquelles Julien aurait deux nouveaux avocats et qu'il aurait été en rapport avec les ex-inculpés de l'Arche de Zoé sont incorrectes.

Vous avez des contacts avec Julien Coupat ? Croyez-vous qu'il pourrait être remis en liberté bientôt ?

- Je n’ai de nouvelles que très indirectes, et j’ai abandonné depuis longtemps l’astrologie judiciaire!

Des comités vous soutiennent. Qu'en est-il de la classe politique ?

- Laissons la classe politique tenter de se soutenir elle-même, elle en a plus besoin que nous. La seule issue pour nous est de participer à une articulation entre les luttes et les fractions de la population aux prises avec l’appareil répressif dans son ensemble. Pour le faire reculer en défaisant ses opérations de division, qui ciblent des groupes repoussoirs en les surdéterminant, les "anarcho-autonomes", "les bandes de cités", "les casseurs"…

Interview de Benjamin R. par Sarah Halifa-Legrand
(Mercredi 27 mai)
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... e_dun.html
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 27 Mai 2009, 20:26

Et l'article de Serge Quadruppani dans SINE HEBDO (arf!)

Image

Bon il y a encore des bourdes, Bruno n'est pas à la LDH, c'est Philippe Dieudonné qui l'accompagnait, mais bon pfffoouuh !
(et Bruno a fait presque 42 heures, et non 24 heures)

En fait y'a que sur ce forum que l'on trouve la vérité vraie (mieux qu'à l'AFP) (arf! and ourf!)

Denis.
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 27 Mai 2009, 21:42

Dernier communiqué sur LCI, vu par Béatrice :

LE PARQUET NE S'OPPOSE PLUS à LA LIBéRATION DE JULIEN COUPAT

(c'était aujourd'hui sa comparution devant le juge)

Denis OOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUUAAAAAAAARRRRRRRRRRFFFFFF !
CARNUS
 


Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 27 Mai 2009, 22:56

CARNUS a écrit:Dernier communiqué sur LCI, vu par Béatrice :

LE PARQUET NE S'OPPOSE PLUS à LA LIBéRATION DE JULIEN COUPAT

(c'était aujourd'hui sa comparution devant le juge)



Et le Figaro de Dassault reprend l'info http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... jeudi-.php
Les pisse-copies des médias bourgeois ont été informés le 10 novembre par les ministères de l'Intérieur et de la Justice de la descente des flics de la SDAT à Tarnac et à Rouen, on peut cette fois-ci les "croire" quand ils relaient cette parole judiciaire ...
Bon retour Julien.
On lâche rien, on continue ...
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Renaissance » 27 Mai 2009, 23:27

Le parquet de Paris ne s'oppose plus à la remise en liberté de Julien Coupat, considéré comme le responsable d'une cellule qualifiée d'anarcho-autonome à l'origine d'actes de malveillance contres des lignes TGV de la SNCF, a-t-on appris mercredi soir de source judiciaire.

Ecroué depuis le 15 novembre dernier à la prison parisienne de la Santé, Julien Coupat a été entendu mercredi après-midi par le juge d'instruction en charge de cette affaire. Sa remise en liberté pourrait intervenir jeudi, précise-t-on de source judiciaire.

Julien Coupat est mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "direction d'une structure à vocation terroriste", des chefs passibles de la cour d'assises. Il a toujours protesté de son innocence.

On explique de source judiciaire que le juge d'instruction avait demandé mardi au parquet de se prononcer sur une éventuelle remise en lierté de Julien Coupat. Le parquet ne s'y pas opposé à l'issue de l'audition mercredi, estimant qu'il n'y avait plus de risques de "concertation frauduleuse" entre les neuf personnes mises en examen ni de risques de pression sur les témoins.

Le parquet s'était jusqu'à présent opposé plusieurs fois à la remise en liberté. Les avocats de Julien Coupat et des autres mis en examen ont toujours dénoncé une "instrumentalisation politique" de ce dossier. AP



C'est pas parce que Julien sort que les autres suivront, la lutte continue !
Bizarre tout de même qu'il sorte juste après l'apparition de son interview... le pouvoir chercherait-il à le décrédibiliser ?
Renaissance
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 27 Mai 2009, 23:48

Renaissance a écrit:
C'est pas parce que Julien sort que les autres suivront, la lutte continue !
Bizarre tout de même qu'il sorte juste après l'apparition de son interview... le pouvoir chercherait-il à le décrédibiliser ?


Surtout l'instruction sous régime anti-terroriste continue, avec déjà un contrôle judiciaire des plus contraignants pour les " 9 neuf de Tarnac" (comme pour ceux-celles déjà inquiété-e-s dans "l'affaire de la dépanneuse" viewtopic.php?f=65&t=1150#p27845...)
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Dorhinel » 28 Mai 2009, 00:05

Ou alors, ils ont compris que l'opinion commence à en avoir marre et, pour faire perdre la crédibilité de son interview et grapiller des voix ("regardez, on est pas des fachos, on le libère") l'ont libéré pour les Européennes. Et après ça, une preuve va apparaître... Retour à la case prison.
Dorhinel
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede conan » 28 Mai 2009, 00:11

Oui, vus la médiatisation de l'affaire et le manque criant de l'ombre de la moindre preuve, il valait mieux pour le pouvoir relâcher maintenant Julien, plutôt que de devoir le faire sous la pression croissante de la rue.
En étant à l'initiative de cette relaxe, ce pouvoir veut peut-être ainsi montrer qu'il garde encore la main. Qu'il peut aussi bien produire la lettre de cachet que la grâce. Qu'il est toujours régalien !
En tout cas je me joins à la joie de tous de savoir que Julien va pouvoir respirer un bon grand bol d'air, rebisouter ses proches, remarcher parmi les fleurs des champs et regarder toute la journée les nuages s'il le veut. On a beau savoir que la prison est partout, il est de ces petits moments simples qu'il doit être bon de pouvoir retrouver...
conan
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 28 Mai 2009, 08:35

conan a écrit: il valait mieux pour le pouvoir relâcher maintenant Julien, plutôt que de devoir le faire sous la pression croissante de la rue.

Tu parles des défilés des bureaucraties syndicales ? :wink:
Les manifestations contre la répression (celle de Nantes le 25 avril, et celle de Lille le 23 Mai) ont réuni très peu de monde...

conan a écrit: Julien va pouvoir respirer un bon grand bol d'air, rebisouter ses proches

Comme je l'ai écrit plus haut, le contrôle judiciaire qui se prépare risque de l'empêcher de voir les co-mis en examen, l'assigner à résidence ...
georges
 

"de la magouille policière pour faire de la com"

Messagede georges » 28 Mai 2009, 10:06

Le parquet de Paris a annoncé qu’il ne s’opposait plus à sa remise en liberté.

En apprenant cette éventualité, Me Irène Terrel, l’avocate de Julien Coupat a précisé que « si aujourd’hui ce parquet a été touché par la grâce, je m’en réjouis. Je trouve que l’empressement du parquet à annoncer qu’il ne s’opposerait plus à cette mise en liberté me paraît relever du même délire que l’empressement qu’il a mis dans les semaines passées à s’opposer farouchement à toutes les demandes de remise en liberté".

Pour Me Terrel le parquet a annoncé cette possible libération "avec une telle fulgurance, 10 minutes après que j’ai déposé la demande" que ça participe à "une sorte d’affolement".

"C’est une décision politique. Il est possible que cette libération intervienne. Mais ce n’est pas certain" a ajouté au micro de France Info l'avocate de Julien Coupat.

De son côté, le père de Julien Coupat a déclaré:

« Je n’ai aucune information. Normalement les parents sont les premiers avertis. C’est de la com. Le ministère de la justice et de l’intérieur font de la com. Depuis le début c’est de la magouille policière pour faire de la com ».

http://www.lepost.fr/article/2009/05/28 ... rtain.html
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Dorhinel » 28 Mai 2009, 10:15

De la communication, comme d'hab.

On peut aussi penser qu'il vont faire traîner ça (pour motifs administratifs) jusqu'aux européennes, puis une preuve tombera du ciel... Oui, je suis pessimiste. Parce que bon, en 10 minutes, soit le parquet a été peint en rouge et noir dans la nuit, soit il y a anguille sous roche. Et même baleine sous gravillon.
Dorhinel
 

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