Surveillance généralisée, Big Brother

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 20 Mar 2010, 16:27

L'école placée sous surveillance
Sécurité. Le recteur a officiellement installé hier l'Equipe mobile de sécurité de l'académie de Toulouse.


La ficelle est aussi fine que le tour de taille de Xavier Bertrand en pleine retape sécuritaire entre deux tours d'élections régionales. Le recteur de l'académie de Toulouse, Olivier Dugrip a présenté hier après-midi « l'Équipe mobile de sécurité ». Une unité de quinze personnes - onze en permanence - composée pour moitié d'ex-policiers et gendarmes et pour deuxième moitié de psychologues, assistantes sociales, éducateurs façon « Men in black » (ou women) dans leurs costumes cintrés mais sans uniformes ni armes. A leur tête, Jean-Philippe Verne, ancien chef d'escadron de gendarmerie aujourd'hui comptabilisé dans les effectifs de l'Éducation nationale. Les missions de cette nouvelle unité ? Accompagnement du diagnostic de sécurité établissement par établissement ; prévention en cas de montée d'adrénaline ; sécurisation. Si le chef d'établissement en fait la demande au recteur qui, seul, a le pouvoir de prescrire le recours à l'Équipe mobile.

« Nous suivons les instructions du ministre, explique Olivier Dugrip. L'Équipe mobile de sécurité est opérationnelle dans l'académie de Toulouse. Elle ne se substitue pas aux forces de police ou de gendarmerie mais vient en renfort des équipes pédagogiques. C'est un élément d'une politique de sécurisation d'ensemble destinée à garantir la sécurité aux élèves, aux enseignants et aux personnels. »

Chiffres à l'appui, lire ci-dessus, le recteur évoque l'augmentation constante des faits de violences, de dégradations, incivilités, intrusions dans les établissements de l'académie : « L'école n'échappe plus aux phénomènes de violences urbaines. Agression de la CPE à Cugnaux, un membre du personnel d'un établissement des Hautes-Pyrénées giflé la même semaine, une parent d'élève interceptée avec deux couteaux, dans le Tarn, une tentative d'incendie volontaire aujourd'hui même (NDLR : hier, lire ci-dessous) au collège Croix-Daurade… Quoique relativement calme et tranquille, l'académie de Toulouse n'est plus à l'abri. » Après diagnostic de sécurité, neuf établissements toulousains seraient particulièrement exposés à l'insécurité. Ils feront l'objet d'un traitement spécial, un « diagnostic de sûreté ».

Selon le recteur, les violences arrivent en tête des faits d'insécurité alors que les atteintes aux biens sont en baisse, et le nombre d'intrusions (huit l'an dernier) dans les établissements est stable.

Chaque signalement fait l'objet d'une saisine de l'autorité judiciaire, accompagné pour les délits pénaux de dépôt de plainte, assistance juridique et prise en charge de la totalité des frais de justice.

Vidéosurveillance, alarmes, portiques...
L'Equipe mobile de sécurité a trois missions : 1. accompagnement du diagnostic de sécurité. A partir des lacunes repérées, l'Equipe préconise les mesures adéquates. «Contre l'intrusion, par exemple, cela peut être l'installation de barrières - pas forcément très hautes -, la mise en place d'un système d'alarme, de caméras de vidéoprotection, de portiques à l'entrée...» envisage le commandant Verne qui insiste : «Nous ne sommes pas dans l'ingérence mais dans la préconisation.» 2. La prévention. Lorsque la tension monte, qu'un climat de violence s'installe, le chef d'établissement peut demander au recteur le recours à l'Equipe mobile dont la mission consiste aussi à «recueillir tous les signalements, à les croiser avec les fichiers de police ou de gendarmerie». 3. La sécurisation. Lorsqu'un établissement se retrouve en difficultés à la suite d'une agression qui vient de se produire, par exemple, l'Equipe mobile vient en aide au chef d'établissement dans la gestion de crise, la plainte, la procédure judiciaire, l'information de la victime, etc.

Cocktail incendiaire au collège de Croix-Daurade
Coïncidence : hier, vers 12 h 45, une bouteille en plastique contenant vraisemblablement de l'essence a brûlé dans un escalier du collège Croix-Daurade. À cette heure-là, la plupart des élèves étaient au self ou dans la cour. Et aucun ne devait, en théorie, se trouver dans les bâtiments. « Ce sont les fumées qui ont alerté tout le monde, souligne Jean-Paul Petiot, le principal. Nous avons rassemblé tout le monde dans la cour. » Personne n'a été blessé et l'incident n'a pas créé d'affolement. Quelques élèves ont cependant été choqués. Les cours ont repris normalement à 14 heures.

Les dégâts matériels sont minimes mais ils vont handicaper partiellement la vie de l'établissement. Le revêtement en plastique du sol a fondu dans l'escalier. Les murs ont été noircis. Les fumées ont aussi endommagé six salles de cours, selon le principal.

Les pompiers et la police sont intervenus. Selon le principal, personne n'a été vu en train de déposer et d'enflammer la bouteille. Le ou les auteurs de cet acte, le premier de ce genre dans un établissement à Toulouse, sont donc inconnus. « Nous avons des élèves qui sont dans la confrontation mais il n'y a rien aujourd'hui qui explique ce geste », indique Jean-Paul Petiot.Refait à neuf, le collège Croix-Daurade, qui accueille 585 élèves, a été inauguré il y a quinze jours. Le jour de l'inauguration du papier avait été enflammé dans deux toilettes.

La FCPE très hostile
« Les parents d'élèves n'ont pas été associés à la mise en place de l'Équipe mobile de sécurité mais ils en ont été informés », dit Olivier Dugrip, le recteur. « Absolument faux ! » répond Pascal Astruc, président de la FCPE 31 qui prévient : « Cette unité est une unité que nous ne reconnaîtrons pas. Ils nous fabriquent une problématique là où il n'y en a pas. Ce sont des pompiers pyromanes : après avoir enlevé 100 000 personnes dans l'Éducation nationale il ne reste pas assez d'adultes dans les établissements. » Olivier Dugrip estime « avoir mis les moyens en personnels » : « plusieurs centaines d'AED (assistants d'éducation) dans l'académie, et après l'agression de Fenouillet, 85 médiateurs de réussite scolaire ont été implantés dans les 35 établissements où les besoins ont été recensés ». « Ce n'est pas le nombre d'AED qui compte mais leurs heures de présence », conteste Pierre Granet, secrétaire général de la FCPE 31. selon qui « toute l'adolescence est perçue comme suspecte par ce gouvernement. Sélectionner, surveiller et punir, voilà la logique. Avec un contrôle social des populations supposées à risque qui n'est pas acceptable. La stigmatisation ne fait qu'envenimer les choses. » Plutôt que des alarmes, de la vidéosurveillance et du contrôle social, la FCPE martèle sa demande permanente : « Un plan de création d'emplois, des classes de 25 élèves maximum et 15 en zones d'éducation prioritaire. Pour cela il faut augmenter le nombre de classes, donc le nombre de professeurs. Aujourd'hui, les collèges comptent 30 à 32 élèves en moyenne et les lycées entre 34 et 36. La saturation est l'un des facteurs d'exaspération. »
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Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 05 Avr 2010, 18:18

Un site Internet répertorie les lycées équipés de caméras | 05.04.10 | 14h09 • Mis à jour le 05.04.10 | 14h09

Le site Internet owni.fr a ouvert, vendredi 2 avril, une application permettant aux internautes de localiser les établissements équipés de caméras de surveillance.

"Il n'existe pas de recensement, explique Jean-Marc Manach, initiateur du projet et journaliste spécialisé dans les questions de surveillance. Il s'agit en premier lieu de compenser un déficit d'information."

"Cette lacune s'explique par le fait que les systèmes de vidéosurveillance sont financés par de multiples opérateurs : Etat, régions, etc.", explique Tanguy Le Goff, sociologue à l'institut d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Ile-de-France (IAURIF), et auteur d'une étude sur la vidéosurveillance dans les lycées franciliens.

Selon cette étude de 2007, près de 60 % des lycées d'Ile-de-France sont équipés de caméras, à des degrés divers.

Les lycéens, enseignants et proviseurs sont "cordialement invités à venir indiquer si [leur] lycée est vidéosurveillé, et, si oui, par combien de caméras (...), faire part du nombre de surveillants non remplacés, ou en manque, des problèmes d'insalubrité, d'effectifs, d'encadrements, d'insécurité"...

CAHIERS DE DOLÉANCES

L'objectif affiché est, dans un premier temps, de constituer des "cahiers de doléances", destinés à nourrir le débat des Etats généraux de la sécurité à l'école, qui se tiendront les 7 et 8 avril.

La vidéosurveillance et les portiques de sécurité font partie des pistes privilégiées par le gouvernement dans la lutte contre la violence scolaire. "Or les lycées du Val-de-Marne où se sont produites les trois dernières agressions étaient équipés de caméras", rappelle M. Manach.

Un scepticisme partagé par Eric Debarbieux, président de l'Observatoire international de la violence à l'école et du comité scientifique des Etats généraux de la sécurité à l'école. "La vidéosurveillance n'est pas une solution suffisante. Elle n'a qu'un effet dissuasif très marginal", estimait-il dans une tribune parue dans Le Monde daté du samedi 3 avril.

Le projet d'Owni se base sur la méthode dite de "crowdsourcing", importée des Etats-Unis. "Les internautes représentent une main-d'oeuvre précieuse pour aller recenser les informations, autant de démarches impossibles pour une petite équipe comme la nôtre", explique M. Keyser-Brill, concepteur de l'application et membre d'Owni. Il précise que les données envoyées par les contributeurs seront par la suite "vérifiées".

Toutefois, "il faut être prudent", tempère le sociologue Tanguy Le Goff. "La logique est totalement différente entre deux caméras placées à l'entrée pour des motifs de gestion, et un dispositif de quarante caméras qui quadrillent l'intérieur et l'extérieur du lycée", précise-t-il.

Autant de limites dont sont conscients les responsables du projet. "Il s'agit de contribuer au débat public et de rendre la parole aux premiers concernés par la violence scolaire : les élèves", avertit M. Manach.

Romain Parlier Article paru dans l'édition du 06.04.10


#Lycees_eu: Owni sort les cahiers de doléances!
Publié le 02 avril 2010 par Jean-Marc Manach

A l’approche des Etats généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin de remarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.
Les syndicats, et opposants aux caméras, n’ont de cesse de répéter qu’ils veulent des hommes, pas des portiques, des surveillants, pas des vidéosurveillants, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi on vire des êtres humains, sous prétexte de faire des économies, pour les remplacer, soit par des “équipes mobiles de sécurité“, composés d’anciens policiers et gendarmes comptabilisés dans les effectifs de l’Education nationale, soit par des technologies de contrôle et de surveillance qui, souvent, coûtent beaucoup d’argent.
Problème : il n’existe pas de recensement des lycées vidéosurveillés. On sait qu’il y en a de plus en plus, et que le gouvernement veut en vidéosurveiller encore plus, mais on ne disposait à ce jour d’aucun outil permettant de les recenser, de savoir si cela a servi à quelque chose, ou pas, combien ça a coûté, où sont les caméras…

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S’inspirant du formidable travail entrepris par ProPublica, une fondation américaine qui finance des journalistes d’investigation parce que “d’intérêt public“, et en vertu du principe de subsidiarité du projet éditorial d’Owni : “Publish the best and Cover the rest ” (republie le meilleur, couvre le reste), une partie de son équipe de journalisme de données a donc décidé de se pencher sur le sujet, et de lancer Lycees.eu, afin d’initier des “états généraux de la vidéosurveillance dans les lycées” (et puis de la biométrie, aussi, l’accès aux cantine scolaires étant de plus en plus souvent conditionnée à une prise d’empreinte de la main des élèves).

Vous y trouverez une carte de France répertoriant tous les lycées, et nous vous proposons de l’”augmenter” de vos témoignages et informations. Vous êtes donc cordialement invités à venir y indiquer si votre lycée est vidéosurveillé, et si oui par combien de caméras, à quel prix, mais également d’y publier des photos des caméras, des bornes biométriques, à nous faire part du nombre de surveillants non remplacés, ou en manque, des problèmes d’insalubrité, d’effectifs, d’encadrements, d’insécurité…
Saisissez-vous de cet outil, faites tourner l’info, envoyez-nous vos photos, contribuez au débat : les Etats généraux de vos lycées ont déjà commencé.

A la manière des cahiers de doléances qui permettaient au peuple de faire connaître ce qui n’allait pas, ainsi que leurs propositions d’amélioration de la situation, nous aimerions modestement pouvoir ainsi contribuer au débat public. Pour contribuer, c’est par là : Lycees.eu.

Voir aussi l’intégralité de notre dossier sur le sujet, où il est entre autre question de ces adolescents envoyés en prison, aux États-Unis, parce que des policiers y ont remplacé les surveillants, du fait que la vidéosurveillance est tellement développée, en Grande-Bretagne, qu’on y trouve des caméras, non seulement dans les salles de classe, mais également dans les toilettes de 10% des écoles :
- Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
- Portique ta mère
- USA: un pion ça donne des colles, un flic ça fout en taule
- Vidéosurveillés jusque devant les toilettes : en France aussi (à venir)
- Enquête exclusive : “mon lycée, c’est Alcatraz” (à venir)
- Ils remplacent les profs et les surveillants par des policiers (à venir)
- 60% des lycées d’Ile de France vidéosurveillés (à venir)
- et l’appli : Lycées.eu [on compte sur vous !]
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Design et image d’illustration Loguy


Lycees.eu : l’application des États généraux des lycées en France

A l’approche des États généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin deremarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.

Les syndicats, et opposants aux caméras, n’ont de cesse de répéter qu’ils veulent des hommes, pas des portiques, des surveillants, pas des vidéosurveillants, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi on vire des êtres humains, sous prétexte de faire des économies, pour les remplacer, soit par des “équipes mobiles de sécurité“, composés d’anciens policiers et gendarmes comptabilisés dans les effectifs de l’Education nationale, soit par des technologies de contrôle et de surveillance qui, souvent, coûtent beaucoup d’argent.
Problème : il n’existe pas de recensement des lycées vidéosurveillés. On sait qu’il y en a de plus en plus, et que le gouvernement veut en vidéosurveiller encore plus, mais on ne disposait à ce jour d’aucun outil permettant de les recenser, de savoir si cela a servi à quelque chose, ou pas, combien ça a coûté, où sont les caméras…

S’inspirant du formidable travail entrepris par ProPublica, une fondation américaine qui finance des journalistes d’investigation parce que “d’intérêt public“, et en vertu du principe de subsidiarité du projet éditorial d’Owni : “Publish the best and Cover the rest ” (republie le meilleur, couvre le reste), une partie de son équipe de journalisme de données a donc décidé de se pencher sur le sujet, et de lancer Lycees.eu, afin d’initier des “états généraux de la vidéosurveillance dans les lycées” (et puis de la biométrie, aussi, l’accès aux cantine scolaires étant de plus en plus souvent conditionnée à une prise d’empreinte de la main des élèves).

Vous y trouverez une carte de France répertoriant tous les lycées, et nous vous proposons de l’”augmenter” de vos témoignages et informations. Vous êtes donc cordialement invités à venir y indiquer si votre lycée est vidéosurveillé, et si oui par combien de caméras, à quel prix, mais également d’y publier des photos des caméras, des bornes biométriques, à nous faire part du nombre de surveillants non remplacés, ou en manque, des problèmes d’insalubrité, d’effectifs, d’encadrements, d’insécurité…
Saisissez-vous de cet outil, faites tourner l’info, envoyez-nous vos photos, contribuez au débat : les Etats généraux de vos lycées ont déjà commencé.

A la manière des cahiers de doléances qui permettaient au peuple de faire connaître ce qui n’allait pas, ainsi que leurs propositions d’amélioration de la situation, nous aimerions modestement pouvoir ainsi contribuer au débat public. Pour contribuer, c’est par là : Lycees.eu.
Voir aussi l’intégralité de notre dossier sur le sujet, où il est entre autre question de ces adolescents envoyés en prison, aux Etats-Unis, parce que des policiers y ont remplacé les surveillants, du fait que la vidéosurveillance est tellement développée, en Grande-Bretagne, qu’on y trouve des caméras, non seulement dans les salles de classe, mais également dans les toilettes de 10% des écoles :
- Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
- Portique ta mère
- USA: un pion ça donne des colles, un flic ça fout en taule
- Vidéosurveillés jusque devant les toilettes : en France aussi (à venir)
- Enquête exclusive : “mon lycée, c’est Alcatraz” (à venir)
- Ils remplacent les profs et les surveillants par des policiers (à venir)
- 60% des lycées d’Ile de France vidéosurveillés (à venir)
- et l’appli : Lycées.eu [on compte sur vous !]

Participez activement et intégrez le widget en sidebar sur votre blog
Copiez simplement le code suivant:
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Vous pouvez également embarquer l’application complète dont le code est le suivant :
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 06 Avr 2010, 21:59

Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes

Vladimir Poutine avait déclaré qu’il fallait “buter (les terroristes) jusque dans les chiottes“.

Au Royaume-Uni, un sondage effectué par un syndicat enseignant révèle que 85% des établissement scolaires seraient équipés de caméras de vidéosurveillance, aux abords des établissements, mais également dans les couloirs, dans de plus en plus de salles de classe, et, dans 10% des cas, jusque dans les toilettes…

Une étude révèle que, globalement, les élèves britanniques y sont tout aussi fréquemment vidéosurveillés que ne le sont les prisonniers.

A l’approche des Etats généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin de remarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.

Après m’être penché sur les portiques de sécurité (La taca taca tac tac tiqu’ du portique…), avoir chroniqué les dommages collatéraux engendrés par le déploiement de policiers et d’agents de sécurité dans les écoles américaines (De l’école à la prison, un cycle infernal), il était intéressant de faire le point sur le déploiement de la vidéosurveillance dans les écoles britanniques, pionnières en la matière.

Afin de contribuer au débat, et de mesurer l’ampleur prise par le phénomène, j’ai proposé à Nicolas Kayser-Bril et à l’équipe d’Owni.fr, spécialiste du datajournalism (voir les projets), de réaliser une carte participative visant à recenser les lycées vidéosurveillés (ainsi que ceux qui disposent de bornes de contrôle biométriques), Lycees.eu, que vous êtes vivement invité à venir documenter, et améliorer : entrez le nom de votre (ex) lycée, “pour voir“…

Un projet inspiré de ProPublica, une fondation américaine qui finance des journalistes d’investigation parce que “d’intérêt public“, et en vertu du principe de subsidiarité du projet éditorial d’Owni : “Publish the best and Cover the rest /-)” (republie le meilleur, couvre le reste).



Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
En janvier 2009, Jade White, 14 ans, décidait de ne plus retourner à l’école tant que celle-ci ne retirerait pas les caméras de vidéosurveillance installées, juste avant Noël, dans les toilettes des filles et des garçons.

Ses parents la soutenaient, arguant d’une “invasion dans sa vie privée” :

Cette école est pathétique. Ils n’ont pas besoin de mettre des caméras de vidéosurveilance dans les toilettes, et encore moins dans celles d’une école. Toute cette école ressemble à Big Brother. Il y a des caméras partout autour de l’école, à l’extérieur et dans les couloirs.

En réponse, les responsables de l’établissement expliquèrent que les caméras, orientées vers les lavabos, avaient été installées suite à des actes de vandalisme perpétrés par une minorité n’hésitant pas à chahuter dans les toilettes et à gaspiller du savon liquide et du papier toilettes, et que les images ne seraient consultées qu’en cas d’incident :

“Les cameras ont été installées pour le bien des élèves, et sont gérées en prenant avec la plus grande considération la sécurité des enfants.

Les parents attendent de nous que nous gérions les facteurs de risques avérés, et rien ne pourra nous en empêcher.”

Ce n’est pas la première fois que la présence de caméras de vidéosurveillance dans les toilettes des écoles, fait scandale au Royaume-Uni, et les annales de l’internet répertorient de nombreux autres cas, en 2007, 2006, 2005…


Ainsi, en février 2008, une établissement de Plymouth avait accepté de désactiver les caméras des toilettes des élèves après que plusieurs centaines d’entre-eux aient signé une pétition, et refusé de retourner aux WC.

En novembre 2009, la direction d’un lycée irlandais avait de même abdiqué, après deux jours de protestation des élèves et de leurs parents.

Début mars 2010, les élèves d’un lycée de Birmingham ont eux aussi découvert que des caméras avaient été intallées dans les toilettes des filles et des garçons, “pour des raisons d’hygiène et de sécurité“.

Des caméras dans les salles de classe
Historiquement, le premier établissement à avoir décidé d’installer des caméras de vidéosurveillance au sein même des salles de classe fut la King’s Academy de Middlesbrough, en 2003.

L’objectif affiché était de surveiller les comportements déviants des adolescents, de protéger l’équipement informatique, et d’aider les enseignants à démontrer leur innocence en cas de fausse accusation.


Dans cette école, les adolescents apprennent également que les musulmans ont tort, que l’homosexualité est un péché et que le monde a été créé en 7 jours. Mais c’est aussi l’un de ceux qui obtiennent les meilleurs résultats du pays…

Depuis, le nombre d’établissements scolaires équipés de systèmes de vidéosurveillance a explosé, et l’on estime que 3500 (un sur sept) utiliseraient également des détecteurs de métaux, cartes d’identité électroniques, ou systèmes biométriques (empreintes digitales, reconnaissances faciales ou de l’iris) afin de “faciliter” certaines opérations administratives telles que le prêt de livres à la bibliothèque ou bien l’accès à la cantine.


85% des écoles seraient vidéosurveillées
Si certains se targuent de bénéficier du soutien des enfant, de leurs parents, et des enseignants, d’autres ne réagissent pas aussi positivement.

En novembre 2009, la police avait ainsi confisqué des bandes de vidéosurveillance d’une école primaire qui avait filmé des enfants en train de se changer avant un cours d’éducation physique. Faute de vestiaire, ils se changaient dans leurs salles de classe, où sont installées des caméras qui ne sont jamais débranchées.

L’Information Commissioner, l’équivalent britannique de la CNIL, avait alors tenu à rappeler que la vidéosurveillance ne devrait être utilisée qu’en cas d’impérieuse nécessité, qu’elle devait respecter la loi, et qu’elles devaient bien évidemment être débranchées si d’aventure des enfants étaient amené à se déshabiller devant les caméras.

En août 2008, l’association des professeurs et maîtres de conférences (ATL), troisième syndicat enseignant britannique, rapportait que 85% des enseignants interrogés déclaraient que leurs établissements scolaires étaient équipés de systèmes de vidéosurveillance.

Plus de la moitié surveillaient, non seulement les abords de leurs établissements, mais également le comportement des élèves à l’intérieur des écoles, et près d’un quart des enseignants craignaient la présence de caméras cachées, d’autant que 10% précisaient qu’on en trouvait également dans les toilettes de leurs établissements.


De fait, quelques mois après, l’ATL découvrait qu’une caméra espion avait été cachée dans l’horloge de la salle des professeurs d’un établissement de Liverpool. La direction expliqua qu’elle avait été installée suite à un vol, et accepta de la retirer.

“Personne ne sait exactement à quoi sert la vidéosurveillance dans les écoles“, estime la secrétaire générale de l’ATL, et plus de la moitié des enseignants interrogés notent que cela n’avait guère modifié le comportement des élèves.

Si 61% estiment cela dit que cela pourrait avoir des conséquences positives, le sentiment général est qu’installer des caméras de vidéosurveillance dans les salles de classe releve d’une atteinte à la vie privée, et va à l’encontre de ce qu’est l’éducation : la vidéosurveillance “ne devrait pas être autorisée en classe, où l’on aurait dès lors constamment le sentiment d’être surveillé et jugé“.

Des caméras… et des micros, qui violent la loi
Chercheuse à l’université de Salford, au Royaume-Uni, Emmeline Taylor s’est intéressée à la surveillance dont font l’objet les élèves de 24 établissements scolaires du nord ouest du Royaume-Uni.

23 des établissement étudiés disposent de plus de 20 caméras de vidéosurveillance. Et 2 des 3 établissements ayant fait l’objet d’une étude approfondie en ont installé dans leurs toilettes.

Un autre en a également installé dans les salles de classe, et les couloirs, le système étant doté de micros. L’équipe éducative est quant à elle équipée d’oreillettes, afin de surveiller, à leur insu, ce dont se parlent les élèves.

Mais, déplore Emmeline Taylor dans le Daily Mail, “rien ou presque n’a été fait pour informer le public, à commencer par les parents, sur la façon qu’ont les écoles d’utiliser ces technologies de surveillance, y compris biométriques“.

Le Guardian souligne ainsi que “la plupart des écoles britanniques violent probablement la loi dans la mesure où elles ne préviennent par leurs élèves que des caméras de vidéosurveillance enregistrent leurs déplacements et conversations“.

“Les jeunes sont certainement la population non criminelle la plus surveillée”
Tout comme en France, il est interdit, au Royaume-Uni, d’installer des caméras sans le préciser à ceux qui sont ainsi surveillés (le fameux “Souriez, vous êtes filmés !“). Mais il est tout à fait légal de vidéosurveiller ou de ficher les empreintes digitales des enfants sans demander le consentement de leurs parents.

Ainsi, les établissements scolaires étudiés se contentent d’avertir la CNIL britannique qui, de son côté, se contente d’exiger que la surveillance se doit d’être “proportionnée au regard des finalités“.


Une formulation suffisamment vague, estime la chercheuse Emmeline Taylor, permettant aux établissements scolaires de devenir de véritables “bancs d’essais” des nouvelles technologies de surveillance.

Pour Taylor, les jeunes sont ainsi privés de leurs libertés les plus fondamentales, afin de les “habituer à accepter un niveau élevé de contrôle de leurs activités les plus banales, tel qu’emprunter un livre à la bibliothèque scolaire. Les jeunes sont certainement la population non criminelle la plus surveillée” :

Ces technologies ne protègent aucunement les jeunes; a contrario, elles les dépouillent de leur vie privée, minent leur confiance envers les autres en créant une atmosphère de suspicion, ce qui n’est pas tout à fait propice à ce que l’on escompte d’un environnement éducatif.

“Il y en a partout, c’est comme une prison”
Dans le Daily Telegraph, un jeune explique qu’”avec la vidéosurveillance, on a l’impression qu’on ne peut pas nous faire confiance. Dans mon école, il y en a partout, c’est comme une prison.“

Shami Chakrabarti, directrice de l’ONG britannique Liberty, se demande pour sa part comment les jeunes pourraient apprendre la notion de respect dès lors qu’ils doivent dans le même temps abandonner toute notion de vie privée, et de dignité, au nom de certaines convenances administratives :

Comment peut-on espérer pouvoir leur apprendre à bien se comporter si la base de cet enseignement repose sur la peur d’être pris ? Faire grandir nos enfants dans un régime de surveillance quasi-carcéral est quelque chose de consternant.

En surveillant les jeunes plus que de raison, avec ces caméras et ces ordinateurs, nous risquons fort de passer à côté de notre devoir, qui doit d’abord être de respecter, et protéger, nos enfants.


Pour Alex Deane, porte-parole de l’ONG britannique Big Brother Watch, “les écoles sont en train d’immuniser les élèves contre la surveillance” :

Au début, ils disent que les caméras ne sont pas activées, puis qu’elles se contentent de filmer les lavabos. Les élèves t leurs parents commencent alors à se faire à cette idée, et quand les caméras enregistreront des moments plus intimes, il n’y aura plus personne pour se plaindre.

Pour mémoire, le Gixel, groupement des industriels de l’électronique, avait ainsi expliqué, en 2004, dans un Livre non pas blanc mais bleu qui lui servait de “grand programme stratégique” que “la sécurité (étant) très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles” :

Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes :

- Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.

- Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo

- Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet, …

Lauréat du prix Orwell de la Novlangue aux Big Brother Awards (BBA) 2004, le Gixel censura son Livre bleu, avant que les BBA ne le remettent en ligne.

Interrogé par un documentariste, le porte parole du Gixel assume totalement cette démarche, au motif qu’ils sont d’abord et avant tout des industriels, au service de la police, de la justice et de l’armée…:



Alex Türk, président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, se plaît à rappeler que “si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !” :

Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde orwellien.

L’étude de Emmeline Taylor, “I Spy With My Little Eye: Exploring the Use of Surveillance and CCTV in Schools“, devrait être rendue publique en avril prochain, à l’occasion d’une conférence sur la société de surveillance globale“.

Images issues de l’enquête consacrée à la vidéosurveillance dans les lycées en Île-de-France, et de Students under surveillance, reportage de teachers.tv consacré, entre autres, à un établissement équipé de 100 caméras de vidéosurveillance (à raison de deux par salles de classe, sonorisées), à ces établissements qui identifient leurs élèves par leurs empreintes digitales, ainsi qu’à ces crêches qui permettent aux parents de vidéosurveiller leurs bébés pendant la journée.

Voir aussi : Lycees.eu, la carte de la vidéosurveillance et de la biométrie dans les lycées,
De l’école à la prison, un cycle infernal
La taca taca tac tac tiqu’ du portique…
Harry Potter et les présumés pédophiles
Scanners : terrorisme, sexe et démagogie
Vos photos sont-elles pédo-pornographiques ?
Un rapport prouve l’inefficacité de la vidéosurveillance


L'Office fédéral de la police veut utiliser des méthodes d'espion

L'Office fédéral de la police veut s'allouer davantage de compétences en matière de surveillance, de récolte d'informations et de contrôle. De nouvelles prérogatives qui suscitent de très vives critiques. Certains estiment en effet que l'avant-projet de loi fédérale sur les tâches de police de la Confédération empiète sur les droits fondamentaux des citoyens

Julian Pidoux - le 03 avril 2010, 21h05 Le Matin Dimanche

Les critiques fusent. Gouvernements cantonaux, partis et organisations non gouvernementales sont nombreux à émettre des doutes quant à certaines prérogatives d'information et de renseignement que l'Office fédéral de la police (FedPol) veut s'allouer. Elles figurent dans l'avant-projet de loi fédérale sur les tâches de police de la Confédération.

Ce sont notamment les méthodes liées à l'observation et la surveillance de citoyens qui sont dans la ligne de mire. Car telle qu'elle a été mise en consultation, la future loi permettrait à FedPol de secrètement filmer, d'écouter ou d'enregistrer des personnes dans des lieux publics.

Observer sans procédure pénale

C'est surtout le fait que ces démarches puissent être entreprises sans présomption de culpabilité et avant même l'ouverture d'une procédure pénale qui dérange.

Pour détecter et réprimer le crime organisé, les autorités fédérales estiment pourtant qu'elles doivent avoir la possibilité d'observer à son insu tout citoyen appartenant à un groupe qui pourrait un jour ou l'autre commettre un acte illégal. Le fait de connaître des membres d'une telle organisation justifierait également d'être suivi, si FedPol imagine qu'il y a des informations à en tirer.

«Les dispositions les plus importantes du projet de loi ne sont bien souvent que des clauses vaguement formulées et qui laissent une interprétation trop grande aux autorités», s'inquiète Amnesty International.

Des indics payés

L'Office fédéral de la police veut aussi pouvoir interroger familles et amis des individus observés, ainsi qu'utiliser des technologies de pointe pour les suivre. FedPol désire également engager et rémunérer des privés et des gens de confiance en tant qu'informateurs, avec la garantie que leur identité ne sera jamais révélée.

«L'intervention de personnes privées comme personnes de renseignement et de confiance constitue une grave ingérence dans la sphère privée des personnes concernées, met en garde le Conseil d'Etat fribourgeois. II convient dès lors de reprendre les règles de la loi fédérale sur l'investigation secrète.»

Une fois la surveillance achevée, la police fédérale souhaite être seule à décider si elle informe ou non la personne soumise à une opération d'observation. L'une des conditions est que la procédure «n'entraîne pas un volume de travail excessif». Le gouvernement vaudois relève que «les limitations des droits fondamentaux que permet le projet de loi, pour justifiées qu'elles soient sur le principe, méritent un cadre légal formel plus précis».

Des méthodes déjà refusées

Le plus étonnant c'est que ces mesures de recherche et d'information ont déjà été rejetées l'an dernier, alors qu'elles figuraient... dans la révision de la loi sur la sûreté intérieure. A l'époque, le Conseil national, puis le Conseil des Etats avaient estimé que le cadre légal devait être mieux défini.

Partis sceptiques

Dans leur prise de position, les libéraux-radicaux font d'ailleurs savoir qu'ils trouvent illogique de transposer des morceaux de la loi sur la sécurité intérieure vers celle sur les tâches de police. Ils estiment de surcroît que le projet n'apporte pas grand-chose au citoyen.

Pour l'UDC, c'est la perte de la souveraineté des polices cantonales qui est inquiétante. Elle ne voit pas non plus d'un bon oeil le soutien financier à des organisations policières internationales. L'UDC et les libéraux-radicaux ont fait savoir qu'ils désapprouvaient cet avant-projet.

Le Parti socialiste émet pour sa part la nécessité de fixer un cadre légal plus précis, sans quoi les informations récoltées pourraient être difficilement exploitables devant la justice.

Quant à FedPol, elle attend d'analyser la situation pour livrer son commentaire.
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Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 10 Avr 2010, 19:13

Quand la pub paie pour big brother à l’école...

09-04-2010 Par Anne Daubrée

Badges électroniques pour les élèves et directeur qui surveille leurs mouvements en permanence, via un terminal. Le tout, payé par la pub. A Milan

Elèves dotés de badges électroniques, portiques enregistreurs à l’entrée et dans chaque salle de classe, directeur qui accède à toutes les données sur son iPod de dernière génération … Les écoles françaises comme l’institution privée et catholique Saint-Denis, à Loches, n’ont pas le monopole (http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/ ... /#more-705) de la surveillance « poussée ». A Milan, à l’Institut professionnel Bartarelli, voué au tourisme, au commerce et à l’entreprise, le directeur semble très fier de sa nouvelle installation. L'édition milanaise du quotidien La Repubblica, ce 25 mars ('Troppe assenze fra gli studenti a scuola spunta il grande fratello') a relaté toute l’histoire.
L’objectif était de limiter les retards et d’empêcher des intrus de rentrer dans l’établissement. Pour cela, chacun des 1000 étudiants a été doté d’un badge électronique. A présent, le matin, dans le hall d’entrée, ils doivent passer leur badge sous un lecteur qui enregistre leur passage. Une fois qu’ils sont identifiés, un écran leur adresse un bonjour personnalisé.
Chouette ! Rebelote à chaque fois que les étudiants rentrent dans une salle de classe : leur présence est électroniquement enregistrée – toujours pour lutter contre les retards. Outre à gérer les présences, le dispositif comprend également un espace numérique de travail, partagé avec les enseignants et les parents.

Big directeur

Et le directeur dispose d’une visibilité permanente sur les passages des élèves dans l’établissement, via son Ipod dernier cri. Interviewé par le quotidien italien, il estime que « celui qui voit une sorte de Big Brother qui espionne de façon obsessive, dans ce système, se trompe ». Pis, le représentant des élèves, également cité par Repubblica, considère que « le problème n’est pas d’être contrôlé. Effectivement, il y avait trop d’absences et de retards. Le problème est plutôt que l’école dépense de l’argent pour des
technologies, alors que nous manquons parfois de chaises ». Il a tort de s'inquiété pour si peu : l’ingénieux directeur a prévu de financer les 20.000 euros qu’a coûté le dispositif, en proposant aux annonceurs de faire leur pub sur les écrans disposés dans le hall. Il suffira d’ajouter un temps minimum d’exposition – électroniquement contrôlé - aux messages publicitaires, et ce sera complet.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 17 Avr 2010, 13:38

Big Brother assistante sociale 09/04/2010

Placer parents et enfants dans des centres, sous surveillance vidéo 24 heures sur 24, pour évaluer leur comportement : c’est la dernière trouvaille des services sociaux britanniques.

Par Olivier Vilainrimer

Depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir en 1997, les pauvres doivent prouver qu’ils sont capables de s’occuper de leurs enfants. Sur injonction des services sociaux, certaines familles peuvent se retrouver pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans des Assessment Centres, c’est-à-dire des “centres de supervision” privés, sous l’oeil des travailleurs sociaux, et parfois celui de caméras.

“Le cas d’une famille que j’ai accompagnée m’a particulièrement frappé”, se souvient Martin Kalisa, un des responsables nationaux d’ATD Quart Monde à Londres. C’était un jeune couple sans travail. La femme, Eliane, voulait un enfant. Elle en avait déjà eu d’autres avec un précédent compagnon. Tous avaient été placés. Le futur bébé risquait de l’être à son tour.

Une équipe observait la mère 24 heures sur 24

Dès la naissance, les services sociaux ont entamé une procédure juridique pour enlever l’enfant. De retour de la maternité, les parents, prêts à tout pour garder leur bébé, ont d’abord accepté d’accueillir un superviseur à domicile pendant neuf semaines. Quatre heures par jour, sept jours sur sept. Malgré un très bon rapport, le tribunal ordonna, en raison du passé des parents, de placer la famille pendant six mois dans un Assessment Centre. Là, une équipe de travailleurs sociaux observait – 24 heures sur 24, sans un mot – comment la mère berçait son bébé, comment elle lui parlait, le baignait, le nourrissait…

“Les parents vivaient dans la peur permanente de commettre la moindre erreur”, se rappelle Martin Kalisa. Un jour, la directrice du centre s’en est prise au compagnon d’Eliane : “Le père ne travaille pas ; il pourrait s’occuper du bébé !’’ Mais les pères sont-ils vraiment plus actifs dans les familles aisées ?”, commente-t-il. Là-dessus, Eliane et son bébé ont été placés dans une famille d’accueil pour quatre semaines. Puis la décision du juge est tombée : Eliane est rentrée chez elle, seule.

Le phénomène du placement se transmet de génération en génération

Que deviennent ces enfants ? On les garde, pour la plupart, en institution jusqu’à 18 ans, d’où ils sortent le plus souvent sans qualification. “C’est un cercle vicieux puisque le phénomène du placement se transmet de génération en génération”, note Martin Kalisa.

Chez ATD Quart Monde, en France cette fois, on s’alarme car les politiques à destination des pauvres, le RSA par exemple, s’inspirent de plus en plus des expériences britanniques. A quand des centres d’observation, équipés de caméras, pour surveiller les parents pauvres ?
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Avr 2010, 09:13

http://pro.clubic.com/entreprises/ibm/actualite-335952-ibm-floride-logiciel-prevision-crimes.html
http://www-03.ibm.com/press/us/en/press ... /29885.wss

En 1956, Philip K. Dick écrivait une nouvelle du nom de Minority Report, adaptée au cinéma par Steven Spielberg en 2002. L'auteur y imaginait un moyen de prédire les crimes pour arrêter les coupables avant même qu'ils agissent.

Plus de 50 ans plus tard, la réalité semble bel et bien rattraper la fiction, même si les précogs du roman sont aujourd'hui remplacés par un simple logiciel, qui devrait être utilisé prochainement par le Florida State Department of Juvenile Justice.

Le logiciel, conçu par IBM, réaliserait un suivi des « jeunes délinquants » qui, selon le dossier de l'enfant et une série de variables déterminées à l'avance, pourrait calculer les risques de récidive. Les jeunes identifiés comme « à risques » pourraient ainsi être placés dans des programmes spécifiques pour les aider à sortir de la délinquance.

Selon IBM, ce logiciel, nommé Predictive Analytics, peut donner aux gouvernements du monde entier un « moyen pour créer des communautés plus sûres via l'identification, la prévision, l'intervention et la prévention des activités criminelles ».

Deepak Advani, vice-président du projet, ajoute que le programme « donne au système de justice pénale la possibilité de puiser dans les bases de données riches pour détecter les tendances, faire des projections fiables, et prendre des mesures appropriées en temps réel pour combattre le crime et protéger les citoyens ».

IBM a profité de l'occasion pour annoncer que le Royaume-Uni testait actuellement le même logiciel à l'heure actuelle, mais sur les adultes cette fois : le ministère de la Justice du pays s'en sert en effet pour évaluer la probabilité de récidive des détenus après leur libération.

La fiabilité d'un tel logiciel reste encore à prouver, et il y a fort à parier qu'un tel fichage des données personnelles des citoyens ne se fera pas sans heurt. IBM, de son côté, semble croire fermement à ce projet, puisque la firme a investi 12 milliards de dollars dans son département analyse, qui intègre les travaux sur Predictive Analytics.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Avr 2010, 17:26

Effectifs en baisse, captures d’images en hausse: le nouveau plan de sécurité des transports s’appuie sur la vidéo-protection.

"Est-ce qu'on a des images?" C’est devenu un réflexe. A l’instar de la recherche d’empreintes digitales ou génétiques, le recours à la vidéo s’impose comme un témoignage impartial dans la moindre enquête de police. Un outil plus ou moins capital selon les circonstances.
L’actualité récente a fourni des arguments aux partisans du développement de la vidéosurveillance.

Brice Hortefeux est de ceux-là. En présentant mercredi dans les Yvelines son "plan national de sécurité des transports en commun", le ministre de l’Intérieur s’est logiquement appuyé sur la rubrique faits divers. Cas d’école avec le "pousseur du RER". Le 2 avril, peu avant 6 heures du matin, un homme est projeté contre un train qui arrive sur le quai gare de Lyon. Il décède peu après.

Le même jour, vers 22 heures, son agresseur est interpellé dans le Val-de-Marne grâce à un jeu de piste vidéo qui a conduit les enquêteurs jusqu’à la gare RER de son domicile. Le lendemain, un samedi, deux bandes s’étaient, semble-t-il, donné rendez-vous sur le parvis de la Défense pour en découdre. Une de Nanterre (Hauts-de-Seine). La seconde d’Achères (Yvelines). Repérés par les caméras, les jeunes d’Achères seront interceptés à Houilles avant l’affrontement. Enfin, sans les images enregistrées dans le tramway de Grenoble (Isère) dans la soirée du 9 avril, les agresseurs de l’étudiant battu et poignardé dans le centre-ville n’auraient sans doute pas été retrouvés ni confondus aussi rapidement.

Avec la création d’une "task force" qui se réunira deux fois par mois à l’Intérieur et la réalisation d’ici à mai d’une cartographie des lignes à risques région par région, c’est bien le développement de la vidéo-protection qui est au coeur du plan ministériel. Mais combien sont- lles, ces caméras qui nous suivent partout ? Prenons l’exemple de la SNCF. En 2007, elle comptait 7.900 caméras dans ses gares et ses rames. Aujourd’hui, ce chiffre a presque doublé pour atteindre 14.400 : 6.300 dans les gares et 8.100 dans les trains. L’objectif, d’ici à deux à trois ans, est de franchir le cap des 25.000, dont 10.000 pour l’Ile-de-France. Un investissement de l’ordre de 100 millions d’euros, a précisé mercredi Guillaume Pepy, le patron de la SNCF. Sans compter la participation des collectivités locales…

35.500 caméras déclarées dans la capitale C’est l’une des particularités du système français. L’Etat promeut, les collectivités paient. Certes, le gouvernement encourage financièrement les communes à s’équiper - elles étaient 500 en 2005, contre près de 2.000 l’an dernier - grâce à son Fonds interministériel de prévention de la délinquance, 30 millions d’euros en 2010, insiste-t-on Place Beauvau.
Un chiffre qui fait tousser le président socialiste de la région Ile-de- France Jean-Paul Huchon : "Le gouvernement vit à crédit ! La région Ile-de-France et le Stif [Syndicat des transports d’Ile-de- France] ont financé 100% des systèmes de vidéo-protection pour un coût global qui se monte, depuis 1998, à 500 millions d’euros…"

La "fracture idéologique" entre la droite et la gauche sur le recours ou non aux caméras comme outil de lutte contre la délinquance existe toujours, mais elle est beaucoup moins nette. Ainsi Paris, où le maire socialiste, Bertrand Delanoë, a "tenu bon" face aux assauts de ses alliés Verts et communistes en guerre contre "le plan de vidéo-protection pour Paris" négocié avec la préfecture de police et qui prévoit l’implantation de 1.302 caméras sur la voie publique à compter de 2011.

A ce total, il faut aussi ajouter une partie des 17.000 caméras embarquées dans les bus et les tramways de la RATP, dont les métros et les RER abritent encore plus de 8.000 appareils. L’examen de ce que la Ligue des droits de l’Homme qualifie de "prolifération" ne serait pas complet sans l’addition de quelque 200 caméras pour le seul Parc des Princes, autant pour le Forum des Halles…

Car l’Etat, les collectivités locales et les réseaux de transports ne sont pas les seuls "big brothers" en action. Dans la capitale, le nombre de caméras déclarées en préfecture (commerçants, banques, parkings, établissements scolaires, hôpitaux…) se montait à 35.500 au 31 mars 2010. Pour ce qui est des caméras "publiques", Brice Hortefeux, comme Michèle Alliot-Marie avant lui, martèle sa volonté de "tripler" le nombre de caméras de surveillance d’ici à 2011. La France devrait passer d’ici à 2011 de 20.000 à 60.000 caméras. Bridé par les contraintes budgétaires et les réductions d’effectifs (révision générale des politiques publiques oblige), le ministère a-t-il d’autres choix s’il
veut engranger des résultats?

Les détracteurs dénoncent un "effet plumeau"

"Ce n’est pas la vidéo qui va interpeller les délinquants, réagit Yannick Danio, d’Unité police, dans les transports. La création de nouvelle structure se fait toujours au détriment de services existants.
Avec la vidéo, vu les budgets en jeu, on est en train de marchandiser la sécurité au privé au lieu de recruter des ressources humaines dans la police mais aussi à la SNCF, à la RATP…"

"C’est la même chose avec les lycées, renchérit-on au conseil régional d’Ile-de-France. Les caméras, c’est bien pour la police, qui pourra éventuellement retrouver les agresseurs après coup, mais s’il n’y a personne derrière l’écran pour regarder et personne dans les couloirs pour intervenir, elles ne servent pas à grand-chose." La vidéo fait-elle reculer la délinquance? Ses partisans affirmeront que oui. Ses détracteurs parleront d’"effet plumeau", elle entraînerait un déplacement des actes délictuels vers des zones non couvertes. Elle n’est pas d’un grand secours quand les bus sont "attaqués", comme cela a encore été le cas mercredi soir à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Mais son développement est en phase avec l’opinion.
Selon l’enquête 2009, Victimation et sentiment d’insécurité en Ile-de-France, de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme, près de 64% des personnes sondées déclarent en effet se sentir plus en sécurité dans les transports en commun lorsqu’il y a des caméras.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Mai 2010, 20:19

[url=http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2010/04/30/Vidéosurveillance-%3A-le-dossier]Vidéosurveillance : le dossier[/url]

Ecoles, transports, espaces publics, la principale réponse aux problèmes de sécurité est désormais partout la même : vidéosurveillance. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, le gouvernement a fait du développement de cet outil l’un des axes majeurs de sa politique de sécurité. Le 2 octobre 2009, François Fillon en faisait la "priorité absolue" du gouvernement en la matière. Dans une circulaire du 5 mars 2010, le secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance annonce ainsi qu'il disposera en 2010 d'une enveloppe renforcée de 49 millions d'euros, dont 30 millions (donc plus de 60 %) sera consacré à la vidéosurveillance. Pourtant l'efficacité de cette technologie est très limitée et son coût financier très lourd pour les collectivités locales que l'Etat cherche à impliquer de plus en plus. Au final, outre les problèmes de contrôle de ces dispositifs (que la LOPPSI 2 prévoit de confier à une commission ad hoc et non à la CNIL, peut-être trop critique), ne s'agit-il pas d'une impasse pour les politiques de sécurité ? Et si la vidéo est un "juteux marché" pour les entreprises privées, ne serait-ce pas une petite gabegie pour les finances publiques ?

Lire nos deux chroniques :

La vidéosurveillance est-elle une réponse efficace à la délinquance ?, par Tanguy Le Goff. Un coût très important pour des résultats très faibles, par Laurent Mucchielli. Ressources en ligne :

Le bilan de T. Le Goff : Vidéosurveillance et espaces publics. État des lieux des évaluations menées en France et à l’étranger.
Le rapport de Martin Gill et Angela Spriggs sur la vidéosurveillance au Royaume-Uni. Une étude sur La vidéosurveillance dans les lycées en Île-de-France. Une étude sur la vidéosurveillance dans les transports en commun en Ile-de-France. Sur ce site : un article de T. Le Goff et Eric Heilmann. Une interview de E. Heilmann dans ''Libération''. Et le blog de ce chercheur. Le dossier de La Gazette des
Communes :"Faut-il développer la vidéosurveillance ?". Des interviews de L. Mucchielli dans La voix du nord et La gazette des communes. La revue de presse générale de Laurent Opsomer.


La vidéosurveillance coûte cher pour un résultat très limité Par Tanguy Le Goff et Laurent Mucchielli | Universitaires | 06/05/2010 | 19H11

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, la vidéosurveillance est devenue le principal instrument de lutte contre l'insécurité. Les évaluations scientifiques démontrent pourtant que, dans les espaces publics, son impact, tant préventif que répressif, est très limité. Il devient même dérisoire si on le rapporte au coût financier pour une collectivité locale. Absence d'évaluations françaises En 2008, le ministère de l'Intérieur estime à 22 000 le nombre de caméras dans les espaces publics et 1 500 le nombre de communes équipées d'un dispositif de vidéosurveillance. Elles n'étaient que 850 en 2005. Certes, l'objectif fixé en 2007 par le gouvernement de 60 000 caméras
est encore loin, mais le rythme d'augmentation est fort.

Les subventions versées par l'Etat dans le cadre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) y sont pour beaucoup. Pourtant, au-delà d'une série de « petites histoires », on ne dispose pas de preuves de l'efficacité de la vidéosurveillance pour prévenir la délinquance dans les espaces publics.

Est-ce à dire qu'on ne sait rien sur l'efficacité de cet outil ? Non, car il existe à l'étranger de nombreuses études, notamment aux Etats-Unis, en Australie et surtout en Angleterre. On y apprend que l'efficacité de la vidéosurveillance varie selon deux critères.

Le lieu
Espaces ouverts ou fermés comme les parkings ou les hôpitaux… La vidéosurveillance n'a qu'un faible impact dans les espaces étendus et complexes comme les rues.

Les caméras ne dissuadent pas les délinquants dans la mesure où le risque de se faire identifier et interpeller est jugé faible. En revanche, les études convergent pour dire que la vidéosurveillance a une réelle efficacité dissuasive dans des espaces fermés comme les parkings ou les hôpitaux.

Le délit
On constate, dans certaines études, une légère baisse des atteintes aux biens (vols à l'étalage, cambriolages, vols à la roulotte).

Par contre, il n'y a aucun impact sur les violences interpersonnelles (agressions sexuelles, bagarres, rixes, etc.).

Un coût financier…
Le coût initial d'équipement d'un système de vidéosurveillance est estimé à 1,5 million d'euros pour 40 caméras. Si l'Etat prend en charge une partie substantielle de cet investissement, en revanche les coûts de maintenance, de location des réseaux de transmission évalués à 10% par an du budget initial, demeurent à la charge des collectivités locales. Et surtout, elles assument le coût humain.

Des écrans de contrôle que personne ne regarde ne servent pas à grand chose.
Il faut donc du personnel. Dans l'hypothèse retenue, pour un système fonctionnant 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, une équipe de 14 personnes est nécessaire, soit un coût de l'ordre de 450 000 euros par an. Il faut aussi du personnel municipal sur le terrain (policiers municipaux, médiateurs) en mesure d'intervenir.

Ceci est fondamental : les études étrangères ont montré que la vidéosurveillance n'avait (qu'un peu) d'effet qu'à la condition d'être couplée avec un dispositif d'intervention d'agents de terrain. Le coût financier est donc extrêmement lourd en réalité. Et ce, dans un contexte de réduction des effectifs de la police nationale et de la gendarmerie, que les communes compensent de plus en plus par l'embauche de policiers municipaux.

… qui « plombe » les budgets Enfin, il faut rappeler que le budget investi pour si peu de résultats dans la vidéosurveillance est autant d'argent public qui n'est pas affecté à d'autres programmes de prévention et de tranquillité.

Au plan national, la politique de « prévention » de l'Etat est de plus en plus vidée de substance par la vidéosurveillance. Du reste, la circulaire du 5 mars 2010 précise explicitement que l'Etat n'engagera plus aucune action de financement pluriannuelle autre que la vidéosurveillance.

Ses aides restantes seront très ciblées et les collectivités devront se débrouiller avec d'autres partenaires pour financer des actions préventives classiques telles que les mesures de prévention et de lutte contre la toxicomanie, les mesures de sécurité routière, les dispositifs d'accès au droit ou encore les opérations « Ville, vie, vacances ».

Au plan local, lorsque la vidéosurveillance vient « plomber » un budget municipal déjà entamé par le développement de la police municipale, on devine qu'il ne reste plus grand-chose dans les caisses pour recruter des éducateurs, des animateurs socioculturels, des médiateurs, des correspondants de nuit, des surveillants de sortie d'école, et autres types d'emplois de proximité permettant de renforcer un peu le lien social, d'encadrer la jeunesse avec des projets éducatifs et de maintenir le dialogue entre la population et les
institutions.

Pour toutes ces raisons -et non, au nom d'une quelconque idéologie-, le développement de la vidéosurveillance apparaît comme une mauvaise nouvelle pour la société française, un gaspillage d'argent public et un renforcement de la « crédulité technologique » chez nos concitoyens inquiets que la vidéosurveillance rassure souvent, mais qu'elle ne protège nullement.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Mai 2010, 11:54

Un logiciel d'aide à la décision pour la justice
LEMONDE.FR | 21.04.10 | 19h50 • Mis à jour le 22.04.10 | 09h11

Pour les amateurs de science-fiction, l'information évoque immanquablement Minority Report, la nouvelle de Philip K. Dick, dont Steven Spielberg a tiré un film : le département de la justice des mineurs de Floride utilise depuis la mi-avril un logiciel d'analyse prédictive, qui estime les chances de récidives d'un délinquant et suggère des solutions de placement ou d'orientation.

Dans Minority Report, des agents de police, assistés de personnes douées de prescience, interviennent pour empêcher des crimes dont ils savent qu'ils vont se produire. Mais le logiciel utilisé par la Floride, et développé par SPSS – une filiale d'IBM – ne prétend pas prévoir l'avenir. "Notre système d'analyse prédictive étudie de très vastes bases de données, et utilise des modèles mathématiques pour tenter de découvrir des corrélations qui ne sont pas évidentes à l'œil nu, résume Erick Brethenoux, vice-président de SPSS. Les ensembles de données très importants sont impossibles à analyser pour un esprit humain."

En pratique, le logiciel utilisé en Floride – et également en test en Grande-Bretagne – analyse le contenu des bases de données concernant les mineurs délinquants de l'Etat. Casier judiciaire, situation familiale, études suivies ou encore aspirations professionnelles sont ainsi passées au crible. Pour chaque mineur, le logiciel estime quelles sont ses chances de récidives, mais fait aussi une suggestion de "solution" : en fonction des cas, il peut par exemple proposer un placement, une mesure d'isolement ou une cure de désintoxication...

"LES FACTEURS INDIVIDUELS RESTENT DÉTERMINANTS"

"Le système ne prend pas une décision : il fait une recommandation", insiste Erick Brethenoux. "Le but est de déterminer quel est le programme le plus approprié à la réhabilitation d'une personne." Le logiciel n'est pas infaillible, d'autant plus qu'il ne dispose pas encore des retours des utilisateurs, censés aider à améliorer l'outil. "Nous utilisons également le système d'analyse prédictive dans un autre domaine très sensible : les prescriptions de médicaments pour les patients qui sont opérés dans un hôpital californien. Bien sûr, les suggestions du logiciel sont examinées par un médecin !"

Pour établir son "diagnostic", le système se base sur une approche sans hiérarchie. "Nous n'établissons pas de relations hiérarchiques entre les données ; dans notre modèle, il est très important de ne pas considérer qu'une donnée – l'environnement familial, par exemple – est plus importante qu'une autre", explique Erick Brethenoux. C'est notamment ce qui permet au logiciel de déterminer des corrélations qui ne sont pas évidentes, et c'est aussi une "sécurité" pour éviter de tirer des enseignements trop stricts d'ensembles de données nécessairement incomplets. En Floride, par exemple, le logiciel ne dispose que des données recensées par la justice, qui sont loin d'aborder toutes les facettes de la personnalité ou de l'histoire d'une personne.

Paradoxalement, si le logiciel de SPSS se base sur l'examen d'un grand nombre de données pour effectuer ses prévisions, il ne permet pas forcément de déterminer des règles générales sur le comportement humain. "Nous obtenons des indicateurs, en aucun cas des règles, juge Erick Brethenoux. L'application des modèles d'analyse prédictive au commerce nous a appris que si les individus sont assez prévisibles, les facteurs individuels restent déterminants."

Damien Leloup
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 11 Mai 2010, 20:46

http://bigbrotherawards.eu.org

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La 10ème édition des Big Brother Award en France aura lieu le 29 mai 2010 à St Denis, à la Belle Etoile, théâtre de la Compagnie Jolie Môme. Comme chaque année les Big Brother Awards France décernent depuis l’an 2000, des « Prix Orwell » à celles et ceux qui se sont illustrés en matière de promotion de la surveillance, d’atteintes aux libertés ou à la vie privée. Sont ainsi dénoncés, sur le mode de la dérision, les pires pourfendeurs de la vie privée. Sociétés comme élus, surtout au gouvernement, figurent parmi les peu prestigieux « nominés. En voici la liste édifiante.

ORWELL ETAT & ELUS

Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur. Celui-ci aime tellement la vidéosurveillance qu'il a décidé d'en changer le nom, au profit de la "vidéoprotection". Un parfait exemple de novlangue, "simplification de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État".

Eric Besson, ministre de l’immigration. Pour avoir durci les quotas d'expulsions, refusé de mettre à l'abri des poursuites les personnes qui aident les migrants, et pour vouloir contourner le juge des libertés afin de bafouer les droits des migrants lors de procédures d'expulsion expéditives.

Frédéric Mitterrand, Christine Albanel, ministres de la Culture, et leur exécuteur Frank Riester. Nicolas Sarkozy en ayant fait un cassus belli, Christine Albanel, puis Frédéric Mitterrand, et Frank Riester, ont ardemment défendu la loi Création et Internet qui, sous couvert de défendre les droits d'auteur, veut obliger tous les internautes à installer un mouchard (payant) sur leurs ordinateurs.

Jean Marie Bockel, secrétaire d’État à la Justice. Pour s'être employé à vider de sa substance la proposition de loi sur le respect de la vie privée à heure du numérique, et avoir totalement oublié que sa mission, en tant que secrétaire d'état, est de servir la justice... et les libertés.

Le "fichier H1N1" de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé Pour avoir créé un giga-fichier recensant les données personnelles et de santé de la totalité de la population française vaccinée... comme non vaccinée, sans se soucier des possibles conséquences si ces données tombent en de mauvaises mains, comme celles de...ses amis les laboratoires ? Avec l'aimable participation de la CNIL et de la CNAMTS. +Mention spéciale fichiers

Les fichiers de l’Education nationale (Xavier Darcos, Luc Chatel). Jamais une administration n'avait accumulé en si peu de temps de nouveaux fichiers nominatifs, de Base élèves (dès 3 ans) au "livret de compétences", en passant par ceux qui "décrochent" du système éducatif... +Mention spéciale fichiers

Les fichiers sociaux d’Eric Woerth et Martin Hirsch. Qu'il soit au Budget ou au "Travail et à la Solidarité", le cheval de bataille d'Eric Woerth reste la "lutte contre la fraude", facteur de "cohésion sociale" et facteur d'interconnexion massive des fichiers sociaux. Il a été aidé par Martin Hirsch et son colossal fichier de la précarité @RSA +Mention spéciale fichiers

Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Interieur puis de la Justice. Pour valider sa proposition de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance, MAM a commandé un rapport dont l'objectif n'était pas de mesurer leur efficacité, mais de le démontrer. Quant à sa loi de programmation sur la sécurité, elle permettra de censurer toute "atteinte à la réputation" faite sur le Net, mais également d'espionner les internautes coupables de délits de solidarité.

Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la Famille. Pour manque de vigilance sur le respect des Droits de l'enfant (dossier Base élèves) et pour se pencher sur la notion floue de "information préoccupante" pour justifier le viol de la vie privé et familiale et le recours au "secret partagé" des organismes d'action sociale.

ORWELL ENTREPRISE

Alcatel Shanghaï Bell. Pour avoir fourni aux autorités birmanes des équipements permettant de surveiller en masse les communications téléphoniques et internet des citoyens et de repérer les dissidents. Le tout en se dédouanant de toute responsabilité en tant que simple "fournisseur".

Auchan et sa banque Accord. Pour leur expérimentation d'un nouvel identifiant biométrique aussi inutile que potentiellement nuisible pour la vie privée.

Bio Rafale, de la société Vesalis. Le ministère de l'Intérieur a proposé à cette start-up de développer son logiciel de "maquillage virtuel" afin de pouvoir identifier, en temps réel, dans la foule et au moyen de caméras de vidéosurveillance, les hooligans, terroristes, criminels et autres délinquants.

BNP Paribas, la Banque Postale et LCL. Pour avoir dénoncé aux services de la Préfecture des clients sans papiers venus à leur guichet.

Cegedim et la Confédération des syndicats de médecins (CSMF). Pour leur volonté conjointe de développer le "Dossier médical professionnel" (DMPro), qui manipule des données très personnelles. Cegedim est une multinationale qui tire ses (gros) profits du commerce des données de santé. La CSMF est la principale corporation de médecins en France, et semble se féliciter de l'extension du fichage de ses clients

I&E Consultants et la Commission du débat public. Le Cabinet I&E, au service de la CNDP dans le cadre de la campagne d'acceptation des nanotechnologies, n'a pas hésité à ficher illégalement les opposants pour mieux les refouler des lieux de débats.

La RATP et ses caméras clandestines. Pour ne pas informer correctement les usagers sur la présence et l'usage des caméras embarquées dans des rames de métro (jusqu'à 60 par rame) et de tramways

Les Caisses d’Epargne. Pour intrusion agressive dans la vie privée de leurs clients

SPIE Communications. Pour "géoflicage" obligatoire de ses salariés aux fins d'augmenter leur rendement. Les employés ont déposé un recours devant la CNIL pour atteinte à la vie privée

ORWELL LOCALITES

André Pesce, maire de Le Fugeret. Pour avoir récupéré et rendu public la fiche STIC d'un de ses opposants.

Bruno Beschizza, conseiller régional UMP (Ile-de-France). Pour des solutions de protection ineptes, comme vouloir "sur-vidéoprotéger" les personnes "vulnérables" dans les transports... en les mettant toutes dans la rame de tête.

Christian Estrosi, maire de Nice. Connu pour ses aspirations sécuritaires, Estrosi a installé à Nice le plus dense (600 caméras) et le plus cher (7,6 millions d’euros) système de videosurveillance de France. Le plus high-tech aussi avec analyse automatique des images. Rien n'est trop beau pour rassurer ses vieux électeurs.

François Cuillandre, maire PS de Brest. Celui-ci s'honore du titre de "Pionnier" des machines à voter, qu'il a imposées en 2004 aux électeurs de la ville de Brest (Finistère)

Francis Delattre et Sébastien Meurant, maires de Franconville & St-Leu-la-Forêt. Pour s'être fait illégalement communiquer les fiches STIC, Cassiopée et autres d'Ali Soumaré et avoir divulgué ces informations confidentielles (et incorrectes pour certaines). C'est tout de même incroyable (!!), comme dirait l'autre, de la part d'un ex-commissaire de la CNIL comme Francis Delattre

Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier. Dans le Jura, on innove. Le maire de Lons a décidé d'installer trois caméras de vidéosurveillance dans la cour... d'une école maternelle, en dépit des protestations des enseignants et des parents d'élèves. Pour la sécurité des enfants ? non pour celle des bâtiments, puisque les caméras ne fonctionneront que quand les élèves seront absents !

Jean François Copé, député Maire de Meaux. Pour apologie de la vidéosurveillance, remise en cause du droit à informer par l'image lorsque cela concerne lui ou ses amis, et ignorance de la réalité des techniques de surveillance IP .

Le Groupe Scolaire Saint-Denis, à Loches. Non content de vidéo surveiller les toilettes (ce que la loi interdit), l’infirmerie, le CDI, les couloirs et salles d’étude, le groupe scolaire Saint Denis prenait également les empreintes digitales des élèves à la cantine (ce qui est également interdit). En ayant oublié de demander l'autorisation de la CNIL !

Les maires de Strasbourg et les présidents de la Communauté urbaine. Depuis 2003, les élus strasbourgeois, tous bords confondus, ont tout fait pour hisser la capitale de l'Alsace au sommet des villes les plus militaro-sécuritaires. Son maire actuel, Roland Ries, voulait en outre, après le sommet de l'OTAN qui a occasionné nombre d'atteintes aux libertés des habitants et des manifestants, accueillir le prochain sommet du G20.

Michel Destot, maire de Grenoble. Connue pour sa longue implication dans les nanotechnologies, la ville de Grenoble réaffirme son goût pour les must de la technologie de surveillance et pour l'opacité en installant clandestinement des caméras de surveillance dernier cri sur le trajet des grandes manifestations.

Richard Olszewski, maire-adjoint de Roubaix et consultant privé. Pour son zèle frénétique à déployer la vidéosurveillance dans les villes et les campagnes. L'homme est haut placé dans une boite de consulting privée, formateur (il a milité pour la création du Bac pro "métiers de la sécurité"), élu de Roubaix et de la communauté urbaine de Lille, et vice-président du Forum européen pour la sécurité urbaine. Tout un poème...

ORWELL NOVLANG

Henry-Claude Cousseau, directeur de l’Ecole des beaux arts de Paris. Pour avoir fait interdire une œuvre d’art détournant un slogan de Sarkozy sur les façades de l’école. « L’art se doit d’être neutre » et on n'égratigne pas le conducator.

La "vidéoprotection" imposée par la loi. Comme Winston Smith, le héros du roman "Nineteen eighty four" d'Orwell, les scribes de l'état vont devoir modifier (a posteriori) les journaux du Parti pour ne pas contredire les vérités du jour... ainsi la Surveillance devient Protection. Merci M. Ciotti.

La novlangue d’Alex Turk, président de la CNIL. Le président de la CNIL, qui "ne se bat plus sur le terrain de la sémantique", est toujours très en verve pour tourner des phrases orwelliennes. De la novlangue pur jus à lire sans modération.

Les "voisins vigilants". Sont nommés pour ce prix, les instigateurs - Le Ministère de l'Intérieur -, les exécuteurs - les préfets, les maires et leurs adjoints à la sécurité - et les français qui se prêtent à ce jeu de délation/surveillance de leurs concitoyens.

Les journalistes qui font le boulot de la police. Par conviction ou complaisance, des journalistes zélés sont toujours là pour souffler sur la braise sécuritaire, amplifier les faits divers pour servir le politique, pour emprunter des méthodes policières ou même collaborer ouvertement avec les services officiels. Leur rhétorique emprunte très souvent à la novlangue. +Mention spéciale médias.

Pr. Cabanis, académie de médecine. Un professeur de médecine fait l'apologie de la biométrie, justifiée selon lui par les attentats du 11 septembre et les "morts occidentaux", qui "contredisent Big Brother"... La biométrie, "la réponse biologique de l'Homo Technologicus qui protège Homo Sapiens de l'insécurité du monde".

Projet DOXA. L'ombre de Thales plane sur ce projet de recherche qui propose un "Traitement automatique des opinions et des sentiments". Et pourquoi pas une Police de la Pensée pour les marchands ?

EXECUTEURS DES BASSES ŒUVRES

Alex Turk, président de la CNIL. Pour tromperie et dissimulation. Alex Turk endosse les habits du défenseur tout terrain de la vie privée et des libertés alors qu'il en est parfois le fossoyeur et souvent le facilitateur.

Christian Pasta, procureur de la République d’Alès. Il s'acharne depuis 2006 pour que soit condamné un agriculteur, qui refuse d'être fiché au FNAEG après un procès pour fauchage d'OGM, après l'avoir menacé de le "coller au trou pour récidive". Pour lui, "limiter aux seules infractions sexuelles n’était pas suffisant pour alimenter le fichier".

Eric Ciotti, député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Rapporteur de la LOPPSI et porte-flingue du gouvernement pour toutes les questions liées à la sécurité intérieure, Eric Ciotti est aussi le président zélé d'un département qui veut être le premier à supprimer les allocations à une famille en difficulté sociale

Jacques Barrot, commissaire européen à la sécurité. Jacques Barrot a troqué son poste de Commissaire à l'Agriculture pour un fauteuil de vice-président de la Commission en charge de la Justice et Affaires intérieures. C'est en quelque sorte le porte-clés de la Forteresse Europe, l'exécuteur des volontés des ministres de l'intérieur des 27.

Jacques-Alain Bénisti, député, et Christian Cointat, sénateur. Pour avoir, sous couvert de renforcer la loi Informatique et libertés, facilité la création de fichiers policiers toujours sans avoir à consulter le Parlement.

La Préfecture de la région Centre. Le prefet Bernard Fragneau, et son secrétaire général Michel Bergue, se sont distingué par leur zèle invétéré à appliquer la politique d'expulsion de Nicolas Sarkozy, notamment dans l'affaire d'une jeune marocaine qui a été privée de ses droits après avoir porté plainte pour violences à son encontre...

Le Conseil d’Etat pour sa décision sur Cristina. Le Conseil d'Etat s'est plié à la volonté de la DCRI et des ministres de l'Intérieur (Sarkozy en 2006 et MAM en 2008) en ne frappant pas de nullité le fichier Cristina, qui ne respecte pourtant aucun de droits fondamentaux inscrits dans la Constitution et les Déclarations des droits de l'homme.

Le fichier clandestin de l’Administration pénitentiaire. Fichage sauvage des détenus, suivi comportemental, détournements de finalité: le « Cahier électronique de liaison », dernier maillon de la prison panoptique, déployé sans autorisation et dans l'indifférence générale...

Les inspecteurs d’académie qui sanctionnent les directeurs d’école. Pour ne tenir aucun cas des recommandations de l'ONU en sanctionnant les directeurs d'école qui refusent de renseigner le fichier Base Elèves premier degré.

Patrick Balkany, député des Hauts de Seine. Pour avoir proposé que les policiers municipaux aient accès aux fichiers de Police, dont le tentaculaire STIC qui va bientôt fusionner avec son équivalent de la Gendarmerie.

Philippe Rey, préfet des Pyrénées Atlantiques. Pour avoir attaqué en justice cinq citoyens qui se sont révolté par courrier contre le placement en rétention d'une famille comprenant deux enfants de cinq et sept ans.

MENTION SPECIALE INTERNET

Facebook et Vous. Au commencement, Facebook était un réseau social fermé. Mais plus ça va, plus Facebook modifie sa politique de protection de la vie privée pour partager à tout va les données qui y sont postées... avec la collaboration active de ses utilisateurs, principal carburant de Facebook.

Google. Pour la vision très personnelle du droit à la vie privée de son PDG Eric Schmidt, et pour ses pratiques très peu respectueuses de la vie privée, quoiqu'elle veuille en faire croire.

Les services web de géolocalisation. Après Facebook et Twitter, voilà la nouvelle armada du Web 2.0: Foursquare, Gowalla, Yelp, Plyce, Tellmewhere (Dismoioù en France) et autres Veniu.

Pages Jaunes. PagesJaunes dévoile, via sa filiale 123people, la vie privée des internautes à l'insu de leur plein gré. Pour faire valoir son droit à l'oubli... il faut lui envoyer, en clair, sur l'internet, la copie d'un titre d'identité.

Trident Media Guard & Thierry Lhermitte. L'acteur a investi dans une société privée qui cherche à profiter de la surveillance des internautes autorisée par les mesures de la loi Hadopi.


Le palmarès officiel sera donné le mercredi 12 mai 2010. Vous le trouverez évidemment sur ce blog. Rappelons que l’an dernier, c’est Michèle Alliot-Marie qui avait remporté le peu reluisant « Big Brother Award 2009 ».
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Mai 2010, 09:27

Saint-Avertin tente l'expérience des '' Voisins vigilants ''

Saint-Avertin. Deux quartiers vont tester la méthode des Voisins vigilants qui a fait ses preuves, ailleurs, dans la prévention de la délinquance.
Lors de la réunion avec le maire, Jean-Gérard Paumier, et le directeur départemental de la sécurité, Marc Emig. - - Photo NR

La ville de Saint-Avertin est la première du département, visiblement, à lancer l'expérience « Voisins vigilants » dans deux quartiers pavillonnaires de la commune. Cette méthode de prévention est déjà appliquée dans les pays anglo-saxons, adoptée dans certaines régions de France depuis 2005. Elle a fait ses preuves dans la prévention de la délinquance de proximité, et notamment des cambriolages.
La méthode a été exposée au cours de deux réunions publiques qui réunissaient les différents partenaires pour cette initiative, dont Marc Emig, directeur départemental de la sécurité. « Un citoyen, connu et reconnu dans son quartier, se porte volontaire pour être référent. Il reçoit une formation dispensée par la police municipale. C'est à lui que seront rapportés tous les faits anormaux qui se passent dans le quartier, des faits insignifiants peut-être pour celui ou celle qui les communique, mais qui, regroupés et recoupés par les services de sécurité, peuvent prévenir certains faits », explique le maire, Jean-Gérard Paumier, qui ajoute : « Tout se fera dans le cadre républicain, dans le respect des libertés publiques. » La mise en oeuvre de cette disposition, qui pourrait être étendue, toujours par volontariat, vient en complément de toutes les mesures prises dans ce domaine depuis plusieurs années.
« Elles seront même étendues avec un maître chien qui assurera une permanence du 15 juillet au 15 septembre de 23 h à 5 h, et le renforcement de la police municipale avec un poste en temps partiel en secrétariat, ce qui lui permettra d'être davantage sur le terrain », révèle Alain Guillemin, adjoint chargé de la sécurité.
Le maire insiste : « Tout est bordé, encadré. Nous avons déjà eu des premiers résultats, notamment suite à un accident. L'auteur a fui. Une personne a relevé le numéro d'immatriculation. L'enquête a vite abouti. » Le but, pour les Voisins vigilants, est de « signaler ce qui est trouble, bizarre, pas naturel ». Au référent, ensuite, de « faire le tri » de l'information et d'alerter ou pas la police.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Mai 2010, 15:56

Privacy France, 12 mai 2010. — La liste des lauréats des Prix Orwell 2010, sanctionnant les pires atteintes à la vie privée, aux libertés publiques et individuelles, semble interminable. De mémoire d’organisateurs, jamais le choix n’a été aussi difficile. Nos jurés (1) ont d’abord absolument tenu à exclure le plus attendu des Big Brothers, Nicolas Sarkozy, pour dopage et récidivisme chronique, et préféré "récompenser" les plus méritants de ses exécuteurs, qu’ils soient ministres, hauts fonctionnaires, élus locaux, entreprises, médias ou personnalités.

Résultat : dix trophées décernés, neuf prix Orwell et un prix Voltaire pour cette 10ème édition des BBA !

Orwell Etats/Elus :


Eric Besson, ministre de l’immigration, remporte le Prix haut la main. Les chefs d’inculpation sont multiples : durcissement des quotas d’expulsions, refus de disculper les personnes et associations aidant les migrants, expulsion expéditives hors contrôle du juge des libertés et non respect des droits des migrants. Comme dit Eric Besson "c’est pas Auchwitz". Encore heureux !...

Loin derrière lui, la pourtant très méritante Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur puis de la Justice (après avoir officié à la Défense), primée l’an dernier pour son efficacité policière : triplement des caméras de "protection", commande d’un rapport approximatif sur leur efficacité, et sa contribution à la Loppsi 2 (loi de programmation sur la sécurité), toujours en chantier. Cette année MAM a été envoyée au charbon pour passer en force la loi de « modernisation de la Justice ». Sarkozy vient de laisser tomber le projet de loi et MAM a désormais contre elle toute la magistrature. Petite dernière, avec son tailleur et ses crocks roses : Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, pour le giga-fichier H1N1 convoité par ses amis les labos, et son incompétence à protéger les français des appétits des protagonistes du DMP et du DMP Pro.


La catégorie Etats/Elus était si fournie en candidats poids lourds que deux mentions ont été instaurées :

Mention spéciale Fichiers A la quasi unanimité, le jury a souhaité récompenser les ministres successifs de l’Education nationale (en l’espèce, Xavier Darcos puis Luc Chatel), pour six années d’efforts à mettre en place un fichage systématique (sans base légale et dénoncé par des instances de l’ONU comme le Conseil des droits de l’enfant) des enfants dès l’âge de trois ans. Base Elèves et la BNIE (Base nationale d’identifiants élèves) sont le socle d’un futur "Safari", qui permettra un fichage à la source des futurs actifs, façon "casier scolaire". Deux autres fichiers ont été distingués : le @RSA d’Eric Woerth et Martin Hirsch, qui n’est que le dernier fichier entrant dans le croisement des bases de données sociales mises en place pour contrôler les précaires et les autres. Et le fichier H1N1 de Roselyne Bachelot justifié entre autres par l’argument asséné en pleine crise grippale : « et des gens vont mourir ».

Mention spéciale "Exécuteurs des basses oeuvres" : elle récompense ces hauts fonctionnaires, petits chefs ou élus zélés sans lesquels la machine à broyer ne serait pas aussi performante. Grand gagnant : Eric Ciotti, député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Il est rapporteur de la dernière loi sécuritaire de l’ère Sarkozy ("Loppsi2"), "porte-flingue" du gouvernement pour toutes les questions de sécurité intérieure, et "conducator" zélé d’un département qui veut être le premier à supprimer les allocations aux familles en difficultés. Dommage pour les perdants : Alex Türk, président de la CNIL maintes fois nominé et qu’on ne présente plus, et Christian Pasta, procureur de la République d’Alès, inconditionnel du FNAEG qui s’est acharné, en vain, à faire condamner un faucheur d’OGM refuznik, car "limiter aux seules infractions sexuelles n’était pas suffisant pour alimenter le fichier"...


Orwell Localités : Tir groupé pour les Alpes Maritimes ! Car c’est le maire de Nice Christian Estrosi qui décroche la palme du pire élu local de ces BBA 2010. Estrosi — qui a propulsé Eric Ciotti dans son fief du « Zéro-Six » — est le promoteur en tant que ministre de la fameuse loi « anti-bandes » votée cette année, mais c’est surtout pour sa volonté de faire de sa ville un laboratoire de la vidéosurveillance qu’il a été distingué (en projet, un réseau 600 caméras à Nice pour un investissement de 7,6 millions d’euros).

Les « dauphins » d’Estrosi sont d’abord le duo de choc Francis Delattre et Sébastien Meurant, deux élus du Val d’Oise qui sont allés fouiller dans les fichiers pour discréditer un adversaire politique (Francis Delattre étant par ailleurs, fait aggravant, un ex-commissaire de la CNIL !). Et ensuite, médaille de bronze pour le maire de Grenoble Michel Destot, déjà connu pour sa longue implication dans les nanotechnologies, qui s’est fait pincer en installant clandestinement des caméras-dôme sur le trajet habituel des manifs, anticipant sur la Loppsi2 qui prévoit que le préfet puisse procéder à de telles installations mêmes éphémères.

Orwell Entreprise : le Prix revient aux banques BNP Paribas, la Banque Postale, LCL, la Société générale... et tous les autres établissements bancaires qui laissent ou incitent leurs employés à dénoncer aux services de la Préfecture les clients sans papiers venus à leur guichet. Les deux autres candidats distingués sont la filiale chinoise d’Alcatel — Alcatel Shanghaï Bell — pour collaboration et fourniture de moyens de surveillance à la dictature de Birmanie, et la RATP pour ses passes Navigo, ses caméras clandestines dans le métro, ses panneaux de pub "espions" et sa politique au service de l’argent et de la sécurité, et non de l’usager.


Mention spéciale Internet : elle distingue Trident Media Guard & son actionnaire Thierry Lhermitte, qui escomptent bien faire des profits faciles sur la surveillance des internautes autorisée par l’Hadopi. A une voix près elle échouait aux services web de géolocalisation, la nouvelle armada aspireuse de vie privée du Web 2.0 (Foursquare, Gowalla, Yelp, Plyce, Tellmewhere (Dismoiou en France) et autres Veniu. Et à deux voix près, elle atterrissait dans l’escarcelle de Pages Jaunes et de sa très intrusive nouvelle acquisition 123 People championnes du web-renseignement à l’insu de ceux qui en font les frais et doivent montrer leurs papiers pour espérer qu’on les oublie.

- Orwell Novlang : Brice Hortefeux, notre nouveau et célèbre auvergnant ministre de l’Intérieur, n’est pas oublié. Il a signé le décret imposant le terme de « videoprotection » (ce dossier lui a été associé) et la modification de tous les textes règlementaires, histoire de rétablir une réalité sinon sécurisante du moins sécurisée.

Ensuite le jury a été sensible à la campagne dite des « Voisins vigilants », autre avatar de la nouvelle sémantique orwellienne, qui pousse la population à s’entre-surveiller. Une mode qui contamine de plus en plus de municipalités. Derniers dossiers remarqués par le jury : le projet Doxa (analyse des « sentiments des consommateurs »), derrière lequel plane l’ombre du groupe Thales), et le professeur Cabanis, qui a fait un éloge remarqué de la biométrie : « la réponse biologique de l’Homo Technologicus qui protège Homo Sapiens de l’insécurité du monde » (sic).

Mention spéciale médias. Dans cette catégorie, les journalistes « qui soufflent sur la braise sécuritaire » méritaient bien une petite mention.

Parmi les six cas d’école soumis au jury — deux pour TF1, M6, France 2, France 3 et un plumitif du Figaro —, le jury finalement placé ex-aequo Les Infiltrés (France 2 / CAPA) qui piochent leurs sujets dans les communiqués de l’Intérieur, et le journaliste du JT de TF1, dans l’affaire Continental, pour avoir diffusé des images non-floutées qui ont permis d’arrêter et de condamner des syndicalistes.

Prix Voltaire : Il récompense des individus et des collectifs qui luttent contre la surveillance et tentent d’enrayer la frénésie de contrôle des élus et des responsables publics et privés.

Parmi les huit candidats en lice cette année, c’est le groupe Pièces et main d’oeuvre (PMO), né à Grenoble il y a une dizaine d’années et son minutieux travail d’information sur les relents totalitaires des techno-sciences, qui a remporté les suffrages. Ils sont notamment parvenu à contrer avec éclat la campagne d’acceptation des nanotechnologies organisée fin 2009 par le gouvernement via la "Commission du débat public" (CNDP).

Le jury a ensuite été sensible au mot d’ordre du REFI, le Réseau Emploi Formation Insertion, composé de salariés des services publics (Pôle Emploi, organismes sociaux, direction du travail, associations, organismes de formation...) qui refusent de participer à la chasse à l’étranger et au fichage systématique de la précarité. Les autres candidats à ce prix Voltaire sont : Geoffrey Dorne, qui a développé un attirail artistique de contre-surveillance, les collectifs CREP (Strasbourg) CDL (Paris) et un collectif anonyme de Grenoble qui "démontent" les caméras de "protection"dans leurs quartiers, le collectif anti-pub Les Déboulonneursqui avait bien cru s’être débarrassés des panneaux espions du métro, et enfin le tandem de sociologues Tanguy Le Goff & Eric Heilmann, dont l’étude critique a dégonflé le fameux Rapport censé prouver l’efficacité de la vidésurveillance.

Et puis surprise le jury a exigé...

- un Prix Spécial du Jury - 10 ans des BBA remis à Alex Türk, sénateur du Nord et président de la Commission de l’informatique et des libertés (CNIL). Il a finalement été distingué par ce Prix Spécial, après avoir été un candidat malheureux pendant de si nombreuses années. C’est presque un vétéran dans son domaine : lorsque les BBA se sont mis à faire le travail qui devrait être également le sien, avec leur première édition en 2000, Alex Türk était déjà "simple" commissaire à la CNIL. Il en deviendra président en 2004, et sa posture de « garant » des libertés à l’ère du numérique, alors qu’il a lui-même participé à l’érosion des pouvoirs de la CNIL, ainsi que son double discours perpétuel a poussé le jury, à l’unanimité, à l’extraire de la sélection pour lui réserver cette distinction particulière. Il était nominé en tant qu’ « exécuteur de basses oeuvres » et pour son appétit à jouer de la « novlangue » avec persévérance.

Vous retrouverez en ligne la liste des nominés et des primés ainsi que les dossiers complets, candidats par candidats.
http://bigbrotherawards.eu.org/spip.php ... -bba&annee 10

Des remises de prix pourront avoir lieu d’ici l’Orwell Party anniversaire du 29 mai 2010. Nous vous en tiendrons informés.

Et nous vous donnons bien sur rendez vous le 29 mai 2010, au Théâtre la Belle Etoile de la Cie Jolie Môme (Saint Denis 93) pour un après midi d’ateliers Barcamp sur le thême de la contre-surveillance, ainsi que pour la remise du Palmarès BBA Spécial 10 ans, où les gagnants seront cette fois-ci choisis par le public.

Grand fraternellement vôtre,
L’équipe des BBA France.

(1) Le jury 2010 accueillait cette année : Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, Véronique Decker, directrice d’école, Collectif national de résistance à Base élèves, Gaëlle Krikorian, sociologue, membre de La Barbe, des Tumultueuses, de Cette France-là et d’Act Up Paris, Agnes Mel, assistante sociale, Mouvement Antidélation, Francis Mizio, auteur, écrivain, Jean-Pierre Petit, Souriez vous êtes filmés, Maurice Rajsfus, fondateur de l’Observatoire des Libertés publiques (Que fait la police ?), Sylvia Preuss-Laussinotte, juriste, Groupe d’information et de soutien aux immigrés (Gisti), François Sauterey, Réseau associatif et syndical, Collectif Non a Edvige et Thomas Sauvadet, sociologue.

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La Belle Etoile

La Belle Etoile, théâtre de la Compagnie Jolie Môme, 14 Allée Saint-Just, 93210 Saint-Denis (pas de panique, c’est à 15 minutes de Paris, juste derrière le boulevard périphérique !-)

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L'Équipe des BBA France infobbafr(at)bigbrotherawards.eu.org - http://bigbrotherawards.eu.org
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 15 Mai 2010, 20:54

Récit : Le téléphone qui en savait trop LE MONDE | 10.05.10 | 16h54 • Mis à jour le 11.05.10 | 08h56
Mountain View (Californie) Envoyé spécial

Jusqu'à présent, la géo-localisation de votre mobile a servi à savoir où vous êtes. Bientôt, elle servira aussi à savoir qui vous êtes. Une équipe de spécialistes d'intelligence artificielle dirigée par le professeur Tony Jebara, de l'université Columbia de New York, a mis au point un système permettant de profiler un possesseur de téléphone portable sans rien lui demander, en se basant exclusivement sur ses déplacements quotidiens. Après une période d'observation continue des mouvements d'un téléphone, le moteur d'intelligence artificielle saura si son propriétaire est un homme ou une femme, jeune ou âgé, riche ou pauvre, dépensier ou avare, diplômé ou non, nomade ou sédentaire, employé stable ou précaire...

Pour monétiser cette invention, une partie de l'équipe a créé une start-up baptisée Sense Networks, qui compte aujourd'hui une quinzaine d'employés, répartis entre New York et la Californie. Installé dans son petit bureau de Mountain View, près du campus de Google, le directeur technique de Sense Networks, Anand Venkatamaran, explique qu'il a d'abord fallu créer un système de collecte de données de mobilité des téléphones portables dans une zone donnée : "Nous avons réussi à créer une plate-forme "agnostique", c'est-à-dire
capable de digérer n'importe quel type d'informations. On peut bien sûr pister les téléphones grâce aux relais télécoms, mais ce n'est pas toujours assez précis. On peut aussi repérer les smartphones quand ils passent à portée des réseaux Wi-Fi dont on connaît l'emplacement grâce des bases de données spécialisées. Enfin, avec les nouveaux smartphones, tout est à la fois facile et précis, puisqu'ils sont équipés d'une puce GPS qui diffuse leurs coordonnées de longitude et de latitude vers toute une gamme d'applications."

Deuxième étape : le moteur d'intelligence artificielle va analyser ces flux de données anonymisées, en déduire un ensemble de caractéristiques individuelles, et les segmenter selon les catégories prédéfinies telles que l'âge, le sexe, le revenu ou le niveau d'études : "La force de notre système, affirme M. Venkatamaran, est qu'il n'est absolument pas intuitif. Nos algorithmes ne reposent sur aucun présupposé humain, ils sont vierges de toute règle préconçue du genre "si ce téléphone est souvent dans un salon de beauté, il
appartient probablement à une femme". Ces critères de bon sens sont en réalité naïfs et incertains." A terme, le système sera aussi capable d'améliorer automatiquement ses propres performances.

Pour commencer, les ingénieurs de Sense Networks fournissent à leur machine des données de mobilité de personnes dont ils connaissent déjà les caractéristiques, et laissent le moteur d'intelligence artificielle établir des modèles de déplacements par catégories.

Ensuite, quand on lui fournit des données appartenant à des personnes dont on ne sait rien, la machine effectue ses propres déductions statistiques, sans intervention humaine : "Par exemple, notre système calcule l'âge d'un possesseur de mobile en se basant sur sa vitesse moyenne de déplacement. Les jeunes bougent vite, souvent et de façon imprévisible. Les plus âgés se déplacent de façon plus lente et plus régulière. Aucun ingénieur n'y avait pensé."

Selon M. Venkataraman, le système sera même capable de fournir des pourcentages statistiques sur les habitudes alimentaires de ses cibles, ou encore de déterminer si un consommateur aura tendance à rester fidèle à ses marques préférées, ou si au contraire il sera capable d'en changer sur un coup de tête.

Les premiers clients de Sense Networks seront sans doute les agences de publicité et de marketing et les professionnels du commerce en ligne, qui rêvent depuis toujours de profiler les utilisateurs de portables pour leur envoyer des messages publicitaires personnalisés et des offres commerciales ultra-ciblées. Sense Networks, qui vient de passer sous le contrôle du fonds de capital-risque californien Intel Capital, démarche activement ce secteur.

Au delà, les usages sont potentiellement infinis. M. Venkatamaran compte sur l'imagination de jeunes développeurs indépendants du monde entier qui pourront créer toutes sortes d'applications inédites, ludiques ou utilitaires, et venir se connecter sur sa plate-forme pour puiser dans ses données. En attendant, la société cherche à se faire connaître du grand public en créant ses propres applications.

La première a été CitySense, à l'usage des fêtards de San Francisco : un plan de la ville indiquant en temps réel les rues et les lieux publics les plus animés, où se concentrent les noctambules circulant en véhicules dotés de GPS et utilisant leurs portables. Elle a aussi expérimenté une application pour les New-Yorkais, CabSense : compte tenu de l'heure et du quartier, elle leur indique le carrefour où ils ont le plus de chance de croiser un taxi en maraude.

M. Venkataraman imagine déjà des services payants : "Nous pouvons déterminer qu'un possesseur de mobile prend le même train de banlieue tous les jours à la même heure. Nous pourrions lui proposer de regarder sur son smartphone un programme vidéo dont la durée correspond exactement à son temps de trajet."

Il rêve même de coupler son service avec celui d'un moteur de recherche : "Quand vous posez une question à Google via votre mobile, celui-ci pourrait la faire transiter par la plate-forme de Sense Networks. Ainsi, nous pourrions faire à Google des recommandations basées sur les informations personnelles que nous possédons sur vous. Le moteur vous renverrait alors des résultats sur mesure, spécialement adaptés à vos goûts ou à votre mode de vie." M. Venkataraman a trouvé le slogan qui résume sa démarche : "Plus besoin de faire
de recherches, nous avons déjà trouvé ce que vous voulez. "

Yves Eudes

En France, un système encadré mais permissif :
Les services collectant des données personnelles de localisation des téléphones portables à des fins commerciales sont autorisés par la loi française, mais la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) rappelle que certaines conditions doivent être respectées.

Tout d'abord, les particuliers visés doivent être avertis que leurs données seront stockées et exploitées. Ensuite, le système doit comporter un mécanisme permettant à chacun d'exercer son "droit d'opposition", c'est-à-dire de refuser de recevoir un message commercial.

Lorsque les données sont collectées via une application téléchargée sur le mobile, celle-ci doit demander à son possesseur, à chaque mise en route, s'il accepte d'être localisé.

Si les données sont traitées en France et si les messages commerciaux sont diffusés sur le territoire français, les sociétés exploitantes sont, en théorie, tenues de s'enregistrer auprès de la CNIL. Cela dit, lorsqu'il s'agit d'entreprises étrangères (par exemple des petites start-up basées sur un autre continent), la CNIL n'a pas les moyens concrets de les contraindre.

Afin de détecter directement les déplacements des mobiles sans l'aide des opérateurs télécom, diverses entreprises privées (notamment les américains Google et Skyhook) recensent et localisent systématiquement tous les relais de téléphonie GSM et 3G présents sur le territoire français, ainsi que les réseaux Wi-Fi, individuels et collectifs. Elles alimentent ainsi des bases de données perpétuellement mises à jour.

D'autres systèmes repèrent les portables directement via le système de GPS, ou via les signaux Bluetooth, conçus à l'origine pour faire fonctionner les oreillettes sans fil et échanger des photos.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 17 Mai 2010, 22:37

Tous les liens sur : http://www.laurent-mucchielli.org/index ... /04/30/Vidéosurveillance-%3A-le-dossier

Vidéosurveillance : le dossier 6 05 2010

Ecoles, transports, espaces publics, la principale réponse aux problèmes de sécurité est désormais partout la même : vidéosurveillance. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, le gouvernement a fait du développement de cet outil l’un des axes majeurs de sa politique de sécurité. Le 2 octobre 2009, François Fillon en faisait la "priorité absolue" du gouvernement en la matière. Dans une circulaire du 5 mars 2010, le secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance annonce ainsi qu'il disposera en 2010 d'une enveloppe renforcée de 49 millions d'euros, dont 30 millions (donc plus de 60 %) sera consacré à la vidéosurveillance. Pourtant l'efficacité de cette technologie est très limitée et son coût financier très lourd pour les collectivités locales que l'Etat cherche à impliquer de plus en plus. Au final, outre les problèmes de contrôle de ces dispositifs au regard des libertés individuelles, ne s'agit-il pas d'une impasse pour les politiques de sécurité ? Et si la vidéo est un "juteux marché" pour les entreprises privées, ne serait-ce pas une petite gabegie pour les finances publiques ?

Lire nos deux chroniques :

La vidéosurveillance est-elle une réponse efficace à la délinquance ?, par Tanguy Le Goff.
Un coût très important pour des résultats très faibles, par Laurent Mucchielli.
Ressources en ligne :

Le bilan de T. Le Goff : Vidéosurveillance et espaces publics. État des lieux des évaluations menées en France et à l’étranger.
Le rapport de Martin Gill et Angela Spriggs sur la vidéosurveillance au Royaume-Uni.
Une étude sur La vidéosurveillance dans les lycées en Île-de-France.
Une étude sur la vidéosurveillance dans les transports en commun en Ile-de-France.
Sur ce site : un article de T. Le Goff et Eric Heilmann.
Une interview de E. Heilmann dans ''Libération''. Et le blog de ce chercheur.
Le dossier de La Gazette des Communes :"Faut-il développer la vidéosurveillance ?".
Des interviews de L. Mucchielli dans La voix du nord et La gazette des communes.
La revue de presse générale de Laurent Opsomer.
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Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 18 Mai 2010, 19:32

76. Fichage et listing
Quelles incidences pour les individus? hiver 2009
Sous la direction de Didier Bigo et Pierre Piazza
Dossier | Varia

"Portraits biométriques" 180 pages - 18 euros
ISBN 978-2-296-11655-9

S'il s'ancre dans une histoire longue, le processus de recueil, d'exploitation et d'échange d'informations relatives aux personnes à des fins de sécurité connaît depuis quelques années une indéniable intensification au niveau transnational. Impliquant une multitude d’acteurs tant publics que privés et reposant sur la mobilisation d’une grande variété de dispositifs technologiques sans cesse plus sophistiqués, ce processus renvoie au développement de pratiques de contrôle, de surveillance, de traçabilité ou encore de profilage qui sont sous-tendues par des logiques de suspicion, d’anticipation des comportements et de prédiction des risques et des menaces.
Ce numéro de Cultures & Conflits rassemble plusieurs études de cas qui permettent d’apporter de précieux éclairages sur les enjeux de ces formes de gouvernementalité contemporaine. Les contributions réunies ici insistent tout particulièrement sur l’importance des conséquences dommageables qu’elles génèrent sur le vécu et la trajectoire des individus.

Notes de la rédaction
Ont participé à ce numéro : David Ambrosetti, Laurent Bonelli, Benoît Cailmail, Colombe Camus, Stephan Davidshofer, Julien Jeandesboz, Daniel Hermant, Blaise Magnin, Médéric Martin-Mazé, Pierre Piazza, Anastassia Tsoukala, Karel Yon


Les articles de ce numéro sont disponibles en texte intégral via abonnement/accès payant sur le portail Cairn. Consulter ce numéro
Didier Bigo et Pierre Piazza
Les conséquences humaines de l’échange transnational des données individuelles [Accès restreint] Dossier
Ilsen About De la libre circulation au contrôle permanent [Résumé | Accès restreint]
Les autorités françaises face aux mobilités tsiganes transfrontalières, 1860-1930 From Free Circulation to Permanent Control: the French Authorities face the Transborder Gypsy Mobility, 1860-1930 Anthony Amicelle et Gilles Favarel-Garrigues
La lutte contre l’argent sale au prisme des libertés fondamentales : quelles mobilisations ? [Résumé | Accès restreint] The fight
against “dirty money” from the perspective of fundamental freedoms: which mobilisations? François Lenfant, Lia van Broekhoven et Frank van Lierde
Les conséquences de la guerre contre le terrorisme sur le monde des ONG [Résumé | Accès restreint]
Le cas du réseau de partenaires de Cordaid à travers le monde The effects of the war on terrorism on the world of NGOs: the case of the
Cordaid worldwide partner network Mathijs Le Rutte
Sécurité et traitement des données personnelles [Résumé | Accès restreint] Quels impacts sur les réfugiés
et les demandeurs d’asile ? Security and processing of personal data: what is the impact on refugees and asylum seekers? Rocco Bellanova et Paul De Hert
Le cas S. et Marper et les données personnelles : l’horloge de la stigmatisation stoppée par un arrêt européen [Résumé | Accès restreint] The S. and Marper case and personal data: the clockwork of stigmatisation stopped by a European decision Alex Türk et Pierre Piazza
La difficile quête d’un équilibre entre impératifs de sécurité publique et protection de la vie privée [Accès restreint] Entretien avec Alex TÜRK ; propos recueillis par Pierre PIAZZA Stephan Davidshofer et Dick Marty La défense de l’Etat de droit peut-elle (re)devenir l’enjeu central de la lutte contre le terrorisme ?
[Accès restreint] Entretien avec Dick Marty ; propos recueillis en décembre 2009 par Stephan Davidshofer Varia Gülçin Erdi Lelandais
« Quartiers de contestation... quartiers d’exclusion » [Résumé | Accès restreint] Politiques d’urbanisation et résistances populaires à Istanbul
“Dissenting neighbourhoods... exclusion neighbourhoods” : the politics of urbanisation and resistance in Istanbul
Nico37
 
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