La poste en luttes

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

La poste en luttes

Messagede Nico37 » 04 Déc 2008, 13:30

06/02/2008
La Poste condamnée à verser 66.000 euros pour 230 CDD

Soixante-six mille euros de dommages et intérêts ! la factrice de Cordes-sur-Ciel en serait tombée de vélo, hier matin : «je vais pouvoir assurer ma retraite».

Laquelle retraite promettait d’être bien maigre avant que le juge du tribunal des Prud’hommes d’Albi (Tarn), outre ces dommages, ne requalifie hier mardi ses 230 CDD en CDI depuis 1990.

Odile Guibert a suivi l’exemple de sa collègue factrice de Marssac-sur-Tarn, Christiane Cros qui est allée et a gagné en justice contre La Poste en 2006 après 574 CDD accumulés.

Derrière ces deux cas se cache le cégétiste avocat des salariés Thomas Barba, 54 ans (portait Libération 29/09/06). Cet inspecteur de La Poste pourrait profiter d’un prochain plan social pour bientôt prendre sa retraite. Il y a peu de risques que cette faveur lui soit refusée.

Pourfendeur infatigable de toutes les précarités, il est l’empêcheur de distribuer le courrier en rond qui n’a jamais passé aucun compromis avec son employeur. Il ne passe rien aux syndicats non plus.

«Je suis un homme en colère»: sortant du tribunal, Thomas Barba s’en est pris à FO, à la CFDT, à Sud et à sa propre centrale, la CGT qui, dit-il en pesant ses mots, «ont été en dessous de tout».

Ce n’était pas le rôle d’un «petit syndicat du Tarn» d’engager cette bataille. «C’était aux fédérations d’assurer ce syndicalisme de proximité. Elles nous ont laissés nous battre seuls».

Il note que FO et la CFDT ont signé en novembre 1991une convention avec La Poste reconnaissant l’intermittence. Convention jugée illégale depuis par cinq arrêts de la Cour de cassation. «Ne protestant pas, mon propre syndicat a donc accompagné cette illégalité», assène-t-il.

Mais c’est tout de même à La Poste qu’il en veut le plus. «Avec son milliard d’euros de bénéfice en 2007 et son armée de DRH pour 300.000 salariés, elle ne pouvait que savoir qu’elle était dans l’illégalité».

La Poste dont le président est nommé par le gouvernement et qui a passé des contrats de plan avec l’Etat, aurait selon lui préféré la «gestion du risque» : payer les amendes qui lui sont infligées plutôt que de régulariser les facteurs qui «vivent avec 1100 euros bruts mensuels».

Les relations entre La Poste et Thomas Barba ne se sont pas améliorées depuis qu’il a arraché le mois dernier la comptabilisation du temps d’habillage et de déshabillage de 11 facteurs en uniforme dans le temps de travail à partir de 2002. Ce qui pourrait coûter 100 millions d’euros à La Poste si elle devait appliquer ce calcul à ses 100.000 facteurs.

La Poste enfin aurait hier «franchi un pas» que Thomas Barba ne digère pas : «ses avocats s’en sont pris à ma personne, m’accusant d’être un homme avec qui il est impossible de dialoguer».

Le syndicaliste voit là des «méthodes totalitaires». Il craint que ces «attaques personnelles» ne déstabilisent les jeunes syndicalistes qui prendront un jour sa place.

Lui s’en moque : «j’ai la couenne aussi dure que le cul d’un rhinocéros».

Gilbert LAVAL


Pour le syndicat SUD PTT, il fallait réparer le préjudice subit (perte de pouvoir d’achat en particulier) pendant l’utilisation sous contrats précaires. Le syndicat SUD PTT a déposé 114 dossiers de salariés du Finistère et du Morbihan au conseil des prud’hommes de Vannes (siège de la direction commune aux deux départements).
En conciliation, La Poste n’a pas souhaitée concilier devant les juges et une audience de jugement a été programmée en février 2009.

Par la suite, La Poste par l’intermédiaire de son avocat, a souhaité négocier pour éviter le procès et payer la somme que nous demandions, soit 1 Million d’euros.
Après une longue négociation, nous sommes parvenus à une transaction. Aux 114 dossiers du départ, sont venus se rajouter à notre demande 62 autres dossiers. Au total c’est donc 176 transactions qui ont abouties.

La Poste voulait absolument éviter un procès retentissant en février 2009. 200 000 contrats CDD ont été examinés. La reprise d’ancienneté pour les 176 salariés défendus par SUD PTT correspond à près de 6 siècles de reprise d’ancienneté au total.
Les sommes totales obtenues et payées par La Poste se montent à plus 800 000 euros. Tous les salaires sont recalculés et chaque salarié va pouvoir bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat pour l’avenir . La reprise d’ancienneté est faite à la date de première embauche à La Poste et des dommages et intérêts sont versés à chaque salarié pour réparer le préjudice.

Une décision est produite par le directeur de La Poste et doit maintenant être publiée dans tous les établissements, elle détaille la négociation avec SUD PTT et, important elle indique que TOUS LES SALARIES dépendant de cette Direction (plus de 1 500) peuvent obtenir une reprise de leur ancienneté sur simple requête.

C’est une victoire éclatante pour les salariés défendus par SUD PTT. La fédération SUD PTT va s’employer à généraliser cette victoire sur l’ensemble du territoire (plus de 150 000 salariés en France).

A lire également le communiqué de presse sur la condamnation de médiapost par les prud’hommes de Nantes

Mediapost SA, condamnée par le conseil des prud’hommes de Nantes

Communiqué de presse federation sudptt
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Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede Olé » 14 Fév 2009, 13:54

Témoignage d'un postier en lutte lors du mouvement de grève à La Poste, il y a peu de temps. Ici cela concerne le mouvement sur Dijon. C'est long mais à lire vraiment!!

Source, brassicanigra.org

Depuis le 26 janvier, les postier-e-s de Dijon sont en grève, contre la dégradation de leurs conditions de travail, la dégradation du service rendu, et pour le paiement de leurs heures sup’.


La poste, c’est un peu le laboratoire de l’Etat pour tester la casse méthodique du service public : depuis une vingtaine d’années, une série de réformes prépare petit à petit la privatisation totale. Séparation des activités courrier, bancaires et colis, nouveau statut des embauché-es qui ne sont plus fonctionnaires mais contractuels, renégociation des conditions du "dialogue social" pour s’assurer de faire passer la pilule, passage d’une logique de service public à celle d’une entreprise marchande (l’usager-e devient client-e, et les guichetier-es sont censé-es lui refourguer les produits les plus chers), etc.
Dans un bastion du syndicalisme de lutte, cela n’a pas été sans résistance, donc sans répression, mais il semble que localement, les postier-es jettent toutes leurs forces dans la bataille.
Le 5 février, la grève s’étend à tout le département, et les postier-es manifestent avec les étudiant-es et les personnels des facs en lutte.

Entretien avec un postier en lutte

A la poste, avec le processus de libéralisation, on est en conflit avec la direction depuis pas mal d’années, mais là c’est passé à un cran supplémentaire. Ici, suite à des prises de décisions sans concertation et à l’absence totale de négociations, un préavis de grève illimitée a été déposé. Ce préavis couvrait l’ensemble de la PPDC (plate-forme de préparation et de distribution du courrier) de Dijon Nord et de Dijon arquebuse. Les revendications noir sur blanc, c’est des postes supplémentaires, le paiement des heures supplémentaires, le maintien des rtt, des rythmes de travail correct, et que le patron arrête ses crises d’autoritarisme.

Il faut expliquer un peu le contexte. A la PPDC de Cap Nord, ils ont dépensé 8 millions d’euros pour les bâtiments et les machines qui remplacent une partie du travail des facteurs. C’est un truc qui arrive à Dijon et ailleurs, et en parallèle ils en profitent pour restructurer le travail et la "masse salariale". Leur plan de restructuration à l’échelle nationale, cela s’appelle "facteur d’avenir", et c’est là pour casser les solidarités. Ils cherchent à mettre les facteurs les uns contres les autres, avec des équipes qui seraient en concurrence. Nous on répond à ça qu’on est des "facteurs en colère". Depuis la mise en place de "facteurs d’avenir", les grèves se multiplient.

La PPDC derrière Ikea est truffée de caméras de vidéo-surveillance. Nous on s’insurgeait par rapport à ce fait d’être surveillé en permanence. Quand quelqu’un a posé la question de savoir pourquoi, la directrice a dit que c’était pour éviter le sabotage sur leurs nouvelles machines Toshiba, qui valent un fric monstre. Voilà ce que ça légitime aussi, leurs nouvelles machines. Les machines devraient être au service du personnel, mais là elles sont au service du capital. On pourrait se réjouir qu’une machine remplace certains boulots débiles, mais là ils en profitent pour nous faire passer à l’as.

Les facteurs sont censés travailler de 6h à 12h, mais en réalité la plupart du temps, les titulaires comme les autres finissent à 13h, 14h 15h, et passent beaucoup de temps à l’extérieur sans possibilité de se restaurer. C’est toujours possible d’aller à l’arrache prendre un sandwich dans un bar, mais c’est interdit par le règlement. Toutes ces heures supps ne sont pas payées. Donc une des revendications fortes, c’est déjà le paiement des heures supplémentaires.

Ici, il y a 56 emplois qui ont disparu, qui n’ont pas été récupérés à partir de départs en retraites ou de contrats qui se finissent, et ça fait des rythmes de fous. L’objectif de la boîte est de réduire de manière drastique la "masse salariale", de rentabiliser un maximum. Et on a appris récemment par des fuites d’une réunion qu’ils voulaient encore réduire les effectifs, c’est d’ailleurs une des nouvelles qui a mis le feu aux poudres. Il y a aussi qu’on est passé de 5 semaines de rtt à 2 semaines.

Le nouveau patron de la PPDC et de l’arquebuse, M. Sauvage est extrêmement autoritaire et caractériel. Il met la pression sur les gens individuellement. Son mot d’ordre c’est : "rentabilité, rentabilité, rentabilité...". Fo, à son propos, ils ont même sorti un texte : "la loi de la jungle" qui dénonce le fascisme d’entreprise. C’est le genre de type qui va empêcher les grévistes de rentrer à l’intérieur des locaux pour aller boire un café à la machine.

Un de leurs gros outils actuellement, ça date pas d’aujourd’hui mais ça s’amplifie, c’est de faire accompagner les tournées par des "vérifs", des mecs qui vérifient que les facteurs bossent assez vite et qu’ils ne pourront vraiment pas faire un poil mieux. Ils chronomètrent les tournées. C’est du flicage qu’ils utilisent pour justifier des suppressions de poste. Le boulot c’est notre quotidien, alors ça peut pas être seulement une course individuelle et épuisante, faut qu’il y ait sens, des complicités...

La fonction du facteur, c’était aussi un lien social et ça, c’est complètement bafoué. Ils veulent nous transformer en simples distributeurs de papiers. Ils vont embaucher des intérimaires en contrats courts qui n’ont pas idée du boulot, parce que dans la tête des dirigeants, le facteur, c’est juste un gars qui trie puis distribue les papiers, alors qu’il y a toute une dimension de vie de quartier avec les personnes âgées, les gens isolés, l’idée d’un service public en somme.

Il y a tous ces mythes idiots sur les fonctionnaires de la poste qui se la coulerait douce. Mais les facteurs travaillent 6 jours par semaine, du lundi au samedi inclus, et n’en peuvent plus. Tous ces nouveaux rythmes de travail, la pression à la concurrence, ça crée des dépressions, un stress énorme, des crises de nerfs et des gens qui pleurent.

En morcelant les lieux de travail, ils pensaient tuer la solidarité, faire jouer un endroit contre l’autre pour que ce soit plus dur lutter ensemble et de bloquer la production par des grèves. Mais les conditions de travail sont tellement merdiques que là tout le monde s’est mis en grève. On est parti à 80% de grévistes, ce qui était un score énorme et 10 jours après on tient toujours. Le mouvement est tenace. Un mec qui a 37 ans de boîte a dit qu’il n’avait jamais vu un mouvement aussi déterminé.

Il y a des tentatives de négociations tous les jours. Mais le patron s’en fout, il fonctionne comme si la poste lui appartenait à part entière, et que nous qui bossons dedans depuis 30 ans, on est de la merde. Pour moi le patron, c’est un taulier : il tient sa prison avec ses caméras. D’ailleurs, la PPDC fait penser à une prison. C’est comme ce que dit Foucault avec le panoptique, il y a un agencement répressif de l’espace. Il y a un premier étage avec un balcon où les cadres peuvent observer tout le bureau comme des rois et nous on est en bas. La géographie des boîtes d’aujourd’hui est faite pour que les gens ne fassent que travailler. D’ailleurs, c’est pas par hasard, le local syndical, on ne peut y entrer que par l’extérieur et plus par l’intérieur. Symboliquement c’est comme les bancs publics séparés pour ne pas que les gens puissent s’allonger dessus.

La grève se matérialise par des piquets de grève devant chacun des lieux. Chaque matin à 4h30 à la PPDC et à 7h à l’arquebuse jusqu’en milieu de journée. Dans les piquets de grève l’ambiance est extrêmement chaleureuse et combattive, malgré le temps de chien, la neige. Les gens apportent à manger, du café... ces piquets servent à maintenir la pression, discuter de la suite, mais aussi à entraîner ceux qui ne font pas grève dedans. On a aussi mis en place un système où on demande à ceux qui ne font pas grève de cotiser pour une caisse commune de grève, pour acheter la bouffe. On mange sur place, on fait des barbecues, on partage un verre de vin. On voulait aussi venir jouer de la musique sur le piquet. Le premier jour c’était d’enfer. C’est les moments où tu sens que le monde ouvrier quand il part en lutte il est capable de tout. Les piquets, ça recrée des liens avec des nouveaux, et puis il y a des gens que tu as pas vu depuis longtemps parce qu’on n’est pas dans les même bureaux, et tu es content de les revoir. La plupart de grévistes restent sur le piquet. On ne reste pas chez soi tout seul à attendre. Les voitures passent, les gens klaxonnent, lèvent le poing. Ca fait chaud au coeur. On veux montrer qu’on est pas des soumis, qu’on est des gens debout, et on déplore que certains ne se sentent pas concernés et ne fassent pas grève. Là, les mecs qui mènent le mouvement, c’est pas mal des anciens qui ont connu les mouvements, les luttes après 68, mais on sent qu’il y a une jeunesse qui revient aussi se battre.

En 95 et 98, on avait obtenu pas mal de choses. Mais à l’époque on bloquait les entrées et rien ne circulait. Et mine de rien, quand le courrier ne circule plus c’est une partie de l’économie qui s’enraye. D’un côté il y a peut-être des gens qui vont devoir attendre un peu plus longtemps leur courrier, mais de l’autre il y a aussi toutes les boîtes qui ont besoin du courrier pour faire fonctionner leur production et leur commerce. Alors c’est un levier énorme, comme quand les camionneurs bloquent les routes, ou que les trains ne roulent plus.

Là, on a fait un peu de blocage des camions au début, mais le blocage pose débat. Le blocage est pas toujours bien perçu. Il y a des peurs parce que la direction fait venir un huissier tous les jours pour contrôler et punir des gens qui feraient des actions plus directes. En plus, depuis le 26 janvier, la direction a bloqué la porte d’entrée sur le site, ils ont mis un gros cadenas pour empêcher que les portes se referment et s’assurer que les camions et travailleurs non-grévistes puissent circuler. La répression à la poste est assez forte en ce moment par rapport aux pratiques de lutte. A Marseille, il y en a qui se sont fait virer pour de simples prises de paroles un peu franches et directes.

La direction a mis en place des systèmes de tri parallèle pour casser la grève. Ils ont embauchés 80 intérimaires qui leur coûtent la peau des fesses. Ils préfèrent payer des intérimaires exploités, d’ailleurs certains sont pas retournés bosser tellement c’était dur. On a affaire à un patronat agressif qui lâche des miettes qu’un oiseau en plein hiver ne voudrait même pas. La vérité c’est qu’avant ils lâchaient vachement plus vite face à des mouvements de luttes. Là, on sent qu’avec la libéralisation, ils se croient tout permis. L’arrogance patronale a atteint de nouvelles dimensions et ils sont en train d’essayer de bouffer tous les acquis de décennies de luttes. Nous, on perd 50 euros pas jours, alors partir en grève si on obtient que des miettes c’est les boules. Avant, embaucher les intérimaires, ils ne le faisaient pas. D’ailleurs le droit de grève est de plus en plus verrouillé. Sud et la CGT vont attaquer en justice, par rapport à ça, parce que le coup des intérimaires, c’est sûrement une procédure illégale. Mais évidemment c’est dur de savoir exactement. Pour eux, c’est très facile de faire venir des huissiers. C’est pas la même pour nous quand il s’agit de faire constater leurs coups bas.

On sent qu’ils veulent nous dégoûter pour les grèves futures. Les modes d’actions qui marchent comme ceux mis en place par Sud rail gare Saint-Lazare et autres, ils vont essayer de les museler. Et puis les flics tournent devant les boîtes. Par exemple il y a des gars qui ont simplement bombé devant Amora, parce que leur boîte risque de fermer, et qui se sont fait chopper.

Pour qu’une grève comme ça puisse durer encore plus longtemps, il faudrait des moyens de solidarité financière plus importants. Des traditions comme les caisses de grève seraient peut-être à remettre en place. Pour les luttes futures, ce serait sûrement nécessaire pour tenir plus longtemps. En plus on vit dans un monde où les gens sont de plus en plus tenaillés par des crédits.

Pour casser l’isolement, on cherche à étendre le mouvement aux autres bureaux de Côte d’Or. On va les rencontrer. Le bureau d’Auxonne a fait grève 6 jours en décembre. On a été les voir et ils sont motivés pour repartir, ils semble que les bureaux alentours rencontrent les mêmes problèmes que nous. Cette extension du mouvement a bien marché dans le 92 où ils sont en grève depuis 15 jours, où ils font des actions de collages sauvages, des occupations. Cela a l’air assez carré. Il y a peut-être des pratiques d’actions à remettre sur la table

Il faudrait faire la jonction avec d’autres secteurs en luttes, mais les infos ne passent pas toujours bien, dans la pratique c’est compliqué de se fédérer au-delà des grandes journées de mobilisation générale comme celle du 29. On ne sait pas toujours que d’autres sont en lutte. Là on est allé voir les étudiants pour imaginer des initiatives en commun, se rencontrer sur les piquets ou dans les AG.

Nous on en a rien foutre de la concurrence, on leur oppose la solidarité. Là, ils n’arrivent pas encore à isoler les gens, mais sur le long terme, c’est sur qu’il y a un danger. Notre société, elle risque d’aboutir de plus en plus à des gens qui tirent dans le tas au hasard parce que la rage est là mais individualisée. Alors que si tu es pris dans un mouvement avec des camarades solidaires, tu peux orienter ta rage dans un combat collectif mais aussi vers des utopies et des perspectives.

Daté du 6 février.
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Re: Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede L'autre facteur » 14 Fév 2009, 20:12

Il y a pas mal de conflits localisés à la distribution. Malheureusement, ça fait deux ans que c'est un peu chacun son tour. Il est super dur de les regrouper notamment à cause des différences des calandriers des réorganisations (un comble :)). Cependant, ça pourrait venir dans la mesure où la direction de La Poste accélère et est en train d'inventer la réorganisation permanente, ce qui pourrait permettre plus de jonctions entre les bureaux.
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Re: Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede Olé » 14 Fév 2009, 21:18

Tu connais peut être des postiers du mouvement sur Dijon non?
J'ai discuté avec l'un d'entre eux mercredi soir, qui est libertaire d'ailleurs, bien sympa. Il m'a dit en gros qu'ils avaient obtenus 1tiers de ce qu'ils revendiquaient et qu'ils avaient eu 3 jours de grèves payés sur 15.
Sinon le coup d'engager 80 intérimaires, c'est qd même frappant, et ça en dit long. :roll:
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Re: Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede L'autre facteur » 15 Fév 2009, 12:35

L'embauche d'interimaire, c'est un truc qui a commencé il y a presque dix ans, mais c'était pour trier. La Poste a mis en place des petites unités de tris [CTED] vers lesquelle les surplus de courrier vont en cas de grève ou autre. Il y a un noyau de personnel pérenne et l'embauche au coup par coup d'intérimaires en fonction des besoins. C'était plutôt pour péter les grèves des centre de tri. Depuis 3 ou 4 ans ils en utilisent aussi pour faire la distribution dans la rue quand il y a un conflit dur chez les facteurs.
Et c'est vrai qu'à la Poste depuis quelques années pour obtenir même juste un bout des revendications, il faut des conflits dur et long.
Sinon, je suis bien à 500 bornes de Dijon, et je ne crois pas en connaitre par le biais syndical. Mais adresse leur mes encouragements quand même :wink:
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Re: Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede Nico37 » 19 Juin 2009, 19:06

Les facteurs altiligériens en grève à partir de mardi 17 juin

A l'appel du syndicat CGT FAPT, les facteurs de la Haute-Loire sont en grève à partir du mardi 17 juin. Objectif: garder leur tournée de facteur. Voici leur communiqué.

"La Poste, sous couvert de baisse de trafic dû à la crise économique, met en place un dépeçage des tournées. Pour La Poste, la crise est une occasion inespérée d'aller plus loin dans la casse du service public postal.

C'est inacceptable pour les postiers car ça représente une surcharge de travail, un allongement des temps de distribution donc du travail gratuit. C'est inacceptable pour les usagers car le courrier ne sera plus distribué le lendemain, les horaires de passage du facteur ne seront plus réguliers.
Par ces réorganisations, La Poste se met en posture de privatisation. Etre rentable au détriment du service public, de l'emploi, des conditions de travail.

Cet été, La Poste a décidé de ne pas embaucher de saisonniers, alors qu'avec la situation de la jeunesse, La Poste devrait avoir une responsabilité citoyenne en embauchant des jeunes.

Les postiers ne font pas grève pour porter préjudice aux usagers, mais pour défendre leurs revendications légitimes et pour préserver le service public postal.

Soutenez vos facteurs qui se battent pour un service public de qualité :
- Pour la reconnaissance du métier de facteur
- Pour la garantie : d'un facteur pour une tournée garant d'une distribution régulière et de qualité pour les usagers."
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Re: Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede L'autre facteur » 20 Juin 2009, 15:29

Oui, pour expliquer un peu, il y a des luttes régulières mais bureau par bureau autour des réorganisations/restructurations permanentes mais qui ne se mème pas à un rythme national mais local. Beaucoup de conflits locaux depuis deux ans sur la mise en place de "Facteur d'avenir" dont l'dée générale est une organisation du travail certain jours ou il n'y aurait pas 100% du trafic, basé sur un nombre variable de tournée. Un jour "faible" un facteur est en RTT, sa tournée divisée et répartie sur 8 autres facteurs. Donc flexibité des organisations de travail et passage à la notion de travail à la tache ou la boite met des flux de travailleurs sur des flux de courrier.

Depuis, et c'est ce qui se passe dans le post de Nico37, La Poste a sortie son plan anti-crise. Non remplacement de 4 départs en retraite sur 5, développement des périodes ou la tournée est partagée en 8 facteurs (de 8 à 15 semaine par an) pour ne pas embaucher de CDD, notamment l'été. Mais la mesure qui est en train de mettre le feu aux poudre un peu partout, c'est "les lundis bleue". En clair, c'est du chomage technique déguisé. La volonté est de laisser 1/3 des facteurs à la maison (en congès obligatoire). Les 2/3 restant se partagent toutes les tournées. Pour que ça soit "possible" La Poste bloque une partie du courrier dans les centres de tri.
Il y a des grèves un peu partout, mais des dates différentes selon les régions, parce que chaque direction territoriale a son propre calendrier. Dans mon coin, on va être en grève sur trois département le même jours (34.11.66), lundi 22 juin. Le même jour, il y a aussi la région de Bordeaux. Et ça va être fort, car c'est la goutte d'eau qui fait déborder les facteurs. Il y a un niveau de mobilisation supérieur à la journée du 13 mai 2003 sur les retraites où des records de grèves avait été battu dans le secteur public. J'ai jamais vu un tel niveau de gens mobilisé/mobilisable.
Affaire à suivre, comme feuilleton de l'été. Et à la rentrée il y a la privatisation !!!
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Re: Témoignage d'un postier en grève dure

Messagede Nico37 » 23 Juil 2009, 13:55

Grèves à répétition au centre de tri LUNDI 20 JUILLET 2009 - 06:19

Horaires de nuit épuisants, salaires insuffisants, réorganisations à répétition, toutes ces sources de ras-le-bol alimentent le mouvement de grève entamé début avril au centre de traitement du courrier.

Yves Bourgnon

Sud a inventé le concept de grève durable au centre de tri : elle mobilise une quinzaine de postiers de différentes équipes entre le vendredi soir et le samedi, minuit.

Certes, le mouvement ne fait pas beaucoup de bruit. N'empêche qu'il s'est installé dans la durée. Dans le cadre d'un préavis national de Sud, renouvelé chaque semaine depuis début avril, une quinzaine de postiers, parfois un peu plus parfois un peu moins, n'ont pas assumé leur service le week-end au centre de traitement du courrier.

« Les horaires des services de nuit sont en eux-mêmes épuisants, explique Sophie, une contractuelle affichant neuf ans d'ancienneté. Et l'on doit travailler dans des conditions difficiles, en faisant face au manque d'effectifs. Le CTC ne pourrait pas fonctionner sans recours aux heures supplémentaires : ce n'est pas acceptable pour ce type d'établissement. Et puis, tout postier digne de ce nom ne supporte pas de devoir quitter son poste en laissant des "restes". Les "restes" c'est la honte de la Poste, même si le courrier est facilement détournable et que les restes peuvent être dissimulés. »

Selon les grévistes, la direction utilise le système des "désignations" (une sorte de réquisition) et les heures supplémentaires pour faire tourner le centre. « C'est presque facile, avoue Sophie : trop de collègues connaissent de vrais problèmes d'argent et ils cèdent. »

Sophie, elle, tient bon. « J'ai des convictions et je les assume », assure-t-elle. En juin, les heures de grève lui ont coûté au total 250 ?, pour un salaire brut d'environ 1.400 euros, « ce qui n'est vraiment pas beaucoup pour un salaire de nuit ».

Odile, une fonctionnaire tout aussi engagée, appartient aussi à cette quinzaine d'agents répétant fidèlement la grève sur trois services du week-end par mois. « Je n'en peux plus des réorganisations à répétition. À chaque fois, on nous la vend comme la bonne solution. Ça dure 10, 12, 18 mois et puis ça recommence, avec à chaque fois des pertes d'emplois, des modifications horaires? À présent, le projet s'appelle Cap qualité courrier, un rouleau compresseur qui va notamment se traduire par la fermeture de nouveaux centres de tri. Il n'en reste d'ailleurs plus beaucoup. C'est l'incertitude permanente pour les agents du courrier : ils savent bien que notre centre n'a plus d'avenir. »

La direction du CTC n'étant pas autorisée à répondre à nos questions, c'est à la direction opérationnelle courrier du Limousin nous avons dû nous adresser. Selon cette DOTC (dont l'avenir ne semble guère plus garanti que celui du centre de tri) la grève à répétition n'a que peu d'incidences. « Avec le renfort de l'équipe d'encadrement, le courrier est traité normalement et bien distribué dans les délais normaux, nous a-t-on assuré. Dans le contexte d'une baisse du trafic postal, le mouvement n'a qu'un impact limité. »

Reste que selon Yacha, un autre gréviste régulier, la direction a sollicité de Sud une trêve estivale : « Nous ne pouvons pas l'envisager, indique-t-il. C'est un mot d'ordre national et nous n'avons rien obtenu à ce jour, pas même localement. »
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La poste en luttes

Messagede barcelone 36 » 20 Oct 2009, 18:14

CONFEDERATION NATIONALE DU TRAVAIL
Fédération des Syndicats PTT
http:// http://www.cnt-f.org /fedeptt/
courriel: fede.ptt@cnt-f.org

A MARTIGUES CCT 1, UN POSTIER . . . EN GREVE DE LA FAIM !

Sébastien Osman, facteur à Martigues CCT 1 est suspendu de fonction depuis 4 mois, suite à un dossier discplinaire basé sur des faits déformés et mensongers montés de toutes pièces par les bons soins de sa direction.
Il faut dire qu' à Martigues CCT 1, nos collègues n'ont pas hérité de n'importe quelle direction puisque le DETAP n'est autre qu'un ancien militaire régnant d'une main de maître et ayant décidé de transformer son bureau en caserne.
L ' 'ordre y règne donc, les abus de pouvoir, aussi. Notre ''Colonel'' n' hésitant pas à faire licencier un agent contractuel pour une absence irrégulière ou à sanctionner de blâmes 14 facteurs ayant refusé de passer le courrier non distribué un jour de grève.
Avec Sébastien, militant syndical tenace et représentant du personnel connaissant ses droits, les choses se corsent pour notre Warrior Postal, qui n'a d'autre issue pour ne pas perdre la face que d'avoir recours à des coups bas, une des spécialités enseignées dans les écoles managériales postales.
Aprés 4 mois de suspension de service, en attente d' un conseil de discipline, Sébastien a donc décider d' entamer une grève de la faim, le jeudi 15 octobre pour dénoncer l'arbitraire dont il est victime. Ce ne sont pas des problèmes personnels ou familiaux qui l'ont poussé à agir ainsi mais bien sa situation professionnelle, car comme à France Télécom les postiers connaissent aussi leur lot de souffrance au travail.

La Poste, avec sa nouvelle caste de dirigeants est devenue une véritable machine à broyer, à casser l'individu au nom de la rentabilité et de la compétitivité. Le malaise est réel.
N'attendons pas une vague de suicides pour réagir!
Nous sommes tous concernés!

Il faut bien que que nos grands pontes comprennent que pour Sébastien , il n' y a pas d'autre alternative que :
La Réintégration ou La Mort !

Ses collègues de bureau sont partis ce lundi 19 octobre à 100% en grève illimitée pour demander sa réintégration. Mardi 20, la grève s'étend aux guichets et au service départ de Martigues.

Nous autres, postier(es) du reste de l'hexagone, nous pouvons encore agir afin d'empêcher que l'irrémédiable se produise; en faisant pression sur la Direction de La Poste des Bouches du Rhône
en lui écrivant au:19 rue Henri Barbusse – 13001 Marseille ou en téléphonant au :(04).91.15.40.00

En attendant d' autres types d' action . . . faîtes tourner l'info.
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Re: La poste: grève de la faim à Martigues

Messagede berneri » 20 Oct 2009, 19:22

je fais tourner! solidarité camarades!
et vive lou gran tremblémen
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répression anti syndicale

Messagede Pïérô » 02 Jan 2010, 19:26

Du CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire, http://syndicaliste.phpnet.org/spip.php?article436 :

Syndicalisme inter pro et répression anti syndicale à La Poste

Un militant de SUD-PTT est attaqué par la direction de la Poste parce qu’il s’est solidarisé avec les travailleurs licenciés d’une entreprise concurrente.

Un patron voyou :

Alternative Post est une société indépendante créée en 2007 spécialisée dans la distribution du courrier adressé, et qui avait prétendu concurrencer La Poste sur ce marché. Celle-ci employait 340 salariés, était présente dans 13 villes de France et connaissait des difficultés financières depuis le début de l’année. Le 12 novembre dernier, les salariés qui n’avaient pas touché leur paie d’octobre, ont trouvé leurs agences fermées, le patron profitant du 11 novembre pour récupérer le matos informatique sur la plupart des sites. Très vite, les salariés s’organisent épaulés par FO, majoritaire dans l’entreprise, pour récupérer leurs salaires et obtenir une lettre de licenciement.


Une revendication inédite et interpro :

La fédération SUD PTT et son syndicat postal parisien tiendront alors une position revendicative jusque là inédite dans La Poste ; l’embauche, ou plutôt le reclassement, des 340 salariés d’Alternative Post dans La Poste. SUD se basait sur un constat simple pour cela ; Alternative Post distribuait les programmes Canal +, Canal Sat, TF1, et comptait aussi comme clients la SNCF, les Galeries Lafayette, Leroy Merlin… Tout ce trafic courrier n’allait pas se volatiliser dans la nature, et c’est bien La Poste, seul et unique opérateur sur le marché du courrier adressé depuis l’arrêt de cette activité par Adrexo en février 2008, qui allait récupérer le trafic ainsi que tout le chiffre d’affaire généré. Une sorte de réintégration de l’activité dans l’opérateur historique postal, qui depuis des années et des années, supprime des tournées et du personnel, en prétextant, entre autres, les passations de marché courrier vers la concurrence. Une revendication essentielle mais difficile à populariser en raison d’une propagande interne postale désignant systématiquement l’ennemi extérieur qui allait prendre des parts de marché à La Poste et mettre les postiers au chômage. Propagande patriotique à laquelle les syndicats adhérent encore globalement…

La fédération SUD PTT mena campagne pour réaffirmer, preuve cette fois à l’appui, que La Poste n’avait jamais été concurrencée commercialement sur le marché du courrier adressé, et que les patronats postaux n’organisaient qu’une seule concurrence, celle entre travailleurs afin de baisser les coûts du travail. Une sorte de sous-traitance d’activités, déguisée en concurrence commerciale pour effrayer les postiers et affaiblir les revendications.


Délit de solidarité : un permanent SUD postaux Paris mis à pied !

Uniquement pour être allé soutenir les salariés d’Alternative Post qui bloquaient un centre de tri de La Poste dans le 18ème pour réclamer leur embauche le 18 novembre dernier, Olivier ROSAY, un permanent du syndicat SUD PTT Paris a été suspendu de fonction sur le champ par La Poste. Une procédure disciplinaire est ouverte à son encontre qui se soldera par un conseil de discipline, avec l’interdiction formelle de pénétrer dans tout centre ou service de La Poste pour distribuer des tracts, faire des heures d’infos ou participer aux réunions de dialogue social avec la direction. Derrière l’accusation bancale de La Poste de participation au blocage d’un centre de tri, c’est bien d’un délit d’opinion dont il s’agit et du refus de La Poste de voir ses agents se solidariser avec ceux des sociétés concurrentes ou sous-traitantes.
Une déclaration commune des syndicats postaux parisiens CGT, SUD, FO, CFDT et CFTC de demande de réintégration immédiate d’Olivier a été diffusée, des actions de solidarité afin de faire cesser les conseils de discipline anti-syndicaux à La Poste sont prévues, le projet d’une manifestation d’ampleur contre la répression anti syndicale est à l’ordre du jour.


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Relaxe pour les 13 postiers de Bordeaux-Bègles

Messagede Nico37 » 10 Oct 2010, 11:18

Relaxe pour les 13 postiers de Bordeaux-Bègles

Signer la pétition - Voir les signataires

En 2005, 14 militants syndicaux ont été durement sanctionnés par La Poste suite à un conflit social sur le centre de tri de Bègles.
13 d’entre eux sont assignés le vendredi 5 novembre 2010 devant le Tribunal Correctionnel de Bordeaux, un des leurs étant malheureusement décédé en 2009.
Ces militants agissaient avec l’ensemble du personnel contre les suppressions d’emplois sur leur lieu de travail.
La Poste a baladé les organisations syndicales de réunions en réunions. Elle a refusé de négocier, a préféré jouer le pourrissement provoquant ainsi l’exaspération du personnel.

Pire, à la demande de la direction de La Poste, le Préfet de la Gironde a fait intervenir le GIPN au matin du 26 mai 2005, alors que les postiers voulaient que la direction écoute leurs revendications.

L’intervention du GIPN dans un conflit du travail constitue une atteinte claire au droit de revendiquer des organisations syndicales.

La Poste a voulu décapiter les équipes syndicales et mettre fin à toute velléité de résistance des personnels face à ses projets de restructuration. En interne, elle a prononcé de lourdes sanctions administratives, un licenciement et des exclusions de fonction allant jusqu’à 2 ans.
Au terme de leur sanction, La Poste a refusé de réintégrer les militants sur le centre de tri. Elle les a dispersés sur plusieurs services du département sur des métiers différents.
Elle a voulu, en déposant plainte faire passer des syndicalistes et des postiers pour des délinquants et criminaliser l’action syndicale.

Les craintes qu'exprimaient les organisations syndicales se sont confirmées : depuis La Poste a fermé le centre de tri de Bègles et a supprimé 450 emplois ! Les centres d’Agen, Dax, Périgueux également ont fermé avec tout ce que cela implique : désastre social, multiplication des camions sur les routes, mobilités forcées etc.

La Poste ne peut répondre aux revendications par la répression.

Attachés au droit de revendiquer, nous demandons la relaxe pour les 13 syndicalistes du centre de tri de Bordeaux Bègles.

A l'initiative de Solidaires 33, UD CGT 33, FSU 33

Carlos ABRANTES (Militant cgt ford blanquefort), Vincent ALAUZE (Militant cgt ford blanquefort), Alain BACHE (Conseiller régional aquitaine - front de gauche), Monica CASANOVA (Conseillère municipale lormont - npa), Annick COUPE (Porte parole union syndicale solcidaires), Monique DE MARCO (Vice présidente conseil régional aquitaine les verts), Cécile GONDARD LALANNE (Secrétaire générale sud ptt), Stéphane GUTHINGER (Conseiller régional aquitaine - front de gauche), Laurent MARZIN (Militant cgt ford blanquefort), Loïc NOTAIS (Secrétaire départemental cgt fapt gironde), Jean jacques PARIS (Conseiller général pcf bègles), Philippe POUTOU (Secrétaire cgt ford blanquefort), Pascal ROI (Militant cgt ford blanquefort), M SINÉ (Dessinateur), Stéphane SMETS (Secrétaire départemental sud ptt gironde), Isabelle UFFERTE (Conseillère municipale pessac - npa).
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Re: Relaxe pour les 13 postiers de Bordeaux-Bègles

Messagede Pïérô » 06 Nov 2010, 02:22

Extrait de Sud Ouest.fr
"Le vice-procureur de la République, Philippe Jaegle, a demandé des amendes allant de 30 jours-amende à 20 euros (600 euros) à 60 jours-amende à 20 euros (1 200 euros) contre huit syndicalistes de La Poste pour la séquestration de cinq cadres du centre de tri de Bègles, dans la banlieue bordelaise, au cours d’un mouvement pour la sauvegarde de l’emploi en mai 2005. Des peines d’amende simple, de 200 à 500 euros, ont été requises à l’encontre de cinq autres représentants syndicaux pour outrages envers deux huissiers de justice.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 3 décembre."

Il ne faut pas relacher le soutien, c'est une guerre de classe qui se mène... :evil:

Pendant ce temps là,
Un patron se paie un hélico pour contourner un piquet de grève :
http://www.liberation.fr/economie/01012 ... t-de-greve
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Re: Relaxe pour les 13 postiers de Bordeaux-Bègles

Messagede Pïérô » 09 Nov 2010, 12:03

infos du soutien :

Le procès s'est déroulé de 9h à 13h et de 16h à 20h30. A la sortie les militants ont été chaleureusement accueillis sous les applaudissements et les slogans réclamant la relaxe.
Durant la matinée plusieurs centaines de personnes sont passées pour apporter leur soutien et écouter les différentes prises de parole.


La demande de La Poste est de 440 000€ de dommages et intérêts aux huit militants qui étaient à l'intérieur de la salle de réunion. Cette somme est répartie entre différents postes (huissiers, avocats, service de sécurité, perte d'exploitation, repas lors des conseils de discipline etc.).

Les cadres demandent un euro symbolique.

Les peines demandées par le procureur : ce dernier distingue ceux qui étaient à l'extérieur de ceux qui étaient à l'intérieur.

Ceux qui étaient à l'extérieur étaient visés par une plainte des huissiers. Les huissiers ne sont pas portés partie civile et ne sont pas venus à l'audience.

Pour les extérieurs le procureur demande 200 euros pour deux mis en examen, 300 euros pour deux autres mis en examen et 500 euros pour un mis en examen


Pour les intérieurs les écarts des sommes demandées sont liées à la situation personnelle des mis en examen et les faits reprochés.

Un mis en examen: 30 jours amende à 20 euros.

Trois mis en examen: 60 jours amende à 15 euros

Quatre mis en examen: 60 jours amende à 20 euros


Le jour-amende est une peine consistant pour le condamné à verser au Trésor public une somme dont le montant global résulte de la fixation par le juge d'une contribution quotidienne pendant un certain nombre de jours.

Le jour-amende est une nouveautés du nouveau Code pénal, qui prévoit cette peine en son art. 131-5. La somme par jour ne peut excéder 1 000 € et le nombre de jour trois-cent-soixante (jusqu'à 360 000 €). Au lieu de prononcer une peine d'amende ou d'emprisonnement prévue par le texte d'incrimination, le tribunal pourra fixer une peine de jour-amende Cette peine peut se substituer à la peine principale (le juge décide). Le défaut de paiement de ce jour-amende est sanctionné d'un emprisonnement égal à la moitié du nombre de jours impayés.

Nous vous tiendrons informés du jugement qui est mis en délibéré pour le 3 décembre.
Le combat pour la relaxe des treize militants se poursuit. Continuez à faire signer la pétition.
http://relaxepostiers.rezisti.org/



reportages sur le procès des militants du centre de tri de Bègles sur les sites suivants:

TV7 Bordeaux journal du 5 novembre.
FR3 Aquitaine midi pile du 5 novembre, journal Aquitaine du 5 novembre,
journal Bordeaux Métropole du 5 novembre

http://www.sudouest.fr/2010/11/06/quand ... 9-2760.php

http://www.sudouest.fr/2010/11/05/manif ... 1-2780.php

http://www.sudouest.fr/2010/11/05/les-g ... 80-654.php


signer la pétition : http://relaxepostiers.rezisti.org
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Re: Relaxe pour les 13 postiers de Bordeaux-Bègles

Messagede Pïérô » 04 Déc 2010, 11:14

Sur SUD-PTT, http://iphonespip.sudptt.org/ :

Désaveu pour La Poste !

Le Tribunal correctionnel de Bordeaux vient de rendre son verdict concernant l’affaire du centre de tri de Bordeaux-Bègles.

Treize syndicalistes de Sud-PTT et de la CGT étaient traînés en justice par la direction de La Poste pour une prétendue séquestration accompagnée de traitements dégradants envers 5 cadres. Si nos camarades s’étaient réellement rendus coupables des actes que La Poste leur reprochait, ils risquaient 5 ans de prison ferme. En fait, trois syndicalistes sont relaxés, l’un est condamné à 300 euros d’amende, un autre à 2 mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende, un autre est dispensé de peine et 6 écopent de 3 mois de prison avec sursis, avec dispense d’inscription au casier judiciaire B2. Par rapport aux déclarations et aux accusations de La Poste, ce verdict représente un désaveu cinglant pour ses dirigeants. De plus, les dirigeants de La Poste demandaient la condamnation de ces syndicalistes à 440 000 euros de dommages et intérêts. Le juge a tranché : cette demande est irrecevable !

Le 5 mai 2005, à la suite d’une réunion de comité d’hygiène et sécurité, les syndicalistes présents demandaient l’ouverture de véritables négociations sur une réorganisation en cours dans cet établissement. Devant le refus de la direction, une grande partie du personnel, rassemblée devant les portes de la salle de réunion empêchait la sortie des cadres dans l’attente des négociations. Les dirigeants de La Poste refusaient alors toute discussion et obtenaient du préfet l’intervention du GIPN. Depuis ils n’ont cessé de présenter les 13 syndicalistes concernés comme des séquestrateurs, voire comme des terroristes utilisant des moyens humiliants et dégradants à l’encontre des cadres prétendument séquestrés.

La fédération Sud-PTT regrette la condamnation de 10 camarades, sanctionnés dans le cadre de leur activité militante ; la relaxe de la totalité d’entre-eux s’imposait. Toutefois, au regard des motifs originaux de leur inculpation et la communication de La Poste, ce jugement représente un gros désaveu pour ses dirigeants : 3 relaxes, 1 dispense de peine et non inscription au casier judiciaire pour la quasi-totalité des autres sans compter l’irrecevabilité dans sa demande de partie civile ! Les dirigeants de La Poste doivent en prendre acte et arrêter la politique de répression syndicale développée aujourd’hui dans les services
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