Compétitions sportives et société

Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 13 Juin 2016, 01:58

Euh... désolé : derrière l’Euro 2016, des travailleuses exploitées en Asie
L’Euro 2016 de football commence ce soir et ce sera la fête pour les trois sponsors principaux de l’événement. Des équipementiers sportifs qui imposent des salaires de misères aux travailleurs de leurs fournisseurs asiatiques. C’est ce que révèle le collectif Éthique sur l’étiquette.
... https://reporterre.net/Euh-desole-derri ... es-en-Asie


Euro 2016 : des retombées économiques surestimées, les bénéfices de l’UEFA exonérés d’impôts
L’Euro 2016 et son cortège de dépenses somptuaires, s’accompagneront-ils vraiment des « retombées économiques » tant promises ? La Fédération européenne des ligues de football — la puissante UEFA — s’arroge l’essentiel des bénéfices directs, tout en étant exonérée d’impôts. Quant au reste, plusieurs spécialistes s’accordent pour considérer les bénéfices indirects de l’opération comme étant largement surévalués. Le moment serait-il venu de remettre en question la primauté des « grands événements » sportifs ?
... http://www.bastamag.net/Euro-2016-des-r ... -de-l-UEFA
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 13 Juin 2016, 23:29

Tribune

Refusons l’asservissement idéologique du football, boycottons l’Euro 2016 !

Par Quel Sport ? Alors que l’Empire-football, modèle inégalé du sport-business abondé par les sommes exorbitantes versées par les chaînes de télévision, les sponsors et les « partenaires officiels », est en phase de croissance maffieuse, la France accueille à grands frais, du 10 juin au 10 juillet prochains le produit commercial phare de l’UEFA : l’Euro 2016. La droite en avait rêvé et c’est aujourd’hui la gauche gouvernementale, alliée du patronat et supportrice du libéralisme, qui le réalise. Le président Hollande qui nage dans le bonheur foot et tout le gouvernement Valls aux abois avant les prochaines élections présidentielles, veulent faire de l’Euro une « cause nationale ». Ils appellent même à une « mobilisation générale » pour que cette compétition de mercenaires du crampon payés 1000 fois le smic soit « une grande fête nationale » destinée à « accroître l’enthousiasme général ». La France, essorée par les crises financières et économiques, durement frappée par des plans d’austérité drastique, livrée en proie aux politiques successives de casse du service public, de diminution des salaires et des niveaux de retraites, de licenciements massifs et de destruction des protections sociales, est ainsi sommée de « retrouver le moral » en devenant la structure d’accueil et de développement du business footballistique, et en sombrant dans le chauvinisme supportériste.

La France, paradis fiscal de l’UEFA

Les holdings affairistes du football et toute la délinquance en col blanc du capitalisme de connivence rassemblée dans les tribunes VIP des stades modernisés, sont invitées par François Hollande à faire de la France un nouvel Eldorado sous prétexte d’ériger la « fête » du ballon rond et la fusion des consciences avec les Bleus comme un rempart contre Daesh, la montée du Front National, l’explosion du chômage, la déprime des ménages et les changements climatiques ! En effet, loin de remettre en cause l’arrogance fiscale de l’UEFA, le gouvernement socialiste s’est empressé de faire voter par l’Assemblée nationale, début décembre 2014, l’article 24 du projet de loi de finances rectificative qui exempte purement et simplement la société commerciale « Euro 2016 SAS » d’impôts et de taxes pour toute la durée de la Coupe d’Europe (Lemonde.fr, 5 novembre 2014). Ainsi l’État se privait-il volontairement, en temps de crise et d’austérité, de « sueurs et de larmes » pour les salariés, de plusieurs centaines de millions d’euros de recettes fiscales. Qui plus est, s’engageant tout aussi volontiers sous les fourches caudines des diktats de l’UEFA, il acceptait de prendre en charge, via les collectivités territoriales et les partenariats « public-privé » tout au profit des grosses entreprises de bétonnage (Bouygues, Vinci, Eiffage, Fayat, etc.), les 1,6 milliard de frais de construction et de rénovation des Grands stades (et de l’acheminement vers tous ces « chaudrons ») reconnus par le Conseil d’État d’« intérêt général » en mai 2011. Le stade de Nice Allianz Rivera a coûté 243 millions, dont 69 millions sur fonds publics. Le plan de financement public-privé oblige la mairie à verser au gérant du stade une redevance de 8 millions par an pendant 27 ans, soit 216 millions (Lemonde.fr, 24 juin 2015). Même scénario à Marseille où la rénovation du stade vélodrome a coûté 268 millions et la collectivité remboursera 12 millions d’euros durant 30 ans, soit 360 millions. Le nouveau stade de Lyon a coûté 405 millions d’euros dont près de 200 millions sur fonds publics. À Lille le stade Pierre Mauroy a coûté 324 millions d’euros (lexpansion.lexpress.fr, « Football : la folie des grands stades », 2 mai 2013). La « kleptocratie » du football a encore frappé : la privatisation des profits – environ 2 milliards de recettes et près de 900 millions de bénéfice net prévus pour l’UEFA – détermine la socialisation des pertes.

L’état d’urgence footballistique

Alors qu’une grande partie des forces de la gauche dite « insoumise » ou « indignée » a mobilisé ses troupes et ses forces pour protester contre la prolongation de l’état d’urgence à la suite des pires vagues d’attentats terroristes que la France ait pu vivre, elle ne prononce aujourd’hui pas un mot, ne formule aucune critique et n’organise bien entendu aucune contestation contre l’état d’urgence footballistique. Afin de sécuriser les intérêts de l’UEFA en protégeant de la menace djihadiste et des violences ordinaires des meutes supportéristes les troupeaux de touristes transhumant des stades aux divers lieux de consommation (hôtels, cafés, « fans zones », centres commerciaux, lieux culturels, etc.), les principales villes de France, qui ne comptent pas l’argent « par amour du foot » et des « ambiances festives », ressembleront à des fourmilières de policiers, de militaires, d’agents spéciaux, de milices privées, de drones et de caméras de vidéo-surveillance. Elles seront, de fait, transformées en vastes laboratoires géants des techniques d’observation, de manipulation et de contrôle politique des masses, comme dans n’importe quel État militaro-policier. Plus encore pour cet Euro que pour les précédents, la prétendue « fête des peuples » se fera donc dans un périmètre quasi carcéral quadrillé par les forces de l’ordre ! Mais ni Jean-Luc Mélenchon qui compare l’expérience du foot à celle de l’opéra, ni Pierre Laurent qui ne manque jamais l’occasion de féliciter l’équipe de France, encore moins Noël Mamère, supporter de l’AS Saint-Étienne et de Bègles, ou Daniel Cohn-Bendit gaga du ballon rond qui explique depuis des années que le foot est populaire et que s’il est un opium du peuple il en assume sans honte la consommation régulière, n’opposent à ce rassemblement de grands enfants footolâtres, qui acceptent docilement d’être traités comme de la chair à stadium, l’idée de liberté que par ailleurs ils prétendent défendre. Quant à trouver scandaleux et indigne d’un gouvernement de gauche de dilapider l’argent public pour enrichir la holding du football-business et les consortiums de monopolisation des stades, au lieu de construire des logements de qualité, d’ouvrir de nouvelles crèches, de rénover des écoles, des Universités, des bibliothèques et des centres culturels qui tombent en ruine, d’humaniser les hôpitaux et les maisons de retraite ou d’étendre les services publics sur tout le territoire, il ne faut plus compter pour cela sur les « degôches » – selon l’expression de Guy Debord – accrochés au football comme des moules à leur rocher.

Perspectives

« Le rendez-vous de l’Euro 2016 » qui s’impose comme un matraquage publicitaire et un pilonnage médiatique dignes des propagandes d’État des ex-pays socialistes, fonctionne comme une immense campagne de diversion politique et d’encadrement idéologique. Il est vain d’espérer des intellectuels hypnotisés, captivés et abrutis par le foot qu’ils combattent cette vaste entreprise mercantile de massification des esprits qui « tend à rapprocher les peuples de l’état des batraciens1 ». Incontestablement, depuis la divine victoire des Bleus au Mondial 1998, toute une équipe de short-intellos, avec vedettes médiatiques et remplaçants, s’est progressivement constituée pour applaudir un football qui exsude le fric, les combines et les violences. Ainsi l’intelligentsia participe-t-elle, en déniant, en euphémisant ou en déplaçant le problème, de la destruction de la culture au profit de la seule valeur que le football impose aux jeunes en manque d’identification : gagner de l’argent par tous les moyens !
Dans un contexte social de plus en plus tendu par les multiples provocations du gouvernement Valls à l’égard des travailleurs et des étudiants (« détricotage » du code du travail, criminalisation des luttes syndicales, abandon des agriculteurs, etc.), il serait éminemment souhaitable que les organisations politiques et syndicales engagées dans les luttes contre les lois pro-patronales Macron/El Khomri de « flexibilisation » et de libéralisation du travail utilisent la menace d’un boycott politique et moral de l’Euro afin que la résistance aux mesures scélérates et rétrogrades de François Hollande se confonde stratégiquement avec celle contre la machine à cash du football. Que l’on ne s’y trompe pas, les deux combats sont profondément liés : tant que les millionnaires en crampons seront applaudis par les smicards, les chômeurs et les « travailleurs jetables », les dirigeants du CAC 40, les actionnaires et les banquiers imposeront le cynisme de leur loi qui noie les intérêts du peuple « dans les eaux glacées du calcul égoïste2 ». Nous appelons également l’opinion démocratique à boycotter à titre individuel le spectacle indécent des riches parvenus du ballon rond. Éteignons les écrans pour ne pas être voyeuristes d’une opération de propagande. Refusons les produits des partenaires officiels de l’Euro pour affaiblir le marketing footballistique. Réclamons à nos élus des comptes précis sur les investissements de l’argent public et les retombées économiques liés à la « fête du foot » afin de conditionner nos votes futurs à l’absence de nouvelles taxes-football plus ou moins déguisées.


http://www.quelsport.org/
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 16 Juin 2016, 14:40

Le 10 juin à Saint-Denis : l’Euro pas sur notre dos !

Compte-rendu de la manifestation du 10 juin à Saint-Denis par le front de luttes logement de la Coordination des Groupes Anarchistes. L’Euro pas sur notre dos !

... https://paris-luttes.info/le-10-juin-a- ... -euro-6148
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 18 Juin 2016, 14:26

Euro-foot : fric, violences et xénophobies

Le gouvernement comptait sur l’Euro pour faire oublier la loi travail au nom d’une grande communion nationale footballistique ? Un mort, des dizaines de blessés, des centres-villes (à Marseille, Nice, Lille) transformés en champs de bataille… Il aura suffit d’un week-end pour qu’explose cette réalité : le foot n’est qu’un concentré des multiples contradictions de la société capitaliste en crise. Ce qui se passe n’est au final que prétextes et miroir aux alouettes : vendre du rêve aux millions de gamins qui tapent dans des ballons de foot dans tous les quartiers populaires… et qui ne sont pas près de pouvoir payer leur place pour assister à un seul match de cet Euro-Fric !

... http://www.anti-k.org/2016/06/16/euro-f ... 2VLiIdf21t
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 29 Juin 2016, 15:44

Carton rouge pour l’Euro 2016
Plus de 2,5 milliards de dépenses publiques pour la rénovation et la construction de stades en PPP et la construction des équipements d’accès. L’austérité, mais pas pour tout le monde… Infos et tract pour sensibiliser et informer les fans, touristes et Lyonnais sur les dessous financiers de l’EURO 2016…
... https://rebellyon.info/Carton-rouge-pou ... 2016-16633
PDF à télécharger : https://rebellyon.info/home/chroot_ml/m ... ougev3.pdf


Euro de Foot 2016 : militarisation de la société et fermeture de l’espace public, ça pique !
Cloisonner l’espace public
Le dispositif le plus impressionnant mis en place à Lyon est assurément la "Fan-Zone" de la place Bellecour. Cette privatisation à grande échelle de l’espace public se traduit par une fermeture totale de la place. La "Fan-Zone", d’une capacité d’accueil d’un peu plus de 20 000 personnes, sera complètement clôturée par des barrières, il y aura des palpations aux entrées et il y aura un système de consignes pour les sacs. Entre 100 et 120 agents de sécurité privés sont recrutés en plus des services de la police municipale et de la police nationale qui sont également mobilisés dans le pourtour de la Fan Zone. Le parking situé sous la Place Bellecour, restera fermé pendant un mois et les accès en voiture seront limités en soirée.
... https://rebellyon.info/Euro2016-militar ... e-et-16425
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 30 Juin 2016, 01:57

L'Euro 2016™, arme de mystification idéologique et de démobilisation - avec Jean-Marie Brohm (sociologue)

Une émission consacrée au contre-feu idéologico-médiatique au mouvement d'opposition au projet de loi-travail, l'Euro 2016™, arme suprême de l'Etat français, suivie d'une critique générale du système footballistique comme sous-système capitaliste et comme appareil idéologique du capitalisme et de l'Etat – avec Jean-Marie Brohm (professeur émérite de sociologie, fondateur de la théorie critique du sport comme sous-système capitaliste, auteur notamment de Le football, une peste émotionnelle aux éditions Gallimard)

à écouter : http://sortirducapitalisme.fr/155-l-euro-2016
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Les tours de magie du Tour de France

Messagede bipbip » 03 Juil 2016, 16:16

Les tours de magie du Tour de France

Chaque année, le Tour de France continue d'attirer environ 12 millions de spectateurs le long des routes et 3,5 milliards de téléspectateurs dans le monde entier. Cela en fait, selon ses organisateurs, le 3e événement sportif à l'échelle de toute la planète. Comment expliquer le succès populaire persistant - et la forte rentabilité économique qu'il entraîne - d'une compétition dont l'attrait aurait dû s'essouffler avec l'âge et les scandales de dopage ?

... http://www.alterecoplus.fr/societe/les- ... 05996.html
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 10 Juil 2016, 13:58

LA TYRANNIE SPORTIVE – THEORIE CRITIQUE D’UN OPIUM DU PEUPLE

Image

La sportivisation généralisée de l’espace public au sein de la mondialisation capitaliste est l’une des expressions les plus achevées de la chloroformisation des consciences. L’omniprésence publicitaire du spectacle sportif, la prolifération des violences, corruptions, dopages et manipulations biologiques, l’instrumentalisation politiquement correcte de la fausse conscience sportive (« sport-culture », « sport-intégration », « sport-émancipation ») représentent la substance même du sport-opium du peuple, une propagande de masse véhiculée par tous les canaux de l’industrie de l’amusement.
La tyrannie sportive que les divers despotismes, États totalitaires et régimes policiers ont toujours choyée comme une structure de contrôle politique s’est aujourd’hui affirmée dans l’interminable série des circenses où se renforcent le populisme, l’aliénation culturelle et la servitude volontaire. Les clameurs du stade, les « ferveurs », les « passions » et les « vibrations » sportives célébrées avec tant de complaisance par les idéologues postmodernes, loin d’être une manifestation de la « démocratie égalitaire », débouchent sur une nouvelle forme d’intégrisme : l’intégrisme des foules vociférantes, du culte de la performance, de l’abrutissement populaire par « la monstrueuse mécanique du divertissement » (Theodor W. Adorno, Minima Moralia. Réflexions sur la vie mutilée, Paris, Payot, 2001).

Jean-Marie Brohm, docteur d’État ès-Lettres et sciences humaines, est Professeur de sociologie à l’Université de Montpellier III. Membre de l’Institut d’Esthétique des Arts Contemporains (Université Paris I/CNRS), il est Directeur de publication de la revue Prétentaine et Directeur de la collection « Prétentaine » aux Éditions Beauchesne.

SOMMAIRE

Avant propos : Opiomanes de tous les pays…
– Despotisme sportif et servitude volontaire
– L’intégrisme des passions sportives

Le paradigme critique en sociologie
– Critique, mode d’emploi
– Négation déterminée et subjectivité critique
– L’illusion de la neutralité axiologique

SOCIOLOGIE CRITIQUE ET CRITIQUE DE LA SOCIOLOGIE
– Crise de la sociologie et sociologie de la crise
– Sociologie de la sociologie
– Les postures de la sociologie critique

GENEALOGIE DE LA THEORIE CRITIQUE DU SPORT
– Les implications de la posture critique
– Les effets de la Théorie critique

L’aliénation sportive

CRITIQUE DE L’ILLUSION SPORTIVE OU ILLUSION DE CRITIQUE
– Théorie critique et praxis-processus
– Obnubilation des consciences et mensonge sportif

LA SPORTIVISATION DE L’ESPACE PUBLIC ET SES EFFETS IDEOLOGIQUES
– L’aveuglement à l’aveuglement sportif
– La langue de bois sportive

LA FAUSSE CONSCIENCE SPORTIVE
– L’idéologie de la non idéologie
– Les clivages schizoïdes du sport
– L’illusion performative de la foi sportive

Les jeux du cirque

MASSIFICATION SPORTIVE ET TRIBUS DE PARTISANS
– La voix de la masse sportive
– Les passions tristes du sport
– Le concile des tribus sportives

LA BARBARIE DE LA COMPETITION SPORTIVE
– L’idéologie de la concurrence généralisée
– Mythe de la domination et domination du mythe

LE FETICHISME DU BALLON ROND
– Guerres en crampons et entreprises thanatiques
– Exploits stupéfiants et shootés du stade
– Pieds sales et mains propres
– Vibrations collectives et extases populistes

Fin de partie : En finir avec les passions sportives !
– Superstitions des foules et dévotions mystiques
– Clameurs du stade et abolition de l’esprit critique

http://www.anti-k.org/2016/07/10/la-tyr ... 4I4CYfr21v
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 14 Juil 2016, 16:39

Alternative ?

Olympiades populaires (révolutionnaires) 17 juillet 2016 à Grenoble au Parc Mistral

En 1936, dans la Barcelone révolutionnaire, étaient planifiés des contre-JO : les Olympiades Populaires, contre-pied radical aux Jeux Olympiques fascistes de Berlin. Six mille athlètes, membres d’associations et de clubs sportifs syndicaux ou de partis de gauche, s’inscrivent. Mais l’événement est finalement annulé à cause du coup d’État fasciste de Franco, lancé le 18 juillet 1936, la veille de la cérémonie d’ouverture.

En 2016, à l’heure des JO de Rio, vitrine du capitalisme outrancier (publicité, lobby, corruption, exploitation des travailleurs pauvres et tourisme sexuel), mettant en exergue le culte du corps parfait et de la performance individuelle (sexisme, virilisme, dopage et nationalisme), nous fêterons dans l’ignorance générale le quatre-vingtième anniversaire des olympiades anti-fascistes barcelonaises.

Pour ne pas oublier cette lutte, organisons de modestes olympiades faisant appel à l’imaginaire révolutionnaire de 1936 et défendant des valeurs anti-capitalistes, anti-autoritaires, anti-racistes, anti-sexistes et anti-validistes. Des jeux où la compétition individualiste n’est pas le maître mot, où les équipes ne sont ni nationales, ni genrées. En somme, des olympiades où la solidarité et la collaboration est à l’honneur.

PROGRAMME DU DIMANCHE 17 JUILLET AU PARC PAUL MISTRAL : – matin : grands jeux et entraînements collectifs pour les grands et les petits (Arts martiaux et anti-répression, jeux de rôles, grande marave aquatique, atelier de fabrication de lance pierres et de sarbacanes, etc. ) – midi : cantine populaire – début d’après-midi : rab à la cantine, sieste et discussions autour de 1936 – après-midi : jeux et (non-) compétitions – soirée/nuit : cérémonie et fiesta (concerts, films, …) Projection/débat autour du film « Barcelone 1936, les olympiades oubliées »

JEUX ET (NON)-COMPÉTITIONS POSSIBLES : – échappées pour la liberté (courses en équipe avec boulet, pieds et mains liés, etc. ) – barricado (la voie de la barricade) – sauts d’obstacles, de murs et de frontières – 49.3m sprint – lancés de pavés – tennis et baseball lacrymal – pentathlon révolutionnaire

Et bien d’autres…

POUR L’ORGANISATION : Ça se passe ici : pad. gresille.org/p/orga-olympiades-populaires

https://grenoble.indymedia.org/2016-07- ... populaires
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 25 Aoû 2016, 09:41

Ces « bandits manchots » ne produisent rien, ne servent objectivement à rien

Fabien Ollier, enseignant d’EPS, master II en philosophie, auteur de plusieurs livres sur l’aliénation sportive, directeur de publication de la revue Quel Sport ?

Peux-tu nous présenter Quel Sport (Section française de la critique internationale du sport) ?

Quel Sport ? est une revue pluridisciplinaire dotée d’un comité scientifique international et publiant des chercheurs, des intellectuels et des dessinateurs satiriques dans le but d’élucider le phénomène sportif. C’est indissociablement un groupe militant qui n’a jamais caché son intention politique de combattre la domination idéologique de l’institution sportive et la crétinisation des masses par le sport. Depuis 2007, Quel Sport ? propose des analyses critiques d’inspiration freudo-marxistes qui entendent dévoiler les dimensions politiques antidémocratiques, les fonctions idéologiques de massification ou de chloroformisation des consciences et les effets somato-psycho-pathologiques destructeurs du sport-spectacle de compétition. Elle s’inscrit dans l’histoire de la Théorie critique du sport développée au sein de la revue Quel Corps ? (1975-1997), notamment par Jean-Marie Brohm. Quel Sport ? s’efforce de comprendre et dénoncer dans un même geste la matrice idéologique réactionnaire du sport devenu au cours du XXe siècle un conglomérat de multinationales capitalistes et mafieuses qui cherchent à maximiser leurs profits par la technicisation extrémiste du corps et sa valorisation marchande spectaculaire. Cela a conduit Quel Sport ? à mener plusieurs campagnes significatives de boycott des grands événements sportifs internationaux qui diffusent à haute dose l’opium sportif du peuple nécessaire à la perpétuation des systèmes d’oppression et d’exploitation (boycott des JO de Pékin 2008 au sein du COBOP ; boycott des JO de Sotchi 2014 au sein du COBOSO ; etc.).

... http://www.anti-k.org/2016/07/31/ces-ba ... 76ul2fr21t
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede Pïérô » 09 Oct 2016, 12:54

Paris, ce dimanche 9 octobre 2016

L'association "Les Ami-es de Violette and Co" vous invite à un

Débat sur les femmes et le sport

à 16h, Librairie Violette & Co, 102 rue de Charonne, Paris 11e

Les derniers Jeux olympiques de Rio ont donné à voir, à lire et à entendre de nombreux clichés et stéréotypes sexistes. On se souvient par exemple de l'athlète américaine Corey Cogdell, médaillée de bronze à l'épreuve de ball-trap, saluée par le Chicago tribune, sans donner son nom mais en précisant qu'elle était « femme de sportif ». Ou encore de la nageuse hongroise Katinka Hosszu qui remporte une troisième médaille d'or : la chaîne américaine NBC précise que son mari et entraîneur est « la personne responsable de sa performance ».

On retiendra aussi, en vrac, ce journaliste qui qualifiait l'équipe féminine italienne de tir à l'arc de « trio delle cicciottelle » (« trio de grassouillettes ») ; ce commentaire, lors du match de rugby à 7, France - Etats-Unis : « Les Françaises sont beaucoup plus mignonnes, beaucoup plus féminines que les Américaines » ; ce journal argentin qui a publié un reportage sur les athlètes suédoises, intitulé « Las muñecas suecas » (« Les poupées suédoises ») en précisant que « les autres délégations ont, elles aussi leurs beautés. Mais les poupées suédoises ont capté l'attention de tous les yeux ». Sans oublier la nageuse américaine Katie Ledecky qui a battu le record du monde du 400 m nage libre et que le Figaro a qualifiée de « Phelps au féminin ». On n'oublie pas non plus cette série de photos publiées par Direct Matin et sobrement intitulée « Les 15 sportives les plus sexy des JO de Rio 2016 ».

Plus sérieusement, on se souvient qu'Anais Bohuon avait été invitée par la librairie Violette and Co à l'occasion de la sortie de son livre Le test de féminité dans les compétitions sportives. Une histoire classée X ? La réflexion concerne Dutee Chand, cette athlète indienne jugée pas assez femme, ou encore la Sud-Africaine Caster Semenya victorieuse sur le 800 mètres féminin qui a dû, alors qu'elle n'avait que 18 ans, se soumettre à des tests médicaux pour prouver qu'elle était bien une femme. On pourrait aussi évoquer la nageuse chinoise Fu Yuanhui qui a abordé la difficulté d'avoir ses règles pendant une compétition sportive…

Les Ami-e-s de Violette vous propose de venir discuter des représentations et de la place des femmes dans le sport en compagnie de représentantes des Dégommeuses, une équipe de foot mais aussi un groupe militant ayant vocation à lutter - dans le sport et par le sport - contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations.

http://www.violetteandco.com/librairie/ ... article943
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 16 Oct 2016, 19:39

Le football expliqué aux grands enfants

Quel Sport ?

Contrairement à la propagande d’État qui résonne comme un tambour tapé par la FIFA ou l’UEFA et contrairement aux nombreux fanatiques du ballon rond – journalistes intoxiqués par la footmania, intellectuels footolâtres, politiciens supporters

– , Quel Sport ? entend résister à la misère culturelle du football et à son asservissement idéologique. Il n’y a aucune fatalité naturelle, aucune ontologie politique, aucune théodicée qui condamnerait l’être humain à l’impuissance face à l’institution réactionnaire du football.

Aussi tentaculaire soit-elle devenue, elle n’en demeure pas moins historique et donc transitoire. En tant que pointe avancée du système capitaliste, en tant que spectacle phare de la société du spectacle, en tant que produit d’appel des régimes politiques anti-démocratiques à l’Est comme à l’Ouest (oligarchies libérales comprises), le football et toutes ses succursales idéologiques doivent être radicalement contestés.

... http://www.anti-k.org/2016/10/13/le-foo ... s-enfants/
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 20 Oct 2016, 14:21

Contre la candidature de Paris aux Jeux 2024

NON à la candidature de Paris aux Jeux 2024 !

Alors que le dépôt de la deuxième partie du dossier de candidature pour les Jeux de 2024 est attendu pour le 7 octobre 2016, les signataires du présent appel souhaitent manifester leur opposition à une opération de communication lancée à grands frais depuis le mois d’avril 2015 par la Mairie de Paris, avec l’appui du président de la République et de l’ensemble du gouvernement.

Le coût de la candidature aux JO 2024 (frais de candidature à verser au CIO, déplacements, plans de communication, honoraires des cabinets de consultants, frais généraux, etc.) est aujourd’hui estimé à 60 millions d’euros dans le cadre d’un « budget évolutif » pouvant aller jusqu’à 100 millions en fonction des besoins.

Après la défection de Boston et de Hambourg, la nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, vient de refuser de soutenir une candidature italienne qu’elle juge « irresponsable » en disant « non aux Jeux du béton, non aux cathédrales dans le désert ! ». Si l’Euro 2016 a coûté plus de deux milliards d’euros à l’État et aux collectivités territoriales pour rénover des grands stades privatisés et sécuriser les fans zones de l’UEFA au détriment de projets sociaux essentiels, l’organisation des Jeux pourrait grever encore plus les finances publiques mobilisées dans des constructions sportives sans réelle utilité sociale pour la majorité de la population. Compte tenu de l’augmentation massive du chômage, de l’exclusion, de la précarité et de la pauvreté en France (6 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres), et dans un contexte marqué par des mesures d’austérité qui frappent tous les secteurs de la vie publique, nous estimons qu’il y a d’autres priorités qu’une candidature dispendieuse aux JO.

À l’heure où l’État se désengage des missions qui lui incombent, un abondement exceptionnel de 10 millions d’euros pour assurer le bon fonctionnement du Groupement d’intérêt public « Paris 2024 » a déjà été débloqué. Si la ville de Paris était choisie par le CIO en septembre 2017, 3 milliards de fonds publics seraient encore versés dans un budget prévisionnel global de 6,2 milliards d’euros. Paris et le Conseil régional d’Île-de-France ont ainsi promis de verser 145 millions d’euros chacun pour rénover des infrastructures sportives essentiellement réservées au haut niveau, sélectionner une élite, moderniser des transports en vue d’accueillir les touristes. Or, il faut s’attendre à une augmentation considérable des dépenses !

Pour quasiment tous les Jeux, les budgets prévisionnels ont en effet explosé (Athènes : + 109 % de dépassement, 11,1 milliards ; Pékin : + 1130 %, 32 milliards ; Londres : + 127 %, 11 milliards ; Rio : + 247 %, 33 milliards, selon Le Monde et Wladimir Andreff, 25 février 2015). Pour les JO de Tokyo 2020, le budget de construction dépasse actuellement les 4 milliards d’euros pour une prévision initiale de 1,3 milliard (AFP, 28 septembre 2016).

Tandis que le CIO est exonéré d’impôts et que les retombées économiques bénéficient majoritairement à ses partenaires commerciaux, les populations sont obligées de supporter le poids de la dette pendant plusieurs années, comme ce fut le cas pour Grenoble en 1968 et Albertville en 1992. Alors que l’hôpital public, le logement social, les transports en commun, l’éducation, la recherche scientifique, la culture subissent des restrictions budgétaires régulières, nul ne peut sérieusement espérer que l’opération de prestige olympique offre une réponse réaliste à la crise globale.

Les édifices olympiques bâtis en un temps record sous l’égide de « lois olympiques » d’exception, mobilisent toujours une majorité de « travailleurs jetables » et d’intérimaires, quand ce ne sont pas, comme à Pékin, à Sotchi ou à Rio, des migrants ou des personnes déshéritées traités comme des esclaves. Les emplois créés, prétendument durables, disparaissent à la fin des Jeux et sont synonymes de précarité et de dumping salarial. Le mouvement olympique n’hésite d’ailleurs pas à utiliser les petites mains des bénévoles pour encadrer ses opérations de propagande (scolaires, jeunes sportifs, étudiants, dirigeants sportifs). Le modèle des « commis agiles » au service des « missions olympiques » accompagne ainsi le démantèlement progressif du droit au travail. Or, le gouvernement actuel remet déjà en cause les droits fondamentaux des salariés au nom de la « flexibilité du marché de l’emploi » et de la « simplification » du code du travail, tandis que l’appel aux travailleurs détachés se répand (chantiers de la COP 21, Université d’été de la Rochelle, etc.).

La spéculation immobilière engendrée et nourrie par la réalisation d’infrastructures olympiques luxueuses va une nouvelle fois toucher les quartiers populaires. Prix du foncier et de l’immobilier, loyers et impôts locaux vont grimper, alimentant la gentrification et enrichissant les actionnaires des groupes BTP et des promoteurs, au détriment du logement social et des classes populaires déjà frappés par la crise du logement. Au nom du gigantisme olympique, les multinationales du béton armé n’hésiteront pas à saccager des patrimoines naturels et culturels (les Serres d’Auteuil, entre autres, seront délabrées en raison de l’agrandissement de Roland-Garros), ni à laisser, comme pour tous les Jeux dits « verts », un bilan énergétique désastreux (empreinte carbone de plusieurs millions de tonnes pour chaque JO, gaspillage, pollution des cours d’eau, bétonnage massif, etc.). La concentration de millions de touristes et la multiplication des déplacements ne feront qu’amplifier les « pics de pollution » dans la capitale et ses banlieues déjà saturées par les embouteillages, alors que les maladies respiratoires, en hausse constante, nécessitent une prise en charge qui coûte près de 2 milliards d’euros par an à l’État.

Dans un contexte de tensions internationales et de démultiplication des attentats en France et en Europe, des Jeux à Paris qui rassembleront des milliers d’individus dans des espaces restreints, risquent de devenir des cibles potentielles pour des attentats islamistes. Pour protéger les sites olympiques, le déploiement d’un imposant arsenal policier et militaire, déjà à flux tendus depuis des mois et des mois, sera nécessaire au détriment d’autres missions de sécurité publique. Au nom de la « fête olympique », faudra-t-il alors accepter comme lors de l’Euro 2016 le quadrillage de l’espace public, la surveillance électronique généralisée, la restriction des libertés fondamentales ? Loin d’être un « rassemblement pacifique des peuples », comme le clame l’idéologie olympique, les Jeux vont occasionner une surveillance de masse aux coûts exorbitants.

Les décisions qui concernent l’avenir des citoyens ne doivent pas être confiées aux hiérarques du CIO qui ne choisiront le vainqueur de leur course aux enchères qu’en fonction de leurs propres intérêts et de ceux de leurs partenaires commerciaux (Mc Donald’s et Coca-Cola notamment).

Pour toutes ces raisons, nous appelons les élus, les responsables politiques, associatifs et syndicaux, ainsi que tous les citoyens à refuser cet indécent gaspillage financier, économique et écologique qui ne bénéficiera qu’à la multinationale du CIO, souvent impliquée dans divers scandales d’affairisme et de corruption.

Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie à l’Université Montpellier III et Fabien Ollier, directeur de publication de la revue Quel Sport ?

Voir l’appel sur le site de Libération http://www.liberation.fr/debats/2016/10 ... 24_1519823

Cosignataires : Droit Au Logement ; Fédération Sud éducation ; Gilles Bataillon, directeur d’études à l’EHESS ; Patrick Baudry, professeur de sociologie à l’Université Bordeaux III ; Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, membre du collectif Malgré tout ; Jean Bilard, professeur émérite de psychologie à l’Université Montpellier I ; Gérard Bras, ancien directeur de programme au Collège International de Philosophie, président de l’Université Populaire des Hauts-de-Seine ; Denis Collin, philosophe ; Christian Godin, philosophe ; Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à l’Université Paris Ouest Nanterre ; Françoise Hache-Bissette, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Saclay ; Claude Javeau, professeur émérite de sociologie de l’Université Libre de Bruxelles ; Catherine Louveau, professeur de sociologie à l’Université Paris Sud UFRSTAPS ; Robert Misrahi, professeur émérite de philosophie éthique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne ; Laetitia Petit, maître de conférences en psychologie clinique à l’Université Aix-Marseille ; Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie politique aux Universités Paris I et Toulouse II ; Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, professeur de philosophie de l’art à l’École Supérieure de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège, porte-parole francophone du Comité International contre la Peine de Mort ; Danielle Simonnet, conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti de Gauche ; Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS ; Patrick Tort, directeur de l’Institut Charles Darwin International ; Yves Vargas, Philosophe.

Cet appel est signable sur le site http://www.quelsport.org/


http://www.questionsdeclasses.org/?NON- ... -Jeux-2024
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede bipbip » 11 Déc 2016, 17:27

En finir avec les Jeux olympiques

Michel Caillat et Marc Perelman

Budapest, Los Angeles et Paris restent en lice — jusqu’à une toujours possible nouvelle défection — pour devenir la « ville hôte » des Jeux olympiques de 2024 que le CIO (Comité international olympique) aura à choisir en septembre 2017. Plusieurs villes qui s’étaient déclarées candidates pour accueillir les Jeux, se sont en effet retirées de la course : Boston (sans soutien populaire), Hambourg (après un référendum négatif), et dernièrement Rome qui, rappelant que la facture des Jeux de 1960 était encore payée par les Italiens, a renoncé à ceux de 2024 pour précisément ne pas « hypothéquer l’avenir de la ville ».

Le constat est frappant : les Jeux olympiques attirent de moins en moins de villes susceptibles de répondre favorablement à un cahier des charges très pesant, imposé par le CIO et pas seulement en termes de coût. Car, trop d’observateurs l’oublient un peu vite, les Jeux olympiques ne sont pas qu’une affaire de « gros sous ». Les redoutables conséquences économiques masquent beaucoup trop les effets politiques et idéologiques de cette « machinerie olympique » dont parlait Pierre de Coubertin. Contrairement à l’idéal d’apolitisme proclamé dans la Charte, l’Olympisme est politique au moins de deux manières : d’une part, il est traversé par tous les enjeux politiques d’une conjoncture historique donnée, d’autre part, il constitue une vision politique du monde.

L’histoire des Jeux olympiques modernes qui commence à l’orée de l’ère impérialiste est une longue répétition de forfaits, de complicités avec les puissances établies de ce monde et de connivences avec les pires régimes : Berlin 1936, Mexico 1968, Moscou 1980, Pékin 2008, Sotchi 2014. Le choix des villes illustre trop souvent les mots terribles prononcés par le dissident soviétique Vladimir Boukovski après le choix de Moscou :
« Politiquement, une grave erreur ; humainement, une bassesse ; juridiquement, un crime ».

Les discriminations raciales, religieuses, politiques, les campagnes de propagande au profit d’États totalitaires, les opérations de nettoyage et de répression préventifs au nom de la trêve, la militarisation de l’espace, l’éloignement définitif des plus démunis dans les quartiers refaits lors de la construction des sites, font de l’olympisme la continuation de la guerre par d’autres moyens. Entre les droits du sportif et les droits de l’homme le mauvais choix est toujours fait : les questions sociales et morales passent après les questions musculaires.

L’Olympisme est également politique parce qu’il est une « philosophe de la vie » comme le souligne le premier principe fondamental de la Charte. La conception du monde et de la société qui se dissimule derrière l’Idée olympique constitue une série de positions idéologiques, pédagogiques et culturelles qu’il faut analyser et combattre. Le Grand Livre de l’Éternel Olympique nous berce d’illusions : « L’olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels ». Or, l’olympisme est intrinsèquement l’organisation aboutie du mensonge, de la dissimulation, de la prévarication, de la corruption. L’« olympisation » du monde, pour reprendre l’expression de Coubertin, est le pendant, trait pour trait, de la libéralisation généralisée de nos sociétés financiarisées dont la démocratie n’est pas l’objectif principal (le CIO est lui-même une instance dont les cent quinze membres ne sont pas élus mais cooptés).

Contrairement à ce que leur nom indique, les Jeux olympiques n’appartiennent pas au domaine du jeu puisqu’ils ne font jamais appel à une quelconque liberté d’organisation entre les individus (y compris celle d’arrêter de jouer), ne mélangent ni les sexes ni les âges et ne s’intéressent finalement qu’aux vainqueurs (les médaillés d’or). Le jeu méconnaît le dopage, l’entrainement démentiel, la professionnalisation, la victoire à n’importe quel prix alors qu’aux J.O., tout est performance, prouesse, record, rendement, dépassement de soi, nationalisme. En outre, les J.O. ont fait disparaître les jeux traditionnels (les très nombreux jeux inventés par les Indiens aux États-Unis par exemple) au seul profit de sports dits modernes où dominent la concurrence généralisée entre individus et, en contradiction totale avec les textes officiels, l’implacable compétition entre nations.

La lecture de la Charte olympique permet encore de comprendre comment fonctionne cette machine idéologique à fabriquer mystifications et contrevérités. Le deuxième principe éclaire les objectifs : « Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’humanité en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine ». Rien que ça ! Le quatrième principe va plus loin encore en osant faire du sport un droit équivalent à la liberté, à la propriété et à la résistance à l’oppression : « La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play ».

L’angélisme olympique, censé conduire à la fraternité universelle et au perfectionnement de l’homme en transcendant les oppositions de classes, sert trop souvent de paravent mystificateur à l’austérité quotidienne et à la barbarie. Demander aux hommes d’un univers aussi divisé que le nôtre, qui n’ont aucun système de valeurs communes, de s’affronter sur un stade en oubliant leurs antagonismes politiques et sociaux, c’est minimiser ceux-ci. Masquer les contradictions et les conflits de la société a toujours été l’un des moyens essentiels de maintenir l’ordre établi. L’entreprise olympique a une nature profondément conservatrice

Contre la propagande pour « Paris 2024 », écoutons et diffusons le message de Jacques Ellul qui dénonçait lucidement cet utopisme olympique où « tous les problèmes politiques, économiques, sociaux fondent comme du mauvais sucre » et adressait cette mise en garde : « L’écœurante mollesse des bons sentiments fabrique les bourreaux à la chaîne, car ne vous y trompez pas, les bourreaux sont pleins d’idéalisme et d’humanité ». Adressons aux citoyens du monde entier cette supplique : « Crevez la panse à l’idéalisme olympique, tordez le cou aux bons sentiments, videz le pus des émotions généreuses, faites exploser le mensonge de l’humanisme, apprenez donc à regarder la vérité en face ». Oui, il faut en finir avec les Jeux olympiques et avec l’idéal olympique. Convions sans tarder les Américains (Los Angeles) et les Hongrois (Budapest) à refuser avec nous l’Ordre olympique.


P.S. :
Michel Caillat est professeur d’économie et l’auteur du livre : Sport : l’imposture absolue, Éditions le Cavalier Bleu, 2014.
Marc Perelman est professeur d’esthétique et l’auteur du livre : Le Sport barbare, Éditions Michalon, 2012.


http://divergences2.divergences.be/spip.php?article1370
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Re: Coupe du Monde (ou compétitions sportives) et société

Messagede Pïérô » 31 Jan 2017, 02:59

Radio : Le sport contre les femmes

En approfondissement des témoignages sur PayeTonSport, une critique du sport comme système patriarcal, capitaliste, viriliste, répressif, faussement égalitaire, sexiste, autour de l’ouvrage Le sport contre les femmes (Le Bord de l’Eau, collection « Altérité critique – Sport », 2015) – avec l’auteur, Ronan David, sociologue anticapitaliste.

Une émission [50 minutes] de critique du sport, entendu comme système institutionnalisé de compétition, de hiérarchisation et de mesure des performances, donc s’opposant au jeu. Avec une première partie consacrée au caractère viriliste du sport, fondé sur une exclusion des femmes puis leur intégration répressive (en fonction des critères virilistes du sport) entraînant des conséquences néfastes sur leurs corps (troubles de l’alimentation, ostéoporose, aménorrhée). Avec une deuxième partie où on rappelle que cette « égalité répressive » (Marcuse) se fait de manière sexiste-différencialiste, qu’il s’agisse de l’exigence de sportives « sexy » ou de l’idéologie d’une « féminisation régénératrice » du sport « pur » (sans dopage, altruiste, etc.), mais soumettant celle-ci à une même domination impersonnelle du sport – avec Ronan David, sociologue anticapitaliste, chargé de cours à l’Université de Caen, et membre du comité de rédaction d’Illusio (revue de théorie critique).

à écouter : http://sortirducapitalisme.fr/192-le-sp ... les-femmes
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