Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (2013-2014)

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 07 Fév 2014, 01:33

Nico37
 
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 08 Fév 2014, 07:46

La résistance se cultive au présent - Entretien avec Julien Durand, porte-parole de l'ACIPA Propos recueillis par Philippe Champigny, Rémy Querbouet et François Préneau

La préparation de la manifestation du 22 février à Nantes est entrée dans sa phase active. Y compris pour les promoteurs du projet qui tentent de convaincre de l'inéluctabilité démocratique de la destruction du bocage de Notre Dame des Landes et n'hésitent pas à propager la rumeur. Dernier exemple en date, le titre en une du quotidien nantais Presse Océan du 30 janvier, « Et si l'aéroport ne se faisait pas », interrogeant sur le coût pour les contribuable d'un éventuel arrêt. C'est dans ces circonstances que nous avons demandé à Julien Durand, porte-parole de l'ACIPA, Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes constituée en 2000 pour lutter contre le projet d'aéroport du Grand Ouest, de faire le point sur la situation actuelle à Notre Dame des Landes et sur les enjeux du 22.

La signature par le Préfet, fin décembre, des quatre décrets sur l'eau, la protection des espèces protégées, la desserte routière et la plate-forme aéroportuaire confirme la volonté du gouvernement de passer en force. As-tu le sentiment que nous allons vers un affrontement inexorable ?

Julien Durand : A première vue, ce n'est pas à écarter. Mais, je pense que s'ils ont su tirer les leçons de leur opération de 2012, ils devraient hésiter à revenir.

Quelles ont les échéances juridiques qui peuvent encore leur donner une porte de sortie ?

JD : C'est d'abord tout ce qui concerne la loi sur l'eau et la destruction des espèces protégés. Ca ne fait que commencer puisque les recours seront déposés au tribunal administratif de Nantes le 3 février prochain à 11h. J'en profite pour vous y convier.

On a toujours l'arrêté de cessibilité qu'on avait attaqué en 2011, pendant la tracto-vélo à Paris. Le jugement d'appel vient de passer mardi dernier et le rendu sera prononcé dans un mois. Nous demandons la nomination avec assistance d'un collège d'expertise judiciaire. Si nous sommes déboutés, nous irons devant le Conseil d'Etat. Et ce n'est qu'après la décision du Conseil d'Etat, que la Cour de Cassation, à la demande de Vinci, se saisira du dossier. Rappelons que contrairement à la demande de Vinci, la Cour de Cassation a estimé ne pouvoir juger ce dossier qu'à l'issue des procédures en cours tant devant le tribunal Administratif que le Conseil d'Etat.

En clair, si le PS respecte sa parole politique, tant que la Cour de Cassation ne se sera pas prononcée aucune expulsion de paysans ou d'habitants dans les maisons avec un contrat précaire ne devrait avoir lieu. On peut donc raisonnablement considérer avoir une année tranquille devant nous.

Nous avons, enfin et à nouveau, saisi les instances européennes en leur transmettant les arrêtés préfectoraux.

La question de la protection des espèces protégées, c'est d'abord pour Vinci ne pas perdre encore un an ?

JD : Vrai. Ca se réglera au 30 mars. Après cette date, Vinci ne pourra ni faire des défrichages ni des coupes de bois, il pourra seulement déplacer des arbres morts avec les capricornes jusqu'au mois de mai. Après il faudra attendre juillet. D'ores et déjà, Vinci est en retard pour le déplacement annoncé de plusieurs espèces.

L'action des naturalistes, outre qu'elle complique singulièrement le lancement des travaux, ne vous amène-t-elle pas à porter un autre regard sur le bocage ? Là encore la mobilisation en cours est une véritable éducation populaire.

JD : L'oeil des naturalistes n'est effectivement pas celui des paysans quand ils ont les yeux sur la charrue ! Grâce à leurs travaux, j'ai moi même découvert plein de trucs tant au niveau des plantes que des espèces. On était tellement là depuis tout le temps qu'on ne faisait pas toujours attention. Les travaux des naturalistes ont réussi à radicaliser notre opposition au projet pour que cette richesse ne soit pas détruite. Oui, on est bien là dans une lutte formatrice dans tous les sens.

Peux-tu nous parler de l'organisation locale de la résistance, avec une opposition qui semble chaque jour plus soudée, avec le pilier qu'est l'ACIPA, avec la coordination des opposants, avec le COPAIN (1) qui est un apport considérable à la mobilisation et qui a largement permis de positiver l'apport important qu'a la ZAD ?

JD : Je partage la description. J'ai vécu l'ACIPA. J'ai vécu COPAIN(1) car j'ai été paysan et responsable syndical local de la Confédération Paysanne avant d'être à l'ACIPA. Le COPAIN a su élargir l'opposition au projet d'aéroport à d'autres associations du monde agricole, ça a donné une ossature plus large à l'opposition que celle portée par la seule Confédération paysanne. Il a permis de retrouver un nouveau souffle à la mobilisation au niveau paysan et c'est sans doute ce qui a contraint le pouvoir à reculer. Ils n'ont pas osé s'attaquer à l'agriculture, au symbole que ça porte. Et nous savons, d'expérience, que lorsque le monde agricole réussit à faire partager ses exigences au point d'en faire une revendication populaire, ça a souvent permis la victoire dans de grands conflits.

Bernard Lambert (2) nous a souvent mis en garde sur le rôle de « versaillais », de briseurs de grève ou de freins à l'évolution de la société qu'ont joué les paysans Et là, dans la mobilisation contre le projet d'aéroport, on retrouve ce qu'a semé Bernard, avec une nouvelle génération. Et cela marquera pour les générations qui vont venir.

La résistance au projet d'aéroport n'est-elle pas d'abord, surtout, une lutte paysanne pour la terre ?

JD : Au départ oui. Mais il ne faut pas oublier que le monde paysan a diminué en audience et que les victoires pour la terre ne peuvent être obtenues qu'avec l'appui de toute une frange de la société qui adhère à ce projet. Nous sommes bien dans une opposition à l'agriculture capitaliste et productiviste, pour une agriculture paysanne.

N'empêche que dans cette mobilisation, la Conf' a une place centrale, tant nationalement que localement, notamment avec le COPAIN pour renforcer ce front contre l'aéroport ?

JD : Je dirai que la Confédération Paysanne joue avec le COPAIN le même rôle que l'ACIPA avec la coordination. L'opposition à l'aéroport c'est un mouvement pour conserver la terre, pour une agriculture proche des consommateurs. Si on veut faire avancer les idées pour une agriculture paysanne, il faut mobiliser la société, quitter le corporatisme pour se faire aider par des gens qui adhèrent à nos idées. C'est ce qu'on fait.

Le rôle du COPAIN, avec l'occupation de la ferme de Bellevue, n'a-t-il pas facilité une unité stratégique parfois difficile avec la ZAD ?

JD : L'essentiel, ici, c'est l'utilisation du sol, de la terre et COPAIN est légitime plus que n'importe qui pour mener le dialogue avec la ZAD, notamment avec celles et ceux qui ont des projets pour l'occupation du terrain. Oui, là, le pilier est solide. On a semé ensemble, on récoltera ensemble.

Comment la population de Notre Dame des Landes réussit-elle à résister au rouleau compresseur des pro-aéroports ? L'opposition s'est-elle solidifiée ?

JD : Avoir subi deux années d'enquêtes publiques n'a pas été simple. Ca a été dur dans le bourg ! Et la lassitude est grande, avec, ne le cachons pas, chez plusieurs un rejet de la ZAD. Mais depuis la chaîne humaine, ça a largement changé, positivement, et la défiance qui a pu exister un temps vis à vis de nous a disparu. Notre Dame des Landes est aussi devenue une commune dortoir, avec une nouvelle population. On a donc, en septembre, refait une réunion à Notre Dame des Landes, entre nous. Et depuis on constate qu'à nouveau le nombre d'auto-collants grandit, et que des jeunes, nouveaux dans la commune, nous rejoignent et nous donnent un coup de main.

Quels sont, pour toi, les enjeux de la manifestation du 22 février prochain ?

JD : Cette manifestation, on en a lancé l'idée à une dizaine, paysans, militants de l'ACIPA, du COPAIN et de la ZAD, réunie à la Vacherie. La date a été choisie en fonction de celle des municipales et des risques d'intervention policière. Et l'idée a été repris par la coordination des opposants. La réunion des comités de soutien, avec plus de 200 présents, a permis de mesurer le développement national du mouvement de solidarité et l'effort de communication qui a été fait. Les nombreuses réunions que nous faisons à l'extérieur font salle pleine. A l'évidence, il se passe quelque chose.

Mustière, président des Ailes de l'Ouest, la pseudo association pro-aéroport piloté par MEDEF/PS/UMP annonce aujourd'hui dans Ouest-France que même s'il y a 20 000 manifestants le 22, ça ne changera rien.

JD : 20 000. Il met quand même la barre haut ! C'est aussi la preuve qu'ils se raidissent parce qu'ils ont la trouille. On est à la veille d'une possible intervention policière, on relèvera le défi.

Electoralement, qu'est-ce qu'il pourrait y avoir de mieux pour la mobilisation ? Demandes-tu la démission d'Ayrault ?

JD : Le départ d'Ayrault, j'y crois pas. Aux copains de la coordination, j'ai toujours dit qu'Ayrault en haut, c'est notre meilleur panneau publicitaire pour la lutte de Notre Dame des Landes. Premier Ministre, il a emmené son boulet avec lui. S'il tombe, peut-être que son boulet tombera vec lui.

Côté politique, je suis en colère contre les loustics comme Auxiette (président PS de la Région) et l'UMP qui, quand on les interroge dans les réunions publiques, ne cessent de dire que la question de l'aéroport n'est pas le sujet de la réunion, mais, dès qu'ils sont élus, ils affirment que leur élection a plébiscité le projet.

Un accroc juridique pourrait être l'occasion pour des politiques intelligents de dire : le dossier est mal ficelé, il n'y a pas accord, il n'est pas possible d'aller sur le terrain, on arrête. Il nous faut donc continuer d'articuler la bataille juridique, mobilisation et interpellation des politiques pour qu'ils renoncent à ce qui est d'abord un projet d'Etat.

Interrogé par Ouest France, tu as eu des mots très forts sur les conséquences qu'aurait une intervention policière ?

JD : Je sens que beaucoup de monde est prêt à réagir, localement bien sur où la mobilisation ne faiblit pas, mais aussi de plus en plus largement. Dans les réunions extérieures je sens que cette envie de ne pas laisser faire s'articule avec le ras l'bol de ce qui nous tombe sur la tête, la crise économique, l'austérité. Le chantier de Notre Dame cristallise tout le monde. C'est notre force.

L'expulsion des paysans et des habitants et le commencement des travaux sonneraient la voie de l'affrontement et il y aurait du monde partout. Nous ne le souhaitons pas mais nous y sommes prêts.

Vous avez réussi quelque chose d'extraordinaire en faisant travailler ensemble des gens d'horizons, d'histoire et de cultures différentes qui n'en n'avaient pas l'habitude. Toi, qui es au premier rang, comment vis-tu ça ?

JD : Je vous renverrai simplement à la conclusion du débat public de 2013 où Bergougnoux, le président de la Commission du débat public, concluait son rapport en indiquant qu'il constatait « un fort relent d'altermondialisme ». C'est d'ailleurs la seule chose que j'ai retenu de son rapport et qui m'a fait le plus plaisir. Bien sûr, dans la mobilisation, parfois ça brasse, nous et vous ça a brassé, comme ça brasse parfois avec la ZAD, mais on avance. Il avait raison le Bergougnoux, la résistance ça se cultive au présent. Reste qu'aujourd'hui rien n'est gagné. Et que l'année qui commence s'annonce sans doute décisive.

1 - le COPAIN 44, Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d'Aéroport, a été constitué en avril 2011. Outre la Confédération Paysanne, il regroupe le Centres d’Initiatives et de Valorisation de l’Agriculture et du Milieu rural Civam44, Terroir 44, Accueil Paysan, Groupement des Agriculteurs Biologiques GAB44, et Manger Bio 44.

2 – Syndicaliste paysan en Loire Atlantique, Bernard Lambert a été l'initiative de la constitution des Paysans Travailleurs qui ont largement contribué à la naissance, en 1987, dela Confédération paysanne.
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Messagede digger » 08 Fév 2014, 09:31

C’est un interview très réconfortante qui montre le chemin parcouru. La parole de Julien Durand s’est affermie, lui qui disait dans un premier temps que la bataille juridique était la seule qui pouvait être gagnée. Maintenant, il envisage un autre scénario, en disant "qu’ils viennent !" et renforce ainsi l’image de détermination unie. L’échec potentiel de tous les recours ne sera qu’une étape, pas la fin.
Cela démontre qu’autour d’une lutte, des composantes très diverses peuvent s’unifier dans leurs diversités, si celles-ci sont reconnues et si l’objectif commun prime sur les différences d’approches.
C’était le cas au Larzac et à Plogoff.
Un des enseignements également, il y en aura beaucoup à tirer, c’est que des milieux modérés peuvent souscrire à des luttes radicales, si celles-ci ne sont pas polluées par des discours idéologiques pseudo-révolutionnaires. A NDDL, on ne sait pas qui est qui, révolutionnaire ou pas, parce que la volonté exprimée est la même : l’aéroport ne se fera pas.
Beaucoup "d’antis" pensent encore comme J Durand au départ. L’aéroport finira par se faire parce que la force gagne toujours. Mais la force est seulement une illusion entretenue par le pouvoir. Il a les médias, la finance et la propagande politicienne. Les éxécutants, GM et CRS, si ils sont très désagréables à fréquenter, ne peuvent pas grand chose sur un terrain comme la ZAD. Des officiers l’ont dit.
Maintenant, je peux expliquer pourquoi NDDL a "pris" dans l’Ouest, comme convergences de différentes frustrations. Je m’explique moins pourquoi cette lutte, et pas d’autres, est devenue nationale. Est-ce que cela marque le début de quelque chose de durable, ou n’est-ce que le résultat du travail de diffusion à partir de NDDL ? Dans le second cas, une fois Vinci dégagé, il n’en restera pas grand chose.
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Messagede Nico37 » 09 Fév 2014, 01:33

Ciné-débat opposants - dimanche 9 février à Murs-Erigné 07/02

Les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes (Loire Atlantique) ne désarment pas. Les avocats de leurs principales associations ont déposé lundi au tribunal administratif de Nantes de nouveaux recours contre les arrêtés préfectoraux du 20 décembre autorisant le début des travaux.

Ces recours, a précisé l'AFP en début de semaine, contestent la légalité des arrêtés en matière de protection de l'environnement - deux concernent la loi sur l'eau, les deux autres évoquent les espèces protégées - mais ne sont pas suspensifs.

En Maine-et-Loire, le collectif citoyen angevin contre le projet d'aéroport à NDDL reste lui-aussi actif. Dimanche, il organise un ciné-débat salle Jean Carmet a Mûrs-Erigné à partir de 15h30 en présence de plusieurs des acteurs de la lutte contre le projet : Vincent Liquière du Collectif des pilotes de lignes, Françoise Verchère, ancienne Maire de Bouguenais, membre du Collectif des Elu-es doutant de la pertinence de l'aéroport, Dorian Piette, juriste, Julien Durand Porte parole de l'ACIPA et un membre du collectif des naturalistes en lutte.

La rencontre débutera par la projection d'un documentaire de Thibault Férié "Le tarmac est dans le pré" (55') qui fait le point sur les arguments pour et contre ce projet.
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Messagede Nico37 » 09 Fév 2014, 10:54

Contre le projet d'aéroport près de Nantes, le comité Manche en mission sur les marchés 08/02

Le comité Manche Notre Dame des Landes, opposé au projet d'aéroport près de Nantes, en mission d'information sur les marchés de Saint-Lô et de Cherbourg.
Le comité Notre Dame-des-Landes de la Manche, sur les marchés de Saint-Lô et de Cherbourg ce samedi matin pour y rencontrer la population et expliquer que dans un contexte "annoncé" de restrictions et d'économies, ce nouveau "grand projet inutile et imposé" au mépris de l'intérêt général est une aberration pour notre économie et notre environnement.

Ecoutez Jean Claude Bossart du comité de la Manche

(...)
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Messagede Nico37 » 11 Fév 2014, 01:42

Citoyens Vendômois COntre le Projet d'Aéroport NDDL

Un certain nombre de Vendômois, impliqués depuis plusieurs mois dans la lutte contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et dans le soutien à ses opposants, ont décidé de créer le CIVCOPA, collectif des CItoyens Vendômois COntre le Projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes. Ce collectif informel, spontané et autogéré est ouvert à toutes les personnes habitant dans le Vendômois et souhaitant participer à la lutte contre ce projet désuet, absurde, inutile, couteux et destructeur de terres agricoles bocagères

Son objectif

Participer activement et solidairement à la lutte contre ce projet par :

- Le soutien aux opposants et aux populations concernées par le projet d’aéroport (riverains, agriculteurs, habitants de la ZAD)

- Le soutien et la participation aux actions menées sur place

- L’information de la population locale vendômoise par tous moyens de communication et par la mise en place d’actions de sensibilisation

nonaeroportnddl.vendome@gmail.com
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Messagede Nico37 » 11 Fév 2014, 12:13

Notre-Dame-des-Landes : le recours de 26 opposants rejeté 10/02

La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté les recours contre la procédure d'expropriation. Les opposants au projet iront devant le Conseil d'Etat.

La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté le recours de 26 opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes contre l'arrêté déclarant cessible leurs parcelles dans le cadre de la procédure d'expropriation destinée au projet, a annoncé lundi 10 février la préfecture de Loire-Atlantique.

Ces recours, déposés au début de l'automne 2012, avaient été rejetés par le tribunal administratif de Nantes en première instance, le 20 décembre 2012, et les opposants, parmi lesquels des agriculteurs et des particuliers, avaient fait appel de cette décision, que la cour d'appel du tribunal d'administratif de Nantes a donc confirmée, le 7 février 2014.

Après ce rejet en appel, "nous avons l'intention de déposer un pourvoi devant le Conseil d'Etat et nous étudions la meilleure façon de le faire", a déclaré Julien Durand, président de l'Acipa, l'une des principales associations d'opposants institutionnels à l'aéroport.

Un recours déposé devant la Cour de cassation contre les ordonnances d'expropriation avait également été déposé par les opposants en 2012 et la cour a suspendu sa décision, dans l'attente de l'issue définitive de la procédure entamée contre les arrêtés de cessibilité devant la justice administrative.

Suspension des expulsions

La procédure d'expropriation a commencé début 2012 à l'encontre des propriétaires et exploitants n'ayant pas accepté un départ à l'amiable. Tous les jugements ont été prononcés, mais une vingtaine de propriétaires et exploitants ont obtenu la suspension de leur expulsion grâce à un accord politique passé avec les collectivités locales de Loire-Atlantique pour mettre fin à une grève de la faim entamée par plusieurs opposants au printemps 2012, au moment crucial des campagnes présidentielles et législatives.

Leur expulsion est théoriquement suspendue à l'issue de tous les recours alors déjà déposés contre le projet, dont faisait partie le recours contre les ordonnances d'expropriation devant la cour de cassation.

Menant une bataille juridique intense, les opposants n'ont cessé de déposer des recours contre pratiquement toutes les décisions administratives, en parallèle à l'occupation du terrain prévu pour le projet, qui a donné lieu à d'intenses affrontements avec les forces de l'ordre à l'automne 2012 lors d'une première tentative d'expulsion. Jusqu'ici, tous les recours déposés par les opposants ont été rejetés.

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont la concession a été attribuée au groupe Vinci, devait initialement être mis en service en 2017 pour remplacer l'actuel aéroport de Nantes Atlantique.

Pour les partisans du nouvel aéroport, il s'agit d'anticiper une future saturation de l'actuelle aérogare et de lutter contre ses effets, en termes de nuisance sonores mais aussi d'entrave à l'urbanisation du centre-ville du fait du plan d'exposition au bruit. Les opposants contestent ces deux arguments et estiment que les destructions environnementales liées au futur projet ne sont pas justifiées.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 15 Fév 2014, 01:24

Bref rappel historique pour la manif du 22 février à Nantes.

Nous organisons une grande manif à nantes pour exprimer notre détermination sans cesse renouvelée contre le projet d'aéroport.
En mars 2012, à l'approche d'une manif très similaire, la préfecture décriait le mouvement dans les journaux afin d'effrayer celles et ceux qui auraient voulu s'y joindre.
Sur le terrain de la zad, de nombreuses patrouilles de gendarmes opéraient des contrôles volants durants les deux derniers jours précédant la manif.
Nous n'étions alors pas étonné-es d'être accueilli-es à nantes par un dispositif policier digne de l'encadrement d'un contre sommet (hélico...).
Ne vous fiez pas à la terreur qu'ils nous imposent.
Il n'y a aucune certitude que la préfecture choisisse la même stratégie, mais nous trouvions important de partager ce petit bout d'histoire, vous invitant aussi à vous informer sur la répression et quelques réflexes pour y faire face.

En cas d'urgences [juridiques] ou simplement pour quelques conseils : Legal team 06 75 30 95 45.

Nous rappelons aussi le numéro d'urgence de la ZAD auquel signaler le barrages et autre opérations policières : 06 43 92 07 01.
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Messagede digger » 15 Fév 2014, 07:30

Le contexte est différent aujourd’hui.
Je ne sais pas quelle stratégie adoptera la préfecture et quelles consignes seront donnés aux forces du désordre. Il peut toujours y avoir des provocations pour maintenir l’image de dangereux extrêmistes casseurs opposés au progrès .
Côté manif, le temps n’est pas à la confrontation directe mais à une démonstration de détermination. Des affrontements nuiraient plus à la lutte plus qu’elle ne la ferait avancer. Il y a un temps pour tout.
L’intelligence voudrait que le préfet laisse faire et ne place pas ses gardes-chiourmes en évidence et que les pressé-es d’en découdre conservent leur énergie pour les mois à venir dans le bocage si il en était besoin.
Sinon, et bien çà fera des unes géniales pour Ouest-Torchon et Presse-Cancan.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 16 Fév 2014, 18:28

« Notre Dame des landes c'est assez révélateur des conneries que peuvent faire les politiques avec notre fric, avec nos terres, vraiment sans se gêner » - Entretien avec Marcel Thebault, paysan au Liminbout à Notre Dame des Landes (Propos recueillis par Philippe Champigny, François Préneau et Rémy Querbouet )

A dix jours de la manifestation du 22 février prochain à Nantes, 13h devant la Préfecture, il nous est paru important de donner la parole l'un des acteurs majeurs de la résistance paysanne à Notre Dame des Landes.
Installé avec Sylvie, son épouse, depuis 1994, sur leur ferme de production laitière (43 hectares) au Liminbout, au coeur de la ZAD de Notre Dame des Landes, Marcel Thébault était l'un des grévistes de la faim qui, par cette longue grève au printemps 2012, ont contraint le PS à un premier recul. Marcel et Sylvie animent aussi le blog de résistance Paroles de Campagne http://parolesdecampagne.blogspot.fr/

As-tu le sentiment que sous sommes entrés dans une période d'affrontements imminents ?

Marcel : Aujourd'hui, vu d'ici, je ne sens pas l'affrontement, du moins jusqu'aux élections. Quand il y a eu la signature des arrêtés par le Préfet, j'ai surtout retenu que ça faisait un an qu'il devait les signer. L'année dernière, il s'est planté, là il est très prudent et ne veut pas se louper. Et après les municipales, il y a des déplacements d'espèces qui ne seront plus possibles.

Plusieurs échos du côté de l'Elysée nous confirment qu'Ayrault tient coûte que coûte à ce projet, quitte à y perdre son poste, ce qui plaiderait pour des débuts de travaux, accompagnés d'interventions courant juin. Mais je me dis que s'il y a intervention, ils vont encore perdre, sauf s'ils y mettent les chars. Mais s'ils y mettent les chars, ils seront discrédités. Si on a su résister en octobre 2012, il y a quand même des chances qu'on y arrive, une fois de plus. Dans une AG, nous avons eu le débat et un jeune a très bien expliqué que « notre force c'est le désordre ». Dégagé des points fixes, des barricades, les militaires savent faire, mais réduire une résistance désordonnée, ils ne savent pas. Et c'est comme ça qu'on va gagner.

Mais aujourd'hui, n'est-ce pas aussi Vinci qui est à la manœuvre, avec les Ailes de l'Ouest (1) qui poussent ?

Marcel : Les Ailes de l'ouest poussent de tout ce qu'ils peuvent, c'est indéniable. Mais je ne partage pas ton analyse, je trouve Vinci très discret, pour ne pas dire inexistant. Maintenant qu'il a fait main basse sur les aéroports de l'Ouest, ça lui suffit bien. Il voit que Nantes Atlantique ça fonctionne très bien. Les mouvements sont à moins 2,5% on communique sur la hausse du nombre de passagers. Y'a du fric qui rentre, y'a du lowcoast. Vinci va réorganiser les aéroports de l'ouest comme il l'entend, tout lui va bien. Et je ne suis pas certains que ses dirigeants apprécient d'être mis en première ligne au cœur de la polémique, qu'on dise du mal de Vinci. C'est pas bon pour les affaires. Mais ils font gaffe à ce que, dans leur calendrier, tout soit fait à l'heure pour qu'on ne leur reproche rien. Et pour que ce soit l'Etat qui paie si finalement l'aéroport ne se fait pas. L'histoire du sous-sol qu'est merdique, c'est une réalité objective que Vinci avait peut-être sous-estimé, mais il faut que ce soit l'Etat français qui arrête. Aujourd'hui le dossier est essentiellement politique.

Qu'est ce qui va permettre de l'emporter, la mobilisation paysanne ?

Marcel : Pas facile de répondre car je suis partie prenante de cette mobilisation. Je pense très sincèrement que la réussite à Notre Dame c'est que tous les fronts aient été attaqués sans se faire de tort entre nous, même si aujourd'hui on est dans une phase délicate où chacun a tendance à vouloir tirer la couverture à lui, avec dans nos réunions, une vraie bagarre de leadership.

Ce qui est très déstabilisateur pour le pouvoir, c'est d'être attaqué de tous côtés par des gens qui ne se gênent pas trop entre eux . Ainsi, on a réussi à casser l'image des zadistes présentés comme des anarchistes, casseurs et violents quand ils ont gagné l'adhésion d'un grand nombre à leurs côtés. Quand tu vois des gens de 60 ans et plus qui sont dans la forêt et font face aux flics à côté des jeunes zadistes, c'est plus possible de casser les zadistes. C'est la même chose avec le squatt de Bellevue.

Le travail de contestation technique qu'a fait l'ACIPA depuis 10 ans, basée sur une expertise aéronautique extrêmement solide, a fait voler en éclat l'argumentation des promoteurs du projet.

Le travail de communication, la tracto-velo, la grève de la faim - qui a été un gros pavé dans la marre pour sensibiliser les nantais et casser la solidarité gouvernementale -, la résistance unifiée au mois d'octobre, tout cela a permis le rapport de force actuel.

L'arrivée du COPAIN (2)a été un point clé au moins pour la visibilité de la résistance agricole. Le 17 novembre, ce sont pas moins de 500 tracteurs qui étaient là : une mobilisation massive de paysans qui sont essentiellement de gauche, qui sont les copains du PS. Le squatt de la ferme de Bellevue, c'était arrêter la destruction du bâti. Ce sont des étapes complémentaires, efficaces et fortes. Si ajoute tout le travail fait par les élu-e-s.

Toutes ces étapes ont montré la détermination et permis de ré-ancrer le syndicalisme paysan. Notre force, et la clé de la victoire, c'est cette offensive sur tous les fronts en même temps, sans concurrence entre les différents acteurs. Pas simple, délicat même parfois, mais jusqu'ici on a réussi à ce que le gouvernement soit attaqué de tous côtés et il est aujourd'hui profondément déstabilisé sur ce dossier.

Le travail de contestation technique sur les expertises aéronautiques portées par les élu-e-s a littéralement démonté l'habillage technique bidon des études de la DGAC, au point que tout le monde a la conviction qu'effectivement c'est du bidon. L'apport de gens hyper-crédibles comme Jacques Bankir (2), qui se sont plongés dans ces dossiers et qui disent aux promoteurs du projet « vos arguments ça ne tient pas debout », a été très important. Anecdote intéressante rapportée par Jacques Bankir quand il a publié ses commentaires, les promoteurs lui ont indiqué qu'il aurait dû d'abord les rencontrer afin qu'ils lui donnent les « vraies raisons » du transfert. « Les vraies raisons de ce déplacement, je suppose », dit Jacques Bankir, « que ce sont des raisons immobilières ».

Bien sûr cela pose un problème démocratique de fond que d'avoir réalisé une déclaration d'utilité publique sur un argumentaire aéronautique qui est faux.

Comment vois-tu le 22 février, quels en sont les enjeux ?

Marcel : Pour moi, l'objectif c'est de leur mettre un peu la trouille par la masse de gens qu'il y aura et de leur faire comprendre que, dans cette vague de crise, de frustration sociale, de frustration des électeurs qui ont voté Hollande, il peut suffire d'un cristal pour que la colère fasse bloc. Et Notre Dame des Landes peut être ce cristal, car c'est suffisamment connu et c'est suffisamment simple sur le fond pour agréger la colère de beaucoup de monde. Et c'est très dangereux de jouer avec le feu.

Le 22, on est assez convaincu qu'il y aura beaucoup de tracteurs. Et beaucoup de monde.

Ca veut dire qu'au niveau du syndicalisme agricole, il y a une mobilisation qui grandit ?

Marcel : Oui, c'est bien plus que les bons militants du COPAIN, il y a tous leurs voisins qui sont prêts à venir. Car Notre Dame des landes c'est assez révélateur des conneries que peuvent faire les politiques avec notre fric, avec nos terres, vraiment sans se gêner. Ca suffit pour mettre les gens en colère. Avec en plus l'impopularité du gouvernement, son inefficacité, et sans doute cette idée que si le projet n'a pas encore concrètement avancé, il peut peut-être tombé.

Si on s'y met tous, on peut pousser, c'est aussi ça la très bonne nouvelle pour la Conf', le COPAIN, qui sont des syndicats bien minoritaires mais qui ont pris vraiment à cœur cette bagarre et qui ont de plus en plus le sentiment d'en récolter les fruits. La FNSEA se bat aussi pour la sauvegarde des terres, c'est dans ses discours, mais ses responsable se veulent réalistes et quand un projet s'impose, ils négocient le plus cher possible. Alors que la Conf', ne refuse pas forcément de négocier, mais se bat d'abord sur ses valeurs. Comme contre la ferme des 1000 vaches.


1) Les Ailes de l'Ouest, association présidée par Alain Mustière, regroupe les laudateurs va-t-en-guerre du projet d'aéroport, MEDEF, PS et UMP. Ainsi leur communiqué du 11 février intitulé « Il est temps d'y aller » affirme : « L'État et les porteurs du projet ont le droit et la démocratie pour eux et se doivent d'être courageux. »

2) Le Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d'Aéroport, COPAIN, a été constitué en avril 2011. Outre la Confédération Paysanne, il regroupe le Centres d’Initiatives et de Valorisation de l’Agriculture et du Milieu rural Civam44, Terroir 44, Accueil Paysan, Groupement des Agriculteurs Biologiques GAB44, et Manger Bio 44.

3) Jacques Bankir a été vice-président d'Air-France, puis directeur d'AOM, Air Tahiti Nui, CityJet, Regional, Cohor. Ancien administrateur de Vueling, il est aujourd'hui consultant. Interrogé par Ouest-France, « Pourquoi prenez-vous ainsi position ? », il a répondu « J'ai participé à Roissy et j'en suis fier. Je ne suis pas contre les grands projets. Encore faut-il qu'ils soient justifiés. Ici, on engage de l'argent public, on gèle 1 200 ha de bocage, c'est la surface d'Heathrow, premier aéroport européen, 70 millions de passagers... Alors que vous avez un très bon aéroport, proche, facile à raccorder au tramway, bien géré par l'équipe de François Marie. Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? Et puis, il y a, au sud de la Loire, en Vendée, un tissu remarquable de PME (Petites et moyennes entreprises) que j'ai découvert quand je travaillais à Nantes. Ces gens-là n'accepteront pas de se payer les embouteillages pour aller au nord-ouest de Nantes. Je déjeune régulièrement avec des responsables d'aéroports européens. Ce dossier les fait rigoler. Et moi, je pense que Nantes se tire une balle dans le pied ».
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 18 Fév 2014, 02:03

Ayrault, Vinci & co, dégage ! Tous et toutes à Nantes le 22 février Comités NPA de Nantes et Saint-Nazaire Hebdo L'Anticapitaliste - 229 (13/02/2014)

Il y a un an, l’État retirait piteusement ses 1 200 policiers et gendarmes dépêchés pour vider la ZAD. Les opposantEs avaient fait preuve d’une détermination et d’une cohésion exemplaires malgré leur hétérogénéité : agriculteurs, riverains, écologistes, forces de la gauche alternative... Refusant de se laisser diviser entre « opposants responsables » et « casseurs violents », cette coalition mettait en échec les gesticulations sécuritaires de Valls et s’attirait une large sympathie dans l’opinion, obligeant le gouvernement et les bétonneurs à une pause.

Aujourd’hui, même si l’approche des municipales oblige le PS à une certaine prudence, la situation se tend. Les différents recours déposés devant les instances de l’État bourgeois ont évidemment donné raison à ce dernier, et le préfet de la Loire-Atlantique a signé en décembre les arrêtés préparatoires au lancement des premiers travaux. La police, quasiment invisible ces 12 derniers mois, se montre de plus en plus présente autour de la ZAD et le harcèlement procédurier de Vinci se poursuit contre les occupantEs.
C’est dans ce contexte qu’une manifestation est appelée à Nantes le 22 février. Dans la lignée de la chaîne humaine du 11 mai et du festival militant des 3 et 4 août (événements qui avaient chacun rassemblé près de 40 000 participantEs), il s’agit d’une échéance nationale rassemblant les acteurs locaux de la lutte et leurs soutiens. Une échéance politique d’autant plus importante qu’elle se déroule dans la ville du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, premier pourvoyeur du projet.
Plus que jamais, mettons en échec l’aéroport et son monde, celui du béton comme seul avenir et du profit comme unique moteur !

Pour une perspective anticapitaliste

Le NPA, membre du collectif des organisations contre l’aéroport, ne peut que soutenir cette initiative, et cela d’autant plus que le climat politique actuel est particulièrement propice au détournement de la lutte vers les impasses institutionnelles, régionalistes, corporatistes. Les élections municipales aiguisent les appétits, notamment à EÉLV, et le leader des bonnets rouges, Christian Troadec nous refait le coup de l’union sacrée entre les classes sociales, appelant « les paysans, les ouvriers […], les petits entrepreneurs, commerçants, artisans, l’ensemble des citoyens » bretons à la manifestation du 22.
D’où la nécessité d’afficher une perspective résolument anti­capitaliste. Nous ne luttons pas pour que les patrons, grands ou petits, de Bretagne ou d’ailleurs, puissent continuer d’exploiter et de licencier tranquillement après avoir défilé. Nous n’accordons aucun crédit aux élus qui jurent être contre le projet mais refusent de s’opposer au gouvernement qui le porte, préférant les négociations feutrées au rapport de forces direct.
Nous voulons une société débarrassée de l’oppression que le capital fait peser sur les humains et sur l’environnement, une société où les besoins de la majorité passent avant les intérêts de quelques-uns. Faire reculer le gouvernement et les capitalistes sur Notre-Dame-des-Landes constituerait un formidable encouragement aux luttes en cours et en germe.

Ni travaux, ni expulsions : l’aéroport c’est toujours non !
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 19 Fév 2014, 05:18

Il bloque la construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes Willy Colin 17/02

Le campagnol amphibie (Arvicola sapidus) communément nommé rat d'eau est une espèce protégée. Il fait l'objet d'un recours juridique par les opposants au projet de l'aéroport et empêche pour l'heure toute progression des pelleteuses.

Concrètement, le chantier de l'aéroport peut débuter à tout moment puisqu'il a été autorisé par des arrêtés préfectoraux. Mais si c'était le cas, les anti-NDDL auraient la possibilité de déposer un recours en référé qui aurait, lui, un effet suspensif.

La petite bête menacée, en l'occurence le campagnol amphibie semble le dernier rempart à la horde de Bulldozer que s'apprête à envoyer le constructeur AGO Vinci.

Les principales associations d'opposants - l'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes), le CéDpa (Collectif d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) et l'Adeca (Association de défense des exploitants concernés par l'aéroport), ainsi que la conseillère générale Parti de gauche Françoise Verchère et l'agriculteur Sylvain Fresneau, président de l'Adéca, ont nominalement déposé le recours.

Le collectif considère que l'Etat et le concessionnaire de l'aéroport sont dans "l'incapacité écologique et technique de procéder aux compensations environnementales qu'impose normalement la loi en cas de destruction d'une zone humide ou d'espèces protégées".

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique en 2008 et a été attribué sous forme de concession publique au groupe Vinci fin 2010 pour un achèvement des travaux en 2017, mais la contestation sur place est très soutenue.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 20 Fév 2014, 03:16

Deux chercheurs anglais se penchent sur l'aéroport Camille GUILLEMOIS 19/02

Ces universitaires se sont intéressés aux méthodes présidant à la mise en place de grands équipements, notamment à Londres. Le dossier de Notre-Dame-des-Landes ne pouvait les laisser indifférents.

Ils sortent d'un long entretien avec le représentant de l'association Des Ailes pour l'Ouest, qui rassemble les militants favorables à la création de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Auparavant, ils ont rencontré des élus régionaux, les opposants de l'Acipa et même les « zadistes » qui occupent actuellement le site d'accueil de l'infrastructure au nord de Nantes. David Howarth et Steven Griggs sont deux universitaires britanniques qui s'intéressent au projet aéroportuaire, ou plutôt à la méthode qui a présidé à sa mise en oeuvre.
« Créer du consensus »
La démarche a été entreprise dès 1990 en Grande-Bretagne, quand ils se sont intéressés aux mouvements qui s'opposaient à la construction d'une seconde piste à l'aéroport de Manchester, puis plus tard contre les extensions de Gatwick et Heathrow, près de Londres, à échéance 2015. C'était avant que le gouvernement conservateur de David Cameron, comptant des élus concernés et plus sensibles aux questions environnementales, impose un moratoire à ces projets.

Ils se sont également rendus en Allemagne, en Espagne et en Turquie, pour observer les mêmes problématiques autour des projets de grands équipements. « Les aéroports, les autoroutes ou les centrales nucléaires interrogent sur la manière dont se mettent en place les processus démocratiques en amont de ces projets, et les limites des modèles traditionnels », observe David Howarth, chercheur en sciences politiques à Essex.

Ils ont observé de très près les débats publics autour d'un projet sans alternatives et les espaces qui ont permis aux citoyens de s'exprimer, ou non. « La démocratie délibérative du plus grand nombre d'élus, s'appuyant sur des données uniquement techniques, est-elle la plus appropriée face à l'expression contestataire ? N'existe-t-il pas d'autres moyens basés sur une nouvelle éthique, apte à créer du consensus parmi les citoyens ? », s'interroge Steven Griggs, également chercheur en sciences politiques à l'université De Montfort à Leicester.

Au cours des débats qui ont prévalu en Grande-Bretagne, les porteurs des projets ont fait valoir l'intérêt du pays, la connectivité nécessaire avec l'Europe et les besoins liés à la croissance économique des territoires. Des arguments qui ont une résonance toute particulière dans les Pays de la Loire, où des idées identiques ont été développées.

Depuis, le gouvernement britannique a créé une commission des aéroports présidée par un économiste, indépendante, multipartite, avec des experts. Il s'agissait de dépolitiser et d'apaiser le débat. « Ce qui nous intéresse, ce sont les interconnexions qui peuvent s'opérer entre les différents mouvements d'opposition, les pouvoirs publics et la société civile. »

Les deux universitaires ont déjà publié un livre sur la politique du transport aérien en Grande-Bretagne et les projets d'extension. Ils devraient revenir dans les prochains mois à Notre-Dame-des-Landes, pour affiner leur étude.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede digger » 20 Fév 2014, 09:45

Manif anti-aéroport. Au moins 200 tracteurs et 60 cars attendus à Nantes

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Selon les organisateurs de la manifestation, les tracteurs seront nombreux, samedi à Nantes, où doit avoir lieu un rassemblement anti-aéroport.
Les organisateurs du rassemblement national de samedi prochain ont tenu, ce mercredi, une conférence de presse où ils ont présenté la manifestation.
Des tracteurs venus de toute la Loire-Atlantique, et des départements voisins, convergeront vers le centre de Nantes.
Cinq cortèges sont prévus. Ils iront se garer square Daviais. Les cars avec des manifestants venant de la France entière stationneront près de la cathédrale. Les organisateurs annoncent 60 cars. La manifestation démarrera à 13 heures, du haut du Cours des Cinquante-Otages, près de la préfecture.
Le cortège empruntera un itinéraire qui l'emmènera dans le centre-ville. La manifestation a été présentée comme "populaire, familiale et festive".
À Notre-Dame-des-Landes, les journalistes ont pu visiter un atelier de masques animé par des occupants de la zone. Ceux-ci fabriquent des masques représentant des espèces protégées menacées par l'aéroport. L'atelier est installé dans une maison appartenant à Vinci, et occupée par les opposants à l'aéroport. 

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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede digger » 21 Fév 2014, 10:53

Manif anti-aéroport. La préfecture ne valide pas le parcours nantais

La préfecture va prendre un arrêté interdisant certaines rues de Nantes à la manifestation anti-aéroport de samedi
Après présentation, par l'opposition anti-aéroport, du parcours de la manifestation de samedi, la préfecture de Nantes fait connaître son désaccord. Elle estime que  l’itinéraire envisagé ne présente pas "les  garanties nécessaires pour l'ordre public et la sécurité de la manifestation". 
Dans son communiqué, la préfecture indique qu'un arrêté, en cours de signature, va préciser " les mesures d’interdiction et le périmètre des secteurs concernés".
Ces mesures, note la préfecture, "visent à garantir l’exercice du droit de manifester sans risque pour les personnes, ni pour les biens, et à préserver au mieux les activités du samedi dans les quartiers commerçants de Nantes".
Elle ajoute: "Ces mesures ne mettent en cause, ni le point de départ de la manifestation, ni son point d’arrivée et les animations festives qui y sont prévues".
La préfecture  indique aussi avoir averti prévenu les opposants, par courrier, dès vendredi. 
"Nous pensions qu'il s'agissait juste d'une tentative d'intimidation", répond Julien Durand, porte parole de la coordination. Il ajoute: "nous attendons l'arrêté. Nous nous adapterons aux circonstances. Il ne sera pas question de rechercher l'affrontement, mais de conserver l'esprit populaire, familial et festif du rassemblement". 

http://www.ouest-france.fr/manif-anti-aeroport-la-prefecture-ne-valide-pas-le-parcours-nantais-1945743
Ce que je craignais, Piero.
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