Biodiversité

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Messagede altersocial » 03 Sep 2012, 17:37

Les requins disparaissent infiniment plus vite que les surfeurs...

Les "Dents de la Mer", une hystérie toujours recommencée aux dépends d’espèces menacées par la prédation des hommes.

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Sur les 460 espèces de requins de toutes tailles recensés par les scientifiques dans toutes les mers du monde et même dans quelques grands fleuves et estuaires africains ou latino-américains, seulement cinq seraient susceptibles de s’en prendre à l’homme : le requin-bouledogue, le requin-mako, le requin-longimane, le requin-blanc et le requin-tigre considéré comme l’un des plus gros puisqu’il peut dépasser les six mètres et atteindre 600 kilogrammes.

L’hystérie entretenue, comme chaque année à cette époque, à l’égard des requins qui peuvent être dangereux, comme envers tous les autres, éternel remake de ce film stupide qu’a été « Les Dents de la Mer », masque une réalité affligeante : moins d’une centaine d’attaques sont recensées chaque année, alors qu’au moins cent millions de requins sont exterminés chaque année pour la pêche, par la pêche et pour le plaisir. La balance n’est pas vraiment égale.

D’autant moins égale que parmi les requins massacrés, 40 à 50 millions le sont chaque année pour fournir les industries alimentaires qui mitonnent la célèbre soupe d’ailerons de requins. La recette est simple, au moins au départ : des bateaux usines pêchent ces poissons, gros ou petits, coupent leurs ailerons puis rejettent les requins à la mer, dans laquelle chacun comprendra qu’ils ne peuvent plus vraiment surfer...

Il ne faudrait évidemment pas en déduire que les requins se vengent de temps en temps sur les surfeurs. Simplement, estiment les spécialistes de ces animaux, il est fort probable que les requins confondent les surfeurs avec une proie croisant sur la surface de l’eau. Et comme les surfeurs, au contraire des requins, sont de plus en plus nombreux... les accidents risquent un jour de se multiplier. Risquent... puisque depuis le début du millénaire, le maximum par an été de 81.

Par contre de nombreuses espèces risquent de disparaître puisque 75 % d’entre elles sont déjà menacées : pour la pêche déjà mentionnée, pour fabriquer des cosmétiques, pour faire des abrasifs spéciaux avec la peau, pour confectionner des bottes et chaussures de luxe, pour distraire des touristes-pêcheurs amateurs de trophées ou de photos souvenirs. Ils sont également tués par hasard lors d’autres pêches au chalut.

La majorité des médias, les offices touristiques, les municipalités concernées sonnent donc le tocsin contre les requins et déplorent (ce qui est humainement normal) chaque victime. Et ils déclarent la guerre aux requins dans des territoires où les accidents de voiture font chaque mois plus de blessés et de morts que les requins en une année. Mais personne ne songe aux requins, les inoffensifs comme les autres, alors que ces poissons prédateurs sont indispensables à l’équilibre écologique des mers et des océans.
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Re: Biodiversité

Messagede jackpot » 03 Sep 2012, 18:01

Ouep et comme disait Eric chevillard:
"les seiches se font devorer par les requins, sur la plage,on ne retrouve que leurs surfs"
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Re: Biodiversité

Messagede altersocial » 03 Sep 2012, 21:58

jackpot a écrit:Ouep et comme disait Eric chevillard:
"les seiches se font devorer par les requins, sur la plage,on ne retrouve que leurs surfs"


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Messagede altersocial » 13 Sep 2012, 17:21

Les 100 espèces les plus menacées au monde condamnées à disparaitre ?

A l’occasion du congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui se déroule actuellement à Jeju, en Corée du Sud, la Société zoologique de Londres (ZSL) a publié mardi 11 septembre la liste des 100 espèces les plus menacées d’extinction au monde.

Toutes les espèces ne sont pas égales devant les lois de la sélection naturelle, d’autant plus quand l’Homme décide de s’en mêler… Sur tous les organismes vivants sur la Terre, animaux, végétaux ou champignons, la Société zoologique de Londres (ZSL) a sélectionné les 100 plus menacés par l’extinction. Du caméléon Tarzan au rhinocéros de Java en passant par l’orchidée des îles Caïmans, la liste met en évidence les êtres vivant laissés pour compte, tous ou presque en dehors des programmes actuels de conservation.

La raison ? Le manque d’intérêt que suscite leur existence. "Rien ou presque n'est fait pour empêcher leur disparition, au motif qu'aucune ne procure des avantages évidents à l'humanité" explique sur son site le quotidien Le Monde. Le rapport de la ZSL, publié sur leur site et présenté sous le titre "Priceless or worthless?" ("Sans prix ou sans valeur ?") s’attache à accorder crédit à ces organismes exclus. En tête du sinistre palmarès : la tortue Rafetus swinhoei. Seuls 4 individus composent aujourd’hui cette espèce presque complètement éteinte. Le Saloa, bovidé entre la chèvre et l’antilope endémique de l’Asie du Sud-Est risque le même sort avec seulement une dizaine d’individus existants.

"Toutes les espèces de cette liste sont uniques et irremplaçables. Si elles disparaissent, rien ne pourra les faire revenir. Mais si nous agissons immédiatement, nous pouvons leur donner une chance de survie", a déclaré dans un communiqué Ellen Butcher, co-auteure du rapport, Ellen Butcher. Un pari rendu difficile par le manque de moyens financiers dont disposent les associations en charge des programmes de conservation.

Selon une étude menée par l'IUCN sur le statut des 63.837 espèces vivantes connues, près d’un tiers risquent l'extinction à plus ou moins long terme. Les raisons d’un tel déclin seraient principalement la perte de leur habitat, le réchauffement climatique ou encore la chasse. Parmi les organismes menacés de disparaitre, 41% sont des amphibiens, 33% des récifs coralliens, 25% des mammifères, 20% des végétaux et 13% des oiseaux.
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Re: Biodiversité

Messagede altersocial » 19 Oct 2012, 21:17

Biodiversité : « Madame Batho, il faut stopper la financiarisation de la nature ! »

Peut-on confier aux marchés financiers la préservation des écosystèmes et de la biodiversité ? Verrons-nous bientôt en Europe des centaines de banques de « compensation biodiversité », vous proposant d’investir dans une forêt primaire ou une espèce menacée ? C’est à ces questions que doit répondre la ministre de l’Écologie Delphine Batho, à la Convention de l’Onu sur la biodiversité (COP11) qui se déroule en Inde. Le gouvernement français soutiendra-t-il la transformation de la nature en registre comptable ?

La ministre de l’Écologie, Delphine Batho, doit s’exprimer lors de la convention de l’Onu sur la biodiversité (COP11 [1]) qui se déroule actuellement à Hyderabad en Inde. Quelle sera la position du gouvernement français sur la « conservation de la biodiversité » et ses financements ? Ceux-ci sont destinés en priorité aux pays les plus pauvres économiquement, souvent les plus riches en termes de biodiversité (comme la République démocratique du Congo). Ils doivent permettre la mise en œuvre des décisions prises lors de la précédente conférence de Nagoya (Japon). Ces décisions visent à stopper d’ici 2020 l’érosion de la biodiversité et à assurer le « partage juste et équitable » des ressources génétiques [2]. La signature du « plan stratégique » avait d’ailleurs été conditionnée à ce que les pays, notamment « industriels », accroissent substantiellement leurs contributions.

Or, ces financements restent pour le moment largement insuffisants. Les pays du Nord s’abritent derrière la débâcle économique actuelle pour ne pas les augmenter. Il n’est pas acceptable que la transition écologique soit rendue impossible en raison de politiques d’austérité. La biodiversité, les écosystèmes, la nature sont des biens communs de l’humanité. Leur protection nécessite des financements publics, mondiaux, assurés par des taxes globales.

« Utiliser le business pour protéger l’environnement »

A Hyderabad, la brûlante question des financements ne se limite pas à celle des montants. Leur provenance, les modalités et mécanismes pour les recueillir sont tout aussi importants. Sous prétexte des échecs – avérés – des politiques menées depuis des dizaines d’années pour enrayer l’érosion de la biodiversité, de nombreux pays, institutions internationales (Banque Mondiale, PNUE, Union Européenne etc.), banques et entreprises multinationales, semblent avoir décidé de remplacer les législations et régulations environnementales par des dispositifs et instruments de marché.

Les documents préparatoires à la COP11 multiplient les références aux « instruments financiers innovants », à la « compensation biodiversité » et aux « paiements pour services écosystémiques ». Un échappatoire que les pays donateurs utilisent pour ne pas s’engager sur des financements publics satisfaisants et contraignants. Niant la complexité, l’unicité et l’incommensurabilité des écosystèmes, cette approche transforme les écosystèmes et les services qu’ils rendent en actifs financiers comparables, quantifiables et échangeables sur des marchés. Pour le plus grand bonheur d’une finance privée en mal de valorisation financière.

Les forêts ? Une simple addition de stocks de carbone, de stations d’épuration d’eau douce et d’abris pour espèces en danger ! La préservation de ces fonctions écologiques serait liée à des décisions d’acteurs financiers et d’entreprises privées. Des dispositifs inefficaces et dangereux, comme le montre l’exemple du commerce du carbone. Et qui ouvrent la porte à une forme de « business as usual », où seul ce qui est financièrement rentable sera protégé.

L’Union Européenne est un des principaux promoteurs de cette financiarisation de la nature. Le commissaire à l’Environnement de l’Union Européenne, Janez Potocnik, a récemment déclaré vouloir généraliser la « comptabilité du capital naturel ». Il souhaite travailler avec la Banque européenne d’investissements (BEI) pour créer des instruments financiers qui facilitent l’investissement privé dans la biodiversité. Et considère d’ailleurs plus généralement qu’il faudrait « passer d’une situation où l’environnement était protégé du business, au fait d’utiliser le business pour protéger l’environnement » !

Des crédits et marchés dédiés à la biodiversité

Les déclarations de Janez Potocnik ne sont pas des paroles en l’air. L’Union Européenne a établi des préconisations en ce sens et les expérimente dans bon nombre de politiques publiques. L’exemple le plus éloquent : le marché du carbone européen qui, malgré ses défaillances internes et son inefficacité incontestable, est érigé en modèle par l’UE. L’Europe utilise des fonds publics pour encourager d’autres États à mettre en œuvre des marchés du carbone similaires.

Le marché carbone européen est pris en exemple pour la biodiversité. La Commission européenne a rédigé une initiative peu connue, appelée « EU habitat banking », qui met l’accent sur de nouveaux systèmes de compensation biodiversité. Concrètement ? Des entreprises dont les activités détériorent la biodiversité ou les écosystèmes pourraient acheter ces certificats sur des marchés dédiés afin de « compenser » leurs activités néfastes. La Commission Européenne souhaite fixer un objectif d’ « aucune perte nette » (no net loss) de biodiversité : un bout de biodiversité détruit ici est considéré comme équivalent d’un autre bout ailleurs. Que ce soit en termes d’espèces, de structure des habitats, du fonctionnement des écosystèmes, voire même de l’utilisation et des valeurs culturelles qui leur sont associées.

Bientôt des centaines de banques de « compensation biodiversité » ?

Le gouvernement français soutient-il ces projets ? En septembre, lors de la Conférence Environnementale, le premier Ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé une loi cadre sur la biodiversité pour 2013 et la création d’une agence nationale de la biodiversité. La biodiversité « constitue un capital qui permet le développement de très nombreuses activités économiques », a-t-il précisé... Est-ce l’annonce que la loi cadre incorporera des dispositifs facilitant la financiarisation de la nature ? A l’image du Royaume-Uni, la France va-t-elle faire évaluer par un cabinet d’expertise privé la valeur monétaire de ses écosystèmes et des services qu’ils nous rendent chaque année ?

La France est déjà concernée par des projets de ce type puisque la Caisse des dépôts et consignations (CDC), institution financière publique, a créé une filiale, la CDC Biodiversité, dans la perspective de fournir des crédits de compensation à des maîtres d’ouvrage dont les activités érodent l’environnement. Si la France est encore loin des centaines de banques de compensation existants aux États-Unis, il est prévu que la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes – qui va nécessairement détruire la biodiversité de cette région de bocage – soit compensée en terme de biodiversité. Des logiques de compensation des zones humides sont également envisagées pour la partie française de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

La « compensation biodiversité » va-t-elle être stoppée ? Ou au contraire, le gouvernement français va-t-il encourager, en France, en Europe et à l’échelle mondiale, des mécanismes qui mettent l’avenir et la préservation des écosystèmes dans les mains des acteurs et marchés financiers ? Ceux-là mêmes qui nous ont conduit dans le marasme économique actuel.

Maxime Combes, membre d’Attac France et de l’Aitec, engagé dans le projet Echos des Alternatives
Notes

[1] 11ème Conférence des Parties de la convention de l’ONU sur la biodiversité

[2] A l’occasion de la COP10, ont été adoptés le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le « partage juste et équitable » des avantages qui en découlent ; le Plan stratégique 2010-2020 visant à stopper l’érosion de la biodiversité ; et la Stratégie de financement visant à augmenter les niveaux actuels d’aide publique au développement (APD) en soutien à la conservation de la biodiversité.
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Re: Biodiversité

Messagede ivo » 19 Oct 2012, 22:26

j'ai peut etre les neuronnes fatigués à cette heure mais y'a un truc que je pige pas là:
- tu detruis admettons une espece de grenouilles qui vivait là et en échange tu replantes 100h de pins à 1000km et basta ??
le tout avec les financements de la CDC ? (le contribuable ?? )

si qqu'un comprend mieux que moi, je suis preneur.
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
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Re: Biodiversité

Messagede altersocial » 20 Oct 2012, 13:02

Oui, encore une fois c'est du théorique maquillé en bonne conscience, des mécanismes irréalistes au profit du Saint-Capital. Mais ce "capitalisme vert" trouve ses limites naturelles dans deux réalités indépassables : l'échelle de la planète et la redistribution d'un capital à bout de souffle pour le financer.

A moins d'aller polluer la Lune :confus:
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Re: Biodiversité

Messagede Ulfo25 » 24 Nov 2012, 11:07

Article Le Monde, " Les deux tiers des arbres menacés de dépérissement" lié à une étude scientifique récente.
Voici le lien : http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html
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Huîtres et baleines

Messagede altersocial » 30 Déc 2012, 12:23

:arrow: Pollution des océans :

Ce mal mystérieux qui décime les huîtres

Chaque année, c’est la même hécatombe partout dans le monde : 70% des huîtres meurent avant de pouvoir être consommées. Réchauffement des océans, virus tueur, pollutions aux pesticides, asphyxie progressive des mers... Les avis divergent sur les raisons de cette catastrophe. En attendant, le chômage progresse dans l’ostréiculture. Basta ! tente de remonter la piste de ce mal mystérieux.

C’est l’un des paradoxe des festins de Noël. L’huître que vous allez peut-être déguster à l’occasion des Fêtes est une rescapée. Chaque année, depuis 2008, c’est la même chose : à partir du mois de mai, les jeunes huîtres creuses meurent, en masse. De 30% auparavant, leur taux moyen de mortalité est passé à 70%. Dans certaines régions, il atteint même 90% ! Que se passe-t-il donc ? « Les employeurs nous font part de diverses causes. Ils parlent du réchauffement climatique, de la pollution maritime et notamment de l’écoulement des eaux usées dans la mer. Ils parlent aussi des pesticides et des virus. Bref, plusieurs explications sont avancées. Mais on sait que tout le monde n’est pas d’accord », tente de répondre Jean-Pierre Mabillon, secrétaire général adjoint de la Fédération générale des travailleurs de l’agriculture du syndicat Force ouvrière.

Un bouc-émissaire était tout désigné : l’huître des quatre saisons, un coquillage « chromosomiquement » modifié [1]. Elle a, un temps, été soupçonnée d’être à l’origine de cette surmortalité. Mise au point en 1997 par l’Institut public français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), cette huître représente actuellement 30 à 40% des bivalves vendues en France. Stérile, elle ne dépense pas d’énergie pour sa reproduction.

Premier suspect : une huître modifiée

Cette huître domestique pousse donc plus vite que les mollusques sauvages, sans produire de laitance, cette matière blanchâtre qui freine la consommation des huîtres de mai à août. Elle permet aux ostréiculteurs d’éviter le creux de l’été. Mais les oblige à passer par des écloseries – des élevages industriels – pour renouveler leurs parcs. Attachés à leur indépendance, des professionnels ont créé une association autour de la marque déposée « Huîtres nées en mer ». Et collectent eux-mêmes leurs naissains.

Le milieu ostréicole a donc espéré que l’huître des quatre saisons résisterait mieux à l’hécatombe. Mais elle aussi succombe à ce mal mystérieux. Et c’est à tort qu’elle a été accusée d’avoir introduit un virus ou des bactéries qui auraient infecté les huîtres sauvages. Seul risque avéré de ce coquillage modifié : rendre stérile les huîtres naturelles en les contaminant. Que se passerait-il si, par inadvertance, de telles huîtres étaient relâchées dans la nature ? Cela pourrait « entraîner l’extinction de l’huître diploïde originelle », répondait en 2004 le comité d’éthique et de précaution de l’Inra et de l’Ifremer. Mais cela n’explique pas la surmortalité, et nous égare de la traque de notre serial killer de mollusques.

Virus tueur de mollusques ou pesticides ?

Pour les autorités sanitaires, le responsable de la tragédie est un virus, qui répond au nom barbare d’OsHV-1. Il proliférerait à la faveur du dérèglement climatique. « Les variations brutales de la température des eaux, conséquences directes du réchauffement climatique, provoquent un stress physiologique chez l’animal qui permettrait aux agents pathogènes de se développer », avance le biologiste Jean-Pierre Baud, de l’Ifremer. Idem pour les polluants chimiques, notamment les pesticides, qui fragiliseraient le système immunitaire des huîtres. Il y a donc un virus qui se balade, et qui profite du piètre état de santé d’huîtres vivant dans des eaux trop chaudes et trop polluées, pour prospérer.

Tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. Certains professionnels se demandent ainsi pourquoi le virus ne se précipite que sur 80% des huîtres qui meurent. De quoi meurent les autres, alors ? En janvier 2012, Goulven Brest, président du Comité national de la conchyliculture (CNC), affirmait que le virus OsHV-1 n’était pas une cause, mais « plutôt une conséquence » de la mortalité des huîtres. Et que l’origine de cette mortalité était « pluri-factorielle » [2] Interrogé par Basta ! sur les raisons de l’hécatombe, le CNC reste prudent : « Des travaux sont toujours en cours. Les résultats devraient tomber au printemps ou à l’été 2013 ». Le comité se dit « satisfait » de la nomination d’un expert généticien, chargé de trouver les causes (et d’éventuelles solutions) à la mort massive des huîtres.

Les huîtres, victimes d’un surcroît de CO2 ?

Certains professionnels, peu nombreux, sont convaincus que c’est l’état déplorable des océans qui fait mourir les huîtres. Pour Georges Quétier, ancien ingénieur et pionnier de l’ostréiculture normande, le fait que seules les juvéniles succombent est une preuve évidente de cette causalité environnementale. « Seuls les plus jeunes meurent. Or on sait qu’elles sont plus sensibles que les adultes à l’état de leur milieu. De plus, on fait face à un phénomène mondial, plus ou moins féroce selon les régions, mais qui se déplace au gré des saisons. Quand les eaux commencent à se réchauffer, aux beaux jours, les huîtres périclitent. Pourquoi ? Parce que leur milieu est complètement eutrophisé. »

Liée à un apport excessif d’azote et de CO2, l’eutrophisation est déclenchée par la croissance trop rapide du plancton végétal. A l’image de ce qui se passe en surface avec les algues vertes. Quand l’oxygène vient à manquer, le plancton asphyxié meurt. Sa décomposition achève de consommer l’oxygène disponible. Et c’est l’asphyxie générale. Mais d’où viennent l’azote et le CO2 qui étouffent la vie sous-marine ? Des moteurs et du modèle agricole intensif, principalement. Évidemment, cette version est moins facile à défendre que celle du problème génétique, qui a l’avantage de ne remettre en cause ni nos modèles de développement, ni nos modes de vie.

Des sentinelles marines

Étroitement mêlée au risque d’asphyxie , l’acidification des océans est elle aussi en cause. Tenue d’absorber tous les jours depuis deux siècles des millions de tonnes de CO2, la mer s’acidifie. On connait mal l’ampleur des conséquences de ce changement d’état de nos océans. Mais divers indices montrent que cela « diminuerait la capacité à calcifier des coraux, oursins et mollusques », estime Frédéric Gazeau, chargé de recherche au CNRS [3]. Autrement dit : les huîtres ne seraient plus capables de fabriquer leurs coquilles.

Sur les côtes californiennes, les ostréiculteurs ferment leurs stations de pompage quand l’eau – sous surveillance quotidienne – devient trop acide. Les rivages français sont-ils soumis à ce problème ? Nul ne le sait, aucune mesure systématique n’étant réalisée. La mise en place de tels dispositifs est réclamée par une partie des ostréiculteurs.

Hécatombe en mer, chômage sur terre

« Pour le moment, le chiffre d’affaires de la filière ostréicole est stable, les prix ayant augmenté en même temps que la baisse des produits, de manière à pouvoir garder un équilibre », détaille le CNC. « L’huître reste un produit de luxe, festif, et n’est donc pas trop sensible à la crise, ajoute un ostréiculteur. Cela continue à bien se vendre. » Autre technique utilisée par les professionnels pour compenser l’hécatombe : l’augmentation du nombre de naissains dans les parcs : « On sait qu’il y a 70% de perte, on calcule en fonction. Bien sûr, cela fait plus de travail de mise en place et de collecte. » Sans compter que l’on ne sait pas ce qu’engendre, à terme, de telles quantités d’huîtres mortes concentrées sur les parcs. Près de 120 millions d’euros ont par ailleurs été mobilisés par l’État dans différents types d’aides publiques : allocation de subventions en fonction des déclarations de mortalité, sur le modèle des calamités agricoles.

Depuis quatre ans, 3 000 emplois saisonniers ont été supprimés tandis que le nombre d’heures supplémentaires a grimpé chez les permanents. Et les derniers accords de salaires évoquent un simple maintien du pouvoir d’achat. En échange de cet effort, les salariés attendent « un renvoi d’ascenseur quand le secteur ira mieux ». Mais sortira-t-il de la crise ? Rien n’est moins sûr. Pour le moment, l’Ifremer et les organisations professionnelles comptent sur l’adaptation des huîtres à leur environnement. Dans la mesure où les changements de ce milieu se font de plus en plus vite, cet espoir semble un brin fragile.

Nolwenn Weiler

Photos : CC heatherjoan et Office du tourisme de Bayeux
Notes

[1] L’huître des quatre saisons, ou huître triploïde, n’est pas un OGM car sa « fabrication » s’est faîte sans apport de gène étranger mais par manipulation des gamètes (via un choc chimique ou thermique), ou par fécondation d’un ovule triploïde (manipulé auparavant).

[2] Les surmortalités des naissains d’huîtres creuses. Journée d’information et d’échanges du 18 janvier 2012. Ifremer.

[3] Frédéric Gazeau est membre du laboratoire océanologique de Villefranche-sur-mer qui a participé à divers travaux sur l’acidification des océans.


:arrow: Opération à haut-risque pour le Sea Shepherd :

Les écologistes de Sea Shepherd partent à l'abordage des baleiniers japonais

La flotte japonaise a appareillé ce matin, vendredi 28 décembre, pour sa saison de chasse à la baleine. Direction l’Antarctique. Une campagne sous haute tension puisque les activistes écologistes de Sea Shepherd sont déjà partis à l’assaut des mers avec la ferme ambition de perturber la partie de pêche.

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Des steaks de baleine vendus sur un marché au Japon.

D’un côté, un baleinier japonais de 130 mètres de long pour 8 000 tonnes. De l’autre, le rorqual commun, une espèce d’une vingtaine de mètres de long et de quelques dizaines de tonnes. En guise d’arbitre, un spécimen écologiste : Paul Watson.

La chasse à la baleine est ouverte. Le Nisshim Maru, un navire-usine, a pris la tête de la flotte baleinière nippone ce vendredi 28 décembre, a annoncé un responsable de Greenpeace au Japon. Il fait route vers l’Antarctique et trois autres navires le rejoindront. Une information que l'Agence de la pêche japonaise n'a pas souhaité confirmer à l'AFP, « pour des raisons de sécurité ».

En tout cas les objectifs sont clairs : 935 petits rorquals et 50 rorquals communs d’ici mars. Mais c’est sans compter sur les militants écologistes de l’association Sea Shepherd, basée aux Etats-Unis qui ont promis de faire tout leur possible pour perturber au maximum les opérations.
Des steaks de baleine vendus sur un marché au Japon.


La saison de pêche annuelle a donc commencé, la bataille navale aussi.

Pêcher la baleine est interdit depuis 1986. Mais les Japonais continuent de chasser sous couvert de recherche scientifique. Et la chair de baleine finit inéluctablement sur les étals nippons.

Alors cette année, Paul Watson et ses amis ont mis les bouchées doubles : pas moins de quatre navires, un hélicoptère, trois drones et une centaine de personnes attendent les baleiniers, prêts à en découdre. « Opération Tolérance zéro ». C’est le nom de la 9e campagne de l’association.

De quoi faire monter la tension car, il y a une dizaine de jours, une cour de justice américaine a interdit à l’organisation de s’approcher « en aucune circonstance à moins de 500 mètres » des navires japonais.


Ces derniers ont d’ailleurs prévu le coup : des garde-côtes seront à bord des baleiniers nippons pour assurer la sécurité. L'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et les Etats-Unis, quatre nations opposées à la chasse aux cétacés, ont appelé les Sea Sheperd à s'en tenir à des manifestations pacifiques.

Mais il en faut plus pour décourager le pirate écologiste Paul Watson, sous le coup d’un mandat d’arrêt du Costa Rica : « Ils verront que nous sommes toujours là pour garder le sanctuaire des baleines dans les mers du Sud, avec nos bateaux et nos vies », déclarait Sea Shepherd sur son site internet. Un combat qui n’est pas sans danger donc, mais efficace. L’année dernière, harcelés par les écologistes, les bateaux japonais avaient pêché moins d’un tiers de leurs objectifs. Soit un peu plus de 250 baleines.


http://www.seashepherd.fr/
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Re: Biodiversité

Messagede altersocial » 05 Jan 2013, 14:17

Les dauphins du Mékong, une espèce menacée d'extinction par les filets maillants

Les dauphins du Mékong sont menacés de disparition en raison des filets maillants déployés illégalement dans le fleuve.

Au Cambodge comme au Laos, de multiples efforts sont faits pour sauver les dauphins du Mékong. Mais la tâche est loin d'être simple et les menaces continuent de peser sur les animaux. Ceux-ci voient leur population (estimée à seulement 85 par le WWF) diminuer en raison d’une mortalité des petits inexplicablement élevée, de la consanguinité, des maladies et de la destruction de leur habitat. Mais Pech Sokhan, un des 77 gardes qui patrouillent sur la partie cambodgienne du Mékong, montre également comment les filets maillants, pourtant interdits, entraîne la mort des dauphins adultes.

Ces filets, déployés verticalement pendant une longue période et conçus pour que la tête des poissons reste coincée dans les mailles sont "la plus grande des menaces", estime Gordon Congdon, du WWF cité par l'AFP. "Nous devons éduquer les gens tous les jours", explique Pech. En août dernier, les autorités ont créé une zone de protection de 180 km de long, de la ville de Kratie (Cambodge) à la frontière laotienne. Dans cette partie du Mékong, la pêche reste autorisée mais les filets maillants et les cages sont interdits. Néanmoins, les contrevenants ne risquent ni arrestation ni amende, juste la confiscation du matériel.

Une punition jugée suffisamment sévère pour ces familles pauvres, relève Touch Seang Tana, président de la commission gouvernementale de conservation des dauphins et de développement de l'éco-tourisme. En tout, 8.000 mètres de filets maillants ont été saisis en quelques jours début décembre et deux dauphins ont été retrouvés morts enchevêtrés dans des filets ces derniers mois. Finalement, le meilleur moyen de sauver ces mammifères d'eau douce qui n'existent plus que dans trois rivières dans le monde reste de développer le tourisme lié aux dauphins.

Une bataille sans fin face à la pauvreté

La chose fonctionne puisque ces mammifères ont attiré 30.000 visiteurs dans la région cette année, contre 20.000 en 2011 et seulement 50 en 2000, selon Touch. Les balades en bateau et la vente de souvenirs génèrent des revenus non négligeables. Néanmoins, ceux qui ne peuvent pas bénéficier du tourisme sont contraints d’utiliser de filets pour survivre. Eam Mao, par exemple, 55 ans, gagne un peu plus de 2 dollars par jour grâce à ses prises quotidiennes.

"C'est beaucoup plus difficile pour nous de gagner notre vie que pour ceux qui vivent près des dauphins", indique-t-il alors qu’il vit à quelques kilomètres seulement du principal site d'observation du cétacé. Mais la bataille "sera sans fin jusqu'à ce que la pauvreté disparaisse", reconnaît Touch. "Les gens savent que les filets maillants tuent les dauphins mais ils pensent à leur propre estomac". C’est ainsi pour offrir d’autres solutions à 37 villages que WWF travaille avec le gouvernement et des ONG locales pour développer l'aquaculture, l'élevage ou l'écotourisme.


Les baleiniers voguent vers l'Antarctique, malgré Sea Shepherd

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Une flotte baleinière japonaise a largué les amarres vendredi pour l'Antarctique où elle conduira sa campagne de pêche annuelle, malgré les menaces de l'organisation écologiste Sea Shepherd. "Le navire amiral, le Nisshin Maru, a quitté aujourd'hui (vendredi) l'île d'Innoshima" dans l'ouest du Japon, a expliqué Junichi Sato, un responsable de Greenpeace au Japon.

L'agence de presse Kyodo a rapporté pour sa part que trois autres navires baleiniers, partis du port de Shimonoseki (ouest) allaient rejoindre le navire usine. L'Agence de la pêche japonaise n'a pas souhaité confirmer ces informations. "Nous ne révélons pas la date de départ pour des raisons de sécurité", a indiqué un de ses responsables.

Près de 1.000 animaux seront pêchés
Dans une déclaration préalable, elle avait indiqué que la flotte espérait pêcher jusqu'à 935 petits rorquals et 50 rorquals communs d'ici au mois de mars. La flotte nippone est attendue de pied ferme dans l'Antarctique par les militants de l'association de défense de la nature Sea Shepherd, installée aux Etats-Unis, qui ont promis de perturber ces opérations de chasse.

Sea Shepherd a envoyé des bateaux dans la zone pour la 9e fois, avec un déploiement record cette année: quatre navires, un hélicoptère, trois drones et une centaine de personnes engagées. Il y a une dizaine de jours, une cour de justice américaine a interdit à Sea Shepherd de s'approcher "en aucune circonstance à moins de 500 mètres" des navires japonais quand ils naviguent en pleine mer.

Mais l'ONG de Paul Watson, qui est recherché par Interpol, a maintenu son cap. "Ils verront que nous sommes toujours là pour garder le sanctuaire des baleines dans les mers du Sud, avec nos bateaux et nos vies", a répliqué Sea Shepherd sur son site internet.

Une chasse à des fins de recherche?
Les pays opposés à la pêche à la baleine ont appelé jeudi les militants écologistes à s'en tenir à des manifestations pacifiques et sans danger. L'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et les Etats-Unis ont déclaré dans un communiqué commun qu'ils n'hésiteraient pas à faire respecter la loi en cas "d'activité illégale". La semaine dernière, les autorités japonaises ont indiqué que des garde-côtes seraient à bord des baleiniers nippons pour assurer la sécurité des Japonais face aux manoeuvres de harcèlement de l'association écologiste.

Le Japon pêche des baleines en vertu d'une tolérance de la Commission baleinière internationale (CBI) pour la chasse à des fins de recherche, bien que la chair des animaux finisse sur les étals nippon. L'organisme international proscrit toute pêche commerciale.

Chasse aux dauphins
Tokyo souligne en outre que la pêche au cétacé fait partie intégrante de la culture japonaise. Sea Shepherd reproche aussi, avec d'autres, aux Japonais de chasser des dauphins, notamment dans la baie de Taiji rendue célèbre par le documentaire oscarisé "The cove, la baie de la honte".

Remontée contre Tokyo, l'association a annoncé mi-décembre qu'elle soutenait Pékin dans une querelle sino-nippone sur la souveraineté d'îles de mer de Chine orientale, administrées par le Japon sous le nom de Senkaku mais revendiquées par la Chine en tant que Diaoyu. "La mainmise du Japon sur ces îles conduirait au massacre de davantage de dauphins et baleines dans leurs environs", s'est inquiétée l'ONG.


Pêche au requin : Sea Shepherd découvre un charnier sur le toit d’une usine chinoise

Ce jeudi 3 décembre, les associations de défense de l’environnement s’insurgent une nouvelle fois contre la pêche au requin pratiquée dans la mégalopole autonome du sud de la Chine, Hong Kong. La raison de la colère des écolos : la découverte sur le toit d’une usine chinoise de milliers d’ailerons par un militant de l’ONG Sea Shepherd. Un charnier qui témoigne selon lui de la barbarie des pêcheurs chinois.

Les milliers d’ailerons de requins découverts récemment par Gary Stokes, militant au sein de l’ONG maritime Sea Shepherd, séchaient sur le toit d’une usine de Hong Kong à l’approche du Nouvel An lunaire en Chine. Car l’aile dorsale du requin est un mets délicat que les gourmets de l’Empire du milieu savourent lors d’occasions exceptionnelles. Ils les utilisent notamment dans des soupes servies lors de banquets chinois. Et la mégalopole semi-autonome du sud de la Chine, Hong Kong, se vante d’être l’un des premiers marchés pour l’aileron de requin. A raison : elle importe environ 10.000 tonnes d’ailerons par an dont la majeure partie est réexpédiée vers le continent chinois.

Les opposants au« finning », ce procédé qui implique de couper la nageoire dorsale de l’animal alors qu’il est encore en vie, avant de le relâcher mourant dans la mer, dénonce une pratique « barbare » et un acte de torture gratuit qui participe de la raréfaction des requins. Gary Stokes a ainsi découvert entre 15.000 et 20.000 ailerons sur le toit de l’usine chinoise : « c’est l’aspect le plus choquant, le plus brutal et le plus barbare de cette industrie », a-t-il déclaré avant de poursuivre : « La demande [d'ailerons] à Hong Kong baisse mais malheureusement la demande en Chine augmente ».

Selon le Fonds mondial pour la nature WWF, le « finning » serait responsable de la mort de 73 millions de requins chaque année. Les plus sévèrement touchés seraient les squales, car contrairement aux autres poissons, leur maturité sexuelle est extrêmement tardive et ils ne peuvent porter que peu de petits simultanément. Alors qu’attend-t-on pour interdire cette boucherie qui menace la vie d’espèces marines ?

L’Union européenne – puissante exportatrice de requins – l’a fait en novembre dernier en prohibant la découpe des ailerons à bord de ses bateaux. Mais est-ce vraiment suffisant ?
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Re: Biodiversité

Messagede altersocial » 12 Jan 2013, 12:14

Une famille de 11 éléphants abattue au Kenya par des braconniers

Le Service de la Faune kényane (KWS) a annoncé mardi qu'un groupe de 11 éléphants avaient été tués par des braconniers. Un acte dont il recherche activement les auteurs et qu'il a décrit comme le plus important massacre de pachydermes au Kenya depuis deux décennies.

C'est un triste record qui vient d'être révélé par le Service de la Faune kényane (KWS). Alors que le braconnage des espèces menacées ne cesse de prendre de l'ampleur à travers le monde, un nouveau massacre a eu lieu dans le sud-est du pays. Les corps criblés de balles d'une famille de 11 éléphants dont un éléphanteau âgé de deux mois, ont été découverts samedi dans le Parc national de Tsavo. Leurs défenses avaient été tranchées.

Selon le KWS, c'est le plus important massacre de pachydermes que le Kenya a connu depuis deux décennies. "Nous n'avons pas perdu autant d'éléphants en une seule et unique tuerie depuis le début des années 1980. C'est un signal clair que les choses empirent", a estimé Patrick Omondi, chef du programme Eléphants au KWS. "Nos premières constatations montrent que les braconniers étaient au moins dix", a poursuivi M. Omondi. Dans un communiqué, le KWS a affirmé rechercher activement les auteurs de ce terrible massacre.

Sans surprise, c'est une nouvelle fois le succès de l'ivoire dont sont faites les défenses d'éléphants qui en est à l'origine. Ces dernières années, la demande en Asie où l'ivoire est utilisée dans la médecine traditionnelle et dans la fabrication d'objets décoratifs, a particulièrement augmenté, conduisant à une hausse importante du braconnage d'éléphants d'Afrique. "Un kilo d'ivoire peut atteindre jusqu'à 2.500 dollars au marché noir, un argent qui finance des gangs extrêmement organisés dotés d'armes sophistiquées", a souligné M. Omondi.

Des tonnes de défenses d'éléphants saisies en Asie

Bien que le commerce international de l'ivoire soit, sauf rares exceptions, interdit depuis 1989, les autorités peinent à enrayer le phénomène. En 2012, environ 360 éléphants ont été tués par des braconniers, contre 289 l'année précédente, selon KWS. Au moins 40 braconniers et six "rangers" (gardiens armés des parcs) du KWS ont été tués en 2012, dans le cadre de la lutte anti-braconnage. Ajouté à cela, les saisies de défenses d'éléphants se sont faites de plus en plus fréquentes et importantes.

Début janvier, les douanes de Hong Kong avaient saisi plus d'une tonne de défenses d'éléphants en provenance du Kenya, d'une valeur d'un million d'euros, la troisième prise de ce type en provenance de ce pays ou de Tanzanie voisine en moins de trois mois, rappelle l'AFP. "Le braconnage des éléphants est à son pire niveau depuis une décennie et le volume des saisies d’ivoire enregistrées a atteint celui de 1989", a indiqué de son côté la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) dans un rapport publié en juin.

Au milieu du XXe siècle, plusieurs millions d'éléphants étaient recensés en Afrique avant que ce nombre ne chute dramatiquement à environ 600.000 spécimens à la fin des années 1980. Aujourd'hui, l'éléphant d'Afrique, menacé par le braconnage et la destruction de son habitat naturel, est inscrit sur la liste des espèces menacées de la Cites et sa population actuelle est estimée à environ 472.000 individus.
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Re: Biodiversité

Messagede digger » 03 Fév 2013, 08:06

Communiqué de l'association Kokoppelli - 19 janvier 2012    
L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !
En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation européenne aussi bien que par la réglementation française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !
De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs, qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».
De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs européens ».
Il en conclut logiquement que « les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »
Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences. 


Kokopelli est défendu par Blanche Magarinos-Rey, femme et avocate admirable, très présente aussi sur le dossier Notre Dame des Landes, et pas que comme avocate, mais sur des projets très concrets puisqu’elle fait le lien entre Kokopelli et les besoins en semence de la ZAD pour les variétés menacées
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Re: Biodiversité

Messagede ivo » 03 Fév 2013, 09:06

oh ... un miracle ...
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
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Re: Biodiversité

Messagede altersocial » 27 Fév 2013, 12:33

Bataille navale dans les eaux de l'Antarctique :

Corps-à-corps entre un baleinier japonais et un bateau de Sea Shepherd en Antarctique



Une “bataille navale” d’un nouveau genre se joue dans les eaux de l’Antarctique. Un bateau de l’association écologiste Sea Shepherd s’est retrouvé pris “en sandwich” ce mardi entre un baleinier japonais, et le pétrolier qui devait le ravitailler. La lutte, bord à bord, a duré près de cinq heures en haute mer. Chaque partie accuse l’autre de l’avoir attaquée. L’Australie, fermement opposée à la pêche à la baleine, a choisi son camp.

“Tokyo se moque de la Cour fédérale d’Australie, qui a rendu illégale et interdit la chasse à la baleine dans les eaux de l’Antarctique, considérées comme un sanctuaire, explique Bob Brown, directeur de Sea Shepherd en Australie. Le problème, c’est que le gouvernement australien ne décide rien pour faire appliquer la décision de la Cour fédérale”. Le Japon accuse Sea Shepherd d’avoir un “comportement dangereux”. Le fondateur de l’association écologiste, Paul Watson, répond: “C’est ridicule de penser qu’on est rentré dans le baleinier japonais. On aurait simplement rebondi”. Ce n’est pas la première collision entre les deux adversaires. En 2010, un bateau flambant neuf de Sea Shepherd en avait fait les frais.
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Re: Biodiversité

Messagede digger » 17 Mai 2013, 16:52

KOKOPELLI condamnée : biodiversité, la fin des illusions

Les verdicts sont tombés : l’association Kokopelli est lourdement condamnée : 12 000 € pour le grainetier Baumaux 23 000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF). Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun. C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800 000 € augmenté de 10 000 € et recevra pour ses frais 2 000 €. L’état français recevra 17 500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5 000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeux des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses. Sauver la biodiversité ?

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2 500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d’éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER.

Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment. Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens ! Comité de Soutien à l’Association Kokopelli

La finalité de ce comité de soutien est :
- de protéger l’Association Kokopelli des attaques de l’état Français et du lobby semencier.
- de libérer les semences de vie de l’emprise des multinationales de l’agro-chimie et des transgéniques.

Le Manifeste de Kokopelli, fondateur et fédérateur de ce comité de soutien peut être téléchargé. Contacts :

- Raoul Jacquin : 04 67 97 50 18 / raoul@kokopelli.asso.fr
- Jocelyn Moulin : 06 61 98 59 59
- Dominique Guillet : dominique@kokopelli.asso.fr

http://www.kokopelli.asso.fr/proces...
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