Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede ivo » 09 Nov 2011, 19:35

Fukushima: la plus grosse pollution maritime radioactive de tous les temps
http://www.tdg.ch/actu/monde/accident-f ... 2011-10-27
REJETS RADIOACTIFS DANS LA MER | Selon des spécialistes français, jamais dans l'histoire la mer n'a été contaminée aussi fortement par des rejets radioactifs que lors de l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima.

Une forte contamination radioactive du milieu marin s’est produite après l’accident dans la centrale japonaise de Fukushima. Les rejets de césium 137 sont estimés à 27 millions de milliards de becquerels, a indiqué jeudi l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

"Ce rejet radioactif en mer représente le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé", relève l’IRSN dans un communiqué. La quantité totale de césium 137 rejeté directement en mer du 21 mars jusqu’à mi-juillet atteint 27 millions de milliards de becquerels.

Vingt fois supérieur à l'estimation de Tepco

L’essentiel (82%) de la contamination est intervenue avant le 8 avril. La réévaluation des rejets de césium en mer entre le 21 mars et le 8 avril "conduit à un résultat environ deux fois plus élevé que celui annoncé par l’IRSN en juillet". Les nouveaux chiffres dépassent de 20 fois l’estimation que l’opérateur japonais Tepco a publiée en juin, précise l’Institut français dans une note d’information.

Grâce à un des courants marins les plus importants du globe, les eaux contaminées ont toutefois été rapidement éloignées vers le large. "La localisation de Fukushima a permis une dispersion des radionucléides exceptionnelle", souligne l’IRSN.

Deux fois plus que les essais des années 60

Diluée dans l’ensemble du Pacifique, l’importante quantité de césium 137 déversée ne devrait au final conduire qu’à des concentrations de 0,004 becquerel par litre, deux fois plus que les retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 1960.

D’après les mesures dans les sédiments côtiers et l’eau de mer, "les concentrations ne devraient pas, selon l’IRSN, avoir d’impact, en termes de radioprotection", sur les poissons vivant en haute mer. Cependant, ajoute l’IRSN, une "pollution significative de l’eau de mer sur le littoral proche de la centrale accidentée pourrait persister dans le temps", à cause notamment du ruissellement des eaux de surface sur les sols contaminés.

"Les organismes benthiques (vivant près des fonds marins) et filtreurs ainsi que les poissons au sommet de la chaîne alimentaire", sont, dans la durée, les plus sensibles à la pollution au césium, rappelle l’IRSN, invitant à poursuivre une surveillance des espèces marines pêchées dans les eaux côtières. La radioactivité du césium 137 diminue de moitié tous les 30 ans.

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© KEYSTONE (Archives) | Mesure de la radioactivité dans la préfecture de Fukushima, le 25 octobre 2011


Fukushima Disaster TEPCO Report Journey Around Daiichi Plant (English Subs) 27 Oct. 11

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Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede Pïérô » 10 Déc 2011, 00:35

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Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede Nico37 » 10 Déc 2011, 14:08

Fukushima : l’équivalent d’une région française devenue radioactive PAR AGNÈS ROUSSEAUX (7 DÉCEMBRE 2011)

Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les deux millions d’habitants de la région. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés. De son côté, Tepco, l’exploitant de la centrale, sombre dans le cynisme : les éléments radioactifs qui se sont échappés des réacteurs ne lui appartiennent plus…

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« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… » C’est l’appel lancé par un groupe de femmes de la région de Fukushima. Depuis mars, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour alerter sur les dangers sanitaires de la radioactivité, dans la zone concernée par la catastrophe nucléaire, comme ailleurs dans le pays. Des graphiques mis en ligne par Centre de surveillance des maladies infectieuses font apparaître d’inquiétants pics pour certaines maladies au Japon, comme les pneumonies, ou les conjonctivites aiguës hémorragiques.

Des écoliers plus irradiés que les travailleurs du nucléaire

Des prélèvements d’urine effectués par un laboratoire indépendant français (l’Acro, agréé par l’Autorité de sûreté du nucléaire), auprès d’une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima ont montré que 100 % d’entre eux sont contaminés par du césium radioactif. Dans cette région, un enfant examiné sur 13 aurait des problèmes hormonaux et un dysfonctionnement de la thyroïde, selon une étude japonaise. Face à l’angoisse des parents, la préfecture de Fukushima a lancé en octobre une grande étude médicale auprès de 360 000 enfants.

Les habitants de la région de Fukushima restent soumis à un important taux de radiation. En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 millisievert/an à 20 millisieverts/an. Ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire. Alors que la sensibilité des enfants aux radiations est plus importante que celle des adultes, le ministère de l’Éducation considère pourtant comme « sans danger » les écoles où le taux de radiation approche les 20 millisieverts/an. 20 % des écoles de la préfecture de Fukushima dépasseraient ce taux. Dans ces établissements, les activités de plein air sont limitées : les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et les parcs, ni à jouer dans les bacs à sable. Parallèlement, du césium a même été détecté dans du lait en poudre destiné aux enfants.

Les autorités confirment la vente de riz contaminé

Cette situation est « extrêmement dangereuse », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire, qui rappelle qu’« aucune dose de radioactivité n’est inoffensive » : « Les normes d’exposition ne correspondent en aucun cas à des seuils d’innocuité scientifiquement fondés ; elles définissent seulement des niveaux de “risque admissible”. » Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg. Neuf kg de riz « excédant les standards de sécurité internationaux » ont par ailleurs été vendus à des consommateurs, ont déclaré les autorités de la préfecture de Fukushima, qui se sont excusées pour « les désagréments causés aux personnes qui ont acheté ce riz » (sic). C’est la première fois depuis la catastrophe que les autorités confirment la vente de riz contaminé. Le présentateur de télévision Norikazu Otsuka, qui consommait en direct des produits de la région de Fukushima pour en montrer l’innocuité, a récemment été hospitalisé pour une leucémie aigüe. Ce qui n’a pas rassuré les deux millions d’habitants de la zone.

L’équivalent de la Bretagne contaminé au Césium

Autre sujet d’inquiétude : le taux de contamination en césium des rivières de la région de Fukushima. Une étude universitaire évalue le niveau de contamination à l’embouchure de l’Abukumagawa à environ 50 milliards de becquerels répandus dans la mer chaque jour. L’équivalent, au quotidien, du césium déversé dans la mer pour tout le mois d’avril, par les eaux « faiblement contaminées » relâchées par Tepco depuis les réacteurs.

Un rapport publié fin novembre par les autorités japonaises souligne que 8 % du territoire du Japon est fortement contaminé par du césium radioactif. Soit 30 000 km². L’équivalent de la superficie de la Bretagne ou de la région Paca. Le césium s’est diffusé à plus de 250 km vers l’ouest, et jusqu’à la préfecture d’Okinawa, à 1 700 km de la centrale, selon le ministère des Sciences [1]. Une zone de 20 km autour de la centrale a été évacuée en mars, et à 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux, prêts pour une évacuation. Les dernières cartes publiées par le ministère montrent que la zone à risque est beaucoup plus étendue. 300 000 personnes vivent dans la ville de Fukushima, où la radioactivité cumulée atteignait en mai plus de 20 fois la limite légale.

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Source : The Asahi Shimbun

À qui appartient la radioactivité ?

À Hitachinaka, à une centaine de km de la centrale, le taux de radiation est de 40 000 becquerels/m², près d’un million de fois supérieur à la radioactivité naturelle locale, avant la catastrophe [2]. Après l’accident de Tchernobyl, les zones où les niveaux de radioactivité dépassaient 37 000 becquerels/m² étaient considérées comme « contaminées », rappelle le journal Asahi, principal quotidien du Japon. Dans le quartier Shinjuku de Tokyo, le taux est toujours de 17 000 becquerels/m² [3]. Dans certaines régions montagneuses, à 180 km de Fukushima, la radioactivité se situe entre 100 000 et 300 000 becquerels/m². Une contamination qui aura des conséquences durables, car la demie-vie du césium 137 est de 30 ans.

Le gouvernement se veut pourtant rassurant. Beaucoup d’habitants n’ont de toute façon pas les moyens de quitter les zones contaminées. La plupart des 160 000 Japonais évacués après la catastrophe attendent toujours des indemnités de la part de Tepco. Le propriétaire de la centrale est de plus en plus critiqué pour sa gestion de l’après-catastrophe. Lors d’un procès concernant la décontamination d’un terrain de golf au Japon, Tepco a sidéré les avocats en se dédouanant de ses responsabilités, affirmant que « les matériaux radioactifs (comme le césium) qui ont été disséminés par le réacteur n° 1 de la centrale de Fukushima et sont retombés appartiennent aux propriétaires des terres et non plus à Tepco » !

Cynisme et manque de transparence

Un argument rejeté par le tribunal, qui a cependant décidé de confier les opérations de décontamination aux autorités locales et nationales. Tepco va jusqu’à contester la fiabilité des mesures effectuées et affirme qu’un taux de 10 millisieverts/heure n’était après tout pas un problème et ne justifiait pas de maintenir des terrains de golf fermés. Les mesures effectuées sur ces terrains mi-novembre ont pourtant détecté un taux de césium de 235 000 becquerels par kg d’herbe : à ce niveau, la zone devrait être classée comme interdite selon les standards mis en place après l’accident de Tchernobyl, souligne Tomohiro Iwata, journaliste du Asahi Shimbun.

Au cynisme de Tepco s’ajoute le manque de transparence. Le 28 novembre, l’entreprise a annoncé que Masao Yoshida, 56 ans, directeur de la centrale de Fukushima au moment de la catastrophe, a dû quitter son poste pour des raisons de santé. Il a été hospitalisé en urgence. Tepco refuse de donner davantage de précisions. Par ailleurs, un projet du gouvernement d’organiser un monitoring en temps réel des radiations dans 600 lieux publics de la préfecture de Fukushima, notamment les écoles, devait démarrer en octobre. Il a été reporté à février 2012. Argument évoqué : l’entreprise qui devait fournir les équipements n’a pas pu tenir les délais.

Le béton des réacteurs rongé par le combustible

Les experts estiment que les efforts de décontamination devraient coûter au Japon 130 milliards de dollars. À cela risquent de s’ajouter des coûts sanitaires et environnementaux encore difficiles à comptabiliser, tant le risque sanitaire semble être aujourd’hui minimisé. D’après Tepco, la situation de la centrale est aujourd’hui stabilisée [4]. La température des réacteurs 1, 2 et 3 – qui ont subi une perte totale du système de refroidissement en mars – serait maintenue en dessous de 100 degrés. Le risque sismique n’est pourtant pas écarté, qui pourrait de nouveau aggraver la situation. Dans un rapport rendu public le 30 novembre, Tepco explique que le combustible du réacteur 1 aurait entièrement fondu, percé la cuve et rongé une partie du béton de l’enceinte de confinement, sur 65 cm de profondeur. Le combustible fondu serait à 37 cm de la coque en acier. Mais ces analyses reposent sur des estimations et simulations informatiques. Impossible d’avoir des informations plus précises.

Pendant ce temps, la vie continue dans les régions contaminées. Le 13 novembre, dans la ville de Fukushima, était organisé le marathon annuel, Ekiden. Des jeunes femmes ont couru 40 km, sans aucune protection, dans une des zones les plus contaminées du Japon. Un journaliste japonais y a relevé des taux de 1,4 microsieverts/h (soit plus de 12 fois la limite d’exposition aux rayonnements autorisée pour la population civile en temps normal). L’organisateur de la course a fait signer aux participants un formulaire stipulant qu’ils ne pourraient le poursuivre en justice s’ils avaient des problèmes de santé. À Fukushima, la vie ressemble à un jeu de roulette russe où les victimes ne sont pas ceux qui appuient sur la gâchette. Eux jouissent, pour le moment, d’une impunité totale.

Agnès Rousseaux

Photo : Home of chaos
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Source : The Asahi Shimbun

Notes
[1] La présence de césium 134, à la durée de mi-vie de 2 ans, est la preuve que la source de cette radioactivité est bien l’explosion de la centrale de Fukushima.
[2] 970 000 fois le niveau de 2009, qui était de 0,042 becquerels/m² de « densité cumulée de césium 134 et 137 », d’après The Asahi Shimbun
[3] De grandes quantités de poussières radioactives sont tombées sur Tokyo, mais une autre étude montre une faible accumulation de césium dans le sol. L’explication ? « Tokyo a de plus petites surfaces de sol que les autres préfectures, mais les routes et les surfaces en béton ont moins tendance à fixer le dépôt de césium, qui a probablement été lessivé par le vent et la pluie », affirme un membre du ministère.
[4] 45 tonnes d’eau radioactive se sont pourtant de nouveau échappées du réacteur n°1 début décembre.
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede Pïérô » 18 Déc 2011, 13:31

L’ACRO a mis en ligne de nouveaux résultats d’analyse d’échantillons en provenance du Japon. Cet organisme de mesure de radioactivité indépendant a analysé, en particulier, des poussières d’aspirateur qui se révèlent être toutes contaminées jusqu’à 200 km de la centrale, parfois fortement. Il surveille également les urines des enfants et les résultats conduisent à pointer du doigt la nourriture comme source principale de la contamination interne.
http://www.acro.eu.org/

D’importantes quantités de césium ont été détectées dans des habitations situées à plus de 200 kilomètres :

Du césium dans les maisons

D’importantes quantités de césium 134 et 137 ont été détectées dans des habitations situées à plus de 200 kilomètres de la centrale de Fukushima. C’est ce que révèlent les résultats publiés ce 15 décembre par l’Association pour le contrôle de la radioactivité de l’ouest (Acro), un laboratoire indépendant agréé par l’Autorité de sûreté nucléaire.

Présents aux côtés de la population japonaise depuis le début de la catastrophe, les scientifiques de l’Acro ont réalisé des analyses de poussières prélevées par aspirateur dans 13 habitations. « C’est dans le district de Watari de la ville de Fukushima que la contamination est la plus forte avec presque 20 000 becquerels par kg pour les deux césiums. Ce district, situé à une cinquantaine de kilomètres de la centrale, est connu pour être particulièrement contaminé, et la vente de riz vient d’y être interdite » , souligne l’Acro. Mais on trouve aussi des habitations contaminées dans la banlieue nord de Tokyo. « Il nous paraît donc important de faire des mesures systématiques dans les habitations et de prendre en compte ces risques dans la gestion de la catastrophe », estime l’Acro.

À la demande des citoyens japonais, le laboratoire indépendant poursuit par ailleurs les analyses d’urine d’enfants. Même si la contamination interne diminue, ce qui est une bonne nouvelle, « de nombreux enfants continuent à être contaminés à des niveaux qui ne baissent pas depuis nos premières analyses du mois de mai ». Pour la première fois, les urines d’un enfant de Tokyo se sont révélées contaminées. Probablement à cause de l’alimentation.

Par Nolwenn Weiler (16 décembre 2011)

http://www.bastamag.net/article1996.html
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede Nico37 » 20 Déc 2011, 00:52

Tous unis (ou presque) contre le nucléaire 19.12.2011 | Junko Takahashi | Asahi Shimbun

Après Fukushima, le mouvement antinucléaire, qui existe depuis des années, continue à mobiliser. Une organisation d’extrême droite s’est même jointe à une cause qui a longtemps été la chasse gardée de la gauche dans le pays, écrit l’Asahi Shimbun.

“J’adore le Japon ! Je chante pour que les habitants de Fukushima puissent retrouver leur vie d’avant, et ce le plus vite possible. Je souhaite que notre pays sorte rapidement du nucléaire.” Chaque fois que Cocoro Fujinami, chanteuse et star montante de la télévision, âgée seulement de 15 ans, est invitée à un rassemblement antinucléaire, elle interprète la chanson Furusato [“Le pays natal”, chanson populaire connue de tous les enfants nippons]. Le 23 mars, une dizaine de jours après l’accident nucléaire survenu à Fukushima, elle a posté le commentaire suivant sur son compte Twitter : “Mais jusqu’où sont-ils prêts à aller pour défendre le nucléaire ? !” En trois jours, le nombre de visiteurs de sa page a dépassé les 3 millions, son nom s’est répandu comme une traînée de poudre sur la Toile et les invitations à manifester se sont multipliées.

Quand Cocoro se met à chanter Furusato lors des rassemblements, certaines personnes dans le public fredonnent avec elle les paroles “Qu’il est dur d’oublier mon pays natal”, tandis que d’autres la couvrent de huées et lui lancent des projectiles. Ses producteurs reçoivent des critiques de la part des partisans de droite comme de gauche : “Il est scandaleux de réquisitionner une mineure à des rassemblements de gauche”, “Il faut qu’elle cesse de tenir des propos qui encouragent le patriotisme et le militarisme !” Ce à quoi elle répond : “J’agis de mon propre chef. Mon souhait, qui est celui de la sortie de l’énergie nucléaire, n’a aucun rapport avec la politique. Qu’y a-t-il de mal à dire que j’aime le Japon ? N’est-ce pas le cas de tout le monde ?”

Le soir du 21 novembre, une centaine de personnes ont défilé en bon ordre dans le quartier de Yurakucho, à Tokyo, en scandant : “Sortons du nucléaire ! Cessons de détruire notre magnifique nature !” Quelque chose d’inhabituel flottait en tête de cortège : le drapeau japonais. L’organisateur n’était autre que Daisuke Hariya, 46 ans, qui dirige le groupe nationaliste d’extrême droite Toitsu Sensen Giyugun [Armée des volontaires du front uni]. Après la catastrophe, le groupe a dépêché à trois reprises des secours dans les zones sinistrées. Au mois de juillet, il a commencé à organiser des manifestations antinucléaires afin de “préserver la belle nature que nous ont léguée nos ancêtres”.

“Si le mouvement antinucléaire est monopolisé par la gauche, dit Daisuke Hariya, les dirigeants n’auront aucune difficulté à l’étouffer.” Auparavant, la contestation des armes et de l’énergie nucléaire était une revendication propre à la gauche nippone. Cependant, après l’accident de Fukushima, de nombreux Japonais, craignant que les terres familiales ne soient contaminées par les rejets radioactifs et que leurs enfants et leurs petits-enfants n’en subissent les conséquences, ont rejoint le mouvement. Les partisans de droite ont commencé à faire entendre leur voix contre le nucléaire en prônant l’amour de la terre. La manifestation du 21 novembre a pris fin au bout d’une heure et une cinquantaine de participants se sont retrouvés dans un bar.

“Contrairement aux manifestations de gauche, les nôtres sont tranquilles, car il n’y a pas de jeunes qui provoquent la police”, me confie une femme d’une trentaine d’années. J’ai également rencontré un homme qui, dans sa région, manifestait contre le nucléaire aux côtés des communistes. Au final, une vingtaine de manifestants ont terminé la soirée dans une boîte à karaoké.

En avril dernier, Taichi Hirano, un jeune homme de 26 ans, a envoyé ce tweet : “Si vous souhaitez vous rassembler et participer à une manifestation antinucléaire dans le quartier de Shibuya [à Tokyo], merci de retweeter ce message.” Rapidement, 1 200 personnes lui ont exprimé leur soutien. Il a alors annoncé : “16 h 30 : manif antinucléaire à Shibuya”. Taichi ne fondait pas de très grands espoirs sur cette manifestation, car il n’était pas sûr de rassembler suffisamment de monde. Mais un millier de jeunes brandissant des pancartes ont afflué au parc de Yoyogi. Jusqu’à la catastrophe du 11 mars, il était difficile de rejoindre le mouvement antinucléaire si l’on n’adhérait pas aux idées des partis politiques et organisations qui y étaient associés. Mais aujourd’hui la contamination radioactive est devenue un problème collectif et, grâce à Internet, toutes sortes de gens peuvent se joindre facilement au mouvement. Il est donc possible que celui-ci devienne une véritable force de contestation au lieu de servir de simple exutoire à nos frustrations. En tout état de cause, les rassemblements et les manifestations contre l’atome dans notre pays ne sont pas près de disparaître.

Repère

Quelque 200 000 personnes ont trouvé la mort dans les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. Mais le véritable déclencheur de la lutte contre le nucléaire au Japon a été la bombe H testée par les Etats-Unis sur l’atoll de Bikini en 1954 : une centaine de bateaux de pêche nippons furent irradiés alors qu’ils se trouvaient en dehors de la zone interdite. Chaque année, lors de la commémoration de la catastrophe d’Hiroshima et de Nagasaki, des manifestations

antinucléaires ont lieu dans les deux villes, devenues centres mondiaux de la contestation de l’arme nucléaire. Au sein de la gauche japonaise, qui s’opposait avant tout au nucléaire militaire, ces mobilisations ont généré une forte cohésion politique. Cependant, après l’accident de Fukushima, le mouvement antinucléaire s’est étendu au nucléaire civil, et il rassemble de plus en plus de monde, y compris les partisans de la droite japonaise.
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede Béatrice » 22 Déc 2011, 22:57

Rétrospective et chronologie très détaillée de cette catastrophe nucléaire majeure et sans précédent après celle de Tchernobyl , dont
les conséquences sanitaires seront de toute évidence , majeures elles aussi aussi et inédites !


http://www.millebabords.org/spip.php?article17048
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Louise Michel
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon

Messagede Pïérô » 30 Déc 2011, 11:57

Le Japon est en passe (malgré lui) de sortir du nucléaire en moins d’un an :
La compagnie d’électricité du sud-ouest du Japon, Kyushu Electric Power, a arrêté dans la nuit du dimanche 25 décembre son dernier réacteur pour maintenance,ne laissant que six unités en service dans tout le pays sur un parc de 54. Les réacteurs japonais doivent subir des contrôles durant plusieurs semaines tous les treize mois environ.
Les six unités encore en service doivent être stoppées d’ici à la fin mai 2012, et nul ne sait quand les autres tranches pourront être réactivées.

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Ch ... e-decembre
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede Pïérô » 01 Mar 2012, 13:08

Nouveau film sur Fukushima : « Inside the Meltdown

Un film produit par Dan Edge consacré entièrement à la catastrophe de Fukushima Daiichi vient d’être diffusé par la BBC : « Inside the Meltdown »
Un film de 59 minutes avec de nombreux documents inédits (langue anglaise).




On y voit, entre autres, des images inédites de l’arrivée du tsunami sur la centrale avec les ouvriers qui fuient en voyant la vague approcher, et de nombreux témoignages d’acteurs directs, politiques, ingénieurs, pompiers, ouvriers.
Le film reprend les évènements dans l’ordre chronologique avec des documents originaux et quelques reconstitutions, mais sans abuser. Le tremblement de terre, le tsunami, la panne de refroidissement des cœurs, les interventions d’urgence (hélicoptères, pompiers), l’évacuation, les explosions, etc. Les journalistes de la BBC n’ont toutefois pas pu avoir accès à la vidéo des explosions du réacteur 4. Cette vidéo existe forcément, elle sortira un jour, mais il faudra être patient.
Un film à voir absolument pour ne pas oublier ce qu’il s’est réellement passé à Fukushima Daiichi. Merci aux lecteurs qui m’ont signalé ce document important.
Une réserve : le premier ministre de l’époque, Naoto Kan, est présenté comme une sorte de héros qui aurait sauvé le Japon. C’est loin d’être l’avis de tous les Japonais qui subissent aujourd’hui la contamination radioactive quotidienne. Sa démission du poste de premier ministre durant l’été 2011 et ses préoccupations antinucléaires actuelles ne sauraient l’exonérer de sa responsabilité vis-à-vis de la non évacuation de territoires fortement contaminés et donc de la non indemnisation de leurs habitants par le gouvernement japonais.

http://www.sortirdunucleaire.org/actual ... ?aff=13762
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede Nico37 » 11 Mar 2012, 13:35

Fukushima et les chiens de garde du nucléaire mercredi 7 mars 2012Yûki Takahata

La plus grande manifestation antinucléaire

Le 11-mars sera commémoré par une minute de silence. Ce sera peut-être pour nombre de Japonais l’occasion de se rappeler que la catastrophe nucléaire de Fukushima qui débuta un an plus tôt a prospéré sur le silence des autorités, relayé par une presse bien complaisante à l’égard des informations reçues (lire l’écrivain Ikezawa Natsuki, « La catastrophe comme occasion », Le Monde diplomatique de mars, en kiosques).

La grande presse (télévisions et principaux journaux) s’est en effet réveillée tardivement. Ce n’est qu’à partir du mois d’avril que certains médias, notamment les quotidiens Tokyo Shinbun (560 000 exemplaires) et Mainichi Shinbun (3,5 millions d’exemplaires) ont commencé à enquêter sur les mesures prises par Tokyo Electric Power Company (Tepco), l’opérateur de Fukushima Daiichi, et par les autorités japonaises, ou à s’interroger sur la politique nucléaire du pays. Le deuxième grand quotidien japonais, Asahi Shinbun (7,9 millions d’exemplaires), n’a publié qu’à l’automne une série d’enquêtes soulignant les multiples dysfonctionnements et dissimulations qui ont conduit à la prise de mesures inadéquates (dysfonctionnements confirmés par le rapport intermédiaire du comité d’enquête sur l’accident de Fukushima, rendu public le 26 décembre).

On sait désormais que les informations officielles communiquées par Tepco et les autorités japonaises suite au séisme et au tsunami étaient non seulement insuffisantes mais minimisaient systématiquement la gravité de l’accident et de la contamination radioactive : n’a t-il pas fallu plus de deux mois à Tepco pour reconnaître que c’était bien dans les premiers jours que le cœur du combustible des trois réacteurs avait fondu (melt down) ? N’a t-on pas appris que le Système informatisé de prévision des informations d’urgences environnementales (SPEEDI, en anglais) qui prévoit la diffusion des radionucléides dans l’atmosphère, n’a pas servi à la protection des populations ? Les habitants des villes de Futaba et de Namié, par exemple, ont été évacués vers le nord-ouest sans être informés que le vent dispersait les rejets radioactifs dans cette direction, ce que la simulation montrait ? Les résultats de celle-ci, pourtant obtenus dès les premières heures de l’accident, n’ont été publiés qu’à partir du 3 mai [1].

Chantage à la publicité ?

Plus grave encore, les grands médias japonais ont systématiquement relayé, sans analyse critique de la situation, les déclarations des porte-paroles de Tepco et du gouvernement. Cette atonie peut d’abord s’expliquer par le budget publicitaire colossal que Tepco distribue copieusement à chacun d’eux : 25 milliards de yens par an (230 millions d’euros) selon les chiffres officiels. Si l’on prend celui des dix compagnies électriques japonaises, on dépasse le milliard d’euros, plus que le budget publicitaire de Toyota. A cette pression sonnante et trébuchante s’ajoute un système traditionnel spécifiquement japonais appelé kisha club (club des journalistes), où la proximité excessive entre les journalistes et les organismes ou compagnies qu’ils sont chargés de « suivre » engendre de la connivence.

De plus, au Japon, les télévisions, les radios et la presse écrite sont souvent affiliés aux grands groupes de communication et il n’existe pas d’organe de régulation audiovisuelle ni de commission indépendante. Un exemple significatif : celui du PDG du plus grand quotidien japonais, Yomiuri Shinbun (9,9 millions d’exemplaires), M. Matsutarô Shôriki, qui fut l’artisan majeur de l’introduction du nucléaire civil au Japon : la chaîne Nippon Television (NTV), qu’il venait de créer, fut utilisée pour la campagne pro-nucléaire de 1955. Ancien haut fonctionnaire de la police et criminel de guerre de classe A, il fut le premier président de la Commission japonaise de la sûreté nucléaire en 1956. Après l’accident de Fukushima, Yomiuri Shinbun persiste et signe son engagement pro-nucléaire.

Seuls des journalistes japonais travaillant hors de ces circuits médiatiques (et quelques correspondants étrangers) ont permis de mettre en doute l’information diffusée par les autorités en se rendant immédiatement aux abords de la centrale pour mesurer la radioactivité et en poursuivant les enquêtes alors que les principaux organes d’information avaient rappelé leurs journalistes. De même, lors des conférences de presse de Tepco et des autorités, ils savaient poser des questions dérangeantes retransmises en direct sur Internet par un media indépendant (Web Iwakami) [2].

Le rôle du Web a donc été capital. Dès le 12 mars, quelques scientifiques et ingénieurs ont alerté la population en présentant leurs propres analyses sur les dangers réels de la situation. Ces initiatives, diffusées sur leurs sites par des associations antinucléaires, ou au travers de blogs et de forums, ont rendu possible l’accès à des informations décrivant la gravité de la catastrophe en cours, pendant que les chaînes de télévision et les grands quotidiens, focalisés sur les seuls effets du tsunami, diffusaient uniquement les propos lénifiants des autorités et de leurs scientifiques « maison » [3]. On pouvait lire ou entendre que la radioactivité « n’entraînerait pas de conséquences immédiates sur la santé » ou encore que telle « mesure de sécurité [ était prise] par précaution ». Des expressions emblématiques de ce déni.

La plus grande manifestation antinucléaire

La prise de conscience des citoyens s’est faite à travers les échanges sur les réseaux sociaux, à l’image des révoltes du monde arabe. Cependant, l’indignation des Japonais est restée cantonnée à la sphère d’Internet malgré des initiatives exceptionnelles, et notamment la manifestation du 19 septembre 2011 à laquelle participa l’écrivain Ōe Kenzaburō [4], et qui rassembla 60 000 personnes — un fait remarquable pour une population qui n’a pas l’habitude de manifester. Cependant, la majorité des Japonais ignorent l’existence d’un grand nombre d’actions citoyennes à travers lesquelles des militants continuent ici et là à informer par des conférences de spécialistes, à réclamer la sortie du nucléaire et une politique de transition énergétique, ou à appeler à la protection des habitants contraints de rester dans les zones hautement contaminées. C’est le cas, par exemple, du sit-in organisé fin octobre devant le ministère de l’économie et de l’industrie, à l’initiative de femmes résidant dans la Préfecture de Fukushima, et dont seuls les quotidiens Tokyo Shinbun et Mainichi Shinbun se sont faits l’écho ; aucune chaîne de télévision n’en a montré la moindre image. La vigie devant ce ministère emblématique a débuté le 11 septembre 2011 : avec leurs trois tentes plantées au cœur du quartier ministériel, c’est dans l’esprit du mouvement Occupy que des militants et des citoyens japonais essaient de créer un espace de contestation et d’échanges démocratiques.

Peut-on y voir le début d’une fissure dans le consensus prôné pour faire face au plus grand désastre national depuis la défaite de 1945 ? Rien n’est moins sûr tant les vieux réflexes ont la vie dure. Et pour tous les grands médias, malgré quelques dissidences, la règle reste la même : caresser dans le sens du poil, ne pas susciter de polémique ni déplaire aux clients que sont les lecteurs-consommateurs et le monde économique, encore et toujours rassurer et, surtout, ne pas poser les questions qui dérangent. Ainsi, les propos des scientifiques ou des médecins critiquant les mesures gouvernementales sont rarement cités (alors que leurs livres se vendent pourtant comme des petits pains). La télévision montrera des scènes de décontamination, mais jamais celles où des habitants réclament un dédommagement pour pouvoir partir ailleurs.

La catastrophe nucléaire est désormais un sujet parmi d’autres, et pas question de trop en dire sur la responsabilité de Tepco ou les mesures gouvernementales qui ont enfreint la loi sur le seuil d’irradiation non naturelle. La déclaration stupéfiante, le 16 décembre 2011, du gouvernement japonais proclamant « l’arrêt à froid » des réacteurs de Fukushima a certes suscité quelques critiques, mais les grands médias semblent plutôt vouloir privilégier une attitude aseptisée et policée, loin de l’angoisse, de la révolte et du désarroi d’une population plus que jamais préoccupée par la menace d’une contamination radioactive en expansion.

On peut dire que ces grands médias ont participé à l’écriture du scénario inventé par Tepco et les autorités japonaises, qui veulent à tout prix nier la réalité afin de préserver leur pouvoir et leurs intérêts. En persistant à couvrir ce déni, c’est son rôle de contre-pouvoir que la grande presse sacrifie et avec lui les conditions d’existence d’une démocratie saine. A rebours de leur gouvernement qui affirme sa volonté de continuer le nucléaire, 85 % des Japonais désireraient en sortir [5]. Que choisiront de faire ces grands médias au milieu d’un pareil grand écart ? Et les nouveaux médias citoyens réussiront-ils à avoir enfin prise sur la société pour faire bouger les lignes ?

Yûki Takahata est traductrice et auteure de plusieurs ouvrages sur la société française en japonais. Dernier ouvrage traduit en japonais : Yannick Haenel, Jan Karski.

Notes

[1] Sauf le 23 mars 2011, où le pouvoir a mis en ligne le résultat, aussitôt retiré du site. Rien ne sera plus publié jusqu’au 3 mai (cf. l’enquête publiée par le New York Times, « Japan Held Nuclear Data, Leaving Evacuees in Peril », 8 août 2011). L’agence de presse japonaise Kyodo News a révélé le 16 janvier que les résultats de la simulation étaient communiquées dès le 14 mars à l’armée et aux autorités américaines.

[2] Un journaliste indépendant, Kazuo Hizumi (rédacteur en chef du site d’information News for the People in Japan) vient de publier, en collaboration avec un autre journaliste indépendant, Ryuichi Kino, un livre sur la dissimulation et le mensonge de Tepco et des autorités japonaises intitulé Vérification : l’accident nucléaire de Fukushima — La conférence de presse (en japonais) aux éditions Iwanami shoten.

[3] A de rares exceptions près, notamment l’émission de radio locale d’Osaka « Tanemaki Journal », qui questionne tous les jours un physicien nucléaire et un théoricien anti-nucléaire, M. Hiroaki Koidé, dont les propos sont retransmis sur Internet (en japonais).

[4] Le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oé sera présent au salon du livre de Paris, du 16 au 19 mars, qui rend hommage à la littérature japonaise.

[5] Sondage effectué les 20-21 août par le quotidien Mainichi Shinbun : « sortie immédiate » à 11 %, « sortie progressive » à 74 %, « pas besoin de diminuer la part d’énergie nucléaire » à 13 %.
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede Nico37 » 12 Avr 2012, 19:32

Fukushima : le "mensonge" de Sarkozy dénoncé au Japon

Après avoir été dénoncé par le camp Hollande, le "voyage imaginaire" de Nicolas Sarkozy à Fukushima suscite également des réactions au Japon. " Les médias japonais aussi dénoncent les mensonges de Sarkozy qui prétend être venu à Fukushima " , rapporte jeudi la correspondante de l'AFP sur l'archipel, sur Twitter.

De son côté, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts aux législatives dans la circonscription des Français de l'étranger englobant le Japon a aussi dénoncé ce jeudi un " mensonge " de M. Sarkozy. Dans un communiqué, Janick Magne dit s'exprimer " au nom des Français du Japon plongés au coeur de la catastrophe de Fukushima et de ses conséquences sur leur vie et celle de leurs amis japonais " .

Pour critiquer son adversaire socialiste dans le cadre de la campagne présidentielle, M. Sarkozy a prétendu - à tort - s'être rendu sur les lieux de l'accident nucléaire, qui a eu lieu au Japon le 11 mars 2011.
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede Nico37 » 14 Avr 2012, 15:50

Sarkozy admet ne pas s’être rendu à Fukushima | Publié le 13/04

Nicolas Sarkozy a concédé, ce vendredi, du bout des lèvres ne pas s’être rendu lui-même à Fukushima après la catastrophe nucléaire de 2011, contrairement à ce qu’il a affirmé à plusieurs reprises lors de réunions de campagne et qui a été dénoncé comme un «mensonge» par les écologistes.

«Je ne suis pas ingénieur, je n’ai pas besoin d’aller mettre le nez dans la situation à Fukushima où par ailleurs il y a un périmètre interdit», a admis le président sortant et candidat de l’UMP ce matin sur I-Télé.

«Je me suis rendu au Japon (ndlr le 31 mars 2011) avec Nathalie Kosciusko-Morizet (la ministre de l’Ecologie de l’époque), j’ai rencontré les autorités japonaises, j’ai discuté avec le Premier ministre (japonais) de la situation à Fukushima et Nathalie Kosciusko-Morizet s’y est rendue», a précisé Nicolas Sarkozy.

En dénonçant le projet de son rival socialiste François Hollande de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité en France, Nicolas Sarkozy a répété ces derniers jours à plusieurs reprises lors de meetings de campagne qu’il s’était rendu à Fukushima avec sa ministre de l’Ecologie.
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede Nico37 » 15 Avr 2012, 13:30

Japon : déni atomique Christine Ferret

Comme s’il ne s’était rien passé. En France, la catastrophe de Fukushima est déjà oubliée ; chut, on n’en parle plus, c’est si loin. Mais sur place aussi, le drame nucléaire est mis sous cloche, relégué dans les limbes par les médias et le gouvernement. La population - délaissée et sous-informée - trinque, expliquait Christine Ferret en novembre dernier, au retour d’un séjour au Japon.

Cet article a été publié dans le numéro 7 de la version papier d’Article11 (numéro de décembre2011/janvier 2012). S’il a été rédigé en novembre 2011, au retour d’un voyage au Japon, ses conclusions restent d’une incontestable actualité. Un an après le début de la catastrophe de Fukushima, la situation est toujours catastrophique et la population sous-informée.

L’accident nucléaire de Fukushima a-t-il vraiment eu lieu le 11 mars dernier ? Qui séjourne quelques semaines au Japon, huit mois après la catastrophe, peut franchement en douter. Partout, les mêmes gestes quotidiens, les mêmes sons tintinnabulants dans les transports en commun, la même surface d’indifférence à l’autre et au monde, les mêmes regards qui se dérobent. Comme avant. Les amis laissent juste transparaître de temps à autre une nervosité ne leur ressemblant guère et paraissent soulagés quand les prévisions météo n’annoncent pas de pluie pour le lendemain : pas d’intempéries, donc moins de radioactivité se déposant dans les sols de Tokyo. Ils évitent aussi de laisser leurs enfants jouer dehors trop longtemps. Et prient poliment leurs invités de ne pas boire l’eau du robinet et de ne pas consommer de bœuf s’il n’est d’origine coréenne.
« Pas trop contaminé » ?

Les chaînes de télévision n’évoquent que rarement Fukushima et ses conséquences dramatiques, leur préférant – comme d’habitude – ces émissions de préparations culinaires en tous genres, qui convergent inlassablement vers la proclamation tapageuse du « oishiiiiii », autrement dit « délicieux ». Les plus grands journaux, y compris l’Asahi Shinbun, de centre gauche, font (quasiment) comme si de rien n’était, de peur de perdre les financements publicitaires émanant des compagnies d’électricité et autres lobbies industriels. Seules exceptions : l’hebdomadaire Shukan Kinyobi, qui se fait volontiers le relais des mouvements anti-nucléaires à travers l’archipel, et le quotidien Tokyo Shinbun, dans lequel on découvre très régulièrement une carte du nord et du centre de l’île de Honshu, avec le nombre des millisieverts qui s’y déversent inexorablement depuis des mois. Dix préfectures situées autour de Fukushima sont particulièrement touchées, y compris celles de Tokyo, Chiba et Kanagawa, aux portes de la capitale. Malgré leur relatif éloignement de la centrale, certaines zones présentent des degrés de concentration de césium très élevés en raison du mouvement des vents et du dépôt des eaux de pluie. Ainsi, à Okutama-machi, un arrondissement du nord-ouest de Tokyo, des pointes allant de 60 000 à 100 000 becquerels (Bq) par m2 ont été relevées – courant octobre – dans certains quartiers. À titre de comparaison, la moyenne des dépôts de césium 137 reçus par les différentes régions françaises après l’accident de Tchernobyl s’élevait à 1 800 Bq par m2 selon la Criirad2.

Pour autant, aucun contrôle centralisé de la chaîne alimentaire n’a été mis en place par le gouvernement japonais. Et chaque commune est censée mesurer le degré de contamination de ses sols et de ses productions agricoles, la limite autorisée étant fixée à 500 Bq par kilo pour les aliments solides, sans aucune distinction quant à la nourriture destinée aux enfants. Les supermarchés de Tokyo regorgent donc de produits en provenance de Fukushima et des préfectures environnantes, vendus à des prix qui défient toute concurrence et que certains achètent par solidarité avec les exploitants agricoles restés sur place. Anguilles, champignons, pousses de bambou, fougères, citrons, abricots, épinards, salades et bœuf sont proscrits pour tout consommateur informé (très souvent via les réseaux sociaux). Pour qui veut tenter d’échapper à « l’ennemi invisible », faire ses courses relève désormais d’un véritable parcours du combattant et de nombreuses mères de familles se sont constituées en associations pour s’entraider dans l’identification des aliments les moins radioactifs et pour sauvegarder autant que possible la santé de leur entourage. Dans une société où le conformisme domine, les cas de discrimination à leur égard ne sont pas rares, quand elles s’entêtent à demander des vérifications sur les plats servis dans les cantines scolaires ou exigent que leurs enfants puissent consommer un repas confectionné à la maison. Une activité fort répandue consiste à chercher sur Internet du riz japonais (réputé supérieur à celui des autres pays asiatiques) récolté avant l’accident nucléaire, et désormais très cher. Et la commercialisation du riz issu de la ville d’Onami, à 57 kilomètres au nord de la centrale de Fukushima, a été interdite par le gouvernement japonais le 18 novembre, après des tests révélant un taux de césium de 630 Bq. Cet embargo est le premier touchant le riz, élément de base de l’alimentation, même si d’autres interdictions ont précédemment frappé certains légumes, le lait, la viande bovine, le thé, ou encore des poissons et crustacés. La préfecture de Fukushima avait pourtant affirmé en octobre que le sol de ses rizières n’était pas « trop » contaminé - ce qui devrait contribuer à augmenter la méfiance de la population quant à la capacité des pouvoirs publics à limiter de manière fiable les risques sanitaires.
Comme si de rien n’était...

Si la consommation des produits issus de la région de Fukushima a chuté de 20 à 40 %, une grande partie de la population japonaise, dans les supermarchés comme ailleurs, continue toutefois à faire comme si de rien n’était ; fatalisme oblige, dans un pays habitué aux catastrophes naturelles depuis des siècles. Renoncer à boire l’eau du robinet au profit de bouteilles de Volvic ou d’Évian suppose en outre des moyens financiers dont tout le monde ne dispose pas. Sans parler de la difficulté objective à trouver des produits frais de substitution, provenant du sud du Japon ou de Hokkaido. En particulier pour les treize millions de Tokyoïtes, jusqu’ici largement pourvus en nourriture et en électricité par un Tohoku3 aujourd’hui dévasté, après avoir été réduit pendant des décennies à un état de dépendance quasi-coloniale à l’égard de la capitale. Le saumon d’Alaska est désormais un plat de luxe fort prisé, réservé aux soirées d’exception.

La centrale de Fukushima est loin d’être sous contrôle malgré les annonces invariablement rassurantes du gouvernement et de l’opérateur Tepco, qui a laissé des journalistes pénétrer dans le site nucléaire le 12 novembre pour montrer à quel point tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, passant notamment sous silence le décès de trois « liquidateurs » depuis mars4. Les experts « sérieux » estiment pourtant qu’il faudra plus de trente ans pour retirer complètement le combustible nucléaire baignant au fond des quatre réacteurs. Les mêmes notent que la présence de gaz xénon, décelée dans le réacteur n° 2 début novembre, implique qu’une fission nucléaire a (de nouveau) eu lieu, ce à quoi Tepco a réagi par des injections d’acide borique et d’eau, censées limiter la radioactivité. L’Agence japonaise de sûreté nucléaire, qui dépend du ministère de l’Économie et de l’Industrie, peut toujours prétendre que la situation ne présente « aucun risque d’incident de criticité de grande ampleur », la stabilité de la situation n’est pas avérée. Et ce alors même que le gouvernement a autorisé fin septembre le retour temporaire des populations habitant dans la zone dite « interdite d’accès » (soit dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale), pour une durée maximale de deux heures et à condition de porter une combinaison et un dosimètre.

Ces populations sont méprisées, laissées dans l’ignorance de ce qui leur advient et les menace. Il est pourtant désormais évident que les enfants et jeunes femmes sont condamnés à plus ou moins brève échéance à des cancers de la thyroïdee5 et à des leucémies, sans parler du symptôme de léthargie « burabura », lié à la perte des défenses immunitaires et parfaitement connu des médecins depuis les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki. Le gouvernement japonais n’en a cure – il n’a d’ailleurs pas hésité, peu après la catastrophe, à relever les normes d’exposition aux radiations dans les écoles de la région de Fukushima : les enfants peuvent y subir une exposition de 20 millisieverts par an, soit la limite autorisée pour les personnels des centrales nucléaires françaises… Et s’ils portent des dosimètres permettant de connaître la radioactivité qu’ils reçoivent quotidiennement, ceux-ci ne sont pas en mesure d’estimer la contamination interne de l’organisme. Au passage, les normes de radioactivité pour l’eau potable ont également été relevées : le taux limite était précédemment de 10 Bq/litre pour le césium et l’iode ; il est à présent de 200 Bq/litre pour le césium et de 300 Bq/litre pour l’iode.

Secteur nucléaire japonais : une crise passagère

Quant aux 80 000 habitants évacués, déjà fragilisés par leur condition de réfugiés du nucléaire et/ou du tsunami, ils ont été soumis à une discrimination précédemment connue par les irradiés d’Hiroshima et de Nagasaki, comme par leurs descendants. Soupçonnés d’être « contagieux », risquant de donner naissance à des enfants malformés ou malades, ils sont mis au ban d’une société qui n’a pas hésité à utiliser ses parias, sans abris et burakumin6 pour nettoyer les centrales. L’indemnisation des victimes a par ailleurs tardé à se mettre en place ; elle est aujourd’hui conditionnée à des procédures paraissant très complexes à une population rurale privée de tout, guère en mesure de venir à bout d’un questionnaire de soixante pages sur ses frais médicaux, de subsistance et de déplacement, ni de se défendre face à un interlocuteur protégé par l’État, qui vient de lui consentir une avance de trésorerie équivalente à huit milliards d’euros. Selon Tepco, le nombre de personnes à indemniser s’élève à 160 000, mais la compagnie annonçait n’avoir reçu que 18 900 dossiers à la mi-novembre.

Les autorités continuent à prévoir un arrêt à froid (stabilisation de la température au-dessous de 100 degrés) des réacteurs de la centrale de Fukushima d’ici à la fin de l’année, mais les Japonais n’y croient guère, inondés d’annonces trompeuses depuis le début de la crise nucléaire. Ils se montrent désormais plus que méfiants à l’égard d’une puissance publique dont l’action, loin de se placer au service d’un peuple et de son avenir, semble se consacrer exclusivement à la défense des intérêts industriels et au maintien à tout prix du nucléaire civil, introduit après la Seconde Guerre mondiale par les Américains.

Alors que l’ancien Premier ministre Kan Naoto avait imposé au mois de mai l’arrêt de la centrale de Hamaoka, située dans la préfecture de Shizuoka et censée être la plus dangereuse, et qu’il avait annoncé une sortie progressive du nucléaire, son successeur Noda Yoshihiko prône la relance rapide des 54 réacteurs dont dispose le pays. Se souciant comme d’une guigne que 70 % des citoyens japonais se déclarent opposés à une telle mesure. Et feignant d’ignorer que le Japon n’était pas plongé dans le noir cet automne, quand seuls onze réacteurs étaient encore exploités - il faut reconnaître que les écrans géants et néons de Shinjuku avaient un peu pâli et qu’un été passé sans climatisation électrique fut, de l’aveu général, difficile mais vivable. Qu’importe, donc... Le réacteur n°4 de la centrale de Genkai, sur l’île de Kyûshû, a récemment été remis en marche, après avoir subi un arrêt automatique. Sans aucun scrupule, un accord a aussi été signé fin octobre avec le Vietnam, où la société Japan Atomic Power doit étudier la construction d’une centrale. Et des négociations sont même en cours pour vendre des réacteurs japonais à la Turquie et à la Lituanie... Dans le même temps, dans certains milieux politiques, on commence à évoquer la possibilité de délocaliser la capitale à Osaka, tant Tokyo est menacée par une contamination qui ne manquera pas de faire fuir les étrangers. Bref, le Japon marche sur la tête.
Une contestation marginale

Qu’en sera-t-il demain du projet qui, avant la catastrophe et d’ici à 2030, ambitionnait de faire passer de 30 à 53 % la part de l’énergie nucléaire dans les approvisionnements électriques du pays, grâce à la construction de 14 nouveaux réacteurs ? Nul ne le sait. Les militants anti-nucléaires japonais sont perplexes. Beaucoup d’entre eux rêvent surtout de quitter l’archipel ou, tout au moins, de s’installer au sud du pays, loin de Fukushima.

C’est que la contestation est loin d’être massive. Depuis la manifestation historique du 19 septembre, qui a rassemblé 60 000 personnes à Tokyo et à laquelle se sont associées des personnalités faisant figure de consciences nationales (OE Kenzaburo, Kamata Satoshi), aucun mouvement d’ampleur n’a pris forme. Les initiatives ne manquent pourtant pas, orchestrées le plus souvent par des militants dont la jeunesse est frappante – de quoi ne pas tout à fait perdre espoir, dans cet univers de compteurs Geiger. Une centaine de femmes de Fukushima, redoutant un redémarrage des réacteurs, ont organisé, du 27 au 29 octobre, un sit-in devant le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, pour exiger une réorientation radicale de la politique énergétique et la préservation de la santé des enfants. Des tentes contenant du matériel d’information à destination de la population de la capitale ont aussi été dressées, déclenchant l’ire de l’extrême-droite. Les jours suivants, des femmes de Tokyo et d’ailleurs ont continué, dans l’indifférence générale, à réclamer la protection de leurs enfants, tout en chantant et en récitant des poèmes devant le bâtiment du ministère. Enfin, une chaîne humaine de 1 200 personnes munies de chandelles a encerclé ce même ministère le 11 novembre, sous la surveillance hargneuse d’une police qui n’hésite pas à arrêter violemment les manifestants pacifistes. Il est décidément périlleux de s’opposer à l’ordre établi au Japon, pays où la libre circulation des passants affairés et les lois du marché constituent un impératif catégorique, supérieur aux intérêts de santé publique.

Par sa passivité mêlée de peur face à l’ennemi radioactif, mais aussi face à une crise économique dont l’invocation permanente sert de rempart au changement, la population japonaise entretient un ordre nucléaire qui menace sa survie même, sur un archipel fragile et dont la sismicité a notoirement augmenté depuis le tremblement de terre de Kobe en 1995. Elle entrevoit désormais, de manière encore confuse, que l’accident de Fukushima a accéléré le processus de perte de puissance du Japon, désormais voué à une dépendance grandissante à l’égard de la Chine - notamment du point de vue alimentaire. Les dirigeants japonais seront-ils en mesure de le reconnaître et d’accepter que le Japon, truffé de réacteurs au sacrifice de ses rares enfants, est désormais un « petit » pays ? Rien n’est moins sûr.

En attendant, le gouvernement consacre, dans la zone « interdite d’accès », ses efforts à la poursuite de ces animaux domestiques réduits à l’état sauvage faute de compagnie humaine, de nourriture et de soins. Si les bêtes d’élevage, principalement des bovins, ont été abattus dès le mois d’avril, chiens et chats errants parfois irradiés, abandonnés par leurs propriétaires sinistrés, continuent à hanter les environs de la centrale de Fukushima. Certains ont été sauvés par des ONG ayant établi des refuges où sont aujourd’hui gardés quelque 600 animaux. L’opinion publique se montre très sensible sur le sujet.


1 Réalisée par les amis de Formes Vives.

2 Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité.

3 La région de Tohoku couvre le nord-est de Honshu, île principale du Japon.

4 Contrairement à la réglementation en vigueur en France, les centrales nucléaires japonaises et leurs sous-traitants ne sont pas dans l’obligation de vérifier l’identité des personnes qu’elles recrutent, d’où la difficulté des contrôles sanitaires : un travailleur dans le besoin peut se faire embaucher sous un faux nom. Pas de suivi, donc, du niveau d’irradiation lié aux précédents contrats.

5 Rappelons au passage que la population japonaise n’a eu droit à aucune forme de prévention ; le gouvernement n’a pas distribué de pilule d’iode, ni dans la région de Fukushima ni ailleurs, alors que de nombreux ressortissants étrangers en bénéficiaient par le biais de leurs ambassades.

6 Terme désignant un groupe social minoritaire japonais, discriminé socialement et économiquement.
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede indignados » 27 Avr 2012, 22:17

Nouvelles du JAPON
Laurent Mabesoone
東京にいる方、明日こそ、黄色い服を着て、経産省前の「脱原発テン ト」へ赴き、福島の母たちを応援しましょう!明日は、IAEA調査団の最終日で、経産省に報告書を手渡し、記者会見を開くそうで す。要はIAEAは、大飯原発のストレステストを「妥当」と判断した経産省を助けるために、「やはり妥当」と墨付の印を押しに来 た訳です。もちろん、おおい市長や福井県知事は再稼働を許さないと表明しているので、しばらくはこのまま話が終わると思いますが。 しかし、経産省の前、連日これだけ民意がハッキリと示されてきたお陰で、もしかするとIAEAが経産省に対して否定的な注文も 付ける可能性があります。だからこそ、明日こそ、経産省へ行きま しょう!
ファックスや電話での抗議もどうぞ!
<国際原子力機関(IAEA)東京地域事務所>
〒102-0072 東京都千代田区飯田橋1-5-9 精文館ビル9F
Tel:03-3234-7186/Fax:03-3234-7214
http://www.iaea.org/   
(本部/英語)

一方、IAEAの調査に、もう一つの目的があったようですね。それは、28日に天野事務局長が報告した通り「年内に福島にIAEAの事務所を設置する」ための準備でした。実はこれが調査の一番大きな目的だったかもしれません。しかし、何のための事務所設置か不明であり、知りたいという方が多いでしょう。産経新聞など、中央のマスコミはその意向だけを伝えましたが、案外、地方の小さな新聞「大阪大阪日日新聞」(28日)のトップ記事では、天野事務局長の別の言葉を発が書かていて大変興味深いです。
「除染や使用済み核燃料の処理の問題に関してはウィーンの本部で扱うが、現地と連絡を密にすることができる」と意義を強調しました。
ええ、使用済み核燃料の処理の話??はじめてだね!
除染に関しては既に分かっています。いくつかの自治体が受入れを拒んでいるなか、細野大臣は困ったあげく福島県知事にお願いして、IAEAの力を借りて中間施設を作り、除染で出たガレキ・汚土などを福島に保管してもらおうということでしょう。
しかし、使用済み核燃料に関する言及はめずらしいですね。
以下の写真、4号機のプールにある使用済み燃料棒(原子炉約3個分、1500本以上)ですが、今、危機的状態にあるということでしょか。相次ぐ地震に加えて、非常配管(ソフト・プラスティック)の凍結・破裂によって、いつ崩れても、いつ炎上してもおかしくないということか。IAEAは早く燃料棒を取り出し、大惨事になる前に処分したいのか。
(以下のサイト   http://togetter.com/li/240902  に多くな写真があります)
東電の内部資料
http://www.meti.go.jp/earthquake/nuclea ... 26_02p.pdf
によると、本来はこの作業を2013頃に開始する予定だったが、やはりこのままではまずいと判断したのでは?ただ、IAEAが主権で工程を行うと、現在よりもさらに不透明となり、アメリカの圧力が受けやすくなります。たとえば、米軍基地から出た高放射能廃棄物などを一緒に保管したりすることが可能になります・・・。
とにかく、隠蔽組織IAEAに要注意。明日、意思表示しましょう。


Demain, plus que jamais, habillons-nous de jaune et, pour les habitants de Tokyo qui ont le temps, rendons-nous en face du Ministere de l'economie (Meti) afin de soutenir “la tente des Mamans de Fukushima”. Car demain est un jour crucial. C'est demain, 31 janvier, que l'inspection de l'IAEA au Japon se termine, et que ses membres vont remettre au Ministere de l'economie japonais leur rapport sur les stress tests a la centrale de Ohi (R2 et R3). Bien-sur, cette inspection avait simplement pour but de justifier, de “legitimer” l'accord deja donne par la NISA (dependante du Ministere de l'economie). Mais bien-sur aussi, la remise en service de la centrale d'Ohi n'aura pas lieu tant que le gouverneur de Fukui et le maire de Ohi ne donnent pas leur accord, ce qui est loin d'arriver, vu la forte mobilisation citoyenne. Cependant, nous pouvons peut-etre obtenir, grace au sitting qui se prolonge devant le ministere, une chose tres importante : une declaration de l'IAEA critique ou accompagnee de conditions.
Aussi, vous pouvez declarer votre opposition a la remise en service des centrales nucleaires au Japon en telephonant, en faxant ou en ecrivant au bureau de l'IAEA a Tokyo :
IAEA Tokyo Office
Bldg SEIBUNKAN 9F
1-5-9 IIDABASHI CHIYODA-KU
TOKYO 102-0072
Tel:03-3234-7186/Fax:03-3234-7214
http://www.iaea.org/  
(HP du siege, en anglais)

Par ailleurs, cette mission de l'IAEA au Japon avait un autre but, que nous avons appris de la bouche de son Secretaire General AMANO, le 28 janvier dernier. Il s'agissait de preparer la creation d'un bureau de l'IAEA dans la prefecture de Fukushima. L'annonce de la creation de ce bureau a ete largement relayee par les grands quotidiens, mais personne n'a indique pourquoi ce bureau etait indispensable. Sauf un seul petit journal de province, Le Osaka nichinichi Shimbun ( http://www.nnn.co.jp/dainichi/ ) n'a pas hesite a reproduire une phrase etonnante de M. AMANO :
「除染や使用済み核燃料の処理の問題に関してはウィーンの本部で扱うが、現地と連絡を密にすることができる」
“Le siege [de l'IAEA], a partir de Vienne, s'occupera de la decontamination et du probleme du combustible usage, et nous pourrons ainsi avoir prise directe sur ce qui se passe sur place”
Qu'ouis-je ? “Le probleme du combustible usage” !?

C'est la premiere fois depuis tres longtemps que des autorites officielles osent parler des 1533 barres de combustible usage (environ le chargement de trois reacteurs) encore “toutes chaudes”, dans la piscine du reacteur 4 (Voire la photo jointe, et d'autres sur ce site : http://togetter.com/li/240902 ). Nous savons tous que cette piscine a ete endomagee regulierement par les tremblements de terre successifs , que son systeme de refroidissement a ete repare de partout, avec des canalisations en plastique mou, qui explosent en cas de gel (il fait -6 degres en ce moment tous les matins a Fukushima Daiichi). Les 14 fuites reconnues avant-hier par la tepco ne sont que la partie visible de cette pieuvre geante blessee a mort. L'IAEA le sait bien, un effondrement de la piscine, c'est la fonte des barres, avec des quantites considerables – 2 a 3 reacteurs -de radionucleides a nouveau liberees dans l'air. Et Tokyo doit etre evacuee...
Or, un document interne de la tepco (fin decembre 2011)
http://www.meti.go.jp/earthquake/nuclea ... 26_02p.pdf
indique que le deplacement des barres de combustible usage vers un lieu plus sur ne doit que commencer qu'a la fin de l'annee 2013. Selon toute vraisemblance, la tepco via le gouvernement a demande l'aide de l'IAEA, car il y a maintenant urgence. Depuis le seisme du 1 janvier, tout indique qu'il y a une reprise importante des fuites de cesium en provenance de la centrale...

Mais un “passage d'armes” a l'IAEA signifie aussi une influence accrue des USA sur la gestion de la catastrophe, et encore moins de transparence. Deja, des rumeurs sur internet parlent de la volonte des USA de faire passer, via l'IAEA, les dechets nucleaires – d'origine militaire - de leurs bases, afin de les stocker avec les barres de combustible, dans une installation sous la coupe de l'ONU... Ce qui est sur, c'est qu'aucun controle democratique ne sera plus possible, si l'IAEA devient le principal maitre d'oeuvre a Fukushima...

Allez, demain, tous au minstere de l'economie !
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Re: Catastrophe nucléaire au Japon à Fukushima

Messagede Nico37 » 05 Mai 2012, 12:18

Le Japon arrête son dernier réacteur, politique énergétique en suspens 05-05

Le processus d'arrêt du dernier réacteur actif au Japon a débuté samedi, en vue d'une session de maintenance de plusieurs mois, réduisant à néant la part de l'énergie nucléaire dans l'électricité nippone un peu plus d'un an après la catastrophe de Fukushima. (c) Afp
Mots-clés : Japon, énergie, nucléaire, accident, nucléaire, gouvernement

L'arrêt du dernier réacteur encore actif au Japon a débuté, un peu plus d'un an après l'accident nucléaire de Fukushima qui a forcé les autorités à prendre de nouvelles précautions et oblige le pays à repenser sa politique énergétique pour les prochaines décennies.

Sur un parc de 50 unités, plus aucune ne sera en service à partir de dimanche, la dernière encore en marche, Tomari 3 (nord), étant entrée samedi en processus d'extinction pour maintenance.

De nombreuses autres tranches, arrêtées aussi pour entretien obligatoire après 13 mois de fonctionnement en continu, n'ont pu redémarrer jusqu'à présent: les autorités veulent au préalable leur faire passer des tests de résistance et obtenir l'aval des élus locaux.

Au moment de l'accident de Fukushima, survenu le 11 mars 2011 à la suite du séisme et du tsunami qui ont dévasté le nord-est de l'archipel, 37 réacteurs étaient en fonction, les autres étant alors inactifs, principalement pour maintenance.

Onze unités du nord-est ont été stoppées par la catastrophe, puis deux autres, dans le centre, mises à l'arrêt en raison de faiblesses face aux risques sismiques.

Depuis, les dernières ont été suspendues pour respecter les cycles d'entretien.

Le gouvernement plaide désormais pour la relance des réacteurs qui ont réussi les examens de résistance aux catastrophes naturelles et répondent aux nouvelles règles, mais les élus locaux, dont l'accord est nécessaire, hésitent à prendre cette responsabilité face à des citoyens méfiants.

Les industriels militent également pour le redémarrage, menaçant sans cela de déplacer des sites de production à l'étranger.

Pour compenser l'absence d'énergie nucléaire, les compagnies d'électricité ont dopé ou remis en marche des centrales thermiques et exigent des sociétés et particuliers une réduction de consommation.

Bien qu'aucune interruption massive de courant n'ait eu lieu jusqu'à présent en dépit de la baisse de production, le mode d'approvisionnement actuel n'est satisfaisant pour personne: ni pour les clients, qui doivent limiter leur activité et risquent de voir les tarifs augmenter, ni pour les compagnies, dont la facture d'hydrocarbures grimpe en flèche, ni pour le pays dont la dépendance énergétique s'accroît vis-à-vis de l'étranger, ni pour la planète du fait d'une augmentation des rejets de dioxyde de carbone (CO2).

Pour autant, le gouvernement est conscient que la politique énergétique antérieure est caduque: elle était basée sur une augmentation de la part du nucléaire à plus de 50% de l'électricité en 2030, contre 30% environ avant le désastre de Fukushima, ce qui est devenu inadmissible pour les citoyens nippons.

Le Premier ministre au moment de l'accident, Naoto Kan, avait carrément plaidé pour l'abandon de l'énergie atomique. Son successeur, Yoshihiko Noda, a juste proposé une réduction de la part du nucléaire, via notamment le non-remplacement des réacteurs en fin de vie.

La population espère en majorité la suppression des centrales atomiques sur le sol japonais, mais seulement une minorité exige un arrêt immédiat.

Les plus farouches opposants, parmi lesquels l'écrivain prix Nobel Kenzaburo Oe, tentent de mobiliser afin de forcer les autorités à décréter l'abandon pur et simple de l'atome.

Plus de 5.000 personnes ont ainsi défilé samedi dans le centre de Tokyo en arborant des banderoles proclamant "Adieu, énergie nucléaire !".

"Nous devons agir tout de suite pour que Fukushima soit le dernier accident nucléaire, non seulement au Japon mais dans le monde", a expliqué à l'AFP la dirigeante du Parti social-démocrate, Mizuho Fukushima, pendant la manifestation.

L'ONG Greenpeace presse les autorités de se concentrer sur l'amélioration de l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables, qui pourraient figurer en meilleure place dans le nouveau plan énergétique promis par le gouvernement pour cet été.

En attendant, les compagnies d'électricité risquent de souffrir de pénurie lors des pics de consommation estivaux et pourraient devoir programmer des coupures ciblées, afin de réguler la distribution et éviter une panne de grande ampleur.
Nico37
 
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