GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede anouchka » 25 Aoû 2012, 01:21

je suis bien d'accord nyark nyark, ça sera beaucoup plus accrocheur si ça vient de quelqu'un qui a été sur le terrain.

nine, il faudrait dépasser un peu les conflits personnels, il y a plus important:
que cette lutte soit connue et comprise du plus grand nombre de personnes possible.
et les visiteurs visiteuses risquent de mal comprendre pourquoi quelqu'un qui réclame poliment des précisions se fait envoyer chier sur le mode "flemmarde t'as qu'à éplucher toi même quinze pages d'articles".
ok j'ai mal réagi à un moment à cause de cette histoire de "les condés avec nous" (quant à moi j'ai plutôt l'habitude de crier "flics, porcs, assassins" et je ne crois pas devoir m'en excuser sur un forum anarchiste...), mais puisqu'il paraît que les journalistes ont menti et que les FRALIB voient les flics comme des ennemis risquant de leur faire évacuer les lieux qu'ils occupent j'ai changé d'avis, et je soutiens sincèrement cette lutte, je l'ai toujours dit c'est normal de défendre sa survie. surtout face à des adversaires aussi pourris qu'UNILEVER.
de mon côté je suis ok pour faire un article dans le bulletin du forum sur les luttes auxquelles je participe, même si elle ne sont pas abouties. heureusement d'ailleurs que tous et toutes les journalistes n'attendent pas que cette lutte aboutisse pour en rendre compte, il y aurait eu beaucoup moins à lire!
et si quelqu'un demande des clarifications, je m'efforcerai tout simplement de lui donner.

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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede hocus » 25 Aoû 2012, 01:43

1. je reprochais moi non plus rien à personne. je voulais juste donner l'info qu'il est possible d'avoir un bonne apercu du sujet en quelques dizaine de minutes. (je fais parfois ça sur tel ou tel sujet). Je dis pas non plus que qui que ce soit est fainéant, ou devrait se farcir les 15 pages.

2. evidemment, un "résumé", un truc plus concis avec le plus important, et peut etre un peu d'analyse (?) ce serait bien, y compris pour informer le plus largment possible.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede Kzimir » 25 Aoû 2012, 07:28

Euh, faut pas s'enflammer, il me semble pas qu'anouchka ait reproché quoi que ce soit, elle demande juste si il existe un résumé, ou une chronologie, ou un truc de ce genre afin d'avoir un historique rapide et une vision de la situation. C'est clair qu'avec 20 pages de sujet c'est difficile d'avoir une vision du truc, et il me semble que la proposition de faire un article la dessus répond à cette préoccupation. En plus, sa question sur le statut des salariés me semble pertinente, mais si personne n'a de détails c'est pas la mort non plus ...
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede Béatrice » 25 Aoû 2012, 07:29

Nyark nyark a écrit:
nine a écrit:Mais de toute façon , quiconque sur ce forum , animé(e) par un souci d'intégrité et de sérieux et voulant bien y consacrer quelques heures de son temps , peut tout
aussi bien le faire à ma place .

Ça non, je ne crois pas : parce que toi tu ne suis pas cette lutte devant ton clavier, tu es sur le terrain. Donc, quand tu écriras sur le sujet, si ça sent le vécu comme quand tu m'en as parlé en direct, ça accrochera forcément beaucoup plus que si c'est n'importe qui d'autre.


Oui un "peu" sur le terrain il est vrai Nark nyark , mais pas autant que je le souhaiterai car Gémenos est à 1h30 de distance de mon domicile ( par autoroute qui plus est ) !
Et pour en revenir au bulletin , si je devais y apporter ma contribution , je le ferais avec des éléments nouveaux peut-être , car Denis et moi devrions rencontrer une fois de plus
les salariés de Fralib très prochainement .
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede sebiseb » 25 Aoû 2012, 08:34

2 pages de plus pour ce prendre la tête, et aucune réaction sur l'enjeu de la protection de la marque plus important pour Unilever que l'usine, les machines, ... Car au-delà de la lutte sur le terrain, l'aspect politique est aussi important dans ce conflit. Si les ouvriers parviennent à tout se réapproprier, ce sera une victoire d'autant plus importante qu'elle remettra en cause d'autres délocalisations, cessions, ...
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede Béatrice » 25 Aoû 2012, 08:55

sebiseb a écrit:2 pages de plus pour ce prendre la tête, et aucune réaction sur l'enjeu de la protection de la marque plus important pour Unilever que l'usine, les machines, ...


Et bien si en ce qui me concerne , j'y avais du reste exprimé mon "scepticisme" quant à l'éventuelle possibilité de cession de la marque par la multinationale UNILEVER :

viewtopic.php?f=72&t=5143&start=150#p74849
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede altersocial » 25 Aoû 2012, 10:08

sebiseb a écrit:2 pages de plus pour ce prendre la tête, et aucune réaction sur l'enjeu de la protection de la marque plus important pour Unilever que l'usine, les machines, ... Car au-delà de la lutte sur le terrain, l'aspect politique est aussi important dans ce conflit. Si les ouvriers parviennent à tout se réapproprier, ce sera une victoire d'autant plus importante qu'elle remettra en cause d'autres délocalisations, cessions, ...



Voilà comment les capitalistes justifient la propriété de la marque, où la mauvaise foi se conjugue avec la mauvaise volonté :

Fralib : pourquoi la marque de thé Eléphant n'est pas soluble dans la reprise du site d'Unilever
Rien ne pourrait obliger la multinationale à céder sa marque Eléphant aux éventuels repreneurs de son usine de Gémenos, explique ici Alain Cléry*, avocat au Barreau de Paris, spécialisé en droit de la propriété intellectuelle. Ce qui obère sérieusement la viabilité des projets en cours.

Le problème posé :

Les déclarations de Paul Polman (PDG du groupe Unilever) du 20 août ont relancé la question de l'exploitation de l'usine de Gémenos sans la marque ÉLÉPHANT (qui appartient au groupe Unilever) et, incidemment, celle de forcer le groupe Unilever à céder cette marque.

On sait en effet que la poursuite de l'exploitation de ce site de fabrication de thés et autres infusions est sérieusement envisagée après le retrait du groupe Unilever, vraisemblablement par les anciens salariés au moyen d'une SCOP (coopérative ouvrière).

Mais on sait aussi que la marque ÉLÉPHANT, dont l'ancienneté et la notoriété en France ne sont pas discutables, est considérée comme nécessaire (voire indispensable) au fonctionnement du site : certains déclarent qu'elle fait partie du patrimoine de la région marseillaise et d'autres affirment avoir trouvé des investisseurs prêts à acheter la marque pour 15 millions d'euros. À défaut de pouvoir exploiter cette marque, le site ne serait pas rentable et la viabilité du projet de reprise serait sérieu-sement remise en cause.

Toutefois, même s'il a consenti à céder le site et les machines à un prix symbolique, le groupe Unile-ver n'entend pas céder sa marque. Ce faisant, il restera maître de l'exploitation de la marque ÉLÉPHANT en France, et le site de Gémenos devra fabriquer et commercialiser ses produits sous d'autres marques.

Dans ce contexte, certains ont envisagé de forcer le groupe Unilever à céder sa marque. Mais cela est plus facile à dire qu'à faire...

Les obstacles juridiques :

1) En droit français, la marque est un actif incorporel indépendant du fonds de commerce ; en consé-quence, et sauf convention expresse, la cession ou la reprise d'un fonds de commerce n'incluent pas les marques.

Le droit de marque est par ailleurs un droit de propriété, qui est un droit fondamental classique ga-ranti par la Constitution et la jurisprudence de la Cour de Justice, ou encore la Convention euro-péenne des droits de l'homme. Et il n'existe pas de texte prévoyant des limitations ou des restric-tions à ce droit de propriété.

Rien ne permet donc, en l'état actuel du droit français, de forcer un titulaire de marque à céder sa marque à autrui (surtout à titre gratuit !). Et rien ne permet non plus d'évincer ce titulaire de ses droits sur sa marque au profit d'un tiers.

2) La situation est donc différente à cet égard de celle du droit des brevets.

Le Code de la Propriété Intellectuelle dispose en effet que « l'État peut, à tout moment, par décret, exproprier, en tout ou partie, pour les besoins de la défense nationale, les inventions, objet de de-mandes de brevets ou de brevets » (art. L. 613-20). Il existe des dispositions similaires pour les ob-tentions végétales pour les besoins de la défense nationale (art. L. 623-22).

L'application de ces textes spécifiques impose deux conditions : d'une part, que l'invention ou l'obtention végétale concernées intéressent la défense nationale, et, d'autre part, et de façon classi-que en matière d'expropriation, qu'une indemnisation soit versée en contrepartie de l'expropriation.

Tout rapprochement avec le droit des marques en général et le cas de la marque ÉLÉPHANT en parti-culier est donc ici exclu : non seulement parce que cette marque et les produits qu'elle désigne sont totalement étrangers à la défense nationale mais encore parce qu'il n'a jamais été question d'indemniser son titulaire.

Sur un plan plus pratique et notamment au sujet de cette indemnisation, se poserait nécessairement la question de son montant, qui, compte tenu de l'importance de la marque ÉLÉPHANT, de son an-cienneté et de ses parts de marché, ne pourrait qu'être très élevé, sauf à spolier son titulaire non seulement en l'évinçant du marché mais encore en le privant du juste prix de sa marque.

3) C'est tout aussi vainement que l'on rechercherait un commencement de solution avec une éventuelle licence d'office ou licence obligatoire (c'est-à-dire une licence imposée au titulaire du brevet pour satisfaire l'intérêt général, l'obligeant à faire exploiter son brevet par des tiers).

Tout d'abord, parce que cette possibilité n'existe pas non plus en droit des marques, mais seulement en droit des brevets. Et aussi parce que, là encore, une éventuelle licence d'office concerne des domaines bien particu-liers et plusieurs catégories d'intérêts : intérêt de la santé publique, intérêt du développement éco-nomique, intérêt de la défense nationale, intérêt de l'économie de l'élevage, ou encore le domaine de la technologie des semi-conducteurs.

Toute transposition éventuelle au cas de la marque ÉLÉPHANT est donc exclue.

4) L'hypothèse d'une dépossession par nationalisation n'apparaît pas non plus envisageable en l'espèce.

Certes, par l'effet des nationalisations de 1981/1982 les marques appartenant aux entreprises natio-nalisées ont été transférées à l'État français. Mais ces transmissions de propriété de marques ne sont en réalité qu'une conséquence accessoire des opérations de nationalisation proprement dites, qui portaient avant tout sur les entreprises, dans leur globalité, et non pas seulement sur leurs marques.

Mais on voit mal l'État français s'impliquer aujourd'hui dans une opération aussi complexe pour une activité de production de thé, qui n'est manifestement pas un produit stratégique pour l'économie française.

5) Enfin, et pour des raisons évidentes, on doit aussi exclure le cas d'une confiscation de guerre...

L'hypothèse d'un texte spécial :

Pendant sa campagne présidentielle, le candidat François Hollande s'est montré favorable à une loi encadrant les fermetures d'usines rentables et a par ailleurs souhaité que le groupe Unilever cède sa marque ÉLÉPHANT gratuitement. Il a ainsi présenté, avec divers autres députés composant l'actuel gouvernement, une proposition de loi « tendant à garantir la poursuite de l'activité des établisse-ments viables notamment lorsqu'ils sont laissés à l'abandon par leur exploitant ».

Mais dans le contexte ci-dessus rappelé, ces vœux sont vains.

Car, en premier lieu, la proposition de loi susvisée ne concerne que lesortdes usines ou des établis-sements industriels, avecles mesures et protocoles susceptibles d'être mis en œuvre pour assurer la poursuite de leur activité malgré le désintérêt de leur précédent exploitant. Mais elle ne concerne pas les entreprises propriétaires desdits usines ou sites, et encore moins la question de leurs mar-ques. Or on a dit plus haut que le sort d'une usine ou d'un établissement industriel n'est pas lié à celui des marques, et vice versa. En conséquence, à la supposer votée, une telle loi n'aurait pas d'impact sur les marques.

On envisage difficilement une loi spécifique, traitant tout particulièrement de l'obligation pour une entreprise de céder tout ou partie de ses marques à des tiers dans des conditions restant à détermi-ner mais dont on voit bien qu'elles obéiraient à des considération d'ordre politique. Car une telle mesure s'apparenterait à une expropriation et imposerait donc de justifier d'une cause d'utilité publique et d'indemniser les titulaires de marques (voir supra).

Sur les plans juridique et procédural, un tel texte serait exposé à de nombreuses difficultés.Et sur le plan économique et international, ses effets seraient dévastateurs. Car, en portant atteinte aux droits de marques des entreprises, un tel texte créerait une insécurité juridique considérable et freinerait nécessairement l'implantation et le développement des grandes marques en France, qui y perdrait de son crédit.

*Alain Cléry est totalement indépendant du groupe Unilever, dont il n'est ni n'a été le conseil.


En gros d'un point de vue politique il y a une astuce dans le cadre légal bourgeois : la nationalisation (donc incluant légalement la récupération de la marque) puis la re-cession en scoop. En dehors du caractère "déclaration de guerre" vers les multinationales capitalistes (quelles ripostes/mesures de rétorsion ?) on voit que Gémenos est victime de son isolement : hors d'un mouvement d'ensemble d'expropriation les ouvriers sont logiquement condamnés à attendre du bon-vouloir de l'Etat bourgeois qu'il trouve une issue juridique, ce qui n'est pas évident, surtout qu'on est loin d'échéances électorales importantes pour la gauche libérale au pouvoir.

Marque militante ? c'est un point important à discuter : je pense que si les ouvriers de fralib créaient leur propre "marque", il mettrait en oeuvre un capital réel : le capital de sympathie vis-à-vis de leur lutte et serait alors comme un "achat militant" au-delà des sphères militantes. Bien sûr ce serait céder aux capitalistes sur la notion de propriété de la marque mais le plus gros problème serait alors la distribution. Sans référence à l'Eléphant les grands distributeurs (au moins ceux de la région marseillaise) ne joueraient peut être pas le jeu par solidarité capitaliste.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede sebiseb » 25 Aoû 2012, 10:30

L'article présente un point de vue du droit" français", mais pas sûre que même nationalisée la firme unilever n'ai pas gain de cause auprès des instances européennes !? Très en pointe quand il s'agit de défendre les intérêts des capitalistes, et la privatisation de nos vies en général.

J'avais déjà évoqué sur ce forum la main mise sur les semences ;
http://www.amisdelaterre.org/Brevets-sur-les-semences-paysans.html

On peut évoquer également la bataille entre samsung et apple, cette dernière vient de remporter une bataille juridique contre le système "libre" androïd (même s'il a été créé par la firme google) - la première étant condamné à verser 1 milliard d'€ "pour deux doigts" (en gros pour le système de zoomage avec les doigts applicable sur les smartphones et autres tablettes tactiles).

Je pense que l'on devrait ouvrir un fil de discussion sur les marques, brevets, et l'alternative du libre.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede altersocial » 25 Aoû 2012, 10:36

sebiseb a écrit:L'article présente un point de vue du droit" français", mais pas sûre que même nationalisée la firme unilever n'ai pas gain de cause auprès des instances européennes !? Très en pointe quand il s'agit de défendre les intérêts des capitalistes, et la privatisation de nos vies en général.
.


Non pas nationaliser Unilever mais l'Eléphant.
Juridiquement il est impossible de nationaliser .... une multinationale.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede sebiseb » 25 Aoû 2012, 10:48

altersocial a écrit:Non pas nationaliser Unilever mais l'Eléphant.
Juridiquement il est impossible de nationaliser .... une multinationale.

C'est bien ce que j'entendais dire ! Et à mon avis, d'un point de vue européen il sera plus difficile de spolier Unilever de sa marque que de privatiser son usine.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede Béatrice » 25 Aoû 2012, 10:49

altersocial a écrit:Marque militante ? c'est un point important à discuter : je pense que si les ouvriers de fralib créaient leur propre "marque", il mettrait en oeuvre un capital réel : le capital de sympathie vis-à-vis de leur lutte et serait alors comme un "achat militant" au-delà des sphères militantes. Bien sûr ce serait céder aux capitalistes sur la notion de propriété de la marque mais le plus gros problème serait alors la distribution. Sans référence à l'Eléphant les grands distributeurs (au moins ceux de la région marseillaise) ne joueraient peut être pas le jeu par solidarité capitaliste.



Le "capital" de sympathie vis-à-vis de leur lutte ne saurait suffire , quand bien même de possibles "achats militants" puissent se faire à l'échelon local voire national .
Ce qui est essentiel pour que ce projet alternatif ( SCOP ) puisse être viable sur la durée , c'est que leurs produits puissent s'exporter au-delà de l'hexagone .
Et UNILEVER joue sur ce tableau là afin que ce projet ne voit pas le jour , c'est l'évidence même !
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede altersocial » 25 Aoû 2012, 10:56

Nine a écrit:Le "capital" de sympathie vis-à-vis de leur lutte ne saurait suffire , quand bien même de possibles "achats militants" puissent se faire à l'échelon local voire national .
Ce qui est essentiel pour que ce projet alternatif ( SCOP ) puisse être viable sur la durée , c'est que leurs produits puissent s'exporter au-delà de l'hexagone .
Et UNILEVER joue sur ce tableau là afin que ce projet ne voit pas le jour , c'est l'évidence même !


J'ai donc mal compris un de leurs communiqués croyant qu'ils parlaient d'une distribution régionale, merci d'avoir rectifié :wink:

C'est vrai qu'une distribution nationale/européenne compliquerait alors encore plus les choses sans la marque Eléphant appposée sur les produits.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede Denise » 26 Aoû 2012, 14:37

Nine a écrit:
altersocial a écrit:Marque militante ? c'est un point important à discuter : je pense que si les ouvriers de fralib créaient leur propre "marque", il mettrait en oeuvre un capital réel : le capital de sympathie vis-à-vis de leur lutte et serait alors comme un "achat militant" au-delà des sphères militantes. Bien sûr ce serait céder aux capitalistes sur la notion de propriété de la marque mais le plus gros problème serait alors la distribution. Sans référence à l'Eléphant les grands distributeurs (au moins ceux de la région marseillaise) ne joueraient peut être pas le jeu par solidarité capitaliste.



Le "capital" de sympathie vis-à-vis de leur lutte ne saurait suffire , quand bien même de possibles "achats militants" puissent se faire à l'échelon local voire national .
Ce qui est essentiel pour que ce projet alternatif ( SCOP ) puisse être viable sur la durée , c'est que leurs produits puissent s'exporter au-delà de l'hexagone .
Et UNILEVER joue sur ce tableau là afin que ce projet ne voit pas le jour , c'est l'évidence même !

je suis d'accord. après moi ce que je reproche a la CGT c'est de vouloir faire porter aux travailleurs le poids de la création d'une structure qui fera prendre tout les risques aux travailleurs. risques d'autant plus gros que si, méttons, ils recuperent la marque (difficile deja), isl auront a lutter contre des entreprises enormes, des multinationales qui seront forcement du coté de UNILEVER. sans compter UNILEVER qui va surement essayer de les couler.
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede SchwàrzLucks » 26 Aoû 2012, 15:10

Donc tu reproches à la CGT de pousser les travailleurs et travailleuses de cette boîte à l'autogestion de leur boîte ? :lol:
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Re: GEMENOS : les salariés de Fralib occupent l'usine

Messagede Béatrice » 27 Aoû 2012, 22:10

Fralib : 700 jours de lutte et celle-ci continue :

Communiqué de CGT.fralibvira :

http://cgt.fralibvivra.over-blog.com/

Dans le cadre de leur projet alternatif (SCOP ) , et en relation directe avec le communiqué de la CGT.fralibvivra , il est utile de rappeler que les salariés ont la volonté de
"reconceptualiser" la marque "ELEPHANT" et pour cela en revenir comme ce fût le cas par le passé à des achats de produits locaux et arômes naturels en faisant travailler
des producteurs locaux , ce que la multinationale UNILEVER avait abandonné depuis longtemps , faisant importer ceux-ci , dans un un but purement spéculatif .
Du reste UNILEVER va désormais mettre sa stratégie commerciale en adéquation avec la misère présente mais surtout à venir !!! ( du pur cynisme ! ) :


Unilever, un industriel qui s’adapte à la pauvreté qu’il contribue à générer


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Actuchômage
Un responsable du géant anglo-néerlandais de l’agroalimentaire et des cosmétiques affirme voir la pauvreté revenir en Europe et veut adapter sa stratégie commerciale en conséquence.

« La pauvreté revient en Europe », a déclaré Jan Zijderveld au quotidien allemand Financial Times Deutschland, ajoutant : « Si un Espagnol ne dépense plus en moyenne que 17 euros quand il fait les courses, je ne vais pas lui proposer un paquet de lessive qui coûte la moitié de son budget ».

M. Zijderveld, responsable pour l’Europe d’un groupe qui chapeaute un trentaine de marques célèbres comme Dove (savon), Cajoline (adoucissant), Magnum (crème glacée), Knorr (épicerie) ou… les infusions Eléphant (Fralib : 182 emplois menacés), dit vouloir s’inspirer désormais, pour le Vieux continent, des méthodes utilisées par Unilever dans les pays asiatiques en développement, en vendant des produits meilleur marché car en plus petit conditionnement. « En Indonésie, nous vendons des échantillons individuels de shampoing pour 2 à 3 centimes pièce et pourtant, nous gagnons de l’argent », dit-il. Le Financial Times Deutschland rapporte qu’Unilever a, par exemple, commencé à vendre en Espagne de petits paquets de lessive ne permettant de faire que cinq machines : de quoi réjouir les centaines de milliers chômeurs en fin de droits qui touchent l’allocation de base (426 €/mois) et pourront, grâce à Unilever, continuer à laver leur linge...

Et M. Zijderveld de conclure : « Les marchés en Europe sont un peu les Jeux olympiques de la distribution : le plus difficile ! Celui qui s’en sort ici, y arrivera partout »...

Un cynisme inouï !

Deux remarques sur la démarche en elle-même :

1) Des dosages plus petits, ce sont des échantillons, donc des conditionnements multipliés : vous avez dit "développement durable" ? Le surremballage, c’est l’augmentation des déchets. Pas du tout écologique, tout ça !

2) De ce fait, les petits conditionnements sont, proportionnellement, toujours plus chers : au final, ce sont des économies en trompe-l’œil pour le consommateur.

Mais il est vrai que les grands industriels n’en ont rien à fiche de la préservation de notre planète. Et ces chantres de la modération salariale et de la "mondialisation heureuse" n’en ont rien à fiche non plus de l’appauvrissement de leurs consommateurs qui, au final, paient toujours le prix fort de leurs stratégies, qu’elles soient industrielles, commerciales… ou sociales.

Car Unilever, c’est aussi l’affaire Fralib où 182 emplois sont en jeu. Le Pdg d’Unilever, Paul Polman, s’est récemment permis de menacer le gouvernement français alors que, depuis deux ans, les salariés du site de Gémenos, qui fabriquent au nord de Marseille les infusions de l’Eléphant, luttent pour maintenir leur activité et leur gagne-pain, Unilever ayant décidé en septembre 2010 de fermer leur usine pour délocaliser la production en Belgique et en Pologne.

Les politiques complices ?

Une affaire interminable, ponctuée de décisions judiciaires défavorables au licencieur (absence de cause économique sérieuse, propositions de reclassement dérisoires…) et où l’ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand, serait mouillé : il serait directement intervenu dans le dossier pour favoriser la mise en place du troisième plan social présenté par Unilever.

Les salariés, qui occupent leur usine sans relâche, travaillent sur un projet de reprise d’activité alternatif sous la forme d’une SCOP, société coopérative et participative. Mais Unilever leur oppose une fin de non-recevoir, refusant, au nom du droit de propriété intellectuelle, de céder la marque Éléphant et de les faire travailler en sous-traitance. Or, sans cette marque très puissante en France, leur activité ne peut tenir la route bien longtemps.

Pour la CGT de Fralib, « Éléphant, c’est une marque française d’infusions créée en Provence il y a 120 ans dont la notoriété a été forgée par plusieurs générations de travailleurs. Par rapport à Lipton, sa marque milliardaire, c’est une goutte d’eau pour Unilever. C’est donc par idéologie capitaliste qu’Unilever refuse de la céder. Il faut maintenant que le gouvernement de gauche ait le courage politique de réquisitionner cette marque qui fait partie de notre patrimoine national ». Vendredi, les Fralib doivent rencontrer François Hollande à l’Elysée : nous verrons alors de quel côté ce soi-disant "homme de gauche" va pencher.

La CGT dénonce également les pratiques d’Unilever, « champion du détournement d’impôts. Une structure financière a été créée en Suisse pour éviter de payer des impôts en France (plusieurs dizaines de millions d’euros par an) sur les produits vendus sur le marché français, mais fabriqués en
 Pologne et en Belgique ».

Selon les dernières conclusions de l’Inspection du Travail, « la réalité du motif économique, invoqué par l’employeur pour justifier la fermeture du site de Gémenos, n’est pas établie. […] L’usine Fralib dégage, au 31 décembre 2011, un résultat net après impôts de 2.442.751 euros et présente une trésorerie de 13.833.812 euros. […] Si le résultat net est effectivement en baisse par rapport à l’année précédente, il n’en demeure pas moins que l’usine de Gémenos reste excédentaire ». Et viable.

Honte à Unilever qui compte fourguer ses échantillons polluants aux chômeurs et aux précaires ! Honte à Unilever qui ne "se prépare" pas au retour de la pauvreté en Europe, mais le prépare activement ! SH
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