Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Roro » 16 Jan 2009, 14:36

Paris-19e : 2 nouvelles garde à vues antiterrorriste pour suspicion d’ "ultra-gauche"
(Le 15 janvier 2009)

leJDD.fr, Jeudi 15 Janvier 2009

Du simple délit au terrorisme

Deux personnes, dont une avocate parisienne, ont été placées mercredi en garde à vue sous le régime de la justice antiterroriste et pourrait donc y rester 96 heures. La police les soupçonne d’être proches du mouvement "anarcho-autonome". Pourtant, au départ, les deux jeunes gens, alors en état d’ébriété, ont été arrêtés pour un simple délit : ils tentaient de mettre le feu à deux voitures.

Depuis l’arrestation d’un groupe de personnes soupçonnées de "terrorisme" dans l’affaire des caténaires de la SNCF, beaucoup ont dit que la justice et la police française s’était peut-être un peu vite emballées à propos de ces jeunes gens prétenduement issus de la mouvance "anarcho-autonome". Une nouvelle affaire semble étayer cette impression. Il est trois heures du matin, mercredi, lorsqu’un couple, en état d’ébriété, se promène dans la rue, à 200 mètres du domicile de la jeune femme, dans le XIXe arrondissement de Paris. Sous l’effet de l’alcool sûrement, ils vont tenter de mettre feu à deux voitures à l’aide de papier enflammé. La brigade anti criminalité (BAC) de nuit passe par là et cueille les deux contrevenants. Mais, à partir de ce simple délit, l’affaire a pris une toute autre tournure. Les jeunes gens vont être en effet placés en garde à vue le jour même... sous le régime anti terroriste. Ce type de mesure pourrait les priver de liberté pendant 96 heures en tout, contre 48 au maximum dans le régime de droit commun.

Proches de la mouvance "anarcho-autonome"

Ce sont les antécédents et les relations du couple qui ont poussé les policiers à saisir la section antiterroriste de la brigade criminelle : ils pourraient tous deux appartenir à la mouvance de l’"ultra gauche", voire au mouvement "anarcho-autonome". Lui est un jeune homme âgé de 28 ans et il est connu des Renseignements généraux pour être proche d’anarchistes et pour avoir "manifesté activement son soutien à Julien Coupat", ont expliqué à l’agence Reuters des sources policières et judiciaires. Pour rappel, Julien Coupat est le chef présumé de la "cellule invisible de Tarnac" et le principal suspect de la justice dans les affaires des sabotages commis le 7 novembre contre le réseau SNCF. Il est incarcéré depuis le 15 novembre dernier.

Elle, et c’est plus étonnant encore, est une avocate de 28 ans, inscrite au Barreau de Paris depuis un an. Mais la police a noté qu’elle travaillait pour un cabinet qui défend des personnes elles aussi issues de la mouvance "anarcho-autonome". Ce sont ces données, recueillies par les Renseignements généraux, qui ont suffi pour que le parquet de Paris qualifie les faits reprochés au couple de "dégradation par l’incendie en relation avec une entreprise terroriste" et d’"association de malfaiteurs", selon un journaliste d’Europe 1. La radio ajoute cependant que cette qualification des faits pourrait être abandonnée. Et leur garde à vue serait dès lors abrégée.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Pïérô » 16 Jan 2009, 15:40

sur site Soutien aux inculpés du 11 Novembre : http://soutien11novembre.org/
Nous apprenons par voie de presse que les deux personnes arrêtées hier ont été libéré cette nuit, sans poursuites.

Elles avaient été placées en garde à vue sous régime antiterroriste. On les accusait d’avoir tenté d’incendier un véhicule - tout en étant en état d’ébriété.
Pourquoi l’antiterrorisme dans une telle affaire ? Parce que l’une de ces deux personnes travaillerait dans un cabinet d’avocat qui défendrait des "anarcho-autonomes", alors que la seconde serait, elle, fichée comme ayant "manifesté activement son soutien à Julien Coupat".
On imagine facilement le scénario : lors des vérifications d’usage les policiers découvrent, dans leurs nombreux fichiers, ces deux informations qui relient les deux suspects à leur fantasme de "l’ultra-gauche". Comme le recommande la récente "circulaire Dati", l’affaire est donc automatiquement transmise au parquet antiterroriste de Paris, qui se saisit de l’affaire.
Voilà comment, grace au fichage politique, on se retrouve sous le coup d’une procédure antiterroriste, pour des faits a priori anodins.
Voilà pourquoi d’aucuns parlent d’"Etat d’exception permanent".



Syndicat de la Magistrature : de la « cellule invisible » au terrorisme invisible
communiqué

Depuis plusieurs mois, le Syndicat de la magistrature dénonce l’utilisation de qualifications pénales outrancières aux fins d’intimidation et de répression des mouvements sociaux (communiqués des 26 juin, 27 novembre et 4 décembre 2008).

Dans l’affaire du « groupe de Tarnac », l’instrumentalisation consentie de la justice - à la suite d’une opération de « police réalité » opportunément médiatisée par la ministre de l’Intérieur - semble avoir atteint son paroxysme.

Pour mémoire, après avoir subi une garde à vue dérogatoire de 96 heures, de jeunes épiciers libertaires ont été mis en examen du chef d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et, deux d’entre eux, sont incarcérés depuis plus de trois mois.

Pourtant, les éléments ayant permis d’identifier et de démanteler une structure clandestine anarcho-autonome se livrant à des opérations de déstabilisation de l’Etat « avec pour objet la lutte armée » n’ont manifestement pas ébloui la plupart des intervenants du dossier. Outre les avocats de la défense qui semblent considérer que l’essentiel des charges repose sur la possession d’un livre subversif et sur la critique d’un mode de vie alternatif, plusieurs décisions de justice ont paru émettre de sérieuses réserves sur le contenu réel de la procédure. Comment interpréter autrement la libération de plusieurs mis en examen quelques jours après leur incarcération ? Comment ne pas s’étonner également, dans une affaire qui comporte des qualifications pénales aussi graves, qu’un juge de la liberté et de la détention ait pris le risque de libérer, dès le mois de décembre, le « chef incontesté » de la « cellule invisible » ? Même si cette décision a été rapidement infirmée à la suite d’un « référé détention » zélé du parquet anti-terroriste, il y a tout lieu de redouter que le traitement de cette affaire n’aboutisse à une nouvelle déconfiture judiciaire.

Manifestement conscient de ce risque, le juge d’instruction en charge de l’enquête a ordonné hier la mise en liberté d’un jeune fille incarcérée. Tel un automate procédurier insensible aux réalités du dossier, le parquet antiterroriste s’est empressé de faire appel et de déposer un nouveau « référé détention »…

Le Syndicat de la magistrature observe que cette affaire est la parfaite illustration des risques que comportent le transfert des compétences du juge d’instruction vers un parquet statutairement dépendant du pouvoir politique, spécialement lorsque la collusion avec le ministère de l’intérieur est si clairement affichée.

Le Syndicat de la magistrature dénonce l’entêtement de la ministre de l’Intérieur et du parquet de Paris à vouloir maintenir une qualification des faits volontairement disproportionnée.


Edit : Yldune Lévy, libération imminente...
Après une nouvelle demande du juge d'instruction de remise en liberté, un nouvel appel du parquet général s'y opposant vient cette fois d'être rejeté par la cours d'appel de Paris.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede kuhing » 16 Jan 2009, 16:31

qierrot a écrit:
Après une nouvelle demande du juge d'instruction de remise en liberté, un nouvel appel du parquet général s'y opposant vient cette fois d'être rejeté par la cours d'appel de Paris.

bonne nouvelle.
tout ça, pour ça...
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 16 Jan 2009, 18:09

Sabotages à la SNCF : Yldune Levy bientôt libre
France Info (avec agences) - 15:41

La cour d’appel de Paris a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire d’Yldune Levy, la compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l’enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse.

Un président de la cour d’appel de Paris a donc estimé que la procédure d’urgence déposée par le parquet hier ne se justifiait pas. Il donne ainsi raison au juge d’instruction, chargé de l’enquête sur les sabotages de la SNCF, qui avait ordonné dès mercredi la remise en liberté de la jeune femme. Mais Yldune Levy devra attendre vendredi prochain que sa remise en liberté soit confirmée par la cour d’appel réunie de façon collégiale pour vraiment retrouver la liberté. Elle est incarcérée à Fleury-Mérogis.
Yldune Levy s’était déjà vu refuser le 22 décembre une première demande de mise en liberté par un juge des libertés et de la détention au motif que celle-ci n’avait pas été interrogée sur le fond du dossier par le juge Thierry Fragnoli.

Parmi les neuf personnes mises en examen dans cette affaire, la jeune femme de 25 ans et son compagnon Julien Coupat, étaient les seuls toujours en prison. Julien Coupat est vu comme le chef présumé d’un groupe anarcho-autonome aujourd’hui appelé groupe de Tarnac, où ils vivaient en communauté. Il est toujours incarcéré à la prison de la Santé. Plusieurs voix se sont élevées pour défendre le couple. Le Syndicat de la magistrature dénonçait hier encore "l’entêtement" de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et du parquet de Paris dans cette affaire.


Julien Coupat reste en prison (AP)

il y a 42 min



Un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal de grande instance de Paris a rejeté vendredi la demande de remise en liberté de Julien Coupat, présenté comme le chef de la cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF, dossier dans lequel il reste le seul détenu après la libération vendredi de sa compagne Yldune Lévy, a-t-on appris auprès de son avocate, Me Irène Terrel.
"Je rappelle qu'il avait été remis en liberté le 19 décembre dernier par un autre JLD. Tout cela est d'une logique imparable", a ironisé l'avocate, annonçant qu'elle avait déjà fait appel de cette décision. L'appel doit être examiné par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris dans les prochaines semaines.

"Je ne vois pas pourquoi Julien Coupat reste en détention provisoire", a souligné Me Terrel affirmant que son client présentait "toutes les garanties pour sortir".

Le 19 décembre dernier, le jeune homme avait été remis en liberté par le JLD, mais le parquet avait interjeté appel et obtenu gain de cause le 26 décembre.

Julien Coupat est incarcéré à la maison d'arrêt de la Santé depuis le 15 novembre, date de sa mise en examen pour "direction d'une association de malfaiteurs terroristes", un crime passible des assises. Sur les neuf personnes mises en examen dans ce dossier dont la qualification terroriste fait débat, cinq sont soupçonnées d'avoir participé à des actes de malveillance ayant visé la SNCF. Proches de la mouvance qualifiée d'anarcho-autonome par la police, elles sont suspectées d'avoir formé une "cellule invisible".

Le 2 décembre dernier, la chambre de l'instruction avait ordonné la remise en liberté de trois proches de Julien Coupat. Sa compagne, Yldune Lévy, doit quitter la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis ce vendredi. AP
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Pïérô » 17 Jan 2009, 14:21

elle a été libérée hier soir et a déclaré "j'espère que Julien sortira très vite", ce que nous espérons tous. Le combat continue.
Communiqué du comité de soutien Tarnac :

Yldune libérée. Julien maintenu en détention.

Ce soir, Yldune sort de la prison de Fleury. La cour d’appel a suivi les indications du juge d’instruction, malgré l’acharnement pathétique du parquet, qui venait d’user de son énième manigance juridique pour la maintenir en détention. Un nouvel épisode se joue malgré tout vendredi prochain, lors de l’audience de fond qui peut amener à sa réincarcération immédiate. On imagine cependant mal la chambre d’instruction sombrer tout à fait dans le ridicule en la remettant en détention.

Nous ne pouvons cependant pas nous réjouir totalement de la libération de notre camarade, qui, de toute façon reste soumise à un contrôle judicaire strict. D’autant que nous apprenons que Julien, lui, ne sortira pas aujourd’hui. Sa demande de mise en liberté vient d’être refusée par un JLD. On voit que la justice n’en finit plus de s’empêtrer dans sa construction d’un chef de cellule terroriste, contre lequel elle s’acharne. Chef dont les disciples paraissent toujours plus difficilement trouvables. Cette décision est d’autant plus ridicule qu’un autre JLD avait estimé qu’il pouvait recouvrer la liberté, fin décembre.

De surcroit, nous apprenons que deux personnes, arrêtées hier, ont été mises en garde à vue antiterroriste sous prétexte que l’une d’entre elle était dans le carnet d’adresse de Julien, et que l’autre participait aux réunions du comité de soutien. Elles viennent d’être libérées sans poursuites. Comment interpréter cette information ? Comme une nouvelle tentative de pression au moment où commence la semaine de soutien internationale ? Comme l’extension sans fin d’un régime d’exception qui peut s’abattre sur quiconque se retrouve dans les fichiers de la police politique et qui fait d’un simple contact une association de malfaiteur à visée terroriste ?

Et que dire de la situation d’Isa, incarcérée depuis 1 an, sous antiterrorisme – pour des faits qu’elle nie - et dont la détention provisoire vient d’être prolongée de 6 mois. Elle aussi est suspectée d’appartenir à la fumeuse « mouvance anarcho-autonome » de Michelle Alliot-Marie.

La lutte pour l’arrêt des poursuites et pour la libération des personnes encore incarcérées doit s’intensifier à l’occasion de la semaine d’agitation contre l’antiterrorisme menée par l’ensemble des comités de soutien (cf http://www.soutien11novembre.org), et de la grande manifestation nationale qui aura lieu le 31 janvier à Paris.

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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede Pïérô » 17 Jan 2009, 14:45

Du 15 au 25 Janvier 10 jours d’agitation contre les lois antiterroristes
tout le propramme : http://soutien11novembre.org/
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede joe dalton » 17 Jan 2009, 14:56

ydune serait sortie de fleury a l'instant !
confirmation ?
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede Pïérô » 17 Jan 2009, 15:24

hier soir, et l'info était là depuis ce matin avec le communiqué du comité Tarnac, dans " DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV." : viewtopic.php?f=74&t=894&start=360#p21425
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 19 Jan 2009, 13:24

Quelques vidéos (le meilleur, le pire et le meilleur du pire ) glanées sur le "web", concernants l'affaire et les rebondissements des arrestations du 11 novembre 2008, et autour du soi disant bien fondé des régimes liberticides d'exception.

http://ultrahumandignity.blogspot.com/2 ... ue-tv.html


Syndicat de la Magistrature : de la « cellule invisible » au terrorisme invisible
jeudi 15 janvier 2009, par Rédacteur

Depuis plusieurs mois, le Syndicat de la magistrature dénonce l’utilisation de qualifications pénales outrancières aux fins d’intimidation et de répression des mouvements sociaux (communiqués des 26 juin, 27 novembre et 4 décembre 2008).

Dans l’affaire du « groupe de Tarnac », l’instrumentalisation consentie de la justice - à la suite d’une opération de « police réalité » opportunément médiatisée par la ministre de l’Intérieur - semble avoir atteint son paroxysme.

Pour mémoire, après avoir subi une garde à vue dérogatoire de 96 heures, de jeunes épiciers libertaires ont été mis en examen du chef d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et, deux d’entre eux, sont incarcérés depuis plus de trois mois.

Pourtant, les éléments ayant permis d’identifier et de démanteler une structure clandestine anarcho-autonome se livrant à des opérations de déstabilisation de l’Etat « avec pour objet la lutte armée » n’ont manifestement pas ébloui la plupart des intervenants du dossier. Outre les avocats de la défense qui semblent considérer que l’essentiel des charges repose sur la possession d’un livre subversif et sur la critique d’un mode de vie alternatif, plusieurs décisions de justice ont paru émettre de sérieuses réserves sur le contenu réel de la procédure. Comment interpréter autrement la libération de plusieurs mis en examen quelques jours après leur incarcération ? Comment ne pas s’étonner également, dans une affaire qui comporte des qualifications pénales aussi graves, qu’un juge de la liberté et de la détention ait pris le risque de libérer, dès le mois de décembre, le « chef incontesté » de la « cellule invisible » ? Même si cette décision a été rapidement infirmée à la suite d’un « référé détention » zélé du parquet anti-terroriste, il y a tout lieu de redouter que le traitement de cette affaire n’aboutisse à une nouvelle déconfiture judiciaire.

Manifestement conscient de ce risque, le juge d’instruction en charge de l’enquête a ordonné hier la mise en liberté d’un jeune fille incarcérée. Tel un automate procédurier insensible aux réalités du dossier, le parquet antiterroriste s’est empressé de faire appel et de déposer un nouveau « référé détention »…

Le Syndicat de la magistrature observe que cette affaire est la parfaite illustration des risques que comportent le transfert des compétences du juge d’instruction vers un parquet statutairement dépendant du pouvoir politique, spécialement lorsque la collusion avec le ministère de l’intérieur est si clairement affichée.

Le Syndicat de la magistrature dénonce l’entêtement de la ministre de l’Intérieur et du parquet de Paris à vouloir maintenir une qualification des faits volontairement disproportionnée.


Mediapart.
Un entretien avec Gérard Coupat : «Julien est otage du ministère de l’Intérieur»

19 jan 2009 Par David Dufresne

Entre deux visites à son fils en prison, soupçonné par la police d'être le chef de la «cellule invisible» qui serait impliquée dans des actes de sabotage à la SNCF, le père de Julien Coupat témoigne en vidéo pour Mediapart. Sur l'affaire, sur son fils, sur la justice, sur la police, sur la prison. Yldune Lévy libérée vendredi, Julien Coupat reste le seul de l'affaire en détention provisoire. Une drôle de manœuvre a eu lieu au Palais de justice de Paris, sur laquelle Gérard Coupat revient en détail, et qui a permis son maintien en prison. Tandis que les soutiens se multiplent.

http://www.dailymotion.com/video/k1aC6cykkdQeIXUUl3


TOUS COUPAT TOUS COUPABLES (par ... Alain Brossat)

La campagne qui s’est développée en faveur des inculpés de Tarnac est portée par un si vif et si constant désir d’innocence, de si persistantes références à la légalité, à l’inoffensive innocence des inculpés qu’il apparaît très distinctement que, pour l’essentiel, le référent démocratique indistinct continue à obscurcir la perception du présent politique de ceux qui s’y trouvent mobilisés. Texte inédit en téléchargement gratuit

Ce qui est ici en question n’est évidemment pas la nécessité impérieuse que s’organise une solidarité sans faille avec les inculpés de Tarnac, et que celle-ci soit aussi puissante et déterminée que possible. La question est plutôt que cette solidarité s’est déployée sur une ligne de pente dont le propre est qu’elle ensevelit sous l’épaisse couche de cendres d’une police sentimentale et « démocratique » tout ce qui pouvait constituer le venin, le ferment de radicalité de L’Insurrection qui vient, avec son appel à se mettre « en route ». Le rassemblement informe et sans bords qui s’est constitué en faveur des inculpés (et dont, répétons-le, la volte-face des journaux a donné le signal et en quelque sorte défini les conditions) n’est pas sans rappeler le consensus anomique, propre à la « démocratie du public » brocardé par des auteurs comme Rancière et Badiou ; il s’étend maintenant jusqu’aux dirigeants du parti socialiste, voire du Modem et, inclut bien sûr, le télégénique Besancenot ; mais c’est un rassemblement qui se tient aux antipodes de ce que s’efforçait de présenter L’Insurrection qui vient et la décision d’y faire jouer en acte le motif de la communauté.


Tarnac ou les fantasmes du pouvoir, par Gabrielle Hallez

J'ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L'appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. A nouveau l'attente. Le lent dégonflement de l'affaire continue, et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d'Yildune [Lévy]. Il en faudra d'autres.


Cette triste affaire aura au moins rappelé l'obsession du pouvoir : écraser tout ce qui s'organise et vit hors de ses normes.

Je ne voudrais pas qu'on puisse prendre cette histoire comme un événement isolé. Ce qui nous est arrivé est arrivé à d'autres, et peut arriver encore.

6h40 : braquée dans mon lit. Cagoulés, des hommes de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) cherchent désespérément des armes en hurlant. Menottée sur une chaise, j'attends la fin des perquisitions, ballet absurde, pendant des heures, d'objets ordinaires mis sous scellés. Sachez-le, si cela vous arrive, ils embarquent tout le matériel informatique, vos brosses à dents pour les traces ADN, vos draps pour savoir avec qui vous dormez.

Après plus de huit heures de perquisition, ils me chargent dans une voiture. Direction : Paris-Levallois-Perret. Les journalistes cernent le village. Personne ne pourra manquer d'admirer le spectacle de la police en action, et les moyens imposants du ministère de l'intérieur quand il s'agit de sécuriser le territoire. Quand cinq flics arrêtent un type, ça peut sembler arbitraire, quand ils sont 150 et avec des cagoules, ça a l'air sérieux, c'est l'état d'urgence. La présence des journalistes fait partie de la même logique. Ce qui s'est passé là, comme les arrestations à Villiers-le-Bel, ce n'est pas un dérapage, c'est une méthode.

Levallois-Perret, locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la SDAT. Des préfabriqués sur trois étages, superposition de cellules spéciales, caméras panoptiques braquées en permanence sur toi. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue. Mais le temps n'est vite plus un repère. Ni heure ni lumière du jour. Je ne sais pas combien de personnes ont été arrêtées. Je sais seulement, après notre arrivée, les motifs de mon arrestation.

Les interrogatoires s'enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : "Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l'opération Taïga, on va la mettre en détention", "Tu ne reverras plus ta fille". Leur bassesse n'est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : "Comment vivez-vous?", "Comment êtes-vous organisés pour manger?", "Est-ce que tu écris?", "Qu'est-ce que tu lis?" Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.

Un des officiers de la police judiciaire (PJ) m'a annoncé, lors de la perquisition : "Nous sommes ennemis." Ennemis peut-être, mais nous ne sommes pas leur reflet. Il n'y a jamais eu de cellule invisible, et nous n'avons que faire de "chefs" et de "bras droits". La police croit toujours que ce qu'elle traque est organisé à son image, comme en d'autres temps, où elle brandissait le spectre du syndicat du crime.

Un gendarme me lit un communiqué allemand, diffusé le 10 novembre en Allemagne, qui revendique les sabotages dans le cadre d'une action antinucléaire. Sabotages dont ils veulent nous accuser. Le communiqué apparaîtra dans le rapport de la SDAT transmis à la presse dès la première semaine, puis sera quasiment oublié.

Au bout de trois jours, un avocat peut venir assister le prévenu retenu sous le coup d'une procédure antiterroriste. Trois jours pendant lesquels tu n'es au courant de rien d'autre que de ce que la police veut bien te dire, c'est-à-dire rien ou des mensonges. Alors oui, ce fut vraiment un soulagement quand on m'a annoncé que je pouvais voir mon avocate. Enfin des nouvelles de ma fille et de l'ampleur médiatique de l'affaire. Nouvelles aussi du village et du comité de soutien créé dans les premiers jours qui ont suivi l'arrestation.

Puis ce fut le dépôt (lieu de détention avant de comparaître devant le juge). Là s'entassent des centaines d'hommes et de femmes dans la crasse et l'attente. Une pensée pour Kafka dans le dédale de la souricière, infinité de couloirs gris et humides dont les portes s'ouvrent sur les rutilantes salles d'audience. Je suis amenée jusqu'aux galeries toutes neuves de la section antiterroriste pour comparaître devant le juge d'instruction. Puis la prison.

Fleury-Mérogis – la plus grande d'Europe. Tous les charognards gardent cette prison, pigeons, corneilles, mouettes et de nombreux rats. Nous y sommes arrivées, Manon (Gilbert), Yildune et moi en tant que détenues particulièrement surveillées (DPS), ce qui implique des mesures de surveillance plus soutenues, comme, d'être chaque nuit réveillées toutes les deux heures, lumières allumées et sommées de faire signe. Fouilles intensives et répétées. Ce statut, seules les prisonnières politiques basques l'ont à Fleury, et Isa l'avait eu aussi, en détention depuis bientôt un an sous le coup d'une procédure antiterroriste [cette personne est soupçonnée d'avoir posé un explosif sous une dépanneuse de la Préfecture de police de Paris, en mai 2007]. Les fouilles au corps, le mitard, les petites humiliations, le froid et la nourriture dégueulasse : le quotidien de la prison est fait pour écraser.

Par un concours de circonstances favorables, Manon et moi sommes sorties assez rapidement. Circonstances favorables, c'est-à-dire : nous sommes blanches, issues de la classe moyenne, ayant eu l'opportunité de faire des études; grâce aussi à la multiplication des comités de soutien. Et puis, il y avait l'actualité, marquée par des événements révélateurs du climat politique actuel qui ne sont pas passés inaperçus (par exemple cette descente policière musclée dans un collège).

Je dis "rapidement", par rapport aux détentions préventives qui durent, pour la plupart, des mois et des années. Qui durent, notamment, pour ceux pour qui ne jouent jamais ces "circonstances favorables". La plupart immigrés, voués au mépris de la police et des magistrats.

Mais ce qui est encore séparé au-dehors arrive à se reconnaître entre les murs de la prison. Des solidarités
se nouent dans l'évidence d'une hostilité commune. La radicalisation de la situation amène de plus en plus de gens à subir la répression et la détention. Des rafles dans les banlieues aux peines de plus en plus nombreuses pour des grévistes ou des manifestants lors de mouvements sociaux.

Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s'opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : "S'il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable", avait-il dit en 2006.

Gabrielle Hallez, mise en examen dans l'affaire de Tarnac
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede Nico37 » 21 Jan 2009, 15:55

Sur Tours :
- vendredi 23/01 à partir de 18h au Pied de Biche (44 rue Lamartine, Tours), soirée de soutien aux inculpés de Tarnac, avec lectures de l'insurrection qui vient, massage insurrectionalistes, bouffe, docs et documentaires, ... le pactole des entrées "prix libre" ira aux concernés.
- samedi 24/01 à 14h30 place J. Jaurès rassemblement de soutien, initié par plusieurs organisations signataires.
- samedi 31/01 à Paris 15h M° St-Michel, manifestation nationale. Le Pied de Biche propose de réunir une liste de ceux qui souhaitent y aller depuis Tours pour organiser des covoiturages et/ou départs groupés en train moins cher... (pour cela, il suffit de se signaler, auprès des gens du lieu ou en écrivant à la-victoire@laposte.net)


Tract v2 en pdf
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede vroum » 22 Jan 2009, 17:49

De plus en plus fort !

l'article sur mediapart est en accès payant

Tarnac: le témoin à charge mythomane?
lefigaro.fr
22/01/2009 | Mise à jour : 15:28 |

Selon Mediapart.fr, "le témoin «sous X» de l'affaire des sabotages de TGV, qui a gravement mis en cause sur procès-verbal Julien Coupat – dernier suspect encore incarcéré –, ne serait pas crédible".
D'après le site Internet, l'homme en question "est notamment sous le coup d'une condamnation pour «dénonciation de délits imaginaires»".
"Embarrassés, les enquêteurs soulignent toutefois que le dossier ne repose en aucun cas sur ce seul témoignage", ajoute l'article.
vroum
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede vroum » 22 Jan 2009, 17:52

http://effetdomino.wordpress.com/2009/01/22/tarnac-le-temoin-a-charge-contre-coupat-serait-un-mythomane/

Tarnac: le témoin à charge contre Coupat serait un mythomane
22 01 2009

Par Fabrice Arfi, Fabrice Lhomme de Mediapart.fr


L’information est à l’évidence embarrassante pour la justice et la police antiterroristes. Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour souligner les points faibles de l’enquête visant «le groupe de Tarnac», ces jeunes gens soupçonnés d’avoir commis des actes de sabotage visant des TGV, Mediapart est en mesure de révéler que l’homme qui a témoigné à charge, sous couvert d’anonymat, serait en fait un… mythomane.

Cet homme, que Mediapart a rencontré chez lui mais dont nous ne révélerons pas l’identité, pour des raisons déontologiques et légales (lire notre «Boîte noire» ci-dessous), a formellement contesté être le fameux témoin sous X qui risque désormais de nourrir une controverse. «Non, non, je ne suis pas celui qui a fait de la délation. Ce que vous me dites là me fout des frissons», a assuré cette personne samedi 17 janvier, avant de mettre rapidement un terme à la conversation. Pourtant, plusieurs sources policières et judiciaires confirment qu’il s’agit bien du témoin sous X mis en avant, fin 2008, dans un rapport de synthèse de la police anti-terroriste selon lequel Julien Coupat, principal mis en examen dans cette affaire, «avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer», d’après cet informateur.

Petit retour en arrière. Le 11 novembre dernier, des dizaines de policiers mènent, dans le cadre d’une enquête préliminaire antiterroriste, une action spectaculaire dans la mouvance dite «anarcho-autonome», et plus particulièrement dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Leur cible: un groupe de jeunes gens, fédérés autour de Julien Coupat, et suspectés d’avoir posé des fers à béton sur des caténaires afin de paralyser le trafic des TGV. De très grande ampleur, l’opération est immédiatement – et fortement – médiatisée. L’information parvient donc naturellement aux oreilles d’un homme qui, de par ses activités, a été à plusieurs reprises en contact avec Julien Coupat ces dernières années.

Spontanément, alors qu’une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), cet homme décide de se présenter dans les locaux d’une brigade de gendarmerie du centre de la France, proche de l’endroit où il réside. Un vrai témoin-miracle Devant les gendarmes, le mystérieux informateur dit avoir d’importantes révélations à faire sur Julien Coupat et ses proches, mais exige de témoigner anonymement.

Les gendarmes, après en avoir référé au parquet antiterroriste, acceptent et lui proposent le témoignage « sous X », institué en 2002 par la loi Perben. Selon l’article 706-58 du code de procédure pénale, «en cas de procédure portant sur un crime ou sur un délit puni d’au moins trois ans d’emprisonnement, lorsque l’audition d’une personne visée à l’article 706-57 est susceptible de mettre gravement en danger la vie ou l’intégrité physique de cette personne, des membres de sa famille ou de ses proches, le juge des libertés et de la détention, saisi par requête motivée du procureur de la République ou du juge d’instruction, peut, par décision motivée, autoriser que les déclarations de cette personne soient recueillies sans que son identité apparaisse dans le dossier de la procédure (…) L’identité et l’adresse de la personne sont inscrites dans un autre procès-verbal signé par l’intéressé, qui est versé dans un dossier distinct du dossier de la procédure (…)».

Alors que la garde à vue des suspects est toujours en cours (elle va s’étendre sur quatre jours, du 11 au 15 novembre, conformément à la législation antiterroriste), le procès-verbal du témoin sous X est transmis aux policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT), en charge de l’enquête. Ces derniers vont prendre très au sérieux les «révélations» de ce témoin-miracle, comme l’atteste la conclusion de leur rapport de synthèse, rédigé le 15 novembre 2008, et sur la base duquel le parquet de Paris allait ouvrir une information judiciaire pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». «Coupat avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer» Une décision qui entraîna la désignation d’un juge d’instruction (Thierry Fragnoli en l’occurrence) puis la mise en examen et le placement en détention provisoire de neuf personnes, suspectées d’être membres d’une «cellule invisible» ayant pour projet la lutte armée. V

oici comment se concluait ce fameux rapport, que Mediapart a publié en exclusivité le 22 novembre 2008: «L’ensemble des investigations menées depuis le 16 avril 2007 sur le nommé Julien Coupat ont donc permis de mettre au jour les agissements d’un groupe d’activistes reliés à la mouvance anarcho- autonome et désirant se livrer par différentes formes d’actions violentes à la déstabilisation de l’Etat. Ces conclusions sont largement confirmées par les déclarations formées par un témoin désigné sous le numéro (…) qui, entendu sous X… durant le temps de la garde à vue, confirmait l’existence d’un groupe formé à partir de 2002 autour d’un leader charismatique, le nommé Julien Coupat avec pour principale implantation la ferme “Le Goutaillou” et ayant pris la dénomination de “Comité invisible, sous-section du parti imaginaire”. Ce groupe se présentant comme “le plus apte à détruire le monde et à en reconstruire un neuf” étant le rédacteur final d’un pamphlet principalement rédigé par Julien Coupat et intitulé L’Insurrection qui vient.» Les policiers ajoutaient: «Le témoin attestait de la proximité du nommé Julien Coupat avec le mouvement “black block” et de sa participation à de nombreuses manifestations violentes menées en marge de grandes rencontres politiques mais précisait également qu’à plusieurs reprises lors de réunions, Julien Coupat avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer, précisant que la “vie humaine à une valeur inférieure au pouvoir politique” et que l’objectif final du groupe était le renversement de l’Etat.»

Las, quelques jours plus tard, alors que «les neuf de Tarnac» sont dispersés dans différentes maisons d’arrêt, des rumeurs alarmantes remontent au ministère de l’intérieur et place Vendôme. Le témoin sous X serait tout sauf digne de foi. «Dénonciation d’infractions imaginaires» De fait, l’homme est réputé pour sa mythomanie. Il a d’ailleurs été condamné récemment par un tribunal de province pour «dénonciation d’infractions imaginaires», selon son avocat. Il s’était dit persécuté et avait échafaudé différents scenarii assez sophistiqués pour faire croire que l’on en voulait à sa vie. Son stratagème avait toutefois fini par être éventé, et l’homme confondu. Sollicité par Mediapart, le parquet de Paris affirme que le témoin sous X – dont il n’est pas non plus pour l’instant démontré qu’il a menti concernant Coupat – est rapidement apparu peu crédible, et qu’il a été tenu compte de ses «antécédents».

De fait, dans ses réquisitions devant la cour d’appel, lors de l’examen des différentes demandes de remises en liberté formées par les mis en examen, le ministère public a pris bien soin de ne pas évoquer les déclarations du témoin anonyme, qui ne sont mentionnées à aucun moment. Le juge Fragnoli lui-même ne s’est pas appuyé dessus lors de ses différents interrogatoires. Le parquet observe par ailleurs que ce témoignage est marginal dans le dossier, la preuve en étant qu’il a été recueilli alors que les gardes à vue étaient déjà entamées et donc, du point de vue policier, que la première phase de l’enquête était bouclée. Même son de cloche du côté des policiers, où l’on insiste sur le fait que l’informateur controversé a surtout apporté des «éléments de contexte», n’ayant par exemple été témoin direct d’aucun acte de sabotage, et qu’il leur a été amené par les gendarmes. Sollicités par Mediapart, ces derniers, visiblement peu désireux de «porter le chapeau», soulignent qu’ils se sont contentés de prendre une déposition puis de la transmettre à la SDAT…

Toutefois, de source judiciaire, on concède que les policiers ont repris imprudemment à leur compte ces «révélations» dans la conclusion de leur rapport de synthèse. En effet, telles qu’elles y sont reproduites, les déclarations de l’informateur anonyme constituent à l’évidence un témoignage très à charge, prêtant notamment à Julien Coupat des intentions meurtrières. Leur mise en exergue était censée illustrer la «dérive brigadiste» dans laquelle le groupe de Tarnac se serait engagé, justifiant ainsi un peu plus l’application à son encontre de la procédure antiterroriste aujourd’hui tant contestée.
vroum
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 22 Jan 2009, 18:48

Tarnac: le témoin contre Coupat serait un mythomane

Le site d'information en ligne Mediapart met en cause la validité d'un témoignage à charge contre Julien Coupat, mis en examen dans l'affaire des sabotages SNCF.

par GAËL COGNÉ


Le témoin à charge dans l'affaire des sabotages SNCF est-il un mythomane? C'est la question que pose le site internet Mediapart qui affirme avoir retrouvé le témoin ayant déposé sous couvert d'anonymat contre Julien Coupat. L'homme nie être ce témoin.

Dans un rapport (déjà publié par le site d'information, en novembre) de la Sous direction antiterroriste (Sdat) et adressé au procureur Jean-Claude Marin, on apprenait l'existence de ce témoin. Selon lui, Julien Coupat aurait évoqué, «lors de réunions», «la possibilité d'avoir à tuer, précisant que la "vie humaine à une valeur inférieure au pouvoir politique" et que l'objectif final du groupe était le renversement de l'Etat».

Le père de Julien Coupat, Gérard, avait alors rétorqué que son fils «ne ferait pas de mal à une mouche».

Pour les policiers, ce témoignage «corroborait» leurs conclusions, à savoir qu'il existait «un groupe», formé «depuis 2002», «autour d'un leader charismatique», Julien Coupat, et ayant pris la dénomination de «Comité invisible, sous-section du parti imaginaire».

L'homme, désigné à Mediapart par «plusieurs sources policières et judiciaires» et rencontré par les auteurs de l'article, nie avoir témoigné. «Non, non, je ne suis pas celui qui a fait de la délation. Ce que vous dites là me fout des frissons.»

Le témoin, qui aurait fréquenté Coupat, s'était présenté spontanément à la gendarmerie. Toujours selon Mediapart, il «est réputé pour sa mythomanie. Il a d'ailleurs été condamné récemment par un tribunal de province pour "dénonciation d'infractions imaginaires"».

Le parquet a affirmé aux journalistes que le témoin sous X «est rapidement apparu peu crédible et qu'il a été tenu compte de ses "antécédents"». Pour les auteurs, les policiers de la Sdat auraient «imprudemment» cité ce témoignage afin d'illustrer la dangerosité du groupe et la nécessité d'une procédure antiterroriste. Contacté, le parquet a refusé de s'exprimer.

http://www.liberation.fr/societe/010131 ... -mythomane


La cour d’appel de Paris a confirmé vendredi la remise en liberté d’Yldune Levy, mise en examen dans l’enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Steeve Montagne.

Le juge d’instruction Thierry Fragnoli avait ordonné sa remise en liberté, mais le parquet s’y était opposé par le biais d’une procédure d’urgence. La cour d’appel avait rejeté ce caractère d’urgence, ce qui avait entraîné sa remise en liberté le 16 janvier.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel, qui a examiné vendredi l’appel du parquet sur le fond, a confirmé cette remise en liberté, selon Me Montagne.

La jeune femme de 25 ans, accompagnée de ses deux parents, a été acclamée par une trentaine de personnes présents au palais de justice à sa sortie de la cour d’appel. Elle n’a pas souhaité faire de déclaration.

Me Montagne a exprimé à la presse son «profond sentiment de bonheur». «Il y a un postulat de dangerosité sur Yldune qui est une pure construction du ministère public, c’est cette construction qui a volé en éclats cet après-midi», a-t-il souligné.

Selon lui, la jeune femme, qui a passé plus de deux mois en détention à Fleury-Mérogis, souhaite désormais «reprendre ses études et rester auprès de sa famille».

Le père d’Yldune, Michel Levy, a pour sa part estimé qu’il s’agissait «d’une première étape». «Notre objectif, c’est le non-lieu et des excuses», a ajouté M. Levy. «Nous allons aussi nous battre pour la libération de Julien (Coupat)», a-t-il annoncé.

Sur les neuf personnes mises en examen dans ce dossier, Julien Coupat, soupçonné d’être le chef d’un groupe anarcho-autonome, est le seul à rester en détention.

Une nouvelle demande de remise en liberté de Julien Coupat sera examinée par la cour d’appel le 30 janvier.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/societe/010131 ... -en-prison
Modifié en dernier par Nico37 le 23 Jan 2009, 18:59, modifié 1 fois.
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sortie de la brochure mauvaises intentions n° 2

Messagede georges » 23 Jan 2009, 18:09

Sur l'outil « antiterroriste », la « mouvance anarcho-autonome », les luttes & les révoltes...
Sortie de la brochure « Mauvaises intentions n° 2 » [recueil de textes publics - 64p A4]

------------à télécharger, imprimer, diffuser...----------------------------

La brochure est disponible au format pdf pour sortie imprimante sur http://lille.indymedia.org/IMG/pdf/mauv ... ions_2.pdf
Il y est également possible de télécharger la brochure au format pdf imprimeur, pour celles et ceux qui souhaiterait la faire imprimer pour la proposer plus largement : http://lille.indymedia.org/IMG/pdf/mauv ... rimeur.pdf
Sinon, faire suivre ce mail reste un bon moyen de diffusion.
En espérant que cette brochure « Mauvaises Intentions n° 2 » suscitera intérêt & rage, discussions & actions de solidarité, désirs de changements radicaux et envies d'en découdre...
Il est possible d'écrire à solidaritesinculpes(((AAA)))riseup.net pour toute remarque, commande, etc...
Et, il y a toujours plus d'infos sur http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

Enfin, pour le soutien financier, vous pouvez envoyer des chèques à l’ordre du CICP à l’adresse Mauvaises intentions, 21, ter rue Voltaire 75011 PARIS

---------------sommaire-----------------------------------------------------

1/ RETOUR SUR LES DIFFÉRENTES ARRESTATIONS ET PROCÉDURES

2/ LETTRES DE L’INTÉRIEUR
> Antiterrorisme : lettre d’Isa et Farid, les 2 de Vierzon.
> Vues du délire antiterroriste, par Farid.
> Pourquoi je me suis fait la malle – Lettre ouverte n°1 de Bruno.
> Lettre d’Isa depuis la prison de Lille-Séquedin (mai 2008).
> Lettre de Damien en prison à Villepinte.
> Lettre de Juan depuis la prison de Rouen (octobre 2008).
> Récit d’un mouvement à la maison d’arrêt des femmes de Rouen (juillet 2008), par Isa.

3/ LUTTES & RÉVOLTES
> Briser les prismes de l’État.
> Temps de chien.
> Anarcho-autonome.
Adn
> Existe-t-il un gène de flic ?
> Affiche “Crachez ici c’est pour nos fichiers”.
> Expertise génétique, laboratoires & tribunaux.
Prisons pour étrangers
> Affiche “Rassemblement contre la machine à expulser à La Chapelle”.
> Comme une prison qui brûle.
> Affiche “Beau comme des centres de rétention qui flambent”.
> Quand Vincennes a brûlé.
> Liberté pour les inculpés de feu Vincennes !
> L’État isole, renforçons les liens !
Sabotages
> Sur les sabotages de voies de chemin de fer.
> Du sabotage considéré comme un des beaux arts.
> La Caténaire qui cachait la forêt.
> Antiterrorisme : la dépanneuse raconte !
> Un pavé dans les rouages.

4/ TACTIQUES POLICIÈRES & JUDICIAIRES
> « Tactiques d’interrogatoires policiers ».
> Directive de la Direction des Affaires Criminelles et des Grâces (ministère de la Justice).
> Le « cadeau » de la juge antiterroriste.

5/ SOLIDARITÉ
> Quelques réactions sur les comités de soutien de novembre.
> Qu’est-ce que la solidarité ?
> Chronologie des actions de solidarité [avril-décembre 2008].

---------------introduction-----------------------------------------------------

Cette fois, cela n’aura échappé à personne.

Le 11 novembre 2008, suite à des sabotages sur les lignes TGV, une opération de police à grand renfort médiatique est menée à Tarnac, Rouen et Paris. Elle aboutit à l’inculpation de 9 personnes dans le cadre d’une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », deux d’entre elles, Yildune et Julien, sont aujourd’hui en détention provisoire.
La mise en scène médiatique de ces arrestations active un ensemble de mots-clés : terrorisme, ultra-gauche, anarcho-autonome, sabotages, esthétique de la violence, mythe d’Action Directe, semi-clandestinité.
Des termes pas si nouveaux : celui d’ “anarcho-autonome”, fondé entre autres sur une participation à des luttes en dehors des partis et des syndicats, réapparaît lors des mouvements de contestation des présidentielles (manifs sauvages, dégradations de permanences electorales, incendies de voitures...). Mais c’est bien à l’occasion des arrestations du mois de janvier 2008 que police et justice concrétisent cette figure d’une menace intérieure. Fichage “anarcho-autonome” à l’appui, Bruno, Ivan, Isa*, Farid*, Juan* (* surnoms) et Damien sont en l’espace de quelques mois tous les 6 mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et, pour certains, « transport et détention de produits incendiaires ou explosifs », pour d’autres, « tentative de destruction de biens ».
Ivan, Bruno et Damien sont arrêtés alors qu’ils se rendent à une manif devant le centre de rétention de Vincennes avec des fumigènes artisanaux et des crève-pneus, qui deviennent pour la justice et les médias une “bombe à clous”. Ivan et Bruno sont placés en détention préventive et Damien sous contrôle judiciaire.
Quelques jours plus tard, Isa et Farid sont arrêtés lors d’un contrôle des douanes à Vierzon en possession de manuels expliquant des techniques de sabotage, du plan d’une prison pour mineurs et de chlorate. L’antiterrorisme se saisit de l’affaire. Les flics prétendent que l’ADN d’Isa correspondrait à une des 5 traces ADN présentes dans un sac contenant des bouteilles d’essence, retrouvé sous une dépanneuse de flics dans l’entre-deux-tours des présidentielles.
Rapidement, ces deux enquêtes sont jointes en un seul dossier, instruit par les mêmes juges antiterroristes.
La police ratisse alors dans l’entourage des personnes arrêtées et des personnes fichées “anarcho-autonomes” pour trouver qui se cache derrière les ADN manquants. Juan, le frère d’Isa, puis Damien (qui avait été arrêté avec Ivan et Bruno) sont mis en prison car leurs profils ADN correspondraient aussi à ceux de la dépanneuse.
Isa, Juan et Damien, qui nient leur participation à cette tentative de sabotage, sont toujours en détention préventive dans le cadre de cette procédure criminelle ; Ivan, Farid et Bruno ont été placés sous contrôle judiciaire (Bruno s’y est soustrait).

Dans ces affaires de janvier et de novembre, on assiste au même procédé judiciaire, qui construit en amont une théorie d’accusation, l’existence d’une “menace terroriste”, et un profil de coupable, “l’anarcho-autonome”, suffisamment maléable pour être adapté en fonction des besoins. A coups de spécialistes et de déclarations de ministres, on apprend que les “anarcho-autonomes” seraient des centaines, certains seraient potentiellement très dangereux. Voilà ce qui justifie cette répression préventive.
Pour ça, les plus grands alliés sont les médias, qui comme dans tant d’autres histoires vendent de la chair à faits divers, du sensationnel, et diffusent les infos de la police pour transformer des personnes inculpées en coupables évidents. En exploitant les histoires personnelles des inculpés (mode de vie, études, origine sociale...), ils éclipsent le sens des actes reprochés et les luttes dans lesquelles ils s’inscrivent. Ainsi, des sabotages, extraits de tout contexte, deviennent des actes de terrorisme.
Face aux propos tenus par l’Etat et les médias, le choix de porter publiquement notre propre discours sur des arrestations, n’est ni une évidence ni un automatisme. Parfois ce peut être inutile, voire absurde. Cependant, pour les affaires de janvier, nous avons choisi de parler nous-mêmes de ce qui nous touchait directement.
Dès les arrestations, il y a eu plusieurs communiqués et textes publiés sur des sites de “médias alternatifs” afin de donner des infos, de raconter le déroulement des procédures judiciaires... Et, malgré les difficultés, les camarades en prison ont aussi écrit des lettres publiques. Puis est venue l’idée d’une brochure comme une compilation de textes et d’analyses pour informer de ce qui se passait et de ce qu’on en pensait. Tout en se battant pour la libération des copains, nous avons refusé d’utiliser des moyens et des discours en contradiction avec ce pour quoi on lutte.
On a préféré partir de là où on était, s’organiser avec nos propres moyens, nos propres forces.

Ce qu’on a choisi de dire, c’est que les actes dont sont accusés les camarades ont un sens, un contexte, qu’ils participent de révoltes. Et cela nous a paru d’autant plus évident que, dans ces affaires de janvier et de novembre, la justice elle même donne une teneur politique aux affaires. Les inculpés sont accusés d’être des membres d’une supposée organisation terroriste, la « mouvance anarcho-autonome francilienne » (MAAF), dont le mot d’ordre serait la « haine de l’Etat bourgeois et de ses appareils ». C’est clairement le fait de vouloir s’en prendre au système capitaliste qui est aujourd’hui condamnable.
Faire une brochure, c’est tenter d’aller au-delà des aspects matériels liés à la répression (trouver de l’argent pour payer les mandats, préparer une défense juridique...) et ce, même si on sait bien que “l’antirépression” nous contraint pour un temps à la position “défensive”, à aller sur un terrain qui nous est imposé, plus encore que d’habitude, et que des problèmes et des contradictions se posent alors. Cela est d’autant plus difficile qu’on est confronté à des situations de peur, de séparation et d’isolement qui sont souvent accrues lorsque la répression s’intensifie.

Comment parler de cette répression qui nous touche dans nos façons de lutter, parce qu’elle vise des modes d’organisation et des pratiques dans lesquels nous nous reconnaissons ? Comment ne pas se considérer comme des martyrs ni comme des victimes ?
On peut tenter de faire d’une situation de répression un moment de lutte, sur lequel nous devrions être capables de trouver des prises. Choisir le discours que nous voulons porter, défendre des pratiques de lutte inscrites dans leur contexte social.
On a choisi de parler de ces arrestations, avec la certitude qu’elles s’inscrivent dans une réalité politique plus vaste, qu’elles sont liées à la question du système dans lequel on est, à son contrôle, à ses taules... Parce que d’une répression “spécifique” surgissent des questions plus larges qui touchent tout un chacun, l’aspect défensif de l’anti-répression doit s’allier à d’autres batailles. Quand plusieurs personnes se retrouvent en prison, accusées de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, cela devrait logiquement entraîner une solidarité au moins de la part de tous ceux qui participent à la lutte contre les centres de rétention et aux côtés des sans-papiers. Il y a un enjeu, au sein même de cette lutte, à être solidaire des inculpés et à se battre pour leur libération.
Aussi, nous avons fait le choix de parler de la répression au sein des luttes, et non de la penser comme un moment séparé du reste. Et cela parce que la chaîne répressive poursuit toujours le même objectif : arrêter par la force et la violence des actes d’insoumission, qu’ils soient individuels ou collectifs. Parce qu’elle a notamment pour but que tout le monde marche droit, il faut répondre à l’offensive de la manière la plus large possible, et être solidaire non seulement des personnes inculpées, mais aussi des actes reprochés. Lorsque l’Etat s’attaque à un c’est l’affaire de tous.
Mais, et c’est toujours le même problème, comment parvenir à relier les luttes entre elles, sans se retrouver face à une opposition si globale et si abstraite qu’elle en devient paralysante, qu’on ne sait pas par quel bout commencer ? On est sans cesse tiraillé entre la volonté de prendre la critique du monde par un bout et la conviction que c’est un système entier et une logique globale qu’il faut attaquer.
Ce n’est pas une raison pour ne pas tenter le coup. Alors on est partis de ce qu’on vivait, de la volonté de réagir par rapport aux arrestations de camarades. On a parlé de ces arrestations dans des espaces de discussion qui nous sont proches, avec l’idée de les faire exister dans des assemblées de lutte, des lieux où on s’organise politiquement. Faire entendre des voix à la radio, distribuer des textes dans les manifestations, organiser des rassemblements, des concerts de soutien et des discussions, lancer des appels à la solidarité. Par ces biais-là, on souhaite réussir à aller au-delà de ces arrestations, gueuler contre les taules, contre le fichage qui nous enferme tous, assumer le sabotage de ce qui nous emmerde...
C’est pour cela que l’on n’a pas choisi la forme d’un comité de soutien pour les copains de janvier. Evidemment qu’on voulait les défendre et les arracher à la prison, mais il nous était impossible de nous centrer totalement sur eux en oubliant que les prisons sont pleines, et que personne n’a rien à y faire. Du coup, la forme comité de soutien à “Tartempion” nous semblait manquer de perspective, être trop étriquée, décalée avec ce qu’on voulait faire.
Parce que nous luttons contre toutes les prisons, nous avons gueulé « liberté pour tous les prisonniers » en même temps que “liberté pour Tartempion”. Evidemment, ce n’est pas pour autant que s’est développée une grande lutte contre toutes les prisons et le monde qui va avec, mais le cœur y était !

La première brochure Mauvaises Intentions de mai 2008 montre bien les paradoxes dans lesquels on est pris. Relue aujourd’hui, elle nous paraît souffrir des conditions dans lesquelles elle a été faite. L’urgence des premières semaines, la qualification en juridiction antiterroriste (assez angoissante aux premiers abords), tout cela a surdéterminé cette brochure, qui nous semble manquer d’une analyse plus vaste de la situation, des pratiques. Nous avons voulu démonter la catégorie “anarcho-autonome” et ne pas envisager “l’antiterrorisme” comme une juridiction si exceptionnelle, mais comme un traitement judiciaire parmi tant d’autres, qui s’applique en fonction d’un “profil”, et comme un des outils utilisés par l’Etat pour s’autoriser toujours plus de contrôle sur tous. Et si nous sommes restés un peu coincés dans ces catégories, c’est qu’il était nécessaire d’en parler pour tenter de les démonter.
Alors on a décidé de récidiver. Parce qu’on a peut-être aujourd’hui un peu plus de recul, parce que nous avons continué de réfléchir ensemble, et qu’entre-temps de nouveaux événements sont survenus.
Et aussi, pour que reste posée la question des personnes et des actes visés par la répression.
Pour ce qui est des actes reprochés à Isa, Juan et Damien : au-delà de la relative banalité des faits, à savoir la tentative ratée de brûler une bagnole de flics pendant les présidentielles, qui occasionne rarement une instruction antiterroriste de plusieurs mois, c’est bien l’engagement de ces personnes dans des luttes qui a déterminé la teneur de la répression.
Or, cet engagement est une grande part de ce que nous avons partagé avec eux et avec d’autres : la volonté commune d’enrayer la marche de ce système par la réflexion critique, la rencontre, la confrontation et le sabotage. Le sabotage, non pas comme un moment séparé du reste, mais comme une forme d’action parmi d’autres.
Le sabotage qui vient des condamnés à vie au travail à la chaine a toujours été un moyen d’arracher quelques instants de liberté. Il permet concrètement — bien que provisoirement — de perturber, ralentir, casser les dispositifs qui nous contraignent. Parce que chaque caméra est un point faible de la vidéosurveillance, parce que la solidarité de quelques passagers peut rendre inefficaces les décisions de “reconduite à la frontière” des sans papiers, parce que tout chantier de prisons ou de centres de rétention a besoin de machines-outils en bon état de fonctionnement, parce qu’aucun patron ne peut tirer sa plus-value d’un piquet de grève...

[Ce nous qui écrit, n’est pas un nous de groupe constitué ou homogène. Il fait référence à un nous de personnes proches des personnes incarcérées, à une proximité faite d’amitiés, et de luttes.]
georges
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede yves » 27 Jan 2009, 01:33

UN JOURNALISTE VIENT DE DIRE SUR LA TNT QUE CE SERAI DES ALLEMANDS QUI AURAIENT SABOTE LES LIGNES FERROVIERES.... Avez vous des infos sur cette info ????
yves
 
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