de jean » 16 Nov 2008, 19:33
LA NOUVELLE REPUBLIQUE : LA VOIX DE SON MAITRE !
Dans son édition du 12/11/08, La Nouvelle République consacre une page aux
fameux anarcho-autonomes, cette nouvelle ''mouvance'' politique inventée par
le ministère de l'intérieur. Depuis un an, on nous rebat les oreilles sur
ces nouveaux ''terroristes''. Cette campagne de falsification a déjà conduit
des gens en prison, Un exemple parmi d'autres :deux personnes ont été
incarcérées de manière préventive parce qu'elles transportaient des clous et
des fumigènes dans une voiture en se rendant à une manifestation devant le
camp de rétention de Vincennes.
Cette campagne a pris plus de vigueur en raison des ''sabotages'' dont
aurait été victime la SNCF. Le sabotage n'est pas du terrorisme, mais une
pratique militante inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier. Emile
Pouget (un des fondateurs de la CGT) a publié en 1911 une brochure
justifiant le sabotage comme moyen d'action. Sera-t-elle interdite par la
ministre de l'intérieur ?
Que l'on soit d'accord ou pas avec ces formes d'action, amalgamer le fait de
s'en prendre à un outil de travail et tenter de semer la terreur dans la
population ne vise qu'à criminaliser tous les militants s'opposant à la
société capitaliste, en faisant d'eux des terroristes. Militer pour la
régularisation de tous les sans papiers, pour l'arrêt du nucléaire, contre
la culture des OGM devient un acte terroriste pouvant porter atteinte à la
vie d'autrui ou à la sûreté de l'Etat.
Mais la police inspire plus de terreur que des militants : combien de
personnes
se sont défenestrées ou noyées à la seule vue d'uniformes bleus, parce
qu'il
leur manquait le papier que leur refuse le ministère d'Hortefeux ? Le 18
octobre, une femme s'immolait au Mans et décédait le lendemain à l'hôpital
de Tours parce qu'elle ne supportait pas que son compagnon soit expulsé.
La Nouvelle République n'échappe pas à cette propagande. Et publie le
12/11/08, un encart sur la situation en Indre et Loire. « l'ultragauche
[synonyme d'
anarcho-autonomes] tourangelle s'agrège surtout autour des comités de
soutien aux demandeurs d'asile et aux sans-papiers. Il y a une dizaine de
''meneurs''
qui se sont aussi illustrés lors des manifestations contre le CPE et la LRU.
Ils ont, à plusieurs reprises, occupé la faculté des Tanneurs. Ils ont aussi
organisé un squat de sans-papiers place de la Victoire. S'ils ont eu affaire
à la justice, c'est pour des jets de projectiles sur les forces de l'ordre
ou diverses légères dégradations. ».
Une fois de plus la NR est en dessous de tout travail journalistique. Nous
savons qu'il y a un seul Collectif de Soutien aux Demandeurs d'Asile et aux
Sans Papiers en Indre et Loire. Ce pluriel recouvre-t-il aussi RESF 37,
Chrétiens Migrants, voire la CIMADE, qui sur le département, militent aussi
en soutien aux sans papiers et aux demandeurs d'asile ?
La NR affirme qu'il y aurait 10 meneurs : quelles sont ses sources ?
Les militants du CSDASP participent aux luttes universitaires : quoi de plus
normal, puisque plusieurs sont étudiants et qu'ils s'opposent à la
marchandisation de l'éducation. Que d'autres du collectif se sentent
concernés, quoi de plus normal, lorsqu'ils luttent pour des services publics
gratuits et dignes de ce nom !
Le CSDASP lutte aussi sur la question du logement : il interpelle les
autorités pour dénoncer que des hommes, des femmes et des enfants soient
laissés à la rue, qu'ils aient des papiers, ou pas, ou qu'ils soient
français. Il milite pour la réquisition de logements vides : la mairie, la
préfecture ne veulent pas réquisitionner des logements vides, comme les
autorise la loi, alors nous montrons que c'est possible, en ouvrant un squat
à la Victoire avec d'autres.
Mais il n'y a jamais eu de sans papiers à la Victoire. Ainsi donc, pour
conforter son oeuvre de propagande, la NR publie des informations
mensongères !
Le fait que des militants se fassent interpeller lors de manifestations,
cela fait partie, des pratiques régulières de la police, qui cherche aussi à
criminaliser certaines personnes et qui n'hésitent pas à mentir, en sachant
que bien souvent la justice ira dans leur sens. Combien d'entre nous ont
subi des arrestations musclées et ont été accusés d'outrage et/ou de
violence ?
Est-ce que les militants anticapitalistes sont plus destructeurs que les
traders qui ont déjà coûté, au bas mot, 1500 milliards d'euros à la
Communauté européenne et dont les activités spéculatives sont à l'origine de
la misère et la précarité grandissantes en France et dans le monde ? Les
millions de chômeurs à venir en raison de la crise pourront poursuivre
pénalement les capitalistes qui les auront conduit à percevoir le RMI et à
faire appel aux associations caritatives pour pouvoir se nourrir,
s'habiller, obtenir un hébergement ?
Nous ne pouvons passer sous silence le choix de l'expert par ce quotidien :
Jean Phillipe Roy, maître de conférence de sciences politiques à
l'université de Tours. Il déclare « Elle [l'utragauche] me paraît relever de
l'anarcho-syndicalisme, c'est à dire à la fois une vision anarchisante de la
société et une organisation qui essaie de se mettre en place. » Ramener
l'utragauche à l'anarcho-syndicalisme c'est faire preuve d'une profonde
méconnaissance de l'histoire du mouvement ouvrier, de la Révolution
espagnole.
Mais nous laissons les anarchosyndicalistes de Solidaires, de la
Confédération Nationale du Travail ou ceux qui seraient encore à la CGT, le
soin de développer ce point.
Ceci nous confirme que ce quotidien régional est un outil de propagande à la
solde des pouvoirs locaux et la voix de la police.
Plus grave, il y a tout lieu de craindre, que l'encart cité plus haut soit
la version policière de la ''réalité'' de ''l'utragauche'' en Indre et
Loire.
Préfigurerait-il une vague de répression dont nous serions parmi les cibles
? Il devient urgent, qu'à l'échelle locale mais aussi nationale, voire
internationale, la solidarité entre les personnes, organisations politiques,
associations, collectifs, etc. luttant contre l'exploitation et la
domination capitalistes se concrétise. Les classes dirigeantes cherchent à
imposer les élections comme seul espace politique accessible, afin de
pouvoir s'assurer leur pérennité.
Le CSDASP participe à la construction d'une coordination dans le grand ouest
des différents collectifs soutenant les sans papiers, mais cela n'est pas
suffisant.
Réfléchir et agir pour la convergence des luttes. rendra crédible la rupture
avec la société capitaliste pour qu'enfin, les êtres humains soient au
centre des rapports sociaux et en finir avec les profits, l'exploitation et
la domination.
Nous sommes révolutionnaires car nous voulons construire une société fondée
sur les valeurs de liberté, d'égalité sociale et de solidarité.
Tours, le 16/11/08
Collectif de Soutien aux Demandeurs d'Asile et aux Sans Papiers