Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 06 Mai 2009, 12:09

Sept étudiants jugés pour une manifestation pro-Julien Coupat
LE MONDE | 07.05.09 | 14h28 • Mis à jour le 07.05.09 | 14h28

Sept étudiants présentés comme membres du "mouvement autonome" ont été jugés, mercredi 6 mai, à Paris pour "refus de dispersion" et "participation à une manifestation non autorisée", le 24 janvier, en faveur de Julien Coupat, incarcéré depuis novembre 2008, dans l'affaire des sabotages à la SNCF. "Il y avait des cagoules ? Des vociférations ?", a interrogé la procureure, qui a requis "une peine qui ne dépassera pas le sursis". Les prévenus se sont décrits comme des témoins. Irène Terrel, leur avocate - et celle de Julien Coupat - a dénoncé une "incrimination qu'on n'utilise qu'en des temps troublés". "Un sursis pour se promener dans la rue, c'est énorme, a-t-elle ajouté. Ils ne sont accusés ni de violence, ni d'outrage ou de rébellion, de rien." Décision le 10 juin.

Isabelle Mandraud Article paru dans l'édition du 08.05.09


En garde à vue pour avoir reçu un SMS: "C'est un agent SNCF qui a donné l'alerte" le 05/05/2009

Info Le Post. Le procureur d'Abbeville dit que "Bouygues Télécom n'a dénoncé personne" et qu'il n'a "pas été influencé par l'affaire Coupat." SMS (photo
d'illustration).

Il ne regrette rien.

"Il fallait bien vérifier si c'était une blague idiote ou s'il y avait un projet d'acte pouvant engendrer de graves conséquences, voire des morts" nous dit le procureur d'Abbeville Eric Fouard ce mardi matin.

Le 16 avril, un menuisier abbevillois de 29 ans est placé en garde à vue au commissariat d'Abbeville pour "non-dénonciation de crime."

Pourquoi ?

Car il a reçu le SMS suivant d'un de ses collègues de travail: "Pour faire dérailler un train, t'as une solution?"

"Celui qui l'a envoyé nous a dit qu'il voulait 'juste déconner'" nous dit le procureur.

Bilan: "Après vérifications, j'ai finalement classé sans suite" nous précise-t-il.

"Mais Bouygues Télécom (qui a ouvert une enquête interne lundi, ndlr) n'a dénoncé personne" tient-il à nous préciser.

Sur Le Post, le procureur d'Abbeville Eric Fouard nous explique "toute l'affaire" :

Comment cette histoire à commencé ?

"Le 16 avril, un agent de surveillance de la SNCF d'Abbeville, dont le téléphone est en réparation, en récupère un autre, de prêt, à la boutique Bouygues Télécom d'Abbeville. C'est lui qui a donné l'alerte."

Quand prend-il connaissance du SMS ?

"Aussitôt. Vers 14h, il met sa puce dans le téléphone, allume l'appareil, et découvre le message suivant, en date du 29 mars, sur la mémoire du téléphone :
'Pour faire dérailler un train, t'as une solution?'."

Comment réagit-il ?

"Il se demande dans un premier temps si c'est du lard ou du cochon, puis appelle son chef, qui lui ordonne d'aller en parler à la police. Ce qu'il fait sur le champ. A 15h10, l'agent SNCF est au commissariat d'Abbeville."

Est-ce normal que son chef lui ait ordonné ?

"Oui, ce n'est pas critiquable, dans la mesure où tout citoyen qui a connaissance d'un crime potentiel pouvant être évité a le devoir de le signaler."

Comment l'agent SNCF a-t-il été reçu par la police ?

"Ils l'ont pris au sérieux. Ils ont demandé à Bouygues Télécom l'identité du client qui était en possession de l'appareil au moment de la réception du SMS.
Sur réquisition judiciaire, donc en toute légalité. Ce que l'opérateur a fait.
Et a bien fait."

C'est là que le menuisier a été mis en garde à vue ?

"Oui. Selon Bouygues, à la réception de ce message, c'était ce menuisier qui était en possession de l'appareil. La police le contacte. Et à 17h15 le même jour, il est placé en garde à vue à Abbeville."

Pourquoi le menuisier a-t-il été placé en garde à vue ?

"Car seul le placement en garde à vue me permet de réaliser sereinement et correctement les vérifications que j'estimais nécessaires."

Quelles vérifications ?

"Je devais localiser la personne qui avait envoyé ce message, voir s'il y avait eu d'autres envois de SMS similaires, perquisitionner les logements du
menuisier et de son collègue qui lui avait envoyé le message, connaître l'environnement de ces deux personnes dont je n'avais jamais entendu parler,..."

Avant de placer son collègue en garde à vue aussi ?

"Oui. Le même jour, le 16 avril, à 17h25."

Qui est ce collègue de travail ?

"Un collègue de travail du menuisier, intérimaire semble-t-il. Ils font quelquefois les trajets ensemble pour aller travailler, mais ne sont pas des amis proches. Ce collègue lui fait souvent des blagues par SMS. Le menuisier s'en agace d'ailleurs parfois, car ça lui arrive de recevoir des messages dans la nuit."

Comment le collègue a-t-il expliqué l'envoi de ce SMS ?

"Il a d'abord dit qu'il 'ne s'en souvenait pas'. Puis qu'il ne voulait 'pas assumer des conneries pareilles.' Et aussi qu'il lui 'arrivait d'envoyer des conneries comme ça'. Et enfin qu'il voulait 'juste déconner.' Il semble aussi que ce SMS, envoyé tard dans la soirée, à 22h44, l'ait été dans un contexte alcoolisé..."

Et vous avez finalement relâché les deux collègues...

"Oui. Le lendemain, dans l'après-midi, quand nous avons été certains qu'il s'agissait vraiment d'une plaisanterie."

Avez-vous été influencé par l'affaire Coupat ?

"Aucunement. Si ça avait été le cas, j'aurais aussitôt saisi le parquet de Paris et la section antiterroriste. J'avais en revanche en tête des actes de dégradation sur des voies SNCF qui avaient été susceptibles de causer des incidents graves. On a eu des cas de dégradations de ce type, des obstacles posés sur les voies susceptibles de faire dérailler des trains. Rien à voir avec Coupat. Après, il n'est pas impossible que, vu sa profession, l'agent de surveillance SNCF qui a découvert le message y ait été davantage sensibilisé."

Pourquoi Bouygues Télécom a ouvert une enquête interne ?

"Je n'en connais pas les raisons précises. Les employés de l'opérateur n'ont pas le droit de consulter les SMS. Mais, s'ils tombent sur un message constituant une infraction pénale, ils se doivent de le dénoncer. Peut-être veulent-ils vérifier si un de leurs employés lit les messages ?"

Les placements en garde à vue étaient donc justifiés ?

"Tout à fait. Et j'ai tout vérifié: il n'y a eu aucun vice de procédure. Après, j'ai tout à fait conscience qu'un placement en garde à vue n'a rien d'agréable, qu'il peut être douloureux et difficile. Et on peut penser ce qu'on veut de ce choix de placement, je l'assume."

Contactée par Le Post, la SNCF dit que "l'agent SNCF a été très surpris de découvrir le message et que, compte tenu du contexte actuel et de l'affaire Tarnac, son chef, à qui ila demandé conseil, a préféré être prudent."

Contacté par Le Post, Bouygues Télécom, qui "préfère ne pas communiquer", confirme l'ouverture d'une enquête interne lundi.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Johan » 09 Mai 2009, 14:07

Bruxelles: Rassemblement pour ceux de Tarnac
Ce vendredi midi, une soixantaine de personnes ont participé au rassemblement de solidarité avec ceux de Tarnac. Repas, concert, chansons, distributions de textes politiques et poétiques étaient au programme devant la librairie L'imaginaire, place du jeu de Balle. Tous les revenus allant dans la caisse "Tarnac" de la journée.
Image
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 10 Mai 2009, 22:47

Libérez Coupat (Sud Educ).pdf
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 11 Mai 2009, 04:51

Le 2 avril 2009, les avocats des 9 personnes mises en examen dans l'affaire de Tarnac tiennent une conférence de presse au siège de la sobre Ligue des Droits de l'Homme.
La conférence de presse est découpée en 4 parties.
Il est rappelé dès le début que c'est depuis 1986 que l'Etat a mis en place une procédure spéciale et d'exception (jamais remise en cause depuis 23 ans) pour juger les personnes accusées ou soupçonnées de faits de terrorisme.
On notera les questions à charge des journaflics dans la 4e partie ...




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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Dorhinel » 11 Mai 2009, 14:37

Vous avez chez vous un exemplaire de "L'insurrection qui vient" ? Vous ne supportez pas que des innocents puissent être emprisonnés sans procès, que ce soit dans une dictature africaine ou une démocrature française ? PIRE, vous soutenez ces innocents ?

N'attendez plus, prévenez la police, ça leur évitera de vous surveiller :
Journaliste interpellée
lundi 11 mai 2009 (12h55)

Les policiers ont fait Bingo ! comme s’ils avaient découvert une cache d’armes

LE MONDE | 11.05.09 | 10h32 • Mis à jour le 11.05.09 | 10h58

Tessa Polak a "la rage". Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd’hui une "manœuvre d’intimidation".

Membre active d’un comité de soutien aux neuf personnes mises en examen dans l’affaire des sabotages de voies SNCF, elle en connaît quelques-unes, en a croisé d’autres à Tarnac, en Corrèze, où elle s’est déjà rendue. Mais elle ne s’attendait pas, six mois après l’arrestation des neuf le 11 novembre 2008, a être, à son tour, interpellée de la sorte dans la rue. Depuis lors, elle collecte les témoignages.

Ce 28 avril, en début d’après-midi, Tessa Polak circule en voiture dans le 20e arrondissement à Paris avec Benjamin Rosoux, l’un des mis en examen de Tarnac, à ses côtés. "A l’angle de la rue des Pyrénées et de la rue Jourdain, alors que je ralentissais, une nuée de types a surgi, dit-elle. Ma vitre était ouverte, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe tandis que deux autres me braquaient de face. J’ai cru à un car-jacking." Il s’agit en fait de policiers en civil. Eberluée, elle ne se souvient que de ces mots : "Terroriste ! Terroriste !"

Menottée, elle est embarquée dans une autre voiture, tandis que Benjamin Rosoux est planté sur le trottoir, et emmenée à son propre domicile où a lieu une perquisition. Sur place, la police saisit ses ordinateurs et deux piles de L’insurrection qui vient. Ce livre collectif et anonyme, en vente libre, est perçu par la police, qui l’attribue à Julien Coupat, comme la doctrine du groupe. Il a été versé, dans son intégralité, au dossier d’instruction et vaudra d’ailleurs à son éditeur, Eric Hazan, d’être entendu le 9 avril par la police antiterroriste.

Lire la suite : http://www.lelotenaction.org/rubrique,j ... 96485.html


Bellaciao pour le texte (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article85573), le Monde pour l'article plus fourni (http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/11/les-policiers-ont-fait-bingo-comme-s-ils-avaient-decouvert-une-cache-d-armes_1191399_3224.html#xtor=RSS-3208)

Liberté ? Opinion ? Vous avez vérifié, c'est toujours dans le dictionnaire, ou... ?
Dorhinel
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 11 Mai 2009, 18:17

C'est fait (depuis plusieurs mois déjà), la police municipale et la gendarmerie d'Oraison sont au courant et j'ai même essayé de refiler 'Linsurrection qui vient"
à un gendarme qui habite pas loin de chez moi, d'ailleurs ils ne passent plus devant chez nous avec leurs bagnoles, ils surveillent nos portables, lignes fixes et internet.

J'en profite pour resignaler (bien que ce soit déjà connu) qu'un portable, même étteint permet de retransmettre à la SDAT les conversations autour du gsm en question.
Si vous avez un portable, la seule façon de ne pas être "espionné", c'est de retirer la batterie, ou de ne pas en avoir (ourf!)

Béatrice avait même proposé aux comités de soutien d'aller déclarer par millers, toutes les armes dangereuses en notre possession dans toutes les gendarmeries de France;
horaire de chemin de fer, coupes-boulons, coupes-branches, fer à béton, j'en passe ....(arf!)

Salutations Anarchistes, Denis (ourf!)
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 12 Mai 2009, 00:14

De nouvelles manifestations et actions de soutien...

Manifestation à Limoges en soutien aux neuf mis en examen ce lundi 11 Mai 2009

LIMOGES (AFP) — Environ 200 personnes ont manifesté lundi soir à Limoges en soutien à Julien Coupat, incarcéré depuis six mois, et aux huit autres personnes mises en examen dans le cadre de l'enquête sur des sabotages de lignes TGV à l'automne 2008, a constaté un correspondant de l'AFP.

Parmi les manifestants, 10 à 20 personnes cagoulées ou le visage masqué ont incendié un véhicule ainsi que des poubelles et brisé deux vitrines. Certains manifestants entendaient aussi protester contre la volonté du gouvernement d'interdire le port des cagoules ou des capuches dans les manifestations.

Dans le défilé, très bruyant, qui a notamment fait halte devant le tribunal et la maison d'arrêt, protégée par un cordon de CRS, ont retenti les slogans "Libérez les inculpés" ou encore "Flics, porcs, assassins".

Une banderole proclamait également "Nous sommes tous des fers à béton", en allusion au procédé utilisé par les saboteurs pour couper l'alimentation électrique des caténaires.

"Le fait qu'il (Julien Coupat) soit incarcéré est le symptôme d'un monde qui se termine, d'un pouvoir qui se livre à une agression systématique", a jugé un manifestant, qui s'est présenté comme étant Cédric, 31 ans, habitant entre Limoges et Tarnac, le petit village de Corrèze où cinq des neufs personnes poursuivies dans ce dossier ont été interpellées le 11 novembre 2008.

"Il n'est pas scandaleux de dire que Julien Coupat est un prisonnier politique", a renchéri Michel Gillabert, membre de comité de soutien créé à Tarnac après les interpellations.

Neufs jeunes gens, âgés de 22 à 35 ans, ont été mis en examen en novembre dernier pour destruction et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste dans le cadre de cette enquête sur des dégradations de lignes TGV perpétrées à l'automne.

Présenté par les enquêteurs comme le dirigeant d'un groupe d'"ultragauche" responsable de ces sabotages, Julien Coupat, 35 ans, est le seul à demeurer incarcéré.


Ajout du 12 mai

Contrairement à ce qu'écrit la dépêche des journaflics de l'AFP, aucune bagnole n'a été indendiée...il s'agit de fumigènes à l'intérieur de la voiture.
Les 2 vitrines endommagées furent ciblées (crédit lyonnais et boutique SNCF).

Vidéo de France3

Modifié en dernier par georges le 12 Mai 2009, 20:08, modifié 2 fois.
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 12 Mai 2009, 00:15

Coupat, l'ultragauche et la politisation du renseignement
Par Antonin Grégoire | Universitaire | 11/05/2009 | 13H00
Image

Comment la menace terroriste a été créée de toutes pièces pour répondre aux impératifs politiques d'Alliot-Marie et des ex-RG.



Le but d'un service de renseignement est de détecter et d'avertir des menaces que le politique n'a ni le temps ni l'expertise de percevoir. Problème : si le politique est en pleine parano sur l'ultragauche et qu'on lui vend de l'islamiste, il n'en tient pas compte, réduit les budgets, et, le jour où se produit l'attentat qu'on lui avait prédit et qu'il n'a pas voulu entendre, il vire tout le monde pour donner un exemple en pâture à l'opinion publique. Ce phénomène s'appelle la politisation du renseignement.

Il y a deux écoles :
Ecole Kennan. Le renseignement doit être totalement séparé du politique. Les services choisissent eux-mêmes ce qui doit être surveillé et sont donc plus performant mais le politique les écoutera beaucoup moins.
Ecole Gates. Assumer à fond la politisation du renseignement : beaucoup plus de confiance, mais les services sont obligés de donner parfois corps aux paranos des politiques. C'est le cas de l'affaire Coupat.

La ministre de l'Intérieur a fait une analyse toute seule ! Sa finesse politique lui a montré que le PCF perdait des électeurs et elle en a donc déduit que l'extrême-gauche allait mathématiquement se renforcer. Analyse auto-confirmée en voyant les manifestations anti-CPE au 20 heures de TF1. La ministre évoque alors une « radicalisation ressentie » ça ne s'invente pas.
Un fond de commerce des RG

La ministre fut un peu aidée dans son ressenti, il est vrai, par les RG dont la mouvance anarcho-autonome est le fond de commerce et qui vont bientôt disparaître, avalés par la DST dans la nouvelle DCRI. La menace ultragauche est donc leur seul moyen de survie dans la nouvelle organisation, et pour la ministre, un gros dossier terroriste lui permettant d'exister politiquement. Pourquoi terroriste ? Parce que c'est bien plus prestigieux politiquement que les chiens dangereux.

Durant l'été 2007, la ministre fait donc inscrire l'ultragauche à coté des autres menaces terroristes (islamistes, Corse, ETA…). Et c'est ainsi que la sous-direction antiterroriste de la nouvelle DCRI se voit chargée de la mission ultragauche.
« L'insurrection qui vient » distribuée à la PJ

Et qu'est-ce qu'on a sur l'ultragauche ? Pas grand-chose… Alain Bauer, le criminologue multi emploi de la ministre, pianote un beau matin sur amazon.com et découvre l'existence d'un livre qui fait peur : « L'insurrection qui vient ». Ni une ni deux, il en commande 40 exemplaires et c'est l'ensemble des pontes de la PJ qui se retrouvent avec le livre sur leurs tables de nuit.

On en vient logiquement à chercher l'auteur… et puis on a déjà une fiche sur Coupat mise à jour la dernière fois que les services US ont transmis une info sur lui. Ils font très peur ces gens. Ils n'utilisent pas de téléphone portable, se méfient du fichage et de la police : ils préparent donc un mauvais coup. Historiquement, les ministères de l'Intérieur ont toujours été aussi paranos sur les anarchistes que les anarchistes l'ont été sur les ministères de l'Intérieur.

Juin 2008, soit un an plus tard, MAM recevra un rapport de 41 page : « Du conflit anti-CPE à la constitution d'un réseau préterroriste international : regards sur l'ultragauche française et européenne ». Cas d'école de politisation : le « regard » commence exactement au CPE, là où s'était arrêté la brillante analyse de la ministre. Et puisque tout le monde a lu et relu le livre présumé de Coupat, le rapport taille une large place au groupe de Tarnac.

Pourquoi ces références quasi constantes du ministère à la RAF, à Action Directe voire à 1917 ? Car il n'y a qu'en replaçant systématiquement l'ultragauche actuelle comme étant aux prémisses d'une nouvelle mouvance terroriste que l'on peut justifier de maintenir cette menace dans la sous-direction antiterroriste de la DCRI.

Et les RG ont tellement bien convaincu la ministre que celle-ci saute sur le dossier des sabotages SNCF et envoie tout ce qu'elle a, caméras embarquées dans le grand style Sarko, arrêter ce groupe « préterroriste ».
La ministre n'a aucune notion d'antiterrorisme

En fait, il est vital que l'arrestation de Coupat suive le même chemin que n'importe quel dossier terroriste. Si Coupat n'était pas présenté au juge antiterroriste, gardé à vue 96 heures, mis sur écoutes etc., les ex-RG reviendraient aussi sec aux chiens écrasés dans le prochain budget.

Peu leur importe l'issue de la procédure en vérité, tant que le dossier suit administrativement la voie antiterroriste. La ministre, elle, est obligée de soutenir ses alliés ex-RG, en réalité son seul pied dans la nouvelle DCRI toute entière dirigée par Bernard Squarcini, sarkozyste pur jus qui envoie tous les dossiers importants au vrai patron.

Mais la ministre n'a aucune notion d'antiterrorisme. On ne fait pas de com » sur le terrorisme anarchiste car tous les groupuscules d'extrême gauche d'Europe vont se mobiliser pour « libérer nos camarades » avec plein de bonnes idées d'action fournies par la médiatisation de l'affaire et les références constantes au terrorisme. Autre problème de taille : ce qui se fantasme sur l'ultragauche ne se surveille plus sur les menaces réelles.

Non contente d'augmenter le risque terroriste en détournant les services, la ministre en crée un autre qui n'existait pas à l'origine. C'est la sécurité à la Sarkozy dirons-nous. Le conseil du jour : faites attention à vous. Pas parce que Sarkozy le dit mais précisément parce qu'il ne le fait pas.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede PoussiereDesToiles » 12 Mai 2009, 00:53

ce que je retiens des video: la lettre de cachet ( ref: monarchie, envoyer quelqu'un en prison sur ordre du roi ) a été émise par le FBI, parce qu'ils ont franchi la frontière canadienne à pied.
PoussiereDesToiles
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Alayn » 12 Mai 2009, 01:41

CARNUS a écrit:C'est fait (depuis plusieurs mois déjà), la police municipale et la gendarmerie d'Oraison sont au courant et j'ai même essayé de refiler 'Linsurrection qui vient"
à un gendarme qui habite pas loin de chez moi, d'ailleurs ils ne passent plus devant chez nous avec leurs bagnoles, ils surveillent nos portables, lignes fixes et internet.

J'en profite pour resignaler (bien que ce soit déjà connu) qu'un portable, même étteint permet de retransmettre à la SDAT les conversations autour du gsm en question.
Si vous avez un portable, la seule façon de ne pas être "espionné", c'est de retirer la batterie, ou de ne pas en avoir (ourf!)

Béatrice avait même proposé aux comités de soutien d'aller déclarer par millers, toutes les armes dangereuses en notre possession dans toutes les gendarmeries de France;
horaire de chemin de fer, coupes-boulons, coupes-branches, fer à béton, j'en passe ....(arf!)

Salutations Anarchistes, Denis (ourf!)


Bonsoir ! Le jour où l'on ne postera plus ici Denis, çà voudra dire que... (arf and ourf !)
L'"avantage" que nous avons par rapport à tout çà, c'est je pense que nous agissons aussi à visage découvert et sans se cacher (et çà, ça a du poids !)

Sinon, voui, à Limoges, çà a un peu chauffé mais les merdias exagèrent toujours un peu (l'encagoulé et le casseur fait sensation et fait vendre actuellement ; c'est un bon bizness pour les journaleux(ses)...)

Pour les détails, je dirais rien ici ! (arf !) et j'ai pas de portable (ourf !)
Salutations Anarchistes !
(Bises à toi et à Béa ! Et 2009 sera révolutionnaire justement quand nous n'aurons plus peur d'étaler au grand jour nos idées ! Ce que nous faisons évidemment depuis belle lurette).

Pour info: un CD, vendu à prix libre (assez rare pour être souligné !), en soutien aux inculpé(e)s de Tarnac vient de sortir: + d'infos sur http://soutien11novembre.org ou sur "Forum Creusois" (topic "Tarnac: la vieille et droite manipulation").
Alayn
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede RickRoll » 12 Mai 2009, 11:13

CARNUS a écrit:J'en profite pour resignaler (bien que ce soit déjà connu) qu'un portable, même étteint permet de retransmettre à la SDAT les conversations autour du gsm en question.
Si vous avez un portable, la seule façon de ne pas être "espionné", c'est de retirer la batterie, ou de ne pas en avoir (ourf!)

En fait non, un portable éteint ne peut pas retransmettre de signal. Allumé oui, et encore, car la batterie se vide plus rapidement donc la personne peut le remarquer.
RickRoll
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 12 Mai 2009, 16:20

Dorhinell a écrit:Tessa Polak a "la rage". Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd’hui une "manœuvre d’intimidation".


Témoignage de Tessa :

georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 12 Mai 2009, 17:29

PENSER TARNAC ET LA RECESSION QUI VIENT…
Ce texte paru le 29 Avril 09 est écrit par le syndicat de policiers Sud Intérieur
Solidaires Unitaires Démocratiques Intérieur


Mardi 11 novembre 2008, Opération Taïga sur le plateau de Millevaches : une Indicible Armada constituée de plus de cent policiers levalloisiens de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) et de la Sous Direction anti-terroriste de la PJ (SDAT), d’unités de gendarmerie ainsi que de renforts locaux investissait, appuyée par un impressionnant appareillage logistique (hélicoptère, moyens techniques, dizaines de journalistes bien matutinaux… ), la ferme Le Goutailloux à Tarnac.

C’est bientôt sur un mode aussi épique qu’ébaubi que les médias relateront à la France subjuguée une équipée ayant mené à l’interpellation de 20 personnes en Corrèze, Lorraine et Haute-Normandie et lui apprendront - sur la base d’informations provenant des milieux de l’enquête - que ce groupe anarcho-autonome (sic !) possiblement responsable des récents sabotages du réseau ferroviaire ne sévirait plus.

Cadrant, le jour même, le flux médiatique, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, se félicitait du succès de la belle entreprise et soulignait, au mépris de la présomption d’innocence, la dangerosité d’une telle mouvance extrémiste (le lendemain à l’Assemblée Nationale, elle déclarait (…) ces individus se caractérisent par le rejet de toute expression démocratique et par l’appel à des mouvements violents...).

Dès le 12 novembre et sans autre forme d’investigation, le quotidien Libération chevauchait gaillardement ce palefroi et tonitruait : Sabotage du réseau TGV, l’ultra gauche déraille… D’autres canards tout aussi risibles narreront la geste d’« anarchistes » si paradoxaux et tant subversifs qu’au rebours de leur idéologie, des épiciers libertaires se seront - ô suprême pied de nez ! - choisi un leader (et pourquoi pas un duce, un conducator, un gourou babouviste ou un dieu bloomsburien ?).

Au terme des 96 heures de garde à vue, le juge Fragnoli mettait en examen neuf des interpellés et maintenait en réclusion cinq d’entre eux. Conférençant ensuite devant la presse, le procureur Marin précisait: Il y a une sorte de noyau dur composé de 5 personnes (…) qui va se voir reprocher, pour l’un d’entre eux (sic) d’être le dirigeant d’une structure à vocation terroriste. (…) Cette structure (bis) appelée la Cellule Invisible avait pour objet la Lutte Armée (…). Il n’est pas exclu que ce groupe ait envisagé des actions plus violentes et notamment contre des personnes.

Ce réquisitoire qu’aurait tant apprécié Flaubert, démontrait qu’à défaut d’éléments probants indéniablement tangibles, l’accusation devait recourir à l’opus post situationniste L’insurrection qui vient – classique texte de déconstruction politique, mi poétique – mi prospectif, signé d’un Comité invisible mais attribué à Julien Coupat (le supposé leader) –, très légalement déposé par l’éditeur, pour habiller l’affaire.

Alors que plus de 5 mois après les faits, seul Julien Coupat demeure, malgré l’avis premier du Juge des Libertés et de la Détention, incarcéré, le Comité de soutien, un panel varié d’organisations politiques, associatives et syndicales, ainsi que des parlementaires (Verts, PCF, PS …) persistent à s’étonner de l’exceptionnalité, du caractère hétérodoxe voire potentiellement liberticide de cette architecture.

De fait, selon la Défense, il n’apparaît nullement, qu’une procédure initiée en préliminaire dès avril 2008 et ayant donné lieu à des dizaines d’heures d’écoutes téléphoniques, de filatures et d’investigations diverses ait aucunement corroboré le schéma prescrit ; à savoir : l’existence à Tarnac d’un noyau nihiliste et violent en relation tant dans l’Hexagone qu’à l’Etranger avec des groupes à vocation terroriste.

Se caparaçonnant irrémédiablement tel Gregor Samsa muté en insecte, l'expressionnisme ambigu de la Chose prit une teneur nouvelle à l’audition par la SDAT d’Eric Hazan, gérant de la Fabrique, éditeur de L’insurrection qui vient. Cette mesure semblait emblématique d’un fourre-tout bordélique où l’incrimination retenue «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» est prioritairement étayée par les idées, les écrits présumés et/ou l’activité militante légale des concernés.

Au-delà de la remise en liberté immédiate de Julien Coupat, Sud Intérieur exige l’abrogation des lois sécuritaires votées depuis 15 ans, la suppression des juridictions d’exception et la fin de la criminalisation du mouvement social.

Mais qui poursuivra les responsables avérés de la Récession qui vient ?

Visiblement ni l’Exécutif, ni le Parlement, ni la Justice !

Ses accoucheurs néo-libéraux auront pourtant généré infiniment plus de destructions que tous les Comités invisibles…
Nico37
 
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 12 Mai 2009, 17:45

Merci Georges, et je venais tout juste de recevoir le lien sur médiapart de la part des comités de soutien (pour Tessa)

à Rick-Roll : je travaille dans l'électronique depuis plus de trente ans, et toi, visiblement tu es encore à l'Age de bronze (arf!)

Il existe depuis un peu plus d'un an des logiciels qui permettent de placer le portable en émission, comme un micro espion, même quand il est "étteint"

étteint ça veux dire quoi ? ça veut dire que les fonctions qui gèrent l'écran et le clavier sont en veille, et d'ailleurs, comment ralumerais-tu ton gsm
en appuyant sur la touche qui va bien pendant plus de 3 à 4 secondes (selon les marques), espèce de sot !

le seul élément où tu as raion, c'est que effectivement ta batterie va se décharger plus rapidement, mais là encore c'est pas très facile à gérer, car maintenant
les nouveaux logiciels adaptent la puissance d'émission en fonction de la distance à l'antenne relais la plus proche (et c'est comme ceci, que par triangulation,
ils peuvent savoir où tu es, d'ailleurs), et donc si tu es surveillé, ils vont coller une chignole banalisée à quelques centaines de mètre de là où tu te trouves
permettant à ton portable d'émettre avec quelques dizaines de mW pendant plusieurs heures, sans que tu t'en rendes compte.

Et MERRRRDE, sur france-info, me dit Béatrice à l'instant (aux infos de 17h00) la demande de remise en liberté de Julien Coupat a été de nouveau rejeté !

Amitiés Anarchiste à mon compagnon Alayn, qui se bat depuis le début, et à toutes et à tous, Denis (ourf!)
CARNUS
 

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