Pour une sortie immédiate du nucléaire

Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede bipbip » 01 Avr 2011, 19:16

de "Infonucléaire", http://www.dissident-media.org/infonucleaire/
un texte qui date un peu mais reste d'actualité :

Quand on entend, Les Verts/Europe Ecologie parler d'une sortie du nucléaire dans 20 à 30 ans, le Parti Socialistes parler de diminution de la part du nucléaire en France, il faut savoir qu'il existe un point de vue antinucléaire (et des moyens industriels) pour une sortie immédiate du nucléaire, car les désastres nucléaires comme Tchernobyl ou Fukushima ne sont pas réservés aux autres pays.

Qui pense encore que l'accident nucléaire est impossible en France alors que les autorités s'y préparent http://www.dissident-media.org/infonucl ... rites.html que des scénarios de gestion existent depuis des années pour la phase d'urgence, confinement, prise d'iode stable http://www.dissident-media.org/infonucl ... anqui.html évacuation, exercices de crise http://www.dissident-media.org/infonucl ... mu_ac.html dans les localités proches (5 km) des réacteurs. Et qu'il existe maintenant pour des territoires dont le sol serait durablement contaminé après la fin des rejets, une stratégie de gestion post-accidentelle à long terme, voir le CODIRPA http://www.dissident-media.org/infonucl ... dirpa.html et lire le dossier de Bella Belbéoch sur la gestion post-accidentelle d'une urgence radiologique sur une de nos installations. http://www.dissident-media.org/infonucl ... ntelle.pdf

Faut-il attendre un désastre nucléaire chez nous avec ses conséquences dramatiques sanitaires, sociales, économiques, pour sortir de cette impasse nucléaire ?

La France dispose d'équipements suffisants pour mettre à l'arrêt presque 70% de ses réacteurs nucléaires : arrêt des exportations d'électricité, arrêt de l'autoconsommation nucléaire, utilisation maximum des capacités hydroélectriques et des centrales thermiques classiques existantes (fioul, charbon, gaz), construction (et mise en service rapide, environ 3 ans) de centrales à charbon LFC, permettraient de sortir très rapidement du nucléaire.

Mettre fin au danger des centrales nucléaires n'est pas un problème technique mais un problème politique qui dépend de l'exigence de la population vis-à-vis de ses représentants politiques.

Infonucléaire.
http://www.dissident-media.org/infonucleaire


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Comment sortir du nucléaire en 3 à 4 ans

La France dispose d’équipements suffisants pour mettre à l’arrêt presque 70% de ses réacteurs nucléaires : Arrêt des exportations d’électricité*, arrêt de l’autoconsommation nucléaire**, utilisation maximum des capacités hydroélectriques et des centrales thermiques classiques existantes (fioul, charbon, gaz) permettraient de sortir très rapidement du nucléaire.

Pourquoi sortir ?

Il est nécessaire de préciser LA raison fondamentale d’un engagement antinucléaire. Il ne suffit pas de mentionner les “risques d’accidents majeurs” comme Tchernobyl http://www.dissident-media.org/infonucl ... herno.html en introduction. Il est nécessaire d’expliquer ce que cela signifie pour notre santé, pour notre société http://www.dissident-media.org/infonucl ... ajeur.html pour nos descendants. http://www.dissident-media.org/infonucl ... lades.html C’est la gravité des conséquences http://www.dissident-media.org/infonucl ... tions.html de ces accidents majeurs qui est déterminante pour le choix d’un scénario de sortie.

Quand on examine les textes officiels des commissions internationales, européennes et les préoccupations administratives en France, on se rend compte assez rapidement de l’ampleur possible des désastres nucléaires. Tous ces experts se penchent sur le problème http://www.dissident-media.org/infonucl ... rites.html : comment gérer ces catastrophes au mieux des intérêts économiques ? Ce ne sont pas les conséquences sanitaires qui les préoccupent mais le désastre économique et les réactions populaires. Ils se demandent comment anesthésier l’opinion publique qui risque fort de déclencher des “ turbulences sociales ” (rendant la gestion plus difficile) et comment maîtriser ces turbulences.

On est loin des risques industriels classiques qui finalement se gèrent assez facilement par nos technocrates. Il est paradoxal de constater que ceux qui redoutent le plus ces “ risques nucléaires majeurs ” se trouvent pour la plupart chez les “ responsables ” et très peu parmi les antinucléaires à part quelques individus taxés assez rapidement de paranoïaques.

Si l’accident nucléaire est du même type qu’un accident industriel classique, il est clair qu’il faut y porter remède mais il n’y a pas lieu de s’affoler et on a du temps pour trouver la meilleure solution. Par contre si l’ampleur des catastrophes possibles est hors mesure, alors il est suicidaire de chipoter sur les moyens de s’en sortir : on est dans une urgence extrême.

Les déchets de l’industrie nucléaire posent un autre problème, celui des générations futures. Il est nécessaire à ce sujet d’abandonner quelques fantasmes bien réconfortants pour nous qui avons accepté sans grande résistance cette énergie productrice de ces déchets redoutables pendant des millénaires. Les déchets que nous avons produits sont là et aucune voie n’est en vue http://www.monde-diplomatique.fr/1998/0 ... /9759.html pour les éliminer http://www.dissident-media.org/infonucl ... e_fic.html les anéantir. Il nous faut admettre que nous avons porté atteinte à nos descendants, que nous les chargeons d’un fardeau qu’ils n’ont pas voulu. Du point de vue sanitaire, la recherche d’un stockage à moindre mal est bien sûr absolument nécessaire, mais il y aura du mal, des “ détriments ” comme disent les experts. L’arrêt de la production de ces déchets semble alors une obligation morale. Cet arrêt implique l’arrêt de la production électronucléaire. Retarder cet arrêt pour satisfaire à des critères secondaires c’est accepter de menacer nos descendants par encore plus de déchets.

Il paraît indispensable de s’interroger pour savoir comment nous avons été amenés dans cette impasse immorale. Qui nous y a conduits ? Quels arguments avons-nous acceptés pour laisser les décideurs sociaux tranquilles ? Ceci serait très utile car de nouvelles menaces pointent, développées par le même type de décideurs, appuyées par les mêmes corps intermédiaires qui nous ont bernés avec le nucléaire.

Enfin, appuyer notre engagement antinucléaire par des arguments économiques, entrer en polémique avec EDF et ses nucléocrates sur le coût du kilowattheure ou sur le coût de l’uranium ne peut qu’affadir l’argument fondamental de la catastrophe nucléaire.

Quand sortir ?

L’importance des conséquences d’accidents graves possibles implique l’urgence de la sortie du nucléaire. Le choix des moyens pour cette sortie et les délais correspondants doivent être confrontés à l’ampleur des conséquences de l’accident. Prendre en compte la nécessité pour EDF d’amortir les investissements considérables effectués pour développer son parc nucléaire et n’exiger la mise à l’arrêt des réacteurs qu’après les 25 ou 30 ans nécessaires c’est considérer que ce serait un gaspillage financier de ne pas laisser les centrales nucléaires rembourser leurs dettes. En somme ce serait un gaspillage non justifié par les conséquences sanitaires d’un accident nucléaire sur la population. Et puis dans cette perspective de nécessité économique pourrait-on reprocher à EDF de faire fonctionner ses réacteurs au delà de ces 25-30 ans (EDF veut faire fonctionner ses réacteurs 40 ans http://www.dissident-media.org/infonucl ... rs2004.pdf voire plus http://www.dissident-media.org/infonucleaire/60ans.html ) si cela s’avérait techniquement possible ? L’électricité serait alors très bon marché.

Certains partisans d’une telle sortie différée précisent qu’en cas d’accident grave une sortie rapide serait possible. La logique de cette conception est aberrante car elle conduirait à souhaiter un accident rapidement pour sortir de l’impasse nucléaire ! Là encore c’est négliger les effets des accidents nucléaires, c’est les considérer comme tout à fait acceptables.

Comment sortir ?

En gros deux possibilités : utiliser ce qui est disponible et opérationnel ou bien attendre d’avoir des énergies propres en abondance. http://www.monde-solidaire.org/spip/spi ... rticle5135

Quelles sont les possibilités actuelles ? En dehors des réacteurs nucléaires et des installations hydrauliques la France possède une capacité de production électrique importante à partir des combustibles fossiles (essentiellement charbon et fioul, pratiquement pas de gaz).

En arrêtant les exportations d’électricité et en tenant compte des économies réalisables si l’on supprime l’auto-consommation nucléaire, on constate que l’utilisation à plein rendement des installations thermiques classiques à charbon et fioul http://www.dissident-media.org/infonucl ... ortir.html conjointement à l’hydraulique permettrait d’arrêter presque 70% du parc nucléaire français.

Le recours aux combustibles fossiles n’est certes pas une solution idéale mais c’est la seule disponible à très court terme. EDF a mis au point, pour l’exportation, des centrales à “ charbon propre ” qui rejettent peu de polluants, (le gaz carbonique qui contribue à l’effet de serre est bien sûr inévitable, mais cette surproduction est négligeable par rapport aux autres composantes, entre autres les transports et l’agriculture http://www.dissident-media.org/infonucl ... evage.html ). Les installations françaises ne sont pas toutes équipées des derniers perfectionnements. Cependant il faut comparer la pollution qui résulterait de leur fonctionnement intensif avec la pollution du cycle nucléaire http://www.dissident-media.org/infonucl ... _sene.html de la mine d’uranium au stockage des déchets. Il faut surtout faire la comparaison avec les conséquences sanitaires des catastrophes nucléaires possibles. Bien sûr si l’on considère ces conséquences comme anodines, alors charbon et fioul ne sont guère acceptables. Dans ce cas le nucléaire se trouverait parfaitement justifié et l’existence d’un mouvement antinucléaire devient incompréhensible.

L’utilisation de turbines à gaz serait bien sûr plus satisfaisante mais hélas il n’y en a guère en France. C’est là, probablement, la voie possible la plus rapide pour remplacer les 30% des réacteurs que l’on ne peut pas supprimer par le recours à nos centrales thermiques à charbon et à fioul.

Quand certains (Les Verts/Europe Ecologie, les Négawatt par exemple) préconisent de remplacer le nucléaire par des économies d’énergie et les énergies renouvelables (vent, soleil), ils restent très vagues sur les estimations quantitatives en kilowattheures. Seul semble important le coût, qui, grâce aux progrès de la technologie, devrait diminuer. La pensée unique économique http://www.dissident-media.org/infonucl ... nique.html règne en maîtresse et non l’aptitude de ces technologies à remplacer les gigawatts nucléaires. Même en escomptant un très grand gain d’efficacité de ces installations d’énergies renouvelables on serait encore très loin du bilan de l’électricité consommée en France et quelques économies d’énergie à faire d’urgence ne changent guère le bilan. C’est une réduction considérable de notre consommation d’électricité qui serait nécessaire.

Insistons sur le fait que bien sûr nous ne sommes pas opposés à l’utilisation des énergies renouvelables partout où c’est possible. Ce que nous contestons c’est l’affirmation qu’elles peuvent être une alternative à un remplacement rapide du nucléaire.

De même des économies d’énergie ne peuvent qu’être bénéfiques. Mais pour sortir rapidement du risque nucléaire nous n’avons guère le choix et la solution existe : il faut recourir aux énergies fossiles. Les nucléocrates d’EDF ont bien perçu cette menace car ils mettent en place une politique de démantèlement systématique des installations thermiques au charbon et au fioul http://www.dissident-media.org/stop_nog ... mique.html et cela dans l’indifférence générale. Si cette politique aboutit, la sortie rapide du nucléaire deviendra techniquement problématique et il faudra compter parmi les responsables de cette situation tous ceux, parmi les écologistes, qui diabolisent le charbon. http://www.dissident-media.org/infonucl ... ortie.html

Bella et Roger Belbéoch,
extrait de "Mise au point", juin 1999.


Nota :

En 1998 EDF a démantelé 500 MW de centrales thermiques classiques dont la centrale à charbon de Pont-sur-Sambre de 250 MW. Aucune modernisation n'est envisagée comme celle consistant à remplacer les chaudières à charbon par des chaudières à lit fluidisé circulant alors qu'on exporte et qu'on vise à exporter ces installations (voir l'accord récent franco-ukrainien). Rappelons qu'EDF vise à supprimer en tout 7600 MW pour ne garder que 10 GW (10000 MW) de thermique classique.

Laisser croire que l'énergie éolienne peut remplacer l'électronucléaire est particulièrement irresponsable. Le Danemark, pays ayant progressé le plus rapidement dans le développement de cette énergie renouvelable, produit son électricité avec une proportion de 74,2% à partir de centrales à charbon (données EDF 1998) et est le 1er pays émetteur de gaz carbonique par habitant en Europe. Encore une fois cela ne veut pas dire que nous sommes opposés au développement des énergies renouvelables. Ce que nous dénonçons c'est l'escroquerie de laisser croire qu'elles peuvent permettre une sortie rapide du nucléaire en laissant EDF démanteler notre parc thermique classique à fioul et charbon sans pour autant développer les centrales à gaz quasiment inexistantes en France pour l'instant.

* Les exportations d’électricité, en données de 1995 http://www.dissident-media.org/infonucl ... nchor25963 (non actualisée) : 70 TWh exportés correspondent à la production annuelle d’environ : 12 réacteurs de 900 MWe ou 9 réacteurs de 1300 MWe

** L’enrichissement de l’uranium, Eurodif utilise 3 réacteurs du Tricastin à pleine puissance. http://www.dissident-media.org/infonucl ... besse.html

Soit un total enrichissement + exportations qui donne un arrêt immédiat possible (sans changement de la consommation d'électricité) de 12 à 15 réacteurs nucléaires !!!!!


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A Lire :

"Sortir de l’impasse nucléaire avant la catastrophe, c’est possible" de Roger et Bella Belbéoch (1997). http://www.dissident-media.org/infonucl ... beoch.html
- en html sur : http://www.dissident-media.org/infonucl ... ortir.html
- en format PDF sur : http://www.dissident-media.org/infonucl ... p_sort.pdf

Et la "Charte pour l’arrêt immédiat du nucléaire (civil et militaire)" http://www.dissident-media.org/infonucl ... diate.html


Et en complément :

- "Arrêter rapidement 70% du nucléaire français avec le thermique classique aurait un impact totalement négligeable sur l’effet de serre" http://www.dissident-media.org/stop_nog ... t_rap.html

- "Part d’effet de serre évitée par le parc électronucléaire d’EDF" http://www.dissident-media.org/stop_nog ... c_nuc.html



et repris de ce topic : http://forum.anarchiste-revolutionnaire ... =73&t=4748

4 nouvelles brochures publiées sur INFOKIOSQUES.NET :

Comme dix mille soleils
« La production nucléaire est devenue, en France plus qu’ailleurs, partie intégrante de la survie quotidienne. Nul citoyen n’y échappe comme consommateur. Et leur simple angoisse, en général refoulée, des catastrophes nucléaires ne fera pas le printemps de la subversion s’ils ne remettent pas en cause eux-mêmes, pour eux-mêmes, leur condition d’ilotes du capital. Le bluff et les gesticulations de quelques spécialistes de l’intervention spectaculaire ne leur seront d’aucun secours. Plus que jamais, il est impossible de combattre le nucléaire sans combattre la société qui lui a donné naissance, sans rompre sans retour avec les réformateurs des lobbies écologistes. Toute tentative de subversion du monde nucléarisé doit reprendre les choses là où elles ont été abandonnées, reprendre les questions laissées en suspens. Ainsi, il est impossible de se contenter de l’ancienne contestation de l’énergie nucléaire mais, à travers elle, de pousser la critique plus loin, vers la remise en cause du monde de l’énergie lui-même [...] »
http://infokiosques.net/spip.php?article848

La guerre high-tech. Le nettoyage par le vide.
« La guerre résume, en quelque sorte, les avancées réalisées par le capital mais, en retour, elles les accélère. Elle est le ban d’essai du progrès. L’industrie de la tuerie, sous l’égide de l’Etat centralisé, est le laboratoire grandeur nature du développement de l’industrie en général. A l’aube de l’industrialisation, l’introduction du travail salarié et des machines dans l’armée permanente fut pour beaucoup dans leur généralisation à l’échelle de toute la société bourgeoise. Depuis plus de deux siècles, bien des formes d’organisation et des modes d’activité propres au capitalisme ont été anticipés et testés dans l’appareil militaire de l’Etat. En témoigne à l’évidence l’aventure du nucléaire, rejeton de la Seconde Guerre mondiale, comme source d’énergie fondamentale et modèle de gestion centralisée, militarisée et bureaucratisée de la société.
La guerre high-tech marque l’accélération du processus. Les laboratoires sponsorisés par les trusts et par les Etats, qui fabriquent les marchandises les plus diverses, des armes aux médicaments, souvent les deux à la fois, y voient l’occasion rêvée pour tester in vivo, hors des enceintes de leurs technopoles, leurs brillantes inventions et pour analyser quelles en sont les retombées militaires et civiles. Aujourd’hui, les docteurs Mengele sont légion, ils sont les hérauts de la démocratie et leurs champs d’expérience inclut de très vastes territoires. L’Otan envoie sur les champs de bataille encore fumants, par le biais des institutions humanitaires de l’Onu, des missions charitables chargées d’étudier sur le tas les effets de toutes les merveilles avec lesquelles elle a martyrisé des populations entières, en Irak et ailleurs. La main qui assassine est aussi celle qui soigne. »
http://infokiosques.net/spip.php?article846

Les comprimés d’iode, des tranquillisants contre l’angoisse nucléaire.
« La décision de distribuer des comprimés d’iode stable au voisinage des centrales nucléaires françaises a donné lieu à des commentaires d’experts médicaux très proches du lobby nucléaire, pour qui seuls les iodes radioactifs auraient des effets néfastes sur la santé (du moins, c’est ce qu’ils prétendent dans les médias). Ainsi, en prenant ces comprimés d’iode stable, en cas d’accident grave, la population serait totalement protégée. »
Texte extrait de la Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine, 77 (Septembre 1997).
http://infokiosques.net/spip.php?article845

La java atomique. Quelques pistes de réflexion autour du démantèlement et de la relance du nucléaire. « Le terme démantèlement est d’abord un terme fourre-tout qui cache des réalités disparates. S’il y a des cas où il signifie "fermeture" d’installations nucléaires civiles ou militaires, dans bien d’autres, il n’est en fait qu’une "rénovation" pour faire durer plus longtemps un parc nucléaire vieillissant, ou encore une "adaptation" à une nouvelle donne économique et politique. »
http://infokiosques.net/spip.php?article844

Sans oublier les quelques brochures déjà parues :
> Du mensonge radioactif et de ses préposés : http://infokiosques.net/spip.php?article207
> Actions directes contre le nucléaire 1973-1996 : http://infokiosques.net/spip.php?article553
> Autour de la « catastrophe » Katrina à la Nouvelle-Orléans, de sa gestion par l’Etat, et de l’organisation collective et autonome pour la survie... : http://infokiosques.net/spip.php?article444


Ainsi que d’autres glanées ailleurs sur le web :
> Bulletin n°1 de la coordination contre la société nucléaire (janvier 2006) : http://basseintensite.internetdown.org/ ... etin_1.pdf
> Bulletin n°2 de la coordination contre la société nucléaire (printemps 2007) : http://basseintensite.internetdown.org/ ... tinuk2.pdf
> Pour la mort du nucléaire et de son monde (autour de Tricastin, octobre 2008) : http://basseintensite.internetdown.org/ ... castin.pdf

Et du son sous forme de cd audio :
> Irradiés de tous les pays, révoltons-nous ! : http://basseintensite.internetdown.org/ ... uk_mp3.zip
> Retour sur les luttes anti-nucléaires des années 70/80 : http://basseintensite.internetdown.org/ ... 7080-2.mp3
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede bipbip » 13 Avr 2011, 10:53

Courant Alternatif Hors-série n°4 spécial anti-nucléaire, consultable.

Ni rose ni vert, arrêt immédiat du nucléaire

En 2000, Courant Alternatif publiait un numéro hors série spécial antinucléaire "Ni rose, ni vert, arrêt immédiat du nucléaire". Ce numéro est épuisé de longue date, mais contient des textes de référence d’autant plus utiles aujourd’hui, quand le débat sur le nucléaire revient sur le devant de la scène. Nous le mettons en téléchargement au format pdf.


Pourquoi s’opposer au nucléaire ?

“Nous faisons tout ce que nous pouvons pour prévenir l’accident grave, nous espérons ne pas en avoir, mais nous ne pouvons pas garantir qu’il ne se produira pas. On ne peut exclure que dans les dix ou vingt ans à venir un accident civil grave se produise dans l’une de nos installations” [1].


Dans les années 50 le nucléaire civil était présenté comme parfaitement sûr, sans déchets et pouvant fournir une énergie à tout jamais abondante. A partir de 1974, date de l’accélération du programme nucléaire français, on nous affirmait que cette technologie était parfaitement maîtrisée et qu’un accident grave n’était pas possible. EDF garantissait une absolue sécurité grâce à un système de défense sans faille constituée de trois barrières entre le combustible et l’environnement... ce qui revenait implicitement à reconnaître la possibilité d’accident. Nous nagions en pleine euphorie scientiste : envolées à tout jamais l’idée selon laquelle l’émancipation des êtres humains ne pourra venir que d’eux-mêmes par un changement d’organisation sociale, économique et politique ! Le bonheur sera l’œuvre de la science qui résoudra tous nos problèmes. Ce discours était porté par la quasi totalité du corps scientifique, de la communauté médicale, de la classe politique. Ceux qui doutaient et qui critiquaient, les antinucléaires de la première heure, les sceptiques de la science et du développement, étaient marginalisés et pris en tenaille entre une pensée occidentale arrogante et dominatrice, et le stalinisme qui, sur ces questions, ne se distinguait en rien de la pensée quasi unique de l’époque.


Rompre avec le scientisme

A en croire les apôtres de la science, ceux qui craignent aujourd’hui le nucléaire sont les mêmes que ceux qui craignaient le chemin de fer au XIXe siècle. Il y aurait toujours, selon eux, une partie frileuse de la population qui, accrochée au passé par peur de la modernité, serait toujours encline à propager un catastrophisme infondé.
Pourtant, sachant que dans le monde moderne, les découvertes scientifiques ne se traduisent par des applications technologiques et techniques que si elles servent au développement du capitalisme ; et que le capitalisme a toujours apporté destructions, guerres et écrasement des individus, il nous semble que nous serions en droit de manifester quelque méfiance à l’encontre des mises en œuvre de nouvelles techniques réalisées au nom de la modernité et du progrès.
Mais surtout, il n’y a rien de commun entre un chemin de fer et une centrale ou une bombe nucléaire. Dans le premier cas, comme dans celui de la plupart des innovations technologiques du monde moderne, sur terre, sur mer, dans l’air, un dysfonctionnement, une erreur ou un accident n’entraînent la mort que de quelques centaines, au plus, de personnes. Dans le cas d’un accident nucléaire, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui laissent leur peau dans l’instant ou dans les années qui suivent.
Dans le premier cas, une fois l’accident passé, les traces sont effaçables alors que dans le second ce sont des régions entières qui se retrouvent contaminées et c’est donc la vie même sur la planète qui est ainsi menacée. Dans le premier cas on peut théoriquement revenir plus ou moins en arrière si on estime que telle ou telle technologie est trop dangereuse ou inadaptée. Les traces de son passé existeront certes : modification du paysage et du mode de vie, maladies, structure sociale, mais rien d’absolument irréversible. Dans le cas du nucléaire, il restera pour des centaines de milliers d’années, des zones contaminées et des milliers de tonnes de déchets stockées ici ou là : il n’y a donc pas de réversibilité ! La différence entre le nucléaire et les autres technologies apparues depuis deux siècles n’est pas question de degré, mais bien de nature. Nous sommes dans le qualitatif, pas dans le quantitatif !


Pour une sortie immédiate du nucléaire

Certains, dans les sphères gouvernementales, tentent de passer pour des “critiques réalistes” du nucléaire. Ils parlent même d’abandonner le “tout-nucléaire”, de “diversifier”, etc. En fait il s’agirait de ramener la part du nucléaire dans la production de l’électricité aux environs de... 60 %, à l’horizon 2020 ! Réponse dérisoire aux problèmes monstrueux que pose cette source d’énergie. D’autres se battent pour une sortie progressive du nucléaire avec l’option d’un non-renouvellement du parc, mais sans arrêt immédiat de celui qui fonctionne à l’heure actuelle. Autrement dit, au mieux, vingt années pendant lesquelles planeront des dangers réels et reconnus de catastrophe, et s’accumuleront des déchets que nul se sait ni décontaminer ni stocker. Or l’arrêt immédiat est possible techniquement sans baisse du niveau de confort ni suppression d’emplois. Mais de toutes les manières, y aurait-il des modifications de nos habitudes consuméristes, et des suppressions d’emplois (après tout, si ces suppressions apparaissent comme catastrophiques, c’est bien parce que les richesses sont inégalement partagées !), qu’il n’y aurait pas une minute à hésiter face aux dangers autrement plus graves, immédiats et pour l’éternité, que cette industrie nous fait courir. Et puis, soyons clairs, la baisse absolument indispensable de la consommation énergétique dans les pays du Nord n’est nullement de nature à entraîner un retour à la bougie. On peut vivre mieux en consommant moins et mieux.
Seulement voilà, les intérêts liés au nucléaire sont puissants, et leurs relais politiques si nombreux que seul un mouvement d’envergure pourrait résister. Face à cela, les simples mouvements d’opinion et les lamentables palinodies politiciennes sont impuissants. Miser sur cela, comme le font les Verts, ne fait que retarder la construction d’un tel mouvement.
Il ne faut pas perdre de vue que le nucléaire est le pur produit d’un système économique. Et probablement l’un de ses produits les plus pervers puisque, même en cas de Révolution (la bonne, la plus idyllique !), la nouvelle société hériterait, et pour longtemps, des déchets, des terres et des mers stérilisées et contaminées, des modifications génétiques, etc. Quoi qu’il arrive, le nucléaire restera un élément essentiel des conditions d’une reproduction possible d’une société basée sur l’exploitation, la domination, et la prépondérance du travail intellectuel. Même dans le cas improbable où ils cesseraient à court terme, les programmes nucléaires auront, en quelque cinquante années, diminué les chances de réussite de l’établissement d’une société communiste. En ce sens, le nucléaire n’est pas qu’une aberration, et ceux qui veulent le cantonner sur ce terrain se privent, et privent les autres, des moyens de comprendre ses causes, sa fonction et ses origines. Ils privent également la lutte antinucléaire de la possibilité de mener de front deux objectifs vitaux pour qui veut changer la société : faire cesser les programmes nucléaires, bien sûr, et permettre une meilleure compréhension des mécanismes de la société pour que les combats menés ne restent pas lettre morte.


Que proposons-nous ?

Nous sommes entrés dans une nouvelle période où le choix du créneau “nucléaire” pose à ses promoteurs de sérieux problèmes. Le lobby nucléaire se prépare à renouveler le parc actuel, dans un environnement plus défavorable que par le passé : nombre d’Etats ont abandonné (ou s’apprêtent à le faire) cette source d’énergie ; la multiplication des incidents oblige EDF à une gymnastique de la transparence qui trompe de moins en moins de monde ; L’enlisement de la question du retraitement comme de celle des déchets fait mauvais effet. Mais ils ne lâcheront rien, soyons en certains, si un mouvement social ne crée pas un rapport de forces suffisant.
Malgré trente ans de mouvements d’opposition, le plus souvent locaux, la filière nucléaire s’est développée !
Néanmoins, ce sont bien des mouvements massifs de population, qui ont fait, parfois, reculer la “Marche de la France” en Bretagne (où l’Etat ne peut toujours pas implanter une centrale ! Aujourd’hui, ce sont encore des mouvements de population locale qui font ou feront la fête à l’ANDRA lorsqu’elle tentera de sonder tel ou tel sous-sol. A nous d’agir en leur sein pour que ce soit la globalité du nucléaire et de ses causes qui soit remis en question, et non tel ou tel aspect partiel.
Il est regrettable que certains aient la mémoire courte. En effet, lorsque la droite était au pouvoir (avant 1981), le P.S., dans l’opposition, se prétendait antinucléaire. Venu aux affaires, son rôle était de gérer le système capitaliste, ce qui signifiait qu’il n’avait pas d’autre choix que de céder aux diktats des nucléocrates. C’est ce qui s’est passé, avec tous les dénis que cela suppose, mais qui ne sont finalement pas des trahisons, car quand on choisit de gérer les affaires au niveau de l’Etat, il ne faut pas s’attendre à autre chose.

O.C.L., mars 2000


SOMMAIRE

• Pourquoi s’opposer au nucléaire p. 3
• Des déchets pour toujours p. 4
• Implications économiques, sociales et politiques p. 5/6/7
• Expérimentation de l’arme nucléaire p. 8
• Le CEA, sa raison d’être p. 9/10
• Historique du mouvement antinucléaire (partie 1) p. 11/12
• La lutte à Golfech p. 13/14/15
• La lutte à Chooz p. 16 à 19
• La Hague antinucléaire p. 20/21
• La lutte à Plogoff p. 22/23/24
• Historique du mouvement antinucléaire (partie 2) p. 25/26/27
• L’écologie pour un capitalisme pur et sûr p. 28/29/30
• La sécurité nucléaire et l’accident majeur p. 30/31/32


Pour réaliser ce numéro spécial sur le nucléaire, nous nous sommes servis des nombreux articles parus dans Courant Alternatif ; de la brochure éditée par l’OCL en 1982, Nucléaire arrêt immédiat ; des trois ouvrages présentés p. 8.
... et de l’expérience que nous avons accumulés tout au long de nos pratiques antinucléaires. Nous nous sommes limités à la situation française, faute de temps et de place, mais aussi parce que la France est réellement une exception sur cette question. Nous avons cependant conscience qu’il y aurait eu bien d’autres questions à traiter, même en se limitant à l’hexagone. Nous invitons les lecteurs intéressés à se reporter aux sources précitées ou à nous écrire pour recevoir des documents sur telle ou telle question.


Pour télécharger le numéro HS n°4 cliquez ici : http://oclibertaire.free.fr/upl/HS-N4-2001.pdf
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ARRETONS L’INDUSTRIE NUCLEAIRE.

Messagede Anti-K » 23 Mai 2011, 16:41

ARRETONS L’INDUSTRIE NUCLEAIRE
AVANT QU’ELLE NE NOUS DETRUISE…

L’INDUSTRIE NUCLEAIRE TOUT AUTANT QU’ELLE PROPAGE LA MORT a le don de nous faire oublier que derrière elle il y a des hommes et des femmes en chair et en os et des choix.

L’industrie nucléaire c’est notamment :

• Des exploitants EDF, ANDRA et AREVA qui exploitent centrales, centre de retraitement,
mines d’uranium ou centre d’enfouissement.
• Des constructeurs comme BOUYGUES, ou VINCI.
• Des actionnaires ou des soutiens financiers comme
TOTAL ou BNP-PARIS-BAS.
• Des agences d’intérim qui recrutent des intérimaires
envoyés sur les zones et les travaux les plus
« sensibles », comme RANDSTADT, ADECCO,
CRIT-INTERIM, SYNERGIE.
• Des formations d’ingénieurs ou de travailleurs comme
APAVE, l’ENSI, INSTN-CEA, l’Université de
Caen, etc.
• La construction de sous marins atomiques ou d’armement
comme à la DNCS.
• Des promoteurs de l’énergie nucléaire comme le nouveau pôle de compétitivité nucléaire
bas-normand NUCLEOPOLIS.
• Des partis politiques qui soutiennent le programme nucléaire comme l’UMP, le FN, le
PS, le PC, etc
• L’Etat et les collectivités locales comme les conseils régionaux, municipaux ou généraux
qui participent activement au développement du nucléaire.
• La police et l’armée qui aident à museler l’opposition au nucléaire.
• Des entreprises sous traitantes de maintenance comme SPIE-NUCLEAIRE, ENDEL,
DERICHEBOURG, etc.
• Des pseudo contrôleurs du nucléaire comme l’ASN.
• De la recherche nucléaire comme pour ITER, CYCERON, le CERN ou le GANIL.

Face au nucléaire et au monde dans lequel il ne cesse de proliférer, nous n’avons
d’autres alternatives que de nous mobiliser. Parce que face au désastre, il
ne suffit pas de s’indigner. Les « révoltes arabes » comme les récents mouvements
contre les mesures d’austérité en Europe nous ont montré qu’il existe
un au-delà de la résignation et que le goût de la liberté reste bien vivant.
Nous auto-organiser dans des assemblées, mettre en place des actions qui
permettent de montrer que derrière la machine nucléaire, il y a des
hommes et des choix, contrecarrer les gestionnaires du désastre, voilà
ce que nous entendons faire et ce que nous appelons à faire partout ▪
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 14 Juin 2011, 11:11

Les italiens par référendum viennent de repousser à nouveau des projets nucléaires en Italie.
la Suisse, l’Allemagne et l’Italie tournent désormais le dos au nucléaire.
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 09 Oct 2011, 14:45

Texte de l'OCL, fait dans le cadre de la mobilisation du 15 octobre et qui porte des éléments importants au regard de la question :

Antinucléaire

Les manifestations du 15 octobre, un enjeu important


L’incapacité à réagir à la catastrophe de Fukushima est lourde de sens quant au poids du lobby nucléaire en France, et à la dégénérescence du mouvement antinucléaire hexagonal de ces dernières années. L’initiative impulsée par la coordination antinucléaire de l’Ouest de faire du 15 octobre 2011 une journée nationale pour dire Stop au nucléaire revêt donc une importance particulière pour l’avenir de cette lutte.


L’enjeu des manifestations antinucléaires qui vont se dérouler dans plusieurs villes de France le 15 octobre est double.

Leur réussite d’abord, la mobilisation de plusieurs dizaines de milliers de personnes est primordiale. L’échec ne serait que secondairement une claque pour les écolos (et d’ailleurs ces derniers ne souhaitent qu’une réussite modérée) mais beaucoup plus importante pour qui pense que c’est dans la rue que se gagnera la bataille du nucléaire, et non au parlement où dans les urnes. Ensuite la tonalité des manifestations. Quel message délivreront-elles ? Bien sûr, personne n’osera venir avec des banderoles « arrêt progressif, dans 20 ou trente ans » au risque d’être brocardé et de subir même quelques horions bien mérités. Les écologistes vert et/ou roses dont c’est le programme préfèreront sans doute un de ces défilés-enterrements traditionnels, colorés de drapeaux vert et de la récupération du soleil antinucléaire, pour parler énergies renouvelables et suggérer l’échéance de la prochaine présidentielle comme premier pas vers le commencement du coup d’arrêt à porter bientôt…

Mais un autre message autrement plus porteur d’espoir pourrait émerger de ces manifestations, celui de l’exigence d’un arrêt immédiat. C’est en tous les cas celui que nous essaierons de porter avec tous les antinucléaires radicaux ou au moins conséquents. C’est que cet arrêt immédiat signifie aujourd’hui, dans le paysage écolo et antinucléaire, bien autre chose qu’une simple querelle de date. Il est devenu le symbole d’un clivage plus général entre une écologie sociale qui s’insère dans une perspective anticapitaliste et anti-productiviste et les tenants d’un néocapitalisme vert pour lequel les questions énergétiques peuvent servir à relancer une fois encore une économie de marché en crise. Il est pourtant très clair, qu’arrêter le nucléaire sera aussi difficile avec la gauche au pouvoir qu’avec la droite.


Les Verts et le nucléaire

Se vendre pour un plat de lentilles leur sert de programme. En 1997, Ils arrivent aux affaires dans le gouvernement Jospin : ministère de l’environnement et de l’aménagement du territoire pour Dominique Voynet – juin 97-juillet 2001 –, puis pour Yves Cochet (Juillet 2001-mai 2002). Bilan ? La part du nucléaire continue de monter jusqu’à 80 % de l’électricité produite, Voynet signe une dizaine de décrets favorables au nucléaire comme l’introduction du MOX à Chinon et l’érection de deux tranches à Civaux, l’autorisation du chantier pour l’enfouissement de déchets radioactifs à Bure, etc.

En 2002 ils présentent à l’élection présidentielle une de leurs icônes, Noël Mamère, celui qui, quelques années plus tôt en 1997, chantait les louanges de Superphénix « le prototype les plus évolué de cette filière à neutrons rapides » et qui considèraient que « ces centrales sont très économes en combustible et présentent une parade à toute crise et pénurie d’énergie » et pour finir « le paradoxe de cette industrie nucléaire dont la France s’est dotée d’abord par la volonté d’indépendance nationale et qui finalement aura été pour elle l’occasion d’une nouvelle ouverture sur le monde » [1] (en vendant des centrales sur tous les continents, en traitant les déchets de la planète, en pillant l’Uranium un peu partout, et en exportant du courant !). L’année suivante (1998) il adhère aux Verts sans que nul n’y trouve à redire. Non que les militants de base approuvent les paroles de l’ancien Noël, mais que, entre le bénéfice supposé de l’adhésion d’un député connu (Gironde) et quelques entorses à la ligne, il n’y a pas photo. Médiatisation et notabilisme sont durablement installés dès cette période.

On peut, à la rigueur, considérer qu’à cette époque pas mal de Verts de base on dû avaler des couleuvres pour le prix du pouvoir et du « réalisme », mais ce n’est plus le cas à présent. La composition sociale et l’histoire des militants a changé. S’ils étaient majoritairement issus des mouvements antinucléaires des années 1970, ce sont maintenant des apparatchiks qui ont grimpé dans le parti en prenant des places dans les instances régionales et municipales qui sont majoritaires.

Plus que de luttes de terrain ils sont idéologiquement (et souvent matériellement) liés à un néo-entrepreunariat consacré aux énergies alternatives et aux préoccupations de quelques classes moyennes, « éduquées » comme on dit, qui ne veulent pas de nucléaire dans leurs assiettes confortablement posées sur des tables en bois « équitable » dans une maison politiquement correcte et qui sont prêt à assumer une part de nucléaire pour conserver ce confort. Ce sont les promoteurs d’un capitalisme vert, créateur d’emplois verts, zélateur d’une croissance verte et de rapports d’exploitation… verts [2].

Actuellement, en terme de stratégie politique ils sont porteurs d’un unique message : voter massivement pour eux pour être mieux à même de faire pression sur leur partenaire socialiste dans la perspective du second tour de la présidentielle de 2012.

Or il n’est qu’à voir ce qui se passe en Allemagne pour comprendre que c’est l’inverse qui se passe, à savoir que ce sont les socialistes qui exercent les pressions sur les écologistes. Ainsi la direction du parti est parvenue à imposer aux députés de Die Grünen d’accorder leur soutien au gouvernement conservateur-libéral de Merkel lors du vote du Bundestag sur l’abandon du nucléaire à l’horizon 2022, à contre-courant de l’opinion dominante au sein du parti écologiste favorable à un arrêt des centrales dès 2017, et ce au prix du maintient des Verts dans les coalitions diverses et variées avec la droite. Et c’est bien ce que nous avions déjà vu ici en 2004 quand au Conseil régional de Basse-Normandie quand les élus Verts avaient laissé passer une motion favorable à l’implantation de l’EPR à Flamanville sous prétexte de ne pas « ne pas mettre en difficulté un exécutif de gauche récemment élu ».

En définitive c’est Denis Baupin [3] qui résume le mieux ce que sera l’accord avec le PS : « il y aura des négociations, nous pouvons discuter sur le calendrier, ce qui est important, c’est qu’au moment de cet accord le signal soit “On va faire la fin du nucléaire” ». Ce qui est une évidence, le nucléaire n’est pas éternel et, par définition, on va vers sa fin. Quand et comment, c’est une autre question, seul compte l’effet d’annonce, tant les promesses n’engagent que ceux et celles qui y croient….

Pour le parti écologiste la quadrature du cercle c’est d’exister en dehors du PS et de ne pas se ranger derrière une candidature unique en 2012 que beaucoup souhaitent. Et le prix c’est à la fois l’appui franc aux politiques d’austérité et l’acceptation d’un arrêt progressif dans 30 ans. Moyennant quoi nous auront peut être, comme en 81 avec Plogoff et le Larzac, ou comme en 97 avec Superphénix une ou deux mesures symboliques concernant l’abandon de projets déjà condamnés. Car concernant les socialistes il est clair qu’il n’y a pas de couleuvres à avaler (il n’y a plus guère que la romancière Aurélie Filipetti, député PS de Moselle et transfuge des Verts, qui fait semblant de mal digérer), c’est un parti pro-nucléaire depuis toujours.


Les socialistes

En 1981 lorsque les socialistes accèdent au pouvoir, l’électricité d’origine nucléaire ne représente que 38 % de la production totale. Au terme de la première législature socialo-communiste cette part atteint 60 %. Les Verts seront du voyage dans le gouvernement Jospin pour parvenir à 80 %

Ces derniers mois les déclarations des socialistes concernant le nucléaire nous en disent long sur ce que sont les politiciens… qui ne seront élus, de toutes les manières qu’avec une infime minorité de voix par rapport au nombre d’habitants du pays.

Martine Aubry : « Il faut aller vers une sortie et cela peut prendre 20 ou 30 ans ». François Hollande : « Un candidat socialiste ne peut prétendre sortir du nucléaire. » Il estime qu’abandonner une industrie « où on est sans doute les meilleurs » (sic) serait « ni économiquement sérieux, ni écologiquement protecteur, ni socialement rassurant ».

Ségolène Royal : « Nous devons ramener le nucléaire à une énergie d’appoint. » Après l’accident survenu à Fukushima elle avait reproché aux écologistes de ne pas respecter un « délai de décence » (c’est-à-dire selon elle de ne pas se cantonner à la solidarité avec les victimes, mais dans le même temps d’accuser le nucléaire). Jack Lang, lui, qui trouve que dans l’ensemble le nucléaire « est une énergie pacifique et non-polluante » Jean-Michel Baylet : « Une sortie radicale du nucléaire [...] n’est pas réaliste. Nous demandons un rééquilibrage vers les autres énergies. » Arnaud Montebourg : « Je souhaite le dépassement du nucléaire. » Manuel Valls : « Je défendrai [...] une sortie progressive et maîtrisée du nucléaire [...] » (maîtrisée pour lui ça ne veut pas dire « techniquement », ça veut dire sans danger pour le taux de profit et la croissance !)

Mais c’est là une vieille histoire : Edith Cresson, en charge à Bruxelles du programme JOULE sucra 655 millions de francs alloués aux énergies renouvelables. On apprend également dans le livre Les vies cachées de DSK que l’ex-futur président avait autant d’attache avec le lobby nucléaire qu’avec le lobby sioniste. Il touche 1,5 millions de francs d’EDF pour avoir favorisé la coopération franco-allemande sur l’EPR entre 94 et 96. « De la Cogéma, le natif de Neuilly-sur-Seine palpa quelque 600 000 francs pour des interventions auprès de députés sociaux-démocrates qu’il s’agissait de convaincre quant à l’opération susvisée. Il « pigea » aussi pour l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Au total, il perçut jusqu’en 1997 en moyenne 200 000 francs par mois pour quelques rapports, courriers, entretiens de visu et coups de fil… Alors que son… addiction à…l’atome lui avait rapporté gros » [4]. Bref, les imbéciles qui vont voter à la primaire du PS (et qui, soyons en certains seront moins nombreux que les uns ou deux millions espérés) pourraient tirer quelques conclusions de ces déclarations. Non pas sur l’attachement du parti au nucléaire, là-dessus religion est faite, mais sur la façon dont les politiciens à quelques mois des élections nuancent et diversifient leurs déclarations en vue de la prochaine bataille pour accéder au pouvoir.

Cerise sur le gâteau, il n’est qu’à voir le revirement de Mélanchon se découvrant soudain, après Fuskushima, une âme d’antinucléaire sans que cela ne le gêne en rien, évidemment, dans son alliance avec le PC qui, lui, ne parvient pas à être aussi girouette (et pourtant il fait des efforts !).


Que reste-t-il du mouvement antinucléaire ? Toutes ces pantalonnades politiciennes se retrouvent dans le rapport entre le Réseau pour un avenir sans nucléaire et les manifestations du 15 octobre. Si les positions officielles du Réseau ne se différencient guère de celles des Verts dont nous avons parlées (rappelons que les Verts y sont plus que largement représentés) il s’y ajoute d’autres embrouilles qu’il nous faut évoquer. En vue du sommet de Copenhagen pour le climat en décembre 2009, Greenpeace (membre du réseau jusqu’en 2007) le WWF, réseau action climat (membre du Réseau) lancent en mai 2009 un appel (Ultimatum climatique) à Sarkozy qui introduit un sacré bémol dans le revendication d’arrêt du nucléaire. D’un seul coup c’est le réchauffement climatique et l’effet de serre qui passent au premier plan et finalement le nucléaire, de ce point de vue, est jugé plutôt positif. Si bien que l’on change son fusil d’épaule : pas de nouvelles centrales certes, mais prolongation de 10 à 20 ans de celles existantes. Ainsi le directeur général de Greenpeace pour la France, Pascal Husting déclare : « On éviterait ainsi de se lancer à corps perdu dans un renouvellement du parc qui compromettrait la mise en oeuvre de toute vraie solution face aux changements climatiques [...] En France, les bénéfices opérationnels issus de cette prolongation devraient être investis exclusivement dans le changement de notre modèle de production et de consommation de l’énergie. » l’Appel est rejoint par la fondation Hulot, France nature environnement, les amis de la terre etc. [5] ….
Sous l’influence de son porte parole Stéphane Lhomme, le Réseau sortir du nucléaire, sollicité en juin pour rejoindre en tant que tel l’Ultimatum climatique, refuse de signer un texte sur le climat qui n’exclurait pas explicitement le recours au nucléaire. Mais en septembre, le directeur du réseau, Philippe Brousse, force la décision du conseil d’administration du Réseau qui signe l’appel. La crise est ouverte, les opposants dont le porte parole sont virés et à ce jour, le Réseau sortir du nucléaire reste signataire de l’appel « Ultimatum Climatique », même si son assemblée générale de juin 2010 à décidée son retrait de cet appel…

`Quelques mois auparavant, Anne Lauvergeon (à l’époque présidente d’AREVA) déclarait : « Dans les années soixante-dix, le mouvement écolo s’est développé à partir de sa lutte antinucléaire, mais je pense qu’une scission interviendra sous peu entre les écolos “canal historique”, qui resteront antinucléaires jusqu’à la fin des temps, et les écolos modernes qui vont finir par reconnaître que le nucléaire fait partie des solutions ». Elle n’a pas eu à attendre longtemps pour que les faits lui donnent raison ! On comprend mieux avec ces exemples, le sens que prend l’opposition entre arrêt immédiat et toutes les autres propositions de sortie ou de non sortie.
Nous remarquons que les propositions de sortie « à terme », « différée », « progressives », oscillent allègrement entre des délais de dix ans, de vingts ans, de trente ans, pour faire le chemin inverse au fur et à mesure que les concurrents marquent des points. C’est que leurs propositions ne s’assortissent jamais de plan sérieux s’insérant dans leurs délais, il ne s’agit rien d’autre que de slogans politiciens variant au fil du temps et se donnant des allures scientiques et sérieuses. Le mieux pour eux serait de dire… 50 ans, car ainsi ils auraient pas mal de chance d’avoir eu raison, compte tenu qu’il y a fort à parier que d’ici-là les capitalistes auront tiré un trait sur la production électrique nucléaire, s’ils considèrent que ça ne dégage plus assez de plus-value face aux coûts « catastrophiques » que cela génère. Ainsi, le groupe allemand Siemens, anticipant sur les déboires de l’EPR avait déjà quitté Areva en 2009, et aujourd’hui annonce que le chapitre de la construction ou du financement de centrale nucléaire est clos et qu’il abandonne également ses projets avec le groupe russe Rosatom. Siemens s’intéresse maintenant… à l’éolien et au solaire ! Mais il est vrai que la place du nucléaire dans le domino capitaliste français est sans commune mesure avec celle de son homologue allemand ! Et que dans toutes ces affaires de délais une seule chose compte : retrouver la croissance, maintenir les profits, sauver les investissements et le capitalisme, pas la planète et les humains.


Pour un arrêt immédiat, définitif et sans condition du nucléaire

Pour nous il donc est déterminant, comme nous le disions au début, que les manifestations du 15 octobre soient un succès et que le message qui en sorte ne soit pas celui des écologistes de gouvernement. Mais ce n’est pas suffisant. Il faudra aussi que si cette présence d’arrêt immédiat est conséquente, qu’elle marque un point de départ vers une véritable re-fondation d’un mouvement antinucléaire. Il ne manque pas de groupes comme « Stop nucléaire » (coordination qui vient de se relancer avec Stop-Nogent), coordination contre la société nucléaire, CRAN, groupes locaux venant de quitter le réseau ou sur le point de le faire qui, pour peu qu’ils désirent se doter d’une perspective politique allant au-delà d’un simple témoignage pourraient participer à la construction d’une phase nouvelle du mouvement antinucléaire.
A cet effet il est prévu qu’à l’issue de la manifestation de Rennes se tienne un forum de discussion sur l’avenir d’un mouvement nucléaire à reconstruire, sur quelles bases et avec qui. Espérons que les circonstances feront qu’il puisse se tenir et qu’il y en ait aussi dans les autres villes qui manifesteront ce jour-là.

Il ne nous paraît pas possible que ce nouveau mouvement se cantonne au strict nucléaire. Car s’il s’agit d’exiger la fermeture de TOUTES les centrales en fonctionnement, ces combats ne sont pas sans liens avec les luttes en cours contre les dévastations sociales et écologiques de cette société énergivore et électrifiée de toute part : aéroport à Notre-Dame-des-Landes, nouvelles lignes TGV, forages de gaz de schiste, électronique généralisée etc. Contester le nucléaire demande à coup sûr de combattre cette société capitaliste-productiviste dans son ensemble.
Car le capitalisme s’adaptera comme il s’est toujours adapté aux contraintes rencontrées lors de son histoire et de son développement. Donc il développera les alternatives nécessaires à sa perpétuation : les kilomètres d’éoliennes prévues dans la mer, les milliers de kilomètres carrés de photovoltaïque dans le Sahara, et d’autres projets industriels de ce type en sont l’illustration.
Quant à nous il ne s’agit pas non plus d’attendre que le capitalisme miné par ses crises internes ou détruit par un gigantesque mouvement mondial prolétarien s’effondre. C’est dès maintenant que nous voulons arrêter le nucléaire, car c’est ici et maintenant que nous vivons !
Il existe plein de propositions pour réduire la « demande » en commençant ici et maintenant à faire le ménage dans le système productif, en dressant l’inventaire de ce qui est à la fois gourmand en énergie et produisant des choses (biens et services) de peu de valeur d’usage. Nos adversaires nous répondent que c’est impossible, mais c’est faux : il n’est qu’à regarder du côté du Japon, capable du jour au lendemain d’arrêter 80% de sa production électro-nucléaire, soit 43 réacteurs sur les 54 existant en septembre 2011, sans échéance de redémarrage... Combien de Fukushima faudra-t-il pour que les nucléocrates et leurs valets soient poussés à faire de même ? Faisons en sorte que nos oppositions soient plus contraignantes qu’une « excursion nucléaire » et que ça soit nous qui décidions de la nature du ménage à faire !

OCL-ouest

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1062
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 30 Oct 2011, 10:37

La Belgique annonce sa sortie du nucléaire : http://www.france24.com/fr/20111028-bel ... artir-2015
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede bipbip » 26 Fév 2015, 14:56

Nucléaire : stop au rafistolage !

La France compte 58 réacteurs nucléaires conçus pour fonctionner 30 ans. Mais EDF veut les rafistoler pour prolonger leur activité jusqu’à 50 voire 60 ans, malgré les risques majeurs et les coûts astronomiques que cela impliquerait. Pour obtenir l’arrêt des réacteurs de plus de 30 ans, nous menons depuis plusieurs mois une campagne « Nucléaire : STOP au rafistolage ! ».

... http://www.sortirdunucleaire.org/Stop-r ... vrez-l-631
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 22 Aoû 2015, 12:27

On nous dit : « vous faites peur avec votre arrêt immédiat » ; « on ne bâtit rien sur la peur »...
La peur du nucléaire ou la peur de l’arrêt du nucléaire ?

On nous dit : « vous faites peur avec votre arrêt immédiat » ; « on ne bâtit rien sur la peur »...

Commençons par un exemple concret. Essayons de répondre froidement à la question : « pourquoi les techniciens en charge de la gestion des déchets nucléaires ne les envoient-ils pas dans l’espace ? » . Tentons de répondre sans émotions et sans peur. Focalisons-nous sur l’emblématique Plutonium 239, qui met 24 000 ans à perdre la moitié de sa radioactivité. Choisissons une valeur de 300 microgrammes de Pu 239 comme dose mortelle pour un adulte. C’est assurément mortel d’après les sources que nous avons pu consulter (certaines affirment qu’un seul microgramme inhalé suffit à provoquer un cancer, d’autres parlent de 20 micro-grammes pour une dose mortelle) [1].

La France stocke 80 tonnes de ce métal artificiellement créé par l’industrie nucléaire. Supposons que les technocrates en question en conditionnent 400 kg pour les envoyer brûler vers le soleil (la France possède les moyens techniques et financiers de réaliser cela). Ce chargement représente alors 1,33 milliards de doses mortelles adulte, telles que nous les avons définies. Si la fusée explose dans la troposphère, elle pulvérise de fines particules ultra-toxiques de l’ordre du microgramme, et c’en est probablement assez rapidement fini de l’humanité.

C’est cette peur qui fait que nos dirigeants et nos technocrates pro-nucléaires ne peuvent envisager d’envoyer les déchets nucléaires dans l’espace.

Par contre nous, qui demandons l’arrêt immédiat de l’industrie nucléaire, ne serions pas autorisés à avoir peur, taxés d’irrationalité et de « radiophobie », tout comme les populations déjà victimes de catastrophes nucléaires le sont par les autorités censées les protéger.

Pourtant la peur est un sentiment normal sur lequel peut se fonder une décision. Il est normal et naturel d’avoir peur de pénétrer dans une forêt la nuit : nous n’avons pas les yeux du hibou, ni l’odorat du loup, ni l’ouïe du mulot, ni le sonar de la chauve-souris.

Nous, avec le nucléaire, nous savons être bien fondés à en avoir peur. Peur de voir les centrales, les bombes exploser ; de les voir contaminer l’environnement ; de les voir contraindre l’humanité.

Mais naturellement, certain-e-s se mettent aussi à avoir peur qu’en cas d’arrêt du nucléaire le réseau électrique soit interrompu. Alors commence une cogitation : est-ce que la peur du nucléaire serait plus rationnelle que la peur de l’arrêt du nucléaire ? La bonne blague...

Bien. D’une part il faut savoir que – en parlant de coupure non prévue du réseau – beaucoup d’établissements disposent de moyens de secours électriques à partir de groupes électrogènes : c’est le cas des centrales nucléaires elles-mêmes pour les raisons de sûreté, c’est le cas aussi des hôpitaux.

D’autre part, au Japon, les 54 réacteurs nucléaires en fonctionnement avant le 11 mars 2011 ont été arrêtés en un peu plus d’un an après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le pays a acheté du gaz, du pétrole, fait tourner ses centrales thermiques, mis en place des mesures d’économies de puissance au moment des pics [2].

Le Japon a donc éliminé son électricité d’origine nucléaire depuis près de trois ans. La population a fait volontairement pression sur les élus locaux pour que les réacteurs soient éteints et ne redémarrent pas [3]. Sans pour autant changer brutalement de société. Simplement par peur d’une nouvelle catastrophe nucléaire.

Qu’est-ce qui fait que nous en France, nous soyons paralysé-e-s ? C’est cette croyance que les médias de masse créent et véhiculent : le nucléaire ne présenterait pas de dangers particuliers par rapport aux autres modes de production d’électricité. Même si c’était le cas, toutes les mesures de radioprotection seraient soi-disant prises pour veiller sur nous. C’est la peur de l’arrêt du nucléaire qui convoque paradoxalement des images quasi apocalyptiques, la propagande officielle ayant expliqué depuis des décennies qu’on ne peut s’en passer.

Résultat, ceux et celles qui disent « il faut continuer à faire fonctionner ce parc de centrales encore 20 ans le temps de le remplacer » deviennent plus rassurant-e-s, donc étrangement plus crédibles, que ceux et celles qui disent « arrêt immédiat du nucléaire ». La logique comptable ou politique de certain-e-s l’emportant sur une logique de santé et de vie pour tout le monde.

Pourtant, si les techniciens de l’électricité sont en capacité de faire face à des coupures de courant afin de préserver l’ensemble du système même dans le cas d’arrêt intempestif de réacteurs nucléaires, par contre, en cas de contamination radioactive majeure de notre environnement, la situation serait irréversible. Notre vie serait dégradée et réduite à une existence de rat de laboratoire. Personne ne serait en capacité de la rétablir. Personne.

Sans un sursaut général pour rejeter en masse l’industrie nucléaire, nous sommes condamnés à devenir nous-mêmes des déchets radioactifs. Nous savons qu’après la catastrophe nucléaire, nous serions soumis à l’armée et aux techniciens de la mesure des radiations, comme en Biélorussie, en Ukraine, ou au Japon.

Mais voilà. Pour les nucléocrates, la presse, l’opinion publique et bon nombre d’ « écologistes », c’est se réclamer de l’arrêt immédiat du nucléaire qui semble totalement irrationnel et irraisonnable. Nous, nous utilisons ces termes car ils ont le mérite d’être clairs : arrêt sans conditions, sans délais et définitif. Et nous trouvons particulièrement étrange de constater qu’un certain nombre d’ « antinucléaires patentés » les rejettent au motif qu’il s’agirait d’un « slogan vide de sens », empêchant d’obtenir un « consensus », ou qui serait le fait de « militants pas majoritaires ».

Alors, nous, dans ce contexte, nous jugeons indispensable – mais pas suffisant – de mettre en minorité tous ceux et celles qui tendent à faire croire qu’il est acceptable de proposer des « scénarios plus ou moins longs » de « sortie du nucléaire ». D’abord nous ne sortirons jamais du nucléaire (les déchets sont là pour des centaines de milliers d’années, les catastrophes et les essais nucléaires ont déjà durablement contaminé les hommes et l’environnement). La seule chose que nous puissions réaliser, c’est l’arrêt des réacteurs. Il n’est donc pas question de se rassembler sur des slogans « sortir du nucléaire » vu que c’est un objectif inatteignable.

D’autre part, nous ne voulons, nous ne devons pas rentrer dans la technicité des scénarios d’arrêt des réacteurs. La mobilisation doit provenir d’une dynamique humaine et morale motivante et non de la défense d’un scénario technique en particulier. Cette dynamique est fondée au premier plan sur le rejet sans conditions et sans délais des technologies nucléaires, bombes et centrales, avec en arrière-plan le refus sans condition de l’état de soumission dans lequel ces technologies nous placent vis-à-vis des industriels, des technocrates, des financiers, des États et de ses militaires.

Ceux et celles qui traitent la question du nucléaire comme un simple problème énergétique passent à côté de l’essentiel, comme s’il leur était impossible de le concevoir : le pouvoir de domination de la mafia nucléariste sur les peuples et son pouvoir d’anéantissement d’une vie digne de ce nom pour les êtres humains sur terre.

Électricité en abondance et paix sur terre, voilà ce qu’ils nous ont promis et qu’ils nous promettent encore, et voilà ce que nous sommes priés de croire. Charge à chacun d’entre nous d’accepter d’en payer le prix et les conséquences irréversibles. Nous, ça nous fait vraiment peur, pas vous ?


Coordination Stop-Nucléaire
Pour l’arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire
Août 2015



[1] « Le plutonium et ses problèmes », Gazette Nucléaire n° 25 mars-avril 1979 http://gazettenucleaire.org/1979/25p11.html

[2] Durant l’année précédant la catastrophe, le nucléaire nippon a produit 271 TWh, soit 27,4 % de la production totale d’électricité. Durant l’année qui a suivi la catastrophe, le même jurassik-parc nucléaire a produit près de 100 TWh, et a fini par s’arrêter totalement en mai 2012.... En juillet et août 2011 la puissance appelée dans l’archipel était inférieure de 20 % à celle de 2010
« Les tribulations du nucléaire au Japon », Connaissance des énergies, 16 avril 2012 http://www.connaissancedesenergies.org/ ... pon-120416

[3] Malgré l’opposition populaire à la reprise du nucléaire, le 10 août 2015, le réacteur Sendai n°1 est remis en service, dans un geste moralement inacceptable d’obstination du gouvernement Abe.

http://www.coordination-stopnucleaire.o ... ?article44
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede bipbip » 01 Nov 2015, 02:10

Rapport d’expert : le nucléaire n’est pas une solution au changement climatique

Le 27 octobre 2015, le cabinet indépendant WISE Paris a rendu public un rapport intitulé "L’option nucléaire pour lutter contre le changement climatique : risques associés, limites et freins aux alternatives", commandé par le Réseau "Sortir du nucléaire, le Réseau Action Climat, Greenpeace, les Amis de la Terre, France Nature Environnement, WISE Amsterdam et la Fondation Heinrich Böll.

Ce rapport étudie la problématique sous trois angles :
• Quels sont les risques qui, à eux seuls, légitiment de se passer du nucléaire pour lutter contre le changement climatique ?
• Le nucléaire constitue-t-il vraiment une option énergétique efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
• Le nucléaire ne prend-il pas la place d’autres options véritablement performantes pour lutter contre le changement climatique ?

Quel que soit l’angle étudié, le nucléaire apparaît clairement comme une option à écarter dans la lutte contre le changement climatique.

... http://www.sortirdunucleaire.org/WISE-nucleaire-climat
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 04 Nov 2015, 13:40

Dans quelles alternatives le risque nucléaire est il soluble ?

À l’heure de la COP21, la question du nucléaire est au mieux absente, au pire le nucléaire bénéficie de la promotion des nucléocrates et de certains sponsors comme EDF présentant le nucléaire comme une solution face a l’urgence climatique.

La pire des menaces, c’est celle qu’on veut oublier : la catastrophe nucléaire.

Ce n’est pas parce que le nucléaire a depuis longtemps disparu des discours médiatiques et que la peur qu’il inspire est refoulée que le problème a cessé d’exister : avec 58 réacteurs vieillissants en fonctionnement, et malgré toute la « culture de la sûreté » dont le pouvoir se gausse, la France est désormais la première candidate à une catastrophe nucléaire. Même les autorités reconnaissent que le risque existe, après l’avoir longtemps nié. Pour autant, rien de sérieux n’est fait pour protéger la population dans cette éventualité : quand se produira notre Fukushima, ce sera le sauve-qui-peut généralisé, une vaste portion de territoire se verra gérer militairement et une partie de la population sera délibérément exposée à des niveaux sévères de radioactivité.

Mais avant même la catastrophe annoncée, tous les jours des travailleurs se font contaminer en silence dans les centrales, tous les jours des matières radioactives circulent sur les routes et les voies ferrées de France, régulièrement des « incidents » (forcément « sans conséquences ») sont signalés dans telle ou telle centrale. De fait, le niveau de radio activité ambiante ne cesse de croître. Et si on les laisse faire, le démantèlement des réacteurs obsolètes et la « gestion » impossible des 1,5 millions de mètres cubes de déchets radioactifs déjà produits multiplieront bientôt les occasions d’exposition aux rayonnements ionisants des travailleurs du nucléaire et des populations avoisinantes.

La première urgence, c’est l’arrêt immédiat du nucléaire

Contre les risques du nucléaire, il n’y a pas de remède qui tienne. La seule chose que l’on peut encore faire, c’est les obliger à limiter au maximum les dégâts. Donc, d’abord et avant tout, lutter pour obtenir l’arrêt immédiat de tous les réacteurs, afin d’éliminer le risque de catastrophe. Et, puisque dégâts radioactifs il y a, les contraindre à opter pour les solutions les moins folles et les moins porteuses de risque de contamination – pour les travailleurs (les éternels oubliés) et pour la population, celle d’aujourd’hui et celle de demain. Autrement dit : démantèlement différé tant qu’on ne sait pas faire, stockage en surface, sous surveillance, plutôt qu’enfouissement des déchets.

Croire qu’il est plus simple et plus efficace de faire porter ses efforts sur les énergies renouvelables que de lutter contre le nucléaire, c’est faire fausse route. En effet, les montagnes d’argent public qu’absorbe la gestion des installations nucléaires et de leurs déchets sont autant de sommes soustraites au développement des énergies douces, puisque, aux yeux du pouvoir, celles-ci ne peuvent être, au mieux, qu’un complément à l’électricité nucléaire. Sans compter que, le jour où la catastrophe surviendra, tous les scénarios « alternatifs » seront disqualifiés par la priorité à la gestion de l’urgence.

L’efficacité, c’est reconstruire un rapport de forces

Face à l’opposition au nucléaire, le pouvoir a d’abord choisi la répression, mettant ainsi en échec la plupart des luttes des années 70-80 contre la construction des centrales. Mais une fois celles-ci construites et le programme nucléaire installé, il a préféré désamorcer la contestation en multipliant les cercles locaux de « concertation », où les militants se sont épuisés dans des batailles à huis clos entre experts. Ainsi la contestation du nucléaire est-elle devenue peu à peu l’affaire de militants spécialisés, et, accompagnant en cela le reflux général des luttes, s’est en partie focalisée sur des recherches d’alternatives énergétiques « crédibles » – autrement dit compatibles avec le modèle productif hyper-consommateur qui nous est imposé. Du coup, ceux qui tentent encore de se battre sur le terrain contre de nouveaux projets le font dans un rapport de forces si défavorable que toute résistance semble condamnée d’avance.

Concrètement ? Retrouver tous le chemin de la lutte

Soyez positifs, soyez concrets, nous dit-on à présent. Mais quoi de plus concret que la lutte ? Le nucléaire se rappelle régulièrement à nous par ses dégâts récurrents. Pour s’en tenir à l’Ile-de-France et à ce que l’on sait, des écoles sont construites sur des terrains radioactifs (ex. : Nogent-sur-Marne) ; des fuites radioactives se produisent dans les hôpitaux, contaminant les égouts (Villejuif, nov. 2012), des camions et des trains circulent régulièrement sur les routes et les voies ferrées de nos banlieues (comme l’a révélé l’accident ferroviaire de Drancy en décembre 2013), une multiplication des cancers s’observe autour de l’ancienne carrière de Vaujours, où le CEA a fait ses premiers essais d’explosion nucléaire et que Placoplâtre prétend maintenant réexploiter... Sans oublier l’existence, à 80 kilomètres de Paris, de la centrale de Nogent-sur-Seine, dont l’explosion contaminerait durablement toute l’agglomération parisienne.

Autant de possibilités de cibler, de faire percevoir et de combattre concrètement la menace atomique, par nature invisible et diffuse, que l’on voudrait nous faire oublier. Autant de raisons et d’occasions de mobiliser, en dénonçant les ravages actuels et potentiels du nucléaire et en clamant haut et fort que la première urgence, c’est de mettre fin à sa production, partout et tout de suite.

Le jour de la catastrophe, aucune transition douce ne sera possible : arrêt immédiat du nucléaire !

Collectif contre l’ordre atomique
(contre‐lordre‐atomique@riseup.net)

https://paris-luttes.info/dans-quelles- ... es-le-3810
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 26 Mar 2016, 12:32

NUCLÉAIRE AUX USA - LES LIGNES BOUGENT

« Pour la première fois, la majorité des américains sont opposés au nucléaire.»

http://www.gallup.com/poll/190064/first ... nergy.aspx
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede bipbip » 14 Déc 2016, 00:42

L’Allemagne devra payer pour sortir du nucléaire

La justice allemande a tranché. Décidée en 2011 après la catastrophe de Fukushima, la fin du nucléaire Outre-Rhin ne bafoue pas la Constitution. Mais les producteurs d’énergie devront être indemnisés.

... https://reporterre.net/L-Allemagne-devr ... -nucleaire
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede Pïérô » 23 Mai 2017, 11:09

Les Suisses approuvent par référendum la sortie du nucléaire

Les Suisses ont accepté dimanche par référendum la nouvelle loi sur l'énergie interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique.

Dimanche 21 mai, les Suisses ont accepté par référendum la nouvelle loi sur l'énergie interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique.

Le référendum a été approuvé par plus de 58,2 % des électeurs, selon des résultats provisoires. Cette loi cherche à promouvoir et à financer par le biais de subventions les énergies renouvelables comme l'hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.

L'objectif est d'en quadrupler la contribution à la production de l'électricité nationale, ce qu'on appelle le "mix énergétique", d'ici à 2035. Elle vise en outre à fermer progressivement les 4 centrales (cinq réacteurs nucléaires) que compte la Suisse, à partir de 2019. Elles fournissent aujourd'hui 35 % de la production d'électricité du pays, contre moins de 5 % pour le solaire et l'éolien.

... http://www.france24.com/fr/20170522-sui ... -fukushima

C'est très lent comme sortie !

En France nous sommes pas prêt d'en sortir, on ne parle que de renouvellement du parc...

Nucléaire: le scénario d’EDF pour 2050

Le groupe planche sur la prolongation pendant 10 ou 20 ans de l'exploitation des 58 réacteurs nucléaires français. Arrêtés entre 2030 et 2050, ils seront remplacés par une vingtaine de nouveaux EPR. La part du nucléaire dans la production électrique ne sera abaissée à 50% qu'en 2050.

La transition énergétique est claire dans l’esprit d’EDF. Jeudi, son PDG Jean-Bernard Levy assurait que le groupe était incontournable dans sa mise en place. "Il nous paraît important que nous participions à la construction de la politique énergétique du gouvernement" a-t-il déclaré lors de l’assemblée générale. Il répondait au Premier ministre Edouard Philippe. Interrogé le matin sur l’avenir du nucléaire, il assurait sur France Inter qu’"il ne s’agissait pas de faire table rase du passé mais d’organiser la production en France sur 50 ans".

Plus que de participer, EDF a déjà un plan bien ficelé pour respecter les engagements de la transition énergétique d’abaisser de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique. Cette échéance a été fixée à 2025 dans la loi, mais Emmanuel Macron envisage de la repousser car "personne ne sait comment y arriver" a-t-il déclaré à Mediapart. EDF compte remplir cet objectif mais pas avant… 2050!

Selon plusieurs sources, EDF dispose d’un scénario de référence qui consiste à prolonger la vie de ses centrales de 10 ans ou 20 ans. Elles produiraient ainsi de l’électricité jusqu’à l’âge de 50 ans ou 60 ans alors que la limite est aujourd'hui fixée à 40 ans. Comme elles ont toutes été construites en une dizaine d’années (entre 1980 et le début des années 1990), les arrêter toutes au même âge obligerait à les remplacer en seulement dix ans. Une période trop courte pour reconstruire un parc entier.

... http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise ... tor=CS2-30
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Re: Pour une sortie immédiate du nucléaire

Messagede bipbip » 14 Oct 2018, 18:52

Infographie

Le nucléaire ne sauvera pas le climat

La COP21 a eu lieu en décembre 2015 et les défenseurs du nucléaire ont tenté de présenter leur technologie comme une solution au changement climatique, mais nous nous sommes mobilisés contre cette fausse solution par de nombreuses actions à Paris et dans le reste de la France.

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