La grève est-elle défaite ?

Re: La grève est-elle défaite ?

Messagede bipbip » 16 Sep 2017, 18:39

Service minimum

La SNCF va-t-elle tuer le droit de grève ?

La direction de la SNCF semble profiter du vent en poupe qu’ont les patrons avec les réformes du gouvernement Macron-Medef, pour s’attaquer violemment au droit de grève des cheminots.

La direction SNCF veut étendre la loi du service minimum à presque tous les cheminots

La loi du service minimum, adoptée par le gouvernement Sarkozy en 2007, impose aux cheminots de certains métiers comme la conduite, les agents d’accompagnement des trains et les agents travaillant dans les postes d’aiguillage, de se déclarer en grève minimum 48h en avance. Cette loi impose également le fait de devoir déclarer avec 24h d’avance que l’on cesse d’être gréviste. Avec cette loi dite « du service minimum », la direction de la SNCF, avec la complicité du gouvernement Sarkozy, s’est attaquée au droit de grève des cheminots. L’objectif recherché est clair : diminuer considérablement l’impact que peuvent avoir les grèves dans ce secteur stratégique qui est le transport ferroviaire.

... http://www.revolutionpermanente.fr/La-S ... t-de-greve


La direction s'attaque au droit de grève

Il en est du droit de grève comme des retraites et d’autres sujets : les patrons n’en n’ont jamais fini de remettre en cause les droits que les travailleurs et les travailleuses avaient conquis ! En 2004, la direction SNCF avait enfoncé un premier coin, en obtenant la signature de toutes les fédérations syndicales, hormis SUD-Rail et FO, sur un texte visant à « prévenir les conflits sociaux »… Trois ans plus tard, était mise en œuvre la loi de 2007, dont le caractère antigrève a été renforcé à plusieurs reprises depuis. L’obligation de déposer des Déclarations Individuelles d’Intention de faire grève est un outil dont les patrons se sont dotés pour combattre nos actions. 31 500 cheminots et cheminotes sont actuellement astreints cette déclaration ; la direction a décidé de modifier la règle à compter du 1er octobre : nous serons désormais 59 000 à y être soumis.
N’attendons pas ! Dès maintenant, dans le cadre du mouvement interprofessionnel du 12, défendons notre droit de grève en l’utilisant !

http://leraildechaine.org/post/16519844 ... roit-de-grève
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Re: La grève est-elle défaite ?

Messagede Pïérô » 22 Sep 2017, 12:08

Stéphane Sirot : « Les syndicats devraient reconsidérer les vertus des grèves reconductibles »

À la veille de la présentation des ordonnances, les syndicats opposés à la réforme du code du travail ont manifesté et appelé à la grève. Ces mobilisations traditionnelles sont-elles encore efficaces ? L’éclairage de Stéphane Sirot, historien du mouvement ouvrier.

Professeur d’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy- Pontoise, chercheur associé du Cevipof, Stéphane Sirot a notamment écrit Le syndicalisme, la politique et la grève. France et Europe, XIXe-XXIe siècles, Arbre bleu éditions, 2011.

Regards. Après 1936 et 1968, la France est le pays de la grève générale, mais en pratique, depuis 1995, on évalue le rapport de forces dans la rue, en comptant le nombre de manifestants… La manifestation a-t-elle remplacé la grève comme forme de mobilisation principale ?

Stéphane Sirot.
Dans une certaine mesure seulement. À l’échelle locale, la grève reste une pratique répandue pour exprimer un mécontentement dans une entreprise, pour protester contre des mauvaises conditions de travail ou contre une fermeture de site. On en voit même dans la nouvelle économie numérique, voire dans l’économie ubérisée, avec la grève des livreurs de Deliveroo par exemple. C’est quelque chose que les statistiques administratives, qui indiquent un effondrement du nombre de jours de grève en France depuis le dernier quart de siècle en particulier, ne reflètent pas, puisque l’arrêt de travail prend de plus en plus la forme de débrayages de courte durée.

« Le recentrage de la CGT sous Viannet puis, surtout, Thibault, est allé de pair avec une dépolitisation. »

En revanche, au plan national, la grève a perdu de son impact ?


Il est vrai qu’à l’échelle nationale, sur les questions interprofessionnelles et politiques plus larges, les manifestations sont devenues l’outil de contestation privilégié au détriment de la grève. D’abord parce que pour les salariés, il peut être plus facile et moins coûteux de prendre une RTT ou un jour de congé pour aller manifester plutôt que de s’engager dans une journée de grève. Et pour les intérimaires et les autoentrepreneurs – de plus en plus nombreux mais peu organisés, voire isolés – la grève est une pratique plus complexe à investir.

D’autres facteurs expliquent-ils ce déclin ?

L’instauration par Sarkozy du service minimum a notamment réduit les capacités de nuisance des grèves dans les transports publics. Mais le déclin de la grève traditionnelle s’explique aussi par l’évolution des stratégies des directions syndicales, qui ont plutôt tendance, depuis trente ans, à délaisser les pratiques radicales de grèves reconductibles au profit de "journées d’action saute-mouton".

Mais elles sont forcément moins efficaces !

Bien sûr. C’est symptomatique du recentrage du syndicalisme depuis quarante ans. La CFDT s’est placée depuis 1977 sur les rails de la négociation collective avec Edmond Maire, mais à partir des années 1990 la direction de la CGT a elle aussi commencé à prendre des distances avec les pratiques de luttes pour leur préférer le "dialogue social" avec les "partenaires" du patronat et de l’État… Ce recentrage sous Viannet puis, surtout, Thibault, est allé de pair avec une dépolitisation. Celle-ci s’est traduite à la fois par une recherche d’autonomie de la CGT vis-à-vis du Parti communiste et par une volonté de ne pas apparaître comme "idéologique", quitte donc, à ne plus penser la société et les alternatives.

« Pendant les Trente glorieuses, la grève était l’élément déclencheur de la négociation. Désormais, l’État mise sur le pourrissement et l’épuisement. »

Le syndicalisme, en se transformant, s’est-il éloigné de la rue et rapproché du pouvoir ?


Oui, car dans le même temps, on a logiquement observé une tendance à la professionnalisation, le syndicalisme devenant une étape dans une carrière, comme l’illustre le parcours de Stéphane Lardy, ex-cadre de FO devenu directeur adjoint du cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Ce qui explique sans doute en partie la décision de la direction de FO de ne pas appeler à la grève…

Par le passé, les manifestations de droite comme de gauche ont eu raison, entre autres, de la loi Savary sur l’école publique en 1984, de la réforme des universités de Devaquet en 1986, de la réforme des retraites de Juppé en 1995, du CPE en 2006… Puis les mobilisations massives contre la réforme des retraites de Sarkozy en 2010 comme celles contre la loi El Khomri en 2016 échouent, de même que La manif pour Tous contre le mariage homosexuel. Que s’est-il passé ?

La rupture remonte à 2003 et la fameuse phrase du premier ministre Raffarin « Ce n’est pas la rue qui gouverne ». Les manifestations contre la réforme des retraites sont alors les plus importantes qu’on ait vues depuis 1995. Le fait qu’elles n’aient finalement pas débouché sur la réouverture des discussions est révélateur du dérèglement de ce que j’appelle la "régulation conflictuelle" des rapports sociaux : pendant les Trente glorieuses, la grève était l’élément déclencheur de la négociation. Désormais, l’État mise sur le pourrissement et l’épuisement. Sachant que l’opinion publique a toujours majoritairement soutenu les manifestations depuis 1995, le gouvernement cherche à déligitimer les mouvements, notamment en instrumentalisant les violences venues pour l’essentiel de l’extérieur de ces mouvements.

« Les syndicats ne doivent plus avoir peur de produire de l’utopie, sinon le patronat est le seul fournisseur d’utopie ! »

Macron a dit mardi que « La démocratie ce n’est pas la rue ». Une manière de s’affirmer comme seul détenteur de la légitimité, alors qu’il a été élu par 43,6% des électeurs inscrits, dont 16% seulement ont affirmé le choisir pour son programme…


Il cherche en effet à jouer sur la confusion entre légalité et légitimité. Il a certes légalement reçu son mandat présidentiel, mais chaque citoyen est légitime à chaque instant pour contester sa politique, c’est dans la Déclaration des droits de l’homme ! Le problème est qu’une partie des dirigeants syndicaux eux-mêmes ont fini par accepter cette idée de leur illégimité pour peser une fois l’élection passée ou la loi votée. Il y a vraiment une domestication du temps social par le temps politique.

D’où des formes de capitulation par avance ?

On l’a vu en 2010 : malgré les mobilisations massives, tous les leaders syndicaux ont dit que, une fois le processus parlementaire achevé, il fallait le respecter. C’est là encore le produit de leur distanciation avec les mouvements sociaux alors que, historiquement, ils avaient toujours tiré leur légitimité de leur capacité à mobiliser et à constituer ainsi une sorte de contre-démocratie opposable à la démocratie représentative libérale. La loi de 2008 sur la représentativité a au contraire contribué à ancrer l’idée que leur légitimité provenait uniquement des résultats des élections professionnelles.

Les syndicats ont ainsi abandonné de leur propre pouvoir ?

Vu le bilan quasi nul de ce syndicalisme de lobbying, incapable de résister aux offensives en cascade contre l’État social depuis 2003, les syndicats feraient bien de reconsidérer les vertus des grèves reconductibles et surtout de refaire de la politique… Le fait que des petites fédérations comme la CGT info’com ou la CGT Goodyear rejoignent le collectif "Front social" [1], qui cherche à dissoudre cette césure entre lutte sociale et lutte politique contre Macron, va dans le bon sens, même si c’est encore marginal. Les syndicats ne doivent plus avoir peur de produire de l’utopie, sinon le patronat est le seul fournisseur d’utopie ! Qu’est-ce que la loi Macron, si ce n’est l’utopie des patrons d’il y a quarante ans ?


Notes

[1] Cette coordination horizontale qui s’est constituée en février dernier après l’abandon de la lutte contre la loi Travail, réunit environ 70 organisations issues du syndicalisme protestataire, d’associations de défense des réfugiés ou de lutte contre les violences policières, parmi lesquelles la CGT info’com, la CGT Goodyear, la CGT énergie-Paris, la fédération Sud commerce, les associations Droit devant, Urgence notre police assassine ou encore certaines fédérations locales de l’Unef.


http://www.regards.fr/web/article/steph ... des-greves
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Re: La grève est-elle défaite ?

Messagede bipbip » 28 Oct 2017, 19:47

SNCF condamnée pour avoir détourné le droit de grève

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https://www.solidaires.org/SNCF-condamn ... t-de-greve
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Re: La grève est-elle défaite ?

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 18:32

La grève... pourquoi, comment ?

Quelle modalité de grève pour le monde enseignant ?

Le texte qui suit n’est pas une injonction à suivre une manière de faire la grève mais une invitation à la réflexion sur une manière possible de faire grève. Il s’agit donc d’en discuter avec des camarades de luttes et pourquoi pas de les confronter à la réalité.

La grève, un moyen de lutte interprofessionnelle ?

Le but de la grève est selon moi double : cesser la production pour limiter les revenus des propriétaires, des patrons et créer un moment où de prise des moyens de production par les travailleurs. Si le premier but me semble plus facile dans des secteurs marchands – rentables -, il me paraît plus difficile à atteindre dans les secteurs non marchands comme l’éducation où la richesse créée se calcule plus difficilement et surtout où le produit – l’éducation – n’est pas réellement vendu mais plutôt offert en tant que service public (1). Dès lors, dans le monde enseignant, il me semble intéressant de coupler fréquemment les deux buts de la grève, c’est-à-dire arrêter de produire pour notre patron (l’Éducation nationale) et prendre les moyens de production (c’est-à-dire produire pour nous-mêmes).

Produire pour nous-mêmes : vers une éducation émancipatrice/émancipée ?

Arrêter de travailler pour travailler peut sembler dans un premier temps paradoxal. Mais il s’agit ici d’arrêter de travailler pour notre hiérarchie et de travailler pour nous-mêmes, pour nos élèves et pour la société. Comment cela peut-il se mettre en place ? Plusieurs façons s’offrent à nous, modalités déjà pratiquées par certains mais que le temps libéré pourrait permettre de généraliser.

Premièrement, il peut s’agir d’un partage de pratiques qui pourrait se faire en atelier en fonction de thématiques décidées collectivement (pédagogique, didactiques...etc ) ou selon les disciplines (en se regroupant par discipline ou par couple de discipline), l’un des choix n’excluant pas l’autre. A partir de ce partage, la réflexion s’ouvre et l’expérience des uns peut venir compléter celle des autres.

Deuxièmement, il peut s’agir de moment d’éducation pour nous-mêmes, enseignants. Nous pouvons profiter de ces journées sans travail à fournir dans nos établissements pour nous former. Comme auparavant, les thématiques peuvent être décidées collectivement le jour-même ou proposées auparavant pour avoir une plus grande latitude d’organisation. Il me semble nécessaire de cadrer ses thématiques pour rester dans des thèmes « utiles » à nos activités syndicales et pédagogiques. En effet, relier le syndicalisme et la pédagogique me semble ici très important. Pour mettre en place de ce genre de pratiques, piocher dans la boite à outil de l’éducation populaire me semble intéressant (arpentage, enquête conscientisante, débats mouvants, entraînement mental...etc) (2 et 3).

Dernièrement, il peut s’agir d’un moment d’éducation pour les mouvements sociaux, les camarades syndicalistes et d’autres collègues. Il ne s’agit pas ici de se mettre dans une posture avant gardiste, une posture de savoir face à l’ignorance mais plutôt dans une recherche partagée d’émancipation partagée par le développement d’atelier sur différentes thématiques d’actualité et théoriques4. Par ce biais, il est possible de montrer que les différentes problématiques touchant une diversité de secteur font système et sont liées. Cependant, cette modalité n’aurait pas vocation à remplacer les assemblées générales, temps important de discussion et d’apprentissage mais plutôt à être un temps complémentaire. Ici encore, les outils de l’éducation populaire ou de la pédagogie critique (Freire, Pereira) semblent importants pour mettre en œuvre cette modalité de grève (notamment les pratiques de conscientisation ou de lecture collective).

Erwin

1. Je pense toutefois que la grève « simple », c’est-à-dire la grève comme moment de cessation de production est plus efficace et productrice d’effet lorsqu’elle est locale. Néanmoins, il s’agit ici d’un simple avis et non d’une causalité statistique.

2. Le cœur du texte n’étant pas de parler de ces pratiques, elles ne sont pas expliquées ici. Mais on retrouve de nombreuses informations sur le site du collectif de la trouvaille et des différentes SCOP d’éducation populaire du réseau La Grenaille.

3. La pratique de la recherche-action me semble intéressante mais plus difficile à mettre en place puisqu’il s’agit d’une pratique de plus long terme. Cela me paraît néanmoins une pratique nécessaire.

4. L’exemple des ateliers construits lors des occupations de facultés me semble être un modèle intéressant à suivre.


https://www.questionsdeclasses.org/?La- ... oi-comment
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Re: La grève est-elle défaite ?

Messagede bipbip » 16 Juil 2018, 20:25

Le service minimum à la Poste, une atteinte au droit de grève ?

Un projet de loi instaurant un service minimum à La Poste est prévu d’ici janvier 2019. Avec leurs collègues des Hauts-de-Seine, les postiers des 4e et 14e arrondissements de Marseille s’y opposent.

Déjà transformée en société anonyme en 2010, la Poste est la cible d’un projet de loi sur le service minimum. Présenté par Christine Lavarde, sénatrice LR des Hauts-de-Seine, elle prévoit notamment d’embaucher des CDD et intérimaires à la place des salariés grévistes. Le projet de loi, que La Marseillaise s’est procuré, affirme vouloir une « juste conciliation du droit de grève et de la continuité du service public ». Sous couvert de l’intérêt général, le projet veut encadrer les « conséquences négatives du droit de grève » à La Poste. La sénatrice s’appuie notamment sur la décision du 7 juillet 1950 du Conseil d’État, permettant « d’éviter un usage abusif ou contraire aux nécessités de l’ordre public » du droit de grève.

C’est par la création d’un service minimum, que le droit de grève des postiers serait ainsi limité. Organisation syndicale et direction « doivent, avant le 1er janvier 2019, engager des négociations en vue de la signature d’un accord-cadre établissant les modalités d’exercice de la grève ». Dans le cadre de cet accord, les syndicats devront notamment notifier à l’employeur la durée du préavis de grève et ses motifs afin d’engager par la suite des négociations dans un délai de moins de 8 jours.

Pour Yann Remblé, représentant du personnel SUDPTT 13, « il est hors de question qu’on signe ce genre d’accord qui prévoit d’encadrer le droit de grève dont seul le salarié est détenteur ». Le projet de loi ne stipule pas d’alternative en cas d’absence de signature.

Avec ce projet de loi, la direction de La Poste pourra également recourir à « des embauches en contrat de travail temporaire ou à durée déterminée pour suppléer aux grévistes ». Conséquences pour ces derniers : « en cas de grève, les salariés informent, au plus tard quarante-huit heures avant le chef d’entreprise de leur intention d’y participer» stipule le texte. Ils seront passibles de sanction disciplinaire dans le cas contraire.

La fin des préavis de grèves reconductibles

Le projet de loi prévoit également de limiter les préavis de grèves reconductibles. «Tout préavis cesse de produire ses effets en l’absence constatée de cessation collective du travail » précise l’article 6. De cette manière, en cas de pause lors d’un mouvement, le préavis en sera caduc. Une atteinte au droit de grève pour Yann Remblé : « nos avocats travaillent sur le respect de la constitution du projet de loi. Cela va empêcher tout mouvement durable de grève.»

... http://www.lamarseillaise.fr/analyses-d ... t-de-greve
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