Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

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Messagede Pïérô » 10 Fév 2011, 11:23

Charte Mondiale des Migrants, pour la liberté de circuler et de s’installer librement :

Charte Mondiale des Migrants

Proclamée à Gorée (Sénégal) le 4 Février 2011 samedi 5 février 2011

Les personnes migrantes sont les cibles de politiques injustes. Celles-ci, au détriment des droits universellement reconnus à chaque personne humaine, font s’opposer les êtres humains, les uns aux autres en utilisant des stratégies discriminatoires, fondées sur la préférence nationale, l’appartenance ethnique, religieuse ou de genre.

Ces politiques sont imposées par des systèmes conservateurs et hégémoniques, qui cherchent à maintenir leurs privilèges en exploitant la force de travail, physique et intellectuelle des migrants. Pour cela, ils utilisent les prérogatives exhorbitantes permises par la puissance arbitraire de l’État Nation et du système mondial de domination hérité de la colonisation et de la déportation. Ce système est à la fois caduque, obsolète et génère des crimes contre l’humanité. C’est la raison pour laquelle il doit être aboli.

Les politiques sécuritaires mises en place par les États Nations font croire que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles constituent depuis toujours un fait historique naturel, complexe, certes, mais qui loin d’être une calamité pour les pays de résidence, constituent un apport économique, social et culturel inestimable.

Les migrants sont partout privés du plein exercice de leur droit à la liberté de circulation et d’installation sur notre planète.

Ils sont également privés de leurs droits à la paix ainsi que de leurs droits économiques, sociaux, culturels, civiques et politiques pourtant garantis par différentes conventions internationales.

Seule une large alliance des personnes migrantes pourra promouvoir l’émergence de droits nouveaux pour toute personne de par sa naissance sans distinction d’origine, de couleur, de sexe ou de croyance. Pour cela, cette alliance des migrants devra leur permettre, autour de principes éthiques, de contribuer à la construction de nouvelles politiques économiques et sociales. Elle devra leur permettre aussi de contribuer à une refonte de la conception de la territorialité et du système de gouvernance mondiale dominant actuel et de son soubassement économique et idéologique.

C’est pourquoi nous, migrants du monde entier, à partir des propositions qui nous sont parvenues depuis 2006 et après une large discussion à l’échelle planétaire, adoptons la présente Charte Mondiale des Migrants.

Notre ambition est de faire valoir à partir des situations que vivent les migrants dans le monde, le droit pour tous de pouvoir circuler et s’installer librement sur notre planète, et de contribuer à la construction d’un monde sans murs.

Pour cela, nous, personnes migrantes qui avons quitté notre région ou pays, sous la contrainte ou de notre plein gré et vivons de façon permanente ou temporaire dans une autre partie du monde, réunies les 3 et 4 février 2011 sur l’Ile de Gorée au Sénégal,


Nous proclamons,

Parce que nous appartenons à la Terre, toute personne a le droit de pouvoir choisir son lieu de résidence, de rester là où elle vit ou de circuler et de s’installer librement sans contraintes dans n’importe quelle partie de cette Terre.

Toute personne, sans exclusion, a le droit de se déplacer librement de la campagne vers la ville, de la ville vers la campagne, d’une province vers une autre. Toute personne a le droit de pouvoir quitter n’importe quel pays vers un autre et d’y revenir.

Toutes dispositions et mesures de restriction limitant la liberté de circulation et d’installation doivent être abrogées (lois relatives aux visas, laisser-passer, et autorisations, ainsi que toutes autres lois relatives à la liberté de circulation).

Les personnes migrantes du monde entier doivent jouir des mêmes droits que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit et assumer les mêmes responsabilités dans tous les domaines essentiels de la vie économique, politique, culturelle, sociale et éducative. Ils doivent avoir le droit de voter et d’être éligible à tout organe législatif au niveau local, régional et national et d’assumer leurs responsabilités jusqu’à la fin du mandat.

Les personnes migrantes doivent avoir le droit de parler et de partager leur langue maternelle, de développer et faire connaître leurs cultures et leurs coutumes traditionnelles, à l’exception de toute atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes et dans le respect des droits humains. Les personnes migrantes doivent avoir le droit de pratiquer leurs religions et leurs cultes.

Les personnes migrantes doivent jouir du droit d’avoir un commerce là où elles le désirent, de se livrer à l’industrie ou à l’exercice de tout métier ou de toute profession permis au même titre que les citoyens des pays d’accueil et de transit ; cela de façon à leurs permettre d’assumer leur part de responsabilité dans la production des richesses nécessaires au développement et l’épanouissement de tous.

Le travail et la sécurité doivent être assurés à toutes les personnes migrantes. Quiconque travaille doit être libre d’adhérer à un syndicat et/ou d’en fonder avec d’autres personnes. Les personnes migrantes doivent recevoir un salaire égal à travail égal et doivent avoir la possibilité de transférer le fruit de leur travail, les prestations sociales et de jouir de la retraite, sans aucunes restrictions. Tout cela, en contribuant au système de solidarité nécessaire à la société de résidence ou de transit.

L’accès aux prestations des services de banques et d’organismes financiers doit être assuré à toutes les personnes migrantes de la même manière que celui accordé aux nationaux et citoyens des pays d’accueil.

Tout le monde a le droit à la terre, qu’ils soient hommes ou femmes. La terre doit être partagée entre ceux qui y vivent et qui la travaillent. Les restrictions à l’usage et à la propriété foncière imposées pour des raisons d’ordre ethnique, national et/ou sur le genre, doivent être abolies ; cela au profit d’une nouvelle vision d’une relation responsable entre les humains et la terre, et dans le respect des exigences du développement durable.

Les personnes migrantes, au même titre que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit, doivent être égales devant la loi. Nul ne doit être séquestré, emprisonné, déporté ou voir sa liberté restreinte sans que sa cause ait été équitablement et préalablement entendue et défendue dans une langue de son choix.

Les personnes migrantes ont le droit à l’intégrité physique et à ne pas être harcelées, expulsées, persécutées, arrêtées arbitrairement ou tuées en raison de leur statut ou parce qu’elles défendent leurs droits.

Toute loi qui prévoit une discrimination fondée sur l’origine nationale, le genre, la situation matrimoniale et/ou juridique ainsi que sur les convictions doit être abrogée, quelque soit le statut de la personne humaine.

Les droits humains sont inaliénables et indivisibles et doivent être les mêmes pour tous. La loi doit garantir à toutes les personnes migrantes le droit à la liberté d’expression, le droit de s’organiser, le droit à la liberté de réunion ainsi que le droit de publier.

L’accès aux services de soin et à l’assistance sanitaire doit être garanti à toutes personnes migrantes, au même titre que les nationaux et les citoyens des pays d’accueil et de transit, avec une attention particulière aux personnes vulnérables. A toute personne migrante vivant avec un handicap doivent être garantis le droit à la santé, les droits sociaux et culturels.

La loi doit garantir à toute personne migrante le droit de choisir son partenaire, de fonder une famille et de vivre en famille. Le regroupement familial ne peut lui être refusé et on ne peut la séparer ou la maintenir éloignée de ses enfants.

Les femmes, tout particulièrement, doivent être protégées contre toute forme de violence et de trafic. Elles ont le droit de contrôler leur propre corps et de rejeter l’exploitation de celui-ci. Elles doivent jouir d’une protection particulièrement renforcée, notamment en matière de condition de travail, de santé maternelle et infantile, ainsi qu’en cas de changements de leur statut juridique et matrimonial.

Les migrants mineurs doivent être protègés par les lois nationales en matière de protection de l’enfance au même titre que les nationaux et les citoyens de pays de résidence et de transit. Le droit à l’éducation et à l’instruction doit être garanti.

L’accès à l’éducation et à l’instruction, du préscolaire à l’enseignement supérieur, doit être garanti aux personnes migrantes et à leurs enfants. L’instruction doit être gratuite, et égale pour tous les enfants. Les études supérieures et la formation technique doivent être accessibles à tous dans une nouvelle vision du dialogue et du partage des cultures. Dans la vie culturelle, dans les sports et dans l’éducation, toute distinction fondée sur l’origine nationale doit être abolie.

Les personnes migrantes doivent avoir droit au logement. Toute personne doit avoir le droit d’habiter dans l’endroit de son choix, d’être décemment logée et d’avoir accès à la propriété immobilière ainsi que de maintenir sa famille dans le confort et la sécurité au même titre que les nationaux et citoyens de pays d’accueil et de transit.

A toutes personnes migrantes, il faut garantir le droit à une alimentation saine, et suffisante, et le droit à l’accès à l’eau.

Les personnes migrantes ambitionnent d’avoir l’opportunité et la responsabilité, au même titre que les nationaux et les citoyens de pays d’accueil et de transit, de faire face ensemble aux défis actuels (logement, alimentation, santé, épanouissement...).

Nous, personnes migrantes, nous engageons à respecter et promouvoir les valeurs et principes exprimés ci-dessus et à contribuer ainsi à la disparition de tout système d’exploitation ségrégationniste et à l’avènement d’un monde pluriel, responsable et solidaire.



http://www.cmmigrants.org/goree/
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Messagede bipbip » 22 Juil 2015, 14:40

Réfugié-e-s : Combattre le mythe de l’invasion

Les tentatives de démantèlement des campements de réfugiés à La Chapelle et Austerlitz à Paris ont mis la situation de ces migrants en lumière, mais il faut surtout insister sur les responsabilités de l’État et de l’Union européenne et organiser la solidarité. 

Les images des migrants naufragé-e-s en Méditerranée sont révélatrices à la fois de la nature capitaliste et de la crise de l’Union européenne (UE) comme construction politique. En poussant toujours plus loin la libéralisation des échanges et une politique de puissance qui vise à défendre un système économique toujours plus inégalitaire, l’UE est un des acteurs majeurs d’un système capitaliste facteur de déstabilisation des territoires et vecteur de conflits. Par ailleurs, elle a beau jeu de dénoncer des régimes dictatoriaux responsables de guerres et de déplacements massifs de population (Syrie, Soudan, Érythrée) après avoir fermé de longues années les yeux sur leurs agissements criminels quand elle ne les soutenait pas purement et simplement au nom de la Realpolitik.

Les migrants, qui pour la plupart fuient ces dictatures et ces guerres, ne sont pas des envahisseurs, mais des travailleurs et des travailleuses qui cherchent à échapper à la mort, à la prison et à la torture. Ils et elles recherchent ce que n’importe quel ressortissant de l’UE solliciterait en pareil cas : l’asile, c’est-à-dire une protection nécessitant accueil, logement, nourriture, soins et possibilité de travailler. Face à cette situation d’urgence, la réponse de l’UE oscille entre indifférence, répression et improvisation. En France, la politique Valls-Hollande n’est rien d’autre qu’un carburant pour le FN. Elle repose d’abord sur le mensonge qui consiste à faire croire que la France est un pays bien trop généreux, alors même qu’il est un des plus restrictifs en matière d’asile.

L’état, levier du racisme

L’absence de politique d’accueil digne de ce nom et la répression exercée contre les 400 migrants de La Chapelle (Paris XVIIIe) vise à les empêcher de s’organiser et de faire valoir leurs droits, aussi limités soient-ils. Pour les Erythréens et les Soudanais la situation est d’autant plus dure qu’il n’existe pas de diaspora sur laquelle ils et elles peuvent s’appuyer.

Si des propos racistes peuvent être entendus depuis leur arrivée dans les quartiers de La Chapelle et d’Austerlitz (Paris XIIIe), la solidarité de nombre d’habitants et des militants de ces quartiers est bien réelle et ce dans tous les domaines (hébergements, nourriture, vêtements, soins, accompagnement pour les démarches, interposition lors des charges policières, participation aux actions, manifestations). Elle contribue à montrer que la politique de l’État est bien un levier essentiel du racisme qui profite à la réaction et à l’extrême droite. De même, l’auto-organisation des migrants est un formidable camouflet pour ceux (au PS, chez les Républicains comme au FN ) qui les stigmatisent en les représentant comme des assistés et des parasites. Elle bouscule également le paternalisme de la gauche institutionnelle (EELV et Front de gauche) visant plus à mettre en scène ses élu-e-s et à se substituer aux migrants qu’à soutenir une lutte qui doit rester la leur.

Sur ce terrain de l’auto-émancipation ils et elles peuvent depuis le début davantage s’appuyer sur les militants autonomes, de la FA, de la CGA, d’Alternative libertaire, de Solidaires ou du NPA. Solidarité de classe, auto-organisation et bataille idéologique constituent les trois axes incontournables de cette lutte en cours. De leur développement dépend son issue victorieuse.

Laurent Esquerre (AL Paris-Nord-Est)

http://www.alternativelibertaire.org/?R ... e-mythe-de
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Messagede bipbip » 20 Aoû 2015, 14:23

La forteresse Europe prend l’eau !

L’Union Européenne a créé en 2004 une agence « Frontex », afin de sécuriser ses frontières extérieures. En créant cette force armée opérationnelle, depuis octobre 2005, l’U.E. voulait signifier aux habitants de la planète l’impossibilité d’atteindre l’Europe sans y avoir été préalablement admis par le système des visas. Pour essayer d’endiguer les passages de « clandestins », cette agence a vu son budget de fonctionnement augmenter constamment d’année en année. La construction de la forteresse Europe est devenue un énorme marché fort rentable ; le sécuritaire est un bon créneau. Dans le même temps, le nombre de naufrages d’embarcations en Méditerranée n’a fait qu’augmenter, faisant des milliers de morts, mais aussi le nombre de franchissements illégaux des frontières européennes a explosé : 72 400 en 2012, plus de 100 000 en 2013 et … 274 000 en 2014. La forteresse européenne devient de plus en plus une passoire malgré toute la technologie sécuritaire déployée.

... http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1703
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Messagede bipbip » 01 Sep 2015, 00:51

LE MOUVEMENT DES SYRIENS À CALAIS QUESTIONNE LA POLITIQUE DES FRONTIÈRES

« Nous arriverons de toute façon au Royaume-uni pour y demander l’asile, alors pourquoi ne pas nous permettre de franchir légalement la frontière ? » : cette phrase est récurrente dans la bouche des Syriens à Calais, au fil des trois mouvements collectifs qu’ils ont organisés à l’automne 2013, à l’automne 2014 et en ce début d’été.

... https://passeursdhospitalites.wordpress ... rontieres/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Pïérô » 03 Sep 2015, 13:23

Calais : La solidarité signifie lutter contre les frontières.

Traduction d’un texte du collectif Calais Migrant Solidarity sur la lutte contre les frontières...

Au cours des dernières semaines, des milliers de personnes ont relevé la tête face à la misère causée par les frontières. Emparons-nous de cette énergie et faisons lui prendre de l’ampleur pour se transformer en un mouvement de solidarité et de rébellion contre le système des frontières. Abattons les murs.

Nous croyons en la solidarité, pas en la charité. La charité est une relation inégale. Une personne est le donateur actif, l’autre est un bénéficiaire passif. La charité, à Calais, maintient vivante la division entre Européens, puissant, actif, principalement blanc et avec des passeports, et des Africains et des Asiatiques, sans défense, victimes passives, sans papiers. Il contribue également à consolider les profondes inégalités de ce monde d’États, de frontières, de colonialisme et d’exploitation capitaliste.

La solidarité tend à être une relation d’égalité. Nous nous battons les uns aux côtés des autres. Comme le dit la célèbre phrase « votre libération est liée à la mienne ». Bien sûr les frontières affectent certaines personnes plus que d’autres. Mais elles sont un affront à chacun et chacune d’entre nous, et font partie d’un système malade qui nous attaque tous et toutes.

Un million de couvertures ne résoudrons pas les problèmes de Calais. La violence et la pauvreté existant ici sont le résultat direct de l’existence des frontières. Tant que la France et l’Angleterre continueront à utiliser les fils barbelés, la police, les matraques, les gaz lacrymogènes, les médias de la haine et autres armes, pour arrêter les gens qui essaient de traverser la frontière, il y aura de la souffrance. La seule manière de résoudre ce problème est de se rebeller contre la frontière.

Les actions contre la frontière peuvent prendre de nombreuses formes. Toute personne qui traverse la frontière l’affaiblit. Chaque trou dans les barrières la fragilise. Se défendre l’un l’autre face à la violence de la police contribue à la déstabiliser. Partager des informations et des idées contribue à l’endommager. Contester la propagande raciste des médias et diffuser notre vision de la solidarité et de la rébellion contribue à l’ébranler.

La frontière n’est pas seulement ici, à Calais. Les frontières traversent toute l’Europe et pas seulement dans aux points de passage et d’entrée, mais partout il y a des rafles contre les immigrés, des checkpoints, des centres de détention, des centres d’inscription, des contrôles d’identité sur les chantiers ou dans les maisons, des attaques racistes, etc. Beaucoup de gens nous demandent : que pouvons-nous faire ? Notre réponse est : lutter contre les frontières où que vous soyez. Recherchez où sont les lieux de contrôle de papiers près de chez vous. Passez à l’action. Contribuez à créer une culture de la solidarité, un monde où les frontières ne sont pas acceptables. Un monde où personne n’est attaqué-e ou bloqué-e à cause de sa couleur de peau, du pays où il/elle est né-e, ou du morceau de papier qui est dans sa poche.

Nous encourageons tout individu ou groupe d’agir contre les frontières. Nous sommes également intéressés à prendre part à une coordination avec des personnes en France, en Grande-Bretagne et dans le reste de l’Europe, pour mener des actions et des manifestations contre les frontières. Contactez-nous avec des propositions. Et restez à l’écoute des annonces dans les jours à venir.

Calais Migrant Solidarity – 22 août 2015
https://calaismigrantsolidarity.wordpre ... he-border/

https://paris-luttes.info/calais-la-sol ... nifie-3704
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Denis » 03 Sep 2015, 20:47

Pierre Sintès est géographe.
Il enseigne à l’université Aix-Marseille et à l’IEP d’Aix-en-Provence.
Ses travaux de recherche portent principalement sur la Grèce et les pays
des Balkans.

La Grèce et la maladie des frontières européennes

Depuis plusieurs mois, l’Europe fait face à un afflux de population sans précédent qui s’accompagne d’un lot de souffrances et provoque un nombre accru de victimes aux portes de l’Union européenne (UE). Au cœur de cette odyssée, la frontière grécoturque constitue l’obstacle le plus mortifère. Outre la dangerosité du voyage, les sommes à payer aux passeurs et les mauvais traitements subis en chemin, les conditions d’accueil, sont une nouvelle épreuve lorsque ces migrants arrivent sur le sol grec où les autorités avouent être débordées.
Dans les îles de la mer Egée, qui sont désormais les premiers lieux d’arrivée (200 000 des 300 000 migrants ayant traversé la Méditerranée en 2015, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés – HCR), la situation est aujourd’hui à l’urgence. Dans un grand dénuement, les arrivants ne peuvent compter que sur la solidarité des habitants.
Les seuls dispositifs officiels relèvent de véritables bricolages. Sur l’île de Cos, un hôtel désaffecté leur a été temporairement ouvert, tandis que, sur l’île de Lesbos, les familles devaient parcourir jusqu’à 70 kilomètres à pied entre leur lieu d’accostage et le principal port, jusqu’à l’octroi de bus par le HCR aux autorités locales. Dans le petit port de Leros, ce samedi, près de 700 migrants dormaient encore dans la cour de la capitainerie alors qu’un millier avait été évacué vers Athènes le 22 août.
Plus grave encore, le traitement auquel les migrants sont parfois
soumis par les autorités rappelle que le pays a été ces dernières années un lieu où la violence semblait être un élément de gestion des migrations, au point d’avoir contraint certains Etats à suspendre les renvois Dublin [réglementation européenne qui prévoit le renvoi des demandeurs d’asile vers le pays chargé d’examiner leur demande en vertu de la convention de Genève] vers la Grèce. Les réfugiés qui ont fui la guerre ou la misère se heurtent parfois à des policiers casqués et armés de matraques, voire d’extincteurs, comme le 12 août, devant le stade de Cos, où ils venaient enregistrer leur arrivée.

Pourtant, au cours de son histoire récente, la Grèce a reçu de nombreux migrants au point qu’elle aurait pu construire une pragmatique de l’accueil bien différente : dans les dernières décennies, un manque de main-d’œuvre chronique l’avait même rendue attrayante pour une migration de travail, en majorité venue de l’Albanie voisine.
Mais les effets de la crise ont plombé l’économie et les migrants en sont les victimes collatérales, expliquant la faiblesse des moyens mais aussi de volonté politique, malgré le changement de ton notable du gouvernement Syriza à ce sujet.
D’autres éléments plus structurels entrent aussi en compte sur cette
frontière qui voit se superposer différentes logiques. Ici, comme ailleurs en Europe, et malgré la crise humanitaire actuelle, l’usage de la rhétorique nationale n’est jamais loin quand il s’agit de frontière, surtout que les zones du franchissement, au contact de la Turquie et de la république de Macédoine, sont des points de tension géopolitique où le comportement du voisin est toujours considéré avec suspicion.
Mi-août, une vidéo de pêcheurs turcs accusant les gardes-côtes grecs
de couler un bateau de migrants dans leurs eaux territoriales rappelait les contentieux d’une frontière militarisée dont les gardiens n’ontjamais été des enfants de chœur.
Mais cette frontière est à présent aussi celle de l’UE, de l’espace Schengen, de la convention de Dublin ou encore du fichier Eurodac. S’y impose depuis plus d’une décennie la nouvelle figure de l’administrateur Frontex, soucieux d’appliquer les bonnes pratiques du contrôle migratoire.
C’est en conformité avec cette réglementation que le ferry qui transporte aujourd’hui ces migrants vers le continent sert de centre d’enregistrement, et c’est à ce titre que la Grèce s’est vu verser dans l’urgence 30 millions d’euros entre le 15 et le 20 août et semble engagée dans la création prochaine d’un « hotspot » d’accueil des migrants au Pirée.

Ces deux dimensions – militaire et gestionnaire – se sont jusqu’à maintenant conjuguées pour verrouiller la frontière, comme en témoignait bien la construction d’un mur entre la Grèce et la Turquie en 2012. La réalité née des déchirements géopolitiques du Proche-Orient et des conflits menés au nom de la guerre contre le terrorisme révèle aujourd’hui un nouveau visage pour cette frontière, qui semble appelé à prendre le pas sur les précédents : celui d’un lieu de passage pour des individus mobiles, reflets humains d’un monde interdépendant et connecté.
Ces migrants, au-delà de la tragédie particulière qu’ils vivent, signent
un rapport nouveau à l’espace et aux frontières dont témoignent les photos qu’ils postent eux-mêmes sur Internet, leur utilisation des nouvelles technologies pour déterminer les itinéraires et faire circuler
les informations bien au-delà de frontières qui leur barrent la route.
Jusqu’à présent, la réponse apportée par les autorités à leur sort s’est
inscrite dans la perspective de la fermeture, du contrôle, voire du refoulement. Elle a été l’une des causes des nombreux décès et du trafic que les politiques n’ont pourtant cessé de condamner. Elle est devenue intenable face à cette nouvelle réalité.
Rien ne prouve qu’une ouverture raisonnée des frontières créerait
l’appel d’air tant redouté, et la situation actuelle dément bien aujourd’hui l’efficacité d’un emmurement de l’espace européen.
Les gouvernements de l’Europe, par leurs errements à traiter ces
nouveaux flux migratoires, soulignent ce hiatus entre la réalité d’une
implacable mobilité des hommes et une rhétorique diffuse qui continue de se nourrir des représentations rétrogrades de la frontière, au risque d’opposer toujours plus nationaux et migrants sur le sol européen.


https://univ-amu.academia.edu/PierreSint%C3%A8s
Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Banshee » 03 Sep 2015, 23:16

Je ne sais pas si ça a déjà été posté par ailleurs, je n'ai rien vu, donc :

Surtout en leur nom

Publié le 3 septembre 2015

Mise au point par des membres du collectif La Chapelle en lutte sur l’initiative de "solidarité avec les réfugiés" intitulée "Pas en notre nom" qui se déroulera le 5 septembre 2015. Initiative qui est l’œuvre de faussaires et de récupérateurs de droite.


Résumé de la situation : le collectif La Chapelle en Lutte, collectif de soutiens, réfugiés et migrants, occupe le lycée Guillaume Budé à Place des Fêtes. Il a été associé sans consultation en AG au rassemblement de samedi, qui est une opération de communication orchestrée par des journalistes, communiquants, personnalités médiatiques


La suite à lire ici
"Si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde deviendrait végétarien ! ", Paul McCartney
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 11 Nov 2015, 15:59

Entretien

Pietro Basso. « Les émigrations sont toujours des émigrations forcées »

Enseignant-chercheur à l’Université Ca’ Foscari de Venise, Pietro Basso travaille sur les phénomènes migratoires internationaux. Dans la première partie de cet entretien, nous l’interrogeons sur les causes et les caractéristiques de la « crise des migrants » qui secoue actuellement l’Europe, son rapport à la crise systémique du capitalisme et les politiques mises en œuvre au niveau de l’Union Européenne et des différents Etats membres.

Pietro Basso. « Les émigrations sont toujours des émigrations forcées » (partie I)
http://www.revolutionpermanente.fr/Piet ... ns-forcees

Pietro Basso. « Les émigrations sont toujours des émigrations forcées » (partie II)
http://www.revolutionpermanente.fr/Piet ... -partie-II
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 12 Déc 2015, 13:48

Histoire express des migrations en France (Ritimo)

En complément des réponses aux préjugés sur les migrations que nous publions tout au long des semaines à venir en partenariat avec Ritimo, voici une rapide histoire des migrations en France, en complément à l’argumentaire

http://lahorde.samizdat.net/2015/12/12/ ... ce-ritimo/

La France «accueille» des migrants dès le Moyen- âge, pour servir l’armée ou faire tourner les commerces. À partir du 16e siècle, des artistes, comédiens, peintres se joignent aux rangs des artisans, des pêcheurs, des agriculteurs qui arrivent en France. C’est vers la fin du 18e siècle que naît la notion de « nation » et l’idée que la qualité de Français(e) est attribuée à une personne née sur le sol français.

De 1820 à 1914, les révolutions politiques et industrielles alimentent une migration de masse, en provenance des pays voisins. Les besoins de main d’œuvre dans l’agriculture, le textile, dans les mines et dans les industries, en pleine mutation, sont immenses. Les travailleurs immigrés occupent les postes les plus durs et les plus mal payés.

Sous la Troisième République, les immigrés subissent couramment des violences physiques et des lynchages, notamment les Belges et les Italiens. L’État réagit en durcissant les conditions d’embauche et de séjour en France : dès 1888, les travailleurs immigrés doivent demander une autorisation à la mairie pour travailler et être immatriculés par « la feuille de 46 sous », l’ancêtre de la carte de séjour.

Les guerres mondiales sont des occasions de recrutements massifs d’étrangers, pour servir dans les bataillons de la France: Algériens, Indonésiens, Sénégalais, Marocains, Malgaches… participent à l’effort de guerre, parfois sous la contrainte.

Les migrants économiques continuent aussi d’affluer dans l’entre deux guerres : à côté des Belges, des Italiens et des Espagnols, de nouveaux migrants débarquent : Polonais, Turcs, Arméniens, habitants de l’ancienne Autriche- Hongrie… Mais la crise des années 1930 déclenche de nouveau des réactions hostiles à leur égard : la xénophobie revient. L’État réagit par une loi, dès 1932, qui contingente l’emploi pour les étrangers.

En 1939, la France fait de nouveau appel à ses soldats venus des colonies: 120 000 s’engagent pour servir les intérêts de la France. Dans l’après-guerre, une nouvelle vague de migrants construit les Trente Glorieuses. La France manque de main d’œuvre et cherche à renouveler sa population. L’immigration de travail et familiale sont encouragées. Mais à partir de 1974, la France entre en récession. Le gouvernement suspend l’entrée des travailleurs étrangers et met en place des politiques d’aide au retour. Les thèses xénophobes réapparaissent et les étrangers portent le chapeau d’un chômage qui s’installe durablement. Parallèlement, le nombre de demandeurs d’asile augmente massivement: des Boat people arrivent du Vietnam, du Cambodge, du Laos. Mais le statut de réfugié est de plus en plus difficile à obtenir et beaucoup de ces gens persécutés dans leur pays viennent grossir les rangs de sans-papiers en France.

Depuis les années 1980, l’immigration est devenue un sujet politique majeur en France. Dans un contexte de crise économique, conjuguée à la montée des discours anti-immigration comme ceux du Front National, les gouvernements, de gauche comme de droite, ont mis en place des mesures législatives et policières pour contrôler les migrations. Malgré quelques opérations de régularisations massives, la France a progressivement durci les conditions d’entrée et de séjour sur son territoire. Ces lois dissuasives n’empêchent pourtant pas les migrants de tenter leur chance vers l’eldorado européen. Quoiqu’on en pense, l’immigration fait partie de notre histoire. Par sa force de travail, sa force de combat, par ses apports historiques, sociaux, culturels, par sa jeunesse…, l’immigration a considérablement enrichi la France d’hier, d’aujourd’hui et reste une gageure pour la société de demain.

Aujourd’hui, non seulement il n’y a pas trop d’immigrés, mais les flux ne doivent pas se tarir car notre société ne peut pas se passer de toutes les richesses apportées par les migrants : leurs apports économiques, sociaux et culturels, ainsi que leur population rajeunie nous sont bien trop précieux.


Source : Deux siècles d’histoire de l’immigration en France http://www.histoire-immigration.fr/hist ... on/le-film, film réalisé par des historiens de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, juillet 2006.

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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 20 Déc 2015, 19:59

Répondre aux préjugés #2 : « C’est l’invasion ! »

« C’est l’invasion ! »

Influencée par les discours politiques et médiatiques, Francette pense que le phé- nomène de l’immigration s’est considérablement amplifié et qu’il est devenu un problème, voire un danger : « Le problème avec l’immigration, c’est le nombre. Avant, le taux était raisonnable. Rien à voir avec l’invasion des migrants qu’on connaît actuellement ! ». Cette nostalgie du « bon vieux temps », où le taux de migration était raisonnable et « l’intégration » des migrants possible, n’est basée sur aucun argument tangible : la proportion d’étrangers en France est quasiment stable depuis 80 ans !

Les chiffres de l’«invasion»

En 2013, on comptabilise 7,4 millions d’immigrés présents sur le territoire français soit 11,6 % de la population (Migrations internationales 2013, Nations Unies.). Avec ce taux d’immigration, la France se classe au septième rang mondial, derrière les États-Unis (45,8 millions), la Russie (11 millions), l’Allemagne (9,8 millions), l’Arabie saoudite (9,1 millions), les Émirats arabes unis (7,8 millions) et le Royaume-Uni (7,8 millions).

Une personne née en Suisse et qui a obtenu la nationalité française fait partie des 2,7 millions d’immigrés français (c’est 4,1% de la population qui vit en France). Elle est Française ET immigrée. Une autre personne, de nationalité algérienne, qui vit en France depuis 40 ans est une immi- grée étrangère, comme 4 millions d’autres personnes en France. Cela représente 6,1 % de la population. Dans le « bon vieux temps » des nostalgiques d’une immigration maîtrisée, les immigrés étrangers représentaient 6 % en 1926 et 6,3 % en 1990. CQFD : la proportion d’étrangers en France est constante depuis belle lurette !

La peur du clandestin

L’autre sujet qui focalise les peurs est l’immigration clandestine. Les images de pirogues surchargées de passagers, les naufrages de ces embarcations de fortune en pleine mer que véhiculent nos médias donnent l’impression que des flots de clandestins tentent régulièrement de débarquer sur les côtes européennes. Au-delà de l’émotion que ces drames suscitent, ces images alimentent une peur panique de l’invasion. Même si elle reste difficile à mesurer, l’immigration clandestine est estimée en France, par les gouvernements, de droite comme de gauche, comprise entre 200 000 et 400 000 personnes. Soit… au maximum 0,6% de la population française.

La France n’est pas davantage « envahie » par les migrants d’Afrique subsaharienne, qui ne représentaient en 2004 que 12% des migrants, alors que 35% d’étrangers venaient de l’Union européenne, 31% du Maghreb et 17% d’Asie (Enquêtes annuelles du recensement de l’INSEE, 2004 et 2005.).

In fine, de quoi devrait-on avoir peur ? De voir débarquer chez nous quelques dizaines de milliers de clandestins par an? Ou de voir s’étendre un «cimetière marin» parce que la fermeture des frontières de l’Union européenne oblige les clandestins à choisir, au péril de leur vie, des routes toujours plus dangereuses pour rejoindre l’Europe ?

La libre circulation, ce n’est pas pour tout le monde ?

Pas vraiment… Alors que l’homme d’affaires européen ou états-unien peut voyager, travailler ou s’installer en famille à n’importe quel endroit du globe, la femme qui récolte le coton au Burkina Faso ou l’instituteur en Répu- blique dominicaine ne peuvent se déplacer que dans un périmètre très réduit, parce qu’ils n’ont pas les moyens de voyager ou que les pays riches ne veulent pas d’eux. De nombreux pays ferment leurs frontières à certaines nationalités et exigent des visas d’entrée, très difficiles à obtenir.
Comment justifier et accepter qu’une toute petite partie de la population puisse circuler et s’installer partout dans le monde, cependant qu’une autre, parce qu’elle n’est pas née du bon côté de l’hémisphère, est assignée à résidence ? Restreindre le droit de circulation de certaines personnes est d’autant plus incohérent que, par ailleurs, les marchandises et les capitaux circulent librement…

Une culture fermée, ça gangrène…

Si la France avait verrouillé ses frontières depuis cinq siècles, la « culture française » n’aurait pas été si dynamique et cosmopolite. Le musicien Jean-Baptiste Lully d’origine italienne, le pianiste Chopin d’origine polonaise, le peintre espagnol Pablo Picasso ou l’architecte Le Corbusier d’origine suisse, ont influencé à leur manière la culture française à un moment donné de l’histoire, et il y en a bien d’autres. Sans les apports culturels venus de l’extérieur, nous n’aurions jamais découvert certains rythmes musicaux comme la bossa nova brésilienne, le ska originaire de Jamaïque ; la salsa latino-américaine ou le coupé-décalé des communautés ivoiriennes vivant en France… Le « rap français » n’aurait pas eu les mêmes représentants (actuellement originaires du Congo, du Cap Vert, d’Haïti, du Maroc, du Cameroun, des Comores…) et pas les mêmes centres d’intérêts (préoccupations des jeunes issus de l’immigration ou des migrants, question de l’identité et des origines). Sans l’influence de la culture maghrébine en France : pas de couscous (troisième plat préféré des Français), pas de hammam, pas de cours de danse orientale… Notre langue ne se serait pas enrichie des mots kifkif, babouche, taboulé, abricot, bougie, massage… Une culture vivante est façonnée par ceux qui l’habitent et se renouvelle en permanence. Elle permet d’avoir des modes de vie et des façons de se divertir riches et variés.

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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Pïérô » 23 Déc 2015, 22:35

Histoire de l'immigration partie 1





Histoire de l'immigration partie 2





Histoire de l'immigration partie 3

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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 26 Déc 2015, 14:17

Répondre aux préjugés #3 : « C’est si facile de venir en France… »

« C’est si facile de venir en France… »

Pour tante Francette et bien d’autres, la France serait devenue une véritable passoire, incapable de contrôler ses frontières. Tout le monde aurait la possibilité de venir en France et de s’y installer. D’ailleurs Francette le dit elle-même : « Il suffit à un étranger de venir en touriste ou sous le prétexte d’étudier pour rester chez nous toute sa vie… ». Étrange perception… quand ce pays s’évertue jusqu’à aujourd’hui à limiter toute forme d’immigration et qu’il donne des consignes à ses administrations pour dissuader les migrants de venir sur son territoire.

Toujours plus de lois pour limiter l’immigration

Depuis l’ordonnance du 2 novembre 1945, et plus encore ces dernières années, les gouvernements français modifient en permanence les lois qui régissent l’entrée et le séjour des étrangers et le droit d’asile. Sous couvert de lutter contre l’immigration clandestine, il s’agit en vérité de réduire le nombre d’immigrés, en limitant l’accès au séjour légal des étrangers qui construisent leur vie en France. Dans un contexte de crise économique et sociétale, les gouvernants, incapables d’apporter des solutions aux problèmes rencontrés par les citoyens, utilisent l’incertitude et la peur pour asseoir leur autorité en désignant des coupables.
Cette tendance ne s’observe pas seulement en France: depuis les années 2000, les gouvernements européens essaient d’avoir des règles communes en matière d’inté-gration des immigrés réguliers, de protection des demandeurs d’asile et de gestion des frontières. Mais au lieu de construire une politique européenne d’intégration, les gouvernements se sont attachés, jusqu’à aujourd’hui, à réduire toutes les formes d’immigration, y compris légales (les travailleurs, les réfugiés, les malades, les étudiants, les candidats au regroupement familial…). Ils dépensent d’ailleurs des fortunes pour éloigner les étrangers en situation irrégulière, en utilisant des moyens réellement inhumains: allongement de la durée de rétention des étrangers, expulsions par charters, souvent vers un autre pays que celui d’origine, interdiction de revenir sur le territoire européen pendant cinq ans, fichage de tous ceux qui franchissent les frontières… Une situation qui pourrait perdurer, malgré de modestes annonces d’assouplissement dans la gestion des migrations par l’actuel gouvernement (annonces de régularisations sur des critères plus transparents, de la création d’un nouveau titre de séjour de trois ans ou encore de l’interdiction de placer des familles en centre de rétention).

Côtoyer les administrations françaises: entre casse-tête et peur au ventre

À ce jour, l’étranger qui souhaite régulariser sa situation entame un parcours du combattant. Pour demander un titre de séjour, il faut d’abord déposer sa demande à la préfecture ou dans un commissariat de police. Ceci signifie des heures d’attente interminable devant les administrations: si le demandeur n’a pas dormi sur place ou campé depuis 4 heures du matin, il risque, après 4 ou 5 heures d’attente, d’être «invité à revenir» une autre fois. Il peut ensuite attendre 6 mois ou un an avant qu’il ne soit convoqué par la préfecture de son département avec tous ses justificatifs. La constitution du dossier est un vrai casse-tête, les préfectures exigeant toujours plus de pièces, compliquées à obtenir. Pour le titre de séjour des 10 ans de présence en France, l’administration demande au moins deux preuves par an soit vingt documents au total. Mais pas n’importe lesquels: les attestations délivrées par des personnes soupçonnées de complaisance ne sont pas acceptées.
Quand le demandeur a enfin réuni toutes les preuves et que le rendez-vous à la préfecture arrive, il doit encore patienter de longues heures, la peur au ventre: car ce sont les agents qui décident d’accorder ou non le droit au séjour, selon des critères assez opaques. Les mêmes obstacles se présentent chaque année lorsque le deman- deur renouvelle son titre de séjour, l’attente devant les préfectures étant accentuée par l’angoisse de ne pas savoir s’il obtiendra le renouvellement du précieux sésame…

Quand on a un jour traité avec ses administrations, on ne peut plus dire qu’il est facile de s’installer en France !

L’asile, un droit bafoué

Quand un étranger quitte son pays pour des raisons politiques, qu’il craint des persécutions ou même la mort à cause de ses opinions ou de ses activités, il peut demander le statut de réfugié dans le pays d’accueil. Ce statut lui ouvre normalement des droits spécifiques (allocation, hébergement, droits sociaux). Encadré par la Convention de Genève (1951) qui défend et protège les persécutés, le droit d’asile est un droit inaliénable. Mais depuis une vingtaine d’années, les gouvernants font tout pour le malmener. La France est le quatrième pays d’accueil de demandeurs d’asile en Europe. Sur les 64 000 demandes enregistrées en 2014, elle n’a accordé le statut de réfugié ou de protection internationale qu’à 22% d’entre eux1. C’est moins que son voisin allemand ou que les pays nordiques.

Dans la pratique, la suspicion est devenue la règle et doit permettre de reconnaître le « fraudeur », c’est-à-dire celui qui vient pour des raisons économiques. Le candidat doit remplir un formulaire de 16 pages, en un temps réduit (21 jours) et fournir des arguments très construits, en français, pour motiver sa demande. Sans quoi celle-ci ne débouche même pas sur un entretien oral. Les agents ont pour consigne de chercher les contradictions et les imprécisions dans le récit des demandeurs pour les discréditer. Si la première demande est refusée, un recours est possible mais celui-ci nécessite des frais pour s’assurer la présence d’un avocat, sans lequel il n’a aucune chance d’obtenir l’annulation du rejet.

Au lieu de sélectionner les candidats par rapport aux menaces qui pèsent sur eux dans leur pays d’origine, on assiste donc à une sélection par le niveau d’instruction. Autre difficulté : le temps d’attente. En 2011, la durée moyen- ne du délai d’instruction des dossiers est de 19 mois. La loi relative à la réforme du droit d’asile (juillet 2015) a abaissé ce délai à 9 mois. Un délai qui reste long, surtout que les candidats ne sont pas autorisés à travailler pendant ce temps-là et que les dispositifs d’hébergement sont mis à mal par les capacités insuffisantes des centres d’accueil. Peut-on encore parler de «droit» d’asile?

http://lahorde.samizdat.net/2015/12/24/ ... en-france/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Pïérô » 30 Déc 2015, 22:19

Deux articles intéressants pour notre rapport à la question

Demandeurs d’asile ou sans-papiers ?
Dans le dernier numéro du journal La voix des sans-papiers, Demba et Sissoko, membres de la Coordination 75 des sans-papiers reviennent sur l’organisation de la lutte des « réfugiés de la Chapelle », ses limites, la distinction "réfugié.e" / "migrant.e" et les possibilités de lutte autonome.
... https://paris-luttes.info/demandeurs-d- ... piers-3761

Pourquoi je n’userai pas du terme "réfugié"
Il faut vraiment qu’on arrête de se faire embobiner par ceux qui usent d’une terminologie à des fins politiques [1] : on a entendu plusieurs politiciens (de droite principalement) réaffirmer le terme "réfugié" en lieu et place de celui de "migrant", qui lui était préféré par ceux et celles qui luttent contre les politiques migratoires ces dernières années.
... https://paris-luttes.info/pourquoi-je-n ... terme-3770
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Pïérô » 05 Jan 2016, 10:08

Paris, vendredi 8 janvier 2016

Projection rencontre

« Et NOus JEtterOns la MER derrière VOus »

Un film de Noémi Aubry, Clément Juillard, Anouck Mangeat, Jeanne Gomas

à 20h30, Centre d'Animation Mercoeur, 4 Rue Mercoeur, Paris 11e

Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l'Asie centrale, on jette de l'eau derrière celui qui s'en va pour qu'il revienne en bonne santé. On les appelle, migrants, kaçak, metanastes alors qu'ils sont Aziz,Sidiqi,Housine,Younes. Nous traversons avec eux ces villes non-lieux et ces zones frontières, grandes comme des pays entiers. Du foyer au chaos de la Grèce en crise, en passant par les rues d'Istanbul. En filigrane de leur voyage, les rêves, les espoirs qu'ils portent. Il n'en est qu'à son début, et ne trouvera peut-être jamais de fin. C'est l'histoire d'une Europe, de ses réalités, de ses frontières et de ses polices. C'est une histoire d'exil. Comment se raconter, dire son voyage, quand il s'agit de sa vie. Le film est cette rencontre, un voyage croisé qui permettrait la parole. A l'instar d'une frontière, de la langue, des statuts, des lieux possibles pour se voir, on se croise et on s'arrête. Un autre voyage commence alors. Et c'est l'eau de toutes les mers traversées que nous jetons derrière leurs pas.

Suivi d'une rencontre-débat en présence d'au moins un des réalisateurs-trices

…et de la traditionnelle auberge espagnole pour partager ensemble nos petits plats et boissons.


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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 15 Jan 2016, 13:19

Samedi 16 janvier 2016 à Thorigné-Fouillard (35)

[Ciné débat] Migrant, L'escale

L'Escale de Kaveh Bakhtiari, documentaire, 1oo min., sortie le 27 novembre 2013, présenté au festival de Cannes 2013.

Synopsis : A Athènes, le modeste appartement d'Amir, un immigré iranien, est devenu un lieu de transit pour des migrants qui, comme lui, ont fait le choix de quitter leur pays. Mais la Grèce n'est qu'une escale, tous espèrent rejoindre d'autres pays occidentaux. Ils se retrouvent donc coincés là, chez Amir, dans l'attente de papiers, de contacts et du passeur à qui ils confieront peut-être leur destin...

Sélectionné à La Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2013, L'ESCALE est l'histoire d'une rencontre. Celle de son réalisateur, Kaveh Bakhtiari, cinéaste Irano Suisse, avec son cousin et ses compagnons de route. Des clandestins confinés à Athènes où ils ont échoués après que leurs passeurs les aient laissés en plan, ils se terrent dans un sous-sol en cherchant fébrilement le moyen de poursuivre leur odyssée vers d'autres pays Occidentaux.

C'est aussi l'histoire des retrouvailles de deux cousins que tout sépare et tout unit. Alors que le premier est invité par un festival grec pour présenter son récent court-métrage, le second manque de se noyer en tentant de gagner l'île de Samos, avant de se faire pincer à la frontière grecque et condamner à trois mois de prison pour immigration illégale.

L'ESCALE est une immersion dans l'univers de la clandestinité où s'entremêlent l'espoir, la solidarité, la peur, les rires, le courage et la dure confrontation à la réalité d'un monde toujours plus hérissé de murs. L'étiquette de «criminels» qui leur colle à la peau depuis leur entrée dans l'espace Schengen les blesse et les humilie. Pour eux, pas de première ou de deuxième classe, seulement la classe «illégaux».

«Le thème de L'ESCALE est celui des ‹désillusions› . C'est un film sur des gens qui essaient de s'extraire de leur condition et d'avoir prise sur leur destin» explique Kaveh Bakhtiati, précisant encore: «Jamais je n'aurais imaginé, avant de partager leur quotidien, à quel point ils étaient plus courageux et entreprenants que je ne l'avais jamais été. Il y une force contagieuse en eux, qu'on retrouve dans les yeux des survivants ou des miraculées».

La projection sera suivie d'un débat animé par le MRAP 35.

à 17 h Auditorium Médiathèque Alfred Jarry Place de l'Europe à Thorigné-Fouillard

+ expo photo-poésie "Etre au monde" d'Annemarie Sarlin-Rush du 9 au 23 janvier.


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