La terreur d’État

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Messagede bipbip » 01 Fév 2018, 16:59

A ceux qui se croient libres

Le texte qui suit brosse un tableau du durcissement de la stratégie repressive de l’État pénal dans les 15 dernières années. Il est la préface au livre « A ceux qui se croient libres » qui retrace la vie passée derrière des barreaux de Thierry Chatbi, écrit par Nadia Menenger. A l’heure où les surveillants de prison avancent des revendications sécuritaires sa lecture ou relecture semble tout à fait opportune.

Cela fait dix ans que Thierry s’est suicidé. Même si la réalité s’est considérablement dégradée, son témoignage reste cruellement d’actualité. [...] Les gouvernements de droite et de gauche se sont succédés et la logique est restée la même ; le tout-sécuritaire, la surveillance, le fichage et l’enfermement de masse se sont développés pour imposer une société de plus en plus inégalitaire.
L’expérience de 1981, avec l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, aurait dû nous alerter, aussi bien sur les méthodes que sur les projets politiques du gouvernement actuel. Ne plus nous laisser abuser ni par les colloques consensuels sur les grands thèmes de la récidive, du sens de la peine, ni par les cris d’orfraie de la droite et de l’extrême droite dénonçant la politique laxiste d’un gouvernement qui voudrait vider les prisons et donner « le feu vert aux voyous ».

Toute cette comédie ne suffit pas à masquer une continuité bien plus profonde : la nécessité pour l’État d’encadrer, de réprimer, d’enfermer tous ceux qui sont progressivement éjectés du monde du travail ou qui le contestent. Depuis trente ans la courbe des incarcéré(e)s suit la même progression que celle du chômage. L’État et ses aficionados nous bombardent de discours anxiogènes pour nous faire avaler que la sécurité c’est la liberté. La surmédiatisation de faits divers sordides, les attentats, la crise endémique sont autant de prétextes pour renforcer l’appareil législatif et répressif qui réduit « pour notre bien » les espaces de liberté C’est ainsi que l’État se dote d’outils de renseignement de plus en plus intrusifs pour écouter l’ensemble de la population. Puisque selon lui nous n’avons rien à nous reprocher, nous n’avons donc rien à cacher.

De plus en plus d’actes, de mots et d’intentions deviennent des délits passibles d’enfermement. Ce qui relevait encore récemment d’une simple contravention vaut aujourd’hui des peines de prison fermes (incitation à la rébellion, outrage, conduite en état d’ivresse…). Le moindre délit est sévèrement réprimé surtout si l’auteur est jeune, pauvre et d’origine étrangère. Dans les années 1970 la peine maximum effectuée se chiffrait autour de dix-huit ans, aujourd’hui elle dépasse les trente ans ! Et dans l’emballement, l’institution judiciaire ne préserve même plus les apparences. Ainsi, dans plus de 90 % des cas des peines fermes sont prononcées lors de jugements en comparution immédiate, c’est-à-dire sans instruction, avec un avocat commis d’office, à la chaîne, en quelques minutes, et pour des peines pouvant aller jusqu’à dix ans.

... https://paris-luttes.info/a-ceux-qui-se ... ibres-9479
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Messagede bipbip » 26 Avr 2018, 16:56

« Violences de l'État. Quelles réponses ? »

Ivry-sur-Seine (94) Vendredi 27 avril
est organisée de 19h à minuit une soirée Interluttes à la Pagaille, Recyclerie d’Ivry-Port, 15 rue Ernest Renan sur le thème : "Violences de l'État. Quelles réponses ?"

Cette soirée sera l'occasion de s'interroger collectivement sur les violences de l'État. Quelles réponses pouvons-nous formuler ? Quelles actions pouvons-nous organiser ?

Plusieurs intervenant.e.s seront présent.e.s pour en discuter :
• des syndicalistes du privé et du public
• des étudiant.e.s de facs occupées
• des militant.e.s associatifs

Il y aura une cantine à prix libre, un bar et une table de livres.

Tous les bénéfices de la soirée seront reversés aux caisses de grève en solidarité.

https://paris.demosphere.eu/rv/61810

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Messagede bipbip » 03 Mai 2018, 15:18

Police partout, et voilà l'armée !

Le comité Adama revient en vidéo sur le déploiement sans précédent des militaires, dans le quartier de Boyenval, où vit la famille Traoré à Beaumont sur Oise.
Les militaires sont venus accompagnés des gendarmes. Nous avions organisé un événement festif pour les familles du quartier, en grande majorité des enfants.
Nous dénonçons la banalisation des armes de guerre devant des enfants. Ils ont le droit d'avoir une enfance sans violence.

Stop à la gestion coloniale de nos quartiers !

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Messagede bipbip » 02 Juin 2018, 20:03

Mobilisations en mai: vives critiques contre une "répression disproportionnée"

Des centaines d'interpellations, des mineurs en garde à vue, et au final plusieurs relaxes et de nombreux rappels à la loi: la gestion par les autorités des mobilisations anti-Macron en mai suscite de vives critiques, les opposants dénonçant des attaques contre le droit de manifester.

"C'est la honte de voir un dossier comme celui-là en comparution immédiate. C'est la honte de faire 48H de garde à vue pour ça, de devoir plaider qu'une clé Allen, l'équivalent d'une petite clé Ikea, n'est pas une arme". L'avocat Martin Mechin ne décolérait pas mercredi au tribunal de Paris où étaient jugées douze personnes interpellées le 1er mai.

Le dossier de sa cliente, Clara B., 24 ans, est "parfaitement vide" pour l'avocat. "Je suis vitrailliste. Ces clés sont des outils que j'utilise quotidiennement", a-t-elle expliqué. Le tribunal rendra son jugement le 9 juillet.

Sur les 283 personnes interpellées le 1er mai après les violences qui ont fait dérailler le défilé parisien et qui ont été attribuées par les autorités à 1.200 manifestants de l'ultra-gauche, 102 d'entre ont été placées en garde à vue. Parmi elles, une quarantaine ont été déférées, et ensuite il y a eu 7 mises en examen, 18 comparutions immédiates et au moins 13 rappels à la loi.

"Les policiers n'ont interpellé aucun casseur. Ils ont interpellé au hasard. L'objectif, c'est de dissuader les gens d'aller manifester", a dénoncé Me Mechin.

Le tribunal a néanmoins condamné mercredi à un mois de prison ferme une femme, qui était en possession d'un marteau le 1er mai. Il en a relaxé une autre, "au bénéfice du doute compte-tenu du peu d'éléments" dans le dossier.

Déjà lors des audiences du 3 et 4 mai, la seule peine prononcée a été une amende pour un fumigène dans la poche. Deux jeunes ont été relaxés: "Il n'y a pas grand-chose dans ce dossier", a relevé le président.

Depuis le défilé du 1er mai, Paris a été le théâtre de nombreuses manifestations pour dénoncer la politique d'Emmanuel Macron un an après son élection.

"Dissuader la contestation"

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) critique l'utilisation de "lois de la répression", des infractions pénales "nées sous l'ère sarkozyste", qui ont "servi l'action policière" le 1er mai ou le 22 mai, quand 102 personnes ont été placées en garde à vue après être entrées dans le lycée parisien Arago à l'issue d'une manifestation pour la défense de la fonction publique.

L'un des textes utilisés porte sur l'intrusion dans un établissement scolaire, l'autre sur "la participation à un attroupement en vue de la préparation de dégradations et de violences".

Ils "ne répriment pas une infraction commise, mais une intention qu'on présume", souligne Katia Dubreuil, présidente du SM. "Ces infractions permettent de faire passer à des personnes deux jours en garde à vue sans réelle justification".

... https://www.ladepeche.fr/article/2018/0 ... iques.html
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Messagede bipbip » 09 Juin 2018, 14:41

Gardes à vue par centaines, blessures graves et prison ferme : le mouvement social de plus en plus réprimé

Ici, des lycéens embarqués par dizaines et amalgamés à des « bandes violentes ». Là, un manifestant dont le pied est arraché par une grenade. Ailleurs une enquête pour « association de malfaiteurs » contre des activistes antinucléaires, ou encore un délit de solidarité en « bande organisée » pour être venu en aide aux exilés. Depuis le printemps, gardes à vue et peines de prison pleuvent sur les participants aux mouvements sociaux qui agitent la France, de la Zad aux universités, de Bure à Briançon. Alors que le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb vient de réitérer des menaces à peine voilées à l’encontre des futurs manifestants, Basta ! dresse un bilan – non exhaustif – d’un trimestre de répression.

... https://www.bastamag.net/Gardes-a-vue-p ... ent-social
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 13 Juin 2018, 23:12

Les violences policières se généralisent, constatent les avocats de France

Lors d’une journée de réflexion organisée par le Syndicat des avocats de France, de nombreux témoignages ont montré que les violences policières touchent en France de plus en plus de secteurs de la société : militants écologistes et sociaux, migrants, jeunes des quartiers populaires... Les réponses juridiques émergent peu à peu. Mais une prise de conscience de la société face à la « fabrique des monstres » est indispensable.

... https://reporterre.net/Les-violences-po ... -de-France
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 14 Juin 2018, 14:59

Collomb en roue libre contre les mouvements sociaux - l'extrême droite au pouvoir

Vendredi 8 juin, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb était en visite à Saint-Astier, pour faire le bilan « d'un an de mobilisation exceptionnelle » des forces de l'ordre.

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Saint-Astier, c'est un village fantôme en Dordogne, transformé en centre d’entraînement grandeur nature pour les polices du monde entier. Dans des rues désertes, les forces de l'ordre s'amusent à créer des scènes d'émeutes factices pour se former à la répression. Des figurants brûlent des voitures, montent des barricades, jettent des pavés en mousse, pour entraîner les flics à réprimer « en situation » en tirant toutes sortes de grenades. Des agents des quatre coins du monde viennent à Saint-Astier se former à « l'excellence française » en matière de maintien de l'ordre.

Le 8 juin donc, Collomb venait féliciter ses troupes, qui ont minutieusement écrasé toutes les contestations depuis l'élection d'Emmanuel Macron : grévistes, lycéens, occupants de la ZAD, étudiants … A chaque opposition, le rouleau compresseur répressif le plus violent. A cette occasion, le ministre de l'intérieur, visiblement complètement sénile, s'est fait photographier tout sourire dans un blindé de la gendarmerie, dans un véhicule des CRS ou en train de tripoter les armes policières qui ont récemment mutilé dans les manifs.

Mais le plus inquiétant n'est pas là. Il a surtout annoncé un durcissement gigantesque de la répression policière et judiciaire contre les mouvements sociaux. La France, déjà figure de proue européenne de la militarisation du maintien de l'ordre sur fond d'antiterrorisme risque de franchir de nouveaux paliers dans les prochaines semaines. Morceaux choisis :

- RADICALISATION JUDICIAIRE : Sur le plan judiciaire, visiblement, la prison ferme suite à des interpellations sans preuve lors des dernières manifestations ne suffit pas. Le gouvernement compte «développer encore le travail commun entre policiers, gendarmes et magistrats pour mieux cibler les interpellations et obtenir des suites judiciaires encore plus dissuasive ».

- POLICE POLITIQUE : « repérer les leaders ». Voici ce que déclare le ministre : « les services ont identifié certains meneurs, il y a aussi sûrement des groupes assez structurés derrière eux, et il faut pouvoir agir en prévention. Comment caractériser l'intention probable de passer à l'acte ? Il y a peut être quelque chose à trouver du côté de l'association de malfaiteurs ». Nous sommes au delà de la science fiction. Le gouvernement compte réprimer « préventivement », sans aucun élément, des personnes considérées comme « meneurs », donc tout simplement fichées par la police comme étant engagées dans la vie politique et sociale. Il parle même de frapper des groupes militants entiers, à l'aide de l'arsenal utilisé contre le terrorisme. Ainsi, Collomb assume l'emploi d'une police politique, chargée d'enfermer des opposants.

- TECHNOFASCISME : la montée en puissance d'une technologie de la répression. Nous avons vu à Nantes des caméras spéciales, surpuissantes, dotées d'antennes, installées par les CRS pour les manifestations : c'est le système S.A.R.I.S.E. Le gouvernement Macron veut aller plus loin, avec des caméras « intelligentes » et « prédictives » : « l'intelligence artificielle doit permettre de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre. » Reste à définir ce qu'est un comportement « bizarre » pour le gouvernement. Dans ce cadre, les agents du renseignement seront systématiquement sollicités, ainsi que le recours à des drones.

Bref, le ministère de l'intérieur est en roue libre, et les possibilités de s'exprimer et de contester sont en train de fondre comme neige au soleil. Le temps presse. Ce gouvernement post-démocratique ira jusqu'où il pourra aller, sauf s'il se retrouve face à des mobilisations massives et déterminée.


https://nantes.indymedia.org/articles/41823
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 28 Juin 2018, 19:35

Une ville en état de siège
Une ville en état de siège
Comme la veille à Saint Brieuc, la visite d’Emmanuel Macron à Quimper se sera déroulée dans une ville en quasi état de siège, avec une interdiction de circulation dans tout le centre ville.
Depuis la gare jusqu’aux allées de Locmaria, le blocage de la manifestation contre la politique du gouvernement à hauteur du parking de la gare, l’interdiction faite à certains riverains de rejoindre leur logement dans le périmètre verrouillé par les forces de police.
La cerise sur le gâteau, aura été l’injonction faite aux syndicalistes réunis devant la gare de couper leur sono sous la menace d’une confiscation du matériel, la confiscation effective du mégaphone d’un militant présent, la prétention des autorités de l’Etat (transmise par la police) à imposer aux manifestants de faire silence au moment du discours du président et enfin la recherche des cheminots qui avaient eu l’aplomb de faire retentir les sirènes de leur train pendant l’intervention présidentielle.
Du jamais vu à Quimper!
Ces pratiques en disent long sur la dérive autoritaire d’un pouvoir qui ne supporte aucune contestation et veut imposer sa politique de casse sociale par tous les moyens.
... http://npa29.unblog.fr/2018/06/22/a-bas-letat-policier/

CR de la venue de Macron à Quimper
Ci après un compte rendu commun des différentes orgas et collectifs mobilisé-es contre la venu de notre "roy par la grâce de dieux" aka Mac Manu aka Monarc Macron.
Nous retiendrons que cette fois-ci et jour de la fête de la musique Quimper n'aura jamais autant mérité son surnom de "belle endormie" vu le verrouillage total de la ville par les féroces de l'ordre la privatisant de fait en empêchant la circulation des piéton-nes et des véhicules...
... https://nantes.indymedia.org/articles/42003
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 18 Oct 2018, 19:34

Manifestations : au-delà de la mauvaise réputation

Les discours politique et médiatique commentant les mouvements sociaux surévaluent la violence des manifestants, en réalité bien moindre qu’au XXe siècle. C’est, au contraire, la répression qui s’est intensifiée, limitant les champs d’action dans le but de décourager.

... https://www.liberation.fr/debats/2018/1 ... 1539195773
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 21:05

Violences dans les manifestations : le Sénat adopte un texte visant les black blocs
La proposition de loi prévoit de durcir les sanctions contre ceux qui dissimulent leur visage dans les manifestations.
Le Sénat a adopté, mardi 23 octobre, une proposition de loi des Républicains visant à "prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations", dénoncée à gauche comme attentatoire aux libertés. Le texte vise en particulier les black blocs, ces activistes qui se dissimulent sous des vêtements sombres et masquent leur visage, pour exprimer des critiques antisystème.
La proposition de loi prévoit que les préfets pourront prononcer des interdictions de manifester à l'encontre de personnes susceptibles de représenter une menace grave pour l'ordre public. Est aussi prévue la création d'un fichier national des personnes interdites de manifestations, vivement contestée par Esther Benbassa (CRCE). Le préfet pourra aussi autoriser "pendant les six heures qui précèdent" une manifestation et jusqu'à dispersion, "dans un périmètre délimité", des palpations de sécurité et fouilles de sacs. Le texte propose en outre de transformer l'infraction de dissimulation volontaire du visage dans une manifestation en un délit puni d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.
... https://www.francetvinfo.fr/decouverte/ ... 01187.html


Violation des droits démocratiques

Fouilles systématiques, 15 000 euros d’amendes, le Sénat veut limiter notre droit à manifester

Ce mardi 23 octobre, le Sénat a adopté en première lecture un texte visant à restreindre le droit démocratique à manifester. Des fouilles systématiques à l’entrée des cortèges de manifestants, généralisation des interdictions à manifester, le risque d’un an de prison et de 15 000 euros d’amendes pour dissimulation de visage, fusées d’artifice et matériel considéré comme un port d’arme passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende, création d’un fichier national des personnes interdites de manifestations…

Sous prétexte de s’attaquer au « black block », le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau a grillé la priorité à La République En Marche en faisant voter ce projet de loi en première lecture à l’initiative du Sénat avec les voix LR, centristes, et indépendants. Pour ne pas voter de concert avec LR, largement majoritaire au Sénat, LREM a voté contre le texte, en se défendant d’un rejet « en bloc » du projet de loi de LR au travers le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez. Il a néanmoins affirmé son souhait d’arriver à un texte plus abouti, autrement dit avec la touche de la majorité parlementaire, rappelant par la même qu’un groupe de travail commun aux ministères de la Justice et de l’Intérieur avait déjà en préparation le même type de travaux et « rendra ses conclusions le 15 janvier ».

Si le Parti Socialiste a voté contre le texte, il reprend, en définitive, un certain nombre de dispositions expérimentées par François Hollande et Manuel Valls pendant le mouvement contre la loi El Khomri en 2016. A majorité communiste, le groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Ecologiste a voté contre en dénonçant une « proposition de loi [qui] rogne clairement sur les libertés publiques, notamment sur liberté de manifester ». Esther Benbassa a vivement contesté la création d’un fichier national des personnes interdites de manifestations.

Reprenant la logique du texte « anti-casseur » de 1970, abrogé par François Mitterrand dès son élection en 1981, la proposition de loi des sénateurs Les Républicains peine à dissimuler les velléités répressives de ses auteurs contre l’ensemble du mouvement social. Ainsi, « dissimuler son visage » en manifestation sera, si cette loi est adoptée, passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Le port de matériel pyrotechnique, comme les fumigènes par exemple, et de fusées d’artifice pourrait coûter jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. « Bien davantage que de casseurs de vitrines, il s’agit en fait de briseurs de République », a affirmé Retailleau pour défendre son texte. « Eh bien la République doit briser ces groupes », a-t-il ajouté, jugeant qu’« aujourd’hui la loi est trop faible ».

Prenant le prétexte des incidents du 1er mai, le projet de loi, voté en première lecture, n’en reste pas là. Ainsi, il propose aussi la possibilité pour le préfet d’autoriser l’instauration de périmètres durant les manifestations, afin de procéder à des fouilles systématiques, avant de pouvoir rejoindre un cortège. Une mesure corrélée à la création d’un fichier national des interdits de manifestation qui permettront aux préfets, à l’instar des interdictions administratives de stades, d’interdire quiconque de manifester par le biais d’un simple arrêté. Ces mesures visent à généraliser et à renforcer des mesures qui cherchent à restreindre plus encore le droit à manifester et à criminaliser l’expression démocratique de l’opposition du mouvement social.

A l’initiative de la droite, cette fois-ci, ce texte de loi passera prochainement en seconde lecture à l’Assemblée Nationale. Il est par ailleurs déjà inscrit que le gouvernement compte bien amender ce texte de loi, comme l’explique le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur en affirmant que que ce « sera pour le gouvernement l’occasion d’avoir un échange technique ». Face à ce nouveau texte de loi visant à restreindre toujours plus le droit à manifester ainsi que le droit à s’opposer aux contre-réformes sociales, il s’agit de s’opposer et dénoncer fermement cette nouvelle offensive contre les droits démocratiques, par nos méthodes de luttes les grèves et manifestations. Contre cette nouvelle offensive autoritaire et liberticide, c’est dans la rue qu’il va falloir défendre notre droit démocratique à manifester et à s’opposer aux contre-réformes du gouvernement.


http://www.revolutionpermanente.fr/Foui ... manifester
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 03 Jan 2019, 03:06

Violences policières : “une volonté explicite de blesser” pour la Ligue des droits de l’Homme

Un nouveau manifestant a été grièvement blessé par les forces de l’ordre, lors de l’acte VII des gilets jaunes à Toulouse. Inquiète de la situation, la Ligue des droits de l’Homme dénonce le discours du gouvernement qui serait à l’origine de ces violences policières. Interview.

... https://www.anti-k.org/2018/12/31/viole ... de-lhomme/
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 16 Jan 2019, 16:51

État policier : en marche contre la montée de la contestation sociale

Retour sur l’année 2018. Face au mouvement des Gilets Jaunes et à la mobilisation lycéenne de ces deux derniers mois, une impression d’inédit se dégage lorsqu’on fait le bilan de l’arsenal répressif utilisé par le pouvoir en place. C’est sans doute d’abord le terrible décompte des
victimes physiques de la violence policière qui est sidérant.

Une femme de 80 ans est morte à Marseille, touchée chez elle en pleine face par un tir tendu de grenade lacrymogène. Parmi les manifestants en gilet jaune, au moins quatre ont eu la main arrachée par une grenade GLI-F4, et au moins dix ont été éborgnés par un tir de flash-ball. Des centaines d’autres ont été blessés dans leur chair, souvent gravement, dont trois lycéens, à Grenoble, Garges-lès-Gonesse et Saint-Jean-de-Braye, aux tous premiers jours de la mobilisation, par des tirs de flash-ball en plein visage. Mâchoires fracassées, dents brisées, joues trouées pour ces jeunes de 16 à 17 ans qui ­manifestaient devant leur lycée !

Une police armée pour la guerre

La « grenade lacrymogène instantanée» GLI-F4 est mal nommée car elle est très peu lacrymogène mais surtout explosive et assourdissante. Depuis le retrait, en 2017, de la grenade F1 qui avait tué Rémi Fraisse à Sivens, elle est la grenade la plus puissante de la panoplie des gendarmes mobiles. Elle contient une charge explosive de 25 grammes de TNT, ce qui fait d’elle une arme de guerre. La France est le seul pays d’Europe à l’utiliser pour des opérations de police. Le flash-ball ou « lanceur de balle de défense », LBD 40, est lui aussi une arme mutilante, et le nombre exponentiel de mutilés au visage démontre que les policiers visent désormais délibérément cette partie du corps. À Paris, le préfet de police avait pourtant annoncé, en décembre 2017, avoir « pris la décision d’interdire l’usage du LBD 40 dans les opérations de maintien de l’ordre, au regard de sa dangerosité et de son caractère inadapté dans ce contexte ». Un an plus tard, cela n’a visiblement plus cours puisque, pour la seule journée du 1er décembre, le ministère de l’Intérieur annonçait le tir de 1 193 « projectiles en caoutchouc » dans la capitale !

Le flash-ball est né dans le cadre des guerres coloniales en Irlande du Nord et en Palestine. En France, il s’est d’abord répandu au début des années 2000 au sein de la BAC, ces unités « commandos » de la police chargée des quartiers populaires. Puis son usage s’est généralisé dans la répression des mouvements sociaux hors des quartiers populaires depuis les années 2010. Comme dans le cas de l’usage des grenades explosives, on assiste, avec l’avènement de l’ère sécuritaire assumée par les gouvernements successifs depuis une dizaine d’années, à une banalisation de la mutilation dans les arsenaux d’État.

Un arsenal juridique au service de l’État fort

L’État violente, mutile et, en outre, contraint et condamne de manière de plus en plus disproportionnée toutes celles et ceux qui contestent l’ordre établi. La panoplie utilisée est, là aussi, large. Il y a ainsi toutes les procédures de restriction des libertés fondamentales décidées par l’autorité administrative, qui sont la conséquence directe de l’intégration de dispositions relevant de « l’état d’urgence » (donc
censées être limitées dans le temps) dans la loi ordinaire depuis le 1er novembre 2017. Ainsi, le dispositif établi autour des Champs-Élysées lors des samedis de décembre est celui dit « des zones de sécurité », qui permet d’installer des contrôles renforcés sur une zone déterminée, comme des contrôles filtrants pour accéder à la zone en question ou encore la fouille au corps des individus souhaitant y entrer. L’interdiction des manifestations et la criminalisation de celles et ceux qui veulent y participer sont également de plus en plus courantes. Ainsi à Nancy le 8 décembre, Florent Compain, président des Amis de la Terre France, a été arrêté, puis placé en garde à vue pour avoir maintenu la marche pour le climat, malgré un arrêté préfectoral d’interdiction. Denys Crolotte, militant du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), a subi le même sort et fait lui aussi l’objet d’une enquête préliminaire. Ce sont des arrestations punitives ciblées.

À une autre échelle, c’est l’utilisation de l’article 222-14-2 du Code pénal qui fait des ravages. Les milliers de personnes arrêtées de manière préventive avant les manifestations le sont sur la base de cet article, qui sanctionne d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende le fait de « participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ». Cette infraction a été introduite en 2010, sous Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la lutte contre les « casseurs ». C’est ce que l’on appelle une « infraction-obstacle », dont le but est de permettre l’interpellation d’une personne avant qu’elle ne commette le moindre délit. Désormais, le simple fait de posséder un masque à gaz ou un casque justifie une arrestation…

Et pour celles et ceux qui tombent dans le filet des comparutions immédiates pour la simple possession d’objets assimilés à des « armes par destination », c’est souvent la prison ferme ou avec sursis, même pour des personnes n’ayant jamais fait l’objet de condamnations antérieures. Un cas parmi tant d’autres : Jérôme, 26 ans, intérimaire, venu de la Nièvre manifester à Paris le 1er décembre, a écopé de 3 mois de prison avec sursis après avoir été interpellé en possession d’un masque de ski, d’un casque de vélo, de cinq fioles de sérum physiologique et d’un lance-pierres ! Et on peut désormais être condamné à de la prison pour avoir bloqué sa fac et participé à des
assemblées générales, comme les deux étudiants de Nanterre, Victor et Roga, dont le procès en appel aura lieu dans quelques mois. Ou bien pour avoir aidé des migrants à franchir les cols des Alpes comme les 3 + 4 de Briançon !

La violence d’État, agent de la violence sociale

D’un côté, des lycéens forcés à rester agenouillés les mains sur la tête pendant plusieurs heures, de l’autre des policiers choyés par une
augmentation de salaire, et toujours plus encouragés à la violence, à tel point que certains se mettent à sortir leur arme à feu en pleine
manifestation. D’un côté une contestation sociale qui s’élargit, de l’autre un pouvoir au ­service des riches et des patrons, qui n’a plus
que la répression comme réponse. La criminalisation de la contestation sociale est l’arbre qui cache la forêt de la criminalisation de
l’exclusion sociale. La nombre de prisonniers en France vient encore de battre un nouveau record : plus de 71 000 ! Dont 1 500 dorment par
terre car les prisons sont surpeuplées… L’État sécuritaire et autoritaire est décidément l’arme ultime de ceux qui veulent ­préserver le monde capitaliste pourrissant.

Marie-Hélène Duverger


https://www.anti-k.org/2019/01/15/etat- ... sociale-2/
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 21 Jan 2019, 23:13

«Les violences policières masquent la violence du gouvernement»

Un collectif d'universitaires réclame la révision de la doctrine française du «maintien de l'ordre», l'arrêt de l'utilisation des lanceurs de balle-défense (LBD) et l'amnistie pour les Gilets jaunes condamnés.

En réponse à la mobilisation des Gilets jaunes, le 8 janvier, Édouard Philippe annonce au JT de TF1 l’examen d’une loi destinée à «prévenir et sanctionner les violences» en manifestations. Elle prévoit l’instauration d’un arsenal juridique susceptible d’entraver profondément le droit de manifester. Faisant suite à la proposition de loi du sénateur LR Bruno Retailleau, le Premier ministre propose, entre autres, la possibilité de sanctionner plus fortement la participation à une manifestation non déclarée, l’instauration d’une interdiction administrative de manifester (éventuellement assortie d’une obligation de pointer au commissariat), la transformation en délit de la dissimulation du visage en manifestation, la création d’un fichier national des manifestants considérés comme «violents», l’extension de la notion d'«armes par destination» à toutes sortes d’objets habituellement anodins, dont la simple détention est désormais punie comme délit par des peines de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

La défense du droit de manifester sert de justification à ces mesures exceptionnelles. Pourtant, ce qui apparaît exceptionnel depuis le début des manifestations des Gilets jaunes, c’est bien la répression dont elles ont fait l’objet : plus de 5 000 gardes à vue, 4000 réponses pénales, 216 incarcérations ainsi que des mutilés, des éborgnés, des mains arrachées soit probablement plus de 1700 blessés depuis le début du mouvement, que recense le collectif «Désarmons-les». Le 1er décembre, les forces de l’ordre ont tiré 10 000 lacrymogènes à Paris, soit une par manifestant si l’on se fie aux chiffres de la police. La violence de l’Etat est sans limite, il faut la stopper.

Ces violences s’inscrivent plus globalement dans la répression des mouvements sociaux qui n’a cessé de s’accroître, comme dans celle, plus quotidienne et invisibilisée, qui cible les quartiers populaires et leurs populations, en particulier les personnes racisées. C’est ce qu’ont rappelé avec force les images des lycéens et lycéennes agenouillés mains sur la tête à Mantes-la-Jolie. Ces violences sont également dénoncées par de nombreux comités suite à la mort de personnes, comme Adama Traoré, aux mains de la police. Finalement, la loi annoncée par le Premier ministre rappelle l’inflation de normes «exceptionnelles» destinées à renforcer la sécurité depuis 2015 en particulier, qui accroissent le pouvoir administratif et policier au détriment de l’autonomie du judiciaire.

Nous dénonçons l’ensemble de ces violences policières, tout comme le renforcement de l’arsenal législatif par des fichages, des contrôles et des interdictions de manifester, qu’ils concernent les manifestantes et manifestants, les lycéennes et lycéens, les personnes racisées ou les supportrices et supporters de football.

Les violences policières masquent aussi la violence d’un gouvernement qui reporte sur les policiers la gestion de la contestation de l’augmentation de la précarité et des inégalités, de la casse des services publics et du processus généralisé de mise en concurrence et de dérégulation.

Nous dénonçons la doctrine du maintien de l’ordre «à la française» et appelons au rejet de ces lois liberticides et à une réponse politique et non policière aux revendications mises en avant dans les manifestations. Nous demandons l’arrêt total de l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) dans les opérations de maintien de l’ordre.

Nous demandons également l’abandon de toutes les poursuites à l’égard des manifestantes et manifestants et l’amnistie pour toutes et tous les condamnés du mouvement.

Collectif des universitaires contre les violences policières


Signataires https://www.liberation.fr/debats/2019/0 ... nt_1702828
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Re: La terreur d’État

Messagede Pïérô » 30 Jan 2019, 22:01

France : vers la dictature ?

Oui, oui, vous avez bien lu ! La question se pose : que va devenir ce pouvoir chaque jour plus autoritaire et sa police toute puissante ?

FRANCE : VERS LA DICTATURE ?

L’une des principales différences entre une dictature et une pseudo démocratie tient à la façon de contrôler la population par la peur.

Dans une dictature, la population a peur du doigt levé du pouvoir.

Dans une pseudo démocratie, elle a peur de ce que le pouvoir lui montre du doigt.

Oui, mais voilà ! Malgré dix-sept années de battage médiatique, ce n’est plus la menace du « terrorisme islamiste » qui fait le plus peur aux habitants de l’hexagone, mais bien la violence immédiate et arbitraire de la police aux ordres du pouvoir.

Même parmi des groupes sociaux qui avaient une très bonne opinion de la police et qui s’imaginaient naïvement qu’elle était là pour les protéger, les choses sont en train de changer. Et pour cause !

Parmi les milliers de personnes blessées, agressées ou interpelées ces dernières semaines, beaucoup l’ont été au hasard, parfois au simple détour des rues. Il est emblématique que la seule morte, pour l’instant, était une personne âgée, tranquillement à l’écart de la foule, qui cherchait simplement à fermer ses volets à l’étage : le pouvoir et sa police sont dangereux pour tout le monde et beaucoup commencent enfin à le comprendre !

Ce n’est qu’en tirant sur la chaine que l’on ressent sa présence et qu’en contestant le pouvoir que l’on perçoit son autoritarisme et sa brutalité.

Il est un fait que, dans l’hexagone, de plus en plus de gens souffrent à la fois du creusement des inégalités sociales et de l’arrogance du pouvoir.

Le fait que de nombreuses personnes peu politisées(1)(2) en arrivent à un tel niveau d’exaspération, d’entêtement et jusqu’à des combats de rue dignes de black blocs aguerris, en dit long sur la contestation du pouvoir actuel, et même, parfois, la contestation du pouvoir tout court, bien que l’imaginaire social reste pour l’instant limité à des réformes constitutionnelles de type référendum, encore sans rapport avec une révolution sociale et une sortie du capitalisme.

Cette montée subite de la contestation inquiète le pouvoir car il sait qu’elle va peut-être continuer à changer de forme et se « radicaliser ». C’est dans la rue, dans l’excitation des barricades en construction et dans l’odeur des gaz lacrymogènes qu’on éprouve souvent le désir d’aller plus loin. C’est dans la parole libérée au sein de la foule consciente de sa puissance que l’imaginaire se libère à son tour. Et c’est dans cet imaginaire que se niche le désir et la volonté de changer le cours des choses.

L’enjeu n’est pas de changer la société, mais de changer de société. Sans remise en question profonde du fonctionnement de celle-ci, rien ne changera vraiment et tout finira par revenir comme avant.

Ce vieux rêve d’émancipation sociale égaré dans les méandres d’un système politique qui n’a rien de libertaire, d’égalitaire ni de fraternel, continue d’inquiéter ceux qui possèdent les richesses et dirigent la société(3). D’où le durcissement de la société autoritaire qui accompagne le durcissement actuel du capitalisme.

Aujourd’hui, 26 décembre 2018, l’État vient de lancer un appel d’offres(4) pour le moins inquiétant : malgré les nombreuses victimes de tirs de flash-balls (dont 4 ont eu la main arrachée et 10 ont été éborgnées), c’est plus de 1200 armes supplémentaires (LBD 40 mono-coups avec viseurs) qui s’apprêtent à être commandées et, chose nouvelle, 450 modèles Penn Arms multi-coups qui seront en mesure tirer en rafales sur la foule (barillets pour 4 ou 6 coups).

Oui, le pouvoir s’apprête à faire peur, encore plus que par le passé. Oui, sa police qui vise déjà comme bon lui semble va pouvoir continuer de le faire avec une arme beaucoup plus dangereuse encore : une arme impressionnante, comme sont déjà impressionnantes les photos des victimes de ces tirs qui menacent quiconque ose encore descendre manifester.

Par conséquent, nous sommes bien dans la logique de la peur du pouvoir lui-même et non plus la peur d’ennemis réels montés en épingles par les médias du pouvoir de façon à justifier une brutale réduction des libertés au prétexte de la sécurité, comme aux États-Unis par exemple (Patriot Act 1 et 2).

La police voit ses moyens sans cesse renforcés, tant du côté de la surveillance (écoutes presque illimitées, perquisitions intempestives, nouveaux moyens électroniques…) que du côté de la répression (interpellations brutales dans le but d’intimider, nombreuses assignations à résidence, violences policières tous azimuts…).

Et nous touchons là à un autre élément caractéristique des régimes totalitaires : la violation à grande échelle de la vie privée des habitants d’un pays. En France, il y a manifestement de moins en moins de séparation entre la vie privée et la vie publique, entre ce qui est du ressort de l’intime, de ce qu’on désire garder pour soi et pour ses proches, et de ce qui est de l’ordre de l’activité publique, qu’elle soit politique ou professionnelle, par exemple. Aujourd’hui, le pouvoir et sa police ont accès à tout, ou presque, tant au niveau des moyens matériels que des moyens juridiques. Et quand bien même une intrusion policière serait illégale, il est bien difficile de se défendre. Idem pour les violences policières.

Bref, ce pouvoir qui cherche de plus en plus à nous faire peur, à nous intimider, à nous surveiller jusque dans les replis de notre intimité, ressemble de plus en plus à celui qui se prépare à lui succéder.

Nous savions que Macron était du pain béni pour Le Pen : pedigree, accointances, fragrance, arrogance, capitalisme échevelé. Le Pen qui frôle la barre symbolique des 30% dans les sondages. Mais, en plus, Macron est en train de mettre en place sous nos yeux des éléments déterminants du régime ultra-autoritaire qui seront livrés tous chauds à la présidente du Rassemblement National si elle arrive au pouvoir.

Elle pourra alors disposer d’un fichage sans précédent de la population et d’une police décomplexée pour faire ce qui lui passera par la tête.

C’est pourquoi il est indispensable de stopper Macron au plus vite et de remettre totalement en question le système politique et économique.

Nous n’avons que deux perspectives : l’utopie ou la dystopie, l’émancipation sociale ou l’expérience fasciste.

Si c’est vraiment la liberté que nous voulons, alors prenons-la ! Prenons-la entièrement ! Prenons-la sans attendre !

Yannis Youlountas

https://www.youtube.com/watch?v=Xv8FBjo1Y8I

(1) « Les gilets jaunes ont-ils une couleur politique ? » Une enquête du collectif « Quantité critique » (coordonné par Yann Le Lann, maître de conférences en sociologie à l’université de Lille) qui a étudié 526 questionnaires recueillis auprès de gilets jaunes de toute la France. https://www.humanite.fr/enquete-les-gil ... que-665360

(2) « Cours, gilet jaune, le vieux monde est derrière toi ! » Le mouvement des gilets jaunes est-il vraiment en train de changer de forme et de s’émanciper de l’extrême-droite qui a essayé de l’instrumentaliser depuis le début ? A quelles conditions peut-il s’étendre et rompre avec toute représentation politique ? Et si Macron finissait par tomber, qui serait le joker du capital et quel serait le meilleur moyen de le repousser ?
http://blogyy.net/2018/12/03/cours-gile ... riere-toi/

(3) Ceux qui possèdent les richesses dirigent la société puisque, dans une démocratie représentative, c’est le pouvoir économique, possesseur de la fabrique de l’opinion, qui détermine le pouvoir politique.

(4) Détails de l’appel d’offres sur le Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics (BOAMP) : https://www.boamp.fr/avis/detail/18-179674/1
ou télécharger le PDF : https://www.boamp.fr/avis/pdf/18-179674


http://blogyy.net/2018/12/27/france-vers-la-dictature/
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Re: La terreur d’État

Messagede bipbip » 21 Mar 2019, 18:19

L’État et les violences policières : « Une machine de guerre qui n’a ni remords, ni états d’âme, et où tous les coups sont permis »

Documenter les violences policières et juridiques : mercredi 20 mars, témoins, experts, journalistes, juristes ont fait ce travail essentiel dans une réunion publique à Paris. Soulignant la gravité de la rupture autoritaire qui est en train de se produire.
Paris, reportage

... https://reporterre.net/L-Etat-et-les-vi ... remords-ni
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