Luttes dans les médias

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 02 Avr 2015, 13:45

Blog des grévistes de Radio France
http://lemeilleurdesondes.blogspot.fr/


Entretien avec trois grévistes de Radio France
Avant la soirée de soutien aux grévistes de Radio France qui avait lieu vendredi à la Parole errante à Montreuil, l’Actu des Luttes a diffusé un entretien avec trois grévistes. Elles expliquent le déroulement de la grève et la soirée prévue.
http://paris-luttes.info/entretien-avec ... es-de-2928


Journal de lutte à Radio France : 13e jour de grève
Une gréviste de Radio France raconte au quotidien le mouvement social en cours.
http://paris-luttes.info/a-radio-france ... greve-2952


Communiqué intersyndical CFDT, CGT, FO, SUD, UNSA
Les mauvais comptes de la direction de Radio France

Il n’y a pas que les comptes du chantier de la maison de la radio que la direction de Radio France ne maîtrise pas. Elle ne semble pas non plus être très douée pour compter les salariés en grève. Tous les jours, elle communique un nombre de grévistes en apparence très faible. Ce chiffre n’a pas grand sens car il est calculé sur l’effectif global et non sur l’effectif des salariés en service au moment du décompte. Il prend également en compte les CDD, malheureusement très nombreux à Radio France, et qui ne sont pas en position de faire grève.

Si la direction de Radio France faisait un décompte honnête, si elle n’oubliait pas volontairement que dans une entreprise qui travaille 24 heures sur 24, un tiers environ des effectifs est en service à un instant T, elle serait obligée de reconnaitre que les grévistes représentent une proportion beaucoup plus importante des salariés. Cela explique bien mieux pourquoi les antennes sont très perturbées et les AG toujours pleines.

Mais la direction de Radio France n’est pas honnête. Elle ne fait pas de l’information, elle fait de la communication. Elle veut faire croire que ce mouvement est l’œuvre d’une minorité.

Ce mouvement est celui des très nombreux salariés qui veulent défendre la qualité des radios de service public et les formations musicales de Radio France. De nombreux auditeurs expriment leur soutien. Les externalisations, réductions d’effectifs, restructurations sans autre projet que de faire des économies, les restrictions budgétaires ne peuvent conduire qu’à une dégradation de notre travail et du service public.

Au 12ème jour de grève, plutôt que de communiquer à la presse des chiffres de grévistes sans grande signification et de compter sur le pourrissement du mouvement, la direction ferait mieux de négocier véritablement pour mettre fin à ce conflit, comme le gouvernement l’en a enjoint.

Le 30 mars 2015



Solidarité avec la grève de Radio France (communiqué d’Acrimed)
Depuis le 19 mars, une grève paralyse les antennes de Radio France. 14 jours de grève (à l’heure où nous écrivons) qui confèrent un caractère historique à cette mobilisation, n’en déplaise aux Cassandre qui prophétisaient, au bout de 24 heures, son essoufflement.
Une grève exceptionnelle pour répondre à une situation exceptionnelle. C’est le 13 mars que cinq syndicats [1] ont déposé un préavis de grève illimitée à partir du 19 mars : « face au désengagement de l’État, à l’étranglement budgétaire actuel, aux projets de restructurations de la direction de Radio France, qui portent atteinte aux emplois, aux métiers, aux contenus, à l’organisation du travail, les salarié-e-s manifestent leur refus de la démolition programmée de Radio France et de ses missions de service public » [2].
... http://www.acrimed.org/article4624.html



Radio France Tout comprendre Chapitre 1 : l'étranglement budgétaire



Radio France Tout comprendre Chapitre 2 : la radio du futur

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Messagede bipbip » 07 Avr 2015, 13:09

Rassemblement à 17h

Salariés et auditeurs de Radio France ensemble !

Rassemblement des salariés et auditeurs de Radio France en vue de demander la désignation d'un médiateur pour relancer un vrai dialogue social et faire entendre les revendications des grévistes.

Mardi 7 avril à 17h, devant le ministère de la Culture, 3 rue de Valois, Paris 1e
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Messagede bipbip » 11 Avr 2015, 01:59

Radio France : la grève reconduite jusqu'à lundi
Au 24e jour, la mouvement se poursuit. Les grévistes de Radio France ont décidé en assemblée générale, vendredi 10 avril, de le reconduire jusqu'à lundi.
... http://www.lemonde.fr/actualite-medias/ ... lQ7EuPQ.99


RADIO FRANCE EN LUTTE A TOUT LES ETAGES
Femme de ménage, technicien radio, caissière, serrurier... L’Actu des luttes est allée rencontrer les grévistes a Radio France ,et également à la soirée de soutien,qui a eu lieu le 27 Mars 2015,a la parole errante a Montreuil.
à écouter sur Sons en luttes : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article809


Paroles de grévistes à Radio France
Alors que le conflit social à Radio France entre dans sa quatrième semaine, Acrimed, qui a tenu à marquer sa solidarité avec les grévistes, a suivi les discussions qui agitent les différents corps de métiers visés par les plans d’économie des comptables qui les gouvernent.
... http://www.acrimed.org/article4631.html
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 14 Avr 2015, 11:32

Radio France n’est pas un problème, c’est une solution !

Cela fait maintenant seize jours que les salariés de Radio France sont en grève. Ils réclament un véritable projet d’avenir, et non le démantèlement de la radio de service public. Or, plus le temps passe, plus les éléments de langage s’accompagnent de contre-vérités.

Le vrai du faux de la com de Mathieu Gallet

– « Ma seule erreur, c’est de ne pas avoir été plus expansif. » VRAI ! C’est le moins qu’on puisse dire. Cela fait des mois que nous attendons un projet, notre PDG n’évoque toujours que des « pistes » : le numérique, l’accueil du public, la publicité qu’il faudrait développer. Il nous parle de format et pas de contenu, de salles et pas d’orchestre, de coûts et pas de ressources.
– « Si rien n’est fait, on ne passera pas l’été. » VRAI MAIS… dans la presse et sur les plateaux télé, Mathieu Gallet n’évoque pas le chantier de réhabilitation de la maison de la radio. Or, c’est l’une des raisons majeures des difficultés budgétaires actuelles. Et les salariés n’en sont pas responsables.
– « Il faut changer un modèle en bout de course. » FAUX ! Radio France ne coûte pas cher : entre 10 et 15 euros par an et par contribuable pour : six chaînes, quarante-quatre locales, quatre formations musicales, des sites d’information, de la recherche sonore, etc.
ET NON… les salariés de Radio France ne sont pas des nantis. Depuis des années, il n’y a plus d’augmentation générale des salaires, et la plupart des salaires ne suivent pas l’inflation. Un journaliste à Bac +5 et 4 années de CDD commence sa carrière à 1 900 euros nets. Producteurs, réalisateurs, attachés de production, journalistes, techniciens, travaillent bien souvent sous des contrats précaires, au total 700 Équivalents Temps Plein (postes).
MAIS cela n’est pas le sujet : les grévistes ne réclament aucune augmentation de salaires, simplement le droit de continuer à faire de la radio de qualité.
ET PUIS NON ! Deux orchestres ce n’est pas du luxe. En Allemagne, la radio en a quatre. Si vous supprimez l’orchestre national, qui ira à la rencontre des citoyens qui vivent dans des déserts culturels ? Il n’y a pas trop d’orchestres en France, il n’y en a pas assez.
– « Il n’y a que 6 à 7 % de grévistes. » FAUX ! Ce chiffre doit être multiplié par trois ou quatre. Radio France étant une entreprise qui tourne 24 heures sur 24, à l’heure du pointage des grévistes seul un tiers des effectifs est présent.
« Je voudrais être le patron qui a su réformer l’entreprise pour 2020. » SO WHAT ? Les personnels de Radio France ne sont pas opposés à toute réforme. Mais la radio qu’imagine Mathieu Gallet en 2020 est une radio uniformisée et plus commerciale. Une radio qui abandonne sa mission de proximité avec le démantèlement acté des radios locales. Une radio qui abandonne ses missions de service public (informer, éduquer, divertir). Nous ne travaillons pas pour l’audience. Nous travaillons pour le vivre-ensemble.
Non, Monsieur Gallet, Radio France n’est pas un « problème », VOUS en êtes un.

Christianne
Une salariée de Radio France

http://www.monde-libertaire.fr/medias/1 ... e-solution



Radio France : échec de la médiation, la grève reconduite pour un 27e jour

L'assemblée générale des personnels de Radio France a finalement décidé de reconduire la grève pour une journée supplémentaire, les syndicats se montrant insatisfaits du texte négocié avec le médiateur.

Deux planètes. Deux mondes qui peinent (c’est un euphémisme) à s’entendre. D’un côté, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, qui se réjouissait ce week-end de l’action du médiateur Dominique-Jean Chertier pour débloquer le conflit social à Radio France – « son travail a permis de renouer les fils du dialogue entre les parties ». De l’autre, des syndicats qui, lundi matin, se montraient très insatisfaits de la quatrième version du document de trois pages, issue de cette fameuse médiation. « Ce furent trois jours de négociations avec un marathonien, ils nous ont envoyé un cador, expliquait ce matin en assemblée générale Jean-Matthieu Zahnd, de la CGT. Mais quand Fleur Pellerin dit que le dialogue social est rétabli, il n’en est rien, tout reste à faire. »

... http://www.telerama.fr/radio/radio-fran ... 125309.php
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Messagede bipbip » 16 Avr 2015, 03:12

Radio France : matinales presques normales, après une assemblée générale explosive
Coup de théâtre ce mardi 14 avril : quatre syndicats sur cinq se sont prononcés pour l'arrêt de la grève... qui a tout de même été reconduite ! Ce qui n'a pas empêché les matinales (sauf celle de France Musique) d'avoir lieu.
... http://www.telerama.fr/radio/radio-fran ... 125485.php


27 EME JOURS DE GRÉVE A RADIO FRANCE
Ce Lundi 13 Avril, avait lieu une assemblée générale a la maison de la radio.l’état ayant désigné un médiateur,pour tenté de mettre fin a la gréve,l’AG de ce jour était déterminante pour la suite du mouvement.c’est une réalisatrice de France Culture qui parle de cette AG et du rôle du médiateur.
à écouter sur Sons en luttes : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article814


Fin de la grève à Radio France
La levée de la grève à Radio France a été votée en assemblée générale, mercredi 15 avril, à compter de jeudi 13 heures, après vingt-huit jours de conflit, le plus long de l'histoire du groupe.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/actualite-medias/ ... 1oFJsWS.99
... http://www.lemonde.fr/actualite-medias/ ... _3236.html
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Messagede Pïérô » 23 Avr 2015, 18:40

Emission "Vive la sociale"

Grève à Radio France : bilan à chaud

Au lendemain de la reprise du travail au terme de la plus longue grève de Radio France, trois salariées de Radio France ayant pris une part active dans la grève nous racontent les raisons de la colère accumulées (la marchandisation croissante d’un outil de service public, le poids croissant des cadres de direction et leur mépris du petit personnel…), : la belle et surprenante dynamique collective qui, une fois la grève déclenchée, a conduit les grévistes à sortir des cloisonnements du travail quotidien pour exprimer une même colère sous des formes multiples ;

leur capacité à s’imposer jusqu’au bout dans les séances de négociation ; mais aussi les espoirs vains mis dans le médiateur, et surtout la monstrueuse capitulation syndicale imposée au mépris de la volonté des grévistes et en dépit d’un rapport de forces grandissant. L’émission est entrecoupée de quatre petites productions sonores élaborées par les grévistes de France Culture.

à écouter : http://vivelasociale.org/les-emissions- ... avril-2015
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 26 Avr 2015, 01:03

Fin du mouvement social à Radio France : un marché de dupes ?

Alors que la grève de Radio France touchait à sa fin à l’appel d’une majorité de syndicats, nous avons proposé à une salariée de la Maison Ronde de livrer son témoignage sur le conflit en préambule de notre dernier jeudi d’Acrimed. Comme on peut l’entendre à travers le bilan critique – et nécessairement provisoire – dressé ici par Farida Taher, les raisons de poursuivre la lutte contre une vision essentiellement comptable de la radio de service public, de ses missions et de son personnel restent nombreuses.

à écouter : http://www.acrimed.org/article4642.html
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 09 Mai 2015, 01:48

Retour sur la grève à Radio France

Ebauche d’analyse d’une grève dite exemplaire mais somme toute ordinaire.

Ambiance électrique et délétère dans l’entreprise depuis plusieurs mois due aux travaux qui n’en finissent pas et qui perturbent la réalisation des émissions, à une direction déficiente et incompétente, à une absence de dialogue entre partenaires sociaux, à une réelle souffrance du personnel dont le travail n’est pas reconnu à sa juste valeur, et à l’arrivée d’un nouveau pdg sûr de lui, qui accumule les bévues et affiche un réel mépris.

C’est la réaction radicale de certains face à cette situation qui a libéré les paroles et les actes, poussant l’ensemble des salarié.e.s et précaires à se lever et à revendiquer, pendant 28 jours d’une grève, qui a été qualifiée d’exemplaire et historique dans l’audiovisuel public, cette dignité tant bafouée…

Une formidable envie d’en découdre et une réelle solidarité se sont manifestées quelques temps avant le déclenchement de la grève et se sont confirmées le long des différentes assemblées générales qui ont ponctué ce mouvement.

Les organisations syndicales qui par ailleurs n’avaient pas brillé par leur combativité dans les mois et années précédant ce mouvement, ont dans la logique des règles gérant le « dialogue social dans l’entreprise » pris les choses en main, le train en marche et face à l’inertie de la direction, déposé des préavis de grève portant sur la production, les orchestres, les services de propreté et de sécurité et le démantèlement des radios locales.

Sous la pression de l’assemblée générale, les syndicats ont accepté de déposer trois autres préavis portant notamment sur les travaux, mais les ont finalement abandonnés, cédant à une direction qui considérait, au mépris des textes et de la loi, qu’ils étaient illégaux.

Il s’agit là de la première trahison dont se sont rendus coupables les syndicats réunis dans l’intersyndicale.

Dans l’esprit de ceux qui se battaient contre la direction, l’arrêt des travaux dans les studios moyens et des travaux monumentaux envisagés et la remise en question de la gabegie occasionnée par ces même travaux et de l’opacité quant à l’utilisation des fonds affectés à ces travaux et leur formidable dépassement, étaient des thèmes centraux et cruciaux dans la lutte engagée.

La première erreur de l’assemblée générale, c’est d’avoir confié aveuglement le soin aux organisations syndicales de porter leurs revendications et surtout d’avoir pensé que l’intérêt des salarié.e.s était nécessairement en adéquation avec ceux des OS.

Or il s’est avéré très vite que les syndicats comme ils l’ont souvent fait dans l’histoire des luttes en France et précisément à Radio France, il y a vingt ans, défendaient leur propre pouvoir et donc leurs propres intérêts en tant qu’organisations syndicales, n’hésitant pas à lâcher un mouvement, à le trahir s’il le fallait et ce, alors qu’ils n’avaient rien obtenu.

La souveraineté de l’AG était réelle dans l’esprit de ceux qui décidaient jour après jour la continuation du mouvement, mais pas dans celui des syndicats, lesquels ont cessé d’accorder du crédit à cette souveraineté dès lors que celle-ci ne servait plus leurs propres intérêts.

La particularité de la trahison opérée en 2015, c’est qu’elle s’est faite sans la signature du moindre protocole avec la direction : au bout des 28 jours de lutte, les organisations syndicales ont donné des consignes d’arrêter la grève et ce, sans avoir au préalable signé aucun accord avec la direction sur les préavis déposés et sur l’indemnisation des jours de grève… Laissant un gout amer chez tous ceux qui, naïvement, il faut le reconnaître, avaient accordé toute leur confiance aux syndicats.

Les salariées ont ainsi le sentiment, à juste titre d’ailleurs, de n’avoir rien obtenu dans le sens où malgré une lutte acharnée pendant 28 jours, aucune des revendications dont ils avaient confié le soin aux syndicats, dont c’est au demeurant la mission de les porter en leur nom, n’a abouti.

Les syndicats ont ainsi failli dans leur mission et l’AG a également failli par manque de vigilance à l’égard de ces syndicats dont ils n’ont vu et compris que tardivement qu’ils n’étaient pas les porteurs des revendications de l’AG souveraine.

L’autre erreur de l’AG c’est d’avoir avec les syndicats par le vote de la motion de défiance à l’égard de la direction, pensé que le départ de Gallet pouvait être obtenu et qu’il débloquerait la situation… Or tel n’a pas été le cas. Au lieu de rectifier le tir et donc de faire le constat que le pouvoir – la Tutelle – ne souhaitait pas le départ de Gallet, cette mauvaise stratégie a été maintenue contre vents et marées, en refusant d’exiger le retour des négociations avec cette direction.

En faisant de surcroit appel à la Tutelle – laquelle est comme chacun sait juge et partie dans le présent conflit et l’alliée de la direction dans le projet de démantèlement du service public - pour qu’elle nomme un médiateur, les syndicats ont amené le mouvement vers sa perdition.

En effet, qui pouvait sérieusement penser qu’un médiateur nommé par la Tutelle pouvait légitimement porter les espérances de ce mouvement et permettre de sortir de la crise ?

Et, ce d’autant que ce médiateur a œuvré longtemps pour la droite et qu’il a été choisi - par un gouvernement de « gauche » celui de Pellerin - Hollande - Valls pour ses compétences [1] et son passé de tueur des mouvements sociaux…

Erreur stratégique fatale, car non seulement la nomination d’un médiateur allait redonner à la tutelle un pouvoir qu’elle pensait avoir perdu en faisant confiance à Gallet pour porter son projet de démantèlement, mais surtout elle a permis de mettre à néant toute revendication en chargeant le médiateur d’une mission de démantèlement de ce mouvement, tâche dont il s’est excellemment acquitté.

La tâche de ce dernier n’était pas de négocier quoi que ce soit, sinon il aurait reçu les deux parties en face à face et les aurait amenées à reprendre les négociations là où elles les avait laissées, mais de faire des « préconisations » aux effets juridiques inexistants, piégeant des syndicats qui se sont pris au jeu de ces préconisations, de cette poudre aux yeux.

Le media-tueur a par son habilité réussi sa mission en mettant hors d’état de nuire les syndicats en leur donnant avec cette discussion sur les préconisations un os à ronger, cette circonstance ayant permis d’éloigner encore plus sérieusement les syndicats de l’AG et ainsi d’accélérer la mise à mort de ce mouvement.

D’ailleurs, les syndicats sont venus porter à l’AG le message du médiateur : arrêtons la grève !

Voyant les choses venir l’AG s’est opposée fermement aux syndicats, et a voté la grève et a recadré ces derniers en exigeant que sous la pression de la grève des négociations de la dernière heure soit mises en place avec la direction en face à face et en présence du médiateur.

Le soir même les syndicats ont à nouveau trahi l’AG en écrivant à la Ministre de la Culture qu’ils souhaitaient reprendre pendant un jour les négociations avec le médiateur pour discuter de l’emploi et de la situation des radios locales.

En ne respectant pas le mandat qui leur avait été expressément donné, les syndicats ont trahi la décision des grévistes - sans lesquels rappelons-le, l’intersyndicale n’est rien - et ont maintenu coûte que coûte leur ligne consistant à « discuter » avec le médiateur plutôt qu’exiger dans le rapport de force, des négociations avec la direction. Ce qui a mené le mouvement droit dans le mur.

La réponse de la ministre a du coup été cinglante… On ne discute plus… Rentrez au bercail, il faut savoir arrêter une grève ca suffit ! Ce que les syndicats ont fait en venant demander le lendemain à l’AG la reprise du travail, invoquant un argument fallacieux : on a écouté et on a accepté la continuation de la grève bien que nous n’étions pas d’accord mais voilà ça n’a rien donné… Comme vous pouvez le constater.

L’AG était dépitée, scandalisée, amère… Tout ce qui faisait la force de ce mouvement venait d’être annihilé, détruit.

L’AG voulait la continuation du mouvement et de la grève comme moyen de pression sur le pouvoir, mais force est de constater que les syndicats avaient abandonné les salarié.e.s en chemin, les avaient amenés vers une impasse, ne leur laissant plus d’autre choix que… La reprise du travail et la continuation des discussions avec le médiateur dans le cadre de ce que le pouvoir a appelé la deuxième phase des discussions, à savoir l’accompagnement du COM (Contrat d’Objectifs et de Moyens) 2015-2019.

Or, il convient de rappeler qu’au plan du droit, les discussions en marge du COM ne sont pas des négociations, elles n’auront au bout du compte aucun effet juridique.

Ils ont signé l’arrêt de mort du mouvement… Ils ont tout fait pour qu’il soit enterré.

Seule la CGT a eu quelques soubresauts d’empathie avec le mouvement dans ces derniers moments, se démarquant ainsi de l’UNSA, FO, CFDT et SUD.

Aux dernières nouvelles pour débuter les discussions de la deuxième phase sous la houlette du médiateur, ce dernier a demandé à recevoir « pour les écouter » chaque organisation syndicale séparément… Ce qui n’a semblé déranger personne (hormis la CGT), puisque ce choix du médiateur – diviser pour mieux régner – a été bien sûr entériné.

Bien évidemment, il ne sortira rien de bon de ces discussions.

Mais fort heureusement, la lutte est ailleurs, et tout n’est pas perdu.

Les grévistes ont tout d’abord compris qu’il fallait désormais être extrêmement vigilant.e.s vis à vis de leurs « représentant.e.s »… Que la démocratie représentative avait ses limites.

D’où la nécessité de réfléchir à d’autres modes d’organisation (démocratie directe, type de mandats octroyés aux syndicats…)

Certains ont proposé la création d’un collectif à l’image de celui des intermittent.e.s, aux fins de contrebalancer le pouvoir des organisations syndicales, car celles-ci sont incontournables dans la vie sociale d’une entreprise et il faut les contraindre à être plus combatifs face à la direction et surtout plus à l’écoute de la base.

Le développement de structures comme par exemple « le meilleur des Ondes » qui existait avant la grève, et qui a senti venir la grève a été, par son soutien militant actif et créatif de ce mouvement, un aiguillon radical permanent au cours de ce combat [2].

Ce mouvement à l’évidence n’est pas mort, les salarié.e.s sont certes déboussolé.e.s, comment ne le serait-il pas après 28 jours de grève, mais ils restent déterminés et solidaires… Déjà de nombreuses actions sont envisagées pour remobiliser les énergies et continuer ce combat, qui n’est bien évidemment pas terminé (sur l’emploi, sur la gabegie des travaux, sur le démantèlement des locales, sur l’externalisation des services, sur la privatisation des studios, sur le rôle primordial de la tutelle dans le démantèlement du service public, sur la « verticalisation » comme mode de gestion, etc...) [3].

Je pense qu’on entendra encore parler de ce mouvement qui n’a pas dit son dernier mot loin de là…

Quelle que soit la direction qui sera demain aux commandes de Radio France, elle sait qui elle a désormais en face d’elle… Elle sait qu’elle a intérêt à bien se tenir...

Cette force , cette solidarité, cette détermination dans le combat pour le service public et pour les métiers de la radio et cette dignité, c’est précisément l’un des grands acquis de cette lutte exemplaire qui a été menée à Radio France en mars et avril 2015.

Comme cela a été écrit dans une chanson diffusée en AG et mise en ligne par le mouvement dès les premiers jours de la grève :

« A vous qui voulez décider, détruire le sens de nos métiers, au nom de la productivité au prétexte de l’austérité, dites à votre tutelle préférée qu’on paiera pas les pots cassés…vous avez les costards les gaillards pas le pouvoir ! On vous le dit ÇA SUFFIT ! Etc… »

Merci à eux.

L’auteur de cet article est un auditeur des radios du service public de Radio France, qui a suivi de prés le mouvement de grève de ce printemps 2015, a assisté à plusieurs des Assemblées Générales déterminantes et côtoyé de nombreux salarié.e.s auprès desquel.le.s il s’est assidûment informé.


Notes :

[1] En fait, ce « médiateur » a été un acteur de la « refondation sociale » patronale de la fin des années 90 du siècle passé voir A Radio France en lutte comme ailleurs, « refondation sociale » patronale for ever ? http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7671

[2] Le meilleur des Ondes http://lemeilleurdesondes.blogspot.fr/

[3] Voir impérativement ce lien sur « Le fiasco des travaux » à Radio France https://m.youtube.com/watch?v=-yGagUS5Rpk

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7682
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 11 Mai 2015, 12:53

Grève à Radio France : Les bonnes ondes de la grève

Christiane Passevant est chargée de réalisation TV et militante du syndicat CGT Radio France. Après son départ en retraite fin février 2015, elle a poursuivi son travail syndical en soutenant ses collègues grévistes. C’est aussi une militante libertaire connue pour ses émissions sur Radio Libertaire et plusieurs ouvrages [1]. Elle revient pour Alternative libertaire sur la grève à Radio France, la plus longue de son histoire.

Alternative libertaire : La grève à Radio France est la plus longue de toute son histoire. Pourtant la comparaison avec d’autres conflits ne s’arrête pas là et la connaissance de l’histoire de ce service public est nécessaire pour comprendre le conflit qui vient de l’embraser.

Christiane Passevant : Il faut revenir à la situation avant Radio France, c’est-à-dire à l’époque de l’ORTF. Il faut savoir qu’en 1968, les salarié-e-s de l’ORTF ont été les dernier-e-s à reprendre le travail. En 1974, l’État décide l’éclatement de l’ORTF en plusieurs entités (Radio France, TF1, Antenne 2, France 3, la SFP, TDF, l’INA). En fait, il y a un lien, une continuité entre la situation actuelle et ce qu’il s’est passé en 1974. Le but était de mettre au pas les médias de l’audiovisuel public après les grandes grèves de mai-juin 1968. Et pour cela, il fallait d’abord s’attaquer aux chaînes de télévision.

En 1986, la première chaîne, TF1, est privatisée. Puis, le pouvoir s’attaque à la production des programmes des chaînes Antenne 2 et Fr 3. De plus en plus, la production réalisée en interne se raréfie. Elle est bradée notamment avec la casse de la Société française de production (SFP). Aujourd’hui France 2 ne produit que 12 % de ses programmes, soit les journaux télévisés pour l’essentiel. Ce chiffre est de 23 % pour France 3 en raison des antennes locales.

La production est aujourd’hui privatisée, récupérée par les grands studios et les maisons de production fondées par des animateurs-trices vedettes payé-e-s à prix d’or. Il n’y a plus de convention collective donc c’est l’arbitraire et la course aux cachets pour les professionnel-le-s.

Radio France produit encore 100 % de sa production en interne. Nos dirigeants se disent alors : « On a détruit la SFP et privatiser la production des chaînes de Télé. On va maintenant pouvoir détruire Radio France ». Laquelle est constituée par 7 antennes nationales et 44 radios locales.

En 1976, j’ai travaillé à TF1, puis à Radio France. À Cognac Jay (les studios, la régie finale et même un laboratoire film) étaient utilisés par TF1 et Antenne 2. Jusqu’en 1986, les murs étaient tapissés de tracts. La CGT y était majoritaire. Après la privatisation de TF1, on ne voyait plus un tract syndical sur les murs, ils étaient remplacés par les résultats quotidiens de l’audimat, jusque dans les ascenseurs. Un truc totalement fou.

En avril 1990, il y a une importante grève 13 jours. Connue sous le nom de « grève des petits salaires », elle impliquait notamment les services nettoyage, accueil-sécurité, courrier, reprographie, dont certains des personnels recevaient des salaires inférieurs au salaire minimum (SMIC). La grève a permis leur requalification, des augmentations portant ces salaires au-dessus du SMIC, ainsi que le paiement des jours de grève.

En 2003, alors que Jean-Marie Cavada dirigeait Radio France, la direction a lancé une alerte sous prétexte d’obligation de mettre le bâtiment aux normes. À partir de 2005, la direction a entrepris des travaux dans les studios comme dans les bureaux en dépit du bon sens selon une logique comptable et bureaucratique, mais la gestion des travaux a eu pour résultat presque le triple du coût prévu. Chaque PDG veut laisser son empreinte et imprimer la marque de son pouvoir et c’est en partie ce qui guide chaque phase du chantier. Les seuls bénéficiaires dans cette affaire sont les cabinets d’architectes, mais jamais les travailleurs-ses.

Les travaux réalisés depuis 2005 cumulent toutes les tares (malfaçons, architecture inadaptée, emploi de matériaux cancérigènes) avec des conséquences sur la santé au travail (malaises, migraines). Ainsi, le 31 octobre 2014, il y a eu un incendie dans la partie de l’édifice qui donne sur la gare du RER. Une action de désamiantage était en cours et la surchauffe d’un appareil fut à l’origine de ce sinistre. La direction avait décidé de désactiver l’alarme incendie dans la partie en travaux sans prévenir les pompiers et encore moins les salarié-e-s travaillant encore dans la zone des travaux des 6e, 7e, 8e étages et les studios. Sans parler du parking refait trois fois ces dernières années, du dernier niveau dans l’eau, de l’espace non sécurisé, ainsi que l’esplanade refaite elle aussi, mais toujours inondable. Tout cela au détriment des budgets des émissions et des dramatiques dont les budgets sont gelés jusqu’en 2020.

La dernière « fantaisie » était l’idée d’une porte « monumentale » sur l’esplanade du parking, histoire de supprimer des espaces, d’empêcher les salarié-e-s de travailler dans des conditions décentes de production et d’alourdir le budget chantier.

AL : Le travail a repris jeudi 16 avril suite à une décision prise lors de la dernière assemblée générale de grévistes pourtant malgré la médiation en cours, rien n’est réglé. 
Peux-tu rappeler les raisons qui ont déclenché, puis durci cette grève ?

CP : Il y a eu ces dernières années une politique d’étranglement budgétaire de la part de l’État. Au cœur du projet de restructuration, la direction a embauché des dirigeants venus du secteur privé aussi incompétents que surpayés (contrats en hors la convention collective) et maltraitants envers le personnel. C’est ce qui a motivé une déclaration du syndicat CGT, notamment en juillet 2013, car nous avons craint des suicides du personnel, comme à la Poste ou chez d’autres entreprises soumises à la violence de restructurations similaires. Alors que la direction réduisait les budgets de production, elle multipliait les fêtes financées à grands frais. Elle a aussi placé des connaissances venus du privé dont le but était l’externalisation. Le personnel du service nettoyage, dont la majeure partie a été externalisée, serait désormais relégué au sous-sol. Avec la nouvelle organisation des moyens de production — « la verticalisation » —, la direction veut casser les passerelles permettant aux salarié-e-s de la production, technicien-ne-s, chargé-e-s de réalisation, attaché-e-s de production, etc. de travailler pour plusieurs chaînes de Radio France, ceci afin de mieux les contrôler et les soumettre davantage à la direction générale. Il est aussi question de réduire les orchestres — actuellement l’orchestre national de Radio France, le Philharmonique, Le Chœur et la Maitrise (pour les enfants) — et de renvoyer des musicien-ne-s. La stratégie de sacrifier le service public est claire malgré les grandes phrases dans les médias et face aux instances. Les orchestres participent à des programmes éducatifs dans tous les domaines musicaux. Et dernier point important, les stations du Réseau France Bleu, créé sur le principe de proximité, subirait un projet de syndication, donc la proximité, on s’assoit dessus.

Il y a aussi depuis des années la multiplication des audits demandés aux mêmes cabinets et qui coûtent une fortune. Les instances et les organisations syndicales ont réclamé une transparence sur les coûts et de les consulter… La direction et la DRH refusent. Seules sont présentées les élucubrations de cadres fraîchement arrivé-e-s à partir de ces audits, sous forme de graphiques, parfois projetés en CE, CCE et CHSCT, dont la Novlangue reflètent la méconnaissance des services de Radio France, l’ignorance de la production, l’incompétence de ceux et celles qui se vantent de mettre en œuvre des restructurations pour apprendre aux professionnel-le-s de cette maison comment faire de la radio. Parmi les cadres en question, et même la direction, ne connaissent pas les studios et ne s’y rendent que pour recevoir des personnalités politiques ou médiatiques. Rares sont ceux et celles qui s’y rendent à présent pour connaître ce qui s’y concocte.

D’ailleurs, la direction ne veut plus d’émission élaborée, produite avec une équipe complète, soit 5 à 6 personnes. La qualité, non, c’est dépassé. Les passionné-e-s sont jugé-e-s « perfectionnistes » et « passéistes ». Leur modèle, c’est la BBC ou Radio Canada qui ont subi le même rouleau compresseur.

À Radio France, nous comptons 250 métiers différents. La direction veut transformer les métiers qualifiés en emplois polyvalents déqualifiés et précaires. Ainsi le technicien peut aussi réaliser. C’est ce qui se fait déjà à France Inter (les infos) et à RFI. Certain-e-s technicien-ne-s se laissent séduire par ce qu’ils et elles perçoivent comme une promotion. C’est un piège et les grévistes se sont opposé-e-s à cela, estimant qu’il s’agit d’un boulot d’équipe, à même de fournir un travail de qualité.

En novembre 2014, « l’ouverture » de la Maison de la radio pour les 50 ans a négligé la sécurité et les moyens mis pour l’accueil. Pour rentabiliser les grands studios, elle a sacrifié le travail, les répétitions des orchestres, et loué à Pernod Ricard et autres boîtes privées, les locaux idem pour des défilés de mode. Tout est à l’avenant et chaque jour est l’occasion d’une nouvelle surprise. C’est aussi cela qui participé au déclenchement de la grève. Austérité pour les salarié-e-s, gabegie des dirigeant-e-s, c’est cette politique qui permet au PDG d’investir 110 000 euros pour la réfection de son bureau refait à neuf un an auparavant (lampe de 30 000 euros). Quand Le Canard Enchaîné a sorti l’affaire du coût du bureau de Gallet, les justifications de ce dernier et la communication interne ont été autant de marques de mépris ressenti par les salarié-e-s. S’est ajouté le changement de la voiture et son chauffeur particulier venant de l’INA.

AL : On a beaucoup entendu les syndicats par médias interposés durant la grève. Pour autant quelle était la réalité de l’auto-organisation ?

CP : Une première grève a eu lieu le 12 mars, à l’initiative de l’UNSA et du Syndicat national des journalistes (SNJ). Cela portait pour l’essentiel sur les salaires. La CGT ne l’a pas soutenue, car une journée de grève sur cette seule revendication semblait bien timide alors que les projets de la direction mettaient en péril non seulement les salarié-e-s, leurs conditions de travail, mais également toute l’organisation du travail à Radio France et le service public. La grève reconductible a démarré le 19 mars et a duré 28 jours. L’intersyndicale était composée des organisations syndicales CGT, FO, SUD, UNSA et la CFDT, SNJ-CGT et SNJ-FO.

La CFTC et le SNJ n’ont pas appelé à la grève. Mai, si le syndicat des journalistes (SNJ) n’a pas appelé à la grève, de nombreux journalistes étaient en grève, la soutenaient et s’exprimaient en AG. La CFDT et l’UNSA ont montré des réticences durant la grève, mais les assemblées générales étaient massives. L’auditorium et le studio 104 étaient bondés. Les discours ont très vite été politiques. Les débats ont porté sur ce qu’est le service public, sur l’absence de dialogue social et sur le fait que l’État ne veut plus de service public. Gallet a été contraint de venir s’expliquer devant les grévistes dans l’auditorium. Son attitude, face aux questions des grévistes, était empreintes de mépris et d’une certaine condescendance et il a même tourné le dos à certain-e-s. Démonstration de la lutte des classes, la hiérarchie n’est pas au même rang que la personne qui nettoie le bureau ! Il a été hué et des grévistes se sont rassemblé-e-s devant son bureau où il s’est enfermé. Dialogue social façon « management ».

Dans les AG, on votait la reconduction de la grève, on décidait des manifestations à l’extérieur, d’apostropher la direction. Les grévistes cherchèrent à faire sortir le mouvement vers l’extérieur : des concerts furent organisés par les musicien-ne-s grévistes tous les jours, dans la maison de la radio, mais aussi à l’extérieur, plusieurs fêtes, rencontres avec les auditeurs et forums, furent organisés, à Paris et en banlieue. Des manifestations furent aussi organisées, dont une spontanée avec discussions et distribution de tracts au Salon du Livre de Paris. Le Blog le Meilleurs des Ondes http://lemeilleurdesondes.blogspot.fr/ a mis toutes les AG en ligne. On a également crée un face book, un tweeter, des caricatures, des cartoons, des affiches… c’était impressionnant, d’autant que les grévistes n’ont pas joué à l’avant-garde, c’était collectif. Cette grève a été l’occasion d’une prise de conscience et d’une politisation, d’une prise de parole très large pour le service public, la solidarité, contre le soi-disant « management » actuel.

AL : Pourquoi la plupart des syndicats (UNSA, SUD, FO, CFDT) à l’exception de la CGT ont-ils appelé à reprendre le travail, alors même que la direction de Radio France ne voulait céder sur rien ?

CP : Ces syndicats ont motivé leur retrait de l’intersyndicale par la nomination d’un médiateur par le gouvernement. Et le lundi 13 avril, trois syndicats (l’UNSA, la CFDT et SUD) ont appelé à la reprise du travail, malgré une AG majoritairement favorable à la reconduction de la grève. C’était la fin de l’Intersyndicale.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu la création une coordination durant la grève ? Certain-e-s pensaient qu’ils et elles n’en avaient pas le droit ! Il fallait à mes yeux une coordination de l’AG et une délégation de non syndiqué-e-s dans les négociations. Cela a été une des limites de l’auto-organisation.

AL : Comment les grévistes ont-ils perçu l’attitude du gouvernement qui a toujours soutenu la direction de Radio-France depuis le début ?

CP : Ceux et celles qui ont voté PS ont les boules. Mais beaucoup de grévistes ont pris conscience de leur force et ont fait preuve de créativité qui rappelait 68 et les ciné-tracts, ou encore celles des Industrial workers of the world aux Etats-Unis.

AL : Comment vois-tu la suite de ce conflit ? Penses-tu qu’une reprise de la grève est possible ?

CP : Des négociations sont en cours avec le médiateur. Pour la direction, il ne faut plus de métiers, mais des emplois. Les journalistes sont de plus en plus précarisés et ce sont surtout les jeunes qui vont payer le prix fort de cette politique.

Dans cette grève, l’important a été la prise de conscience et la création de liens entre les salarié-e-s qui ont compris que les plus fragiles sont dans un premier temps visé-e-s — les services accueil-sécurité, nettoyage et les ateliers —, mais les autres suivront.

L’absence de réel « dialogue social » est ressenti comme du mépris et, face à l’attitude de la direction, mécontentement et colère continuent à s’exprimer : « C’est le début », « Il va falloir se bagarrer encore. ». Il y a aussi beaucoup de combativité dans les radios locales et ça c’est nouveau.

On a compris que la direction, la tutelle et le gouvernement veulent s’attaquer au service public, les conditions de travail, la création, le savoir faire étant complètement secondaires dans une logique capitaliste de technocrates.

Propos recueillis le 20 avril 2015 par Laurent Esquerre (AL Paris Nord Est)


[1] cf bibliographie in http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiane_Passevant

http://alternativelibertaire.org/?Greve ... Les-bonnes
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Re: Luttes dans les médias

Messagede Pïérô » 20 Mai 2015, 15:51

La radio comme bien commun

Grève inédite à Radio-France - L’exemple France bleu Pays Basque.

Plan social et approche manageriale de la Radio de service public ont déclenché un mouvement de grève inédit à Radio France. Défense de l’emploi, de la richesse et de la qualité d’une radio en dehors des critères marchands ont unifié les salarié-es en lutte. Une mobilisation remarquable également dans les stations locales de Radio France. Comme à France Bleu Pays Basque avec un mouvement pour une certaine idée de la radio de proximité, bilingue, et de service public, qui a su dépasser les clivages professionnels et syndicaux.

Du jamais entendu, ni à Paris ni à Bayonne ou Sainte-Engrâce (petit village dans la province de Soule ). Autant de messages diffusés, durant 29 jours, signifiant laconiquement qu’en « raison d’un mouvement de grève à l’appel de plusieurs organisations syndicales portant sur les difficultés budgétaires et la défense de l’emploi à Radio France, nous [n’étions] pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes ». Du 19 mars au 16 avril, le message s’achevait invariablement par une prière à l’auditrice et à l’auditeur pour qu’il nous en excuse, au lieu de faire appel à sa compréhension et l’en remercier — comme cela est d’usage poli pour tout chantier de travaux publics.

Que s’est il passé ? Quand il ne s’en prenait pas aux grévistes par les dessins de Plantu et par son éditorial, Le Monde a parlé de grève baroque. Oui. Beaucoup de choses ont été dites et faites durant ce mois de grève inédit dans l’histoire de Radio France. A la Maison Ronde (1) mais aussi dans les stations locales comme celle de France Bleu Pays Basque.

Le mouvement de grève illimitée lancé par la CFDT, la CGT, FO, SUD et UNSA a révélé et porté une réelle inquiétude, devenue colère, sur les évolutions en cours à Radio France. Les salarié-es de Bayonne s’en sont saisis. Un mouvement précédé par deux journées de grèves (les 11 février et 12 mars), par l’annonce d’un exercice déficitaire pour la première fois de l’histoire de Radio France (21 millions d’euros), par un Etat qui n’a pas honoré de 87 millions d’euros les dotations promises entre 2010 et 2014, par l’envolée des coûts du chantier pharaonique de réhabilitation de la Maison de la Radio qui doublent (à près de 600 millions d’euros) et par les échos dans la presse que la direction envisage de réduire la masse salariale,…

Un plan de suppression de 380 postes, confirmé durant le mouvement et baptisé par la direction « plan de départ volontaire, et de mesures d’âge ». Des mesures qui juraient quelque peu avec les révélations distillées au même moment par Le Canard enchaîné sur le train de vie professionnel du pédégé : les désormais fameuses boiseries en palissandre du bureau à 100.000 euros, ou les services d’un conseiller com’ à 90.000 euros par an (l’ancien trotskiste Denis Pingaud) extérieur à Radio France qui en dispose de nombreux en CDI...

Grève tournante

Quatre préavis différents (2) ont été déposés ce qui permettait techniquement de rentrer en grève, d’en sortir, puis de se remettre en grève sur un autre préavis (3). Ce qui a tout de suite été compris et interprété par les salarié-es comme le signe que l’on s’engageait sur un mouvement long. En tout cas à Bayonne.

L’appel à la grève n’étant parvenu que quatre jours plus tôt à France Bleu Pays Basque, personne ne s’est mis en grève le premier jour. C’est à partir du lendemain, avec la première assemblée générale des personnels, que le mouvement s’est organisé. Une assemblée générale qui n’est pas courante dans ces murs et qui, là, réunit des collègues de tous métiers (journalistes, animateurs/trices, technicien-nes, chargées d’accueil, titulaires et précaires). La station bayonnaise compte une trentaine de salarié-es. Et comme dans toutes les stations locales (et a fortiori à la Maison de la Radio), les relations de travail sont très segmentées. Chaque métier entretient des rapports plus ou moins compliqués avec les autres (souvent enkystés par des complexes d’infériorité et de supériorité). Première vertu du mouvement : les collègues se (re)parlent !

On s’interroge sur le travail que l’on fait, sur les conditions de travail des un-es et des autres, sur le type de radio de proximité que l’on propose, sur la nature du service public que l’on veut incarner, et sur les moyens nécessaires (ou plutôt sur leur absence). Des discussions et une action collective qui s’organise par delà les appartenances syndicales (ou non) de chacun, y compris avec des collègues affiliés à des syndicats n’appelant pas à la grève — comme le SNJ (4).

Dans la perspective d’une grève longue, le mouvement s’organise de façon pratique afin de perturber l’antenne un maximum avec un minimum de grévistes. Une sorte de grève tournante (ce qui est interdit dans les services publics) se met progressivement en place. Les salarié-es aux postes clés (présentateurs et techniciens) sont en première ligne pour perturber l’antenne dans les matinales (moment du plus fort taux d’écoute des radios). Et pour éviter que l’effort financier ne soit porté que par quelques-un-es, une formule de parrainage est mis en place entre collègues. Un tel dont la cessation de travail aurait un moindre impact ne se met pas en grève mais paye une demi-journée de grève au collègue dont l’absence se fera plus sentir sur les ondes.

Une perturbation dosée. L’assemblée générale décide ainsi de ne pas perturber les deux soirées électorales du 1er et 2e tour des élections départementales. Déjà que la campagne électorale, sur consignes nationales, avait été traitée a minima, les collègues se voyaient mal rabougrir encore ce qu’ils déploraient. Idem pour les « extérieurs ». Les installations d’un studio provisoire de France Bleu Pays Basque au coeur d’une manifestation se raréfiant, celle de la Foire au Jambon à Bayonne ou au Biltzar (Assemblée) des écrivains du Pays Basque à Sare n’ont pas été affectées. Au bout de la troisième semaine de grève, les salarié-es n’ont plus eu de scrupules pour perturber l’antenne toute la journée si possible.

A Bayonne, sur la trentaine de salarié-es, à quelques rares exceptions près, tout le monde a participé à un moment ou un autre, d’une manière ou d’une autre, à la grève. Ce qui rend un peu ridicule ou insignifiant les statistiques sur le nombre de grévistes avancées par la direction, et parfois reprises, pour (dis)qualifier le mouvement comme très minoritaire. Il y a bien un souci partagé, presque unanime, pour défendre l’outil de production radiophonique menacé.

Refus de la syndication

Autre avantage de la longue durée : elle donne le temps nécessaire pour s’approprier le mouvement et élaborer ses propres revendications. Et comme pour les autres stations locales, l’accent est mis sur les suppressions d’emplois et la mise en place de la « syndication ». L’idée de la direction est de faire programme commun entre les stations d’une même délégation régionale. En l’occurrence, à la rentrée, de 13h à 16h, l’émission serait, par exemple, réalisée à Bordeaux puis diffusée en même temps à Bayonne, Périgueux, Mont de Marsan et Toulouse. En termes de programme de proximité, il y a mieux.

Déjà que « Paris » prend les rênes du programme de toutes les stations locales de 12h à 13h30, cette éventuelle syndication généralisée (elle est pratiquée en période estivale) est vécue comme une amputation supplémentaire. Le sentiment que l’on touche à l’ADN de la radio, la proximité, et qu’on la dépouille un peu plus de ses moyens de production et de diffusion.

C’est que les mesures de restrictions budgétaires ne datent pas d’aujourd’hui, en particulier dans les stations locales. Comparées aux chaînes nationales de Radio France, les France Bleu sont des petites structures avec bien moins de moyens (humains et techniques). Les conditions de travail y sont incomparables. Les équipes sont déjà à flux tendus — un-e journaliste par exemple effectue des reportages sur deux voire trois sujets par jour. Les premières coupes budgétaires ont déjà frappé les enveloppes pour le recrutement de pigistes et de CDD (comme dans les autres secteurs économiques, les premiers à déguster sont les intérimaires). Moins 25% l’an dernier. Du coup les remplacements de collègues ne sont pas toujours faits. Dès lors, la suppression d’un seul poste dans une radio locale a des effets immédiats sur la production et les conditions de travail. D’où, certainement, l’idée de la direction de faire moins d’émissions….

Emploi et syndication donc, mais aussi refus de création de toute nouvelle station de France Bleu (il en est envisagé à Lyon et en Midi-Pyrénées) à effectifs constants sur le réseau. Jusqu’à présent, on déshabillait Paul pour habiller Pierre. Ça s’appelle le « redéploiement ».

L’inquiétude à Bayonne porte aussi sur un poste vacant toujours pas pourvu, sur les possibles conséquences aux dépens de la présence de la langue basque à l’antenne,… C’est que les stations locales sont le laboratoire d’une production radiophonique low cost. Ce qui n’empêche pas forcément des émissions de qualité, mais se fait au prix d’un investissement particulièrement intense du salarié. Ajoutons à cela que, depuis plusieurs années, la direction tente de forcer (plus ou moins délicatement) les salarié-es d’effectuer des tâches supplémentaires pour alimenter le site Internet et les réseaux sociaux. Dans les autres chaînes du groupe (Inter, Info,…), des équipes spéciales ont été créées pour enrichir l’offre sur le web. Dans les stations locales, le travail doit se faire sans moyens supplémentaires. Et quand on sait que l’Internet est le dada de Mathieu Gallet, les 44 stations du réseau Bleu, maillons faibles et isolés de Radio France, ont de quoi frémir.

Mouvement de grève qui produit aussi de l’intelligence collective. A Bayonne, les grévistes se baptisent Fronde Bleu Pays Basque. Le logo de la station est détourné et les réseaux sociaux sont investis. Une idée qui fait tache d’huile. Une dizaine de stations locales en lutte deviennent des Fronde Bleu (Loire-Océan, Vaucluse, Corse, Roussillon,…). Des comptes twitter et facebook Fronde Bleu PB sont créés, et sont particulièrement actifs. L’accent est mis, et le lien fait, avec les autres services publics frappés par les mesures austéritaires (écoles, hôpital,…). Une rencontre est organisée avec les salarié-es d’un établissement de soin d’Itxassou que l’Ugecam (la sécurité sociale) veut fermer et transférer sur la Côte. Des rencontres avec les auditeurs et auditrices sont provoquées, à la Foire au jambon de Bayonne notamment. Des auditeurs/trices qui ignorent la plupart du temps que Radio France ce n’est pas la fonction publique, que ça tourne avec un nombre important de précaires (le mouvement aura servi aussi à mettre au jour cette réalité-là), que ça ne pèse pas lourd sur les impôts de chacun (5), que c’est un service public de proximité qui est menacé, et quand on explique que les émissions de France Bleu Pays Basque seront faites par les Bordelais ou les Béarnais, le succès est garanti….

Plus classiquement, les parlementaires ont également été rencontrés — qui, pour la plupart, ont relayé sur Paris les inquiétudes des salarié-es, mais aussi la leur sur le niveau local qui fait en premier les frais des restrictions budgétaires à l’image de ce qui se passe à France 3 —, les maires des 159 communes du Pays Basque interpellés. Le point d’orgue aura été la participation à la journée de grève interprofessionnelle du 9 avril, avec un cortège remarqué, suivi d’un apéro rencontre avec 200 auditeurs/manifestant-es devant les locaux de la station à Bayonne. Une caisse de soutien permettra de récolter de quoi financer et les agapes et quelques demi-journées de grèves…

Parmi les regrets, peut être, celui de n’avoir pas obtenu que l’on parle de la grève, du point de vue des salarié-es, à l’antenne. L’heure n’était pas à faire fonctionner l’outil de travail pour notre propre compte. Des collègues ont pu cependant profiter du micro, sans être gréviste à ce moment-là, pour faire passer quelques arguments auprès des auditeurs/trices sur les risques pesant sur leur radio. Un représentant de Fronde Bleu Pays Basque sera bien invité à l’antenne, suivi d’une ligne ouverte aux auditeurs, mais ce sera après la levée de la grève. A Montpellier ou Orléans, cela a pu se faire pendant le mouvement. A Paris, les producteurs réunis dans le SPARF (société de producteurs de Radio France) ont réalisé des émissions dédiées à la question de la radio publique ; après refus de la direction, les deux émissions ont été diffusées sur Internet.

Si l’essentiel du mouvement de grève à Radio France s’est déroulé et décidé à Paris, l’inscription dans la durée a permis de faire émerger et de faire partager des revendications et modes d’action propres aux stations locales de France Bleu, qui représentent un bon quart des effectifs. Une bonne moitié des 44 stations a été fortement perturbée par la grève, d’autres pratiquement pas. A la dizaine de Fronde Bleu créées, la demande aux directions syndicales et à l’assemblée générale parisienne de ne pas sacrifier les France Bleu a été constante.

Trahison des directions syndicales ?

Le sentiment que les stations locales allaient faire les frais d’un compromis entre direction et intersyndicale était réel. Depuis le début. Pas forcément fondé. Il est à souligner que la direction de Radio France a reculé assez rapidement sur la plupart des revendications des préavis. Sauf sur les suppressions d’emplois (elle avait le soutien du gouvernement qui nuançait en indiquant que « ce ne [devait] pas être la seule variable ») et sur la syndication des France Bleu. Et l’intersyndicale a tenu bon, y compris après la remise du texte par le médiateur nommé par le gouvernement. A l’assemblée générale du lundi 13 avril, au 26e jour de grève, après l’ultimatum du médiateur, tout le monde (à l’exception de l’UNSA) juge les propositions du médiateur insuffisantes ; toujours sur les même points d’achoppement. Et pour une fois, l’AG parisienne vote l’après midi, en ayant eu les remontées des AG du matin dans les stations locales. Et le mardi, patatras. Après une visite lundi soir de la ministre de la Culture à la Maison de la Radio, les syndicats se prononcent pour l’arrêt de la grève, contre l’avis de la majorité des 400 grévistes présents à l’AG ! L’intersyndicale éclate. Seule la CGT épaule la poursuite d’un mouvement qui se réduit à peau de chagrin, pour s’achever deux jours plus tard. L’exercice laissera certainement des traces.

Un syndicat seul n’avait manifestement pas la capacité de poursuivre le mouvement. La tendance était globalement et en pratique à la reprise, les AG clairsemées. La poursuite de la grève à Bayonne devenait en tout état de cause difficile à soutenir financièrement.

Après pratiquement un mois de grève, les avancées tangibles sont les mêmes que celles obtenues après deux semaines de mouvement (maintien des orchestres, arrêt de l’externalisation,…). Rien sur les suppressions d’emplois, ni sur les hauts salaires (6) ou la résorption de la précarité. Des ambiguïtés sur la syndication dans les France Bleu. Pour autant, les avancées sont réelles dans l’auto organisation des salarié-es, en particulier en vue de coordonner les Fronde Bleu. De nouveaux modes d’actions sont envisagés comme la grève du zèle, le refus de réaliser des reportages locaux commandés par les rédactions nationales, le refus de contribuer à Internet, ou encore la mise sur pied d’une association avec les auditeurs et auditrices de la station.

Une direction affaiblie sera-t-elle revancharde et passera-t-elle par « l’affirmation du management » (dixit le projet stratégique de Mathieu Gallet) pour imposer la syndication à la rentrée ? Les salarié-es des France Bleu qui ont gagné en combativité lui promettent du fil à retordre.

Pays Basque, le 19 avril 2015


(1) Le site, toujours consultable, le meilleur des ondes, a mis en ligne de formidables témoignages et interventions dans les AG fournies du studio 105. France Bleu Pays Basque est la première radio du Pays Basque avec 46.000 auditeurs quotidiens.

(2) Préavis contre l’externalisation de services (en particulier celui du nettoyage) ; pour la défense des orchestres ; contre la verticalisation de la production (subordonnant davantage les producteurs au donneur d’ordre) ; et pour le maintien de l’emploi et des programmes dans les France Bleu.

(3) L’usage veut qu’à Radio France il ne soit pas admis d’arrêter puis de se remettre en grève sur un même préavis. Ce qui ne s’appuie sur aucune base légale, mais est entretenu y compris par des organisations syndicales. Autre usage, celui qui veut que les CDD et les pigistes ne fassent pas grève. On comprend bien que le/la précaire s’expose à un risque potentiel. Il est bien entendu absolument illégal de sanctionner quelqu’un pour fait de grève, mais paradoxalement, les syndicats, en déconseillant aux précaires de faire grève, entérinent ce fait. Nous n’avons pas connaissance du cas d’un CDD qui n’aurait pas eu d’autres contrats ou ne se serait pas fait titulariser parce qu’il aurait fait grève. Cela étant, les collègues précaires ont pu participer au mouvement (aux AG, aux manifestations ou encore en investissant l’internet).

(4) Principal syndicat chez les journalistes de Radio France, le SNJ ne s’est pas associé au mouvement de grève, jugé prématuré et catégoriel. Le SNJ a toutefois appelé à une grève de 24h le 3 avril. A la fin de la grève, des recrutements supplémentaires de journalistes ont été officialisés dans certaines France Bleu, négociés par le SNJ… La palme schizophrénique revenant au SNJ-FO. Ce dernier n’a pas participé au mouvement, à la différence de… FO. SNJ-FO qui a indiqué au lendemain de la fin de la grève que la priorité était de négocier un accord sur le multimédia pour les journalistes (sur les conditions de contribution à internet).

(5) 26 euros par an par foyer fiscal s’acquittant de la redevance, pour financer 6 chaînes de radio (France Inter, France Info, France Culture, France Musique, FIP, Mouv’), 44 stations locales France Bleu, 2 orchestres, et 2 chœurs. Ce n’est pas ruineux. Les choix de la direction le sont bien davantage.

(6) Que Villa et Zapata nous pardonnent, mais la direction de Radio France, c’est l’armée mexicaine. Qui plus est, et c’est une des rares vertus du rapport de la cour des comptes, les salaires des cadres ont augmenté de plus de 50% en 10 ans ; et les 198 cadres dirigeants représentent 12% de la masse salariale (sur 4.600 salarié-es). Sans parler des émoluments des « célébrités » cathodiques extérieures recrutées par la direction.

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Re: Luttes dans les médias

Messagede Pïérô » 06 Juin 2015, 14:02

BILAN, PERSPECTIVE DE LA GRÉVE A RADIO FRANCE
"La belle et surprenante dynamique collective qui, une fois la grève déclenchée, a conduit les grévistes à sortir des cloisonnements du travail quotidien pour exprimer une même colère sous des formes multiples ; leur capacité à s’imposer jusqu’au bout dans les séances de négociation ; mais aussi les espoirs vains mis dans le médiateur, et surtout la monstrueuse capitulation syndicale imposée au mépris de la volonté des grévistes et en dépit d’un rapport de forces grandissant."
Pour plus d’info : http://lemeilleurdesondes.blogspot.fr
Deux semaines après la reprise du travail à Radio France, suite à une grève de 28 jours, l’actualité des luttes invite quatre travailleurs (technicien et animateur) de la radio à revenir sur la longue grève de ce début d’année. Il sera question des raisons de la grève et de sa fin, du rôle des médiateurs et de certains syndicats dans la reprise du travail. La deuxième partie porte sur les suites de la luttes. Certains grévistes continuent à se réunir, à penser de futures convergences, à préparer un nouveau mouvement.
à écouter sur SONS EN LUTTES : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article826



Coordination de Radio France
Texte fondateur de la Coordination de Radio France

Les revendications et négociations issues de la longue grève de mars/avril 2015 n’ont concrètement pas abouti. Dans le prolongement des réflexions partagées lors de ce mouvement, des personnels et usagers de Radio France ont décidé de fonder une coordination.

Pour la tutelle et les directions, le contexte de crise économique justifie un inquiétant projet d’entreprise s’appuyant essentiellement sur des économies budgétaires, sans perspective identifiée sur les missions de Radio France.

La vocation de la coordination est de préserver les missions de la radio publique, de sauvegarder la qualité et l’indépendance des programmes, et donc de défendre la création et le maintien de l’ensemble des moyens techniques et humains permettant de toucher tous les publics.

La coordination s’oppose
. aux démantèlements du volume de production des programmes, des métiers, des emplois, des lieux de travail et des réseaux sur tout le territoire,
. au renforcement de la « communauté » de cadres dirigeants, déjà trop nombreux, qui ont recours à des audits externes coûteux pour parfaire leurs compétences,
. à un management autoritaire qui cause une souffrance chez les personnels, . à toute logique consistant en des plans sociaux et en l’externalisation de services et /ou d’activités,
. à toute stratégie économique reposant sur la privatisation des espaces de la Maison de la radio et à une vision purement comptable des productions.

Elle lutte en établissant et faisant des propositions alternatives à ces logiques et politiques de marchandisation de la culture et de l’information.

Elle milite pour la transparence totale sur les comptes et leur destination, sur les coûts et les rémunérations. Cette transparence est nécessaire pour établir la confiance entre tous, tant pour l’adoption et le suivi des investissements, que pour le fonctionnement de l’entreprise.

La coordination fait le choix de réunir des personnels syndiqués et non-syndiqués de Radio France, ainsi que des auditrices et des auditeurs, et plus généralement toute personne sensible et attachée à la défense de la radio de service public.

Le nom de « Coordination de Radio France » a été voté, et un fonctionnement en ateliers libres s’est organisé sur la base du volontariat, au service de la mise en œuvre de décisions prises au sein d’une gouvernance collective et horizontale, fondée sur la démocratie directe.

Toutes les informations nécessaires aux prises de décisions sont partagées en totale transparence en réunion, en AG ou par voie électronique. Les assemblées générales de la Coordination de Radio France sont souveraines et décisionnaires.

La Coordination de Radio France a également vocation à élargir son champ de préoccupations à d’autres secteurs d’activités, à se faire solidairement l’écho d’autres mouvements engagés dans la fabrication et la préservation de biens communs.

Paris, le 28 mai 2015.
Coordination de Radio France
contact : coordinationRF [at] boxnoise.fr

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7728

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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 13 Juin 2015, 13:49

La signature du nouveau COM marque la fin de l’indépendance de l’AFP
Le Conseil d’administration de l’AFP a donné mandat au PDG pour signer le 8 juin 2015 le Contrat d’objectifs et de moyens 2014-2018 (COM-3) avec l’Etat français.
Cette date marque la fin de l’indépendance structurelle de l’Agence et l’achèvement d’un processus de mise en place d’un nouveau modèle économique, transformant l’AFP en entreprise privée étroitement surveillée par une double tutelle : celle de la Commission européenne et celle du gouvernement français.
SUD-AFP tire un premier bilan de ce processus, dont les conséquences financières, rédactionnelles et sociales se feront sentir rapidement : lire le 4-pages SUD "Signature du COM-3 : L’indépendance de l’AFP ? C’est fini !" : http://www.sud-afp.org/IMG/pdf/20150608 ... ndance.pdf


"Grand accord social" : L’heure de vérité approche

La première partie des négociations sur un "Grand accord social" touche à sa fin. Un bilan provisoire est prévu lors d’une dernière rencontre fixée au mardi 16 juin (9h30), avant une réunion bilan, présidée par Emmanuel Hoog, début juillet.

Les enjeux pour la direction, pour l’Agence et pour les salariés sont cruciaux. Rappelons-nous : depuis des années, les PDG et leurs équipes dirigeantes soulignaient la nécessité de "moderniser" l’Agence. Pour ce faire, il fallait :

 Donner à l’AFP un plan de développement pluriannuel
 Modifier le modèle économique de l’AFP, pour le rendre compatible avec les règles libérales de la concurrence (contentieux avec Bruxelles)
 "Améliorer" la gouvernance : allonger le mandat du PDG, modifier la composition du CA
 Redéfinir les relations entre l’AFP et l’Etat français
 Trouver une solution pour financer les investissements de l’Agence.

Ce processus de transformation profonde de l’Agence s’est achevé, avec la signature du nouveau Contrat d’objectifs et de moyens (COM). Le PDG Emmanuel Hoog devrait donc avoir toutes les raisons d’être satisfait. Désormais, tout va bien - plus d’excuses ! Sauf que…

PDG aux abois recherche syndicats compréhensifs

Malgré le gel des salaires depuis 2012, l’AFP a fini l’année 2014 avec une perte nette de 2,2 M€ (6,7 M€ en normes comptables françaises). Quant à l’endettement net, il a atteint 54,7 M€.

Pire, les perspectives ne sont pas bonnes. Car le nouveau modèle économique, censé assurer un financement pérenne pour l’AFP, est construit sur du sable mouvant. Ou, plus exactement, sur une double trajectoire fondamentale :

 L’Etat prévoit de réduire ses versements à l’AFP
 Le nouveau modèle ne marchera pas sans sacrifices supplémentaires sur la masse salariale et sur les frais de fonctionnement de l’Agence.

Nous avons cité le texte du COM 2014-2018, dans notre communiqué récent :

Les charges dans leur ensemble "doivent voir leur progression limitée à 1% par an en moyenne". Quant aux charges de personnel, elles "ont progressé de 1,7% par an en moyenne alors que le COM (2008-2013) avait prévu une croissance de 2,84 % par an. Cet effort réel mais encore insuffisant de maîtrise doit se poursuivre et s’amplifier."

Voilà donc le cadrage financier des négociations sociales. La progression de la masse salariale mondiale ne doit pas dépasser 1% par an. La trame "confidentielle" de projet d’accord, avec les modifications "actées" par la direction, que celle-ci a largement diffusée auprès des "managers", ne peut guère laisser de doute : ce texte programme un recul social généralisé. Notamment : une diminution du nombre de jours de repos, l’augmentation des horaires, une dégradation des conditions d’exercice de nos métiers, aucune garantie sur le maintien de notre pouvoir d’achat.

Dans quelques jours, les six syndicats représentatifs à l’AFP - qu’ils aient boycotté les négociations ou non - devront donc annoncer la couleur.
L’heure sera venue pour dire, tous ensemble, NON au Plan Hoog !
Construisons une mobilisation unitaire pour défendre nos droits sociaux !
Comme les personnels des hôpitaux, en lutte, refusons la logique du travailler plus pour gagner moins ! Disons à Emmanuel Hoog :

RTT - Retire Ton Texte !

SUD organisera une réunion-débat ouverte à tous, le mardi 23 juin (13h30, salle syndicale)
SUD-AFP (SUD Culture & Médias Solidaires)

http://www.sud-afp.org/spip.php?article351
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 07 Juil 2015, 02:12

Appel à la grève à l'AFP après la dénonciation de 117 accords sociaux par son PDG

Fustigeant un déni de dialogue social, tout le spectre syndical de l’Agence France-Presse est vent debout après les annonces de la direction.

Rififi en perspective à l’AFP. Les syndicats de l’agence (SNJ, CGT, CFDT, FO, SUD et CGC) appellent les salariés à participer à un arrêt de travail de vingt-quatre heures à partir de mardi 14 h 30 pour protester contre la dénonciation unilatérale par le PDG, Emmanuel Hoog, de tous les accords sociaux en vigueur : 117 au total (RTT, congés payés, etc.)… Contre toute attente en effet, Hoog a déclaré son intention de tout remettre à plat vendredi.

... http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015 ... dg_1344534
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 07 Juil 2015, 03:01

L’ensemble des syndicats de l’AFP appellent à la grève le 7 juillet

Les syndicats CFDT et SNJ de l’AFP ont publié le lundi 6 juillet des communiqués pour appeler à une grève de 24 heures à partir du mardi 7 juillet 14h30.
Ils se sont ainsi joints au mouvement lancé dès le vendredi 3 juillet par un appel unitaire des syndicats CGT, FO, SUD et CFE-CGC. Ces quatre organisations, qui représentent plus de 60% du personnel relevant du droit français, appellent à une grève reconductible à partir du 7 juillet 14h30.

◾ Appel CGT-FO-SUD-CFE/CGC : http://www.sud-afp.org/spip.php?article355
◾ Tract SUD : http://www.sud-afp.org/spip.php?article354
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Re: Luttes dans les médias

Messagede bipbip » 08 Juil 2015, 09:07

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