médias / liberté d'expression

Re: médias / liberté d'expression

Messagede ivo » 15 Oct 2012, 11:11

#UnBonJuif : un concours de blagues antisémites sur Twitter
http://www.lemonde.fr/technologies/arti ... 51865.html
Image

Un simple coup d'œil sur les sujets les plus en vogue sur Twitter révèle parfois de désagréables surprises. Mercredi 10 octobre, le site Jewpop.com a ainsi constaté que le hashtag (mot-clé) #UnBonJuif était le troisième sujet le plus tweeté en France :


De quoi s'agit-il ? D'un festival de "vannes" communautaires, censées être légères, "fun", prenant pour cible la communauté juive. La plupart des participants se défendent d'être antisémites ou racistes, ils prônent une forme étrange de liberté d'expression, dépouillée de la moindre décence, qui autoriserait tout, jusqu'à l'appel au meurtre, pour rire. Symptôme de cet "humour" qui fait feu de tout bois, l'un de ses animateurs commence par faire une blague sur les arabes...

EternelEnculé@Besbar
#JaiToujoursVoulu Insulter les arabes à Barbes mais je tiens à ma vie
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

... avant de proposer le hashtag #UnBonJuif :

EternelEnculé@Besbar
#UnBonJuif ?
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Le succès est immédiat, le mot-clé enflamme littéralement le réseau. Nombre d'usagers s'insurgent contre cette initiative et les dérives qu'elle occasionne, mais la tendance est lancée. Entre les blagues de mauvais goût s'immiscent des propos clairement antisémites et des photos d'un autre âge :

Jérémy D. Tilah@Tilahh
#UnBonJuif c'est un dur à cuire lol ^__^
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Oussama@Usama_BenLadeen
#UnBonJuif est un juif mort
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

J U L I A BOND JR @CosaNostraAmlia
#UnBonJuif x-( pic.twitter.com/8fYhUiJ8
Image

EternelEnculé@Besbar
#UnBonJuif va toujours tendre sa joux pour qu'on le frappe et qu'il pose plainte
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Loolx.Ah @LolaB_
@Thug_Dual #UnBonJuif avec ses amis et son amie pic.twitter.com/Bky6oWXU
Image

Detracteur@Detracteur
#UnBonJuif critiquera le hashtag #UnBonJuif car il voit de l'antisémitisme partout..
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Georges Jung @Jow_Dingueriie
#UnBonJuif peut s'en sortir en pleine nature, il se servirait dsa kippa comme bol et dson nez comme fourchette (très utile pour koh lanta)
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Mamadou Lepen ^_^ @BlaackMajor
#UnBonJuif doit être cuit à point.
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Le site Jewpop.com a consacré un article à ce phénomène d'"antisémitisme 2.0", qu'il décrit comme relevant d'une "génération Dieudonné" : "Une génération baignant dans une extrême confusion mentale, pour qui le droit de se moquer de tous – avec un humour supposé – permet d'afficher l'antisémitisme le plus nauséabond, avec pour dénominateur commun le sentiment bien réel d'une injuste 'domination juive', politique, sociale et financière."

Réagissant à cet article et au déluge de condamnations d'usagers outragés, les participants au "concours de blagues" revendiquent le droit à l'humour et à la "liberté d'expression", s'insurgent contre le "deux poids, deux mesures" ou ce qu'ils perçoivent comme une éternelle victimisation des juifs :

Reine du monde ?@HFabbrini
Le hashtag #UnBonJuif n'est pas antisémite ayez un peu d'humour, ils vous charrient gentiment
11 Oct 12

Zarkaoui@PatrickBeteman
Vous pleurez pour un #UnBonJuif ? Et la liberté d'expression que vous aimez tant elle existe plus la ? Bande de fdp.
14 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

EternelEnculé@Besbar
WESH on dirais on a tuer un juif
14 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Mohamed@krissmoha
C'est quand même bizarre que charliehebdo ait le droit de faire de l'humour au risque d'en heurter certains mais pas @Besbar avec #UnBonJuif
10 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Shayou @shayla_hash
Oula le hasthag #UnBonJuif fait parler hahahaha décidément ces juifs sont trop protéger #LRT
14 Oct 12 RépondreRetweeterFavori

Symptôme de cette parole décomplexée vis-à-vis des communautés, le même jour surgissait sur Twitter le hashtag #UnBonMusulman, qui a cependant rencontré une audience bien plus modeste, ou encore #UnBonRaciste.

Alertée, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'est aussitôt indignée dimanche dans un communiqué du "record de propos antisémites" suscité par le hashtag #UnBonJuif et a demandé à rencontrer les responsables du réseau en France pour évoquer la modération des messages. "Twitter France doit s'assurer que les messages qui véhiculent des propos haineux, racistes ou antisémites ne soient pas mis en avant ou accessibles à tous sur son réseau social", déclare le président de l'UEJF, Jonathan Hayoun.

Contrairement aux autres pays, personne n'a encore été poursuivi en France pour des tweets racistes. En grande partie parce que personne ne porte plainte, comme l'explique Slate.fr.


...
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
ivo
 
Messages: 2804
Enregistré le: 02 Nov 2011, 12:11

Re: médias / liberté d'expression

Messagede berneri » 17 Oct 2012, 18:45

Anonymous dénonce « La trahison de WikiLeaks ».

http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1020
berneri
 
Messages: 379
Enregistré le: 20 Sep 2009, 19:58

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Nyark nyark » 10 Déc 2012, 14:05

Les modérateurs du Net ont parfois le blues

Enquête | Leur mission : traquer les propos racistes ou diffamatoires sur les sites d'info. Une prouesse qui affecte parfois leur moral, tant le flot d'infamies est continu.

Erwan Desplanques - Télérama n° 3281

Image

Si la presse en ligne se consommait sans modération, ça se saurait : on verrait des torrents de boue dégouliner en continu sur l'écran. La majorité des commentaires postés sous les articles sont déjà suffisamment vaseux/fumeux/haineux (cochez la case que vous voudrez), mais ce serait bien pire sans eux – les modérateurs – qui biffent les propos pédophiles, diffamatoires ou dégradants, vivent les mains dans la vox populi, à écouter les râleurs, les racistes, les grincheux, les mécontents anonymes. A la fin de la journée, si tout se passe bien (c'est-à-dire mal), ils se sentent poisseux. « C'est sûr qu'on ne lit pas les gens les plus heureux de vivre », dit poliment l'un d'eux.

Nous sommes à quelques rues de la place de l'Etoile, à Paris, dans les locaux de Concileo, la première entreprise de modération française, créée il y a douze ans par David Corchia, un ancien des studios Warner. Son premier client, en 2000, fut la radio Europe 1, qui inaugurait ses forums. Puis d'autres médias ont embrayé avec l'essor du Web participatif, dès 2004. Aujourd'hui, les salariés de Concileo modèrent le site du Figaro, de L'Equipe, de TF1, de Radio France, d'Arte, du Parisien, du Journal du dimanche, de Libération, de Voici ou encore de Femme actuelle ou Nice-Matin... Rares sont les titres qui assurent eux-mêmes, en interne, le tri des commentaires (c'est le cas à L'Express ou à Télérama). La plupart font appel à des prestataires extérieurs (Netino, par exemple, qui modère en partie lemonde.fr). Concileo traite jusqu'à deux millions de contenus par mois. Avec « un commentaire modéré toutes les quatre secondes ». Le dispositif est conséquent : dix-neuf salariés en France (la moitié dans les bureaux parisiens, l'autre en télétravail), vingt personnes au Maroc (notamment pour scruter le site de TF1), qua­tre en Australie ou en Nouvelle-Zélande pour modérer la nuit (payées en horaires de jour). Ces cyber-vigies assurent ainsi une veille sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si vous postez une boule puante sur le site du Figaro à 3 heu­res du matin, elle sera aussitôt interceptée par un modérateur vivant quelque part au fin fond de l'Australie. Magique.

Ils sont en permanence six à se partager un rez-de-chaussée à Paris, situé au fond d'une impasse. Profils variés : un ancien journaliste de RTL, un éducateur artistique, beaucoup de trentenaires intéressés par les médias, payés sur la base du smic. Ils balaient chacun deux mille commentaires par jour – cinq mille quand une actu mal digérée provoque trop de remontées acides. Sur l'écran, les messages suspects s'affichent en rouge : un « troll » (perturbateur) déjà repéré, une insulte identifiée par logiciel, un simple spam... Les modérateurs étudient le message en question et prennent très vite une décision : garder ou jeter, selon la charte de chaque titre. « Il faut mo­dérer avec précision, explique David Corchia. On doit impérativement motiver notre choix, l'argumenter. Le risque, c'est de surmodérer et de passer pour des censeurs. » Pour éviter ce soup­çon, Liberation.fr ne transmet plus à Concileo que les contenus signalés par au moins trois internautes. Le reste passe automatiquement, au nom de la liberté d'expression.

Avant de mettre en ligne un article particulièrement polémique, certains rédacteurs en chef préviennent par mail. Préparez casque et armure, ça va pleuvoir. « Sur l'affaire Charlie hebdo, ce qu'on a lu donnait la chair de poule », raconte le patron de Concileo. Les sujets qui fâchent sont souvent les mêmes : l'islam, les faits divers, l'homosexualité, la corrida... « Même si les internautes arrivent à être idiots sur à peu près n'importe quel sujet », note Valérie, modératrice depuis dix ans, entre sarcasme et désenchantement. Le tabou du moment, ce sont les animaux : « Avant, c'étaient les enfants, il ne fallait pas toucher à un seul de leurs cheveux. Maintenant, c'est l'animal. La dernière incarnation de l'innocence absolue dans l'imaginaire collectif. L'autre jour, Le Parisien racontait l'histoire d'un chien retrouvé décapité dans une piscine. L'article a surexcité les internautes, les a rendus fous, incontrôlables. »

Assise devant son écran, Valérie regrette l'âge d'or des forums, où les internautes échangeaient vraiment, se lisaient, s'écoutaient. Le système actuel des commentaires postés sous les articles la laisse plus perplexe. « Ils ne se lisent pas entre eux, on retrouve cinquante fois les mêmes messages, avec la même violence, ça n'a même plus de dimension cathartique. » Avec les années, la jeune femme pense s'être « blindée », mais constate que la parole gagne en virulence, contaminant jusqu'à la parole politique (« Certains élus sont très violents sur Twitter, preuve que les verrous ont sauté à tous les niveaux »).

Image

Finalement, les messages orduriers ou diffamatoires sont épinglés assez vite. Un autre problème préoccupe Concileo depuis quelques mois : les attaques concertées, « extrêmement bien orchestrées » par des groupes politiques ou des associations de lobbying, déguisés en internautes anonymes. De la propagande insidieuse, jouant sans cesse avec la charte, frôlant la ligne jaune sans jamais la dépasser. « Ils fonctionnent comme une structure militaire, maîtrisent les règles pour être lus, et viennent égrener la bonne parole », explique David Corchia. L'extrême droite envoie régulièrement des escadrons d'internautes pour orienter les discussions et alimenter la haine 2.0. Ils débarquent par grappes et s'emparent du débat. « Les partisans du FN sont particulièrement actifs, ils ont réussi leur révolution numérique quand l'extrême gauche ne sait toujours pas allumer un ordi », ironise Valérie.

Les gouvernements étrangers scrutent également ce que la presse française dit d'eux, de leur pays. Et ripostent souvent en loucedé pour rectifier leur image. « Récemment, on s'est rendu compte que la majorité des commentaires sur un reportage en Russie prenaient le parti de Poutine contre les Pussy Riot. Tous écrits avec la même rhétorique, les mêmes éléments de langage », constate Corchia. Idem avec les articles sur la Chine, la Turquie ou les pays arabes... « Il y a quelque temps, lefigaro.fr a posté un reportage sur la Syrie. En moins d'une heure, on a reçu cinq mille commentaires pro-Bachar El-Assad ! » Les modérateurs ne sont pas armés pour contrer ces messages de propagande. Tant que la charte est respectée, les propos sont publiés. Parfois, ils font remonter aux journalistes une attaque (ou un « bad buzz »), proposent en dernier recours de fermer les commentaires (c'est très rare). Ils estiment devoir intervenir sur environ 10 % des textes qu'ils reçoivent (environ 30 000 par jour pour Le Figaro ou L'Equipe). Les internautes réagissent mal. « On est sans cesse pris à partie », explique le directeur de Concileo. Nouvelles cibles des théoriciens du complot, ces flics du Net deviennent à leur tour paranoïa­ques : « En Norvège, un modérateur s'est fait tuer, dit David Corchia. Alors on fait attention ». L'une des modératrices refuse qu'on cite son nom dans l'article, par précaution...

Psychologiquement, le travail sape un peu le moral. Quand un salarié est trop plombé par ce qu'il lit, il peut éventuellement passer la main, troquant le conflit israélo-arabe pour le gentil dossier « minceur » de Femme actuelle. Parfois, les uns et les autres se font lire les commentaires les plus gratinés, en rient – ça oxygène le cerveau – puis replongent dans la boue. « On finit par s'y faire, dit Cédric, chargé de la modération "soir et week-end". Notre métier consiste à rester froid et neutre. Il faut conserver à tout prix notre capacité de jugement sur les contenus qui posent problème ou pas. » Ils ont aussi une fonction d'alerte. L'obligation de prévenir une plate-forme de gendarmerie dès qu'ils repèrent une « personne en détresse » qui écrit des commentaires inquiétants. Cela arrive de temps à autre. On pourrait tout à fait imaginer qu'un lecteur de Nice-Matin menaçant de se suicider au milieu de la nuit soit sauvé in extremis grâce à l'intervention d'un modérateur français de 25 ans vivant en Australie. La scène ferait un beau titre pour la presse française. Et serait suivie d'un énième débat plus ou moins stérile surveillé par une poignée de Sisyphes numériques.


http://www.telerama.fr/medias/les-moder ... ,90061.php
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
Avatar de l’utilisateur-trice
Nyark nyark
 
Messages: 1205
Enregistré le: 30 Oct 2011, 17:46
Localisation: Région parisienne

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Béatrice » 10 Déc 2012, 18:42

Les modérateurs du Net ont parfois le blues


Le" blues" en ces temps maudits, est partagé par le plus grand nombre !

Enquête | Leur mission : traquer les propos racistes ou diffamatoires sur les sites d'info. Une prouesse qui affecte parfois leur moral, tant le flot d'infamies est continu.

C'est le propre de la fonction : faut-il s'émouvoir, en milieu libertaire, sur la "pénibilité" des conditions de travail de cadres salarié(e)s qui ont fait " profession de foi "
en qualité de " flics du net " ?

Psychologiquement, le travail sape un peu le moral. Quand un salarié est trop plombé par ce qu'il lit, il peut éventuellement passer la main, troquant le conflit israélo-arabe pour le gentil dossier « minceur » de Femme actuelle. Parfois, les uns et les autres se font lire les commentaires les plus gratinés, en rient – ça oxygène le cerveau – puis replongent dans la boue. « On finit par s'y faire, dit Cédric, chargé de la modération "soir et week-end". Notre métier consiste à rester froid et neutre.

Comme elles (ils) sont à plaindre !
La seule solution : changement de job ! ( plus routinier mais vraisemblablement plus frustrant car exempt de pouvoir décisionnaire : le sort partagé par le plus grand nombre ! )

http://www.telerama.fr/medias/les-moder ... ,90061.php
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2776
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Nyark nyark » 11 Déc 2012, 01:38

:cry:
Décès de Michel Naudy : « Adieu Michel, ils ont pris ta voix… » (SNJ-CGT)

Image

C’était un ami et un ami d’Acrimed. Nous nous associons totalement au communiqué du SNJ-CGT (Acrimed)

On n’entendra plus la voix teintée d’accent de son Ariège natale ; on ne verra plus la moustache indignée de ses accès de fureur contre les adeptes du consensus mou dans la profession ou fustigeant les dérives de la gauche néolibérale.

Notre camarade, notre ami, Michel Naudy a mis fin à ses jours d’une balle dans la tête.

Michel faisait honneur au journalisme d’investigation, au journalisme d’analyses et d’éditos, enfonçant les clous là où ça faisait mal.

Le lutteur a décidé d’en finir.

Sa dernière apparition publique aura été pour dénoncer les « nouveaux chiens de garde » dans le film éponyme.

Les luttes, il les menait depuis sa jeunesse à l’Union des étudiants communistes.

Il les a poursuivies durant sa carrière de journaliste, troquant les assemblées générales pour la plume, comme d’autres [1] avant lui avaient « remplacé la mitraillette de la Résistance par le stylo ».

D’abord à L’Humanité, dont il eut la responsabilité du service politique, fondant parallèlement Politis, puis après 1981 à France 3, où il gravira les échelons pour devenir rédacteur en chef de la rédaction nationale et éditorialiste.

Durant toutes ces années, malgré sa grande honnêteté intellectuelle, sa rigueur, quelques-uns en interne et en externe ne lui pardonneront jamais ses engagements de journaliste-citoyen.

Il sera débarqué de son poste, trouvera refuge à France 3 Île-de-France avant qu’une nouvelle fois son magazine « Droit de regard » ne soit censuré, en mai 1995, pour avoir exprimé une critique sur la couverture par France 2 du second tour de l’élection présidentielle. C’en était trop, Michel démissionnait de ses responsabilités.

Depuis, voilà plus de quinze ans, il attendait que la direction de France 3, puis de France Télévisions, honore son contrat de travail.

Il avait postulé à différents postes de moindre responsabilité en commission paritaire. La dernière fois pour occuper le poste vacant de chef du service politique, qu’il devait une nouvelle fois se voir refuser au prétexte, selon un cadre de la rédaction nationale, qu’il « n’y avait pas besoin d’un Bretécher à la rédaction » !

Hommage du vice à la vertu.

Les nombreuses interpellations de notre syndicat pour que les directions successives lui donnent du travail s’étaient toutes avérées infructueuses. Aujourd’hui, certains devraient avoir honte de se regarder dans une glace…

Adieu Michel, le monde du journalisme est en deuil.

Paris, le 3 décembre 2012

SNJ-CGT
Notes

[1] André Carrel, vice-président du Comité de libération parisien et rédacteur en chef de L’Humanité de 1957.


http://www.acrimed.org/article3908.html
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
Avatar de l’utilisateur-trice
Nyark nyark
 
Messages: 1205
Enregistré le: 30 Oct 2011, 17:46
Localisation: Région parisienne

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Nyark nyark » 14 Jan 2013, 14:52

Les obsessions maçonniques des hebdomadaires (suite)

par Henri Maler, le 7 janvier 2013

Le 4 mai 2011, nous avions consacré un article aux obsessions maçonniques de L’Express et du Point... sans passer en revue les autres hebdomadaires.

Persistantes en 2012, ces obsessions resurgissent dès le début de 2013. Aussi passionnantes que les « Unes » consacrées à l’immobilier et plus inoffensives que celles qui font le commerce de l’islamophobie, les dernières révélations sur la franc-maçonnerie appellent un rappel synthétique des précédentes et quelques explications.

Dernières révélations

Sur « écrans » (un site de Libération.fr), un article d’Isabelle Ganne, daté du 1er mars 2012, titré « Les francs-maçons aux premières loges » et publié dans le quotidien recueillait les propos avisés – forcément – de quelques majestés éditoriales

- Le pénétrant Laurent Joffrin déclarait alors que le « sujet », « folklorique » à ses dires, fait moins vendre : « Ça finit par s’user, tout le monde en fait maintenant. En plus, ils n’ont pas tant de pouvoir que ça. » Et pourtant, se sacrifiant sur l’autel du grand journalisme d’investigation, Le Nouvel Observateur du 3 janvier 2013 révèle tout sur :
Image

- Le flamboyant Franz-Olivier Giesbert, du Point déclarait en 2012 : « On a l’impression d’en avoir fait le tour. Le lecteur finit par se lasser. Il faut rester créatif : si on se repose sur des vieilles recettes, ça ne marche plus. » C’est donc en raison d’une pressante actualité que Le Point – miracle de la diversité… - révèle tout à son tour sur :
Image

- Le lumineux Christophe Barbier, quant à lui et à la différence de ses confrères, se livrait, toujours en 2012, à cette puissante sociologie de l’État :« Il y aura toujours des choses à raconter sur la franc-maçonnerie : comme les énarques, c’est une des structurations de l’État français ». Mais L’Express de ce mois de janvier a renoncé à cet « essentiel » à « raconter » pour en trouver un autre :
Image

Patience… L’Express reviendra sans doute plus tard sur les « structurations de l’État Français ». Le « marronnier » de la franc-maçonnerie est un vieil arbre.

Rappel synthétique

En effet, l’article déjà mentionné de Libération dressait le palmarès de ce marronnier, dont Laurent Joffrin déclarait - on ne se lasse pas de le rappeler… - qu’il est « folklorique ». Selon l’auteure de l’article, sur les dix dernières années, on pouvait compter

- Douze « Unes » pour L’Express ;
- Huit « Unes » pour Le Point ;
- Six « Unes » pour Le Nouvel Observateur.

Grâce aux archives de notre précédent article (et celles d’un « Vite dit » de Sébastien Rochat sur le site d’Arrêt sur images), petit rappel en vrac des plus récentes de ces mémorables « Unes », sans aucun respect pour l’ordre de parution.

- Dans la compétition, Le Nouvel Observateur, depuis quelques temps, avait pris du retard. Avec le numéro de ce mois de janvier 2013, il le comble partiellement.
Image

- Le Point, en revanche, n’a pas raté sa série qui veut que depuis 2006, il publie, chaque année, un dossier en janvier, comme s’il s’agissait du mois d’une surprenante floraison hivernale de ce « marronnier ».
Image

- Quant à L’Express, préoccupé, en janvier 2013, par « l’affaire DSK », il n’avait pas, jusqu’alors, oublié d’ enquêter …
Image

Et même régionaliser ses enquêtes (voir en « Annexe)

Alors pourquoi ?

- Parce que c’est vendeur ? On l’a vu plus haut : Laurent Joffrin (pour Le Nouvel Observateur) et Frantz-Olivier Giesbert (pour Le Point) n’en étaient pas très sûrs. Répondant lui aussi à la journaliste de Libération, François Koch, spécialiste de la franc-maçonnerie à L’Express, constatait : « Nos trois dernières couvertures franc-maçonnes ont à peine dépassé 73 000 exemplaires […]. Ce n’est pas un marronnier lucratif, contrairement à ce qu’affirment les mauvaises langues. » 73 000 exemplaires, c’est-à-dire « la vente moyenne de l’hebdo en kiosque », précisait la journaliste de Libé…

Seulement voilà, les lois de la concurrence sont dures, mais ce sont des lois. Quand on est en panne d’imagination commerciale, le moins que l’on puisse faire, c’est d’éviter de déserter le marché et d’en laisser une part aux concurrents. Concurrence par imitation, concurrence mimétique : la diversité, c’est la ressemblance !

- Parce que c’est flatteur ? Flatteur pour les lecteurs, avides de révélations sur les « secrets » ? Quels « secrets » et « quels lecteurs » ?

Sans vouloir minorer l’influence de la franc-maçonnerie, la condamner ou la défendre, force est de constater que la reproduction périodique d’ « enquêtes » qui ne varient, pour l’essentiel, que par les noms qu’elles mentionnent, flatte, sans jamais l’étancher, la soif de mystère. Elle fournit trop souvent un substitut commode à des investigations sur d’autres institutions et lieux éminents où se forment et se consolident les structures du pouvoir : conseils d’administration des grandes multinationales, grands corps d’État, cabinets ministériels, cercles mondains et cénacle internationaux…

Et surtout, à parcourir nos bons hebdomadaire sur leurs pages de gauche (celles de droite étant réservées à la publicité…), certains « secrets » sont mieux gardés que d’autres ou maintenus… « secrets ». À commencer par tous ceux que pourraient révéler des enquêtes sociales approfondies sur les ravages commis par la crise économique et sa gestion néo-libérale.

Mais ce serait oublier que le lectorat de nos « grands » hebdomadaires est un lectorat essentiellement masculin de cadres moyens et supérieurs. On se gardera bien d’en conclure qu’il ne s’intéresse qu’à l’immobilier, au classement des établissements scolaires ou des hôpitaux… et à la franc-maçonnerie. Ou que ce lectorat méprise le journalisme d’enquête sociale et qu’il réduit le journalisme d’investigation à sa caricature. Quoique…

Qu’on ne s’y trompe pas, en effet : selon nos vaillants hebdomadaires, les obsessions maçonniques relèveraient d’un véritable journalisme d’investigation et non d’une vulgaire variante du conspirationnisme, que prétendait diagnostiquer Le Point, jamais à un paradoxe près, dans un dossier publié le 5 novembre 2011 et qui se proposait notamment – c’est le titre de l’article d’ouverture - de fouiller « Dans la tête des obsédés du complot ».

On attend avec gourmandise, une enquête qui se proposerait de pénétrer dans la tête des obsédés de la franc-maçonnerie.

Henri Maler

Compléments d’enquête

1. Toujours et partout

- Le trio de tête des hebdos n’est pas seul à cultiver le « marronnier » de la franc-maçonnerie…

Image

… qui se développe aussi localement. …

La Tribune de Lyon (octobre 2007) Lyon Mag (avril 2008), Lyon Capitale (février 2010),

Image

… Et dont L’Express fait pousser les racines dans ses éditions régionales

Image


2. Pour mémoire

Certes, l’objectif de nos preux journalistes n’est pas de persécuter la franc-maçonnerie. Mais quoi que l’on pense de celle-ci, il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’elle fut dreyfusarde… et pourchassée, notamment par le régime de Vichy qui avait commandité ce film, antimaçonnique et antisémite :
Image


http://www.acrimed.org/article3968.html
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
Avatar de l’utilisateur-trice
Nyark nyark
 
Messages: 1205
Enregistré le: 30 Oct 2011, 17:46
Localisation: Région parisienne

Re: médias / liberté d'expression

Messagede ivo » 17 Jan 2013, 21:12

Au Mali et en Algérie, les difficiles conditions de travail des journalistes
fr info
Comment couvrir les événements qui se déroulent en ce moment en Algérie et au Mali ? Les journalistes témoignent de leurs difficultés à obtenir des informations fiables. Les télévisions sont privées d'images du conflit au Mali et de la prise d'otages en Algérie.

Pas de caméras, pas de journalistes sur le site gazier d'In Amenas. La prise d'otage et l'opération de l'armée algérienne se sont déroulés loin de tout témoin. Même pour les reporters algériens, il est très difficile d'avoir des informations fiables : "Le sud est une zone très difficile d'accès" explique Salim Mesbah, journaliste au quotidien El-Watan, à Alger. "Notre correspondant dans la région ne peut pas accéder aux lieux de l'opération. Quant aux autorités, elles ne communiquent pas. Il n'y a pas eu de conférence de presse. On doit se débrouiller tous seuls."

"L'armée n'a peut-être pas intérêt à montrer ce qui se passe"

Au Mali, les envoyés spéciaux regrettent eux aussi leurs conditions de travail, mais pour d'autres raisons. "Il est impossible d'approcher à moins de 100 km de la zone de conflit" note Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les équipes sont basées à Bamako, dans le sud, et "tous ceux qui grimpent vers le Nord se heurtent à des barrages de police et de l'armée. Et se font arrêter et refouler" affirme le grand reporter du Nouvel Observateur Jean-Paul Mari dans une tribune publiée ce matin. Gérard Grizbec, envoyé spécial pour France 2 affirme que "l'armée malienne a reçu des consignes fortes de la part des forces françaises. L'armée n'a peut-être pas intérêt à montrer ce qui se passe" témoigne-t-il sur le site de France Télévisions.

D'où l'appel de Reporters sans fronières. "En période de conflit, c'est aux journalistes et à leurs médias, et non aux militaires, de déterminer les risques que les journalistes sont prêts à prendre dans la collecte de l'information" affirme l'organisation dans un communiqué.

....
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
ivo
 
Messages: 2804
Enregistré le: 02 Nov 2011, 12:11

Re: médias / liberté d'expression

Messagede ivo » 19 Jan 2013, 10:37

apres les critiques de rsf


Mali/Algérie : l'autre combat entre communication et information
fr info
Retour sur le conflit au Mali et ses incidences en Algérie avec un point commun : une communication verrouillée qui rend difficile l'accès à l'information. Avec le risque d'un retournement de l'opinion quand les images seront visibles ?

En Algérie, à l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons toujours pas ce qui s'est réellement passé concernant l'assaut de l'armée, le nombre de victimes, qu'elles fassent partie des otages ou des ravisseurs. Et au Mali, l'armée ne laisse filtrer aucune image. Mais le jour où les Français verront les images, n'y aura-t-il pas un effet boomerang à craindre alors qu'aujourd'hui une majorité de Français soutient l'intervention militaire française ?

Nous en débattons avec Maurice Szafran de Marianne et Carl Meeus du Figaro Magazine.

"Depuis quelques années, il y a une véritable imbrication entre la communication et les militaires, notamment français" rappelle Maurice Szafran. "Et au Mali, les Français et les journalistes ne savent que ce que les militaires veulent bien que nous sachions. Quant à l'Algérie, il n'y a aucune surprise : les Autorités ont toujours fait comme ça : il n'était pas question de céder quoique ce soit au groupe qui avait pris ce centre gazier" distingue le patron de Marianne .

"A une époque il y avait quand même des journalistes ''embarqués" au sein des troupes armées" rappelle Carl Meeus. "Certes, on n'avait qu'un point de vue, contrôlé par l'armée mais on avait quelques images. Aujourd'hui, on a des journalistes "empêchés" pourrait-on dire. Ce qui interroge, c'est qu'on a d'un côté l'armée et l'Elysée qui contrôlent la communication avec très peu d'images et de l'autre (Rebelles islamistes et Aqmi), qui donne beaucoup d'images !"



Mali/Algérie : des batailles invisibles
fr info
Que ce soit l'intervention en cours au Mali, ou la prise d'otages à In Amenas en Algérie, les images sont très rares, voire inexistantes. Pour des raisons différentes, ces évènements se jouent à huit clos. Explications.

Image
Le panneau indiquant In Amenas, une des rares images disponibles © Reuters

Avez-vous vu des images de l'intervention française au Mali en cours depuis une semaine, ou de la prise d'otages en Algérie qui se poursuit depuis deux jours ? Si quelques clichés des militaires français ou du site gazier tournent en boucle, pratiquement aucune image de combat n'a été diffusée par les médias du monde entier.

En Algérie, cela est d'abord dû à la localisation du site d'In Amenas, où a eu lieu la prise d'otages. Le site gazier est isolé en plein désert, et donc isolé "journalistiquement" aussi. Un "panneau-symbole" a tourné en boucle sur les chaînes de télévision (semblable à celui de l'image ci-dessus).
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=15011
Et seules des vues générales du complexe gazier sont disponibles, ou cette vue de haut générée grâce à Google Maps :

Image
Le site d'In Amenas sur Google Maps
https://maps.google.fr/maps?q=in+amenas ... A9rie&z=12

Mais cela est aussi dû aux habitudes des autorités algériennes, bien éloignées de nos traditionnelles conférences de presse. "Il n'y a pas de tradition de communication en Algérie, on est toujours confronté à ce black-out, on doit se débrouiller tout seul", raconte Salim Mesbah, journaliste au quotidien El-Watan, à Alger, joint par Céline Asselot dans Info Médias.

L'armée, la "grande muette"

Au Mali, alors que l'armée française intervient depuis une semaine, seules des vues de soldats français au calme sont disponibles.
France Télévisions publiait lundi dernier des images présentées comme les premières du résultat des frappes aériennes françaises contre les troupes islamistes.
http://www.francetvinfo.fr/exclusif-les ... 03467.html

Les informations sont en fait extrêmement filtrées par l'armée, qui est pour l'instant le principal pourvoyeur d'images (voir la communication officielle de l'armée ici).
http://www.defense.gouv.fr/operations/mali/actualite
"Il y a un verrouillage de la communication, ce n'est pas pour rien que l'armée s'appelle -La grande muette-", commente Carl Meeus du Figaro Magazine, dans Le duel des éditorialistes sur France Info. "Nous ne savons que ce que les militaires veulent bien nous dire", ajoute Maurice Szafran de Marianne.

"Le risque du boomerang, parce qu'on sait très bien qu'une guerre n'est jamais propre"

"C'est une prise de risque énorme de ne pas montrer d'images alors que l'opinion publique est favorable à l'intervention", réagit également Carl Meeus. "Car de toutes façons un jour il y aura des images, et là ce sera le risque du boomerang, parce qu'on sait très bien qu'une guerre n'est jamais propre". "Nous les Français on est pour l'instant dans le souvenir d'une guerre, celle de Libye, qui est une fausse guerre : une guerre sans mort. On était seulement dans le ciel", ajoute-t-il.

"Quel que soit le but de guerre, on voit bien que l'Elysée a bien réfléchi à sa communication", complète Carl Meeus, et décrit une photo de François Hollande publiée dans Paris Match. "Avec cette photo, ils ont fait un coup formidable, sauf qu'elle est signée de -La présidence de la République-, ce n'est plus du journalisme".
http://www.parismatch.com/Actu-Match/Po ... ue-458551/

La question de l'"embedded" des médias

Pour l'instant, au Mali, les journalistes ne sont pas "embedded" avec l'armée française (le journaliste est alors accueilli au sein d'une unité militaire). Etienne Monin est l'envoyé spécial de France Info au Mali, il expliquait vendredi matin sur France Info : "La question de l'embedded va se poser, avec cette limite quand même : c'est extrêmement contrôlé, on ne choisit pas les endroits où l'on va, on ne choisit pas ce que l'on voit, donc c'est quand même un exercice qui atteint vite ses limites. En même temps si vous ne pouvez pas aller sur la zone de conflit, vous ne voyez rien non plus".
http://www.franceinfo.fr/medias/le-rend ... 2013-01-18

Image

Photo prise au Mali par l'envoyé spécial de France Info : le 21e RIMa à 130km au sud de Diabali © Radio France Etienne Monin

Une pratique également dénoncée par Reporters sans Frontière (RSF) : "Certains journalistes ont pu être "embarqués" avec des troupes, ce qui constitue une manière de couvrir le conflit. Elle ne saurait cependant pas être le seul moyen de rapporter les faits entourant l'intervention militaire. Le public ne peut se satisfaire des informations et images récoltées sous contrôle militaire ou directement transmises par l'armée", indique l'organisation. RSF demande le libre accès des journalistes aux zones de combats au Mali.
http://fr.rsf.org/mali-reporters-sans-f ... 43917.html

"L'argument des risques justifie-t-il l'absence d'observateurs indépendants ?" (RSF)

Dans un communiqué conjoint, les ministères français de la Défense et des Affaires étrangères ont appelé les journalistes à "la plus extrême vigilance" et mis en garde contre le non respect de "règles élémentaires de prudence".
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/salle- ... ention-des

"Faut-il en déduire que les journalistes doivent être cantonnés loin des zones de combat ? L'argument des risques justifie-t-il l'absence d'observateurs indépendants ? Naturellement pas", juge le directeur de Reporters sans Frontières Christophe Deloire.

"Une guerre sans images, sans bilan et surtout sans information contradictoire sur le terrain. Une guerre sans faits", s'inquiète également un journaliste du Nouvel Observateur coincé à Bamako. "Nous avons déjà connu cela. Lors de la sinistre farce "Tempête du désert" de la guerre du Golfe", ajoute-t-il. "L'armée n'a peut-être pas intérêt à montrer ce qui se passe", ajoute un journaliste de France Télévisions.
http://tempsreel.nouvelobs.com/guerre-a ... tudes.html
http://www.francetvinfo.fr/mali-nous-re ... 04917.html

Les images "sont des armes au service d'un camp ou de l'autre"

"Les anciens ont en mémoire que les Américains ont perdu pied au Vietnam en laissant travailler les reporters et même en les aidant à rejoindre le front. Les photos, comme celle devenue iconique de la petite fille brûlée au napalm, ont provoqué un tournant dans le conflit", indique à l'AFP un ancien officier de presse sous couvert d'anonymat. "Depuis, tous les protagonistes de tous les conflits savent qu'il faut contrôler les images, car elles aussi sont des armes au service d'un camp ou de l'autre".

http://www.lemonde.fr/style/article/201 ... 75563.html

Les islamistes aussi ont bien compris l'importance des images. Et eux sont beaucoup moins frileux. En Somalie par exemple, lundi dernier, ils ont publié sur Twitter trois photos du cadavre d'un homme blanc, présenté comme le chef du commando ayant échoué à libérer Denis Allex.



voir la premiere page du monde où se trouve 9 articles et 4 photos pour ne rien dire ...
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
ivo
 
Messages: 2804
Enregistré le: 02 Nov 2011, 12:11

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Pïérô » 29 Jan 2013, 13:03

Sur le site d'Acrimed,
Critique des médias sur le web (novembre, décembre, janvier), sélection bimestrielle d’articles de critique des médias parus sur le Web :
http://www.acrimed.org/article3985.html
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 21398
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: médias / liberté d'expression

Messagede ivo » 22 Fév 2013, 11:02

Manuel Valls veut s'attaquer au rap agressif sur Internet
Le ministre de l'intérieur Manuel Valls a fait savoir qu'il souhaitait lutter, en particulier sur Internet, contre les paroles de rap "agressives" ou "insultantes" contre l'Etat ou ses fonctionnaires, ou qui donnent une "image dégradée de la place de la femme au sein de notre société".

>>>
http://www.numerama.com/magazine/25163- ... ernet.html

Le rap dans le viseur de Manuel Valls...comme dans celui de bien des hommes politiques
>>>
http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/21 ... ref=france
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
ivo
 
Messages: 2804
Enregistré le: 02 Nov 2011, 12:11

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Nyark nyark » 08 Mar 2013, 20:56

À quoi joue Médiapart ? Critiquer Caroline Fourest est une chose, ouvrir ses colonnes à ReOpen c'est du délire :
http://blogs.mediapart.fr/blog/reopen91 ... nalistique
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
Avatar de l’utilisateur-trice
Nyark nyark
 
Messages: 1205
Enregistré le: 30 Oct 2011, 17:46
Localisation: Région parisienne

Re: médias / liberté d'expression

Messagede Nyark nyark » 11 Mar 2013, 12:43

09h15 le neuf-quinze
Victorin Lurel, gibier de buzz

Alerte ! Le gouvernement Ayrault qui, sous des dehors patelins, dissimule une aile guévariste, compte en son sein un partisan de la dictature du prolétariat. Il s'agit du ministre de l'Outre-Mer, Victorin Lurel, lequel, de corvée aux obsèques de Chavez, a appelé à la multiplication, sur la surface de la planète, de dictateurs comme Chavez. Si si. Comment ? Vous ne l'avez pas entendu ? C'était pourtant le buzz du week-end. Interrogé par Europe 1, Lurel a dit exactement ceci. "Moi je dis, et cela pourra m'être reproché, que le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez, puisqu'on prétend que c'est un dictateur. Il a pendant ces 14 ans respecté les droits de l'Homme (...) Toutes choses égales par ailleurs, Chavez c'est de Gaulle plus Léon Blum".

N'importe qui comprend que Lurel ne considère pas Chavez comme un dictateur, et n'appelle pas à la multiplication des dictateurs. Au contraire, il réplique par l'ironie, et en les réfutant, à ceux qui traitent Chavez de dictateur (sur le fond de cette question, regardez donc notre émission de la semaine (1), si ce n'est encore fait). Littéralement, Lurel est lui-même irréfutable: outre qu'il est d'usage, lors d'un enterrement, de prononcer sur le défunt des paroles plutôt aimables, Chavez a été élu et réélu lors d'élections libres, il s'est soumis à un référendum révocatoire qu'il a gagné, etc. N'empêche qu'un buzz va se développer tout le week-end, orchestré par Le Lab (2), la filiale de buzz politique d'Europe 1 qui fait profession, avec un talent certain, d'extraire du minerai brut de l'information politique tout combustible potentiel à buzz. Ce sont d'abord les habituels aboyeurs de l'UMP, qui protestent sur Twitter contre les déclarations de Lurel.. qu'ils ont .lues sur Le Lab (3), lequel Lab se charge évidemment de donner à ces protestations, et aux suivantes (4), l'écho qu'elles méritent, sous le titre (justifié par quelques tweets et quelques phrases de Laurence Parisot) "la droite s'insurge".

Il ne manquait au feuilleton qu'une réflexion politologique se hissant au niveau de l'affaire. Qu'à cela ne tienne, Le Lab a dans sa manche un politologue pigiste maison, Olivier Duhamel, lequel (en plein week-end) ne se fait pas prier pour expliquer à Lurel (5) les mérites de la langue de bois et les méfaits de l'ironie, à l'ère du Lab. Lequel se tire ainsi (si on peut se permettre) une balle dans le pied: si tous les auteurs de vraies fausses gaffes se conformaient aux conseils de Duhamel, que resterait-il au Lab pour entretenir le week-end la flamme sacrée du buzz ? Attention à ne pas tuer le métier.

Image

(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5673

(2) http://lelab.europe1.fr/t/pour-le-minis ... -blum-7912

(3) https://twitter.com/cestrosi/status/310367329433292800

(4) http://lelab.europe1.fr/t/sortie-de-vic ... surge-7922

(5) http://lelab.europe1.fr/t/funerailles-d ... mpris-7923

Daniel Schneidermann
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
Avatar de l’utilisateur-trice
Nyark nyark
 
Messages: 1205
Enregistré le: 30 Oct 2011, 17:46
Localisation: Région parisienne

Re: médias / liberté d'expression

Messagede bipbip » 22 Jan 2017, 16:44

La Quadrature du Net appelle à soutenir la campagne #SaveTheLink !

Un groupe d'eurodéputés de tous bords politiques, parmi lesquels la représentante du Parti Pirate Julia Reda, appelle les citoyens à se mobiliser pour empêcher l'introduction de dispositions dangereuses dans la réforme européenne du droit d'auteur. Leur campagne Save The Link ! vise à préserver notre capacité à partager l'information sur Internet, en empêchant la remise en cause de la liberté de faire des liens hypertextes et la généralisation du filtrage automatisé des contenus. La Quadrature du Net appelle à soutenir cette campagne pour éviter que cette réforme du droit d'auteur ne débouche sur une nouvelle régression des libertés.

... https://www.laquadrature.net/fr/save-the-link
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 28065
Enregistré le: 10 Fév 2011, 10:05

Re: médias / liberté d'expression

Messagede bipbip » 28 Mar 2018, 02:20

Alerte : le droit des affaires menace la liberté d’informer
L’Assemblée nationale examine mardi 27 mars la transposition en droit français de la directive européenne dite « secret des affaires ». Or en omettant de préciser la primauté du droit à être informé, le texte français fragilise le droit à l’information et à la liberté d’expression.
... https://reporterre.net/Alerte-le-droit- ... d-informer

Tribune
«La loi sur le secret des affaires est un danger pour nos libertés fondamentales»
Une quarantaine de personnalités, lanceurs d'alerte, journalistes, représentants de syndicats et d'ONG, et une vingtaine de sociétés de journalistes (dont celle de «Libération») alertent sur les dangers d'un texte bientôt examiné au Parlement, qui met «gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information».
... http://www.liberation.fr/france/2018/03 ... es_1637686
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 28065
Enregistré le: 10 Fév 2011, 10:05

Précédente

Retourner vers Débats de société

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité