Luttes du secteur opérateurs téléphonie, internet, etc...

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

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Messagede Nico37 » 14 Fév 2009, 13:34

France Télécom : 22 000 départs pas si « volontaires »

Par Lise Barcellini | 11/02/2009 | 10H38


Entre juin 2005 et fin 2008, 22 000 postes ont été supprimés, sans aucun licenciement sec, mais au prix d'un malaise croissant chez les salariés.

"Jacques, mon pauvre Jacques, t'es pas doué tu sais, depuis le temps que je te le dis, tu devrais changer de métier… Je vais être derrière toi toute la journée parce que t'es lent, t'es trop lent, quand les autres font trois clients, toi tu en fais un, un tout petit…"

Poussé à bout par son chef de service devant ses collègues, Jacques finit par démissionner.

Ce soir, la scène se joue au théâtre. Mais la réalité est toute proche. Et pour cause: la pièce a été écrite à partir de témoignages de salariés de France Télécom. "Les impactés", a été créée sur commande de deux syndicats (Sud et CGT) de France Télécom, par la compagnie Naje - Nous n'abandonnerons jamais l'espoir (qui utilise la technique du théâtre forum).


"Sinon, c'était quoi? La dépression ? Le suicide ?"

Les vrais salariés sont, pour l'occasion, de l'autre côté du miroir, dans l'audience, très émus d'assister à des situations qu'ils connaissent si bien. Tous confirment être sous pression.

Parmi eux, Isabelle. Depuis quelques mois, elle ne travaille plus à France Télécom: elle a bénéficié du mécanisme de "mobilité vers la fonction publique". Elle ne voulait pas partir. Mais elle a quand même fini par quitter l’entreprise pour laquelle elle avait toujours travaillé. Elle lâche, le cœur gros: "Sinon, c’était quoi ? La dépression, le suicide?"

Isabelle est fonctionnaire, elle considère qu’elle a été poussée vers la sortie. Et qu’elle loin d'être la seule. La direction n’a pas la même vision des choses. Contacté par Eco89, le directeur des relations sociales du groupe, Laurent Zylberberg, indique:

"On ne pousse personne vers la sortie. Il y a des opportunités que l'on présente. Il y a des gens qui voient que l'entreprise a bougé... et dans laquelle ils ne se reconnaissent plus."

Pierre Morville, délégué central de la CFE-CGC, le dit en des termes bien différents:

"Pour beaucoup de salariés, c'est l'effondrement des valeurs auxquelles ils ont cru toute leur vie."

22 000 départs "volontaires"

En une dizaine d'années, leur entreprise a bien changé. Transformation en société anonyme, ouverture du capital, privatisation. Dernier épisode douloureux pour les salariés: le plan NExT qui visait à supprimer 22 000 emplois entre juin 2005 et fin 2008 et d'embaucher 6000 personnes sur la même période. Pas de licenciement sec. Pas de plan social.

L'heure du bilan est arrivé. La direction ne devrait pas rendre public les chiffres avant mars, mais elle a déjà confirmé à Eco89 "être en ligne avec les objectifs fixés".

Il y a bien des mobilisations locales contre les fermetures de sites, à Morlaix par exemple. Mais difficile pour les syndicats de mobiliser les 100 000 salariés du groupe, éparpillés sur 10 000 sites. Au final, la plupart des départs ont été vécus par les salariés comme des destins individuels.

Individualiser les situations: c'est justement l'une des stratégies de la direction. L'entreprise communique volontiers sur les mesures d'accompagnement et de reconversion individuelles: création d'entreprise ("essaimage"), "projet personnel accompagné", mobilité vers la fonction publique, départ en pré-retraite.

"Une façon de faire partir les gens, c'est de les rendre malade"

Mais d'autres motifs (que la direction ne mentionne pas) ont poussé les salariés au départ: les démissions et les congés maladie longue durée. "Une façon de faire partir les gens, c'est de les rendre malades", expliquent les syndicats. Problème: impossible d'obtenir la moindre statistique sur l'augmentation des congés maladie longue durée et du nombre de démissions.

Pendant l'année 2008, neuf suicides ont été recensés chez France Télécom. Aucun n'a été qualifié d'accident du travail par l'assurance maladie, ce que dénoncent les syndicats.

La souffrance des salariés est dénoncée par les syndicats de tous bords (des radicaux de Sud aux cadres de la CGC, unis sur cette question.) Mais la direction continue à présenter France Télécom comme "un groupe à l'écoute de ses salariés". En janvier 2000, une "commission stress" est créée; des cellules d’écoute et d’accompagnement ont également été mises en place. Pour autant, pas question de parler de "malaise" ni de "dépression", encore moins de "suicide". Le langage officiel préfère parler de "risques psycho-sociaux". Tout est question de vocabulaire.

"Le stress érigé en système de management"

Selon un sondage réalisé en Ile-de-France par l'Observatoire du stress et des mobilités forcées (dont les conclusions sont dénoncées par la direction), 70% des salariés interrogés craignent pour l'emploi ou pour leur emploi, et 70% ont le sentiment de ne pas avoir réussi leur vie professionnelle. Pas de quoi s'étonner, pour Pierre Morville du syndicat CFE-CGC:

"Pour arriver à faire partir 22 000 personnes, il faut en solliciter au moins le double."

Selon trois sociologues (Noëlle Burgi, Monique Crinon et Sonia Fayman), "le stress est érigé en système de management et de gestion des ressources humaines." C'est la conclusion de leur rapport au titre évocateur: "De l'art de programmer la maltraitance au travail". (Voir le document ci-contre)

Dans ce rapport, les sociologues décortiquent la spécificité de France Télécom: 70% des employés sont des fonctionnaires, et ils font les frais du passage de l'"usager" au "client-roi":

"La stigmatisation des fonctionnaires exprime le renoncement à la qualité de service public. Les fonctionnaires, dont l'identité au travail s'est forgée en s'investissant dans une mission de service public, en font les frais. Car l'entreprise ne veut pas prendre le risque de laisser subsister un garant du symbolique."

Ce rapport constitue l'un des éléments de l'ouvrage "Orange Stressé", commandé par trois syndicats (CFE-CGC, Sud, Unsa), et rendu public en novembre lors des deuxièmes états généraux de "l'observatoire du stress et des mobilités forcées".

Interrogé sur la stigmatisation des fonctionnaires et les méthodes employées pour réduire les effectifs, le directeur des relations sociales de France Télécom, Laurent Zylberberg, répond:

"C'est à nous de faire en sorte d'aider les gens à se retrouver dans la vision stratégique de l'entreprise, de proposer différents outils. Je n’exclus pas qu’il y ait des managers qui ont pu faire cela avec plus ou moins de délicatesse, comme je n’exclus pas qu’il y ait des comportements individuels de blocage."

En clair, selon la direction, les managers qui poussent les salariés vers la sortie ne sont que des cas isolés. Autre enseignement à tirer de ces propos: pour la direction, les salariés qui ne veulent pas partir ou se reconvertir constituent un blocage. Un frein à la stratégie du groupe.

Un manuel pour aider les managers à remplir leur quota

Un salarié de France Télécom, qui souhaite rester anonyme, raconte:

"Dans l'entité dont je fais partie, on a dit qu'il fallait supprimer douze postes, sans dire qui devait partir. Douze types ont la tête coupée. (...) On ne dit pas aux managers comment arriver à les faire partir, mais c'est un élément de performance. (...) Ce n’est pas la consigne du bourreau mais plutôt celle du quota."

La direction établit les objectifs, aux managers ensuite de faire en sorte qu'ils soient remplis. A eux, de faire le sale boulot. Pour les aider, on leur a néanmoins distribué un manuel. Un document confidentiel qu'Eco89 a pu consulter.

De nombreuses situations de salariés non-enclins au départ y sont répertoriées. Ceux qui disent: "Pourquoi ça tombe sur moi? Pourquoi ça n'est pas vous qui partez?"; d'autres qui lancent: "Je ne comprends pas bien cette volonté que le personnel quitte France Télécom! Les chiffres sont bons! Et personnellement je suis bien ici, mon travail me plaît!"

A côté de chaque situation-type de salariés, le document propose aux managers des astuces et autres formules toutes faites pour y répondre. Exemple:

"Je comprends, vous vous sentez bien ici, et vous ne voyez pas ce qui pourrait vous faire changer d'avis? (silence, attendre). Et lorsque quelqu'un se sent bien, il imagine que la situation peut rester longtemps ainsi. A moi de vous dire que la situation de notre unité peut évoluer. Se préparer à changer, c'est avoir un coup d'avance."

Après NExT, un changement de stratégie

La CFE-CGC a annoncé mi-janvier un plan de 10 000 à 12 000 suppressions de postes en trois ans. La direction dément. Le PDG du groupe, Didier Lombard, a indiqué dans la presse qu'il n'y aurait plus de "planification". Car, depuis le lancement du plan NExT en juin 2005, la donne a changé.

A l'époque, il fallait à tout prix rassurer les actionnaires: l'annonce de 22 000 suppressions de poste devait permettre le retour en grâce de France Télécom en Bourse. En 2009, il vaut mieux faire figure de ne pas sacrifier ses salariés.

Pour Patrick Ackermann, secrétaire fédéral Sud et délégué général central adjoint, la méthode change mais pas le résultat:

"Didier Lombard a indiqué qu'il sortait de la logique de planification, qu'il n'y aura donc plus d'annonce de plan de type NExT, mais on n'a pas le sentiment pour autant que les suppressions de poste vont s'arrêter. Ils vont juste se garder de communiquer dessus."
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Re: France Télécom : 22 000 départs pas si « volontaires »

Messagede Nico37 » 07 Aoû 2009, 13:04

Trop de suicides à France Télécom Edition France Soir du jeudi 6 août 2009 page 8
Alexandra Gonzalez, le jeudi 6 août 2009 à 04:00

La semaine dernière, le suicide d’un employé de France Télécom, survenu à la mi-juillet, était révélé. Les syndicats viennent d’envoyer un courrier à leur PDG pour que des mesures soient prises.
« Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. » Il y a une semaine, cette terrible phrase, écrite par un fonctionnaire de 51 ans le 14 juillet dernier avant qu’il ne se donne la mort, était rendue publique. Dans un courrier adressé à ses proches, l’homme mettait en cause sa « surcharge de travail » et un « management par la terreur ».

Un nom de plus s’est ainsi ajouté à la longue liste des suicides d’employés de France Télécom établie par les syndicats, dix-huit depuis le début de l’année, un phénomène grave que nous évoquions déjà dans nos colonnes en mai dernier. Pour les syndicats, la coupe est pleine.

Ils viennent d’envoyer un courrier au président du groupe, lui demandant de « prendre en considération » le problème de la souffrance au travail et des suicides de salariés, et d’entamer des négociations sur le stress dès la rentrée.


Pressions et intimidations

Dans cette lettre, les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, SUD) rappellent que « trois nouveaux suicides sont intervenus depuis la mi-juillet » parmi des salariés de l’entreprise.

« Nous vous demandons de montrer clairement aux salariés que vous êtes déterminé à chasser la souffrance au travail de notre entreprise », expliquent les syndicats, qui exigent également du président du groupe, Didier Lombard, qu’il assure « sans délai son obligation de protéger la santé physique et mentale des salariés ».

Parmi les causes de la souffrance au travail dans le groupe, ils dénoncent notamment les « suppressions d’emplois », les « mobilités contraintes », les « pressions sur les départs » ou le « management par l’intimidation ».

« Aujourd’hui, dans l’entreprise, les gens se sentent désemparés », explique Patrick Diochet, délégué CFTC. Mais « cela n’a rien à voir avec la crise, c’est lié à la volonté de la direction que le management soit tourné vers les objectifs, sans prendre en compte le facteur humain ». Jointe par téléphone, la direction n’a pas souhaité réagir pour le moment.

Suicides de salariés : les syndicats interpellent le PDG de France Télécom

Six organisations syndicales écrivent au PDG de France Télécom pour lui demander de respecter ses obligations : protéger la santé physique et mentale de ses salariés.

Philippe Crouzillacq01net.le 05/08/2009 à 18h45

Désorganisation totale de l'entreprise », « management par la terreur », « surcharge de travail », « urgence permanente », « Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. C'est la seule cause »... Ces mots laissés par cet homme de 51 ans, qui a mis fin à ses jours le 14 juillet dernier à Marseille, ont fait le tour des médias.

Depuis, rien n'a changé au sein du premier opérateur de télécommunications français. La série noire continue, à tel point, comme le soulignent les syndicats du groupe, que trois nouveaux suicides ont eu lieu depuis la mi-juillet. Dans un courrier adressé mardi 4 août au PDG de France Télécom, Didier Lombard, la CFDT, la CFTC, la CGC, la CGT, FO, et SUD, s'interrogent : « La santé de l'entreprise est bonne. Celle des actionnaires l'est assurément ! Quid de celle des salariés ? ».

Les maux sont connus, affirment les représentants du personnel, « menace, management par l'intimidation, intensification du travail, mobilité contrainte ». « Les médecins du travail ont plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme, certains ont même démissionné parce que la direction de France Télécom ne tenait pas suffisamment compte des rapports qu'ils lui adressaient », relevait déjà le quotidien France Soir dans une longue enquête parue le 18 mai 2009.

22 000 « départs volontaires » en trois ans
A cette date, et sur les quinze derniers mois, on recensait déjà 17 tentatives, huit suicides ont malheureusement réussi. Un phénomène qui frappe des salariés situés aux quatre coins de la France dans une entreprise qui, entre 2005 et 2008, a connu un plan de restructuration ayant entraîné le « départ volontaire » de 22 000 salariés.

Par ailleurs, les syndicats mettent en cause la politique de communication de la direction de FT qui, à la suite du suicide du collaborateur marseillais, s'est souvent retranchée derrière les structures de suivi mises en place, notamment l’Observatoire du stress de France Télécom, créé en 2007.

« Alors que vous refusez systématiquement d'entendre les propositions des organisations syndicales tant au CNSHSC (1) qu'à la commission stress, expliquent les signataires du courrier à Didier Lombard, il est inadmissible que vous vous serviez de ces instances comme alibi pour occulter la responsabilité pleine et entière de l'employeur vis-à-vis de la santé de son personnel. »

(1) Comité national sur la santé, l'hygiène, la sécurité et les conditions de travail

France Télécom : « Nous sommes transparents et nous ne sommes pas dans le déni »

Selon un porte-parole de l'entreprise, contacté par 01net, France Télécom n'a pas attendu pour se saisir de la question sensible des conditions de travail. Une « commission stress » a été créée dès 2000. Et, au fil des ans, des « espaces d'écoute et d'accompagnement » ont été mis en place. « Les managers sont formés à la détection des signaux faibles, c'est-à-dire à la détection des risques psychosociaux », poursuit le porte-parole de France Télécom, qui par ailleurs trouve que « toute tentative de récupération [des évènements actuels, ndlr] serait malvenue de la part des organisations syndicales ».

Officiellement les « espaces d'écoute et d'accompagnement » ont fait l'objet de près de 500 saisines, tant de la part des salariés que des managers, des médecins du travail ou des organisations syndicales. En revanche, aucune donnée n'est disponible sur le nombre de « signaux faibles » détectés par les managers. Une étude menée par l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail a été présentée au mois d'octobre 2008.

Enfin, l'entreprise tient à préciser qu'Olivier Barberot, DRH de France Télécom, interviendra sur l'ensemble des risques de signaux faibles identifiés et, d'un point de vue plus général, sur les conditions de travail dans le groupe lors du prochain CNSHSCT, prévu le 10 septembre prochain. Depuis deux ans, près d'une vingtaine de salariés de France Télécom ont choisi de se donner la mort.


Souffrance au travail à FT

Six syndicats de France Télécom ont envoyé une lettre au PDG du groupe. Les représentants du personnel veulent entamer des négociations sur le stress dès la rentrée, alors que dix-huits salariés du groupe se sont donnés la mort en l'espace de deux ans.
Il ne fait pas bon travailler chez France Télécom. Le nombre d'arrêts pour maladie a augmenté de 50% depuis 5 ans. Quant au nombre de visites chez le médecin du travail, il est passé de 3430 à 4468 entre 2007 et 2008, soit une augmentation de 30%, selon les chiffres des syndicats de l'entreprise spécialisée dans les télécommunications.
Cette situation mène parfois à l'irréparable. Le 14 juillet dernier à Marseille, un salarié s'est suicidé à son domicile. Dans une lettre, Michel D. mettait en cause "la surcharge de travail" et "le managment par la terreur". Depuis 2008, c'est le dix-huitième collaborateur du groupe à s'être suicidé. En outre, une dizaine de salariés aurait également tenté de suicider.
La principale cause de cette situation, selon les syndicats de France Télécom : les conditions de travail au sein de l'entreprise. "Depuis l'ouverture du capital en 1997, la politique est axée uniquement sur le rentabilité financière. Progressivement les choses ont empiré. En 2004, l'entreprise a été privatisée ce qui a accru les pression sur les salariés", dénonce un responsable de la CGT. La mise en place du plan d'économie du personnel n'a rien arrangé. Baptisé "Next", ce projet a entraîné le départ de 22.000 personnes entre 2005 et 2008. Selon la direction, ces départs étaient volontaires. Les syndicats contestent. Selon eux, beaucoup de ces personnes ont été poussé à la porte.

Des salariés poussés à quitter l'entreprise

Actuellement le groupe emploie plus de 100.000 salariés. Parmi eux, on compte 70% de fonctionnaires. Compte-tenu du statut juridique de leur contrat, il est difficile de licencier ces personnes. Les employés seraient donc parfois poussées à partir.
Ce serait notamment le cas de ceux qui travaillent sur la plate-forme d'appels. Outre les coups de colère des clients furieux qui ne voient pas leurs demandes satisfaites, les supérieurs mettent une "pression professionnelle" sur les salariés. "Les employés se sentent coupables de mal faire leur travail. Dans le même temps, la direction les pousse à traiter le plus d'appels possibles, du coup ils ont moins le temps pour traiter les réclamations des clients", selon la CGT.
Les techniciens sont également concernés. France Télécom ferme progressivement les centres d'interventions techniques par souci d'économie. Ce qui oblige les salariés à effectuer des trajets de plus de 100 kilomètres pour se rendre au travail depuis leur domicile et affecte leur moral. Autre tactique employée, plus subtile : l'intimidation. "Une femme qui a trois enfants ou quelqu'un qui a dépassé la cinquantaine est incité à partir. Les supérieurs reviennent régulièrement à la charge et demandent à la personne si elle compte vraiment rester dans la boîte", dénonce un syndicaliste interrogé.
Seulement 70 cas de stress résolus selon la direction
Six syndicats de France Télécom (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, Sud) ont donc envoyé mardi 4 août une lettre au président du groupe, Didier Lombard, lui demandant de "prendre en considération" le problème de la souffrance au travail et des suicides de salariés, et d'entamer des négociations sur le stress dès la rentrée. Ils exigent notamment la mise en oeuvre de l'accord national interprofessionnel sur ce sujet.
Transposé d'une directive européenne, cet accord signé par les partenaires sociaux européens en juillet 2008 n'a toujours pas été appliqué au sein de l'entreprise. Ce texte prévoit notamment une prise en charge du problème du stress au travail en faisant de la prévention auprès des salariés, par exemple via des missions d'information et une formation de l'ensemble des acteurs de l'entreprise sur ce thème.
France Télécom a mis en place des cellules d'écoute pour lutter contre le stress au travail en novembre 2007. Neuf mois après, la direction annonçait avoir résolu 70 cas pris en charge. "Depuis on a aucune donnée", déplore Fabienne Viala, représentante CGT pour le Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Cette dernière dénonce également les conditions de fonctionnement de ces cellules. "Les médecins interviennent uniquement à titre individuel. Quand au mode de fonctionnement, il privilégie le cas par cas, au lieu d'essayer de trouver des solutions collectives."
Pour pallier ce manque de réactivité de la part de la direction, des initiatives locales ont vu le jour comme à Marseille, où le CHSCT a proposé des solutions d'accompagnent aux salariés victimes de la fermeture d'un service à Martigues (Bouches du Rhône). En attendant des mesures concrètes, les syndicats appellent à l'unité et demandent aux salariés en souffrance de ne pas hésiter à venir se confier. "Face au suicide, il n'y a rien de pire que l'isolement", conclut l'un deux.
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Bouygues télécom

Messagede Nico37 » 04 Sep 2010, 11:24

Communiqué de presse : réaction des Sections syndicales CGT des Centres de Relation Client de Bouygues Telecom.

Pour diffusion immédiate.

Le mensuel Capital, dans son édition de septembre propose un article intitulé « Bouygues, le trublion inattendus des télécoms ».

Les Sections syndicales CGT des Centres de Relation Client de Bouygues Telecom dénoncent le florilège de contre-informations qui composent tout particulièrement le paragraphe intitulé « Des centres d’appels localisés en France plutôt qu’au Maghreb ».

Cet article choque un certain nombre des Conseillers de Clientèle de Bouygues Telecom qui sont loin de vivre leur métier de façon aussi sereine que semble le croire Capital. La CGT y voit un article complaisant sur les conditions de travail des salariés de la Relation Client sans aucun rapport avec la réalité.

En effet, la CGT chez Bouygues Telecom ne cesse de dénoncer les externalisations, que ce soit au Maghreb, en France (externalisations de la relation Client vers les sous-traitants Teleperformance, Webhelp…) ou encore dans l’Union Européenne, et revendique pour le bien de tous, salariés et clients, la ré-internalisation de l’ensemble des services de la Relation Client. Bouygues Telecom est une entreprise qui externalise comme ses concurrents et pour les mêmes raisons : la baisse des coûts et des droits du travail moins contraignants pour les entreprises.

La CGT tient à corriger les informations concernant les salaires des Conseillers de Clientèle qui ne sont pas « payés en moyenne 2000 € brut par mois non compris la prime d’intéressement et de participation » » mais plutôt un peu plus que le smic en début de carrière.

Enfin, les Sections syndicales CGT des Centres de Relation Client de Bouygues Telecom regrettent que Gilles Tanguy, rédacteur de l’article, n’ait pas souhaité apporter quelques nuances à son article en informant ses lecteurs des réelles conditions de travail que vivent les Conseillers de Clientèle sur les différents centres d’appel. Ceux-ci sont loin d’être « particulièrement chouchoutés » comme écrit dans Capital, ils vivent un quotidien pénible, conséquence d’une organisation du travail qui ne laisse aucune place à l’humain.

La CGT dénonce depuis des mois des conditions de travail dégradées par la pression managériale quotidienne, des objectifs de vente inatteignables, des durées moyennes de traitement d’appel hors d’atteintes elles aussi, des horaires de travail flexibles qui ne permettent pas d’équilibrer vie personnelle et vie professionnelle…

Chez Bouygues Telecom, comme chez France Telecom, Chez SFR, ou chez les prestataires comme Teleperformance ou encore Webhelp, les conditions de travail ne cessent de se dégrader sur les centres d’appel, avec les effets que l’on sait.

La CGT ne peut laisser un tel article sans réaction car chez Bouygues Telecom comme ailleurs, sous prétexte de diminution des coûts, d’augmentation des dividendes à verser aux actionnaires, les directions des entreprises emploient des méthodes qui entrainent, selon les recherches de l’INRS de graves conséquences sur la santé des salariés qui sont victimes du stress, de dépressions, de troubles musculo-squelettiques et autres accidents professionnels.

Tours, Le 3 septembre 2010.
Les Sections syndicales CGT des sites de relation Client de Bouygues Telecom.
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Luttes du secteur téléphonie (Nokia, Ericsson, Alcatel...)

Messagede altersocial » 22 Sep 2012, 11:52

Navrant, mais c'est la réalité :

http://lci.tf1.fr/high-tech/l-iphone-5- ... 35749.html

:confus:




Edit : titre du sujet modifié de "Nokia : fétichisme contre grève" à "Luttes du secteur téléphonie (Nokia, Ericsson,...)"
Modifié en dernier par altersocial le 19 Déc 2012, 13:32, modifié 1 fois.
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Alcatel en lutte

Messagede altersocial » 23 Oct 2012, 06:29

Les salariés d'Alcatel-Lucent en assemblée générale, en Bretagne

Source et vidéos:
http://bretagne.france3.fr/2012/10/19/l ... 23165.html

A Lannion (22) et Brest (29), les salariés d'Alcatel-Lucent tenaient aujourd'hui des assemblées générales. L'équipementier télécoms veut réduire ses effectifs de 1 430 postes en France.

A Lannion (22) et à Brest (29), les salariés d'Alcatel Lucent tenaient des assemblées générales aujourd'hui. L'équipementier télécoms veut réduire ses effectifs de 5 000 postes dans le monde. En France, 1430 postes seraient supprimés.

Les département de Recherche et Développement devraient être épargnés. La réduction d'effectifs doit se concentrer sur les personnels administratifs et les fonctions 'Support' du groupe. Les détails de ce plan de réduction d'effectifs doivent être présentés fin novembre.

Selon les syndicats, le site de Brest ne devrait pas être touché par cette restructuration :

vidéo

Depuis la fusion entre Alcatel et Lucent en 2006, les salariés de Lannion ont déjà connu quatre plans sociaux avec à la clef 300 emplois envolés. En 2006, 20 000 postes ont été supprimés dans le monde, 12 500 en 2007, 4 000 en 2008, 1 000 en 2009, avant de nouvelles suppressions en 2009-2010.

vidéo
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede altersocial » 19 Déc 2012, 13:12

altersocial a écrit:
Les salariés d'Alcatel-Lucent en assemblée générale, en Bretagne

Source et vidéos:
http://bretagne.france3.fr/2012/10/19/l ... 23165.html



Et ça continue :

Orvault. Les salariés d'Alcatel-Lucent débrayent cet après-midi

Image

Les salariés d'Alcatel-Lucent du site d'Orvault seront en débrayage aujourd'hui à partir de 14h pour protester contre la suppression de 119 emplois. Une mobilisation qui précède un Comité central d'entreprise extraordinaire qui aura lieu ce jeudi au siège du groupe à Vélizy .

Ce CCE traitera du droit d'alerte levé par les organisations syndicales suite à l'annonce du prêt octroyé par Goldman Sachs et Crédit Suisse au groupe. « Notre inquiétude est grande de nous voir dépouillés de nos brevets par ces banques aux intentions plus que douteuses, estime les organisations syndicales orvaltaises. Nous sommes satisfaits de voir Jean-Marc Ayrault prendre part à nos craintes concernant ce prêt, même si nous émettons des réserves sur une des solutions qu'il propose et qui consisterait à vendre ASN (Alcatel Submarine Networks), filiale de fabrication de câbles sous-marins, ce qui nous déferait d'un de nos derniers actifs...»

Le débrayage sera aussi l'occasion pour les salariés de participer à des groupes de travail afin de proposer des solutions alternatives au plan « Performance » qui prévoit 119 suppressions de postes à Orvault. Ce débrayage se déroulera dans l'enceinte de l'entreprise et n'aura pas de visibilité externe.

Depuis l'annonce par le groupe Alcatel-Lucent de la suppression de 5 290 postes dont 1 430 en France. Les salariés d'Orvault, site le plus touché au niveau national, ont multiplié les actions. Jeudi 13 décembre, ils bloquaient l'accès de leur entreprise.


Et pendant ce temps là sur une autre planète :

:arrow: L’industrie manque d’ouvriers qualifiés
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Re: Nokia : fétichisme contre grève

Messagede altersocial » 19 Déc 2012, 13:29

Du déclin de Nokia à celui d'Ericsson il n'y a qu'un pas :

:arrow:[ STMicroelectronics ] Les salariés de ST-Ericsson-Grenoble manifestent contre le "renoncement productif"

Tout ça laisse bien perplexe sur le rapport entre la sauvagerie des marchés et ses conséquences en terme de "coûts" humains. On ne pourra pas abolir les entreprises sans leur finalité : le gaspillage immense des invendus et des vies humaines considérées comme du capital variable.
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Re: Luttes du secteur téléphonie (Nokia, Ericsson, Alcatel..

Messagede Pïérô » 14 Oct 2013, 23:13

"restructuration"
Alcatel-Lucent : syndicats et salariés sous le choc

L’équipementier du secteur des télécommunications a annoncé ce mardi la suppression de quelque 10.000 postes dans le monde, dont environ 900 en France où deux sites, Rennes et Toulouse, vont fermer. Cet énième dégraissage depuis 2006 chez Alcatel-Lucent est ressenti très douloureusement par les salariés, qui ont l’impression comme à chaque fois de payer les pots cassés à cause d’une stratégie discutable..

C’est un nouveau choc, une douleur de plus pour les salariés du groupe d’Alcatel-Lucent visés par cette énième restructuration. Depuis 2006 et la fusion des deux géants des télécommunications, pas une année ne s’est conclue sans réduction d’effectifs : 88.000 employés au tout début, quelque 72.000 aujourd’hui dont plus de 8.000 en France. La France qui paie cette fois encore un lourd tribut, avec l’annonce de la suppression de 900 postes dans le pays, soit plus de 10 % des effectifs. Il y a à peine plus d’un an, le groupe avait déjà annoncé la suppression de 1.430 postes en France..

En tout, Alcatel-Lucent a annoncé mardi la suppression de 10.000 postes à travers le monde. Selon le communiqué publié par le groupe, il s’agit de retrouver "le chemin de la rentabilité" en réduisant les coûts d’un milliard d’euros. Les activités doivent être recentrées sur les sites de Villarceaux (Essonne) et de Lannion (Côtes d’Armor)..

Rennes et Toulouse sacrifiés.

Au coeur de cette annonce, deux sites vont tout simplement fermer. À Rennes, les 110 salariés du site d’ingénierie s’inquiètent des débouchés qu’ils pourraient trouver, même si la possibilité d’un redéploiement vers Lannion est mise en avant par Alcatel-Lucent. Le coup est dur pour des employés qui ont pour une partie déjà vécu la fermeture du site de Cesson, dans la banlieue rennaise, il y a six ans..

Autre site voué à la fermeture, celui de Toulouse, rattaché à un autre site francilien. L’annonce là-bas a également été très mal vécue, d’autant que personne ne s’y attendait..

Le groupe Alcatel-Lucent prévoit également la cession de trois autres sites d’ici à la fin 2015 : Eu (Seine-Maritime), Ormes (Loiret) et Orvault (Loire-Atlantique)..

Le 8 Octobre 2013 - France Info
Débrayage chez Alcatel-Lucent à Lannion http://bretagne.france3.fr/2013/10/07/d ... 33357.html
http://www.collectifcontrelespatronsvoy ... article926
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Re: Luttes du secteur téléphonie

Messagede Pïérô » 14 Juin 2014, 10:14

Bouygues télécom
Des bénéfices en béton mais des salarié-es sur le carreau !
Le comité central d’entreprise de Bouygues s’est réuni le 11 juin pour annoncer 1516 suppressions d’emploi essentiellement dans les fonctions informatiques et marketing en faisant appel aux reclassements, aux départs volontaires … et plus si "affinités".
C’est un nouvel épisode dans la mauvaise série écrite par les patrons qui se déchirent les profits dégagés dans le secteur des communications.
http://www.sudptt.org/spip.php?article101595

communiqué SUD télécoms PDF : http://www.sudptt.org/IMG/pdf/com_de_pr ... uygues.pdf
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Re: Luttes du secteur opérateurs téléphonie, internet, etc..

Messagede Pïérô » 30 Aoû 2014, 00:19

Paris 8e : ils bossent à Free, ils ont tout compris (à l’exploitation)

La quasi totalité de la vingtaine de salarié.e.s de la boutique parisienne de l’opérateur Free ont débrayé par surprise et se sont mis en grève ce samedi 23 août :

Ils se sont postés devant le Free Center [8 rue de la Ville l’Evêque, Paris 8e] et ont organisé une distribution de tracts pour sensibiliser les clients sur leurs conditions de travail.

... http://paris-luttes.info/paris-8e-ils-b ... a-free-ils
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Re: Luttes du secteur opérateurs téléphonie, internet, etc..

Messagede Pïérô » 01 Déc 2014, 13:14

Alcatel Lucent Rennes, c’est fini

Le site rennais du géant des télécommunications ferme officiellement ses portes ce vendredi 28 novembre 2014. Après avoir multiplié les mobilisations tout au long de cette année, c’est la fin du combat pour les 118 salariés.

... http://france3-regions.francetvinfo.fr/ ... 01698.html
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Re: Luttes du secteur opérateurs téléphonie, internet, etc..

Messagede bipbip » 19 Mai 2015, 09:51

Malaise et mouvement de grève chez SFR

Presque six mois après le rachat de SFR par Numéricable, l'UNSA, la CFDT et la CGT appellent les salariés à débrayer ce mardi entre 13h et 15h. Les personnels entendent notamment dénoncer les méthodes de management.

... http://www.franceinfo.fr/actu/societe/a ... sfr-681645
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Re: Luttes du secteur opérateurs téléphonie, internet, etc..

Messagede bipbip » 06 Juin 2015, 18:08

Mobilisation le 11 juin chez SFR

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Re: Luttes du secteur opérateurs téléphonie, internet, etc..

Messagede bipbip » 16 Juil 2015, 12:19

Grève chez Virgin Mobile après la découverte d’une prime de 3,36 millions pour l’ancienne direction

Un an après le rachat par Numericable, la grogne monte dans les équipes de Virgin Mobile au point qu’un mouvement de grève a été engagé aujourd’hui. Avec les départs non remplacés, l’érosion de la base de clients et les nouvelles orientations stratégiques, les salariés de l’opérateur télécoms ont peu goûté d’apprendre que neuf dirigeants s’étaient partagés 3,36 millions d’euros lors de la cession au groupe de Patrick Drahi

... http://www.capital.fr/bourse/actualites ... Xkzr8Fr.99
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