Lutte contre aéroport de Notre-Dame-des-Landes (2009-2012)

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede K.O.A.L.A » 25 Déc 2012, 15:07

Retour sur l’occupation du chantier Vinci du centre commercial Alma à Rennes et du bétonnage de la grue principale

Ce mercredi 19 décembre, nous étions une trentaine à investir le chantier du centre Alma à Rennes géré par CMA, une des nombreuses filiales de la multinationale Vinci, spécialiste du bétonnage de terres et concessionnaire du futur aéroport de Notre Dame des Landes. L’extension du centre commercial le destine à devenir le plus important de Bretagne.

Malgré le déclenchement d’une alarme lors de notre entrée et l’arrivée prématurée des vigiles (à qui nous avons d’abord fait croire que nous travaillions sur le chantier), nous avons décidé de poursuivre l’action. Celle-ci a consisté, en plus de l’invasion du chantier :
- de la pose d’une banderole sur la grue principale : « Solidarité avec la ZAD »
- de l’installation de mannequins sur la plus haute plate forme de la grue faisant croire à une occupation humaine, pour nécessiter l’intervention du GIPN
- du blocage de l’accès à la cabine de la grue, en obstruant une des plate formes d’accès située à 20 mètres par un plancher couvert d’une dalle de parpaings, eux-mêmes reliés par des rails métalliques et coulés dans du béton.

Pendant notre occupation, aucun camion de livraison n’a pu entrer sur le chantier, certains repartant tandis que d’autres stationnaient en perturbant la circulation aux abords de la zone.

Le chantier n’a pas pu démarrer et aucun des ouvriers de Vinci n’a pris son poste durant notre présence.

Alors qu’ils étaient rassemblés autour des préfabriqués, nous sommes allés à leur rencontre pour distribuer un tract autour d’un petit déjeuner. Encore une fois, le contact avec les ouvriers s’est révélé très positif, et certains nous ont même remercié de leur épargner une journée de boulot sous la pluie, en nous demandant de « tenir jusqu’à samedi ». Nous avons d’ailleurs retrouvé l’un de ceux présents lors de la précédente occupation du chantier Vinci de Saint Hélier, qui nous a confirmé que l’ensemble du personnel (intérimaires compris) avait été payé malgré l’arrêt des travaux pour la journée.

Alors que les rapports avec les ouvriers ont été bienveillants, voir complices, la relation avec les cadres est restée tendue, ces derniers collaborant pleinement avec la police.

Tout au long de l’occupation, des flics en civils ont rôdé sur le chantier et aux alentours, surtout préoccupés par le risque de dégradation et l’utilisation de la grue par les militants.

Le rassemblement public appelé à 9h nous a rejoint une trentaine de minutes plus tard, au moment où la brigade d’intervention de la police nationale débarquait pour nous expulser (coïncidence ?). Une quinzaine de flics légèrement équipés, coordonnés par des civils présents à l’intérieur du chantier, nous ont chargés au pas de course, nous obligeant à nous échapper par un accès d’urgence.

Aucune arrestation n’est à constater.

A midi, un ouvrier chargé par une énorme nacelle était encore en train de dégager la dalle de béton, et il semblerait que l’activité sur le chantier ait repris péniblement dans l’après midi.

Cette occupation/blocage fait suite aux différentes actions qui ont eu lieu à Rennes : occupation du chantier Vinci St Hélier du 14 novembre, perturbation du conseil municipal du 10 décembre, ravalements des façades de la mairie, du local du PS et de Rennes Métropole, rassemblement devant la préfecture... Nous affirmons ainsi notre solidarité avec les résistants de la ZAD face à l’occupation militaire du bocage et notre opposition au projet d’aéroport.

Étendre le conflit au-delà de la ZAD nous paraît nécessaire afin de multiplier les foyers de lutte et diffuser des pratiques offensives contre les responsables politiques du projet et les entreprises associées comme Vinci. Nous relayons à nouveau l’appel de la ZAD à engager des actions partout où sont implantés les promoteurs de l’aéroport.

NI VINCI NI AILLEURS NON A L’AEROPORT !

Les occupants du chantier du centre commercial Alma
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 25 Déc 2012, 17:18

Décorations de Noël : Florian, l’adolescent qui illumine Notre-Dame-des-Landes 24/12

Supporter du FC Nantes et passionné d’illuminations, Florian Candille est contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mais pour « donner du bonheur aux gens ».

Au cœur du site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, vit la famille Candille. Le fils, apprenti cuisinier, est fou de décorations de Noël. Cet adolescent a enguirlandé sa maison. TF1 devrait se rendre chez Florian Candille ce 24 décembre 2012. Le reportage sera diffusé au journal télévisé de 13 h dans les prochains jours.

L’histoire

À Notre-Dame-des-Landes, au moins un jeune qui ne passe pas pour être un illuminé. Florian Candille, 16 ans, est juste raide dingue d’illuminations de Noël. Papa, maman, Aurélie sa sœur et lui vivent depuis fin septembre à 500 m à vol d’oiseau de la Zad (Zone à défendre).

Au cœur de cette ambiance électrique, l’apprenti cuisinier en formation au Château de La Groulais, à Blain, appuie sur l’interrupteur chaque soir à 18 h. Hé hop, tout s’éclaire d’un coup autour du pavillon familial.

Florian a « tout installé » : une piste de ski « faite maison », une crèche, six Pères Noël en vinyle, 70 m de guirlandes autour de deux chênes, 30 m autour d’un peuplier, un « christmas tree » (arbre de Noël) de trois mètres de haut…

« J’ai enroulé des guirlandes autour d’un mât en ferraille. On fait ça en Amérique, en France, on n’en voit pas ». « Il a un esprit créatif et a bon goût, explique Guylène, sa mère. Et puis, ces lumières, ces éclats et ces reflets apportent beaucoup de gaîté dans une zone où il y a de la violence et de la tension ».

« Les gens ralentissent, s’arrêtent… »

Florian allume-t-il un feu de joie dans un Notre-Dame-des-Landes sous les feux des projecteurs ? Un peu mon n’veu. Marie-Christine, sa tante de Nort-sur-Erdre, nous a branchés avec lui parce qu’il faisait des choses « pacifistes ». Les pare-chocs des fourgons de gendarmerie sont souvent garés juste en face de chez lui. La Route entre La Pâquelais et Notre-Dame-des-Landes étant barrée, on passe forcément par le lieu-dit l’Épine et devant chez les Candille.

Les gens « ralentissent, s’arrêtent ou rentrent carrément pour regarder », savoure la famille. Florian, dit « Dadou », a copié son père, Patrick, décorateur à ses heures : « Je l’ai laissé faire. Ça fait maintenant trois ans qu’il s’est passionné pour les illuminations. Il évolue d’année en année. »

« Si vous aviez vu ses yeux »

Le fiston tient un blog. Il partage des photos et fait notamment état de l’avancée de ses réalisations, dont l’une de ses plus importantes, une cabane en bois pour le Père Noël. Au moins celle-là, personne ne la détruira.

Le 30 novembre, Patrick, Florian et Aurélie sont allés au Mans dans une enseigne spécialisée dans les décorations lumineuses, Chromex, qui déstockait. Ils en sont sortis avec trois chariots pleins à ras bord. « Si vous aviez vu les yeux de Florian, on aurait dit un enfant de 4 ans », se rappelle sa sœur. Il y en avait pour 10 000€, Florian a payé 300 €. Toute sa paye, la première, y est passée.

Les 35 guirlandes raccordables, les 10 000 ampoules led, les cinq jabots blancs de type canadien, les 40 ampoules led flash… ont été rangés à l’étage. Florian les garde pour l’an prochain. « Il y aura un disjoncteur général et les prises de courant seront enterrées », promet son père. Vive Notre-Dame-des-Lampes !
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Pïérô » 26 Déc 2012, 01:06

"Notre Dame des Luttes !"

Portraits & chronique des luttes menées du 17 novembre à la mi-décembre 2012 autour des nouvelles cabanes de la ChaTeigne de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Un excellent documentaire de Jean-François Castell (Les Films du Rocher).

Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 28 Déc 2012, 00:55

La construction d’un nouvel aéroport pose la question du grignotage continu des terres agricoles en Loire-Atlantique. 19/12

Le projet de Notre-Dame-des-Landes, un mal pour un bien ? C’est ce qu’expliquait le 29 novembre 2012 Gilles Retière, président de la communauté urbaine de Nantes, au théâtre du Vaudeville à Bruxelles lors de la remise à la ville du prix « Capitale verte de l’Europe 2013 ».
Evoquant la destruction de zones humides et d’espaces boisés, l’élu socialiste estime toutefois que le bilan environnemental présente un bénéfice supérieur au coût.

En 2009, Jean-Marc Ayrault précisait déjà que le transfert de l’aéroport libérerait ses 300 hectares au sud du périphérique, constituant ainsi « une opportunité pour lutter contre l’étalement urbain ».
Mais cette perspective suppose la fermeture complète de Nantes Atlantique, incompatible avec la pérennité de l’usine voisine Airbus : le maintien de la piste amoindrit du coup le potentiel constructible.

L’un des taux plus élevés dans l’Hexagone hors IDF - Or la disparition des terres agricoles est un sujet sensible en Loire-Atlantique : le taux d’artificialisation des sols s’élevait à 14 % en 2010, l’un des plus élevés dans l’Hexagone hors Ile-de-France selon les données Agreste.
Le service statistique de l’Etat souligne que ce mouvement sollicite désormais « l’ensemble de ses ressources foncières », y compris les espaces naturels.

D’où la mobilisation de la Confédération paysanne, syndicat à la pointe de la contestation à Notre-Dame-des-Landes : la commune est présentée par les scientifiques comme le château d’eau naturel du département, à cheval sur les bassins versants de la Loire et de la Vilaine.
« Ce territoire d’élevage fonctionne bien dans un bocage préservé avec des structures foncières adaptées », relève l’association Bretagne vivante.

Plus d’un millier d’hectares ? - Selon la chambre d’agriculture, la réalisation de la plate-forme aéroportuaire nécessitera de sacrifier 550 hectares (250 selon l’Etat) auxquels il faut ajouter 200 hectares liés à la desserte routière.
Les travaux toucheront partiellement ou totalement 45 exploitations.

Mais l’impact réel s’annonce encore plus important : en 2007, la commission d’enquête publique pointait « le lourd tribut » agricole, l’estimant à plus d’un millier d’hectares « à long terme ».
Et sans doute davantage encore car un tel équipement ne reste pas isolé en plein champ : habitat, activités économiques, services, etc. emboîtent alors le pas.

Quant au périmètre de protection des espaces agricoles et naturels (PEAN) prévu sur 19 000 hectares entre l’emprise aéroportuaire et Nantes, son intérêt est évident mais sa création n’interviendra pas avant 2015 au mieux et ne suffira pas à contenir la spéculation foncière, font remarquer plusieurs responsables associatifs.

Curieusement, la commission départementale de consommation des espace agricoles (CDCEA) ne s’est toujours pas penchée sur le dossier. Depuis sa création en mai 2011, l’occasion d’une auto-saisine s’est pourtant présentée plusieurs fois à elle.

Mission - Reste à connaître la position de la « mission agricole » confiée le 30 novembre par le gouvernement à Dominique Pélissié, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts.

« Arrêter de considérer la terre agricole comme une réserve pour les projets » Bernard Jochaud, président de l’association Terre de liens en Pays de la Loire

« Avec 2 000 hectares soustraits chaque année à l’agriculture, la situation en Loire-Atlantique n’est pas tenable. Et les dispositions du Grenelle de l’environnement sont insuffisantes. Il faut des mesures plus contraignantes. Un dispositif a fait ses preuves en Belgique : toute perte de terres agricoles doit être compensée par de nouvelles terres agricoles. En France, lorsqu’un agriculteur demande un foncier équivalent à celui qu’il lui faut céder pour un projet donné, on puise dans le stock des terres productives, ce qui se traduit in fine par un solde global négatif. Autre mesure : il conviendrait de taxer les parcelles non cultivées et du coup exemptes de l’impôt. Elles représentent 5 à 10 % de la surface agricole utile. Dans l’agglomération nantaise, une étude estime ces friches à 5 000 hectares. »


Pour Eau et Rivières de Bretagne, un avis légal manque dans le dossier aquatique du projet d’aérport 13/12

Le responsable d’Eau et Rivières de Bretagne n’en revient pas. L’avis de l’autorité environnementale ne figure pas dans l’enquête publique de la loi sur l’eau appliquée à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

« Cet avis, qui doit éclairer le public sur l’impact du projet, était obligatoire au moment de l’enquête, cet été », affirme Gilles Huet, délégué général de l’association. « Inquiète », l’association l’a demandé trois fois. La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement des Pays de la Loire (Dreal) vient de répondre.

Effectivement, l’avis n’existe pas. « Il n’est pas nécessaire dans la mesure où il n’était pas obligatoire lors l’enquête de déclaration d’utilité publique (2006) qui a précédé la récente enquête loi sur l’eau, explique la préfecture de région. Mais le ministre de l’Environnement avait donné un avis en 2006. »

Une logique contestée par le responsable d’Eau et Rivières de Bretagne. « Les deux procédures, déclaration d’utilité publique et loi sur l’eau, n’ont rien à voir », affirme-t-il.

« Alors qu’elle multiplie les avis sur les projets mineurs, le moindre camping, la plus petite zone commerciale, la Dreal n’a pas jugé bon d’analyser le plus vaste projet d’aménagement de l’Ouest, destructeur d’un millier d’hectares de zones humides », dénonce Gilles Huet.

Celui-ci pointe le double rôle de la direction régionale de l’environnement, à la fois experte en environnement et chargée de mener des projets. Ici c’est elle qui s’occupera de la desserte routière de l’aéroport.

« On peut douter de la capacité de l’État à être un arbitre objectif dans ce dossier », regrette le responsable, par ailleurs persuadé que « l’absence d’une pièce importante augmente la fragilité du dossier au regard des mesures environnementales ».

Le nouvel aéroport est situé dans le bocage nantais, en zone humide. Ne pouvant compenser en surface les atteintes à l’environnement, l’État et le constructeur Vinci ont élaboré une autre formule, expérimentale.

Celle-ci va être évaluée par une commission d’experts. La nouvelle méthode ouvrira la voie au contournement de la loi sur l’eau, estiment les associations de défense de l’environnement.

Quant à l’avis de l’autorité environnementale, les associations n’auront plus besoin de le chercher. Delphine Batho, ministre de l’Écologie et du Développement durable vient de modifier le code de l’Environnement. Par décret, elle a supprimé, précisément, l’obligation de produire l’avis de l’autorité environnementale pour les travaux visés par la loi sur l’eau.


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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 29 Déc 2012, 01:33

Rassemblement devant la prison de Nantes-Carquefou Contre l’aéroport et ses prisons

RASSEMBLEMENT BRUYANT DEVANT LA PRISON DE NANTES/CARQUEFOU SAMEDI 29 DECEMBRE

Rendez-vous à 16H00 au parking du centre commercial Carrefour La Beaujoire du côté du Mc Donald

Pour s’y rendre depuis le périphérique de Nantes : sortie n°41 , le centre commercial est situé entre la route de paris et le boulevard de la Beaujoire.

----------------

Parce que dans ce bocage, dans ces champs de gadoue, autour de ses barricades, lors de ces tambouilles gargantuesques, dans les rues de Nantes et partout en France, nous sommes toutes et tous ensemble contre leurs machines et leur monde du saccage... Rassemblons-nous devant les murs de la prison pour faire entendre notre solidarité et notre détermination à rester ensemble.

Ce projet d’aéroport, ils veulent le faire passer par la force. Ils occupent, ils essayent de contrôler et de bloquer la zone, ils fouillent, ils foutent la pression, ils tentent de manipuler, de diviser ; nous les évitons, nous les perturbons, nous continuons à vivre, à construire et à résister encore et encore.

Certain.es d’entre nous ont été condamné.es à des interdictions du territoire, de la Zad ou du département pour 1 ou 2 ans, à de la prison avec sursis, et dernièrement à des peines de prison ferme de deux et cinq mois. Lors des procès, les procureurs de la république justifient les peines prononcées comme “n’étant pas des peines contre le mouvement de contestation du projet d’aéroport, mais contre des actes délictuels”. Nous voulons affirmer que dans cette résistance contre les expulsions, nous ne nous habituerons pas à leur présence, à leur répression, et nous continuerons à lutter pour qu’ils dégagent.

Ils tentent de nous intimider, nous leur répondons que ça ne fonctionne pas ! Ils tentent de nous isoler physiquement, ça ne se passera pas comme ça !

Information complémentaire : pour en parler, une discussion-bouffe auberge espagnole est organisée LE VENDREDI 28 DECEMBRE A MIDI à la Chat teigne.

Bonjour,

On s’organise depuis une dizaine de jours pour faire un rassemblement bruyant devant la prison de Nantes-Carquefou où sont détenus deux opposants (Cyril pour 5 mois et un autre copain pour 2 mois) qui aura donc lieu le SAMEDI 29 DECEMBRE A 16H.

De plus, on doit faire savoir que sur la ZAD, on fait face à une répression judiciaire plus intense qu’avant. Ainsi on doit s’occuper de frais de justice important et de soutien actif aux copains emprisonnés et à toutes celles et tous ceux inculpé.es ou réprimé.es. On pense qu’il faut qu’on discute de tout ça et du rassemblement, donc on vous invite à venir à une bouffe auberge espagnol sur la Chat-teigne le VENDREDI 28 DECEMBRE A MIDI.

On souhaite que vous puissiez transmettre ce message autour de vous, aux listes de diffusion locale, aux comités, aux groupes antirépression, aux groupes anticarcérales, aux différentes associations et collectifs en lutte contre l’aéroport. On voudrait que ça se diffuse car pour trouver les contacts de tout le monde c’est pas encore très au point...

On veut aussi vous dire qu’on ne pourra pas centraliser toutes les idées que les gens veulent apporter pour ce rassemblement. Soyons inventifs, et on pourra en discuter le vendredi à la chat teigne... On sait que la période de fin d’année est pleine de "fêtes", on souhaite quand même se retrouver avec ceux et celles avec qui on lutte pour ne pas oublier celles et ceux réprimé.es, pour faire la fête tous et toutes ensemble. Pour la fin du monde de l’aéroport aussi en 2013 !
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 29 Déc 2012, 22:27

COMMUNIQUE DE PRESSE DES MARCHEURS DE LILLE A NDDL

A toutes et tous les camarades en lutte contre l’Ayrault-porc et son monde...

Nous avons comme projet de partir, ici de Lille à Notre Dame Des Landes via Nantes à pied. Nous voulons montrer à travers cette marche que la France est unie, organisée, qu’elle ne veut ni de cet aéroport, ni de tous les grands projets inutiles imposés.
Nous sommes un groupe de marcheurs, prêts à partir de Lille jusqu’à Notre Dame Des Landes en passant par Nantes. Nous avons en effet décidé de partir le samedi 05 janvier 2013 de Lille pour rejoindre les gens qui sont déjà sur le terrain depuis des années et avons décidé de rejoindre les marcheurs qui sont déjà partis de Nice depuis le 08 décembre 2012. Un point de rassemblement se fera lors de notre arrivée lors du weekend du 09 au 10 février 2013 dans la ville de Nantes.
La marche est une première action de soutien aux habitants de la Zone A Défendre de N.D.D.L afin de montrer que la population de toute la France est présente et que n’importe quelles actions sont les bienvenues. Nous devons montrer au Gouvernement de François Hollande que nous ne lâcherons rien du tout quoiqu’il arrive. En marchant, nous espérons pouvoir dialoguer avec les personnes qui sont intéressées mais aussi ceux et celles qui ne sont pas au courant et qui ne connaissent pas ce sujet. Cette marche peut être un tremplin pour toutes et tous, la Z.A.D est un endroit qui permet de faire réfléchir sur plusieurs sujets différents : la résistance, la réunification de tout le peuple, etc…
La marche va permettre le partage de savoir, de mieux communiquer en y préparant des débats (avec tracts, affiches, etc…), de multiples informations, de connaissances humaines…
Pour l’arrivée du weekend du 09 au 10 février 2013, nous serons accueillis par les personnes qui sont déjà présentes sur Nantes.


Vous pouvez vous inscrire à cette marche par mail à : marchelillenddl@gmail.com
Nous demandons votre aide et soutien pour dormir au chaud et manger le soir,pour se rencontrer…
Cela peut être l’occasion d’organiser un débat sur la place publique dans votre ville.
Pour plus de renseignements, voici quelques liens et coordonnées téléphoniques :
http://www.facebook.com/events/527450820598492/?fref=ts
http://marche.nddl.lillenantes.overblog.com/
http://lille.demosphere.eu/node/533
https://twitter.com/MarcheLillenddl

Pour s’inscrire, voici le mail : marchelillenddl@gmail.com

Pour plus de renseignements sur la marche, voici les contacts : 06 18 92 25 69 / 06 66 88 79 80 / 06 47 38 58 64

Le Collectif de la Marche Lille NDDL
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 31 Déc 2012, 03:38

Notre-Dame-des-Landes : manifestation devant la prison de Nantes

Environ 300 opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont manifesté samedi devant la prison de Nantes-Carquefou. Un rassemblement de soutien aux deux militants interpellés par les gendarmes lors de heurt avec les forces de l'ordre, il y a quelques semaines, sur le site du futur aéroport.
Image
Les manifestants ont contourné les barrages routiers autour de la prison en passant par la forêt © MaxpppIls ont quitté la ZAD (Zone d'aménagement différé du futur aéroport) de Notre-Dame-des-Landes, direction la nouvelle maison d'arrêt de Nantes-Carquefou. Entre 200 et 300 militants, opposés au projet de nouvel aéroport du Grand Ouest, étaient rassemblés pour une manifestation de soutien à deux de leurs camarades détenus.

Interpellés respectivement à la fin du mois de novembre et à la mi-décembre, ces deux militants anti-aéroport purgent actuellement des peines de cinq et deux mois de prison. Ils ont été condamnés après leur arrestation, lors de heurts avec les gendarmes dans le bocage nantais.

" Ils tentent de nous isoler physiquement "

Dans le communiqué d'appel à la manifestation, les organisateurs du rassemblement expliquent que "certains d'entre [eux] ont été condamnés à des interdictions du territoire, de la ZAD ou du département pour un ou deux ans, à de la prison avec sursis et dernièrement à des peines de prison ferme. Ils tentent de nous isoler physiquement, ça ne se passera pas comme ça !".

La manifestation, bruyante mais sans violence, a duré environ une heure et s'est déroulée sans accrochage. Les manifestants se sont approchés au plus près des grilles de la prison pour chanter et crier des slogans de soutien, avant de quitter les lieux en scandant "on reviendra".
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 31 Déc 2012, 19:15

On dirait qu’ca t’plait de marcher dans la boue… Tuttle 26/12

Du 10 au 17 décembre j’ai passé une semaine, un petit mois après la manif de réoccupation du 17 novembre (cf. rapide chronologie des derniers événements de la ZAD) sur la désormais fameuse ZAD, (cette Zone à Défendre ou Zone d’Aménagement Différé ou Zone d’Autonomie Définitive voire Zone d’Ancrage de Dissident-e-s, tout dépend d’où l’on parle), cette Zone d’Atterrissage Difficile pour J-M Ayrault et son projet d’aéroport dans le nord de Nantes.
Je ne reviendrai pas sur pourquoi toute une frange de la population est opposée à cet aéroport et sur les arguments des un-e-s et des autres. Non, je préfère me concentrer sur les quelques jours que j’ai passés là-bas et sur ce que j’y ai vécu, partagé.

La boue

Le premier élément matériel à prendre en compte et à apprivoiser est… la boue. Au début, surtout quand on vient de la Provence sèche, la boue est une substance qu’on a peu l’habitude de manipuler, et dans le bocage la boue est omniprésente, les précipitations les dernières semaines ayant été exceptionnelles dans un pays déjà à vocation humide.
Planté dans mes hautes bottes, régulièrement je posais le pied avec l’appréhension de ne sentir la terre ferme qu’une fois la boue ayant dépassée le haut de mes bottes. Sans mentir, à certains endroits il devait y avoir pas loin de 50 centimètres d’une boue extrêmement fluide, très jolie dans sa viscosité due aux passages de centaines de personnes.
Et si au début on peut être surpris, voir réticent, on apprend rapidement à évoluer avec plaisir dans cet élément fascinant. En tout cas d’une manière plus joyeuse que les flics restant sur place et dont j’ai vraiment l’impression qu’ils ont du mal à s’y faire…. Tout comme les femmes de ménages d’un des hôtels les accueillant et qui se sont mises en grève contre l’omniprésence de cette boue.

Les flics

Parlons donc un minimum de ces forces bleutées et surarmées.
Dans la biodiversité des forces d’occupation militaire sur le terrain nous avons droit soit aux CRS soit aux Gendarmes Mobiles. Entre les deux mon cœur balance. Check points quotidiens, avec ou sans contrôle d’identité. Leur présence fait que les cars de ramassage scolaire ne passent plus sur la zone. Les flics parfois, sans qu’on appréhende exactement pourquoi, (quel ordre a été donné quand et dans quel but ?) bloquent tout mouvement, y compris des personnes qui habitent sur place depuis 20 ans… ou laissent passer sans contrôler ou contrôlent que les voitures, ou les vélos ou les piétons ou tout le monde ou personne… Quand nous y étions trois arrêtés préfectoraux avaient prétention à régir la vie de la zone: interdiction des explosifs, pétards et autres feux d’artifices, interdiction du transport d’essence, et interdiction des matériaux de construction.

Les flics ont parfaitement conscience de leur inutilité dans l’application des ces arrêtés vu qu’eux-mêmes disent « de toutes façons ça va passer par les bois à pied ». Ce qui effectivement se passe sauf quand des personnes veulent justement s’opposer à l’aberration de telles interdictions et d’une occupation militaire et qu'ils font du forcing pour passer le matériel devant les gardes mobiles dépités et néanmoins gazant. C’est ce qu’il c’est passé le samedi 15, avec un tracteur qui amenait une crèche pour bambins en kit. Si tu ne veux pas croiser des uniformes, il suffit de couper sous leurs nez et leurs moustaches par les champs, et donc patauger dans la boue, de nouveau. Et quand il gèle, la boue tord les chevilles.

L’omniprésence policière engendre néanmoins pas mal de casse au sein du mouvement par la répression et les blessés, j’y reviendrai. Face au harcèlement policier un certain harcèlement de la police existe. Depuis des personnes âgées et très bavardes qui pendant des heures parlent et usent la patience policière en leur demandant pourquoi ils font ça, est-ce qu’ils n’ont pas honte, etc. jusqu’à des actions plus offensives de lutte. Les forces policières génèrent l’insécurité et dès qu’elles ne sont pas présentes ou qu’on s’en éloigne une tranquille vie de sécession s’élabore dans un phénoménal laboratoire d’expérience humaine.

La vie sur place

Il n’est pas aisé de décrire la fourmilière ZAD, et quasiment impossible de savoir ce qu’il se passe sur les 2.000 hectares de bocages.
Ce qui est évident, c’est que ça construit. Et ça construit, et ça construit… Des cabanes-palettes, des yourtes, des caravanes… Jusqu’à certain rêve de gosse, comme cette maisonnette sur pilotis au milieu de l’étang nommé les Noues pourries et qu’il faut rejoindre en bateau. Un gros lieu de stockage de la nourriture s’est organisé au champ, si bien nommé, Hors-Contrôle. Il est constamment réapprovisionné par la générosité et la solidarité d’une foule très diverse de personnes. Différentes cuisines collectives existent autour des quelques gros lieux collectifs et d’activités: cuisine de la Chat-Teigne, de Hors-Contrôle, des Fosses Noires...

Les journées commencent, dès 6 heures, en écoutant « la radio pirate fait par des pirates qui n’ont jamais fait de radio », radio Klaxon qui squatte les ondes de Radio Vinci autoroute. L’info trafic s’est transformée en info traflic ! « Vous êtes bien sur Radio klaxon Pouêt-pouêt 107.7. Une réunion sur les projets d’élevages et de maraîchages est organisée cette après-midi à 17h à la salle de réu de la Chat-Teigne. Et nous vous rappelons qu’il y a toujours 5 camions de Gardes Mobiles aux Ardillières. Apparemment ils ne contrôlent que les voitures mais pas les piétons ou vélos… ».

Des permanences médicales se tiennent régulièrement, avec de vrai-e-s médecins et infirmièr-e-s et ce n’est pas un luxe vu le nombre de blessé-e-s engendré-e-s par les forces militaro-démocratiques. Dans le même genre d’idée de protection du mouvement une équipe légale se relaie avec en permanence un téléphone possible à appeler en cas de problème. Un pool d’avocats acceptent aussi de défendre les personnes tombant dans le filet judiciaire.

Et puis il y a les barricades. Forcément, nous devons parler des barricades… Quand les savoir-faire et les matériaux agricoles rencontrent le savoir-faire militant on arrive à des réalisations impressionnantes. Les balles rondes mélangées à la tôle ondulée donnent des barricades à la fois très hautes et qui paraissent plutôt solides. Surtout là, quand il y a eut du temps pour penser, construire et renforcer les barricades. Les barricades alliées à la détermination des personnes défendant les lieux sont de réels obstacles et en tout cas des ralentisseurs de l’action policière permettant aux soutiens extérieurs à la zone de venir en renfort lors de possibles attaques policières. La vigilance sur les barricades commence aussi très tôt le matin, vers 5 ou 6 heures. La tension et l’attention dépendent malgré tout de la situation juridique (même si à différentes reprises la préfecture est passée en force sans même respecter le droit dont elle se targue !) et que pour l’instant on est dans une sorte de statu quo assez bizarre.

La barricade génère d’un côté un enthousiasme, de l’énergie car, enfin, nous sommes dans une situation où de vrais barricades existent et ne sont plus une référence historique (type la Commune ou Mai 68) ou exotique (type Oaxaca). Ici et maintenant nous vivons des circonstances historiques nécessitant ces moyens. D’un autre côté la mythologie de la barricade et sa dynamique quelque peu guerrière entraîne une ambiance qui n’est pas forcément ultra agréable car très viriliste, grosses couilles et testotérono-compatible. Un certain nombre de femmes qui ont pu être sur les barricades ou participer aux différents affrontements passés ne veulent plus mettre les pieds là-bas à cause de cette ambiance. C'est dommage.
Dans le même ordre d’esprit de ne pas idéaliser ce qu’il se passe sur la zone, des attitudes et propos homophobes et sexistes plombent parfois l’ambiance. Au moins deux couples homos se sont fait suivre, moquer ou menacer… Comme quoi, on peut être contre l’aéroport mais pas contre son monde…

Les risques

Si dans les premiers temps des expulsions la violence était relative, cette situation de pression policière a, par la suite, mené, comme je le disais déjà, à pas mal de casse humaine. Les flash-balls et grenades assourdissantes font beaucoup de blessé-e-s. Les grenades envoient des tout petits bouts de plastique ou de métal qui, comme ils sont chauffés à blanc, entrent dans les chairs en cautérisant la plaie. Il est très difficile ensuite d'enlever ces restes. Sans compter bien évidemment les tirs tendus, de lacrymos ou de grenades de désencerclement.

La volonté répressive paraît grandir les derniers temps, avec une augmentation des procès et des arrestations. Au dernier compte, on en était à 80 arrestations avec procès à venir ou se tenant dans la foulée du fait des comparutions immédiates. Les peines sont principalement du sursis, avec des amendes pour refus de fichage ADN ou d'empreintes et avec interdiction de territoire des cinq communes entourant la ZAD. Deux personnes sont néanmoins en prison pour 5 et 6 mois ferme, ce qui commence à faire très lourd. Le besoin de solidarité est important. Est-ce parce que les procès ont commencé de manière sporadique et dispersée que la mobilisation contre la répression m'est apparue comme assez légère au début ? C'est en cours de changement car on arrive à un tel nombre de personnes incriminées que la solidarité commence à s'organiser concrètement. Une pensée aussi aux personnes blessées, plus ou moins grièvement, et qui sont soit encore à l'hôpital soit en convalescence.

Situation politique

Le foisonnement humain et social, le quotidien de suractivité pourrait presque faire oublier la situation politique concrète de où en est la lutte et le mouvement. J'ai l'impression que depuis bien longtemps nous avons un mouvement de lutte réellement fort et qui ne faiblit ni par les revirements médiatiques et ni par la pression/répression policière. La violence des agressions policières des 23 et 24 novembre (1) et les plus de 100 blessé-e-s ont renforcé la cohésion du mouvement, la solidarité.

Une bagarre juridique a aussi été menée sur l'autorisation de destruction/d'expulsion des cabanes construites le 17 novembre, en particulier la Chat-Teigne. Le 4 décembre au tribunal de St Nazaire, la pref en demandait la destruction. Le tribunal a donné son rendu le 11, ce qui était déjà une déception pour la pref. Le 11 au matin, le tribunal autorise la destruction des cabanes. Les opposant-e-s disent qu'il y a des personnes qui y habitent, et qu'il faut un jugement ordonnant leur expulsion avant de pouvoir détruire. En trois heures (sans doute un record du monde de célérité judiciaire), le tribunal donne l'autorisation d'expulser. La préfecture déclare alors que les opposant-e-s n'ont plus aucun droit. Encore une fois la préfecture s'est lamentablement fourré le doigt dans l’œil, car ces opposant-e-s qui ne revendiquent pas le droit ont prouvé à la préfecture qu'il y avait d'autres voies, et en particulier un recours en rétractation qui aurait été du plus mauvais effet pour les services préfectoraux, puisqu'ils risquaient d'être forcés de lancer une procédure d'expulsion nominative, les procédures traditionnelles sur les squats. La préfecture a demandé que le recours ne soit pas déposé et a lancé cette procédure nominative. Toute cette fastidieuse action juridique démontre une des forces du mouvement: on ne lâche rien sur rien, des barricades jusqu'au plan juridique...

A côté de ça, l'Etat a lancé le 21 décembre la commission du dialogue, avec trois zoli-e-s technocrates qui ont déjà participé et/ou organisé des débats publics sur des grands projets d'infrastructures type autoroute. Une commission qui brasse du vent peut-elle être nommée d'éolienne ? Au moins deux conditions ont été posées par l'ACIPA, l'association citoyenne opposée à l'aéroport: le retrait des forces d'occupation policière et la possibilité d'aborder le fond du sujet, c'est-à-dire la construction ou pas de l'aéroport. Il n'est pas question de discuter des aménagements à apporter au projet pour qu'il puisse se faire.

Le PDG de la commission du dialogue a annoncé que son travail continuerait jusqu'au 31 mars dernier délai et que ce serait un mauvais signe de dialogue s'il y avait des expulsions (ou tentative) sur la ZAD. La préfecture comprendra-t-elle cette subtilité ou au contraire essaiera-t-elle de nouveau un coup de force croyant les opposant-e-s endormi-e-s par les déclaration de la commission du dialogue ? Juridiquement, un des derniers lieux en dur sur la zone, la Sécherie, est expulsable dès le 27 décembre et on verra les suites juridiques sur la Chat-Teigne.

La rencontre des comités locaux

Les 15 et 16 décembre avait lieu la première rencontre nationale des comités locaux à Notre-Dame-des-Landes. Entre 150 et 180 comités s'étaient déplacés réunissant de 300 à 400 personnes (à ce jour, il y a presque 200 comités locaux). Pour comparaison et mémoire, au plus fort de la lutte au Larzac contre l'extension du camp militaire, on ne comptait qu'entre 70 et 80 comités locaux. C'est vrai qu'Internet n'existait pas encore...

Après une matinée passée à la présentation succincte des diverses dynamiques locales et des actions de soutien qui ont pu être réalisées dans toute la France, nous avons travaillé une après-midi en commission. Il y en avait quatre:
- L'implication des collectifs locaux sur la vie de la Chat-Teigne et sur la ZAD. Il en est sortie une proposition de relais par ville et un début de calendrier a été élaboré. Ceci permettrait d'une part de soulager les personnes vivant sur la ZAD et par ailleurs d'apporter un contenu de discussion et de débat issu de l'identité et la manière de faire de chaque lieu.
- Organisation de la réponse sur la zone en cas de tentative d'expulsion (de la Chat-Teigne ou tout autres lieux). L'idée était de voir ce qu'on pouvait imaginer un peu dans le style de la manif de réoccupation du 17 novembre. Tout n'est pas encore très clair, mais il semblerait qu'on s'oriente pour une manif de Nantes à la ZAD quelques semaines après les tentatives d'expulsion.
- Coordination d'actions décentralisées par les comités locaux. Ces actions seront de deux ordres, soit en réaction à une tentative d'expulsion sur la zone soit les actions du «quotidien» pour continuer la pression populaire. En réaction à une attaque policière, un appel à occuper dans les deux jours suivants les lieux de pouvoir: préfectures, sous-préfectures, mairies, etc. Sinon, différents appels ont aussi été lancés, hors actions policières sur la zone: appel à péage gratuit lors des vacances de noël, appel à parasiter les vœux de nouvel année des nos cher-e-s élu-e-s PS à quelques niveaux que ce soient: mairies, conseils généraux, conseils régionaux, députation... Deux jours d'action nationale contre Vinci se tiendront aussi les 18 et 19 janvier, à chacun selon ses moyens et envies. Et peut-être que j'en oublie.
- Outil de coordination entre les comités locaux et évocation d'une charte. De grands débats stratégiques et politiques autour de la possibilité d'une charte se sont tenus. Votre serviteur est dans l'incapacité d'en rendre compte, désolé. Ce qui est apparu clairement c'est la gestion commune d'une liste mail entre l'ACIPA et le mouvement des occupations. Ca paraît peut-être anodin, et on pourrait se dire encore une énième liste mail. C'est vrai, mais ce qui est à noter c'est la gestion commune de la liste et pas son existence, car la relation entre l'ACIPA et le mouvement des occupations n'a pas toujours été très facile et il y a quelques semaines il aurait été impossible d'imaginer une telle gestion commune. Une autre rencontre nationale est d'ores et déjà prévue pour le printemps, dates à préciser.

Après la boum disco endiablée du samedi soir, le dimanche matin un débat stratégique en grande assemblée nous a réunis avec, auparavant, une prise de parole des différentes composantes de la lutte. L'après-midi une visite de la Chat-Teigne était organisée.

En dehors des insatisfactions inhérentes aux assemblées en grand groupe par exemple, ces rencontres étaient particulièrement enthousiasmantes. Je n'avais jamais assisté dans une telle diversité de personnes à des discussions où l'évidence d'une certaine radicalité ne se discutait pas. Certaines personnes issues de partis politiques ont demandé à ce que les partis puissent exister dans cette lutte. Même pas ça se discute! Le principe que les individus peuvent venir mais pas les organisations en tant qu'organisation et encore moins les partis en tant que parti est intégré et on n'en parle plus. Dans le même genre d'idée la diversité des tactiques et des types d'actions étaient une base d'accord avec comme pilier l'union du mouvement et la non-dissociation. Il est vraiment revigorant de sentir un mouvement où enfin le débat violence/non-violence est concrètement dépassé dans la pratique et dans la parole.(2) La composante issue du mouvement des occupations a su gagner ses galons de respectabilité par la lucidité politique et stratégique de son implication. Avoir pensé des années à l'avance les occupations, les expulsions et les moyens d'y faire face, avoir toujours gardé un temps d'avance sur les gouvernants en particulier en ayant prévu la manif de réoccupation depuis plus d'un an et demi et avoir eu le courage et la pratique des barricades et de se défendre des agressions policières, toutes ces raisons font que beaucoup de monde comprend mieux cette dynamique politique et la respecte enfin. Et ceci n'évacue pas les débats ni certaines incompréhensions venant de culture de lutte très différentes...

Ces deux jours de rencontres vont avoir une importance dans les temps à venir, même si ce sera très difficiles de l'évaluer. Le mélange de radicalité alliée avec un réel espoir de victoire et la brèche ouverte pour parler de l'aménagement du territoire et des infrastructures nuisibles et imposées, tout ceci a commencé à irriguer la société française, et on verra dans quelques temps comment ces graines auront germé...

La suite

Il paraît assez évident que l'Etat, ses chiens de garde et les élu-e-s militant pour le projet commencent à paniquer et à ne plus savoir quoi faire face au kyste zadiste. Dernier exemple en date, la publication d'un appel d'offre de 200.000 euros par le syndicat mixte de l'aéroport pour favoriser les arguments pour l'aéroport aussi bien dans les médias que dans les réseaux sociaux. Appel d'offre déjà hautement comique car il semblerait donc que les arguments pour l'aéroport ne soit pas suffisamment probant puisqu'il faut les asséner à coup de sociétés spécialisées dans le lobbying. Et le dernier gag en date est le retrait de cet appel après le tollé suscité par ce dernier et aussi les actions menées par les opposant-e-s pour se procurer et répondre à l'appel d'offre. Enième recul des édiles qui ne savent plus comment faire... Leur dernier et ultime argument quand tous les autres sont démonté pied à pied est le respect de la démocratie représentative, car ils ont été élu-e-s en étant pour ce projet, ne s'en sont jamais caché-e-s et que quand même il faut la respecter cette démocratie. Et ben non, et c'est justement aussi ce qu'il s'élabore sur place dans le bocage, c'est une autre démocratie, sans délégation, sans représentant-e-s, sans expert-e-s, juste une démocratie directe et égalitaire. Tu m'étonnes que les personnes sortant de l'ENA ne comprendront jamais ce genre de dynamique et de pensée ! Un autre monde se vit.

Un des débats lors de la rencontre des comités locaux portait sur le lien avec les luttes locales avec deux axes. Doit-on surfer sur la dynamique ZAD pour renforcer les luttes locales (contre les lignes LGV ou THT, contre les surfaces commerciales, contre les stades, contre les autoroutes etc.) ou doit-on d'abord se concentrer sur la ZAD, continuer à taper, et taper encore pour enfoncer le coin et enfin gagner ? Et cette victoire renforcerait toutes les luttes locales. Difficile de trancher, évidemment, et en terme de mouvement social il n'y a, heureusement, pas de science exacte. Ce débat révèle deux choses, la prégnance future des débats sur les infrastructures comme déjà mentionnée et aussi la possibilité, l'éventualité de la victoire. Ce qui ne va pas sans poser de questions. De quelle victoire parle-t-on, quand on lutte contre l'aéroport et son monde ? Pour l'aéroport, peut-être que nous pouvons gagner, pour le monde un nouveau cycle de luttes acharnées devra être menées pour commencer à entrevoir des prémices de lumière...

Et puis que va-t-il se passer sur la ZAD si le projet est abandonné ? Des discussions commencent sur la zone. Des discussions PAC: Perspectives Agricoles Communes. C'est bien de garder l'initiative et un pas d'avance, même s'il ne faudrait pas pêcher par optimisme. La lutte doit continuer, car le projet est toujours d'actualité. Autre question: l'union sacrée actuelle qui vient des agressions policières tiendra-t-elle quand on discutera avec le pouvoir de l'avenir de la zone ?

Mais on en est pas là, et le recul du gouvernement n'a pas encore lieu. Ce qui paraît sûr c'est que Ayrault ne pourra pas rester comme premier ministre s’il y a un recul sur le projet. Donc à voir avec les prochains remaniements.
Et puis continuons encore et toujours, répondons aux différents appels issus de la ZAD, allons voir sur place comment ça se passe, pourrissons nos élu-e-s et leurs vœux indigestes et continuons cette lutte enthousiasmante !


Rapide chronologie incomplète :

1967: Début du premier projet de l’aéroport de NDDL prévu pour accueillir le Concorde.
1973: Création de l’ADECA, association des exploitants agricoles, 1ère association contre l’aéroport.
Le choc pétrolier et le fiasco Concorde ont raison de ce premier projet.

Début des années 2000: une certain Jean-Marc relance le projet. Création en 2000 de l’ACIPA, association citoyenne ayant lutté principalement sur le terrain juridique, avec pétition et grand rassemblement humain ponctuel.
2008: Le collectif des habitant-e-s qui résistent invitent à venir s’installer et occuper la zone.
2009: Camp Action Climat sur la ZAD. (R)appel à occupation. La dynamique d’installation sur la zone est potentialisée.

2012: Après une grève de la faim de quelques personnes à Nantes pendant la campagne électorale accord avec le PS: pas d’expulsion jusqu’à la fin de tous les recours juridiques. Désaccord et différence d’analyse au sein du mouvement d’opposition. Certain-e-s croient que cet accord s’applique pour tout le monde, d’autres disent que ceci ne concerne pas la dynamique des occupations d’après 2008.
16 octobre 2012: Début de l’opération César des expulsions sur la zone. A midi la préfecture déclare que l’opération est terminée et que les expulsions ont toutes réussies. Pendant presque 3 semaines des affrontements entre les flics et les opposant-e-s auront lieu. Il faudra plusieurs jours pour expulser certains lieux.
17 novembre: Grande manif de réoccupation. Environ 40.000 personnes participent à ce qui s’apparentent à une action directe de masse avec reconstruction de 6 cabanes. Le cortège est ouvert par un groupe d’auto-défense de 2.000 personnes, avec banderole renforcée et caddies de supermarchés. France Inter parle au journal de 13 heures d’une manifestation de 2.000 personnes.
23 et 24 novembre: Attaque policière sur la Chat-Teigne, très probablement illégale pour le 23. Très durs affrontements dans la forêt de Rohanne. Plus de 100 blessé-e-s. Réactions dans toutes la France avec des actions de solidarité qui d’ailleurs ont débuté dès le 16 octobre.

La suite est à écrire.

Notes
(1) A noter que l'intervention du 23 est très certainement illégale, même si elle venait de la préfecture avec des ordres des plus hautes instances. Les même qui se gargarisent de l'Etat de droit et de la légitimité démocratique ne se donne même plus la peine de respecter leurs propres principes quand ils se retrouvent face à une force réelle et déterminée. Les naïvetés démocratistes en ont encore pris un coup !
(2) Voir à ce propos le texte paru sur le site du Monde en réponse entre autres à la tentative de récupération de Susan Georges (hé oui, il semblerait qu'elle existe encore et qu'on n'en soit pas encore débarrassée) et intitulé « Contre l’aéroport mais pacifistes que ça ! ».
Nico37
 
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