Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 30 Déc 2012, 11:43

Je propose d'ouvrir un dossier sur l'industrie nucléaire française : coups tordus, corruptions, intimidation, ... Le dossier AREVA est édifiant (on pourrait faire pareil avec Total ou Vinci d'ailleurs) :

Areva va-t-elle offrir un avion au Président nigérien ?

21,3 millions d’euros (14 milliards de francs CFA). La somme figurerait au budget du Niger et aurait été débloquée par Areva, leader mondial de l’énergie nucléaire, en tant qu’« aide budgétaire sans conditions et non ciblée », selon l’opposition. De quoi faire jaser. D’autant que les trois quarts de cette somme devraient servir à financer l’achat d’un nouvel avion présidentiel à Mahamadou Issoufou, le chef d’Etat nigérien, connu pour son goût prononcé pour les déplacements présidentiels. « C’est tout de même un peu gros. Mais si c’était avéré, il s’agirait d’une manœuvre de corruption, face à la menace de pertes d’intérêts qui pèse sur l’entreprise pour l’exploitation de sa mine d’Imouraren », commente Moustapha Kami, président du Collectif des organisations pour la défense du droit à l’énergie (Coddae), l’un des principaux acteurs de la société civile nigérienne.

« Corruption », le mot a également été lâché en France par Stéphane Lhomme, président de l’Observatoire du nucléaire, dans une lettre adressée à Pascal Canfin, ministre du Développement : « Il s’agit donc clairement d’une manœuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger, pour continuer à alimenter les centrales nucléaires françaises », écrit-il. Ce 18 décembre, Areva a envoyé une mise en demeure à l’Observatoire du nucléaire pour le contraindre à retirer ce communiqué sous 24 heures. Areva a également démenti l’existence de ce versement au budget nigérien. De son côté, l’animateur de l’observatoire attend l’avis du ministre du Développement, membre d’Europe Ecologie les Verts, avant d’obtempérer.

Areva exploite plusieurs mines d’uranium au Niger et emploie 2 600 personnes. Elle envisage d’ouvrir à Imouraren « la plus importante mine d’uranium à ciel ouvert d’Afrique ». Son exploitation a été repoussée à 2014, un retard critiqué par le président nigérien, dont le pays dépend à 70% des exportations d’uranium. L’Observatoire du nucléaire a aussi souligné que la menace d’Areva intervient le jour de l’annonce du retrait de l’ONG Sherpa du partenariat conclu en 2009 avec le leader de l’énergie nucléaire. Ce partenariat portait sur la mise en place d’Observatoires de santé pour les populations et les travailleurs de ses mines d’uranium situées au Gabon et au Nord-Niger. Sherpa regrette qu’Areva ait « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage ».
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 31 Déc 2012, 09:48

Sans transition : Anne Lauvergon

L’ancienne patronne d’Areva, leader mondial de l’énergie nucléaire, s’est trouvé une belle sinécure ! Depuis le 29 novembre, elle chapeaute le Conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE), une commission de technocrates qui a d’emblée exclu le nucléaire des débats. Au nom de la « croissance durable », on prônera le consumérisme à tout-va.

Le 29 novembre, le Conseil national du débat sur la transition énergétique a tenu sa première réunion, après quelques difficultés de démarrage : retards, démission d‘un des membres du comité de pilotage, critiques d’organisations environnementales qui refusent d’y participer (Greenpeace, les Amis de la Terre). Son but : animer le débat public pendant les prochains mois pour dégager les grands axes d’une loi de programmation énergétique qui devrait voir le jour mi-2013.

Cette initiative, emmenée par la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, est censée mettre la France sur la voie de la sobriété énergétique (consommer moins), de l’efficacité énergétique (consommer mieux) et de la diffusion massive des énergies renouvelables. On pourrait rester ébahi devant ce beau programme proposé par nombre d’organisations environnementales depuis des années mais à y regarder de plus près, on déchante vite.

La première hypocrisie concerne le nucléaire, d’emblée exclu du débat. On est supposé s’en tenir aux promesses du président de la République : diminution de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025 et fermeture de Fessenheim, la plus vieille centrale de France.

En contrepartie, le maintien à bout de bras du chantier de l’EPR en plein naufrage – trois ans de retard, un coût de 8,5 milliards d’euros au lieu de 3,3 – montre bien la vacuité des promesses « socialistes ».
Enfumage d’« experts »

La deuxième hypocrisie concerne le reste des membres du comité de pilotage : Laurence Tubiana, directrice de la chaire de développement durable de Sciences Po, Jean Jouzel, scientifique renommé et membre du GIEC (Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), Michel Rollier, dirigeant de Michelin de 1996 à 2012, et Georges Mercadal, vice-président de la commission nationale du débat public entre 2002 et 2007. Le 6e siège est réservé à la caution verte de cet aréopage productiviste : Bruno Rebelle, ex-dirigeant de Greenpeace France.

Avec une telle composition, le CNDTE ne proposera pas de réorientation de la politique énergétique du pays.

Les résultats de ce « grand débat » sont donc prévisibles : beaucoup de bonnes intentions, quelques réformes pour favoriser les énergies renouvelables, quelques encouragements à réduire la consommation d’énergie, mais in fine, la poursuite du nucléaire et le dogme de la « croissance ». Or, pour sauver la planète, c’est bien cette logique de croissance infinie dans un monde fini qu’il faut briser.

commission écologie Alternative Libertaire
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 20 Jan 2013, 08:26

Comment Areva laisse mourir ses travailleurs au Niger

Les Français s’éclairent et se chauffent grâce à leur travail : ces centaines de mineurs nigériens qui ont passé 20 ou 30 années de leur vie à extraire de l’uranium pour Areva. De l’uranium qui, importé en France, alimente ensuite nos 58 réacteurs nucléaires. Souvent victimes des effets des radiations, ils souffrent et meurent aujourd’hui dans l’indifférence. Pas question de reconnaître leurs maladies professionnelles. Combien de temps le leader français du nucléaire continuera-t-il à les mépriser ? Reportage.

L’extraction minière d’uranium au Niger serait-elle l’une des activité les plus sûres au monde ? Areva y exploite deux mines depuis le début des années 1970 [1], et emploie aujourd’hui 2 600 personnes. Or, en un demi-siècle, seuls sept dossiers de maladies professionnelles d’employés travaillant dans les mines d’uranium d’Arlit et Akokan, dans le Nord-Niger [2], ont été validés par la sécurité sociale nigérienne. Et sur les sept travailleurs victimes de pathologies professionnelles, cinq sont des expatriés français, indique Ousmane Zakary, du Centre de sécurité sociale de Niamey. Seuls deux mineurs nigériens sont concernés, alors que le personnel nigérien constitue 98% des employés d’Areva sur place. Une performance sanitaire !

L’extraction d’uranium ne serait-elle pas plus dangereuses pour la santé des travailleurs que la culture d’oignon ou de mil ? Les Français, dont une large part de l’électricité est produite grâce au minerai nigérien – qui alimente un tiers des 58 réacteurs nucléaires – doivent-ils se réjouir de l’attention portée par Areva à la santé de ses salariés ?« Les mineurs d’uranium sont exposés à des radiations ionisantes tant par irradiation externe qu’interne. Ils sont exposés dans les carrières d’uranium, les mines souterraines, les usines d’extraction de l’uranium, mais aussi à leur domicile et en ville », décrit pourtant Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission d’information et de recherche indépendantes sur la radioactivité (Criirad). L’organisme a réalisé de nombreuses analyses sur la présence de gaz radioactifs dans l’air, l’eau et l’alimentation à Arlit. Dans cette zone, 35 millions de tonnes de déchets radioactifs sont empilés à l’air libre depuis le début de l’exploitation. Au gré du vent, du gaz radon et ses dérivés s’en échappent. Des substances « classées cancérigènes pour l’homme par l’IARC [Centre international de recherche sur le cancer] dès 1988 », précise l’ingénieur en physique nucléaire.

Pas de suivi médical pour les anciens mineurs

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de maladies professionnelles déclarées ? Soit Areva est effectivement exemplaire, soit ces maladies professionnelles sont dissimulées, écartées des études et des statistiques. Au Centre de sécurité sociale de Niamey, la capitale nigérienne, Ousmane Zakary esquisse une réponse. C’est le médecin des filiales d’Areva en charge de l’extracion (la Somaïr et la Cominak) qui doit alerter la sécurité sociale de l’existence d’une maladie professionnelle au sein de son personnel. Puis un médecin du travail mène une contre-expertise. Or « de nombreux ouvriers se plaignent que le médecin de la Cominak leur pose des problèmes pour déclarer leur maladie professionnelle. On essaye de leur cacher leur situation de santé », témoigne Ousmane.

Pire : seuls les mineurs en activité peuvent recevoir une prise en charge sanitaire de l’État nigérien. « Il n’y a pas de suivi médical pour les anciens mineurs. Pourtant les maladies liées à la radiation se déclarent souvent des années plus tard, décrit Ousmane. « Il y a quatre ans, le directeur adjoint d’Areva au Niger et son DRH sont venus pour en savoir plus sur la situation des anciens mineurs ». Cette visite n’a rien changé : les anciens travailleurs des mines d’uranium du Niger ne sont toujours pas couverts par leur ancienne entreprise ou par l’État.

« Ils sont tous morts ! »

Pourtant, les témoignages de malades ou de familles d’anciens mineurs décédés affluent.« Mon mari faisait partie des premiers agents de la Somaïr. Tous ses collègues sont morts, de cancers, de problèmes de reins, de foie… Parmi ceux qui sont restés, beaucoup sont malades ou paralysés. Mais on ne peut pas dire que c’est lié directement à l’irradiation, il aurait fallu faire des études ! », se désole Hamsatou Adamou, sage-femme, responsable de la maternité du centre médical d’Arlit, puis de la Cominak.

Elle participe chaque semaine à la réunion de l’Association des anciens travailleurs du secteur minier et leur famille (ATMSF), créée en 2009 par Boureima Hamidou. Cet ancien échantillonneur de la Cominak, victime de ce qu’il considère comme un licenciement abusif, cinq ans avant sa retraite, a décidé de se mobiliser pour les mineurs. Dans le local exiguë de l’association, des sexagénaires patientent, tous atteints de paralysie, souffrant d’insuffisance rénale ou de troubles pulmonaires. Des survivants. La plupart des mineurs d’Arlit et Akokan qui ont travaillé entre les années 1970 et 1990 pour le compte d’Areva ne sont plus là pour témoigner. « Ceux qui ont pris leur retraite début 1990 n’ont pas tenu deux ans. Ils sont tous morts ! C’était comme une épidémie ! », décrit Cissé Amadou, qui a travaillé vingt ans comme cadre pour la Somaïr à Arlit.

De l’uranium à pleines mains

Ancien ouvrier de la Cominak, Mamane Sani fait partie de ces chanceux qui ont survécu. Mais à quel prix… C’est l’heure de la prière. Le frêle homme vêtu de son boubou ne parvient pas à laver son pied gauche, selon le rituel musulman des ablutions. Depuis 1992, il est paralysé du côté gauche. Une maladie qui s’est déclarée « trop tard » pour être reconnue. La Cominak n’a pris en charge aucun frais de santé, malgré 25 ans passés à travailler pour la société minière. Dans son travail, Mamane était au contact direct avec le « yellowcake », un concentré d’uranium qui, une fois enrichi, permet de produire de l’énergie nucléaire.

Plusieurs anciens mineurs pointent l’absence de protection : « Je maniais directement l’uranium. Au début, les gants, on ne savait même pas ce que c’était. Il n’y avait pas non plus de masques. Tout ça est venu après », raconte Islam Mounkaïla, président de l’ATMSF, et opérateur de fabrication dans l’usine de transformation de la Cominak pendant 20 ans. Des témoignages assez éloignés des déclarations d’Areva, premier employeur privé du pays, qui affirme avoir « intégré la sécurité comme une composante de son métier et [mettre] en place une politique de prévention depuis le début de son implantation au Niger. »

Areva condamnée pour « faute inexcusable »

Areva a bien créé un comité de santé et sécurité au travail… En 1999, 45 ans après l’ouverture de sa première mine. Le port de gants et de masques de protection est aujourd’hui obligatoire pour tous les travailleurs miniers, souligne Boureima Hamidou, qui dénonce cependant le manque de formation chez les employés. Un progrès bien tardif. « Pour une maladie professionnelle reconnue chez un salarié français ayant travaillé au Niger, combien de morts et de malades dus à la radioactivité – rendus invisibles par les choix d’organisation du travail – chez les travailleurs du Niger et dans la population riveraine des mines et des usines d’uranium dans ce pays ? » s’interroge Philippe Billard, de l’association Santé sous-traitance du nucléaire-chimie. L’ancien « nomade du nucléaire » réagissait à la mise en accusation d’Areva, devant le tribunal des Affaires sociales de Melun, concernant le décès de Serge Venel, cadre de la Cominak de 1978 à 1985, mort d’un cancer. Areva a été jugée coupable de « faute inexcusable » par la justice française. L’entreprise s’est empressée de faire appel.

Vers une action juridique d’envergure ?

Islam Mounkaïla, le président de l’ATSMF, se souvient bien de Serge Venel : « C’était mon chef opérateur. Nous étions beaucoup plus exposés que lui : en tant que mécanicien, il n’intervenait qu’en cas de panne ou d’incident, tandis que nous étions en permanence en contact avec le minerai », explique-t-il, entre deux crises de toux. Si les anciens mineurs nigériens ont souffert des mêmes pathologies que celle qui a emporté Serge Venel, une action juridique d’envergure serait envisageable pour obtenir réparation. « S’ils dédommagent la veuve de Serge Venel, nous sommes des milliers de personnes au Niger à partager son sort, en pire », avertit Boureima, qui attend avec impatience le résultat du procès en appel, qui aura lieu le 4 Juillet 2013 à la Cour d’appel de Paris.

Ce procès servira-t-il la cause des travailleurs nigériens ? « La jurisprudence du Tribunal des Affaires de sécurité sociale de Melun pourrait parfaitement être transposée (…). Dans ce cas, la juridiction compétente serait le Conseil de Prud’hommes, en considérant, comme l’a fait le tribunal de Melun, que la société Areva était leur co-employeur. Cette demande pourrait être présentée par les travailleurs eux-mêmes ou par leur famille en cas de décès », explique l’avocat Jean-Paul Teissonnière, spécialisé sur ces questions.

Toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium

Une véritable bombe à retardement qu’Areva s’est empressé de désamorcer en créant en décembre 2010 l’Observatoire de Santé de la région d’Agadez (OSRA), en réponse aux revendications croissantes de la société civile d’Arlit, de Médecins du Monde et de l’association Sherpa. Ces ONG dénoncent depuis 2003 les atteintes à l’environnement et à la santé des travailleurs des mines d’Areva au Gabon et au Niger. L’objectif : offrir « un suivi post-professionnel des anciens collaborateurs exposés à l’uranium », décrit Areva sur son site internet. Avec une consultation médicale – examen clinique, radiographie pulmonaire pour ceux exposés au minerai, analyse sanguine – tous les 2 ans. L’OSRA doit également assurer un suivi sanitaire des populations de la zone minière, avec une analyse des données indépendantes et scientifiques (registres médicaux des maladies constatées, rapports des hôpitaux, études de cas…) disponibles. Et doit conduire « une étude sur la mortalité des mineurs de 1968 à 2005 afin d’assurer une totale transparence sur l’impact sanitaire de l’activité minière actuelle et passée ».

Transparence, donc. Mais après un an de consultations médicales, toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium ! « Nous avons relevé quatre dossiers problématiques, dont deux révélant des anomalies. Après analyse, le comité médical de l’OSRA a indiqué qu’il n’y avait pas de lien avec l’exposition à l’uranium, mais nous avons souhaité les prendre en charge tout de même. Et là, on entre dans l’action de santé publique, car on leur un offre un suivi médical, même s’il s’avère qu’ils n’ont pas de maladie professionnelle », se félicite Alain Acker, directeur médical d’Areva.

Le sable, plus dangereux que l’uranium...

Dans un rapport [3], Greenpeace met pourtant en évidence une pollution radioactive dans l’air, dans l’eau et dans les nappes phréatiques, et un manque de sensibilisation de la population à Arlit, où « le taux de mortalité des maladies respiratoires (16%) est deux fois plus élevé que la moyenne nationale (8,5%) ». Areva réagit en publiant son propre rapport, Areva et le Niger, un partenariat durable. On y apprend que « la communication de Greenpeace repose essentiellement sur les peurs du public et la désinformation », tandis que les affections allergiques sont dues « aux actions agressives du sable pour les yeux et les poumons et non à l’activité minière comme le laisse supposer Greenpeace » !

Quand le journaliste Dominique Hennequin revient du Niger et du Gabon avec un reportage à charge, Uranium, l’héritage empoisonné, diffusé sur la chaîne Public Sénat, il est rappelé à l’ordre par le porte-parole d’Areva pour avoir osé affirmer que l’accueil organisé par la société minière lui rappelait la Corée du Nord… Mais comment parler de transparence, quand l’OSRA est financé à 100 % par Areva ? « Moins d’un tiers des anciens travailleurs des mines a été recensé : 472 à Arlit et 39 à Agadez. Sur ce tiers, seule une centaine a reçu une visite médicale, décrit Cissé Amadou, l’ancien cadre de la Somaïr.

Opération de communication

« Le pire, c’est que les visites ont été supervisées par le docteur Barazé, médecin de la Cominak pendant des années. Comment un docteur qui n’a jamais relevé de pathologie liée à l’irradiation chez des ouvriers, qui ont tous trépassé deux ans après leur départ de la mine, pourrait revenir sur son diagnostic aujourd’hui ? », poursuit Cissé Amadou. Après trois ans de partenariat avec l’OSRA, l’association Sherpa a annoncé le 18 décembre 2012 son retrait. Pour l’ONG, la nouvelle direction d’Areva a « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage. ». L’avenir de ce « dialogue exemplaire et sans précédent entre des Autorités nationales, les organisations non gouvernementales (ONG) et un partenaire industriel responsable », selon les mots d’Alain Acker, directeur médical d’Areva, semble bien compromis.

Pour Bruno Chareyron, de la Criirad, le suivi post-professionnel de l’Observatoire de santé est de toute manière biaisé, Areva ne prenant en compte qu’une « liste périmée et incomplète » de maladies professionnelles induites par la radioactivité, estime l’ingénieur. « Les connaissances actuelles sur les effets des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnement montrent que les atteintes à la santé concernent de nombreux types de cancers et l’ensemble des fonctions vitales. Il peut s’agir d’atteintes cardiovasculaires, de maladies rénales ou d’affections neurologiques, et pas seulement de cancer broncho-pulmonaire, de sarcome osseux ou de leucémie. » Autant de mots posés sur les maux d’Islam, qui souffre de « lourdeur dans la joue, la main et le genou droit », de Mamane, à moitié paralysé, d’Aboubacar Ilitimine, foreur à la Somaïr depuis 1976, qui souffre d’insuffisance rénale… Comme de nombreux anciens travailleurs miniers nigériens.

Ces anciens travailleurs pourraient aussi faire jouer leur « préjudice d’anxiété », pour obtenir des dommages et intérêts, comme ceux reconnus [4] pour les salariés non malades exposés à l’inhalation de poussières d’amiante. « Dans l’hypothèse où le lien de causalité serait trop difficile à établir, nous pourrions envisager devant le Conseil de Prud’hommes des demandes au titre du préjudice d’anxiété lié à une exposition fautive à la radioactivité, dans des conditions de danger que l’employeur, en l’occurrence Areva, ne pouvait ignorer », expose Jean-Paul Teissonnière. L’avocat, spécialisé sur les questions sanitaires vient d’obtenir entre 5.000 et 30.000 euros de dommages et intérêts pour les salariés de la société Eternit non malades exposés à l’amiante. Qu’elle soit juridique ou politique, la solution qui permettra aux anciens travailleurs miniers nigériens d’obtenir une prise en charge médicale doit être trouvée au plus vite.

Emmanuel Haddad

Lire aussi : L’industrie nucléaire française procède à un véritable pillage au Niger
Notes

[1] Du temps de la Cogema, qui fait partie d’Areva.

[2] Gérées par les sociétés Somaïr et Cominak, dont Areva est l’actionnaire principal respectivement à 63,4% et 34%.

[3] Abandonnés dans la poussière

[4] Par la chambre sociale de la Cour de Cassation du 11 mai 2010
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 21 Jan 2013, 17:41

Areva au Niger, Lhomme qui dérange

Le 1er février, le militant antinucléaire Stéphane Lhomme sera appelé à la barre, après avoir dénoncé la corruption d’Areva au Niger. Dans ce pays frontalier du Mali où l’armée française opère depuis une dizaine de jours, la France prend un tiers de l’uranium dont elle a besoin. Non sans quelques arrangements, s’insurge le militant.

« Tu vois, nous sommes le quatrième pays producteur d’uranium au monde et nous n’avons même pas de lampadaires. » Maina, membre de l’association Alternative Niger, marche à tâtons dans les rues de Niamey, dépourvues d’éclairage public. Ce qui l’énerve le plus, c’est de savoir que l’uranium nigérien, extrait par Areva et exporté vers la France, éclaire au même moment les routes et les places publiques françaises. Le paradoxe est saisissant : tandis qu’un tiers du minerai jaune utilisé par les 58 réacteurs nucléaires français provient du pays de Maina, le Niger importe les trois quarts de son électricité du Nigéria.

Maina ignore toutefois qu’en France, ce paradoxe exaspère au moins autant que lui Stéphane Lhomme, le fondateur de l’Observatoire du Nucléaire. Depuis sa vigie citoyenne basée à Saint-Macaire, en Gironde, il surveille les moindres faits et gestes de l’industrie nucléaire française, des malfaçons de l’EPR de Flamanville construit par EDF aux manœuvres d’Areva pour s’accaparer, depuis plus de 40 ans, l’uranium nigérien à un coût réduit.

Dans cette lutte à la David contre Goliath, le militant écologiste est tombé sur une arme de taille le 11 décembre dernier : selon l’AFP Areva aurait offert 26 millions d’euros au Niger pour boucler son budget 2013 et une partie de ces fonds va être utilisée par le gouvernement nigérien pour acheter un nouvel avion présidentiel à Mahamadou Issoufou. « Ce don est une humiliation pour les citoyens du Niger », estime-t-il. Car en parallèle, l’Etat nigérien ne tire que 5% de son PIB des recettes de l’exploitation de l’uranium. Ni une ni deux, il publie un communiqué pour dénoncer un acte de « corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral », de la part d’Areva, qui entend ainsi « perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger. »

Stéphane Lhomme souligne que le cadeau budgétaire d’Areva vient mettre un terme aux critiques du gouvernement, qui multipliait récemment les prises de parole pour dénoncer le manque-à-gagner du Niger face à Areva : « Les déclarations faites de temps à autre par des politiciens nigériens visent plus certainement à obtenir quelques avantages de la part de l’ancienne puissance coloniale, mais assurément pas à remettre en cause le "business de l’uranium", qui n’a pourtant rien apporté de bon au peuple du Niger, qui reste un des plus défavorisés de la planète... » Du côté d’Alternative Niger on s’interroge : « Si c’est un cadeau, quelle est alors la contrepartie qu’attend Areva ? »
Uranium contre réélection

Le problème, c’est qu’Areva dément tout transfert monétaire aux autorités nigériennes et attaque dans la foulée L’Observatoire du Nucléaire pour diffamation. Et bien que l’AFP, avait recueilli l’information de la bouche même du président du groupe parlementaire du parti au pouvoir, le gouvernement nigérien dément aussitôt avoir reçu le moindre franc CFA de la part de l’entreprise française. Le 1er février 2013, le militant anti-nucléaire devra se défendre face aux avocats d’Areva. Ce procès met en péril l’existence de l’Observatoire du nucléaire qui, outre les frais de justice, risque une amende de 25 000 euros.

Inquiet mais pas abattu, Stéphane Lhomme est revenu quelques semaines plus tard, en 2013, avec un nouvel argument pour dénoncer les relations clientélistes entre Areva et le Niger. Le 14 janvier, il publie le compte-rendu confidentiel d’une réunion tenue en novembre 2012 entre trois membres de la direction d’Areva et M. Hassoumi, le directeur du cabinet de la présidence de la République nigérienne. On y apprend qu’Areva s’apprête à distribuer 35 millions d’euros au gouvernement nigérien, « en prenant en compte le manque à gagner généré par le report probable du projet Imouraren ». Imouraren, c’est la future plus grande mine d’uranium d’Afrique située au Nord-Niger, avec des réserves de 100 000 tonnes d’uranium, détenue à 57% par Areva. Confirmée, la promesse de transfert d’Areva au Niger, malgré son démenti officiel un mois plus tard ! Le leader français va d’ailleurs se contredire en janvier 2013 en annonçant officiellement qu’il versera bien 35 millions d’euros à l’Etat sahélien.

Les révélations du document confidentiel ne s’arrêtent pas là. Les représentants d’Areva y annoncent que la mine d’Imouraren ne sera pas inaugurée avant mi-2016, voire en 2017. M. Hassoumi rappelle alors aux représentants d’Areva que « l’année 2015 est une échéance politique importante qu’il convient de ne pas dépasser pour un démarrage du projet Imouraren », car l’ouverture de la mine « correspond à un projet majeur du président ». Sur ce, ils s’engagent à avancer le lancement de la production à 2015. Interprétation du président de l’Observatoire du Nucléaire : « dans la mesure où l’entreprise Areva pourra continuer à s’accaparer à bas prix l’uranium du Niger, elle organisera à la mi-2015 une jolie cérémonie pour simuler le début de la production d’uranium à Imouraren et permettre ainsi au Président nigérien sortant d’en tirer parti pour sa réélection début 2016. »

Dans l’attente de son procès, qu’il envisage désormais avec confiance, le militant réitère ses accusations contre Areva. Il a même trouvé le temps de publier sur Rue89 une tribune où il déclare que la guerre au Mali n’a d’autre visée que de sécuriser l’approvisionnement français en uranium. Il est égalament à l’initiative d’une cyberaction lancée le 15 janvier incitant les citoyens français à demander la vérité sur l’avion présidentiel d’Areva au Niger.
Mise sur écoute, gardes à vue...

Stéphane Lhomme n’en est pas à son premier combat contre l’industrie nucléaire. Porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire entre 2002 et 2010, il avait publié en novembre 2003 un document confidentiel défense, où l’on apprenait que le futur réacteur EPR était vulnérable à une attaque d’avion. Or ce réacteur de troisième génération, qui s’est depuis révélé plus coûteux que rentable, était alors l’espoir commercial d’EDF. Face à ce militant zélé, le fournisseur d’électricité publique avait donc opté pour la méthode forte et placé M. Lhomme sur écoute avec la collaboration de l’entreprise suisse SecureWyse. Le militant écologiste subira aussi deux gardes à vues et une perquisition, histoire de calmer sa curiosité mal placée.

Malgré le soutien parlementaire et médiatique, il n’a toujours pas obtenu justice face à EDF : « Après avoir déposé plainte contre EDF pour complicité et recel d’intrusion frauduleuse dans un système informatique, j’ai été entendu à deux reprises par les gendarmes, la seconde fois en décembre 2010. Depuis, le Parquet fait le mort ! La plainte n’est pas classée... ni instruite. Il est clair qu’il y a une volonté de ne rien trouver », estime le militant.

Le 1er février prochain, il espère que cette fois la justice lui donnera raison face à Areva. Et que que l’écho médiatique du procès enverra un signal de solidarité à Maina et aux Nigériens, toujours privés d’éclairage public.
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede Nico37 » 30 Jan 2013, 23:54

Rassemblements devant les préfectures vendredi 1er février à 18h

Fédération Anti-nucléaire Bretagne
6 rue de la Tannerie – 56000 VANNES
Email : fan-bretagne@laposte.net - Tel : 06 65 72 31 66
Communiqué du 14 janvier 2013 :

AREVA ne fera la loi ni en Bretagne, ni en France, ni au Niger ni ailleurs !

En Bretagne, en juillet 2008, Sortir du nucléaire Cornouaille avec l’appui scientifique de la CRIIRAD, pointait des pollutions radioactives inadmissibles dues à l’exploitation de l’uranium dans plus de 20 sites miniers d’AREVA. Des chemins de randonnée présentaient un niveau radioactif 20 fois plus élevé que le niveau naturel. 4 ans plus tard, le pollueur AREVA n’a pas entrepris une seule action de décontamination ou de radioprotection vis-à-vis de la population malgré la relance constante de l’association Rozglas (Morbihan).

En France, la situation intolérable des 200 anciennes mines a fait se regrouper cet été, les associations locales concernées ainsi que l’association AGHIR IN MAN du Niger en un Collectif Mines Uranium afin qu’AREVA ne fasse la loi ni en France ni au Niger ni ailleurs.

Et pourtant c’est bien ce que compte faire AREVA en assignant en justice l’Observatoire du nucléaire, le 1er février au TGI de Paris. Dans un communiqué du 11 décembre 2012, l’Observatoire du nucléaire* dénonçait le « curieux don » de l’industriel français AREVA avec le versement de 26 millions d’euros dont la majeure partie affectée à l’achat d’un avion au président nigérien. Ce 7 janvier 2013, l’Observatoire du nucléaire a interpellé à travers des lettres ouvertes, le président de la République française, François Hollande, le premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre chargé du développement Pascal Canfin. A ce jour, aucune explication n’a été donnée sur les agissements d’AREVA. A cela s’ajoutent le fonctionnement opaque et stérile des Observatoires de santé au Niger et au Gabon, la violation de la réglementation pour le gisement d’Imouraren au Niger, l’affaire surpayée URAMIN visant à faire acheter des EPR par l’Afrique du Sud, des pratiques douteuses pour acheter la complicité de villageois de PINEHOUSE situé dans les grandes mines d’uranium au nord de la province de Saskatchewan au Canada. Et cette liste n’est qu’un petit aperçu des faits récents.

Aussi la Fédération anti-nucléaire Bretagne demande que cesse l’impunité d’AREVA. L’extraction scandaleuse de l’uranium qui ne laisse qu’un héritage empoisonné aux générations actuelles et futures, doit aussi cesser. Elle salue l’action courageuse de l’Observatoire du nucléaire et lui apporte son entier soutien.

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne appelle tous les citoyens épris de transparence, de justice et de démocratie à exprimer leur solidarité en se rassemblant, bâillonnés, devant les préfectures et sous-préfectures de Bretagne le Vendredi 1er Février, 18h, jour l’assignation à comparaître de l’ « Observatoire du nucléaire ».

*consulter : http://observ.nucleaire.free.fr

Contacts presse :
Alain Rivat : 06 65 72 31 66
Chantal Cuisnier : 06 84 14 58 87
Cedric Cadoret : 02 56 22 02 37

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement anti‑nucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire.

Plateforme disponible sur les sites www.stop-nucleaire56.org et www.sortirdunucleairecornouaille.org
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 10 Fév 2013, 12:07

2012 - La face cachée du nucléaire français

Depuis 40 ans, le développement du nucléaire est justifié au nom de « l’indépendance énergétique » de notre pays. Pourtant, avant même la fermeture de la dernière mine d’uranium française, en 2001, le combustible nécessaire aux centrales françaises était importé en grande partie. Il l’est maintenant en totalité. Si les sources d’approvisionnement se sont diversifiées, le sous-sol africain a été historiquement, et reste encore aujourd’hui indispensable au fonctionnement de notre parc électronucléaire.

Comment peut-on alors parler d’indépendance énergétique ? C’est simple, il suffit à nos dirigeants de considérer que le sous-sol des anciennes colonies françaises continue d’appartenir à l’ex-métropole, ou de payer l’uranium à un prix tellement dérisoire qu’il en devient négligeable.

Présence d’Areva sur le continent africain

En intervenant au Mali, la France cherche à conforter son rôle de "gendarme" en Afrique. La situation géopolitique complexe - voir à ce sujet le dossier de l’association Survie "Les zones d’ombres de l’intervention française au Mali - ne doit pas occulter la volonté de notre pays de garder la mainmise sur le Sud du Sahara, et notamment sur son sous-sol riche en pétrole et uranium. L’accès à ces ressources, pillées depuis des décennies, fait en ce moment l’objet d’une protection rapprochée, comme l’a montré l’envoi de troupes sur la mine d’uranium d’Imouraren, au Niger.

Ce coup de projecteur sur la région fournit l’occasion de faire le point sur la présence d’Areva en Afrique.

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La mission de Survie se concentre principalement sur la lutte contre la Françafrique. Elle mène des campagnes d’information et d’interpellation des citoyens et des élus pour une réforme de la politique de la France en Afrique et des relations Nord-Sud. Tout comme le Réseau, elle se compose de nombreux groupes locaux, présents sur tout le territoire français. Survie et le Réseau travaillent régulièrement ensemble, notamment au travers du collectif "Areva ne fera pas la loi au Niger".
Survie, le Réseau "Sortir du nucléaire"et le collectif Areva ne fera pas la loi au Niger demandent à Areva, entreprise à capitaux publics :

- une suspension immédiate de tous les projets miniers tant que des conditions d’exploitation respectueuses de l’environnement et de la santé des travailleurs et des populations locales ne sont pas garanties par une expertise indépendante reconnue par l’État hôte et par la société civile locale ; le référentiel doit être a minima celui de la réglementation française en la matière.

- le versement de taxes ou contributions par Areva aux États hôtes, confiées à une gestion indépendante spécialisée pour la remise en état des sites après extraction, la dépollution des sites en exploitation et de leurs abords (confinement des stériles et déchets radioactifs, collecte des objets et ferrailles contaminés...).

- Le respect de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, notamment par l’association étroite des populations locales aux décisions liées à la gestion des ressources en eau et à l’utilisation des terres.

- la contribution financière d’Areva à la mise en place pour tous les ex-travailleurs des mines et les populations vivant à proximité d’un examen médical complet, d’une évaluation rétrospective des doses subies, d’un suivi sanitaire à long terme réalisé par des organismes médicaux indépendants et l’indemnisation des préjudices subis.

Pour en savoir plus : téléchargez ou commandez le fascicule 4 pages consacré au thème "Areva en Afrique"
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 22 Fév 2013, 22:47

Australie : un Aborigène déjoue les projets de mines d’uranium d’Areva

Face aux 14 000 tonnes d'uranium logées dans les terres septentrionales d'Australie, Areva nourrissait de grandes ambitions. Le gisement était estimé à 2 milliards de dollars. Mais le géant du nucléaire français peut mettre au placard ses permis d'exploitation et ses velléités minières : des Aborigènes ont gagné le combat qu'ils menaient depuis des décennies contre les mines qui devaient être creusées sur leur territoire de Koongarra.

[21 Février 2013]

Après la découverte de gisements d'uranium en 1970, cette zone d'une douzaine de km2 avait été exclue du parc national de Kakadu, se retrouvant de ce fait privée de protection légale. La bataille de ces Aborigènes, et en premier lieu du propriétaire traditionnel de cette terre, Jeffrey Lee, a permis de la classer l'année dernière au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco, puis de la réintégrer pleinement, en février, au parc national.

En 2011, une délégation australienne avait ainsi fait le voyage jusqu'à Paris pour rencontrer le comité de l'Unesco et le convaincre de classer le site. Selon un média australien, “le gouvernement a déclaré que le géant de l'énergie Areva avait formellement demandé que la nomination de Koongarra soit retirée de l'agenda de la rencontre”. Le journal avance également que Jeffrey Lee a reçu “d'énormes pressions” pour cesser d'entraver les projets miniers d'Areva, et aurait pu devenir “l'homme le plus riche d'Australie” s'il avait cédé. “Il est légitime d'estimer que ces offres d'Areva relevaient de la corruption, pas nécessairement sur le plan juridique mais assurément sur le plan moral”, accuse l'Observatoire du nucléaire.

Quoi qu'il en soit, Jeffrey Lee a fait savoir, que “le fait que les Blancs m'offrent ceci ou cela ne m'intéresse pas”, et qu'il n'était pas “intéressé par l'argent. J'ai un travail. Je peux acheter de la nourriture, je peux aller pêcher et chasser”. Il explique aussi : “J'ai dit non aux mines d'uranium à Koongarra, car je crois que la terre et les croyances propres à ma culture sont plus importantes que l'exploitation minière et l'argent. L'argent va et vient, mais la terre est toujours là, subsiste toujours si nous nous en occupons, et s'occupera toujours de nous. ”
Le Monde
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede altersocial » 19 Sep 2013, 11:55

Areva-Tricastin : le directeur veut « une photo d’un militant, un chien sur lui »

Areva a désavoué le directeur de son site du Tricastin après la publication par Rue89 d’un de ses e-mails dans lequel il disait vouloir punir sévèrement toute nouvelle tentative d’intrusion sur le site nucléaire.

Lorsqu’on a lu l’e-mail pour la première fois, on a cru à un canular. Pourtant, il semble bien que le directeur du site d’enrichissement d’uranium Areva-Tricastin (Drôme) ait demandé au responsable de la sécurité du site de :

« Prendre les mesures les plus strictes en cas de tentative d’intrusion sur le site et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je souhaite une photo d’un militant au sol, un chien sur lui, si cela devait arriver. »

:arrow: lire la suite
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede Pïérô » 27 Nov 2014, 15:54

La santé financière d’Areva ? C’est Tchernobyl !

Areva, auto-proclamé « leader mondial de l’énergie nucléaire et acteur majeur des énergies renouvelables » (d’après la page d’accueil de son site web) est en pleine débâcle. En cette mi-novembre 2014, la presse nationale se fait largement l’écho de la santé financière catastrophique de l’entreprise, dont le capital est détenu à 87 % par l’État français.

... http://www.sortirdunucleaire.org/La-san ... Tchernobyl
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede Pïérô » 21 Mar 2015, 21:46

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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede bipbip » 27 Mar 2015, 13:01

Décontamination de Fukushima : un audit dénonce des millions de dollars gâchés, notamment au profit d’Areva

Selon un audit officiel du gouvernement japonais, plus du tiers des fonds publics alloués à la décontamination de la centrale de Fukushima après la catastrophe de 2011 aurait été dépensé en vain. Soit plus de 500 millions de dollars. Le rapport dénonce le fait que la majorité du travail de décontamination ait été confié à une seule entreprise, sans transparence ni appel d’offres. Il revient aussi sur les centaines de millions de dollars dépensés pour des machines de décontamination de l’eau fournies par Areva, et qui n’ont quasiment jamais fonctionné.

... http://multinationales.org/Decontaminat ... ars-gaches
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede bipbip » 13 Juil 2015, 00:21

Le véritable bilan annuel d’Areva : au-delà de la crise industrielle, le coût social et écologique du nucléaire

Après ceux sur Total, Engie et EDF, l’Observatoire des multinationales publie ce jour le « véritable bilan annuel » d’Areva. Alors que le groupe nucléaire public traverse une crise sans précédent, ce document montre en que derrière les affaires et les fiascos auxquels est confrontée Areva, c’est tout un modèle industriel lourd de conséquences qui devrait aujourd’hui être remis en cause.

La quasi faillite d’Areva n’a rien d’une surprise. Il est facile d’accuser les dérives de l’« affaire Uramin » ou des facteurs prétendument « conjoncturels » comme la catastrophe de Fukushima, l’explosion des coûts de l’EPR, ou la baisse du cours de l’uranium. La faillite d’Areva provient d’abord des décisions financières, politiques et industrielles prises par la direction de l’entreprise, dont, rappelons-le, l’État français et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), sont les principaux actionnaires. Et aussi d’un certain aveuglement sur la réalité du monde et sur la place que peut y occuper l’industrie nucléaire : son acceptabilité sociale problématique, les risques qu’elle fait peser sur son environnement et ses personnels, et ses coûts financiers extrêmement élevés.

... http://multinationales.org/Le-veritable ... le-le-cout
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede bipbip » 31 Juil 2015, 00:51

Rapprochement Areva-EDF : un meccano industriel aux conséquences lourdes

Arrêtons les frais, sortons du nucléaire !

Alors que l’État se précipite au chevet d’Areva et qu’un rapprochement entre Areva et EDF se concrétise, le Réseau “Sortir du nucléaire“ alerte sur les conséquences du plan de sauvetage qui se prépare. Entre meccano industriel, recapitalisations et suppressions de postes, la voie choisie par le gouvernement est sans issue : coûteuse pour les Français et surtout dangereuse pour la sûreté. Le gouvernement ferait mieux de saisir l’occasion de cette crise pour engager une rapide sortie du nucléaire.

Un meccano industriel sans issue

EDF s’apprête donc à devenir actionnaire majoritaire d’Areva NP, reprenant l’activité construction de réacteurs. Déjà endettée à hauteur de 34 milliards d’euros [1], confrontée au montant démesuré des travaux de prolongation des centrales, EDF risque d’être entraînée dans sa chute par cette opération. EDF et Areva étant toutes deux des entreprises majoritairement détenues par l’État, ce sont les Français qui feront les frais de ce jeu de meccano, indirectement en tant que clients d’EDF qui financera ce rachat par l’augmentation continue de ses tarifs, et directement en tant que contribuables pour permettre à l’Etat de recapitaliser Areva dans son ensemble.

En pleine période d’austérité, et alors même que les investissements nécessaires à la transition énergétique ne sont pas au rendez-vous, il est indécent que les contribuables paient pour les délires des dirigeants d’une industrie mortifère.

Des économies sur le dos des travailleurs et de la sûreté ?

Les travailleurs du nucléaire seront les premières victimes de la mégalomanie d’Areva. Il est question de 3000 à 4000 suppressions de postes parmi les salariés français d’Areva (et quid des sous-traitants ?). Alors qu’il n’est pas question qu’Areva réduise ses activités, on peut légitimement s’interroger sur les impacts à venir sur la dégradation de leurs conditions de travail et, in fine, sur la sûreté des installations. Il faut craindre que les économies qu’est censée réaliser Areva ne se traduisent par des économies sur la maintenance.

En l’absence de remise en question du nucléaire, la poursuite des activités d’Areva en rognant sur les emplois et la sûreté préparera donc non seulement la casse sociale, mais aussi les conditions propices à une catastrophe !

La faillite d’Areva, une opportunité pour engager la sortie du nucléaire !

La faillite d’Areva était prévisible, entre les déboires de l’EPR de Flamanville et celui d’Olkiluoto, le fiasco d’Uramin, et l’aveuglement général sur le déclin du nucléaire dans le monde. L’agonie de la filière nucléaire était déjà amorcée avant Fukushima, et il est inutile de pratiquer l’acharnement thérapeutique.

Plutôt qu’un entêtement dans des erreurs stratégiques graves (licenciements secs dans les énergies renouvelables, tarifs du retraitement à La Hague renégociés pour permettre la poursuite à tout prix de cette activité polluante et inutile), une vraie reconversion d’Areva serait nécessaire. La crise de la filière nucléaire est l’occasion d’engager un plan de sortie, en commençant par la fermeture dès maintenant des réacteurs vieillissants (et en premier lieu Fessenheim), ce qui éviterait de dépenser de 55 à 250 milliards dans leur rafistolage et permettrait d’investir largement dans les énergies renouvelables.

Pour éviter une catastrophe industrielle, l’État devrait dès maintenant préparer la reconversion de la filière nucléaire vers des structures industrielles destinées à gérer la mise en sécurité des montagnes de déchets, le démantèlement des réacteurs et installations nucléaires, les résidus miniers... et un plan de reconversion des travailleurs du nucléaire, en particulier dans les énergies renouvelables.


Notes
[1] et contrainte par ailleurs de rembourser 1,37 milliards d’euros d’aide d’État

http://www.sortirdunucleaire.org/Rappro ... striel-aux
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede bipbip » 02 Aoû 2015, 00:26

Areva : fuite en avant malgré la faillite

Proche de la banqueroute, Areva va voir son activité réacteurs reprise en partie par EDF. Tous les moyens sont bons pour sauver le soldat Areva… au risque de faire payer la facture aux contribuables, aux consommateurs et aux travailleurs du nucléaire.

... http://www.sortirdunucleaire.org/Areva- ... a-faillite
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Re: Areva : les eaux troubles de l'énergie nucléaire

Messagede Pïérô » 19 Aoû 2015, 07:23

La scission d’Areva, nouvelle péripétie dans l’histoire mouvementée du nucléaire français

Avec 4,8 milliards d’euros de pertes en 2014 et des provisions qui s’enchaînent, les comptes d’Areva n’en finissent pas de s’enfoncer dans le rouge. Cet accident industriel et financier (près de 8 milliards d’euros de pertes cumulées depuis quatre ans : -2,4 en 2011, -0,1 en 2012, -0,5 en 2013), ce “Crédit Lyonnais en puissance”, est devenu aujourd’hui un dossier politique. Le gouvernement, qui exige une « refonte de la filière nucléaire », envisage une recapitalisation de l’entreprise et somme Areva et EDF de s’entendre.

... http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1723
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