ArcelorMittal en lutte

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede bipbip » 08 Avr 2012, 01:57









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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 11 Avr 2012, 17:36

Pour la troisième fois en cinq semaines, des métallurgistes de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) ont empêché mercredi l'accès aux bâtiments administratifs du site...

http://www.20minutes.fr/economie/914669 ... nistratifs
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 12 Avr 2012, 12:42

A l'instar de leurs homologues de Fralib , les salariés de ArcelorMittal déterminés , s'inscrivent dans une lutte , sans faillir ...

Des salariés d'ArcelorMittal Florange bloquent les expéditions

Une trentaine de métallurgistes de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) bloquaient jeudi les expéditions du site pour obtenir le redémarrage des hauts fourneaux à l'arrêt depuis octobre, a-t-on appris de sources policière et syndicale.

Portant des chasubles de la CFDT et de la CGT -- FO, troisième membre de l'intersyndicale, a une nouvelle fois refusé de participer à un blocage --, les protestataires, qui craignent la "mort programmée" de l'aciérie, se sont installés vers 9H00 à la sortie Sainte-Agathe, d'où partent les produits finis de l'usine, principalement des bobines de tôle pour l'industrie automobile, a précisé une source policière.

Il s'agit du troisième blocage des expéditions depuis le début du conflit, il y a sept semaines. Fin février notamment, entre 200 et 300 métallos avaient bloqué sans discontinuer pendant près de cinq jours la porte Sainte-Agathe. "On restera au moins la journée", a indiqué jeudi le leader de la CFDT, Edouard Martin, en "exigeant" de rencontrer "un responsable important" du groupe sidérurgique.

Pour lui, ce responsable ne peut pas être le directeur du site mais "au minimum" un dirigeant d'ArcelorMittal France ou de la division "aciers plats carbone Europe". Le dialogue entre les syndicats et la direction d'ArcelorMittal est rompu depuis le 9 mars, après l'échec d'une réunion à la sous-préfecture de Thionville (Moselle).

Mercredi, entre 20 et 30 ouvriers avaient empêché pendant une dizaine d'heures l'accès aux bâtiments administratifs du site. Il s'était agi du troisième blocage des "grands bureaux" de l'usine en cinq semaines.

Dans un communiqué, la direction avait regretté que "l'entrée de son site administratif soit une nouvelle fois bloquée par quelques manifestants, ce qui porte atteinte à la libre circulation des personnes et des biens". Elle avait également affirmé sa "volonté de maintenir le dialogue social" et s'était dite disposée à "rencontrer une délégation (syndicale, ndlr) dans le respect d'un climat pacifique".

Mais la direction avait parallèlement déposé plainte pour des "menaces de mort" qui auraient été proférées par des métallos contre d'autres salariés. Des syndicalistes doivent être convoqués vendredi au commissariat de Thionville (Moselle), selon une source policière.

ArcelorMittal a obtenu récemment du tribunal de grande instance de Thionville une interdiction de manifester devant les entrées de l'usine. Les syndicats ont fait appel de cette ordonnance. Une décision au fond sur cette ordonnance devrait être rendue le 24 avril.

En engageant le mouvement, les syndicats avaient promis de faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" si les deux hauts fourneaux de l'aciérie, en sommeil depuis plusieurs mois, n'étaient pas remis en route et si l'activité "packaging", pratiquement à l'arrêt depuis l'automne dernier, ne redémarrait pas rapidement. ArcelorMittal assure qu'il ne s'agit que d'une mise en veille "temporaire", rendue nécessaire par une baisse conjoncturelle de la demande mondiale d'acier.


http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/ ... tions.html
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 14 Avr 2012, 13:10

Trois salariés d'ArcelorMittal ont dû se présenter , hier , au commissariat pour s'expliquer sur des "menaces proférées à autrui" !

Il faut croire que c’est une chose de tenir depuis huit semaines des piquets de grève en même temps que d’enquiquiner le quotidien d’un géant de l’acier. Mais que c’en est une autre d’être convoqué dans un commissariat de police. Des vrais résistants, les « ArcelorMittal du Florange-Paris » ? Assurément. Mais pas que. De simples hommes aussi. Au nombre de trois. Tous invités, dès 9h pétantes, hier, à s’expliquer devant des officiers de police judiciaire. Dans l’ordre de la montée des marches du commissariat de Thionville : Édouard Martin, Antoine Terrak et Louis De Freitas. Trois hommes que l’opprobre ainsi jeté sur leur combat pour le maintien de leur outil de travail met mal à l’aise. Les soutiens sont là, évidemment, couverts de leur chasuble orange CFDT ou rouge CGT. Et des élus, ceints de leur écharpe tricolore.
Trois options

Il n’en faudra pas moins pour tenter un réchauffement climatique autour de cette trentaine de militants. Deux degrés à peine et un brouillard qui peine à se lever. Bref, comme la météo, l’ambiance bon enfant de l’expédition parisienne a pris un méchant coup de froid. Plainte, main courante et dépositions dénoncent, depuis mercredi, des présumées menaces de mort proférées à l’endroit d’un responsable de la sécurité d’ ArcelorMittal Florange et de plusieurs vigiles. Deux heures d’audition et une valse de témoins plus tard, le trio a laissé au vestiaire les engagements syndicaux. On touche à l’humain : « C’est pas rien de vous entendre dire que vous avez menacé d’égorger quelqu’un ». Émotion fugace mais palpable. Édouard Martin a une pensée pour ses enfants qui ont lu la presse. Louis De Freitas sera le dernier à sortir, après Antoine Terrak : « Lui n’y était même pas, souligne le premier à l’adresse du second. C’est n’importe quoi mais ça secoue quand même. Jamais nous n’avons menacé qui que ce soit ». Des voix dénoncent déjà un piteux coup monté tandis qu’un compte rendu est en rédaction pour le parquet. Ce dernier dispose désormais de trois options : poursuivre, auditionner encore ou classer.

Hier soir, la substitut du procureur, Sophie Debas, s’offrait une lecture de toute cette prose. Assurant au passage « qu’aucune décision ne serait prise dans l’urgence ».
S.-G. SEBAOUI.


http://www.republicain-lorrain.fr/mosel ... e-personne
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 16 Avr 2012, 16:07

A quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle , l'intersyndicale de Florange n'entend pas relâcher la pression et installe un "village" dans l'aciérie.


Après l'attaque en règle du président de la République contre "les corps intermédiaires" accusés de trahir la confiance des salariés, les ouvriers d'ArcelorMittal à Florange scrutent attentivement l'attitude de Nicolas Sarkozy. "Lors de sa rencontre avec la délégation de Peugeot, il a bien pris le temps de serrer la main de l'élu CFDT. Il essaie sans doute de réparer l'image désastreuse qu'il a donnée", analyse, lundi 16 avril, Frédéric Weber de la CFDT Florange.

A sept jours du premier tour de la présidentielle, la situation reste inchangée à l'aciérie où les sidérurgistes se battent contre la fermeture des deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine. Depuis plusieurs semaines, ils attendent vainement une rencontre avec un responsable du groupe ArcelorMittal, "pour voir l'avenir". Deux mois d'un rude conflit n'y ont rien changé.
"Monologue social"

L'intersyndicale FO-CGT-CFDT avait levé le blocage des voies ferrées du site après l'annonce de la venue de Robrecht Himpe, directeur général de la division Acier plat d'ArcelorMittal en Europe : promesse non tenue. "La direction dit qu'elle veut le dialogue, qu'elle le prouve. Pour le moment, on est dans le monologue social", estime Frédéric Weber.

Plainte pour menaces de mort, interdiction de manifester devant les entrées de l'usine : pas de rencontre avec un décideur mais un glissement progressif vers le rapport de force. "ArcelorMittal cherche à nous abattre tout en faisant peur aux autres salariés", a expliqué l'emblématique syndicaliste du conflit à l'issue de son audition au commissariat de Thionville, vendredi 13 avril. Il était interrogé dans le cadre de la plainte pour "menaces de mort" d'un membre du service de sécurité de l'usine. En attendant de savoir si le parquet décidera de poursuivre ou de classer l'affaire, les syndicats se réservent la possibilité de porter plainte à leur tour, pour propos calomnieux. "Oui, il y a eu échange viril mais non il n'y a pas eu de menace. Le refus de dialogue de la direction envenime la situation", constate Frédéric Weber.
"Irréductibles gaulois"

Alors que l'élection approche, l'attention s'éloigne un peu de Florange. "Notre combat ira au-delà du 6 mai", rappelle l'intersyndicale. Un "village" s'installe ce lundi devant les "grands bureaux" où travaillent les cadres du site, un "village d'irréductibles gaulois". Les ArcelorMittal veulent tenir le terrain et poursuivre les échanges et les discussions. Ils attendent la visite de personnalités sur cette installation prévue pour durer une dizaine de jours.

Parmi les personnalités attendues, l'intersyndicale n'est pas peu fière de compter Zebda qui sera en concert à Florange, jeudi 19 avril, au centre culturel La Passerelle. Le groupe toulousain a déjà participé au concert des marcheurs d'ArcelorMittal au Trocadéro à Paris : "Ils nous soutiennent depuis des semaines", rappelle l'interrsyndicale.
"Les Français décideront"

Les soutiens sont aussi politiques. François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou : les candidats à la présidentielle se sont succédés sur le site. "Bayrou en a parlé mais on l'attend encore. S'il vient, il faut qu'il arrive avec des propositions précises", prévient-on à Florange. Côté UMP, le président-candidat reste campé sur son annonce de 17 millions d'euros pour Florange. 17 millions dont les syndicats précisent que seulement 2 concernent le redémarrage du haut-fourneau et qu'ils sont programmés depuis septembre.

"Oui, l'élection est importante mais ce n'est qu'une étape. Quel que soit le candidat élu, on saura lui rappeler son engagement et ses propos tenus à Florange. Ce sont les Français qui décideront", explique Frédéric Weber. Les Français décideront, ce qui n'empêche pas certains à Florange de préciser qu'ils jugent encourageant l'engagement de François Hollande de déposer une proposition de loi visant à empêcher la fermeture d'une usine rentable.

Par Louis Morice
Journaliste


http://tempsreel.nouvelobs.com/economie ... range.html
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 25 Avr 2012, 23:39

Florange
Acier trompé


Sauver le Made in France, qu’ils disaient ? Les métallos en grève de Florange voient défiler sans illusion les candidats en campagne. Mais ils ont des idées : « ArcelorMittal a racheté Gandrange pour un euro. Nous aussi, on a un euro : on le lui donne ! » Chiche ?

http://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012

par Gilles Lucas, illustré par Placid

mis en ligne le 25/04/2012

« Nous allons être le cauchemar du gouvernement », promettaient dès le début de l’année les sidérurgistes de Florange, une des dernières villes industrielles du bassin lorrain. Au chômage technique depuis novembre, ils ne croient plus aux propos de leur taulier, ArcelorMittal, qui parle d’une réduction temporaire d’activité dans l’attente de beaux lendemains en acier. Pour eux, l’affaire est pliée : derrière les propos évasifs de la direction, c’est la fermeture de ces derniers hauts-fourneaux qui est programmée. Réunis en intersyndicale, les organisations ouvrières ont donc décidé, à partir du 20 février, de passer à l’action. Occupation des locaux de la direction, arrêt des expéditions, barrages à l’entrée des bâtiments administratifs, blocage total du site et des liaisons ferroviaires… _ « Pour décider de ces actions, on se réunit en intersyndicale puis on présente les propositions lors des assemblées générales qui ont lieu dans la salle du conseil d’administration ou dans une salle que nous prête la mairie. Les décisions sont votées à main levée », précise à CQFD Michel, un syndicaliste de la CFDT. « Le problème est que Mittal fait ce qu’il veut. Il parle de baisse de la demande d’acier pour justifier l’arrêt des hauts-fourneaux. C’est faux. Nous savons que sur les sites de Brême en Allemagne et de Gand en Belgique, les gars sont sous pression. Ces hauts-fourneaux tournent à 98 % de leur capacité. Ce qui exige un travail énorme. Cette activité, intensive et dangereuse pour le personnel comme pour les installations, devrait être partagée avec les autres sites. Tout le monde aurait du travail, et les collègues allemands et belges pourraient souffler », poursuit un responsable de la CFDT.

Au moment où ArcelorMittal ne cesse d’évoquer une baisse de la demande qui provoquerait la réduction de la production, il a reconnu avoir acheté 60 000 tonnes de brame – pavé d’acier de vingt à trente centimètres par Placidd’épaisseur – à la société russe Severstal. « Avec l’acier russe, il peut gagner de l’argent sans investir. Il crée un climat qui laisse croire que l’acier est rare : ce qui lui permet d’en augmenter le prix. Même s’il étrangle ses clients, notamment ceux du secteur automobile, cela ne lui pose pas problème puisque le but n’est qu’à court terme : celui d’engranger des bénéfices. Le futur n’a pour lui aucune importance », précise un membre du comité d’entreprise. Côté chiffres, la démonstration est sans ambiguïté : en 2011, les revenus d’Arcelor ont augmenté de 20 %, grâce essentiellement à la hausse artificielle des prix. Le 7 février 2012, le titre de cette entreprise présentait le meilleur score du Cac 40… C’est grâce à cette logique strictement financière qu’ArcelorMittal, tout en promettant un hypothétique futur, s’engage dans la voie de l’abandon de son site de Florange, entraînant la mise au chômage de plus de 5 000 salariés, et impactant la vie de plus de 20 000 personnes dans la région. La solution ? « Il faut faire une loi qui interdise le départ d’un industriel tant qu’aucun repreneur n’a été trouvé. Il doit laisser en l’état l’outil de travail. À l’État, en lien avec les entrepreneurs et les partenaires sociaux, de faire appliquer cette loi. Pour ce qui nous concerne Tatasteel et Thysenkrup pourraient être intéressés », avance le gars de la CFDT du comité d’entreprise. Fabrice, secrétaire de la CGT, balaie d’un revers de main cette proposition de loi : « Il faut des droits nouveaux au sein même des comités d’entreprise. Les salariés doivent avoir véritablement la parole, pouvoir dire “non” et que leurs avis aient un vrai poids. Mittal a racheté Gandrange pour un euro. Nous aussi, on a un euro : on le lui donne. Il y a des gens parmi nous qui savent administrer des villes, et nous pouvons aussi gérer une entreprise. Ce sont les ouvriers qui ont organisé la Sécu en 1945… » En cette période de mendicité électorale, la valse des candidats sur leur site laisse les sidérurgistes de marbre. « On est sympas. On les reçoit et on discute tant qu’ils répondent à nos questions. Tout va bien tant qu’ils ne cherchent pas à nous récupérer », explique Michel. « Quant à Sarko, s’il vient par ici… »

Le 27 février, le Président des riches avait annoncé avec fracas que l’État allait « mettre sur la table 150 millions d’euros pour sauver Florange » afin de permettre sur ce site le développement du projet Ulcos, dispositif destiné à récupérer puis enfouir le CO2 produit par les hauts-fourneaux. Le mauvais camelot s’était pris alors les pieds dans le tapis avec son mensonge à deux coups. Cette annonce d’apport de fraîche datait de plusieurs mois, et s’inscrit dans le processus de mise en conformité avec les règles environnementales européennes. Et surtout, le bonimenteur avait zappé le fait qu’une telle perspective est forcément liée à l’activité des hauts-fourneaux, et donc à l’émission de CO2, sans laquelle l’ensemble du projet est nul et non avenu. Pas bégueule, il n’aura pas hésité à récidiver le 1er mars en sortant une nouvelle liste de millions d’euros, s’engageant même au nom de monsieur Mittal lui-même à une reprise de l’activité au second semestre 2012, promesse démentie dans l’heure par l’industriel indien. Mais qu’importent les gesticulations d’un personnage mis aujourd’hui sous les feux de la rampe du pouvoir et des élections, avant qu’un autre ne lui succède ! « De toute façon, c’est tout le système qui est pourri. Tout cela, ce ne sont que des bouts de ficelle. À croire qu’on ne va pas pouvoir échapper à une révolution », confie un syndicaliste CGT de Florange…
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Pïérô » 05 Mai 2012, 14:00

direction patronnale et vigiles à l'oeuvre à Florange, la réunion du CE a viré à l’affrontement, il y a des blessés :

ArcelorMittal

A Florange, le CE tourne au vinaigre

Le comité d’entreprise extraordinaire, qui se tenait hier à Florange, a viré à l’affrontement. Bilan : trois salariés blessés et un dialogue social désespérément inexistant.

Florange. C’est une fois de plus le scénario de la brutalité et du mépris qui s’est déroulé hier. Alors que syndicats et direction devaient tenter de dialoguer lors d’un CE extraordinaire, la rencontre entre les salariés et la direction a tourné à l’affrontement avant de prendre le ton de la farce.

Ils étaient plus de deux cents salariés à avoir répondu à l’appel des syndicats et à s’être rassemblé devant le site mosellan en début d’après-midi. Salariés et syndicalistes ont alors marché vers les « Grands bureaux », siège de la direction du site pour rencontrer la direction. Sur le parvis du bâtiment, Édouard Martin rappelait aux salariés que depuis le mois de janvier, « 70.000 à 100.000 tonnes d’acier ont été détournées des carnets de commande de l’usine pour rejoindre la production d’autres sites du groupe ArcelorMittal ». Et c’est bien cette fuite des commandes qui devait faire l’objet de la rencontre entre salariés et direction.

Plainte pour « coup et blessures »

Mais alors que les métallos et leurs représentants tentaient d’emprunter un escalier en colimaçon pour accéder à la salle du CE, ils ont été violemment repoussés par une quinzaine de vigiles privés, qu’emploie le site depuis le début du conflit, il y a onze semaines. Dans la bousculade, alors la rambarde de l’escalier a cédé, projetant un salarié dans le vide. Celui-ci a dû être médicalisé sur place par les sapeurs-pompiers avant d’être évacué vers l’hôpital Bel-Air de Thionville. Un autre salarié à fait un malaise alors qu’il aurait été frappé à la tête par un vigile. Il a lui aussi été hospitalisé.

Un troisième métallo aurait été frappé au genou, il a été soigné à l’infirmerie de l’usine. Les médias présents sur place ont pu constater que plusieurs autres salariés portaient des traces de coups. Ils ont tous déposé plainte dans la soirée pour « coup et blessures ».

La direction du site, retranchée dans une salle a finalement accepté de recevoir une délégation de trois représentants syndicaux, puis a autorisé les salariés présents à assister à la réunion. Ils ont été reçus par le DRH Martin Sergent et le directeur du site Thierry Renaudin, entourés d’une dizaine de vigiles, dont – image surréaliste – deux étaient allongés à leurs pieds. La direction à alors exigé que les médias quittent la salle. Les discussions qui ont duré plus de deux heures n’ont pas permis aux salariés d’obtenir quelque information que ce soit sur le sort de leur usine. Thierry Renaudin, visiblement embarrassé par les questions des métallos a toutefois concédé aux salariés que « la BD Nord (ndlr, les usines Mittal du nord de la France, de Belgique et d’Allemagne) n’est plus assez rentable à l’export ». Pour Jean Mangin, de la GCT, « la raréfaction organisée des commandes sur le site de Florange n’est qu’une stratégie pour tuer l’usine ».

Dans ce dialogue de sourds où s’opposent stratégie financière et misère sociale, chacun est reparti de son côté en fin de journée. La direction sollicitée par la presse en fin de réunion a fermement refusé de communiquer, les métallos sont eux repartis amers et toujours plus inquiets que jamais sur l’avenir de l’acier Lorrain.

Stéphanie SCHMITT
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Flo » 04 Juin 2012, 15:57

Les syndicats d'ArcelorMittal veulent une table ronde

Les syndicats du site ArcelorMittal de Florange (Moselle) réclament d'urgence une table ronde sur la sidérurgie française, estimant que "si on laisse aller la sidérurgie dans le mur", cela aura "des répercussions" sur toute l'industrie, a déclaré lundi le coordinateur CGT Philippe Verbeke.

L'intersyndicale du site lorrain, dont deux hauts-fourneaux resteront à l'arrêt pendant encore six mois, doit être reçue ce lundi matin par le président François Hollande, en présence d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif.

Interrogé sur Europe 1 avant de se rendre à l'Elysée, Philippe Verbeke a souhaité que François Hollande "affirme que la sidérurgie a une place stratégique dans l'indutrie française".

"Il y a des débouchés pour l'acier (...) l'acier est partout, il y a un besoin d'acier", a-t-il dit.

"On est dans un virage"


Selon le responsable CGT, "c'est de la responsabilité de l'Etat de trouver des mesures offensives et de pouvoir contraindre, y compris par une loi, Mittal à redémarrer ses installations".

Philippe Verbeke a évoqué aussi une entrée de l'Etat dans le capital d'ArcelorMittal. "C'est une piste de reprendre au moins une partie du capital qui permettrait une minorité de blocage et donc de s'insérer dans la stratégie du groupe", a-t-il dit.

Selon lui, "il y a besoin très rapidement d'avoir une table ronde sur la sidérurgie. C'est l'urgence de se réunir tous autour de la table -Etat, patrons, syndicalistes- et de regarder les pistes à creuser".

"On est dans un virage. Si on ne réagit pas tout de suite, y compris par des mesures coercitives et politiques, la sidérurgie française va droit sans la mur (...) et c'est toute l'industrie qui va avoir des répercussions très rapidement", a-t-il affirmé.

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20120604.OBS7393/les-syndicats-d-arcelormittal-veulent-une-table-ronde.html
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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Flo » 27 Juin 2012, 11:27

Depuis ce matin, les sidérurgistes du site de Florange bloquent l'usine pour "maintenir la pression sur la direction". On aura, à mon avis, plus de précisions dans la journée et/ou dans la semaine.

Les sidérurgistes d'Arcélor à Florange ont compris et ne s'en laisse pas compter, ils sont passé à l'action ce matin :

Au nom de la CGT, Edouard Martin a expliqué l'action de ce jour "Il s'agit bien sûr de maintenir la pression sur la direction", a expliqué l. "Mais c'est également un avertissement à (M.) Montebourg dont la mission d'expertise est en train de mal tourner", a-t-il ajouté.

L'usine ArcelorMittal de Florange en Moselle est entièrement bloquée, mercredi matin 27 juin, par des ouvriers du site pour, ont-ils expliqué, "maintenir la pression sur la direction" mais également "sur le ministre du redressement productif",Arnaud Montebourg.


Une cinquantaine d'ouvriers ont pris position vers 6 h 30 devant les trois entrées de l'usine, bloquant l'accès aux locaux administratifs, aux expéditions à Sainte-Agathe (Moselle) et au train à chaud au passage à niveau de Dapisch (Moselle). C'est la première fois depuis le début du conflit, fin février, que les trois portes de l'usine mosellane sont bloquées simultanément, à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu'à au moins 21 heures, a indiqué l'intersyndicale.

Début juin, après une rencontre à l'Elysée entre le président François Hollande et des représentants syndicaux d'ArcelorMittal le ministre avait mis en place une "mission d'expertise" sur Florange . Cette mission doit notamment analyser les perspectives du marché de l'acier au plan national et international et examiner les perspectives industrielles du site lorrain.


Ses conclusions sont attendues avant le 31 juillet.


"C'est entrain de mal tourner donc on intervient". sage initiative

http://canaille-le-rouge.over-blog.com/article-la-bonne-voie-donner-de-la-voix-et-un-prokoviev-un-107486879.html

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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 27 Sep 2012, 10:40

Florange: ArcelorMittal a confirmé à l' Etat la fermeture des hauts-fourneaux:

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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Béatrice » 01 Oct 2012, 23:49

La direction de ArcelorMittal a annoncé ce matin à Saint-Denis, à l'issue du CCE (Comité Central d'Entreprise) la fermeture des hauts-fourneaux de Florange.


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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede Denis » 04 Oct 2012, 22:06

Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

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Re: ArcelorMittal en lutte

Messagede altersocial » 06 Oct 2012, 11:00

D'Usinor 1982 :



à Florange 2012 ....



De Mitterrand à Hollande, les fossoyeurs "socialistes" de l'emploi ouvrier endorment toujours et encore pour mieux faire passer les intérêts immédiats du capital. On passera sur les "stratégies" des bureaucraties syndicales que l'apathie générale ne permet pas encore de dépasser : aujourd'hui on sait qui pourra exploiter politiquement le désarroi de ce bassin ouvrier par une habile démagogie.
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ArcelorMittal en lutte

Messagede Nyark nyark » 01 Déc 2012, 21:24

ArcelorMittal : ambiance glaciale aux pieds des hauts-fourneaux.
Les habitants de Florange bravent le froid, mais ont du mal à digérer le rétropédalage du gouvernement.


Dans le froid qui saisit la Lorraine samedi, les habitants de Florange s'avouent inquiets pour le devenir des salariés d'ArcelorMittal, au lendemain des annonces du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. "C'est une annonce qui remet tout en balance, on s'attendait à une vraie décision", soupire Gérard, un habitant de Florange, où le géant de l'acier a promis d'investir 180 millions d'euros sur cinq ans après un compromis avec l'exécutif.

Sous son bonnet et son écharpe, Nicolas confie son incertitude quant à l'avenir à la sortie d'une usine ArcelorMittal à Florange. "Un coup on entend une chose, le gouvernement dit qu'il va faire une chose et au dernier moment il baisse la culotte",
commente-t-il, saluant ses collègues au passage. Virginie habite en face de l'usine et ne cache pas ses craintes. "Les magasins vont fermer, les gens vont partir. C'est déjà une vallée où il y a déjà beaucoup de personnes âgées, donc, si on n'arrive pas à ouvrir l'avenir à nos enfants, il n'y aura plus rien ici."

On s'est "fait enfumer"

Du côté des délégués CFDT du site, Jean-Marc Vécrin témoigne du sentiment des salariés qui ont le sentiment de s'être "fait enfumer". "Hier, on était dans l'émotion", dit son collègue Frédéric Weber pendant la trêve du week-end, samedi, mais le militant promet une réunion dès lundi matin. "On va se mettre en ordre de marche, on reste mobilisés", assure-t-il.

À quelques kilomètres de là, une vierge blanche dressée à flanc de colline domine les hauts-fourneaux implantés sur la commune de Hayange. Et autour de la statue immaculée, trois lettres rouges : SOS. Près de la mairie, dont les murs sont couverts d'une énorme bannière "Hayange en lutte", les commerçants bravent le froid et ont déballé les quelques stands du marché. "Il faisait moins cinq ce matin, les bâches étaient gelées !" raconte l'un d'eux, les mains enfoncées dans les poches en regardant passer les chalands emmitouflés dans des couches de vêtements d'hiver.

"Même chose qu'à Gandrange" (salarié)

Sur le marché, l'atmosphère est aussi glaciale que la température. "On est tous solidaires de ce qui se passe à Arcelor", explique une fleuriste. "Lakshmi Mittal a roulé tout le monde dans la farine", peste Serge Gremese, ouvrier de 40 ans. De la buée s'échappe de ses lèvres alors qu'il commande quelques tranches de jambon à un commerçant. Le charcutier, septuagénaire, est arrivé en Lorraine en 1955 "avec une valise en carton", alors que la France manquait de main-d'oeuvre. Pour lui, "de toute façon, la Lorraine, c'est foutu, la Lorraine, c'est fini".

Assis à quelques mètres dans son utilitaire ArcelorMittal, un autocollant "L'acier lorrain vivra" déteint collé à l'arrière du véhicule, Sébastien Diaz, 31 ans, attend un collègue. La clé sur le contact, le bonnet toujours vissé sur sa tête, ce salarié de Gepor, une filiale du géant de l'acier, est amer. Pour lui, "c'est la même chose qu'à Gandrange", l'usine voisine fermée en 2009. ArcelorMittal a "de nouveau enfumé le gouvernement". "Montebourg avait pris la bonne décision avec le projet de nationalisation, c'est dommage que le gouvernement n'ait pas suivi", estime ce trentenaire, qui voit son avenir "dans le flou".
La sidérurgie, "c'est notre patrimoine"

"T'as qu'à crever, Mittal !" Un client du café PMU de Hayange peste avec ses collègues. Au comptoir, les habitants sont venus jouer aux courses, se réchauffer autour d'une boisson et parler d'Arcelor. Dorianne Adam, 38 ans, vendeuse dans un magasin de bricolage, a grandi ici. La sidérurgie, "c'est notre patrimoine, on nous l'a pris et on nous a tout démoli", dit-elle.

"C'est dégueulasse ce qui se passe pour les gens qui vont perdre leur travail", ajoute-t-elle avec "dégoût, haine et colère". Ce n'est pas la serveuse qui la contredira. "Je suis dans le même cas qu'eux", dit Isabelle Konior, 52 ans. Depuis l'arrêt de la filière chaude de l'usine de Florange, elle a senti l'activité du bar reculer, et "les gens sont tristes, ils ne vivent plus avec le sourire".


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La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
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ArcelorMittal en lutte

Messagede Ulfo25 » 01 Déc 2012, 22:05

Bon deux articles de rue89 sur les derniers faits concernant l'usine de Florange.

Liens : http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/12/ ... ult-237486
http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/12/ ... ire-237483

Article Le Monde sur la satisfaction d' ArcelorMittal concerant le nouvel accord : http://www.lemonde.fr/emploi/article/20 ... 98637.html
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