Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 22 Avr 2009, 11:33

Même le journal le monde s'interroge, après l'interrogatoire suréaliste d'Éric Hazan éditeur du livre "l'insurrection qui vient" ;
À lire sur le site du journal -> De l'affaire Coupat à l'affaire Hazan ?
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede poolpikan » 25 Avr 2009, 15:58

Le problème n'est pas gauche-droite. Il est haut-bas.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 25 Avr 2009, 19:37

La dernière des comités de soutien :

Communiqué commun des comités de soutien aux personnes inculpées le 11novembre. 25 avril 2009.
C'est raté. Nous n'avons pas eu peur des terroristes arachno-autonomes tissantdes réseaux internationaux. Cette irruption si brutale, si grossière de la policepolitique nous a poussé à mettre des mots sur nos amertumes, à sortir de nosisolements. Dès le lendemain des arrestations, les comités de soutien ont fleuri comme des crocus après le dégel. Sans concertation ni mot d'ordre, la contagion aopéré : concerts, débats, rencontres, soirées... partout, le soutien a réuni desdizaines, des centaines de personnes.
C'est raté. C'était trop gros, peut-être. Personne n'a voulu croire que celles et ceuxqu'on accusait d'avoir débranché des TGV étaient des brutes sanguinaires quifomentaient de terribles attentats. L'affaire de Tarnac a été un déclic. Parce quenous avions oublié qu'on traitait ainsi les ennemi-e-s politiques, oublié quequelques intentions radicales pouvaient mener si officiellement dans vos geôles. Nous ne savions pas non plus que ce qui représente à vos yeux un si granddanger était isolable dans une fantasmatique mouvance. Nous avons senti,différement, de maints endroits, épidermiquement, que quelque chose clochait. Etsi ces arrestations mettent à jour une volonté de terroriser, elle ne vient pas despersonnes inculpées.
Il y a une étrange résonnance, partout où nous évoquons l'affaire qui ici nousoccupe. Et nous sentons bien que le soutien, au moins autant que dans le nombredes signataires d'une pétition, est dans le regard amusé de la passante quiobserve une altercation entre des policiers et un groupe de jeunes en souhaitantsecrètement que ces derniers l'emportent, qu'il est dans l'œil espiègle de celui quiconsulte au bureau un pamphlet antisocial caché dans un manuel demanagement, dans le geste discret de l'administratif dissimulant les pièces quijustifieraient une reconduite à la frontière, dans la détermination de celles et ceux qui séquestrent leurs patrons, qui pratiquent les réquisitions de biens, ou dans latension qui monte désormais systématiquement à chaque fin de cortège.
L'« affaire de Tarnac » est un prisme efficace pour lire l'époque et les luttes qui la traversent. On reconsidère avec moins d'indifférence les arrestations – plusdiscrètes – qui avaient précédé. On voit plus clairement à quoi servent les loisantiterroristes. Et à quoi sert le fichage, et ce qu'il en coûte de vouloir s'y soustraire, et ce qu'il en coûte d'accepter de s'y soumettre.
Ce qui était diffus, dans l'air, s'est cristallisé là de telle manière qu'il est devenu trèsdifficile de ne pas prendre parti. On saisit mieux la nécessité pour un gouvernement, dans une époque si explosive, d'inventer la figure d'un ennemi intérieur. Et l'on devine en filigrane le cauchemar inavoué d'un système qui perd pied : celui dans lequel les citoyens et citoyennes d'hier arrêtent de jouer le jeu, sedéfient de l'ordre établi, et s'organisent en conséquence. Il y a finalement bien des légendes auxquelles, en chemin, nous avons cessé de croire.
Comment, dès lors, ne pas se sentir proche d'insoumis-e-s qui ont pris au sérieuxla nécessité de s'organiser collectivement ? Comment, dans cette époque où cequi se partage le mieux est l'amertume et le sentiment de passer à côté de sa vie, ne pas ressentir une complicité avec celles et ceux qui ont cherché à s'extraire dela tristesse ambiante, et à lutter contre ses causes ? Comment ne pas percevoirdans leur défiance l'écho de celle que nous éprouvons tous ?
Sans les arrestations du 11 novembre, L'Insurrection qui vient n'aurait peut-êtrejamais été aussi lu – en tous cas, pas collectivement, et sans doute pas dans uneperspective si évidemment pratique ; comme n'auraient peut-être jamais eu lieutoutes ces discussions, toutes ces actions, toutes ces rencontres. Nous éprouvonsla force et la joie qu'il y a à mettre en commun nos doutes et nos colères, et nousvoyons des « bandes » se former que vos récentes lois n'arriveront pas àdissoudre. Nous voyons combien les arrestations qui, pour des motifs plus oumoins oiseux, se succèdent, relèvent du réflexe panique d'un pouvoir affolé. Aussi, elles ne nous dissuadent plus de grand chose.
D'autres personnes sont encore en prison pour des motifs similaires à ceux « deTarnac ». Certain-e-s y retournent, pour n'avoir pas scrupuleusement respectél'interdiction qui leur était faite de se voir. Les contrôles judiciaires, la dispersionforcée de toutes les amitiés qui s'organisent, se multiplient. Vos prisons, et toutescelles que vous pourriez construire, ne suffiront jamais à enfermer tout ce qui sort de vos normes. Et où que nous soyons, les solidarités se tissent.
Dans cette période de crise et de troubles, nous ne sommes qu'une voix dans leconcert de celles et ceux qui ne s'accomoderont plus de rabibochages. Dans despans entiers du territoire, dans des pans entiers du peuple, l'adhésion au systèmeest en miettes. La désaffiliation devient un peu partout un chemin praticable. Et c'est tant mieux.
Rien ne nous console tant de ce que vous avez voulu infliger aux «neuf de Tarnac», que de voir surgir de toute part contre vous des menaces autrement plusnombreuses que ce que vous avez cru conjurer. Ce n'est plus del'incompréhension que nous ressentons, à retracer le fil de cette affaire. Mais comprendre les logiques à l'œuvre n'apaise pas. Cela aiguise seulement la colère.
Les inculpations doivent être levées, comme doivent être défaits les arsenaux antiterroristes, anti-bandes, anti-masques, anti-rassemblements, qui visent à brisertoute solidarité effective.
Durant tout le mois de mai, dans chaque ville où ils se trouvent, les comités desoutien multiplieront les initiatives ; le 8 mai, se tiendront des réunions publiquesafin que se pose partout la question de savoir ce que signifie réagir à hauteur de la situation qui nous est faite.
"Il n'y a pas neuf personnes à sauver, mais un ordre à faire tomber."

Denis, (ourf!)
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 25 Avr 2009, 19:44

Et le tract, que l'on va distribuer jusqu'à Marseille, (arf!)

http://orailec.free.fr/CSA/RECTO.pdf

http://orailec.free.fr/CSA/VERSO.pdf

Denis, pour le Comité de Sabotage de l'Anti-terrorisme de Forcalquier (04)
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 26 Avr 2009, 12:42

Et aussi le site : http://www.soutien11novembre.org/

et comme dans le ML :

Ecrire à

Julien Coupat
n° d'écrou 290 173
c/o Maison d'arrêt
42, rue de la Santé
75014 PARIS.

Evidemment, le courier est tout vert, pardon, ouvert, pas la peine donc, d'écrire des trucs compromettant ou même ne faisant qu'une petite allusion à l'affaire en cours.
(ces cons! , il vont le rajouter au dossier vide)

Je vois bien Connan, doué comme il est, écrire une belle lettre de remontage de moral chaleureuse et poilante. (arf!)
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede poolpikan » 28 Avr 2009, 17:52

AFP 28/04/2009 | Mise à jour : 17:26
Une femme de 36 ans a été interpellée ce matin à Paris par les policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) dans le cadre de l'enquête sur des sabotages de lignes TGV commis en novembre 2008, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 28 Avr 2009, 20:54

À force de chercher, ils ont finit par trouver.. des brouitilles, ne prouvant rien de plus que Julien Coupat est un terroriste dangereux et violent - Mais au moins, ça permet au journal de FOG d'annoncer un scoop ;

NOS RÉVÉLATIONS EXCLUSIVES - Nouveaux indices compromettants pour Julien Coupat

Les enquêteurs disposent de nouveaux éléments contre Julien Coupat, dans l'enquête sur les sabotages contre des voies ferrées de la SNCF. Le juge d'instruction Thierry Fragnoli a reçu récemment du Canada, où il avait lancé une commission rogatoire internationale, plusieurs indices qui confortent, selon les informations du Point, les soupçons contre le jeune activiste de l'ultragauche considéré comme le leader du groupe de Tarnac.
Dans un carnet de notes figure une liste manuscrite de fournitures susceptibles de constituer la panoplie du parfait saboteur : y apparaissent notamment les "tubes et ficelles" généralement utilisés pour poser des crochets métalliques sur les caténaires sans risquer l'électrocution. Plus explicite encore, la mention "gants spéciaux, 25.000 v" laisse nettement supposer que Julien Coupat se préparait à participer à une action contre des lignes électriques.

"Bonne chance pour leur projet"

Ce carnet a été retrouvé dans un sac oublié à bord d'une voiture que Coupat et ses compagnons avaient abandonnée au Canada pour entrer clandestinement aux États-Unis. Les militants de Tarnac avaient alors gagné New York et participé à plusieurs réunions avec d'autres groupes de la mouvance anarcho-autonome américaine.

Plusieurs documents retrouvés dans le même sac accréditent les contacts avec de tels groupes ; dans des échanges de messages entre eux, certains correspondants souhaitaient - en anglais, en allemand et en italien - à leurs camarades français "bonne chance pour (leur) projet". Un lot de photos d'identité de Julien Coupat se trouvait également dans le sac.

Attaque sans coupables identifiés

Les policiers recensent également la présence de documents dits "subversifs" et de photographies de Times Square, qui ont alimenté la thèse d'une participation des hommes de Tarnac à un attentat à la grenade commis le 6 mars 2008 dans ce quartier de New York contre un centre de recrutement de l'armée américaine. Les auteurs de cette attaque n'ont jamais été identifiés, mais il est apparu, depuis, que Julien Coupat était déjà rentré en France à la date des faits.

Actuellement exploités par la sous-direction de l'antiterrorisme (SDAT), ces indices devraient être présentés à Julien Coupat au cours de son prochain interrogatoire, prévu le 4 mai. Dans l'intervalle, son avocate, Me Irène Terrel, devrait déposer en son nom une quatrième demande de mise en liberté, ainsi qu'elle l'a annoncé dans Le Monde daté du 29 avril.
Dans l'édition du Point à paraître jeudi en kiosque, vous découvrirez d'autres révélations sur les militants alternatifs de Tarnac.

source : article paru dans le journal le point
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 28 Avr 2009, 21:53

Libérez Julien Coupat !, par Irène Terrel
LE MONDE | 28.04.09 | 13h06 • Mis à jour le 28.04.09 | 17h49

Tout ou presque a été dit sur le dossier, sur l'inconsistance des charges, sur la présomption de culpabilité dont bénéficient les détenus politiquement ciblés, sur les détentions provisoires qui trop souvent sont la règle, sur l'absurdité de l'épithète "terroriste" accolée à une dégradation purement matérielle, sur la toute-puissance du parquet, sur les dérives tentaculaires des lois antiterroristes, sur la criminalisation à découvert de l'édition, sur l'expansion à l'infini des répressions, ici les bandes, là, les cagoules, etc.


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Tous ou presque ont exprimé leur indignation, leur solidarité, leur intérêt, pas une émission politique, culturelle, branchée ou pas, du matin au soir, pas un blog, pas un journal qui n'y soit allé de son couplet pro-Tarnac. Sûrement, bientôt des livres dévoileront le mystère de la nuit des caténaires...

Et pourtant Julien Coupat est toujours détenu, sans même, au diable la jurisprudence européenne, avoir été autorisé à étudier son propre dossier... ! Cela fera bientôt six mois qu'il arpente les courettes de la Santé, les sous-sols du Palais de justice, les cabinets des juges, et qu'en rentrant le soir dans sa cellule, si petite qu'elle pourrait devenir invisible, il découvre sa photo de filature sur l'écran de la télévision...

Huit "terroristes" pourtant vite relâchés, abusivement dispersés depuis dans l'Hexagone et, lui seul, toujours détenu, mais pourquoi ?

Pour s'être tu pendant quatre-vingt-seize heures de garde à vue antiterroriste, pour avoir défié les convenances judiciaires, pour avoir protesté contre les fouilles à nu, pour avoir refusé les enquêtes de personnalité, pour avoir ri parfois du questionnement des juges, pour n'avoir pas livré ses goûts littéraires, ses penchants philosophiques, ses opinions politiques, pour avoir sillonné le monde sans téléphone portable et s'y être fait des amis dont il a tu les noms, pour avoir refusé tous les fichages, pour avoir pensé, écrit, manifesté, voyagé, pour n'être pas tombé dans le panneau des idéologies précuites, pour avoir dérangé l'ordre morose d'un temps qui parfois passe si lentement, bref pour avoir à sa façon "travaillé à l'établissement conscient et collectif d'une nouvelle civilisation" (Armand Gatti).

Déjà, souvenons-nous, le 19 décembre 2008, un juge des libertés et de la détention (depuis lors introuvable) avait ordonné sa libération, en estimant "que dans ce dossier, toutes les personnes mises en examen ont été placées sous contrôle judiciaire (...), que Julien Coupat a été interrogé (...), que la détention provisoire de l'intéressé n'apparaît pas aujourd'hui indispensable à la manifestation de la vérité (...), qu'il offre toutes garanties de représentation, qu'au surplus, il n'a jamais été condamné". C'était compter sans l'acharnement désespéré d'un parquet mis à mal.

Une nouvelle demande de mise en liberté a été déposée au nom de la simple application de la loi française : "La personne mise en examen, présumée innocente, reste libre" (article 137 du code de procédure pénale).

"Vous tiendrez votre liberté de ce que vous aurez libéré...", écrivait le poète Joë Bousquet. Que tous ceux qui se sentent concernés demandent avec nous la libération immédiate de Julien Coupat.
Irène Terrel est avocate.


Une femme de 36 ans a été interpellée par les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) dans le cadre de l'enquête sur des sabotages de lignes TGV commis en novembre 2008, selon des sources proches de l'enquête.

L'interpellation a eu lieu mardi matin dans le 20e arrondissement de Paris sur commission rogatoire du juge Thierry Fragnoli, qui instruit le dossier des sabotages de lignes SNCF commis à l'automne 2008. La personne a été placée en garde à vue dans les locaux de la SDAT à Levallois (Hauts-de-Seine), selon une de ces sources. Sa garde à vue peut durer jusqu'à quatre-vingt-seize heures s'agissant d'un dossier de terrorisme.


Elle aurait gravité autour d'une ferme de Tarnac (Corrèze) où vivait une partie des jeunes mis en examen dans ce dossier. Elle ne serait pas directement liée à Julien Coupat, présenté par les enquêteurs comme le cerveau du groupe soupçonné de sabotages et seul mis en examen toujours détenu dans ce dossier. Elle aurait plutôt été en relation régulière avec d'autres membres de ce groupe.

Neuf jeunes gens, âgés de 22 à 34 ans, avaient été mis en examen en novembre pour destructions et association de malfaiteurs, le tout en relation avec une entreprise terroriste. Ils sont soupçonnés d'appartenir à un groupe d'ultragauche à l'origine de dégradations contre des lignes TGV.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 30 Avr 2009, 16:22

Le petit Cirque Fragnoli cherche des figurants...
29 Avril 2009 Par Benjamin épicier-ter...

Hier, nouvel épisode dans "l'affaire de Tarnac".

Nous sommes en plein Belleville, il est trois heures de l'après midi, le temps est incertain mais le soleil pointe. Nous sommes à bord d'une auto, nous rentrons à la maison après une course sans importance. A l'angle de la rue Jourdain et de l'avenue des Pyrénées, une voiture pile devant nous, une bande de types patibulaires surgit de tous les côtés, armes au poing. La fenêtre est ouverte et je vois un gros calibre s'approcher tout contre mon visage, je crois à une sorte de car-jacking sur-armé.

"les mains sur le tableau de bord", "on ne bouge plus... "sors de là", "les mains sur la voiture"... palpations, menottes, la conductrice est enmenée aussi sec dans le véhicule de devant, un des sales types armés prend le volant de la voiture et part avec. On enlève les menottes du passager: "toi tu peux y aller c'est après elle qu'on en a, et ne viens pas nous faire chier chez elle". Je reste seul sur le trottoir, ayant juste eu le temps de reconnaître un des enquêteurs de la section anti-terroriste, que j'avais déjà eu le plaisir de rencontrer. "j'ai cru que des gens vous faisaient une blague", me dit une dame effarée. "Elle a fait quoi la fille, elle a tué quelqu'un?" me dit un jeune qui s'approche de moi.

Un peu plus tard reprenant mes esprits après cette scène de "deux flics a miami", je vois passer cette dépêche AFP:


"

Une interpellation dans l’enquête sur les dégradations contre les lignes TGV

Une femme de 36 ans a été interpellée mardi après-midi à Paris dans le cadre de l’enquête sur les dégradations commises contre la SNCF dans laquelle neuf personnes sont mises en examen et une, Julien Coupat, encore incarcérée, a-t-on appris mardi de source policière..."

...le tout sur réquisition du juge antiterroriste Thierry Fragnoli.




La personne interpellée, est une participante active et très visible du comité de soutien parisien aux "inculpés du 11 novembre", elle est connue de tous et n'a jamais été inquiétée jusque là dans l'instruction guignolesque entamée depuis le 15 novembre.

On pense à chaque fois que le comble du ridicule a été atteint et puis non, nouvelle pirouette, nouvelle arrestation grand spectacle (elles sont tellement courantes désormais dans les quartiers nord de Paris...), pour rien, sinon un coup de pression et un peu de poudre aux yeux. Le ridicule ne tue pas c'est vrai, mais monsieur Fragnoli qui s'est engouffré dans la supercherie qu'on lui offrait, semble prêt à en repousser encore les limites, au risque de rejoindre le banc déjà bien chargé de ceux qui seront bientôt offerts à la risée publique.

http://www.mediapart.fr/club/blog/benja ... -figurants
georges
 


Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 01 Mai 2009, 17:28

Ourf! ça y est Tessa (comité de soutien de Paris) a été libérée, après presque 72 heures de Garde à vue, voici le communiqué
des comités de Soutien :

Mardi, 14h, une camarade, membre très active d’un comité de soutien est arrêtée en pleine rue à Paris. Les policiers la braquent au volant de sa voiture, en expulsent la personne qui l’accompagne, avant de prendre la fuite avec notre camarade et son véhicule. Elle est conduite dans les locaux de la SDAT, sous régime antiterroriste (garde-à-vue de 96h, avocat à la 72e heure).

Il s’agit d’une grossière tentative d’intimidation envers ceux et celles qui s’organisent contre les mesures antiterroristes et pour soutenir les personnes emprisonnées, à Paris, et ailleurs. La police justifie cette arrestation parce que Tessa serait « proche du noyau dur » du groupe de Tarnac, et qu’elle aurait « gravité » autour de la ferme du Goutailloux. Non seulement la justice n’a pas abandonné son stupide montage et les catégories policières qui vont avec : « cellule », « mouvance », « noyau dur », « cercle », « membre », mais prétend même l’appliquer désormais à ceux et celles qui sont restés proches de leurs amis mis en examen. Le contrôle judiciaire empêche ces derniers de se voir, voire de retourner chez eux ; cette nouvelle opération de la SDAT leur dit aussi « vos amis communs seront désormais considérés comme facilitant la communication entre vous et donc membres de la même association de malfaiteurs ; si vous les voyez, on peut les arrêter ». Décidemment ce chef d’inculpation – qui permet de poursuivre quelqu’un sans pouvoir lui attribuer pour autant la participation à des actes délictueux - s’avère très utile.

Nous voyons l’évolution de cette affaire, un jour c’est Eric Hazan - l’éditeur de l’insurrection qui vient - qui est interrogée pendant 4h, un autre c’est une membre des comités de soutien qui est raflée en pleine rue. L’opération est claire : d’un côté banaliser les convocation et des garde-à-vues aussi longues et dénuées de sens, de l’autre générer quelques remous médiatiques pour faire croire que cette affaire avance lorsque tout le monde a compris que non seulement elle piétine mais qu’elle n’ira jamais nulle part.
A chaque expression publique des inculpés, de leurs avocats ou de leurs soutiens, l’accusation (le ministère de l’intérieur, tel juge, tel policier ou tel expert) prétend sortir de son chapeau des éléments « exclusifs » ou autres pseudos-preuves, des éléments qui, en réalité n’ont aucune valeur juridique et qui, décontextualisés sont juste utilisés à titre de propagande. A côté de cela qu’est-ce qui occupe principalement les interrogatoires des juges et leurs investigations ? Aujourd’hui, au point d’avancement de l’enquête, c’est l’insurrection qui vient – qui l’a écrit, quand et à quelle fin.
Plus que ce qui y est écrit c’est sa résonance avec la situation explosive actuelle qui devient gênant pour le pouvoir.

Parti d’une réaction spontanée qui a amené à la création d’un certain nombre de comités de soutien partout en France, la solidarité s’exprime toujours plus publiquement, jusque dans les pages des journaux. De cela, le juge Fragnoli se fout ; et 1 an après le début de l’enquête, 6 mois après l’incarcération de Julien, n’a toujours pas peur de se ridiculiser et d’arrêter – pour inévitablement les relâcher – n’importe qui, n’importe quand. Nous apporterons une réponse pratique à ces petites manœuvres, dans quelques semaines.
Vous vous foutez de nous, vous ne vous en foutrez pas longtemps.
Merci.

Denis, Comité de Sabotage de l'Anti-terrorisme, Forcalquier, le 1 mai 2009, 14h40
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 03 Mai 2009, 18:40

Attention à ce que nous envoyons...
les opérateurs téléphoniques balancent aux flics les messages "tendancieux"(sic).

Il reçoit un SMS... et se retrouve en garde à vue

Stéphane, un habitant d’Abbeville (Somme), âgé de 29 ans, a reçu sur son téléphone portable un SMS étonnant :

« Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? ».

Le SMS était envoyé par une vague connaissance de travail, selon Le Courrier Picard.

Mais voilà, ce SMS a été jugé « tendancieux » par la justice…

Et le jeune menuisier s’est retrouvé en garde à vue pendant 24 heures.

Jeudi, 16 avril, Stéphane a été convoqué au commissariat d’Abbeville.

« Ils voulaient avoir des précisions sur ce SMS. Je m'y suis rendu sans aucune appréhension, je ne voyais vraiment pas où était le mal » confie-t-il au Courrier Picard.

Mais quand Stéphane est arrivé au commissariat, les policiers lui ont parlé d’une affaire criminelle, de terrorisme, de garde à vue qui pourrait durer jusqu’à dix jours.

Les policiers lui ont même posé la question de savoir s’il était « capable de choses farfelues comme, par exemple, faire dérailler un train ».

C'est alors que les policiers lui demandent le nom du collègue qui lui a envoyé le SMS.

Ils perquisitionnent chez son collègue et le ramènent au commissariat.

« Je me disais, ils vont faire les vérifications et tout sera terminé. En fait, le cauchemar ne faisait que commencer » avoue le jeune menuisier.

A 16 heures, Stéphane est placé en garde à vue, sur instruction du parquet.

« C'était un véritable choc. En deux secondes, j'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle cellule jaune qui sent la pisse, j'ai l'impression d'être traité comme un chien » confie dans le Courrier Picard, Stéphane.

La garde à vue de Stéphane ne prendra fin, que le lendemain après-midi, à 16 heures.

Explications :

Le téléphone portable sur lequel Stéphane a reçu le fameux SMS était un appareil prêté par son opérateur de téléphonie mobile.

Et le procureur de la république d’Abbeville précise :

« L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis. »

Et l’erreur de Stéphane c’est de ne pas avoir alerté les autorités après avoir reçu le SMS de son collègue…

Éric Fouard, le procureur de la République justifie cette garde à vue car «la procédure pénale est la même pour tout le monde, que le risque soit probable ou peu probable ».

Un procureur qui met en avant le principe de précaution qui prévaut en matière de terrorisme.

Car derrière cette histoire incroyable, il y a bien entendu, l’affaire de Tarnac et de Julien Coupat.

C’est en tout cas l'avis du procureur d’Abbeville :

« Cette actualité récente a certainement joué en sa défaveur. Je comprends que, de son côté, la garde à vue puisse paraître violente mais, dans ce genre d'affaire, on ne peut prendre aucun risque. »

http://www.lepost.fr/article/2009/05/02 ... a-vue.html
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 04 Mai 2009, 11:50

georges a écrit:Attention à ce que nous envoyons...
les opérateurs téléphoniques balancent aux flics les messages "tendancieux"(sic).


Précision : dans cette affaire, l'opérateur si pressé de faire de la délation était Bouygues Telecom (le goupe Bouygues a aussi toujours obtenu de nombreux marchés publics pour la construction de prisons, d'EPM, de CRA...).
Modifié en dernier par georges le 04 Mai 2009, 12:30, modifié 1 fois.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 04 Mai 2009, 11:55

CARNUS a écrit:Ourf! ça y est Tessa (comité de soutien de Paris) a été libérée, après presque 72 heures de Garde à vue


Texte du comité de Paris
A Paris, une copine du comité de soutien a été arrêtée, en plein jour, M°
Jourdain, mercredi après-midi à 15h, jour des enfants, jour de grande
affluence dans ce quartier très commerçant :
“ A l'angle de la rue Jourdain et de l'avenue des Pyrénées, une voiture
pile devant nous, une bande de types patibulaires surgit de tous les
côtés, armes au poing. La fenêtre est ouverte et je vois un gros calibre
s'approcher tout contre mon visage, je crois à une sorte de car-jacking
sur-armé.

"les mains sur le tableau de bord", "on ne bouge plus... "sors de là",
"les mains sur la voiture"... palpations, menottes, la conductrice est
emmenée aussi sec dans le véhicule de devant, un des sales types armés
prend le volant de la voiture et part avec. On enlève les menottes du
passager: "toi tu peux y aller c'est après elle qu'on en a, et ne viens
pas nous faire chier chez elle". (témoignage de Benjamin Rosoux qui
l’accompagnait, à lire en entier ci-dessous)

Tessa est restée 76 heures en garde à vue, son appartement a été retourné,
des livres des éditions La Fabrique, “Contribution à la guerre en cours”
et “L’insurrection qui vient”, ont été saisis dans le coffre de la
voiture.

Tessa a finalement été libérée vendredi, sans inculpation : on est tenté
de se sentir soulagés. Pourtant cette garde à vue est un discours qui nous
est bel et bien destiné, à nous tous, membres des comités de soutien :
- cette arrestation, demandée par le juge Fragnoli, intervient “dans le
cadre de l’enquête en cours”
- il est reproché à Tessa d’avoir été en relation régulière avec des
membres du “groupe de Tarnac” (ou, comme le dit Le Point, “les hommes de
Tarnac”) et de leur avoir prêté sa voiture.

Nous sommes donc tous, membres des comités de soutien, susceptibles d’être
arrêtés et placés en garde à vue, dans les mêmes conditions et pour les
mêmes “raisons” :
- dans le cadre de l’enquête
- pour relations régulières avec des “membres du groupe de Tarnac”, prêt
de matériel et de voiture

Nous, membres des comités de soutien, sommes des terroristes !!!
Nous nous réunissons ! Nous organisons des concerts ! Nous réfléchissons !
Des amitiés naissent ! Nous échangeons des livres et des idées ! Nous
diffusons L'insurrection qui vient dans les concerts de soutien que nous
organisons ! Nous prêtons nos voitures ! Nous écrivons des textes ! Nous
parlons aux gens dans la rue ! Nous ne regardons pas la télévision !


http://96heures.canalblog.com/archives/ ... index.html
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 04 Mai 2009, 17:57

Et ben , ils peuvent toujours venir, (arf!), en plus tout le monde ici sait que j'imprime des tracts pour les comités de soutien
(notamment celui de Forcalquier, le Comité de Sabotage de l'Anti-terrorisme)

Mais bon, je sais que nous pourrons compter sur vous, les copains du Forum, si jamais on se retrouve en garde à vue (ourf!)

ça sera jamais que ma sixième, dont une ensemble avec Béatrice.

Denis (arf! et ourf!)
CARNUS
 

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