Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede zorg » 20 Mai 2009, 19:49

Salut,
Lu sur Le Jura Libertaire, extrait de La Provence d'aujourd'hui :
La cinquième et dernière personne à avoir été interpellée après la diffusion d’un tract considéré comme menaçant pour le chef de l’antiterrorisme français a été remise en liberté à la mi-journée.
zorg
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 20 Mai 2009, 19:57

Voilà, bon en fait, j'arrive un peu tard pour vous livrer mon témoignage, mais on fait ce qu'on peut (arf!)

Donc reprenons, hier, vers 18h55, en route pour la grosse réunion à Forcalquier, nous apprenons sur Radio-Zinzine,
la libération de François, Johanna, Samuel et Helena (je parle avec les prénoms, les noms sont déjà connus de partout)

à 19h20, pré-réu sur le parking de Forca., 2 bagnoles en bleus qui surveillent (c'était aussi prévisible que la vérole sur le bas-clergé au moyen-âge)

bref. 45 minutes plus tard, on arrive à notre lieu de réu définitive, et là, mieux que les pendores, les journaleux de "La provence"
se pointent avec les caméras de partout; manque de bol, ils avaient écrit tellement de conneries dans leur édition de la veille
(notament sur le fait que le tract avec la photo de l'interphone, n'était pas un tract mais une photo sur le net, celle que j'ai mise sur
le chat avant-hier, et également sur le fait que, visiblement, seule La Provence connaissait la position géographique de la résidence de Squarcini,
comme l'avait fort justement dénoncé Dorhinel (arf! ) que Nicolas (zine-longo-maï) commence à leur expliquer que leur torchon n'était
qu'un résidu de renseignements issu de la police de Marseille, et qu'il faudrait peut-être demander aux interréssés, d'abord,
c'est à dire à nous les comités de soutien.
Béatrice renchérit, en les traitant de courroie de transmission du pouvoir, et de valets du nain de jardin;
je précise que ma compagne était calme à ce moment-là, ils ont déguerpi en 4 minutes, si elle avait été énervée, ils auraient
couru devant leur voiture, sans que celle-ci (la voiture) n'arrive à les rattraper.

Bon, donc ensuite, la réu, évidemment on attend les 4 qui doivent nous rejoindre, mais on débat sur les possibilités
de réagir, et de s'organiser pour continuer la lutte contre la SDAT et les arrestations arbitraires, sachant qu'à ce moment-là
Bruno Chiambretto était encore dans "la cage" (c'est comme ça qu'on appelle la garde à vue).
On était plus d'une centaine, et ça fait beaucoup, pour le coin (101 avec l'appui télépathique de Dorhinel (arf!))

Il y avait Philippe Dieudonné, à coté de moi, (celui qui est passé de partout sur FR3), vice président de la LDH du 13.
Bonne tronche de cheveux frisés blanchis par les luttes; il était avec Bruno quand il est entré dans le commissariat, lundi soir à l'évéché, pour prendre des nouvelles des 4.
Valérie (FA) était pas loin et prenait des notes (arf!)

Donc Philippe et un élu verdouille sont entrés dans la souricière avec Bruno, et sont resortis sans Bruno !

En fait ils comptaient aller l'interpeller le lendemain matin à 6h00 (donc mardi, hier-matin), et comme ils l'avaient sous la main, il l'ont gardé,
ça leur a fait un voyage en moinsse.

Donc , je reviens sur les moyens de lutte, il y avait le dernier communiqué de "soutien11novembre" : l'éclatement de l'insurection qui vient.
cela consite a aller coller par centaine de milliers des extraits du comité invisible, de partout sur les murs des établissements publics et électoraux.
Pas terrible, et d'ailleurs Alayn me l'avait déjà annoncé comme n'étant pas une action qui ferait avancer le schmilblick.

Y'avait aussi un lascard du NPA, juste devant moi, qui a commencé à nous expliquer qu'il fallait aussi partir sur tout un tas d'actions, mais que ça
finissait toujours par des élections, (en tous cas ils nous a fait un cours pour nous expliquer qu'on était tous des jeunes sans expérience)

A ce moment-là Nicolas et Béatrice ont pris la parole et après il a un peu fermer sa gueule ! (arf!)

Ensuite une nouvelle forme d'action a été proposée : 5 fois par semaines, devant la sous-péfecture de Forcalquier,
vers 19h00, faire une petite manif et GUEULER comme des ânes pendant 30 minutes.
ça a bien plus.
Et aussi écrire sur les blogs et les sites des médias du coin, pour dénoncer leur conneries et rétablir la vérité.
J'ai levé le doigt (ourf!)
Balancer de partout sur le net la photo avec l'interphone et le tract, en argumentant, evidemment; acceptée, j'ai déjà commencé.

Eeeeett, vers 22h00, les Bouchardeau ont debarqué, et cela s'impose..., je vous raconte pas l'émotion, c'est juste après, d'ailleurs, que j'ai appelé Conan (arf!)
ce qu'il lui ont demandé pendant sa garde à vue fera l'objet d'un autre témoignage, il était un peu trop fatigué,
juste un détail, (flic qui parle) que pensez-vous de la violence, ou êtes vous pour la violence ?
réponse de François en GAV : demandez à Eric Besson, "on ne sépare pas les femme et leurs enfants...", ça vous fait pas pensez à Papon ???

Ensuite on arrive à aujourd'hui, Bruno a été libéré vers 13h00, mais comme je n'avais pas de nouvelles, je l'ai appelé
tout à l'heure vers 18h00 (c'est marqué dans la chout box) carrément sur son portable, et il m'a confirmé qu'il avait été libéré
en début d'après-midi, OK, les charges maintenant :

Pas d'inculpation, pour auncun des 5 (François, Joahanna, Samuel, Héléna, Bruno), mais aaaatttention,
convocation au parquet de Dignes (le proc) dans les 6 mois, pour savoir s'il faut donner suite à l'affaire, ou pas.
En d'autre termes, faites gaffes à pas recommencer vos conneries, vous êtes surveillé, voir même en sursis !!!

Je conclus, en précisant que la photo du tract sous l'interphone de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur
(ainsi qu'un exemplaire du tract dans sa boîte aux lettre, arf!)
a bien été réalisée par l'un de nous !!!!!!!!!!!

Salutations Anarchistes, Denis.
Modifié en dernier par CARNUS le 20 Mai 2009, 21:38, modifié 2 fois.
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede edeffi » 20 Mai 2009, 21:26

Merci pour toutes ces infos Carnus (surtout que celles ci sont meilleures que celles qui alimentent ce post traditionnellement :confus: ),

Pour les journalistes, je crois que des étudiants (Tlse il me semble mais c'étaient peut être pas les premiers) ont adoptés une autre tactique que la "critique", ils filment les actions et interviewent les journalistes sur le fond des revendications pour tester leur connaissance du dossier. Je sais pas quel résultat cela amène mais au moins c'est rigolo !! :wink:
edeffi
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 21 Mai 2009, 10:24

Quatre éditeurs placés en garde à vue, puis remis en liberté
Par Grégoire Leménager

Après Eric Hazan, qui était entendu comme témoin le 9 avril dernier par la Sous-Direction de l'antiterrorisme dans le cadre de l'enquête sur Julien Coupat, c'était, ce lundi 18 mai, le tour de quatre autres éditeurs d'être interpellés, et cette fois mis en garde à vue dans les locaux de la PJ de Marseille : François et Johanna Bouchardeau, anciens directeurs d'HB éditions, ainsi que Samuel et Héléna Autexier, de la revue Marginales, auraient diffusé un trac menaçant pour Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur.

C'est aussi qu'ils font partie du Comité de sabotage de l'antiterrorisme : un mouvement parmi d'autres, qui s'est mis en place pour soutenir les personnes arrêtées en novembre 2008 à Tarnac, et qui vient d'organiser, le 8 mai dernier, une journée de débats contre l'antiterrorisme à Forcalquier.

Selon un communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme, qui «dénonce des méthodes et des procédures d'exception débouchant sur la violation de principes fondamentaux de l'Etat de droit», une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à Marseille, lundi vers 18h, devant l'Hôtel de police, pour soutenir les quatre inculpés. Une cinquième personne, Bruno Chiambretto, s'est alors trouvée soumise au même régime après avoir «demandé des nouvelles de la santé de ses amis». On apprenait le lendemain que sa garde à vue était «prolongée», tandis que les quatre autres étaient remis en liberté.

Pour Maître Olivier Lantelme, avocat de trois des inculpés, c'est «une intolérable atteinte à la liberté d'expression», rapporte-t-on chez «Livres Hebdo» :

«Ces gardes à vue ont des parfums de chasse aux sorcières. Les personnes concernées sont des gens non violents, militants, qui ont une culture politique forte [...]. N'ayant pas accès au dossier, je ne sais même pas quels faits on leur reproche et sous quelle qualification pénale on les appréhende. Pourquoi leur réserver un traitement si musclé ? Il suffisait qu'on les convoque.»

G.L.

PS. On se souvient par ailleurs qu'a eu lieu récemment une perquisition dans la bibliothèque de Julien Coupat : Didier Jacob vous en touchait deux mots ici l'autre jour [=> Nos bibliothèques sont-elles coupables?]. Une pétition intitulée «Je déballe ma bibliothèque» a été lancée à cette occasion, pour protester en se réclamant de Walter Benjamin, sur le site de la Mel: on y trouve près de 3000 signatures, parmi lesquelles figurent celles de Sorj Chalandon, Lorette Nobécourt, François Bon, Eric Faye, Claro, Stéphane Audeguy..


Mensonges et atteintes à la liberté d’expression
LIGUE DES DROITS DE L’HOMME FEDERATION DES BOUCHES DU RHÖNE

Marseille, lundi 18 mai 2009

Nous étions, vers 18h, une cinquantaine de personnes devant l’Hôtel de Police (l’évêché) pour soutenir Johanna Bouchardeau, François Bouchardeau, Samuel Autexier, Héléna Autexier, mis en garde à vue, depuis le matin, suite à leur engagement dans un Comité de Sabotage de l’Anti-Terrorisme qui est de fait un Comité de soutien, aux inculpés de Tarnac, à Forcalquier.

Une délégation ( Andrée Reversat élue Verts au Conseil Régional, Philippe Dieudonné, vice Président de la Fédération des Bouches du Rhône de la LDH, Bruno Chiambretto du comité de Forcalquier) a été reçue par Mr Gauze Directeur Interrégional de la Police Judiciaire et deux de ses adjoints.

Après avoir affirmé « que ce n’était pas l’affaire du siècle, que tout était transparent, » il a précisé que les 4 personnes étaient entendues à la demande du parquet de Digne, suite à la diffusion d’un texte pour lui « anodin » comportant une photo. Cette photo représenterait un pilier du portail d’entrée de la résidence secondaire, à Digne, de Mr Squarcini (Directeur Central du Renseignement Intérieur). La police voulant déterminer « quelles étaient leurs intentions »., et qu’« ils seront vraisemblablement relâchés, le temps que l’on examine leurs ordinateurs ».

Bruno Chiambretto ayant demandé des nouvelles de la santé de ses amis le Directeur l’a invité à rester dans le bureau cependant que les deux autres membres de la délégation sortaient rendre compte de l’entrevue. De fait il s’agissait d’un piège pour mettre Bruno Chiambretto en garde à vue.

La LDH condamne fermement de tels procédés visant une personne qui est venue de son plein gré et qui n’avait rien à cacher. Le fait que ce piège ait été mis en œuvre par un haut fonctionnaire d’un service public représente pour LDH une circonstance aggravante.

La LDH dénonce une fois encore des méthodes et des procédures d’exception débouchant sur la violation de principes fondamentaux de l’Etat de droit au constat notamment de la disproportion évidente entre les moyens mis en œuvre et une affaire concernant l’exercice de la liberté d’expression.

La LDH estime que ce nouvel épisode s’inscrit dans une instrumentalisation d’un pseudo terrorisme visant, dans une période pré électorale, à détourner l’attention sur les conséquences catastrophiques au plan social et économique de la politique actuellement conduite.

La LDH demande la mise en liberté immédiate de ces cinq personnes.
Nico37
 
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 21 Mai 2009, 17:10

Nico37 a écrit:Quatre éditeurs placés en garde à vue, puis remis en liberté


L'Etat contrôle nos bibliothèques...

Julien Coupat aurait lu des livres
par Jérôme Leroy

L’inquiétante idiotie du pouvoir dans l’affaire de Tarnac a pris, ces derniers temps, une dimension nouvelle. On a l’impression d’avoir affaire à l’un de ces enfants têtus qui s’obstinent dans le mensonge, pris la main dans le pot de confiture conspirative, les doigts collants d’arbitraire, niant l’évidence avec un aplomb affolé avant la gifle bien méritée.

À Rouen, trois “proches de Julien Coupat” ont été placés en garde à vue et, dans le cadre des lois d’exception sur le terrorisme, ce “Patriot Act” à la française, ils peuvent y rester 96 heures. Il faut s’interroger sur ce qui fait de vous un “proche” de Julien Coupat. En l’occurrence, ici, de l’aveu même des brillants pandores de la SDAT (Sous direction à l’antiterrorisme), ces policiers qui assaillirent un jour de novembre un village de Corrèze et le firent entrer définitivement dans la célébrité touristico-politique1, il suffit pour cela d’avoir séjourné à Thessalonique en septembre 2008, en même temps que lui, mais pas forcément en sa compagnie. À ce compte-là, toute personne ayant passé des vacances en Espagne avant 1975 était proche de Franco et les lecteurs trouvant une rime amusante à SDAT, par exemple “Securitate”, gagneront une cagoule et un treillis bleu marine offerts par l’aile “cellule invisible” de Causeur2.

Quand la SDAT ne sévit pas sur les lieux où Flaubert éructait magnifiquement contre la bourgeoisie dans sa Correspondance, elle préfère le soleil de Forcalquier et missionne le SRPJ local pour une surprenante petite rafle matinale : quatre militants du “comité de sabotage de l’antiterrorisme” ont été pareillement mis en garde à vue lundi 18 mai. Le motif est là aussi croquignolet. Ils auraient distribué des tracts invitant à une réunion de soutien sur lesquels figurait une photographie : celle de l’interphone de la résidence secondaire de Bernard Squarcini, chef de la DCRI. Comme la maison poulaga ne recule devant aucun gag dans cette superproduction, une cinquième personne, venue rendre visite aux quatre autres pour voir comment se déroulait l’interpellation n’est pas ressortie du commissariat de Forcalquier et a été placée à son tour en garde à vue.

Si Julien Coupat n’entamait pas son septième mois d’incarcération dans les geôles de notre république bananière assistée par ordinateur, nous ririons de cette superproduction qui fait penser à Un gendarme de Saint-Tropez contre l’ultragauche ou à un film de Blake Edwards nous montrant Monsieur Squarcini dans le rôle d’une Panthère Rose maladroite. Avec en plus, dans le cas de notre Edgar J. Hoover national, une méchanceté hargneuse et tatillonne propre aux chefs des polices politiques dont Balzac, disait justement dans Une ténébreuse affaire, roman qu’il serait intéressant de relire ces temps-ci car lui aussi raconte une étonnante manipulation flicardière sous l’Empire : “On croit la police astucieuse, machiavélique, elle est d’une excessive bénignité ; seulement elle écoute les passions dans leurs paroxysmes, elle reçoit les délations et garde toutes ses notes. Elle n’est épouvantable que d’un côté. Ce qu’elle fait pour la justice, elle le fait aussi pour la politique. Mais en politique, elle est aussi cruelle, partiale que l’Inquisition.”

Elève Alliot-Marie, élève Bauer, élève Squarcini, vous commenterez cette citation dans un développement argumenté. Vous montrerez notamment les analogies entre l’analyse de Balzac qui se situe à l’époque napoléonienne et votre propre tentative d’inventer une “mouvance anarcho-autonome”, ce qui est un bel oxymore et prouve votre niaiserie théorique. Les copies seront ramassées le jour de la libération de Julien Coupat quand l’opinion se moquera de vous et de ce qui restera comme la plus grande pantalonnade politico-judiciaire du sarkozysme.

Vous voulez un autre exemple de la méthode délirante que le pouvoir utilise pour tenter de remplir un dossier désespérément vide ? On pourrait l’appeler “le coup de la bibliothèque”. Figurez-vous que la dangereuse communauté invisible qui s’était emparée de Tarnac pour en faire la base arrière de la révolution mondiale et le premier village libéré de l’oppression capitaliste ne se contentait pas de se livrer à d’abominables opérations terroristes comme l’ouverture d’une épicerie, d’un restaurant coopératif et l’organisation de cours du soir. Ils ont été plus loin, ces nihilistes auprès desquels le Stavroguine de Dostoïevski fait figure de gonzesse : ils avaient créé une bibliothèque au premier étage de la fameuse épicerie. Cinq mille livres venant de chaque membre du groupe et mis en commun. Ah, les petits salopards ! Une bibliothèque…Et on s’étonne de l’effondrement des audiences de TF1 et de M6. N’allez pas chercher plus loin, c’est de la faute des “tarnaciens” : plutôt que de rester à regarder des jeux de téléréalité fondés sur l’humiliation volontaire et l’accoutumance à l’idée d’être viré sans ménagement, l’honnête corrézien se retrouvait avec à portée de la main des…livres. On commence par laisser le rural lire Rimbaud et Debord et on se retrouve avec une nation ingouvernable de paysans sodomites et post-situationnistes.

On se doute bien que Monsieur DCRI n’allait pas laisser faire ça. Et c’est à deux reprises qu’il a envoyé ses troupes perquisitionner les lieux et emporter des quantités variables de livres afin de préserver l’intégrité morale des villageois mais aussi et surtout de trouver des…preuves. Vous lisez Marx, vous êtes marxiste, c’est bien connu et vous lisez Fitzgerald et hop, vous devenez alcoolique. Mais quand vous lisez un rapport d’Alain Bauer, vous devenez paranoïaque et vous voyez des gauchistes partout : cela, désormais, semble, hélas, bel et bien prouvé.

Mais notre ami Bernard Squarcini peut faire encore mieux et c’est là que nous atteignons au sublime : le recoupement linguistique comme méthode policière. Dans une intéressante synthèse drôlement intitulée Le coup de Tarnac3, le journaliste Marcel Gay établit un parallèle saisissant entre la façon dont on voudrait faire tomber Coupat, à partir du seul contenu de L’Insurrection qui vient, et ce qui est arrivé en août 2007 à trois universitaires allemands soupçonnés d’appartenir à un groupe autonome très actif. La BKA (la DCRI germanique), organisme manifestement peuplé de grammairiens distingués et de critiques littéraires, avait estimé que la fréquence des mots utilisés par les universitaires était la même que dans les tracts du groupe en question. D’où la culpabilité des trois hommes…

On voit ici toute la rigueur du raisonnement employé actuellement en désespoir de cause par l’antiterrorisme français, dont on ne sait plus s’il faut rire, pleurer ou avoir peur. On pourra aussi, devant ce “délit de lecture” (voire d’écriture) qui semble être la dernière charge pesant sur Julien Coupat aller signer la pétition initiée par la Maison des écrivains et de la littérature qui met exergue ce magnifique extrait de Walter Benjamin : “Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs. De ceux-là, nous vient l’inspiration. De ceux-là, nous apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi. À ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie. Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme – par le rapport qu’ils entretiennent à la langue, enracinée dans le vivant –, subversifs.”

1. Le Petit futé Corrèze 2009 ose le passage suivant : “C’est ici que le 11 novembre 2008 furent arrêtés dans une opération policière de grande ampleur (150 policiers et gendarmes) un groupe de personnes vivant en communauté, élevant des chèvres, impliquées dans les sabotages des voies de la SNCF. L’épicier, patron de la station-service faisant partie du lot à la grande surprise et déception des villageois.” C’est notre excellent ami Serge Quadruppani qui nous signale cette information sur son blog Les contrées magnifiques. ↩
2. Bruno Maillé et votre serviteur. ↩
3. Éditions Florent Massot. ↩


http://www.causeur.fr/julien-coupat-aur ... ivres,2451
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 21 Mai 2009, 18:02

Merci Georges , l'article est excellent, sûrement un des plus corosif, par les temps qui courent.

Je voulais d'ailleurs te remercier, ici, pour toute l'énergie que tu dépenses sur cette affaire.

En attendant, SCOOP, sur FR3 Provence-alpes, que même Kuhing n'a pas sur sa promenade des Anglais (arf!)

http://jt.france3.fr/regions/popup.php? ... o_number=0

cliquer sur mercredi 20 mai et avancer jusqu'à la minute 11.

On voit là les 5 copains, (faisant partie d'une mouvance libertaire, et c'est vrai !!)

Bruno sans barbe habillé en marron
Héléna robe rouge
Johana robe noire
François gilet bleu-foncé
Samuel polo rouge

Et à la fin Digne, là où est Paulo.

Denis (ourf!)
Modifié en dernier par CARNUS le 21 Mai 2009, 18:50, modifié 1 fois.
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 21 Mai 2009, 18:45

Et puis le sujet est "introduit" par une brève de 15s... sur une alerte à la bombe dans un lycée du coin :roll:

Rue89 a écrit:Tarnac : maintenant, ça suffit !

Décidément, la justice antiterroriste ne plaisante pas avec le ridicule, elle le défie : depuis lundi, cinq nouvelles garde à vue ont eu lieu dans l'affaire Tarnac. Une manière d'épaissir un peu plus le dossier, toujours vide de quoi que ce soit pouvant se rapporter au complot terroriste dénoncé par la ministre de l'Intérieur, qui sonnait tambours et trompettes en novembre dernier.

Sans doute déçue depuis d'une affaire qui tend chaque jour à faire pschiiit, Mme Alliot-Marie s'est faite plus discrète, pariant sur la vieille leçon selon laquelle ses excès de langage s'oublieraient en parlant d'autre chose.

Reste que Julien Coupat est maintenu en détention, depuis sept mois. Reste que huit autres sont avec lui poursuivis pour une prétendue entreprise terroriste que la machine policière, si prompte d'ordinaire à grossir le trait, semble avoir peine à rendre crédible.

Reste que les seuls faits tangibles de ce dossier, le sabotage de voies ferrées, ont été revendiqués par d'autres, ce qui achève s'il le fallait encore de jeter le trouble sur la totalité de cette opération, dont on devine aisément le bénéfice médiatique et politique escompté, et bien moins la pertinence judiciaire.


Chaque jour passé en détention par Julien Coupat est un jour de trop
Depuis sept mois, d'abord parce que nous doutions des accusations portées en place publique par la ministre de l'Intérieur, puis lorsque nous avons pu vérifier combien nous avions raison de douter, nous avons dénoncé le sort réservé aux accusés de Tarnac.

Nous ne partageons sans doute pas les mêmes idées, et sommes résolument hostiles à toute forme de violence politique. Mais, précisément, nous sommes amenés à constater que de violence, il n'y eut point. Et que, si des textes ont été écrits et diffusés (ce qui, à ce stade, reste à débattre), la République ne nous a pas habitué à enfermer des gens pour ce qu'ils écrivent, encore moins sous l'accusation de terrorisme.

Depuis sept mois, chaque jour passé en détention par Julien Coupat est un jour de trop. S'il s'agissait d'entreprise terroriste, comment justifier que les autres accusés aient été libérés ? Et si ceux-là ont été libérés, pourquoi Julien Coupat, qui présente toutes les conditions de représentation et dont la liberté serait de toute façon surveillée, est-il maintenu en détention ?


Une société anesthésiée par le pouvoir personnel
Quel argument de droit peut-il justifier le maintien d'un régime d'exception pour un accusé dont le plus grand crime, s'il était prouvé, serait d'avoir ralenti un train, et ce alors même que les spécialistes s'accordent à dire qu'une telle action, pour stupide qu'elle soit, n'aurait mis en danger aucune vie humaine ? Et que signifie une justice qui, sourde au traumatisme d'Outreau, persiste à incarcérer des justiciables lorsqu'ils pourraient attendre leur procès en liberté ?

Depuis sept mois, nous considérons que la France se déshonore. L'affaire Tarnac n'est pas une anecdote, une petite affaire qui devrait être abandonnée aux seuls mouvements radicaux et contestataires.

Elle est un symptôme terrifiant de ce qu'une société anesthésiée par le pouvoir personnel, la recherche de boucs émissaires et l'accélération médiatique perpétuelle, peut laisser faire au nom de l'antiterrorisme. Il est plus que temps de se réveiller, d'ouvrir les yeux et de refuser la « justice » d'exception.

Noël Mamère, Dominique Voynet et Cécile Duflot
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede ChoueTTe » 21 Mai 2009, 22:30

Au niveau du ridicule, l'Etat a touché le fond, mais creuse encore...
ChoueTTe
 

Les 3 de Rouen relâchés

Messagede georges » 22 Mai 2009, 01:46

Bilan de la semaine : 5 personnes arrêtées à Forcalquier pour un tract... et 3 autres à Rouen sous dispositif anti-terroriste parce que "présumées proches" (première expression justificative des journaflics !) de Julien Coupat...

A qui le tour pour la semaine prochaine ??


Les 3 de Rouen relâchés :
Trois personnes remises en liberté

NOUVELOBS.COM | 21.05.2009 | 18:26

Aucune charge n'a été retenue contre eux par les policiers antiterroristes qui tentaient de définir quels liens les unissaient à Julien Coupat, toujours incarcéré

Les trois personnes interpellées lundi à Rouen (Seine Maritime) et dans ses environs dans le cadre de l'enquête sur les dégradations commises contre la SNCF, qui a vu l'incarcération de Julien Coupat, ont été remises en liberté jeudi 21 mai dans l'après-midi, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Aucune charge n'a été retenue contre elles.
Ces deux hommes et cette femme âgés de 25 et 26 ans avaient été placés en garde à vue par les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) en charge de l'enquête.

Liens

Ces derniers cherchaient à établir la teneur de leur relation avec Julien Coupat, principal mis en cause dans ce dossier, et certains de ses proches.
Ils étaient soupçonnés de s'être rencontrés lors d'une manifestation à Salonique (Grèce) en septembre 2008 où ils auraient été au contact d'Allemands membres de la mouvance autonome. (nouvelobs.com avec AP)
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Alayn » 22 Mai 2009, 03:44

Bonsoir ! Super boulot de Denis !
Merci compagnon !
Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 23 Mai 2009, 21:54

Avec le nombre croissant des gardes-à-vue, d'intimidations judiciaires et policières contre des personnes solidaires,
«Bientôt, il faudra faire un comité de soutien au comité de soutien.» ...

Article paru dans Libération de ce samedi

Les soutiens de Coupat inquiétés
Tarnac . Les huit personnes arrêtées lundi ont été libérées sans être mises en examen.

par GAËL COGNÉ et MICHEL HENRY (à Aix-en-Provence)


C’est la saison des gardes à vue dans l’affaire de Tarnac. Et toutes se soldent sans la moindre mise en examen. Le 28 avril, Tessa Polak se faisait arrêter au volant de son véhicule, par des policiers l’arme au poing. Lundi, des habitants de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) et des jeunes Rouennais (Seine-Maritime) ont goûté à leur tour aux interrogatoires.

A Forcalquier, l’objet du délit est une photo. On y voit un tract du Comité de sabotage de l’antiterrorisme, brandi sous un interphone portant le nom de Bernard Squarcini, le patron du renseignement français. Narguer ainsi le numéro 1 des RG et de la DST, en montrant qu’on connaît sa résidence dans le Sud, a valu une garde à vue à l’auteur de la photo et à deux couples qui l’ont diffusée par mail. Motif : «menace de commettre un délit ou un crime».

Les policiers marseillais sont venus cueillir lundi à Forcalquier François Bouchardeau, éditeur et fils d’Huguette, l’ancienne ministre de Mitterrand, et son épouse Johanna, ainsi que Samuel Autexier, qui édite la revue littéraire Marginales, et sa sœur Héléna. Puis Bruno Chiambretto, auteur de la photo, les a rejoints. Ils sont sortis libres mardi et mercredi. Le parquet de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), qui conduit l’enquête préliminaire, n’a pas décidé s’il y aura des poursuites.

Musclée. Par la voix de leur avocat, Me Olivier Lantelme, les interpellés se sont dits «abasourdis par le traitement qu’on [leur] a réservé, consternés par la méthode musclée employée, alors qu’il suffisait de [les] convoquer pour qu’[ils] viennent gentiment s’expliquer». Membres de ce comité de soutien à Coupat prônant «le sabotage de l’antiterrorisme», ils ont reconnu, pour l’un, avoir pris la photo et pour les autres, l’avoir diffusée, mais «sans possibilité d’identifier le lieu, ni mention de l’adresse». «En quoi cette photo, qui se veut ironique et n’a jamais été distribuée sur la voie publique, constituerait une menace ?» demande Me Lantelme, précisant que ses clients sont «non violents».

Mais Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (DCRI), a porté plainte. Et pour le parquet, «il faut bien que quelqu’un ait eu connaissance de l’adresse pour faire la photo ; et la diffuser, c’est diffuser le fait que l’adresse est connue». Donc, éventuellement, créer une menace ? «Il n’y a matière à aucune poursuite» , rétorque Me Lantelme.

Les cinq interpellés estiment être victimes de la même «disproportion de traitement» qui frappe à leurs yeux l’homme de Tarnac, et qu’ils dénoncent. «Veut-on étouffer le soutien à Julien Coupat ? Eux le vivent comme ça», dit leur avocat.

Les trois arrestations de Rouen ont aussi eu lieu lundi. Mathieu, mis en examen dans l’affaire, vit avec l’une des personnes arrêtées cette semaine. «Ils sont arrivés à 6 heures avec un bélier mais n’ont pas eu à s’en servir : la porte était ouverte. Ils ont mis sur le ventre la personne qu’ils cherchaient, l’ont menottée. On a été placés dans une pièce, au rez-de-chaussée.» Pendant ce temps-là, les enquêteurs perquisitionnent rapidement la maison.

La suite se passe à Levallois-Perret, dans les locaux de la sous-direction antiterroriste. Selon les enquêteurs, les trois étudiants (deux hommes et une femme) seraient des proches de Coupat. Ils se seraient rendus à Thessalonique, en Grèce, en septembre 2008, pour la Foire internationale. Julien Coupat s’y serait trouvé et aurait pu entrer en contact avec des autonomes allemands.

«Incessants». Au terme des soixante-douze heures légales, l’avocate Dominique Vallès se rend en banlieue parisienne pour voir les jeunes qui ont été séparés : deux sont à Nanterre, le troisième à Levallois. Selon l’avocate, les interrogatoires «incessants» auraient porté sur leurs opinions politiques, leur manière de vivre. «U ne jeune femme était dans une cellule avec une lumière blanche éblouissante.» Pour l’avocate, «il suffisait de les convoquer. Les gens ont des droits, aussi.» Ils ont été relâchés jeudi après-midi sans avoir été mis en examen. A Rouen, Mathieu s’interroge : «Leurs noms apparaissent dans la procédure comme une centaine d’autres. Est-ce que ça veut dire que tout le monde va être placé en garde à vue ?» Une amie des cinq de Forcalquier s’inquiète : «Bientôt, il faudra faire un comité de soutien au comité de soutien.»

http://www.liberation.fr/societe/010156 ... -inquietes
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 24 Mai 2009, 21:34

De : Comité de sabotage de l'antiterrorisme (Denis et Béatrice, arf! et ourf!)
>Objet : apéro lundi matin
>
>demain lundi, apéro à Forcalquier place du Palais à midi. Ci-
> joint le tract qui sera distribué sur le marché. Si vous voulez
>participer à la distribution, vous êtes bienvenu(e)s! Et si vous
> voulez prendre un verre, grignoter, aussi! Encore mieux si vous
> apportez qq chose à boire ou à manger.
> à demain.
> f.
> Comité de sabotage de l'antiterrorisme
> csa.forcalquier@gmail.com
http://www.soutien11novembre.org


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toujours Debout !
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Olé » 24 Mai 2009, 21:42

Je trouve l'affiche avec les écoliers bien faite et sympa.

Par contre je me demande si ce genre de tract pour le jour même à midi ça va marcher car les gens ont déjà souvent prévu ou ils allaient manger...
en tout cas bravo pour le taf.
Olé
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 24 Mai 2009, 21:50

Oui mais pour le coup, si tu savais ce que réprésente un marché en Haute-Provence, c'est un moyen de com. fantastique,
car les gens arrivent souvent assez tôt (il a fait 33 °C aujourd'hui) d'ailleurs, je suis encore à poil, enfin presque !

et ce n'est que pour l'appéro, après ils vont manger où ils veulent (arf!)

Salutations Anarchistes à toi Léo !
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 24 Mai 2009, 21:55

Car en fait le tract, et les copains pour sa distribution seront là dés 9h00 du matin !

Notamment Nicolas qui a fait l'émission sur Zinzine samedi soir (hier) que willio a écoutée (arf!)
CARNUS
 

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