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Papèteries en luttes

MessagePosté: 17 Fév 2015, 02:04
de Pïérô
Solidarité avec les salariés de la papèterie de la Chapelle-Darblay
Solidarité avec les salariés de la papèterie de la Chapelle-Darblay

Oui, je sais, l’époque n’est pas trop à évoquer les conflits sociaux. Après ces semaines de pseudo-unité nationale, après les péripéties des bureaucrates de la CGT, après les applications sans réelles contestations de la politique du Medef par lois Macron interposées, le social n’a pas le vent en poupe et semble passé de mode. Faut dire que les salariés semblent avoir oublié le chemin des luttes, grèves et manifestations et qu’on voit plus souvent, les petits patrons et les professions libérales dans les rues. Les salariés font le dos rond en souhaitant que les coups tombent à côté. Et ce ne sont pas les quelques appels foireux à des journées d’action perdues d’avance qui les motiveront. Alors, parler de boîtes en lutte c’est un peu aller à contre-courant, mais c’est surtout montrer que rien n’est perdu. Ça se passe à Grand-Couronne, banlieue industrielle rouennaise, juste en face de l’ancienne raffinerie Petroplus. En novembre dernier, les salariés de la papeterie UPM (que tout le monde, dans la région continue d’appeler Chapelle Darblay) ont appris lors d’un CCE extraordinaire que leur entreprise restructurait ses sites européens et que 196 emplois (sur 380) sautaient des effectifs de l’usine. Cette papeterie fournit une grande partie du papier journal utilisé par les quotidiens régionaux et nationaux.

La réaction ne s’est pas fait attendre : grèves, assemblées générales, occupations de péages, interventions musclées lors de la réunion du conseil régional, occupation du siège parisien, étalage de tonnes de papier dans les rues rouennaises, etc. Le 28 janvier dernier, prétextant les négociations annuelles obligatoires, les papetiers se sont mis de nouveau en grève. Les cadres dirigeants refusant de négocier, les portes de l’usine ont été bloquées, des rouleaux de papier servant de barricades et empêchant les flics de rentrer et la direction de sortir. Cette dernière a d’ailleurs été gardée toute la nuit. À 7 heures du matin, les négociations aboutissaient à des primes conséquentes, même si ce n’est jamais à la hauteur des désirs et des enjeux. D’autres actions sont en préparation, jusqu’à l’application effective du plan de restructuration en avril.

Les salariés de la papeterie Chapelle Darblay sont très motivés et semblent déterminés. Outre la question du salaire et des moyens pour vivre, leur motivation est liée à plusieurs facteurs. Le premier, c’est qu’ils ont participé au long conflit de Petroplus : ils n’ont pas envie de tomber dans les travers médiatiques et politiques dans lesquels les raffineurs (et la CGT) s’étaient enfermés. Le second, c’est que la papeterie à une longue histoire de luttes. Même si ceux qui y travaillent aujourd’hui n’ont pas connu cette époque, la Chapelle Darblay a secoué l’histoire sociale de la région rouennaise il y a plus de trente ans. Même Le Monde libertaire, à l’époque, s’en était fait largement l’écho. En 1983, suite à une reprise du groupe par la firme hollandaise Parenco, la papeterie devait fermer ses portes, avec la bénédiction de Laurent Fabius, député local et alors Premier ministre de Mitterrand.

Cette année-là, l’été fut très chaud et très mouvementé. Fin août, dès l’annonce des suppressions d’emplois, l’usine fut occupée et le conflit dura trois mois. Un élan de solidarité incroyable se fit dans la région. Les salariés continuèrent à faire tourner les machines pour livrer un papier « 100 % made in ouvrier » que des journaux comme Le Monde, L’Huma, France-Soir et d’autres achetèrent en soutien, permettant de constituer une caisse de grève. Cela donna aussi lieu à des actions de réappropriation de kaolin pour blanchir la pâte à papier ; de détournements de camions et de barges de fuel pour faire tourner les machines ; les paies étant bloquées, le Crédit lyonnais fut pris d’assaut ; sans compter toutes les manifestations, opérations ville morte, etc. Le 17 octobre, un commando cagoulé s’attaqua directement au piquet de grève et le gouvernement socialiste fit intervenir les flics pour que les patrons reprennent le contrôle de la papeterie. Ce furent les jaunes qui firent tourner les machines avec les CRS pour les protéger. La 5 décembre, la reprise du travail fut votée. Fabius avait plié et les 985 emplois étaient sauvegardés.

Depuis, la papeterie s’est quand même restructurée, mais en mode « pas de vague », en organisant des plans de départs en préretraite, par exemple. La papeterie n’utilise plus de bois pour fabriquer le papier, mais emploie à 100 % le papier recyclé de toute la région Nord et Ouest. Cette fois, le patron, prétextant la concurrence du numérique, veut ne garder que la fabrication du papier journal et se défaire du papier couché pour les magazines, ce qui ne représente que 30 % de la fabrication de la papeterie. Les grévistes proposent de changer la fabrication et de produire du papier kraft à la place (ce papier ayant le vent en poupe avec le développement du commerce via Internet), ou la préemption de leur usine par la région. Voilà où on en est. Des assemblées générales continuent à se tenir, la recherche de moyens d’action plus efficaces étant à l’ordre du jour. Le 17 février prochain, avec le soutien de l’UD CGT, des syndiqués du Livre et des dockers il est prévu de bloquer Rouen. À suivre, donc.

Jean-Pierre Levaray
Groupe de Rouen de la Fédération anarchiste

http://salvador-segui.blogspot.fr/2015/ ... de-la.html

Re: Solidarité avec salariés de la papèterie Chapelle-Darbla

MessagePosté: 18 Fév 2015, 06:39
de Pïérô
Entre 650 et 1 000 manifestants dans les rues de Rouen cet après-midi

A l'appel de la CGT, une manifestation se déroule ce mardi après-midi pour la défense de l'emploi. L'occasion de soutenir les salariés d'UPM qui se battent contre la suppression de 196 emplois.

... http://www.infonormandie.com/Entre-650- ... a7312.html

Divers luttes

MessagePosté: 18 Jan 2016, 13:40
de bipbip
6 mois d’occupation de l’usine Arjo-Wiggins à Wizernes (62) contre sa fermeture
20 mois de résistance face à Sequana / ArjoWiggins / Gouvernement.


Notre papeterie est viable et il y a toujours un candidat à la reprise, mais Lebard le PDG de Sequana (propiétaire du groupe ArjoWiggins) avec l'aide du gouvernement ne l'entend de cette oreille ......
Mais ces derniers pratiquent la politique de la terre brûlée afin qu'aucun concurrent ne vienne contrarier leur business.
Il y a un petit problème c'est que le syndicat CGT de la papeterie avec l'aide de la FILPAC-CGT, de l'Union Départementale CGT du Pas de Calais et la CGT s'opposent au démantèlement de leur outil de travail.
La lutte continue !
Prochaine étape: Nous invitons toutes les forces de résistance, le vendredi 22 janvier à 9h00 devant la papeterie (rue du Chocquet 62570 Wizernes)

https://fr-fr.facebook.com/cgt.arjo.wizernes

Re: Divers luttes

MessagePosté: 24 Jan 2016, 14:31
de bipbip
Arjowiggins à Wizernes : les salariés maintiennent la pression

Vendredi 22 janvier, un cortège de voitures est parti au ralenti de l’usine de Wizernes pour rejoindre la sous-préfecture. Le représentant de l’État a rappelé à une délégation de manifestants que toute évolution de la situation est liée au résultat d’une expertise financière.

Ces derniers temps, les mauvaises nouvelles se sont accumulées pour les papetiers d’Arjowiggins qui luttent depuis deux ans pour sauvegarder leur outil de travail. Dernièrement, ils ont dû accepter que la direction commence à récupérer la pâte à papier stockée dans l’usine. « Maintenant, on a droit à un huissier quasiment tous les jours. Après la pâte à papier, ça va être des pièces, des machines qui vont sortir », s’inquiétait, hier matin, Franck Saillot, délégué syndical CGT.

... http://www.lavoixdunord.fr/region/arjow ... b0n3286310

Re: Papèteries en luttes

MessagePosté: 30 Oct 2017, 12:04
de bipbip
Papeterie. À Docelles, le patron sabote l’usine UPM

Pour éviter la concurrence, l’industriel finlandais a préféré détruire l’outil de production après avoir fermé l’usine.

Il y a des dirigeants d’entreprise qui mettent la clé sous la porte du jour au lendemain et profitent de la nuit pour déménager l’usine. Il y a maintenant des patrons casseurs qui mettent en pièces la machine pour éviter qu’elle ne profite à la concurrence. Et tant pis pour les salariés sur le carreau. Les adeptes du néolibéralisme n’en finissent pas d’innover. En 2013, le propriétaire finlandais UMP s’apprête à fermer la plus vieille papeterie d’Europe, à Docelles dans les Vosges. 163 salariés travaillent dans cette usine, construite en 1478 au bord de la Vologne. Si le groupe UPM prétend au départ chercher un repreneur, les salariés ne lui font pas confiance et préparent un projet de coopérative pour récupérer la papeterie. Ils veillent sur les machines, se battent en justice pour préserver l’outil de travail. Mais rien n’y fera.

... https://www.humanite.fr/papeterie-docel ... upm-644399

Re: Papèteries en luttes

MessagePosté: 13 Sep 2018, 21:36
de bipbip
Quatre ans de lutte syndicale ont pris fin dans la joie

Retrait des banderoles aux portes de l'usine Arjowiggins de Wizernes, mercredi 12 septembre, midi, après la reprise officielle de la papeterie. C'est sur une victoire que s'achève quatre ans et demi de lutte pour préserver et voir redémarrer l'outil industriel.

... http://www.lavoixdunord.fr/447822/artic ... oCookies=1